13/10/2009

Václav Havel, critique de la politique russe

Václav Havel, critique de la politique russe.

Vingt ans après avoir dirigé la révolution de velours », ouvrant la voie à la montée de la démocratie en Europe orientale, Václav Havel, dramaturge et dissident, qui est devenu le premier président de la "Tchécoslovaquie libre", interviewé à Berlin par Newsweek (Michael Levitin) pour discuter de la "peur de la Russie", de l'importance de l'OTAN, et pourquoi certains de ses compatriotes sont encore nostalgiques de l'époque communiste.

"Notre attention envers la politique actuelle de la Russie a considérablement augmenté, et je pense qu'il ya des signes que la Russie cherche à étendre son influence de façon beaucoup plus sophistiquée qu'auparavant."

Interrogé sur les chances de la Géorgie et l'Ukraine à devenir membres de l'OTAN, Václav Havel a déclaré que l'OTAN et l'UE a besoin de déterminer les frontières géographiques. "L`OTAN, comme l'UE, se fonde sur certaines valeurs. Mais par la même occasion, les deux organisations ont besoin d'une définition géographique, et ils doivent être conscients de leurs limites géographiques. À mon avis, cette frontière longe la frontière de la Russie de l'Ouest avec l'Ukraine, la Biélorussie, etc, et la Géorgie est une partie de l'Europe dans ce sens. Toutefois, l'OTAN ne peut pas devenir une deuxième Conférence des Nations Unies."

Et donc... La Russie va construire 20 villes militaires en Ossétie du Sud...

L'Ossétie du Sud va bientôt se transformer en une base militaire de la Fédération de Russie: Moscou envisage de faire construire une vingtaine de villes militaires dans la région sécessionniste.

L'"ambassadeur" d'Ossétie, Dmitri Medoev, a confirmé le rapport envoyé aux agences de presses russes. Il a annoncé que les travaux de construction sont en cours et que ce sont surtout les Tchétchènes sont embauchés comme travailleurs.

Ni Medoev, ni les agences de presses précisent le nombre des soldats qui seront déployés en Ossétie du Sud par la Russie. Les constructions ont débuté suite aux accords de coopération signés par la Russie avec le régime fantoche de Kokoïty.

La décision a déjà été contestée par les habitants de la région. Le journaliste Teimuraz Tskhovrebov a dit que l'opposition et une partie de la population ne veut pas devenir les serviteurs du personnel militaire russe....

D.P. d'après Newsweek et Rutavi2


26/09/2009

Saakashvili à l'ONU : un discours juste, pas juste un discours.

Saakashvili à l'ONU : un discours juste, pas juste un discours.

D'après UN.ORG

M. MIKHEIL SAAKASHVILI, Président de la Géorgie, a affirmé que la chute, il y a 20 ans, du Mur de Berlin était à juste titre apparue comme un des plus grands triomphes des principes de la Charte.  Elle avait mis fin à une ligne de séparation entre les nations et libéré les espérances, les aspirations et les talents de millions de citoyens vivant jusqu’alors sous la tyrannie de l’Union soviétique.  Nous pouvons aujourd’hui être fiers de ce que nous avons accompli, a-t-il ajouté.

Et pourtant, a aussitôt enchaîné M. Saakashvili, il nous faut bien admettre que le présent demeure amer.  En effet, a-t-il affirmé, tout le monde n’a pas tiré les mêmes leçons de la chute du Mur.  Alors que le souffle de la liberté emportait le Mur, peu de gens imaginaient que la répression et les menaces qu’il représentait réapparaîtraient.  Aujourd’hui encore, une Europe libre et en paix reste un objectif à atteindre, un défi non relevé, a ajouté le Président.  L’Europe d’aujourd'hui, a-t-il poursuivi, est coupée par un nouveau mur qui traverse la Géorgie en son milieu, défiant les progrès réalisés depuis 20 ans.

Il y a un an, mon pays a été envahi, a déclaré M. Saakashvili.  À cette heure, ces actes de brutalité sont restés sans réponse, en violation directe du droit international, des normes érigées par cette institution et des accords internationaux, a ajouté le Président, qui a parlé d’« agression armée », de « nettoyage ethnique », de « violations massives des droits de l’homme » et d’« occupation illégale ».

Rappelant les propos tenus hier devant l’Assemblée générale par le Président Medvedev de la Fédération de Russie, qui avait affirmé que son pays avait été « obligé » d’agir comme il l’a fait afin d’appliquer « le principe de l’indivisibilité de la sécurité » et pour « piétiner l’héritage du passé », M. Saakashvili a déclaré que « la seule chose qui avait été piétinée, c’était la frontière souveraine de son pays ».  « Ils ont dit qu’ils étaient contraints de le faire, comme leurs prédécesseurs l’ont dit quand ils ont envahi la Pologne en 1939, la Finlande en 1940, la Hongrie en 1956, la Tchécoslovaquie en 1968 et l’Afghanistan en 1978 », a-t-il lancé, avant de parler de la destruction de Grozny et de l’« extermination » du peuple tchétchène.

« Le peuple géorgien n’acceptera pas une nouvelle ligne de division dans son pays, c’est un engagement inamovible », a affirmé M. Saakashvili.  Appelant la communauté des nations à affirmer que le droit international n’autorise pas la modification des frontières par la force, il a ajouté: « Il nous appartient de faire tomber ce mur pacifiquement, avec le pouvoir de nos idées et la force de nos convictions ».  Mais il a reconnu que cela prendrait du temps.

Le Président a longuement remercié les nations qui ont soutenu le droit des déplacés à rentrer chez eux, refusé de reconnaître les « territoires géorgiens occupés par des forces étrangères », apporté une aide économique à son pays et  rejeté cette idée du XIXe siècle des zones d’influence ».  Il a remercié les Nations Unies pour « 16 années de contribution à la paix en Géorgie par une présence dans le pays, présence « brutalement arrêtée par l’action unilatérale d’un seul État Membre ».  Rappelant que l’Abkhazie est « le berceau de la culture et de la civilisation géorgienne », le Président a affirmé qu’elle « redeviendrait ce qu’elle a été: la partie la plus merveilleuse de la Géorgie ».

M. Saakashvili a ensuite énuméré les réformes démocratiques et économiques réalisées par son pays et celles qui le seraient dans les prochains mois, avant d’affirmer: « la Géorgie est en train de gagner la paix: Nous sommes-nous effondrés face à une invasion brutale? Non! Avons-nous réprimé l’opposition? Non! Avons-nous limité les libertés face à la récession? Non! »

Le Président a rappelé que son pays continuait à honorer ses engagements internationaux, y compris dans le combat contre les changements climatiques et dans la lutte contre le terrorisme, notamment par sa contribution militaire en Afghanistan.  Citant le Président Obama, l’ancien Président tchèque, Vaclav Havel, et la journaliste russe Anna Politkovskaya « si brutalement réduite au silence », M. Saakashvili a affirmé que le nouveau mur qui coupe la Géorgie a fait de celle-ci une idée et un test: « l’idée de la liberté et un test pour le monde que le monde doit réussir ».  Si ce test réussit, vous serez étonnés de la rapidité avec laquelle cette région développera son impressionnant potentiel! », a affirmé le Président de Géorgie.


22/09/2009

L'Europe réagit... via les "anciens"

 

Lettre ouverte à propos de l'inactivisme européen qui permet la construction d'un MUR entre l'Abkhazie et le reste de la Géorgie, signée par des anciens ministres ou présidents de nations européennes, ainsi que Daniel Cohn-Bendit, Timothy Garton Ash, André Glucksmann entre autres.

Expo Rustaveli 07

Il leur aura fallu du temps, mais leur lettre devrait peser quelque peu sur la conscience des dirigeants européens, et ceci juste avant le sommet du G20 aux Etats-Unis cette semaine.

Le présedent géorgien Mikheil Saakashvili s'est d'ailleurs entretenu avec Hilary Clinton aujourd'hui, cette dernière rassurant à nouveau quant à son soutien inconditionnel. Mais la nouvelle de l'abandon du projet de radars et de missiles de défense en Pologne et en Tchéquie démontre que l'administration américaine peut encore céder du terrain, mettant en avant le besoin de collaboration à propos de l'Iran : la Russie, alliée technologique (nucléaire!) et militaire (ventes et/ou livraisons d'armes et de missiles) de l'Iran devra faire preuve de moins de cynisme dans ce dossier.

Quant au dossier géorgien, il sera vraissemblablement sur la table de Medvedev dès la remise de l'enquête sur la guerre d'août 2008 par la Commission dirigée par la diplomate suisse Heidi Tagliavini, quoi qu'en pense Mr Lavrov (lire sur ria novosti).

D.P.

Voici le texte en question :

Alors que l’Europe commémore la honte du Pacte germano-soviétique et des Accords de Munich et s’apprête à célébrer le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, une question s’impose : avons-nous retenu les leçons de l’Histoire ? Autrement dit : sommes-nous capables de ne pas répéter aujourd’hui les erreurs qui ont à ce point assombri le 20e siècle ?

Déplorer ou célébrer des événements passés ne présente aucun intérêt si nous restons sourds à leurs enseignements. De telles commémorations seront utiles seulement si elles nous permettent d’apprendre à agir autrement dans le présent et l’avenir.

En Europe même, force est de constater que l’Histoire n’est pas finie et qu’elle demeure tragique. vingt ans après l’émancipation de la moitié de notre continent, un nouveau Mur se construit en Europe : sur le territoire souverain de la Géorgie.

Il s’agit d’un défi majeur pour les citoyens, les institutions et les gouvernements européens : acceptera-t-on que les frontières d’un petit pays soient changées par la force et de manière unilatérale ? Tolérera-t-on l’annexion de facto de territoires étrangers par une grande puissance ?

Pour que les commémorations historiques qui s’annoncent aient un sens, nous appelons solennellement les leaders des 27 démocraties, qui composent l’Union européenne, à définir une stratégie plus active pour aider la Géorgie à recouvrer pacifiquement son intégrité territoriale et à obtenir le retrait des forces russes présentes illégalement sur son sol.

Nous n’appelons pas ici à une quelconque confrontation avec Moscou, ni ne souhaitons le moindre retour à l’atmosphère hostile de la guerre froide, nous disons juste qu’il est primordial de ne pas se tromper dans les signaux envoyés au pouvoir russe actuel.

Alors qu’une commission, mise en place par l’Union européenne et dirigée par la diplomate suisse Heidi Tagliavini, s’apprête à rendre son rapport sur les causes de la guerre russo-géorgienne, nous appelons les dirigeants européens à se remémorer quelques vérités héritées d’un passé pas si lointain.

Tout d’abord une grande puissance trouve toujours des prétextes pour envahir un voisin dont elle n’accepte pas l’indépendance. Souvenons-nous : Hitler accusa les Polonais d’avoir ouvert le feu les premiers en 1939 et Staline imputa aux Finlandais la responsabilité de la guerre qu’il déclencha contre eux en 1940. La question fondamentale est de savoir quelle est la nation occupée et quelle est la nation occupante? Qui a envahi qui, plutôt que qui a tiré la première balle ?

Ensuite, l’absence de réaction claire des démocraties occidentales face à l’agression et au démembrement d’une nation amie, aussi petite soit-elle, peut avoir des conséquences globales très graves.

L’Union européenne fut fondée en réaction à l’esprit de capitulation de Munich et face à l’érection du Rideau de fer. Il serait catastrophique aujourd’hui qu’elle paraisse avaliser le retour de conduites, qui plongèrent l’Europe dans la guerre et la division au siècle passé. Il en va de l’avenir de cette aventure, à laquelle nous avons consacré nos vies et nos œuvres, la réunification pacifique du continent européen.

Vaclav Havel, Valdas Adamkus, Mart Laar, Vytautas Landsbergis, Otto de Habsbourg, Daniel Cohn-Bendit, Timothy Garton Ash, André Glucksmann, Mark Leonard, Bernard-Henri Lévy, Adam Michnik, Josep Ramoneda.