14/08/2009

visite soigneusement chorégraphiée de Poutine en Abkhazie

 

"La visite soigneusement chorégraphiée du premier ministre russe Vladimir Poutine en Abkhazie mercredi a été conçue pour envoyer un message clair à la Géorgie et à la communauté internationale."


Expo Rustaveli 06

M. Poutine a confirmé que la Russie est en Abkhazie pour  y rester, indépendamment des viols des accords de cessez-le-feu de la guerre de l'année dernière et indépendamment des tentatives désespérées de la communauté internationale de trouver une solution acceptable sur la situation finale de l'Abkhazie et l'autre région séparatiste d'Ossetie du sud.

M. Poutine a promis une somme de 500 millions de $ pour renforcer la présence militaire russe en l'Abkhazie, et toujours rien pour reconstruire et rénover une région qui en aurait pourtant grandement besoin. Infrastructures, business... Au lieu de cela, seuls les bases (illégales) militaires, navales et terrestres, ainsi que le renforcement des infrastructures de défenses et les patrouilles le long des "frontières" feront partie des investissements.

La visite de Poutine a donc eu des odeurs de "visite d'un empereur pour un pays nouvellement acquit"! Et peu importe les remontrances occidentales, l'administration russe n'en a que faire. La propagande orchestrée soigneusement (façon de parler) par Moscou qui accuse sans cesse la partie géorgienne de provocations aux frontières abkhazes et "ossètes" ne pouvant toujours pas être vérifiées par des observateurs occidentaux (l'EUMM en l'occurance), puisque toujours empêchés d'entrer dans les parties séparatistes de la Géorgie, elle peut raconter ce qu'ils souhaitent pour justifier leurs investissements et leurs augmentations de présence militaires.

Bien entendu, les dirigeants occidentaux ne sont pas dupes, mais les citoyens, loin des réalités pour beaucoup, ne peuvent qu'y croire et soutenir la politique impérialiste de Moscou, croyant encore que la Russie agit pour le bien des populations séparatistes, alors qu'elle profite de sa main-mise sur ces territoires pour en piller ses ressources et assoir ses positions dans le Sud Caucase, passage obligé des ressources pétrolières et gazières vers l'Europe.

Ce qu'il faut savoir aussi, et qui n'est malheureusement pas répercuté comme il se devrait dans nos médias - belges principalement - ce sont les tensions grandissantes entre Moscou et nombre de régions et pays du bloc ex-soviétique. Attentats meurtriers en Ingouchie, en Ossétie du Nord, au Daguestan, en Tchétchénie, c'est le Nord-Caucase qui lutte contre Moscou, et Moscou qui réprime violemment. Mais l'absence la plus étonnante dans nos quotidiens, c'est l'annonce faire par Medvedev de faire passer une loi le rendant seule autorité à décider d'une guerre contre un pays voisin à la Russie, ne devant plus, par conséquent, passer par la Douma ou Poutine. Gravissime.

Au lendemain de cette annonce, le président Medvedev a rapatrié l'ambassade russe de Kiev (Ukraine), accusant Viktor Iouchtchenko, président ukrénien, d'avoir soutenu la Géorgie durant la guerre de 2008, et d'avoir vendu des armes à la Géorgie. L'Ukraine, pays souverain, en avait bien entendu tous les droits, faut-il le présiser...

D.P. depuis Tbilissi.

N'hésitez pas à réagir...

 

 

16/06/2009

Le veto de la Russie à l'ONU pourait faire bouger l'Europe.

La Russie a bloqué la résolution de l'ONU portant sur la prolongation de la présence de ses observateurs en Géorgie.

Bien entendu, ce geste attendu des russes peut se retourner contre eux, mais aura des conséquences dramatiques pour les géorgiens vivant dans la province abkhaze. Ces quinze dernières annnées, les observateurs en place des deux côtés de la frontière administrative ont permis de stabiliser quelque peu la région, sans toutefois parvenir à totalement empêcher certains actes de provocation de part et d'autre (surtout d'autre), comme " l'affaire du drone " par exemple, ou la distribution de passeports russes à des citoyens (séparatistes mais pas uniquement) de Géorgie.

Toujours est-il qu'à partir de ce 16 juin, 8 am, seuls quelques observateurs européens resteront là à écrire des rapports sur la situation, semaine après semaine, sans pouvoir passer la frontière abkhaze, sans aucune possibilité d'intervenir au cas où. 

Hier, au Conseil de Sécurité de l'ONU, New-York.

Première question : doit-on permettre à la Géorgie d'être présente pour le vote de la résolution de l'ONU portant sur la prolongation de la présence de ses observateurs en Géorgie? Qui dit "oui" ? Un par un, les représentants lèvent leur main. Qui dit non? Tchourkine, seul, la lève, semblant dire "pour le principe, pour le geste, pour le FSB  et ses théories..." Le représentant géorgien restera pour le vote. Deuxième question: doit-on prolonger le mandat des observateurs de l'ONU? 10 mains se lèvent unanimement pour le "oui", une seule encore pour le "non", mais cette fois la Russie a réussi: sa seule voix négative l'emporte sur les 10 oui et les 4 abstentions.

Pour vous donner une idée de ce qu'en ont déduit les pays représentés à l'ONU après le vote, voici le texte de l'intervention du représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, M. Jean-Maurice Ripert :

Monsieur le Président,

Dans la résolution 1866, que nous avons adoptée et co-parrainnée unanimement, nous nous étions engagés à décider de l’avenir de la présence des Nations unies sur la base du rapport du Secrétaire Général.

Ce rapport, qui s’intitule « rapport en vertu des résolutions 1808, 1839 et 1866 », a bénéficié d’un très large soutien au sein du Conseil lorsqu’il a été présenté.

Sur cette base, des négociations intenses ont donc eu lieu au sein du groupe des amis de la Géorgie.

Plusieurs séries de projets ont été discutés. Vendredi, le groupe des amis s’est réuni pendant plus de six heures. Samedi il s’est réuni à nouveau.

De nombreux gestes ont été consentis sur le régime de sécurité.

Nous n’étions pas très loin d’un accord. Il est vrai que la Russie a tenté tout au long d’utiliser ce processus pour aboutir à ce que les membres du Conseil reviennent sur l’intégrité territoriale et la souveraineté géorgiennes.

C’est pourquoi toutes les propositions russes comportaient des références à la « République d’Abkhazie », à ses frontières, mentions provocatrices et évidemment inacceptables pour une majorité de membres du Conseil. La Russie a également curieusement nié toute référence à un conflit et, ce qui est encore plus inquiétant, toute référence à un processus politique.

Cependant des progrès ont été faits. Il fallait donner, nous semble-t-il, toutes les chances à cette négociation.

C’est pourquoi la France, dans un esprit constructif, de concert avec l’Allemagne, l’Autriche, la Croatie, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Turquie, a mis en bleu hier soir le projet de résolution sur lequel nous venons de nous prononcer.

Ce texte proposait une reconduction technique du mandat de la MONUG, afin de donner un ballon d’oxygène à la négociation.

Il était une copie conforme des dernières résolutions de reconduction technique de la MONUG, les résolutions 1839 et 1866. Or ces deux résolutions sont intervenues après le conflit d’août, et après la reconnaissance par la Russie des entités séparatistes. Et comme vous vous en souviendrez, la Russie a voté ces deux résolutions, comme le Conseil unanime. La Russie a même co-parrainé la résolution 1866.

L’un des éléments clé qui avait permis l’adoption de ces résolutions, et leur acceptation par le pays-hôte, la Géorgie, était la référence à la résolution 1808. Cette référence n’avait pas empêché la Russie de les voter.

La Russie a demandé à écarter cette référence dans le présent projet. Cette proposition était inacceptable pour nous, et pour une majorité de membres du Conseil, pour plusieurs raisons :

- d’abord, car la France, comme l’Union européenne, est fondamentalement attachée à la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues ;

- ensuite, car rien n’est intervenu depuis le vote de la résolution 1866 en février dernier qui justifie que le Conseil change de position ;

- enfin, car cette éviction aurait clairement préjugé le résultat des futures négociations, plutôt que de reconduire l’ordre actuel afin de permettre à ces négociations d’avoir lieu.

Dans ces conditions M. le Président, il nous paraît inexplicable que la Russie ait mis fin à cette mission à cause de la référence à la R. 1808.

Monsieur le Président, la Russie a pris une lourde responsabilité en apposant son véto à ce texte.

La résolution aurait été adoptée par une large majorité sans ce véto.

Et pour cause. La Russie met fin à 15 ans de présence stabilisatrice des Nations unies sur le terrain.

La population locale, qui a besoin d’assurances de sécurité et d’un regard extérieur contre les provocations et l’arbitraire, sera la première victime de cette décision.

Ce véto laisse également sur le terrain une situation toujours extrêmement délicate et instable, avec des haines irrésolues et des barrières artificielles, sans processus de paix. Le Conseil de sécurité ne pourra pas s’en désintéresser.

Monsieur le Président, à nouveau, la France regrette profondément ce véto russe. Elle appelle l’ensemble des parties ayant des forces sur le terrain à respecter strictement les accords d’août et septembre 2008. Enfin, elle réitère à nouveau son soutien sans réserve à la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues./.

http://www.franceonu.org/spip.php?article4007#

Bien entendu, si la mention "république d'Abkhazie" avait été présente dans un seul des textes présenté au Conseil, la Géorgie aurait refusé de signer quoi que ce soit. Province autonomes, c'est le pire que le gouvernement ait proposé aux séparatistes abkhazes. Perdre la souveraineté d'une grande partie de son territoire parce qu'une force étrangère provoque, manipule, ment, corromp, et finalement occupe militairement, financièrement, politiquement et maffieusement une province qui ne sera jamais sienne n'a pas de sens à moyen terme.

D.P.

 

 

 

02/05/2009

Les soldats russes s'imposent aux "frontières"

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Et ça continue....

Les occupants russes ont déployé un contingent militaire supplémentaire et du matériel lourd dans la zone d'Akhalgori, près de Tskhinvali. Les militants russes ont pris les positions qu'ils ont laissées après la guerre d'Août. Les occupants ont l'intention d'y construire une nouvelle base militaire.

Les milices se déplacent aussi dans le village de Karchokhi. Trois véhicules militaires de l'Oural, quatre camions de KAMAZ et cinquante soldats ont été mobilisés sur ce territoire. La Russie continue à démontrer sa force. Le ministre des Affaires Etrangères géorgien Grigol Vashadze a dit que la Russie devra retirer ses troupes du territoire occupé et accomplir les obligations qu'il a prises selon l'accord de cessez-le-feu à six points...

Les occupants russes ont aussi envoyé des unités militaires dans la zone de Zemo Abkhazeti. Des transporteurs de personnel blindés, des missiles antiaériens et des véhicules militaires de l'Oural, chargés de matériels de guerre ont été déployés sur tout le territoire. Le ministère de défense de la république fantoche d'Abkhazie se concentre spécialement sur le district de Zemo Abkhazeti.

A part les "gardes-frontières" abkhazes, seules les forces russes ont été déployées au village d'Azhara "pour la sécurité de la région". Même les gens vivant en Abkhazie ne sont pas autorisés à entrer sur le territoire de Zemo Abkhazeti sans un visa spécial.

Etats-Unis (département d'état) :

"Nous appelons la Russie à honorer ses engagements au titre du mois d'août et le 12 Septembre 8 accords de cessez-le-feu. Cela comprend la suppression de ses troupes pour un retour aux positions tenues avant le début du conflit, en permettant un accès humanitaire sans entrave, et permettant les organisations des droits de l'homme d'enquêter sur les allégations de nettoyage ethnique dans les deux régions. La mise en place d'une "frontière" sous le contrôle de soldats russes marque une autre étape dans la direction opposée."

Union Européenne :

"La présidence de l'Union européenne rappelle que l'UE appuyait pleinement la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues, et la Présidence reste engagée et est prête à soutenir tous les efforts en vue d'une solution pacifique et durable au conflit en Géorgie. Les questions de sécurité devraient être discutées dans les instances internationales compétentes, en particulier les discussions de Genève, dont la prochaine session aura lieu les 18-19 Mai 2009."

En l'état, la Russie s'attaque ouvertement à l'Europe, qui a beau crier "aux viols"... Moscou s'en balance royalement. Pardon, mégalomaniaquement.

Toute sanction possible à l'encontre des fous de la Douma doit être décidée au plus vite.

Une chose est sûre, depuis le rachat des stations essences "Jet" par Lukoil en 2007, mes pleins de diesel sont faits ailleurs, Q8 ou Texaco je m'en fous, mais pas LUKOIL qui alimente les caisses de la dictature post-soviétique.

B O Y C O T T   L U K O I L

 

25/03/2009

Le cinéaste Merab Kokotchashvili à propos de l'Abkhazie.

 

Mérab Kokotchachvili nous fait le cadeau d'un texte à propos de l'Abkhazie. Je l'en remercie vivement.

MK


La Géorgie est sans doute un petit pays, mais géo-politiquement c'est un pays particulièrement intéressant : le Sud-Caucase, c'est le pont entre est et ouest, et entre nord et sud. Dès lors, toutes les puissances essayent de mettre la main sur cette région.

L'Abkhazie, c'est un tout petit territoire, 15 % de la Géorgie. Comprenant différentes ethnies, la plus importante étant les géorgiens (d'après les Abkhazes, aujourd'hui, on compte entre 40 et 60.000 géorgiens en Abkhazie), les Abkhaziens sont entre 20 et 25 % de la population totale d'Abkhazie.

Mais 250,000 géorgiens ont été déportés durant la guerre de 1992...

Ce territoire a toujours intéressé les grandes puissances. Les grecs, les romains, les byzantins, les turcs,... l'ont conquise avec les méthodes "diviser pour régner". Plusieurs ethnies, facilement manipulables pour créer des séparatismes, y ont toujours cohabité. Quand les grandes puissances conquérantes s'affaiblissaient, la Géorgie en profitait pour se réunifier et recontrôler l'ensemble du territoire. Et c'est pour ça que dans les organisations mondiales, aujourd'hui, ce territoire est reconnu comme la Géorgie, car cela a toujours été ainsi.

Quand la Géorgie était faible (économiquement ou politiquement), elle se divisait en différents royaumes. Le royaume Kartli et Kakhétie, Samegrelo, Guria, Imérétie, Abkhazie. Par contre, les bases religieuses et de langue était toujours les mêmes. Ces ethnies qui ont leur "patois", la base de ce "patois" est toujours géorgien. En ce qui concerne la langue Abkhaze, elle a la base de la langue caucasienne tout comme le géorgien. Cette base culturelle, linguistique ou religieuse a toujours existé comme force d'unification, et tant qu'existaient les conditions pour se réunir, les différents royaumes s'unifiaient. Par exemple, entre le 8ème et 9ème siècle, le processus de réunification débuta en Abkhazie. Le chef abkhaze de l'époque, Léon II, a commencé le processus avec l'aide de l'ethnie Kazar, du Nord-Caucase, de réunification des différents royaumes de Géorgie; ce processus a pris presque 2 siècles et au 12ème siècle, David le Bâtisseur a fait de la Géorgie un état très puissant. Son titre était "Le Roi d'Abkhazie, de Kakhétie, d'Imeretie, de Samegrelo, etc..."

Après l'arrivée des Mongols, qui ont envahi tout l'Orient et une partie de l'Occident, les Russes ont commencé à devenir une puissance importante. C'est à cette époque que les forces turques ont détruit Byzance . Byzance était Chrétienne, les Turcs étaient Musulmans.

La partie orientale de Géorgie était sous l'influence perse (Iran). L'influence de l'Islam était mortelle pour la partie occidentale de Géorgie, car cela voulait dire perdre la religion. Dans ces conditions, les Géorgiens ont cherché l'aide parmi les chrétiens, avec la Russie qui nous inspirait plus d'espoir. Mais pour les Russes, très intéressés par le Caucase pour diverses raisons géopolitiques, c'était très important de prendre la Géorgie en main, et comme Byzance, prendre en main l'Orient, les Balkans, le Bosphore, les Dardannelles, puis accéder à la Méditerranée. Ainsi, la Russie pouvait avoir le contrôle des routes Nord - Sud, et Est - Ouest.

La Russie, pour réaliser ses plans, avait besoin de la Géorgie, et des Géorgiens comme esclaves, car en cas de refus de la part des Géorgiens, la Russie diviserait à nouveau le pays en petites provinces (diviser pour régner).

Aujourd'hui, c'est exactement ce que la Russie est en train de faire avec la Géorgie. En premier lieu, la Russie a créé en Abkhazie et en Ossétie du Sud des séparatismes, et après, (NDLR : en "colonisant" les territoires avec des citoyens russes, en distribuant des passeports russes, en organisant des provocations entre les parties, et enfin en faisant intervenir 60.000 hommes et 3000 blindés, en bombardant des villes - Tskhinvali, Gori et Poti   entre autres) sans aucun droit, a reconnu ces territoires comme étant indépendants, et y a placé les armées russes.

Cette action peut toujours déclencher une guerre plus importante dans la région. La Géorgie n'acceptera jamais la terre enlevée par les Russes, et quand la situation le permettra, la Géorgie récupèrera ses territoires.

Aujourd'hui, le plus grand agresseur mondial, c'est la Russie. Si le monde a un peu de lucidité, il doit politiquement tout faire pour arrêter ces actions illégales des Russes. Les Abkhazes, avec la Géorgie, ont toujours eu les moyens et les droits de développer leur culture, leur économie, la religion, leur langue et d'autres intérêts propres. Ils avaient les écoles et les universités, les théâtres, la littérature, les rites religieux, même l'administration, tout était fait dans leur langue. Aujourd'hui, dans les écoles, cela se passe en Russe.

Il faut dire ici que c'est justement les Russes qui ont déportés et tués les musulmans Abkhazes durant la guerre Russie-Turquie dans les années 1876-1879, et seuls les Géorgiens défendaient les droits des musulmans Abkhazes, comme par exemple l'écrivain poète Ilia Chavchavadzé (qui fut assassiné).

Il y a peu, les Géorgiens ont proposé aux Abkhazes de créer une zone de libre-échange, de développer le tourisme, et de plus le poste de vice-premier ministre dans le gouvernement géorgien. Dans la constitution géorgienne existe le droit de se présenter pour le poste présidentiel pour tous, peu importe l'ethnie d'origine. En 1991, le parlement abkhazien avait le droit d'avoir plus de sièges de députés dans le parlement que n'importe quelle autre région, alors que, il faut souligner, ils sont minoritaires en Géorgie. On peut écrire beaucoup d'autres priorités que les Géorgiens leur ont proposé. Malgré tout ça, les Russes l'ont annexée et ce petit territoire, les Russes en ont fait une base militaire pour le Caucase. Aujourd'hui, nous aurions pu faire une zone de tourisme magnifique, mais les Russes construisent une base navale à Otchamchiré comparable à celle située à Sébastopol, ainsi qu'une base aérienne à Goudauta, et 4000 hommes à Gali, et apparemment, toujours à Gali, ils construisent un "mur de Berlin 2". C'est ce qui s'appelle une "action de paix" selon les Russes.

D'ici 10 ou 20 ans, en Abkhazie, il n'y aura plus un Abkhaze qui parlera Abkhaze. Comme aujourd'hui il n'existe plus l'ethnie qui s'appelait Ubikhi (ethie de souche abkhazienne originaire de Sochi) parce que les Russes les ont tués et déportés. (En 1919, la Géorgie a pu récupérer Sochi, mais en 1921 l'a à nouveau perdu (Bolchevics)).

Tout ce que la Géorgie a fait pendant des siècles pour unifier, les Russes et les séparatistes abkhazes et ossétiens, en 15 ans, ont tout détruit et ont créé des animosités. La Géorgie sera toujours contre cela. Elle comprend que la paix créée durant des siècles sur les terres abkhazes ou du reste de la Géorgie est basée sur des relations humaines et les égalités de droits.

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Mérab Kokotchachvili

Cinéaste / réalisateur / documentariste / scénariste

Biographie de Mérab Kokotchachvili

 

 

 

 

 

 

C'est en pensant à sa sagesse que je me rendrai au rendez-vous de Mme le sénateur Isabelle Durant fixé pour demain, suite à ma réaction (publiée ici)  aux inepties du Rapport Dubié sur " l'agression géorgienne de l'Ossétie  ".  J'espère parvenir, avec l'aide de l'amie géorgienne qui m'y accompagnera, à au moins leur démontrer que la "version Dubié" est totalement tronquée. Néanmoins, je remercie Mme Durant de nous permettre de nous rencontrer et ainsi, à défaut d'être entendus des médias nationaux,  de l'être par le parti politique belge ayant le plus jeté un doute sur l'illégitimité flagrante des Russes dans leur intervention du mois d'août et dans leur gestion des "forces de paix" dans les territoires séparatistes.

Lundi, vous pourez en lire le compte rendu sur ce blog.

D.P. TbiliSite - 25 mars 2009

20/03/2009

En attendant le gros de la troupe


Le representant spécial de l'UE à Tbilissi

Peter Semneby, après sa réunion avec le porte-parole du Parlement Bakradze, a annoncé que l'Union Européenne ne reconnaît pas l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, cependant, il considère qu'il est nécessaire d'avoir des contacts avec les régimes séparatistes.
Peter Semneby a rencontré Mr Bakradze après sa visite dans la région séparatiste d'Abkhazie où il a tenu des réunions avec les représentants des "gouvernements" séparatistes. À la réunion avec le porte-parole du Parlement géorgien, ils ont parlé de la situation dans les régions dissidentes, des conséquences de la guerre d'Août et des relations Géorgie-Russie.
Semneby a dit que la situation est particulièrement préoccupante dans la zone Gali, qui est surtout peuplée de Géorgiens. Semneby a dit que ce peuple ne peut plus traverser le Pont d'Engury et donc, ils n'ont plus de liens avec leurs parents au-delà de la frontière administrative. Semneby affirme que c'est une violation grossière des droits de l'homme.

L'IRI mène des sondages publics en Géorgie

Une compagnie américaine a procédé à une recherche sociale en Géorgie, en vertu de l'ordre de l'International Republican Institute. 500 citoyens de la Géorgie ont été onterrogées. Les réponses ont été réparties comme suit:

Selon les résultats de l'enquête, la population de la Géorgie ont pour la plupart peur de la guerre. 61% de la demande des citoyens va pour le danger pour le pays avec les relations Russie/Géorgie, et les problèmes économiques du pays. Lorsqu'on demande si l'agression Russe est toujours en cours en Géorgie, 84 pour cent répondu «oui». Pensez-vous que la politique sociale et les activités devraient être axées sur le maintien de la stabilité dans la région - la question a reçu les réponses comme suit: - 86 pour cent pense que les hommes politiques devraient faire de leur mieux pour maintenir la stabilité politique du pays, 8 pour cent n'ont rien contre la politique conflits.

Le problème essentiel des 52% de la société en Géorgie est le chômage, le risque de guerre - 9% et la situation politique intérieure - de 6 pour cent. 81 pour cent des répondants ont répondu oui à la question de savoir si le gouvernement et l'opposition doivent continuer le dialogue, de 8 pour cent croient que le dialogue est en place.

03/03/2009

Une déclaration parmi d'autres

Déclaration du chef des observateurs européens.

L'EUMM (European Union Monitoring Mission) estime que le cas des deux Géorgiens, Davit Kapanadze et Demur Chughladze, actuellement détenus en Ossétie du Sud, souligne la nécessité de réaliser des progrès dans la mise en œuvre de la prévention des incidents, mécanisme convenu par toutes les parties à Genève le 18 Février 2009.
Le chef de la Mission de surveillance de l'UE, l'ambassadeur Hansjörg Haber a commenté:
"Les détails exacts de ce qui s'est passé avec les deux Géorgiens donnés au cours des derniers jours ne sont pas encore clairs, mais l'affaire a fortement souligné la nécessité d'aborder la question de la circulation à travers la frontière administrative de façon systématique. Il est d'un intérêt légitime que les civils, des deux côtés de la frontière, soient en mesure de traverser sans se retrouver en prison ou devant un tribunal. Il doit y avoir une transparence sur les règles qui s'appliquent.
Ce n'est que par des réunions régulières entre toutes les parties, comme l'a récemment décidé à Genève, que de telles situations peuvent être clarifiées et qu'on pourra réduire les tensions, pour le bénéfice de tous. J'espère très sincèrement que des progrès peuvent être accomplis dans le tri les modalités de ces réunions, afin que de tels incidents puissent être évités à l'avenir, »

27/02/2009

Terry Davis à Moscou, Davit Bakradzé à Tbilissi

 

Le Conseillé du Secrétaire Général Européen Terry Davis à Moscou.

Le Conseillé du Secrétaire Général Européen Terry Davis a confirmé à Moscou aujourd'hui l'appui de l'Europe à propos de l'intégrité territoriale de la Géorgie. Il a donné  un entretien à la station radio l'Écho Moskvi. Il a dit que la Russie devrait comprendre pourquoi elle est isolée dans la reconnaissance des territoires séparatistes de Géorgie.

Monsieur Davis ajoute : "Nulle part ailleurs dans le monde un pays n'a reconnu ces régions, que la Russie a reconnu. Alors, la Russie doit se demander : pourquoi être entré dans cette situation ? Beaucoup de pays européens ont des problèmes semblables à ce qui est arrivé en Géorgie, problèmes avec quelques parties de pays qui sont dissidents. Nous avons un bon exemple avec la Tchétchénie, en Russie. Mais aucun pays n'a pris de tels étapes radicales pour faire ces régions indépendantes. Je pense que très peu parmi l'Assemblée ont soutenu la position du gouvernement russe sur la question du Caucase. Mais en même temps, la plupart des membres de l'Assemblée pensent qu' il est bon que la Russie participe au Conseil de l'Europe (PACE) et soit là pour s'ouvrir à la critique envers lui", a dit Terry Davis.

Davit Bakradzé se concentre sur des menaces russes

27.02.09 14:47

Davit Bakradze a rencontré les étudiants de l'Université Caucasienne aujourd'hui et a répondu aux questions des étudiants en politique étrangère.

Les étudiants étaient contents du dialogue. Le porte parole du Parlement Davit Bakradze a constaté les tentatives indirectes de la Russie pour s'immiscer dans les affaires internes de Géorgie et encourager les opposants au gouvernement en les poussant au désordre,"ce qui est nettement plus dangereux qu'une intervention militaire directe".

 

16/02/2009

Encore des atteintes aux droits en Abkhazie


Les enseignants dans le district de Gali face à de sérieux problèmes...

Le délai donné aux pédagogues des écoles publiques du district de Gali pour obtenir les passeports des citoyens abkhazes, expire aujourd'hui. Les séparatistes armés et les occupants russes organisent des raids dans les écoles du district de Gali. Les classes ont été interrompues dans les écoles de trois villages - Zemo Barghebi, Sida et Khushukuri.

Les enseignants sont forcés de déclarer qu'ils rejettent la citoyenneté de la Géorgie et doivent demander la citoyenneté de l'Abkhazie. Après la procédure, ils recevront les nouveaux passeports des citoyens de l'Abkhazie, région occupée par la Russie. Si les pédagogues refusent de prendre de nouveaux passeports, les séparatistes menacent de les évincer de l'école et du district de Gali, à l'aide des unités spéciales. Les enseignants demandent l'aide urgente de la MONUG.

D.P.
Source : Rustavi2

 

21/01/2009

"Education" abkhaze...

 

Bonjour à tous!

Non, je ne cèderai pas à l'envie d'écrire un article "Spécial Obama". Tout le monde en parle déjà et je n'ai rien à ajouter à ce sujet. Wait and see, mais bravo déjà pour sa première décision : la fermeture de Guantanamo.

Non. Aujourd'hui, il me faut d'abord relayer une info importante:

Des ambassadeurs de l'Union européenne sont concernés par les attaques récentes sur des policiers géorgiens entourant les chefs des missions de l'Union Européenne en mission en Géorgie. Ces derniers expriment leur vive inquiétude quant aux attaques récentes sur la police géorgienne effectuant leurs devoirs légaux.
Un policier géorgien a été tué par un tireur isolé près de la Ligne de Frontière Administrative avec l'Ossétie du Sud le 16 janvier 2009.

Deux d'entre eux ont été blessés à la frontière Ossète du Sud hier encore.
Onze policiers géorgiens tués depuis les accords de cessez-le-feu...
Les Chefs de missions de l'Union européenne en Géorgie exigent l'accès d'observateurs internationaux en Ossétie du Sud et Abkhazie.

Par ailleurs, il me faut aussi dénoncer une "petite" injustice qui démontre une fois de plus combien la Russie n'a pas changé depuis Staline (toute proportion gardée) :

Les séparatistes abkhaze forcent les pédagogues des écoles géorgiennes de la zone de Gali, Abkhazie, en Géorgie, d'enseigner avec de nouveaux manuels imprimés par leur ministère de l'Education Nationale.
Les manuels, en langue russe, refont l'Histoire et la géographie dans la voie idéologique  décidée par les séparatistes.
Le ministre de l'Education nationale séparatiste est arrivé dans la zone de Gali et a promis aux enseignants locaux d'augmenter leur salaire de 40% s'ils acceptent de collaborer...

Ce qui démontre une fois de plus combien toute la population abkhaze est manipulée par le pouvoir séparatiste...

Il y a encore de nombreux géorgiens non-abkhazes dans la région séparatiste, principalement entre Zugdidi et Gali. Les Géorgiens, en plus de subir les incessantes provocations des séparatistes, sont de plus en plus souvent victimes de "racisme" de la part des populations abkhazes. Les écoles ne sont pas financées, impossibilité de trouver du travail, impossibilité de vendre les produits agricoles, et leur situation ne cesse d'empirer depuis la reconnaissance par Moscou de l'indépendance de l'Abkhazie.

Vive l'Abkhazie libre et indépendante? Ha!