20/05/2009

Madame Bourdjanadzé se sent personnellement visée...

Madame Bourdjanadzé se sent personnellement visée et compte porter plainte à Strasbourg contre Saakashvili.

La leader du parti d'opposition "Mouvement démocratique-Uni" Nino Bourdjanadze, qui est aussi ancienne présidente du Parlement, accuse le président Saakashvili d'avoir tenté de nuire à sa dignité et sa réputation, et compte porter plainte en justice, à Strasbourg.

Sic : "Au cours de la réunion entre les autorités et l'opposition (le 11 mai dernier, en huis-clos), Saakashvili a imaginé des allégations totalement absurdes que moi, Nino Burjanadze, je suis une exécutrice de l'intérêt de la Russie et un leader politique financé par la Russie", a dit Burjanadze. "La société a appris cela de Salome Zourabichvili (autre leader d'un parti d'opposition radicale, qui a assisté à ces mêmes entretiens avec Saakachvili), qui a révélé les allégations du Président lors de sa conférence de presse."

Dans ses discours publics ou ses remarques, le président Saakashvili n'a pas révélé d'accusations de ce type contre Nino Burjanadze. Il a uniquement répondu lors d'une interview accordée à Newsweek, il y a quelques semaines, je cite: " Qui parraine l'opposition géorgienne?" -
" La plupart de l'argent, des millions de dollars, provient de l'oligarchie russe. Je possède les documents qui le prouvent, que je n'ai pas encore rendus publiques. La question de savoir si l'argent est envoyé de Russie sous la supervision du gouvernement russe, cela je ne le sais pas encore." Bien entendu, Madame
Bourdjanadze a du se sentir visée !

Les leader radicaux, décidément, ne parviennent plus à mobiliser toute l'attention dont ils auraient tant besoin pour continuer leurs manifestations. Les membres de l'opposition parlementaire, quant à eux, ayant accepté le dialogue avec le gouvernement, ont de quoi faire. Ils ont une constitution à modifier, des lois électorales à refaire... Voilà qui est plus constructif !

Quelle sera l"étape suivante, pour la Russie? Personne n'est pressé de le savoir. Mais on en reparle bientôt.

D.P.

14/05/2009

Veto russe attendu : la mission de l'OSCE prendra fin en juin

Veto russe attendu : la mission de l'OSCE prendra fin en juin.

Le maintien de la présence en Géorgie d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a été porté au vote aujourd'hui (mercredi) à Vienne par les 56 états membres, dont la Russie. L'unanimité étant requise pour le maintien, et la Russie s'étant abstenue, L'OSCE devra se retirer de Géorgie avant le 30 juin. Et des frontières risquent de craquer cet été...

Que risque la Géorgie si les observateurs doivent se retirer? Illustration par l'exemple concret : faisant référence à un rapport d'observateurs de l'ONU du mois de mai 2008, (les observateurs de l' UNOMIG doivent eux, quitter le territoire géorgien dès le 15 juin ) : ayant suivi au radar l'attaque par un Mig d'un drone géorgien qui survolait son propre territoire (dans la province d'Abkhazie) les observateurs ont fait remarquer que ce Mig a décollé d'une "base désafectée" située au Nord de cette même province géorgienne sous contrôle forcé de la Russie à l'époque. Trois violations en une! Le survol de la Géorgie souveraine par un avion de chasse russe qui décolle d'une base sois-disant évacuée il y a plus de 3 ans, qui abbat un avion sans pilote (heureusement) survolant son propre territoire.

Cet événement, toujours démenti par l'état major russe, a été rapporté par le ministère de la défense géorgien et par l'ONU à qui voulait bien entendre, avec une remarque primordiale : l'escalade armée est inévitable et la communauté internationale doit donc agir pour éviter un conflit armé dans la région.

L'ONU, qui a constaté l'attaque en question ainsi que d'autres provocations aux frontières entre les provinces séparatistes et les autres provinces du pays, n'a cessé de mettre en garde. Mais passons sur la nonchalance européenne, elle a fini par réagir... trop tard mais juste à temps pour éviter l'annexion de la Géorgie en son entièreté.

Ce qui pourrait se produire dès juillet et plus vraisemblablement à partir d'août est très préoccupant. C'est exactement le cas de le dire! Parce que les Russes, ne faisant aucun cas de ce que pensent les autres puissances, surtout l'Europe, n'a respecté aucune des obligations imposées par la signature des accords de cessez-le-feu d'août et septembre, se sont donné le droit de :

- continuer la distribution de passports russes aux habitants des régions séparatistes, légalement géorgiennes;

- aménager le littoral abkhaze pour des utilisations militaires ou maffieuses;

- construire une base navale en Géorgie en remplacement de la base de Sebastopol;

- rénover les bases aériennes quittées 3 ans plus tôt après des accords signés avec les autorités géorgiennes;

- continuer d'amener des troupes dans les zones occupées, plus de 10.000 hommes par province;

- occuper Zemo-Abkhazeti, région stratégique qui était sous contrôle géorgien avant août, et est à présent terrain d'entraînement militaire pour soldats Russes et soldats Abkhazes...;

- ne pas venir en aide aux populations locales, préférant laisser agir les milices abkhazes ou ossètes contre les ethnies géorgiennes encore présentes dans ces provinces;

- continuer ou laisser faire les provocations, y compris contre les observateurs européens, arrêtés lorsqu'ils patrouillent en toute légalité au-delà de la "frontière administrative" des provinces séparatistes;

- alimenter une propagande anti-géorgiens via les médias et des affiches, dans le seul but de se justifier auprès des russes pour leurs interventions en Géorgie,

- accuser ouvertement la Géorgie de ne pas respecter les accords signés...

- ne pas voter le maintien de la présence en Géorgie d'observateurs de l'OSCE, contre l'avis de 55 pays unanimes pour le maintien

- etc...

La Russie de Poutine et de Medvedev n'a rien à voir avec le pays civilisé auquel l'Europe a cru pouvoir faire confiance depuis la chute du mur. Comme disait Gorbatchev il n'y a pas longtemps, la Russie a fait "au maximum" 50% du chemin vers la démocratie. Et même si, effectivement, le "marché" s'est ouvert aux russes, ceux qui ont pu en profiter sont les mêmes que ceux qui profitaient du régime socialiste soviétique, et la protection de ce système plus proche de la maffia que de la sociale-démocratie en utilisant les mêmes outils qu'auparavant, KGB, Douma 100% pro-Poutine, contrôle des médias, intimidations, meurtres, élimination des opposants politiques ou économiques, idéaux impérialistes en politique internationale, ...

Les autorités européennes, sachant celà aussi bien que vous et moi, n'a aucun outil pour forcer la Russie a tenir ses engagements, ce qui renforce encore la politique de Poutine et Medvedev. Elle (l'Europe) a plus d'une fois tenté de mettre en évidence toutes ces violations aux droits les plus élémentaires. Au représentant de la Fed de Russie auprès du Conseil de l'Europe, à Strasbourg, à propos de la Géorgie: " Nous voyons tous que la Russie n'a pas de limites, mais nous, communauté européenne, devons montrer où sont nos limites!"

La guerre en Géorgie est un des symptomes de cette russie encore malade, cette maladie qui lui vient de son passé. Le peuple russe n'est pas plus respecté qu'auparavant, c'est juste qu'on ne l'élimine plus, qu'on ne le déporte plus, qu'on ne l'enferme plus aussi facilement. maintenant on l'ignore ou, s'il bouge un peu trop, on le menace.

Et pendant ce temps, à Tbilissi, une partie de l'opposition radicale, refusant toujours le dialogue avec les autorités tant que "l'ennemi de la Russie" ou "l'ennemi de la démocratie", c'est selon, refusera de démissioner, continue ses dangereuses et stupides confrontations avec Saakashvili utilisant les mêmes méthodes faites de mensonges, de théatralisation, de provocations, d'accusations mensongères, de propagandes, de non-respect des citoyens, etc....

Mais ça, c'est une autre affaire, que vous trouverez commentée dès demain.

D.P.

08/05/2009

Tbilissi, une journée comme une autre.

 

Tbilissi, une journée comme une autre.

jeudi 7 mai 2009.


porte 04Ce mercredi en fin de journée, des militants de l'opposition on tenté de pénétrer dans les bâtiments de la police de Tbilissi dans l'intention de faire libérer trois autres militants qui, la veille, s'en étaient violemment pris à un journaliste de la télévision publique. Cette action visait plus certainement à provoquer les autorités plutôt qu'à libérer leurs amis. En effet, depuis près d'un mois d'actions et de provocations, les forces de l'ordre ne sont jamais intervenues contre les manifestants ou des militants, malgré le durcissement des provocations, et les opposants radicaux repoussent systématiquement leurs limites, s'ils en ont encore...

Il s'en est fallu de peu que leur projet aboutisse.

Giorgi Gachechiladze, le chanteur qui s'était enfermé dans une fausse cellule dans les studios de la télévision de l'opposition, est apparu devant les quelques centaines de manifestants rassemblés face au Parlement, pour demander à tous de se rendre vers la police demander la libérations des trois camarades emprisonnés (et "battus par la police" - sic!). Arrivés devant le bâtiment, les manifestants ont secoué les grilles, puis ont insulté les policiers qui étaient à l'extérieur, entre la grille et l'entrée du commissariat, lorsqu'un des leader est passé par-dessus puis a couru vers la porte du commissariat, mais a été aisément bloqué par une dizaine d'hommes. Ce qui suivit était assez invraisemblable: les manifestants, en réaction, ont projeté bâtons et pierres vers les agents, qui ont renvoyé les projectiles vers les manifestants. Six blessés de chaque côté puis quelques autres par la suite, aucun grièvement.

Le pire a sans doute été évité, car si les manifestants étaient parvenus à pénétrer dans les locaux de la police, où des armes sont entreposées, personne ne sait comment la soirée aurait pu se terminer.

La totalité de la scène a été filmée par les télévisions présentes, et parmi la petite foule de manifestants, on a pu voir trois ou quatre leaders radicaux, dont Nino Burdjanadzé, considérée comme la "tête" des radicaux. C'est elle qui donna l'ordre de retourner vers les grilles du commissariat, poussant plus loin les provocations alors que les manifestants s'éloignaient.

Ce matin, les trois hommes ont été relâchés. Interviewés par les médias, ils étaient en parfaite santé, contrairement au journaliste qu'ils ont tabassés il y a deux jours, et contrairement aux dires des leaders radicaux, toujours en recherche de provocations.

C'est sous l'avis du Catholicos, le chef de l"Eglise orthodoxe de Géorgie, Ilia II, que les autorités ont libéré les détenus ce jeudi matin malgré les accusations qui pèsent sur les trois jeunes gens. A présent que les leaders de l'opposition imaginent pouvoir agir sans crainte d'être inquiétés, qui peut savoir jusqu'où ils iront, et combien de journalistes, entre autre, se feront tabasser?

Hier soir, en suivant les événements à la télévision "Maestro" appartenant à l'opposition, je n'ai plus douté des graves dangers qui pèseraient sur le pays si le moindre de ses leaders devait prendre le pouvoir. Alors qu'ils réclament le départ du président actuel parce qu'entre autre "la presse est sous contrôle du pouvoir et n'a aucune objectivité", j'ai assisté à un véritable exemple de partialité. Durant trois heures, on a entendu les témoignages des seuls opposants et manifestants (très grossier et insultants vis-à-vis de ceux qui ne veulent pas les rejoindre - 99% de la population - mais aucune personne neutre, aucune personnalité, et bien entendu, aucun représentant du pouvoir. Et ce n'est qu'un exemple.

Actuellement, seul Alasania, le chef de l'Alliance pour la Géorgie, un des partis de l'opposition radicale, a accepté la proposition de dialogue de Saakashvili. Et même s'il y a mis des conditions, c'est un progrès, mais loin d'être suffisant : les autres leaders, tels Salomé Zourabishvili qui a dit aujourd'hui "Il est grand temps pour Saakashvili de se réveiller, de réaliser ce qui se passe et de nous rencontrer - comme nous le demandons depuis longtemps déjà ( !!! ) - de nous dire comment il voit une issue à cette crise". Ce que la population, celle qui n'est pas dans la rue, celle qui se fait insulter chaque jour par ceux qui y sont depuis presque un mois répondrait : que tout le monde rentre chez soi ou retourne à son travail, ce serait plus intelligent et plus constructif! Mais pour l'opposition, accepter le dialogue dans d'autres termes que ceux qu'ils exigent, serait s'avouer vaincus. Et accepter, le lendemain des heurts contre les policiers, serait s'avouer en tort. Et puis, que feraient les Russes sans leurs exécutants en Géorgie? On n'ose y penser.

Hier, des diplomates européens ont exposé leurs positions communes concernant les manifestations en cours. Quelques morceaux choisis :

" Nous condamnons fermement tous les actes d'humiliation, d'intimidation et de violence. Par exemple, des scènes à l'extérieur de la télévision publique, où les journalistes ont été physiquement et verbalement agressés, ont incité notre préoccupation car elles sont tout simplement inacceptables". Ou : " Nous encourageons les autorités, en toute transparence, à continuer les enquêtes sur toutes les allégations de violences et d'agressions, et si elles conduisent à des conclusions, les personnes devront être jugées devant les tribunaux. Nous exhortons également toutes les parties à faire preuve de retenue et de s'abstenir de violence et de propos incendiaires." Ce qui signifie primo, que les radicaux sont trop violents et secundo, que les autorités sont trop passives. C'est exact, mais face à cette violence, le gouvernement n'a pas d'autre choix que de rester distante pour ne pas additionner la violence à la violence, car il sait que l'opposition utiliserait immédiatement l'incident contre lui, comme fin 2007 dans des conditions similaires, où même les européens ont cru que la réaction d'alors contre les violences des manifestants ont été trop dures. (Fallait voir Londres ou Strasbourg....)

Bref, la Délégation de la Commission européenne et du représentant spécial de l'UE pour le Caucase du Sud, Peter Semneby, a appelé les autorités et l'opposition à s'engager "en discussions sérieuses et constructives en vue de surmonter l'impasse actuelle et d'entreprendre les réformes politiques nécessaires pour consolider la démocratie géorgienne". Ce que dit aussi l'ONU.

Pendant ce temps, un diplomate géorgien, Vakhtang Maisaia, a été arrêté pour espionnage. Comme quoi il n'y a pas que des Russes, allez-vous penser. Vous n'auriez qu'en partie raison: ce diplomate, durant la guerre d'août, a transmis les positions des soldats géorgiens aux Russes, entre autres choses. Voici ce que dit le ministère de l'intérieur:

"Au cours de la guerre Russie-Géorgie, il a transmis des informations à propos de la Géorgie et des unités militaires, du matériel militaire et de leur quantité, et aussi sur leur emplacement, en faveur de la Russie. En échange de ces informations, de l'argent a été transféré sur son compte en banque [à Bruxelles - ndlr]", a déclaré le ministère de l'Intérieur.

Maisaia, qui est titulaire d'un doctorat en sciences politiques, a servi de conseiller à la mission géorgienne au sein de l' OTAN entre 2004 et 2008 . A Bruxelles donc.

A suivre...

D.P.