26/05/2011

Rencontre avec son excellence Gega Mgaloblishvili, ambassadeur auprès de l'OTAN à Bruxelles

Aujourd'hui, 26 mai, c'est un jour particulier pour la Géorgie. Non pas pour son actualité - les manifestations récurentes des opposants au régime du Président Saakashvili pour lesquelles j'ai déjà consacré plusieurs articles par le passé - mais parce qu'il y a juste 20 ans, après une tentative réprimée par Moscou dans le sang en 1989, la Géorgie s'est libérée de la Russie pour enfin, après plus de 70 ans de soumission et d'exactions diverses et variées, accéder à son indépendance.

Alors que la Russie soviétique n'a pu réagir vis-à-vis des nations européennes - Pologne, Tchékoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Pays Baltes etc... - lorsqu'elles ont "fuit" l'influence de Moscou pour rejoindre ce qu'elles n'auraient jamais du quitter : l'Europe démocratique de l'Ouest, nombreux pays, nombreuses républiques "autonomes" plus éloignées de l'influence géopolitique de l'occident ont du subir les foudres de Moscou, parfois extrêmement violemment, comme en Tchéchénie par exemple (200.000 morts et disparus, mise en place d'un régime maffieux extrêmement violent totalement sous contrôle de Moscou).

La "petite" Géorgie n'a pas échappé à ces répressions de la part des dirigeants ex-soviétiques. Les vieux conflits gelés depuis des années que ce soit au Sud ou au Nord Caucase, en Transnitrie ou ailleurs, sont soigneusement "entretenus", et d'une manière plus perverse, plus insidieuse aves l'Abkhazie ou l'Ossétie du Sud dont le point culminant fut la guerre qui opposa Moscou à Tbilissi en août 2008. Et, sur ce sujet O combien brûlant, beaucoup de questions se posent à propos de la politique menée par Poutine et ses prédécesseurs.

Depuis décembre 2008, TbiliSite a tenté d'expliquer, de commenter pour les lecteurs francophones les événements en rapport avec l'agression et l'occupation russes en Géorgie, afin de combler le vide médiatique sur le sujet dans notre presse traditionnelle. En fait, l'élément déclencheur de la création de ce blog fut la visite de notre sénateur "écolo" Josy Dubié en Russie et en "Ossétie du Sud" un mois après les hostilités de 2008, démontrant combien nos politiques sont ignorants sur le sujet, agravant une situation déjà pas des plus simples. Le "témoignage" de Dubié (et Defraigne - MR) a fortement dégradé l'image de la Géorgie auprès de l'opinion du public belge et étranger, à tort, et lorsque j'ai rencontré Mme Durand, co-présidente du parti Ecolo, afin de lui faire part de notre indignation (mot faible) à propos du rapport de Dubié, elle n'a pu que nous faire part de son ignorance en la matière, ce qui n'était pas fait pour me rassurer sur l'avenir de la politique que mènerait Bruxelles dans ses relations avec Tbilissi et avec Moscou. Craintes confirmées par ailleurs.

Il reste du chemin à parcourir encore pour que la Géorgie, qui a tant besoin de l'Europe pour atteindre ses aspirations de vraie démocratie à l'occidentale, parvienne à ses fins. Moscou, aux yeux des dirigeants occidentaux, représente un tel marché et aussi un tel danger qu'il vaut mieux s'en faire un ami qu'un ennemi... et préfère par conséquent carresser Poutine dans le sens de son poil...

L'interview que j'ai pu réaliser avec Son Excellence l'Ambassadeur de Géorgie auprès de l'Otan - et je l'en remercie très vivement une fois encore ainsi que son premier conseillé, Mr Bessarion JGHENTI- éclairera sans nul doute le lecteur sur ces questions, et d'autres...

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25/06/2010

La Russie ne respecte pas ses engagements.

Ce n'est pas nouveau... mais une fois encore c'est dit, et non-relayé par nos médias.

"La Russie ne respecte pas ses engagements en Géorgie"

d'après le blog Europe de la Défense BXL2.

Irakli Porchkhidze, le secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité de Géorgie : « La Russie bloque l'exécution complète du mandat d'EUMM (la mission d'observation de l'UE), alors que le mandat de l’EUMM s’exerce normalement sur l’ensemble du territoire géorgien dans ses frontières reconnues internationales. Les conséquences sont désastreuses sur le terrain : nous assistons à une dépopulisation, une militarisation des 2 enclaves, et une menace à la souveraineté géorgienne. ».

"Epuration ethnique"

« La Russie occupe un territoire qu’elle ne contrôlait pas avant 2008. Et on assiste sur les territoires occupés à une véritable épuration ethnique » affirme-t-il. « Environ 400.000 géorgiens ne peuvent rentrer chez eux. Mais il n'y a pas que les Géorgiens: il y a aussi quelques minorités comme des Estoniens ou Grecs. Les Russes ont rasé des villages en Ossétie, afin de porter atteinte à l’équilibre démographique. On retrouve la même situation en Abkhazie. Il n’y a plus que 10.000 personnes (alors qu’avant 40.000 habitants). Il y a un processus de dépeuplement en cours. »

"Une forteresse militaire"

Ce n'est pas tout ! « En violation flagrante du cessez-le-feu, 10.000 soldats russes sont stationnés sur les territoire occupés. Les Russes en ont fait une forteresse militaire. Nous sommes à 40 Kms de Tbilissi. C'est un endroit stratégique. Car l'autoroute Est Ouest qui relie les deux parties de la Géorgie, est un lien vital pour son équilibre, sa sécurité et le commerce. La présence militaire exerce une véritable pression psychologique. L'État géorgien se trouve en état de siège. » explique-t-il. « Il y a des coûts humains mais aussi environnementaux. Les Russes extraient en Abkhazie des pierres, du sable, des métaux, pour exporter des matériaux en Russie, notamment pour les travaux des J.O. de Sotchi. On menace ainsi l'équilibre géologique et environnemental. »

"EUMM doit rester et aller en Ossétie et en Abkhazie"

Et le responsable géorgien de lancer un appel au maintien de la mission européenne EUMM. « Elle est nécessaire. C'est la seule force internationale présente dans la région. (...) La Russie a toujours pensé que la présence d’observateurs internationaux en Géorgie n'était pas nécessaire. Elle a utilisé le mécanisme consensuel de l’OSCE pour bloquer la présence de l’OSCE, tout comme de l’ONU. L’EUMM est la seule présence internationale sur lequel la Russie n’a pas de veto. Cette présence sur le terrain est le préalable nécessaire à la stabilité à venir. Il est essentiel d’étendre la mission EUMM et d’avoir accès aux territoires occupés. »

20/12/2009

A VOIR : DeCORATIONS DE NOËL A TBILISSI; FABULEUX !!!

A VOIR : DeCORATIONS DE NOËL A TBILISSI; FABULEUX !!!

 

18:42 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : noel, tbilissi, tbilisi |  Facebook |

02/09/2009

Pas de politique aujourd'hui : des photos de Akhalkalaki et de Tbilissi.

 

 

AKHALKALAKI (près de Kaspi)

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EGLISE "ERTASTSMINDA"

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Après une heure de marche sur les pas de la Reine Tamar (XIIè) ...

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TBILISSI - Quartier entre la cathédrale et la résidence présidentielle, en voie de rénovation...

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Le Marché couvert.

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Un petit bijou qui fait face à la résidence présidentielle...

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La Cathédrale de Tbilissi

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Copyright D.P. - 2009

 

23/07/2009

Joe Biden en Géorgie : Soutien inconditionnel des USA et de l'Europe.


Toujours absents de la presse belge (RTBF, Le Soir et La Libre), ces informations sont primordiales pour l'avenir de la Géorgie, bien entendu, mais non seulement : à travers elles  toute l'Europe, au minimum du point de vue énergiétique, est concernée par la visite du Vice Président Biden. La semaine dernière, une autre info capitale a été ignorée par cette même "presse": les critiques virulentes adressées par la Communauté Européenne et par l'administration américaine à la Russie, suite à la visite de Medvedev dans la "capitale" abkhaze, Sukhumi. Une provocation gravissime de plus de la part de Moscou qui, de son côté, critique ouvertement la visite de Biden à Kiev et à Tbilissi, comme si elle avait enconre son mot à dire pour ce qui est des politiques menées par ces deux pays en recherche de liberté et de démocratie, mots que les Russes n'ont pas encore intégrés dans leur dictionnaire d'australopithèques (merci Gad!) post-staliniens.

Mais voici ce que la presse rapporte de la première journée de Biden à Tbilissi :

Le Vice President des Etats-Unis, Joe Biden, a déclaré à Tbilissi que sa visite visait à envoyer « un message simple, clair et sans équivoque à tous ceux qui écoutent et ceux qui ne veulent pas écouter, que l'Amérique est avec vous et restera avec la Géorgie. »

Biden a pris la parole lors d'un banquet tenu en son honneur organisé par le Président Saakashvili peu de temps après son arrivée à Tbilissi, ce mercredi soir.

Le Vice President Biden a déclaré que le États-Unis appuient la Géorgie, car « nous avons été inspirés par votre recherche d'indépendance, que la révolution de la rose a été la voix des "gens épris de liberté, que vous avez étendu bien au-delà des frontières de la Géorgie".
Biden a déclaré que les Etats-Unis ont un « partenariat avec la Géorgie, en cause nombre de défis sécuritaires, la sécurité énergétique et les valeurs partagées de démocratie ».

« Vous êtes dans le processus de construction institutionnelle, de ces attributs dont le pays a besoin pour maintenir la démocratie. Beaucoup d'autres peuples dans le monde cherchent, grâce à vous, de voir s’ils pouvent bénéficier de la révolution de la rose à pleine maturité et des racines très profondes de la démocratie ».

Le président Saakashvili, qui a accordé à Biden l'une des plus importantes décoration de Géorgie, la médaille de l’ordre de la Sainte Victoire, a dit que le Vice President a été l'un des plus ardents défenseurs de son pays. « Comme vous le savez, nous avons réussi à construire ici quelque chose qui n'a jamais existé dans cette région - un pays moderne et qui fonctionne », a-t- dit. « Nous pouvons être fiers d'avoir réalisé cela, mais nous savons qu'il reste encore beaucoup à faire » et a ajouté que, à cette fin il a décrit les propositions pour plus de réformes démocratiques, texte révélé au Parlement plus tôt cette semaine.

Il a également déclaré que l'opposition continue ses protestations de rue, ce qui fait partie de la démocratie.
Saakashvili a aussi déclaré que son palais présidentiel (inauguré il y a une semaine), où le dîner officiel avait lieu, « est à seulement 40 kilomètres des territoires occupés» - en se référant à Akhalgori en Ossétie du Sud sécessionniste, « mais je ne veux en rien vous effrayer! Je sais qu'il est très difficile de vous faire peur!», a ajouté Saakashvili, rappelant la visite en Géorgie de Biden le 18 août 2008, environ une semaine après la fin des hostilités militaires.

Saakashvili a déclaré que malgré les attaque de grande envergure par la Russie, « le peuple géorgien fier et ne renoncera jamais. Alors que nous sommes à portée d’arme ... nous croyons que la démocratie est plus que jamais nécessaire, permettez-moi d'être clair sur ce point: pour nous il n'y a pas de compromis entre la démocratie et de la sécurité. Notre environnement de sécurité ne peut être résolu que par l'investissement dans notre démocratie », at-il dit, et a ajouté que ce serait « un chemin long et difficile et la Géorgie a besoin de l'aide de ses amis à cet égard. »

À la fin de son discours, Saakashvili a rappelé à Biden, que lorsque «vous m'avez dit [après la guerre du mois d'août]: « Misha, de nombreuses personnes vous appellent ces jours-ci, mais beaucoup plus tard, cesseront de le faire, c'est inévitable, mais je ne vous abandonnerai jamais, je serai toujours là pour votre pays ». Vous avez été toujours là pour nous et le serez toujours. »

Le dîner, auquel ont également participé des membres de la délégation américaine, le gouvernement géorgien et des hauts fonctionnaires parlementaires, a été suivit par un concert d’artistes géorgiens, chants et danses folkloriques (superbes), Nino Katamadze, et la soprano d’origine abkhaze (je pense) entre autres.

D'après Civil.ge


Pendant ce temps, à Gali, ce village à la "frontière" abkhaze peuplé par 100% de géorgiens où décidément les soldats russes ne savent plus qu'inventer, les habitants qui souhaîtent traverser l'unique pont situé au centre du village doivent leur payer 500 roubles. D'un côté c'est compréhensible puisque ces soldats ne sont pas ou peu payés par Moscou... Avant-hier, onze personnes ont été enlevées contre rançon. Autre manière de se payer. Comme au 19ème siècle, quand ces mêmes soldats n'avaient que le pillage des zones conquises comme solde. Les policiers abkhazes (pas très méchants, contrairement aux milices séparatistes et aux soldats russes) ont été désarmés par les russes, ce qui a été considéré comme une trahison supplémentaire par les abkhazes. Certains d'entre eux, ayant refusé, ont quitté leurs postes pour rejoindre le maquis, si j'ose dire, dans les forêts avoisinantes. Mais leurs maisons ont directement été perquisitionnées et leurs familles interrogées par les autorités russes. C'est clair, les abkhazes commencent à "voir rouge"....

Comme je suis actuellement à Tbilissi pour quelques heures et qu'ailleurs en Géorgie je n'ai que très péniblement accès à un réseau internet, je n'ai pas beaucoup l'occasion de tenir mon blog à jour, et je m'en excuse auprès de vous. Sachez seulement que je suis très fier des géorgiens qui souffrent beaucoup de la présence des Russes sur leur territoire mais ne perdent pas espoir de revoir un jour leur pays uni, grâce à Saakashvili pour l'instant, avec ses qualités comme avec ses défauts parfois (il est souvent impulsif comme peut l'être un Sarkozy, mais, j'en suis convaincu, seul à pouvoir actuellement diriger le pays dans la direction souhaîtée par la majorité du peuple géorgien).

Dernière chose avant de repartir vers la fraîcheur des montagnes géorgiennes : quelques photos de lieux que je ne suis pas prêt d'oublier tellement c'est magique :

Géo 2009_0185Sur la route menant vers Tusheti.

Géo 2009_0224

Tusheti, après 70 km de sentiers tortueux et périlleux : un cadeau de la nature à quelques km de la Russie (frontières Daguestan/Tchétchénie/Géorgie)

Géo 2009_0304

Tusheti, vue du village côté "hiver", pris du village côté "été". Seul un couple y vit toute l'année. L'unique route qui y mène étant très dangereuse, et totalement fermée les mois d'hiver, seul un hélico peut leur venir en aide en cas de pépin...

Géo 2009_0680

Cignari, ville entièrement (ou presque) restaurée par le gouvernement géorgien. Une perle perchée au-dessus de la vallée qui borde la chaîne du Caucase. Bien plus impressionnant que la Côte d'Azur!

Géo 2009_0574

Tsinandali, le chateau du prince Tchavtchavadze donné aux russes vers 1850 en paiement d'une rançon. Abrite actuellement le musée dédié à la famille princière. Somptueux (à l'échelle géorgienne), entouré d'un parc qui fait face au Caucase. Le prince Alexandre Tchavtchavadze était un poète éminent, mais aussi un grand amateur de vins. Il fut le premier à utiliser les méthodes de vinifications à la française en Géorgie, pourtant pays du vin depuis plus de 5000 ans. Dans la cave, ont peut encore y trouver des crus de l'époque napoléonienne.... (Les occupants soviétiques, qui n'y connaissaient rien, en ont laissés quelques uns!)

 

Bonnes vacances à tous!

D.P. (photos et textes)

02/03/2009

L'opposition prépare sa guerre contre Saakashvili

 

L'opposition prépare sa guerre contre Saakashvili.

Les représentants de plusieurs partis de l'opposition ont discuté leur vision politique et autres plans avec des membres d'organisations non-gouvernementales. La réunion a été interdite aux médias. Les leaders d'opposition ont parlé de leurs plans pour avril. La plupart des partis d'opposition se préparent pour une manifestation à grande échelle le 9 avril avec la demande de démission du président Saakashvili démocratiquement réélu en janvier 2008.

L'opposition, très critique envers la politique du gouvernement lors de la crise d'août, a donné un ultimatum de 15 jours au président Saakashvili pour qu'il donne son accord à l'organisation d'un référendum sur l'organisation d'élections présidentielles anticipées. Le président, considérant - à juste titre - qu'il n'est pas question d'organiser ce référendum, et encore moins des élections anticipées. Effectivement, ayant déjà accédé à cette même demande fin 2007, il a gagné les élections avec 53% des voix, contre moins de 30% pour les partis de l'opposition.

L'opposition, que l'administration gouvernementale soupçonne d'être manipulée par Moscou qui essaye de diviser la population (dans le but non-caché de renverser le président Saakashvili) est elle-même très divisée, entre les ex-membres de la majorité passés dans l'opposition, et ceux ayant quitté le gouvernement aux lendemains de la Révolution des Roses, pour des raisons de corruption dans certains cas.

D.P.

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Afin de satisfaire la curiosité légendaire de certains lecteurs de ce blog, je me propose de vous préparer un dossier sur la situation politique en Géorgie, que je posterai prochaînement.

Un autre dossier sur les raisons de la guerre et les influances géopolitiques des régions actuellement sous occupation russe, est en préparation.

En vous remerciant pour votre soutient grandissant,

D.P.

A lire ci-dessous : Déclarations de Mr Gates et commentaires de Mr Bakradz.


Le Secrétaire d'Etat des EU, Mr Gates, à propos de Poutine et Medvedev et du "renouveau de l'Empire Russe".

Mr GATES a déclaré que le Premier ministre russe Vladimir Poutine semble vouloir affirmer le rôle de la Russie sur la scène internationale en bloquant avec insistance ce qui ne convient pas. Je crois personnellement que les russes essayent de revenir de ce qu'ils ont considéré comme une humiliation suprême l'écroulement - non seulement de l'Union soviétique, mais de l'empire russe.

"Et je pense que le Premier ministre Poutine le sent plus intensément que le président Medvedev. Peut-être est-ce une question d'ancienneté. Mais il s'est clairement décidé à affirmer le rôle de la Russie comme acteur international clé, et comme un pays qui peut bloquer quoi que ce soit qu'il n'aime pas. Et dans beaucoup de secteurs si nous ne passons pas par la Russie, ils ne coopéreront pas avec nous."

 

Mr Bakradze commente :

Le porte-parole du Parlement géorgien, le travailliste Bakradze a commenté la déclaration du Ministre de la Défense Nationale des EU, qui a accusé la Russie de tentatives de rétablir son influence impériale.
"La déclaration par M. Gates était un message clair pour Moscou que l'administration de la Maison Blanche ne changera pas sa position quant à l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Géorgie.

Mr Bakradze pense que la déclaration avant la réunion en Suisse entre le ministre des Affaires Etrangères russe et le Secrétaire d'Etat des EU n'a pas été faite par hasard.
"Après de telles déclarations nous devons être sûrs que les Etats-Unis démontreront le même appui à propos de l'intégrité territoriale et la souveraineté en Géorgie qu'ils avaient faite jusqu'ici. Mais de plus, cette déclaration est une explication claire des raisons de l'intervention de la Russie  en Août dernier, ajoute-t-il.

D'après Rustavi2

27/02/2009

Terry Davis à Moscou, Davit Bakradzé à Tbilissi

 

Le Conseillé du Secrétaire Général Européen Terry Davis à Moscou.

Le Conseillé du Secrétaire Général Européen Terry Davis a confirmé à Moscou aujourd'hui l'appui de l'Europe à propos de l'intégrité territoriale de la Géorgie. Il a donné  un entretien à la station radio l'Écho Moskvi. Il a dit que la Russie devrait comprendre pourquoi elle est isolée dans la reconnaissance des territoires séparatistes de Géorgie.

Monsieur Davis ajoute : "Nulle part ailleurs dans le monde un pays n'a reconnu ces régions, que la Russie a reconnu. Alors, la Russie doit se demander : pourquoi être entré dans cette situation ? Beaucoup de pays européens ont des problèmes semblables à ce qui est arrivé en Géorgie, problèmes avec quelques parties de pays qui sont dissidents. Nous avons un bon exemple avec la Tchétchénie, en Russie. Mais aucun pays n'a pris de tels étapes radicales pour faire ces régions indépendantes. Je pense que très peu parmi l'Assemblée ont soutenu la position du gouvernement russe sur la question du Caucase. Mais en même temps, la plupart des membres de l'Assemblée pensent qu' il est bon que la Russie participe au Conseil de l'Europe (PACE) et soit là pour s'ouvrir à la critique envers lui", a dit Terry Davis.

Davit Bakradzé se concentre sur des menaces russes

27.02.09 14:47

Davit Bakradze a rencontré les étudiants de l'Université Caucasienne aujourd'hui et a répondu aux questions des étudiants en politique étrangère.

Les étudiants étaient contents du dialogue. Le porte parole du Parlement Davit Bakradze a constaté les tentatives indirectes de la Russie pour s'immiscer dans les affaires internes de Géorgie et encourager les opposants au gouvernement en les poussant au désordre,"ce qui est nettement plus dangereux qu'une intervention militaire directe".

 

23/02/2009

La stratégie de Moscou.

 

La stratégie de Moscou.

A bon entendeur...

En lien aux pourparlés de Genève, par Pavel Felgenhauer, spécialiste des questions de défense et journaliste russe. Extrait.

Ce qui semble déranger le plus l'Union européenne, ce sont les contradictions dans les messages de la diplomatie Russe lors des pourparlés de Genève. Moscou a forcé l'Abkhazie (récalcitrante) et l'Ossétie du Sud dans des concessions pendant les pourparlers. Mais de telles avancées peuvent s'avérer de peu de conséquence si Moscou poursuit une stratégie "diviser-et-conquérir" - le désir des Nations unies pour se charger de l'Abkhazie, l'OSCE pour traiter avec l' "Ossétie du Sud" et l'UE pour prendre la responsabilité de la Géorgie - ce qui pourrait sévèrement limiter l'efficacité de l'Ouest dans la région. 

Quelques cyniques pourraient dire que Moscou veut gagner du temps. En effet, Felgenhauer nous prédit une autre guerre Russie-Géorgie, une simple question de temps.

La première guerre - que Felgenhauer a prédit longtemps avant son apparition - a été perçue comme une récompense pour la Russie de l'antipathie envers le président géorgien Mikheil Saakashvili et son action résolue de l'adhésion à l'OTAN. Mais Felgenhauer dit qu'il y a plus à la stratégie à long terme de Moscou : "La Russie ne peut supporter Saakashvili, elle ne peut pas aimer l'OTAN, mais il y a aussi une autre chose : l'Arménie et des troupes russes en Arménie sont coupées de la Russie. Il n'y a aucun transit possible par la terre. Cela signifie que la technologie ne peut pas être exportée pour des réparations ou modernisation. Une telle situation ne peut pas durer longtemps."

Les bases arméniennes sont importantes pour Moscou, soutient Felgenhauer, comme un symbole des ambitions russes dans le Caucase du Sud. L'Arménie est un proche allié russe, mais son isolement pourrait pousser Erevan "à chercher dans l'autre sens", dit Felgenhauer. La domination par la Russie de la Géorgie enlèverait cette menace et isolerait à son tour l'Azerbaïdjan, qui résiste actuellement à la Russie et lance des ballons d'essai à l'UE et aux Etats-Unis.

Felgenhauer prédit que la prochaine attaque des russes en Géorgie sera une "guerre à une fin victorieuse." Il a dit aussi que son théâtre principal pourrait être la route entre Gori et Mtshketa, à 20 km de Tbilissi. Mais Felgenhauer dit aussi que Tbilisi ne serait pas en soi l'objectif stratégique supérieur de l'armée russe : "Ce qui est important n'est pas tant de Tbilisi. Mais à l'ouest de Tbilisi il y a l'aéroport international Tbilisi et beaucoup de terrains d'aviation. Cela est important, dit Felgenhauer, parce qu'actuellement en Ossétie du Sud, nous n'avons pas une seule piste permanente, le terrain étant très inégal. La plus proche base aérienne russe est actuellement à Beslan, en Ossétie du Nord...

Le meilleur temps pour la guerre, selon Felgenhauer, serait entre Juin et août, lorsque les cols de haute montagne sont déneigés. Il a ajouté que les forces russes auraient besoin d'au moins deux mois pour réduire progressivement les opérations avant le retour de l'hiver en octobre. 

Felgenhauer imagine l'éventualité d'une intervention de la part des Etats-Unis. Il note que le but principal du Président Barack Obama est la victoire en Afghanistan, et il aura besoin d'effectuer des transits pour les provisions et les hommes par la Russie et des pays dans sa sphère d'influence. En échange, l'idée de Moscou est que les Etats-Unis seront enclins à négocier son intérêt pour la Géorgie.

Ainsi, de l'avis de Felgenhauer, une guerre est presque inévitable. "La seule voie que vous pourriez imaginer pour l'éviter, dit-il, consiste en ce qu'il y ait un changement de régime à Tbilissi, ou le changement de régime à Moscou..."

Extrait de l'article paru sur Eurasianet.org

D.P.

10/02/2009

Mariage princier à Tbilissi

Mariage princier à Tbilissi dimanche dernier. Sans doute un acte politique, mais pas seulement.

mis à jour le 10 fév. 12h28

Ce mariage est un événement un peu hors du commun, étant donné le contexte actuel : certaines erreurs, que personnellement je peux facilement comprendre - mais ça n'engage que moi, pèsent sur le président Saakashvili. Et bien que la confiance du peuple lui soit plutôt favorable, elle vacille quelque peu depuis la guerre; l'opposition, auparavant à la limite du ridicule dans ses discours populistes, se renforce grâce à l'arrivée de quelques personnalités venant du camp de Saakashvili principalement, mais manque encore beaucoup de crédibilité, étant elle-même très divisée, n'ayant en commun que le désir de prendre le pouvoir. Et enfin, nombreux sont aussi les gens qui ne voient aucune personnalité politique réellement capable de prendre les rennes et mieux faire que le président actuel ou quiconque de quelque parti que ce soit.

Ce mariage est donc très révélateur de l'ambiance qui règne à Tbilissi et dans le reste du pays.

Ceci dit, l'aspect émotionnel n'est pas à négliger non plus. A part certains dans les provinces pro-russes et qui n'ont pas cette mémoire parce qu'arrivés très récemment dans le Caucase Sud, tels les "Ossètes" qui sont arrivés entre la fin du 19ème et les années staliniennes, une très grande majorité des Géorgiens sait que, sans le colonialisme russe puis soviétique qui dura 200 ans, ce serait - peut-être - un(e) descendant(e) du roi Davit qui serait installé sur le trône...

Et c'est donc ce dimanche que le prince David Bagrationi-Moukhraneli et la princesse Anna Bagrationi-Grouzinski se sont mariés dans la cathédrale de la Trinité à Tbilissi.

David Bagrationi, qui est né en Espagne mais vit depuis 2003 en Géorgie, ne s'est jamais, à ma connaissance, impliqué dans la vie politique géorgienne. Mais ce mariage qui unit deux branches différentes de la famille royale, est un acte symbolique autant que politique. Symbolique parce que l'union des deux principales branches de la famille Bagrationi fait penser à l'union des ethnies géorgiennes en général, et politique... pour la même raison!

C'est clair, l'union fait la force. Tiens, c'est la devise de la Belgique ET de la Géorgie. C'est pas un hasard!

Sans doute aurait-il fallu, au lendemain de la chute de l'Urss, rétablir la monarchie rapidement... après un stage chez nous, histoire de comprendre comment deux peuples d'origines aussi éloignées que Wallons et Flamands n'ont pas (encore) déclenché de guerre civile! Mais est-ce que cela aurait empêché cette énième invasion russe de cet été? Quoi qu'il en soit, le débat reste ouvert... mais cela ne doit pas nous faire oublier combien la Géorgie est encore en souffrance, qu'il y a pas loin de 400.000 personnes déplacées par les deux guerres et n'ont que peu d'espoir de regagner leurs terres, eux ! 

(Pour la petite histoire, les provinces sécessionnistes, Abkhazie et "Ossétie du Sud", n'ayant jamais connu d'autres rois que les rois géorgiens, puisque eux-même géorgiens depuis presque toujours, ne pourront jamais compter sur un quelconque monarque pour les libérer du joug russe post-soviétique!)

Tiens, serais-je royaliste? Oui, de plus en plus! Je préfère que celui qui est responsable de nous soit un vieil arrivé plutôt qu'un arriviste parvenu, en général. Bien sûr, David Bagrationi, même si formé depuis quelques années pour cette éventualité, ne connait pas encore tous les rouages et les sensibilités de la société géorgienne. Il peut à présent  compter sur l'aide de son épouse...

Signalons aussi que le Patriarche Ilia II, qui les a marié dimanche, est le premier soutien de la monarchie géorgienne.


D.P.



07/02/2009

Le journalisme vu par La Une.

 

Hier soir, en zappant d'un JT à l'autre, je tombe sur celui de la RTBF diffusant un résumé de la rencontre U.E.-Russie. Bon, on sait que la RTBF a toujours été très critique à l'égard de la Géorgie, très certainement sous l'influance de leur ex-reporter Josy Dubié dont l'âme plâne toujours dans les locaux de la rédaction de la chaîne généraliste belge. De là à passer sous silence dans leur résumé ce que tous les journaux occidentaux ont, eux, relayés à juste titre, à savoir les critiques directes de Barroso envers la politique des droits de l'homme de Poutine et Medvedev (voir plus bas l'article sur les assassinats d'un avocat et de journalistes à Moscou)... Les problèmes gaziers furent là relégués à l'info secondaire...

A la suite de cette "absence d'info", la rtbf diffuse un reportage sur la présence des observateurs européens en Géorgie. Un de leurs journalistes se trouve à la bordure Est de la province d'Ossétie du Sud, côté géorgien bien sûr puisque les milices ossètes interdisent toujours l'entrée à tout non-russe, et encore. Il accompagne donc une patrouille d'observateurs et de médecins géorgiens sécurisée par des gendarmes géorgiens. Interview d'une villageoise, une dame agée, qui nous dit que, petit à petit, ça va mieux, qu'il n'est plus nécessaire d'aller se cacher dans les vignes (pour échapper aux milices ossètes - ndlr). Magnifique. Interview d'un responsable de la mission d'observation européenne qui nous dit que oui, tout va bien puisqu'il n'y a eu que 4 morts depuis le début de leur mission (on ne dit pas qui sont ces 4 morts ni pourquoi ils sont morts, mais juste que tout va bien). On ne parle pas non plus des 11 gendarmes géorgiens tués par les russes, les ossétiens et les abkhazes. On ne rappelle pas non plus que les russes avaient l'obligation de laisser les observateurs faire leur boulot dans les territoires occupés, et que si les russes se sont empressés de reconnaîtres ces territoires séparatistes, c'est justement pour empêcher toute mission d'observation de constater quelles furent exactement les exactions commises par l'armée russe et les milices ossètes sur le peuple géorgien dans les villages géorgiens d'Ossétie et d'Abkhazie (et qui perdurent). On ne parle pas non plus des projets militaires russes dans ces régions "annexées de fait" à la Grande Russie... Toutes ces violations indiscutables dont la rtbf ne parle jamais.

Par contre, sur le ton de l'ironie, notre reporter insiste sur le fait qu'il soit mal venu de dire "frontière" et non "bordure" quand on parle de la limite entre la province d'Ossétie (ou d'Abkhazie) et le reste de la Géorgie. Oui, côté géorgien, on a le droit d'être susceptible sur ce point. Parce que la Géorgie ne demande qu'une chose : que les lois internationales soient respectées. C'est tout. Si notre journaliste avait été capable d'expliquer le contexte, tout le monde aurait compris la nuance. A moins que la Belgique soit le 3ème pays à reconnaître les provinces séparatistes, après la Russie et le Vénézuela?

D.P.

Voir le podcast du journal du 06/02 19h30 sur le site de la RTBF