06/05/2009

Discours du président Saakashvili suite à l'échec d'une rébelion d'une caserne militaire en Kakhétie.

A la veille des entraînements de l'Otan près de la capitale Tbilissi, les provocations de la Russie envers la Géorgie montent encore d'un cran:

Discours du président Saakashvili suite à l'échec d'une rébellion d'une caserne militaire en Kakhétie.

"Je tiens à m'adresser à vous dans le cadre de la tentative d'organisation de troubles dans l'unité [militaire de] Mukhrovani."

"Comme vous le savez, des exercices de l'OTAN sont prévus en Géorgie. Un sommet de l'U.E. est prévu à Prague, les 7 et 8 mai, pendant lequel la Géorgie signe un accord de partenariat oriental."

"Le premier événement est un élément important, un événement symbolique, car c'est la première fois après l'agression de la Russie que l'OTAN prend cette mesure sur le territoire de la Géorgie. Le deuxième événement est très important politiquement, et je dirais même une importance historique, car pour la première fois, la Géorgie est en train de créer une relation institutionnelle avec l'Union européenne, notre partenaire naturel, avec le domaine de notre politique sociale et économique futures."

"Dans cette situation, comme vous l'avez probablement appris en regardant les médias, de nombreux discours, menaces et provocations concrètes ont été menées contre notre pays. Vous savez que, ces dernières semaines, la Russie a renforcé sa présence sur les territoires occupés de la Géorgie. Ils ont stationnés la quasi-totalité de la flotte en mer Noire dans les eaux territoriales de la Géorgie. (...) Ils comptent sur une possibilité de troubles de masse dans le centre de la capitale géorgienne, ou un certain type de violence et d'actions possibles pouvant être menée contre la souveraineté de la Géorgie, notre liberté et notre indépendance et, naturellement, contre la Géorgie euro-atlantique et contre l'intégration européenne."

"Vous avez vu, mes chers compatriotes, le gouvernement géorgien a démontré un maximum de retenue au cours des rassemblements de protestation afin de ne pas donner de prétexte à l'ennemi de la Géorgie. Nous avons agi ainsi, alors que la plupart des pays n'aurait pas toléré [de laisser faire]. . Nous pensons que le dialogue est le moyen de sortir de toute situation et nous ne permettrons pas les provocations de Tbilissi en d'autres endroits de la Géorgie. (...)"

"D'autre part, vous avez déjà vu ces menaces hystérique, qui ont été entendues dans la politique de la Russie, l'occupant de notre territoire, ainsi que de leurs forces armées et du leadership. Ils ont dit qu'ils ne permettraient pas des exercices de l'OTAN en Géorgie, qu'ils avaient suffisamment de leviers pour cela, et ils ont augmenté leur présence militaire dans les derniers jours. Ils ont déployé ce que l'on appelle les gardes-frontières sur le territoire géorgien par le biais de violation grossière de toutes les normes internationales. Ils ont fait de leur mieux pour alimenter les tensions."

"Dans ces conditions, un groupe d'anciens responsables militaires, dont les liens avec les agents d'un pays en particulier, est bien connu de nos services, a tenté d'organiser des troubles dans l'unité militaire de Mukhrovani. Des troubles dans une unité militaire n'est pas une chose ordinaire. Il faut comprendre que des troubles dans des lieux où il ya des hommes armés, est comme une claque contre le système démocratique de la Géorgie, contre la sécurité de chacun de nos citoyens, contre la Constitution de la Géorgie, car conformément à la Constitution géorgienne, toutes les unités militaires sont subordonnés aux autorités légalement élues.Des organisations même des plus petits troubles et des plus petits incidents sont une très forte contestation de l'ordre constitutionnel de la Géorgie et une menace pour la stabilité et l'avenir de nos citoyens."

"Par conséquent, nous considérons cet acte comme grave, et nous le considérons comme une menace sérieuse, nous le considérons comme un défi sérieux. En même temps, je tiens à vous dire que c'est un incident isolé et aucune autre unité militaire n'est impliquée. Actuellement, d'autres unités militaires sont en alerte et la situation est sous contrôle. Généralement, l'ordre et le calme règnent dans le pays et rien ne le menace."

"Mais nous devons comprendre une chose - l'inspiration de troubles n'est en aucune façon relié aux conditions sociales des soldats. Vous savez très bien que notre armée a le plus élevé des salaires dans notre pays. Vous savez très bien que nos agents sont spécialement honorés dans la société géorgienne. Il n'est plus le temps de Chevardnadze avec une armée affamée, nu-pieds, indisciplinée. L'armée n'est plus la même, et personne ne parviendra à revenir au temps de troubles et de chaos des années nonante. Nous avons déjà vu ce que les groupes paramilitaires et les bandits, qui se déplacent à Tbilissi et dans d'autres villes, en violation des droits des citoyens, volant et détruisant les biens de notre pays. Il a fallu de nombreuses années et la révolution de la rose pour mettre fin à leurs raids."

"Ces personnes, qui tentent maintenant d'organiser des troubles, sont ceux qui ont été licenciés de l'armée après la Révolution des Roses, et veulent retourner dans le passé. Ils veulent revenir aux années nonantes et agissent en coordination avec une force étrangère."

"Je veux aussi m'adresser catégoriquement à la Fédération de Russie et l'avertir que toute tentative d'escalade de la situation à l'intérieur de la Géorgie, en provoquant des tensions dans les territoires occupés - et nous avons les informations que [la Russie] il y a plus d'unités militaires, nous avons les informations qu'ils ont lancé de nouveaux mouvements avec la Flotte de la Mer Noire - toutes ces [mesures] sont très provocatrices -, je demande avec insistance à notre voisin du Nord de s'abstenir de ces types de provocations, de s'abstenir de tout type de provocations, parce que ces provocations ne fonctionneront pas en Géorgie. Le peuple géorgien ne cédera pas à de telles provocations. Il devrait être très simple pour eux de comprendre."

"J'ai donné des instructions à la police et aux forces armées d'agir de façon appropriée. Les unités de la police sont pleinement mobilisées. Les organisateurs de la mutinerie et des troubles ont été isolés. Dès ce matin nous avons été en négociation avec eux - le commandant des forces terrestres Shmagi Telia, l'ex-vice-ministre de la défense Akhalaia; et l'actuel ministre de l'Intérieur Merabishvili étaient présents."

"J'ai personnellement parlé avec un des organisateurs de ces agitations et je lui ai dit que nous leur donnions une occasion de se rendre aux agences d'application de la loi et de rendre les armes, ce qui sera pris en considération comme circonstance atténuante. Mais personne ne devrait avoir aucune illusion. Lorsque l'ennemi se trouve en Géorgie, à 40 kilomètres de la capitale géorgienne, où une énorme quantité d'armes d'artillerie sont destinées à nous, lorsque la flotte de la mer Noire se trouve à proximité de nos côtes, et lorsque nous entendons des menaces et des provocations quotidiennes, nous ne pouvons pas nous permettre de troubles en Géorgie, car ce serait une lame d'épée dans le cœur de la démocratie, et un acte dirigé contre l'État géorgien serait extrêmement dangereux."

"Afin de protéger la démocratie géorgienne, la liberté et l'unité de l'Etat géorgien, tous les organes respectifs sont prêts à prendre des mesures décisives pour empêcher toute petite ou grande tentative de miner notre ordre constitutionnel, notre démocratie, notre liberté."

"La Géorgie n'est plus dans la situation d'il y a cinq ans. Nous sommes l'État, nous envisageons de jouer le rôle de l'Etat, et je demande à nos citoyens d'être calmes, je leur demander d'accepter de comprendre toutes ces actions qui ont été menées par l'État géorgien dans cette situation et qui ont été menées par tous les dirigeants responsables géorgiens dans notre histoire."

"Notre histoire est pleine d'exemples de trahison, de troubles, les rébellions, de tentatives de collaboration avec des forces extérieures et les divisions à l'intérieur de notre forteresse. Cette fois, personne n'est parvenu à échapper à notre forteresse. Nous, et moi personnellement en tant que Président et commandant en chef, allons agir en toute responsabilité devant l'histoire du pays, pour la sécurité de chacun de nos citoyens, pour la liberté et [la défense] de notre système démocratique."

Traduction D.P., d'après Civil.ge


05/05/2009

Sous fond de graves provocations russes, Tbilissi se défend comme elle le peut.

 

Medvedev a qualifié jeudi de "provocation grossière" l'organisation d'exercices de l'Otan en Géorgie, et Mr Appathurai, le porte-parole de l'Otan, a jugé qu'il devenait "de plus en plus difficile de faire coller la rhétorique russe avec la réalité sur le terrain". C'est dans ce contexte de tensions vives entre l'Otan et la Russie que débuteront demain les exercices de défense militaire organisés près de Tbilissi par l'Otan.

La Russie, après avoir expédié des centaines de blindés et plus de 20.000 hommes dans les territoires séparatistes de Géorgie, auxquels s'ajoutent à présent plusieurs dizaines de "gardes frontières", persiste dans sa logique d'annexion des territoires occupés en violation des traités de cessez-le-feu signés après sa tentative, en août, d'envahir et d'annexer l'ensemble de la Géorgie.

C'est aussi dans ce contexte que l'opposition radicale, toujours en mouvement à Tbilissi après bientôt 4 semaines, durcit ses actions, maintenant leur demande de démission du président Saakashvili.

Les leaders radicaux, fortement soupçonnés de jouer le jeu de la Russie, refusent toujours tout dialogue avec l'opposition parlementaire et le pouvoir. La Communauté Européenne, présente sur place depuis plusieurs semaine en la personne du représentant spécial pour le Caucase du Sud Peter Semneby, recommande vivement à l'opposition d'accepter le dialogue. Mais les radicaux se radicalisent encore d'avantage. Après avoir placé un "mur de la honte" à l'entrée de la télévision publique, où il s'agit d'insulter toute personne devant se rendre dans les locaux de la chaîne après un contrôle des pièces d'identité, menacent à présent de bloquer les voies d'accès principales de Tbilissi ce qui serait fortement préjudiciable à la vie économique de la capitale géorgienne.

Mais ce n'est pas le pire. A Mukhrovani (province de Kakhétie), une garnison militaire géorgienne a tenté un soulèvement qui, heureusement, a rapidement été contré grâce à l'arrestation cette nuit des responsables. Parmi les personnes arrêtées, on retrouve des membres de l'opposition radicale. Celle-ci avait annoncé, avant hier, qu'il y aurait des manifestations dans la province de Kakhétie aujourd'hui... Ces derniers avaient de même annoncé la fin du "reigne de Saakashvili" pour le 6 mai, date du début des exercices de l'Otan. Le ministre de l'intérieur Shota Utiashvil affirme que ce soulèvement a été organisé avec l'aide du FSB russe, au minimum en réaction aux exercices de l'Otan, lesquels auraient été gravement pertubés en cas de réussite. Selon lui, les généraux avaient aussi comme intention, avec l'aide de responsables d'autres garnisons en Géorgie, de renverser le gouvernement géorgien.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'à Tbilissi, la vie n'est pas facile! Pour les habitants qui ne souhaitent qu'une seule chose, à savoir: vivre en paix, chaque jour est une menace pour la vie, tout simplement. Les troupes russes à moins de 40 km de Tbilissi, prêtes à sauter sur le moindre prétexte pour intervenir dans d'autres provinces que celles qu'ils contrôlent déjà, et l'opposition, animal agonisant, prêt à tout pour donner aux russes un prétexte pour intervenir et renverser le régime démocratique du président Saakashvili, rien de tout cela, bien entendu, n'est souhaité par la toute grande majorité des géorgiens.

Les géorgiens en ont marre! Alors qu'après deux cents ans de domination russe ils parviennent à se défaire de leur voisin trop gourmand et accèdent enfin à leur indépendance, ils vivent d'abord 20 ans sous le régime ultra-corrompu de Shevarnadze, puis accèdent aux premiers pas d'une démocratie pro-européenne sous Saakashvili. Mais la Russie ne les lâche pas, et à part le départ de Poutine et avec lui de 99,9% de la Douma, rien n'y fera, semble-t-il, pour les arrêter dans leurs projets démoniaques.

D.P.

 

12/04/2009

Une nouvelle vague de manifestations à partir de lundi, sur fond de provocation militaire de la Russie...

Une nouvelle vague de manifestations à partir de lundi, sur fond de provocation militaire de la Russie...

Une des leaders de l'opposition radicale, Mme Burdjanadzé, a confirmé l'intention de continuer les manifestations dès lundi, après la trève du "dimanche des ramaux".

Malgré qu'il soit évident que demander de nouvelles élections présidentielles est inutile, dans tous les sens du terme, l'opposition a décidé de continuer leur mouvement, et de l'étendre à d'autres grandes villes en Géorgie, après avoir refusé tout dialogue avec le gouvernement.

Pendant ce temps, la flotte russe est "en transit" en Mer Noire, en provenance de Sébastopol, en Ukraine. Actuellement à un jet de pierre de la côte géorgienne, une vingtaine de navires de guerre fait route vers Novorossiysk, d'après le ministre russe de la défense.

D'autres manoeuvres, terrestres cette fois, ont également lieu en Géorgie, dans les territoires séparatistes d'Abkhazie et d' "Ossétie du Sud", "pour sécuriser les frontières, les protestations de l'opposition pouvant déborder", nous disent les russes.

D'après Civil.ge

D.P.