05/02/2009

OTAN / OTSC


OTAN : positions claires sur le conflit

manif EU Bruxelles

Vingt-six Etats membres de l'Organisation du Traité Atlantique Nord l'unanimes pour soutenir la Géorgie dans son conflit avec la Russie. Lors de la session de la commission Géorgie-OTAN qui s'est tenue hier à Bruxelles, la Commission a invité la Russie à cesser de construire des bases militaires et la militarisation des deux régions occupées de Géorgie, l'Abkhazie et de l' "Ossétie du Sud", sinon, l'OTAN ne pourrait reprendre les liens avec la Russie.

L'alliance atlantique reste ferme sur sa position à moins que le Kremlin puisse démontrer l'évolution de sa politique à l'égard de la Géorgie et ses régions séparatistes.
Une nouvelle phase du programme de partenariat annuel avec la Géorgie va bientôt commencer. Elle implique de mener de nouvelles réformes dans les domaines militaires, politiques et juridiques. En Mars, une alliance de l'OTAN se rendra en Géorgie, qui coordonnera la mise en œuvre du programme.

Source : Rustavi2

Côté Russe, la réponse à l'OTAN est claire, elle aussi :

MOSCOU, 4 février - RIA Novosti. Moscou accueille aujourd'hui le sommet de l'Organisation du Traité de sécurité collective, destiné à modifier sa structure: l'OTSC se pourvoira de ses propres forces armées, lit-on mercredi dans le quotidien Kommersant.

L'automne dernier, à l'époque où la Russie s'est trouvée au bord d'une confrontation avec l'Occident suite à la guerre avec la Géorgie, le président russe Dmitri Medvedev a proposé de créer dans le cadre de l'OTSC une force collective de déploiement rapide (FCDR). La réalisation de cette idée transformera cette organisation dirigée par Moscou en véritable alliance politique et militaire.

La FCDR devraient réunir des unités militaires mobiles des sept pays de l'organisation. Il est probable que la plupart des forces seront fournies par la Russie (une division aéroportée et une brigade aéroportée d'assaut) et le Kazakhstan (une brigade aéroportée d'assaut), le reste des alliées se limitant à un bataillon.

"La Russie est certainement intéressée à l'existence d'une organisation, qui constituerait, ne serait-ce que vaguement le contrepoids de l'OTAN", estime Andreï Fedorov, directeur des programmes politiques du Conseil pour la politique extérieure et de défense. "Cela semble tout à fait logique, car le potentiel des partenaires de la Russie au sein de l'OTSC est à peine efficace et la situation à intérieur de certains de ces pays est loin d'être stable. C'est cependant à cause de ces circonstances que toute nouvelle construction, quel que soit son nom, sera en premier lieu un "tigre de papier" qui pourrait être utile dans une guerre de l'information, mais serait inefficace en pratique. De plus, l'élargissement de l'OTSC semble peu probable contrairement à celui de l'OTAN, et ne pourrait toucher que l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie".

Des sources au ministère russe des Affaires étrangères, qui ont participé à la préparation de la reforme militaire de l'OTSC, appellent à ne pas dramatiser cette réorganisation. "Dire que la Russie transforme l'OTSC en contrepoids de l'OTAN revient à faire preuve d'une perception simplifiée des objectifs de la FCDR. Il ne faut pas oublier que certains pays de l'organisation ont des frontières avec l'Afghanistan instable", a expliqué au Kommersant un haut diplomate russe.

Source : Kommersant / Ria Novosti

Afghanistan instable... Il s'agit plutôt de contrer les éventuelles révoltes dans certaines régions séparatistes, ou les soutenir, selon les cas. Tchétchénie, Ingouchie, Transnitrie, Ukraine, Azerbaidjan, Abkhazie, Osséties, Géorgie, voire même un pays balte, (...) à l'aide d'une armée "multinationale" dont les interventions seraient sans doute plus aisément justifiables, légitimables (intervention décidée unanimement, etc...).

D.P.

Un journal russe publie une interview de Baghapsh.

Le chef du gouvernement séparatiste abkhaze Sergueï Bagapsh explique que l'Europe n'a pas d'autre choix, qu'un jour ils auront à reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie et de "l'Ossétie du Sud" si ils veulent imposer la paix et la stabilité dans le Caucase.
La Komsomolskaya Pravda a publié un entretien avec le chef séparatiste. Baghapsh dit que la reconnaissance de l'Abkhazie ne dépend pas du nombre d'États ayant reconnu les 2 régions, parce que le plus grand état du monde, la Russie les a déjà reconnues.
A Propos de la surveillance internationale de la région sécessionniste, Baghapsh dit que les observateurs ne devraient pas observer l'Abkhazie, mais la Géorgie, d'où le danger vient.
Le correspondant du journal questionne le chef séparatiste sur son attitude à l'égard des Géorgiens, et comme sa femme est d'origine géorgienne. Baghapsh a été très ironique dans sa réponse. "Ma femme est d'orgigine de Gali, mais elle est meilleure séparatiste que moi!"

Le gouvernement géorgien offre des terres aux réfugiés (zone de Tserovani)

Les personnes déplacées lors du conflit russo-géorgien, et qui sont actuellement logées dans la zone de Tserovani, recevront de la part du gouvernement géorgien des terres.

Le ministre géorgien chargé des déplacés du conflit est arrivé à Tserovani avec les représentants de la société Shirnkhofer pour distribuer des produits divers aux réfugiés.

12/01/2009

Humeur du jour

Bonjour à tous,

L'année 2009 est espérée par toutes et tous meilleure que 2008, mais les crises en cours plombent quelque peu l'atmosphère déjà lourde de notre planète. Malgré ces prévisions plutôt pessimistes, nombre d'entre nous placent leur espoir dans une consientisation de l'état de notre monde "moderne" et dans la vision d'un changement radical des politiques nationales et internationales. Par exemple.

Bien entendu, l'heure n'est plus à l'utopie. Ni même aux rêves. Le temps est à la réflection, à la "concertation" entre les peuples, pour reprendre un mot bien de chez nous. Et ça commence par un "état des lieux" de nos sociétés.
Hier matin, alors que je rédigeais un texte à poster sur mon blog à propos de la charte Etats-Unis/Géorgie signée il y a quelques jours, je me suis rendu compte à quel point nous sommes manipulés sans cesse. Pas à propos de cette charte, non, ni même à propos de la crise Gazprom, ni de la guerre en Géorgie, ni à propos des médias, mais de l'ensemble des crises. Parce qu'on lit ce qu'on lit, qu'on voit ce qu'on voit, on croit ce qu'on ne devrait pas toujours croire.

Le blog Tbilisite a été créé dans le but de diffuser des informations qui concernent directement et indirectement le conflit d'août en Géorgie, et plus j'y travaille, plus je me documente, plus pour moi il est indéniable que le monde, notre monde, est en réel danger.

"Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu'ils peuvent provoquer des changements" (Chomsky).
Alors ce que je souhaite avant toute chose pour 2009 et les années à venir, c'est que nous provoquions ces changements dont nous avons tous besoin.
La réflection continue sur le blog, presque chaque jour une nouvelle page... alors diffusez, diffusez

D.P. Tbilisite

Cadeau du jour : Quelques photos !

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Maison en Bois

 

 

 

Tbilissi 1999

Rue 03

 

 

 

 

Tbilissi. Quartier Chardin, 1999

03

 

 

 

 

Tbilissi 2001

423

 

 

 

 

 

 

 

 

Tbilissi 2008

 

Copyright D.P. Tbilisite 1999 - 2009

 

Partenariat Georgie Etats Unis

Une charte de partenariat entre les Etats-Unis et la Géorgie a été signée.

Il y a deux jours, à Washington, une charte de partenariat entre les Etats-Unis et la Géorgie a été signée. Il s'agit avant tout de renforcer la coopération entre les deux pays, partenariat tant au niveau économique qu'artistique, mais aussi... militaire. Le président Saakashvili a dit à son propos que des pourparlers sont en cours avec les pays associés pour signer plusieurs autres documents, y compris  des accords de libre-échange, ce qui augmente considérablement les possibilités économiques géorgiennes.

Le président géorgien a souligné plusieurs facteurs qui donnent à cette charte une signification historique. "La Géorgie commence à se faire valoir dans le système international pour la première fois de l'histoire moderne. Tous les efforts précédents ont échoués auparavant, aussi la Géorgie se rapproche encore de l'espace atlantique européen."

Autre facteur très important, le président a dit que la charte prouve de son propre aveu le succès de la Géorgie dans le développement démocratique. "La Géorgie est un pays démocratique et une société démocratique", a-t-il dit. "Les relations AMÉRICANO-GÉORGIENNES passent une nouvelle étape, parce que "jamais auparavant le mot "stratégique" n'a été mentionné dans ces relations. Les Etats-Unis utilisent rarement ce mot et, si oui, vers peu de pays dans le monde. Chaque fois que les Etats-Unis l'utilisent, ce mot porte une signification politique spécifique."

Le président considère également comme un facteur très significatif que la charte a été soutenue par l'ensemble de la société géorgienne consolidée.

Source : Rustavi2 / France24 /

Commentaire :  

Si certains se disent que faire alliance avec les USA est une erreur, qu'ils se disent aussi qu'une alliance avec la Russie est suicidaire! Bien entendu, la Géorgie devrait se rapprocher de l'Europe plus que des Etats-Unis, mais il semble bien que cette Europe craint de casser ses relations commerciales (Gaz e.a.) avec la Russie (1). Il suffit de voir comment Sarkozy a fait marche arrière entre août et octobre, laissant les accords signés par Medvedev et Saakashvili en suspend: les exigences européennes n'ont été que très partiellement suivies par Moscou. Il suffit de connaître la dépendance de l'Europe vis à vis du Gaz russe, de savoir que l'ex-chancelier allemand est propriétaire de 40% des parts sur le pipeline devant relier la Russie à l'Allemagne, pour comprendre leur mutisme. L'Europe joue avec des criminels, et devient le jouet de Poutine. Bravo.

Sans la Russie, la Géorgie s'est considérablement modernisée, ses infrastructures (avant la guerre) ont été rénovées, les investissements européens et américains se sont multipliés, grâce notamment aux pipelines, etc... Alors que la Russie, quant à elle, a enrichi ses oligarques et appauvri sa population, surtout dans les campagnes. Ce n'est certainement pas le paradis actuellement dans les zones rurales en Géorgie, mais des efforts ont déjà été fournis, et des réformes agraires sont en marche.

Le Caucase: une poudrière?

Il est vrai que la présence de militaires US à la porte de la Russie peut sembler être une provocation pour les Russes, c'est un point de vue. Mais pas plus, en principe, que les pays baltes ou la Pologne. Seulement voilà, la richissime Géorgie, c'est chasse gardée. La grande Datcha des oligarques russes, pas touche! L'Europe centrale est perdue, il ne faut pas perdre l'Eurasie! Tant de beautés et... d'hydrocarbures!

On le sait, parce qu'avoué par le président Medvedev lui-même: l'ultime visée de la guerre d'août était la mise à pied du président géorgien. Mais se seraient-ils contentés des pipelines, alors qu'annexer l'Azerbaidjan, dans la foulée... Avec 60.000 hommes et 3000 blindés, ils pouvaient même se permettre quelques incursions aux alentours. Ce qu'ils se permettent déjà actuellement en organisant quelques raids sur le territoire géorgien, malgré la signature des accords. 

Par conséquent, en y réfléchissant un tout petit peu, quelle est la présence la plus préjudiciable pour la Géorgie? La 53ème armée russe (suivie des milices ossètes, abkhazes, etc...) qui installeraient des gouvernements fantoches et élimineraient toute opposition dans le Caucase? Ou permettre à la Géorgie de connaître - enfin! - une liberté telle que nous connaissons chez nous depuis plus de 60 ans, à laquelle ils aspirent depuis des décennies, et faire barrière, en quelque sorte, aux aspirations russes?

Bien entendu, mieux vaudrait pour tout le monde que des relations normales puissent s'établir un jour avec la Russie, mais ce serait sous-estimer les idées impérialistes de la Douma et de ses chefs actuels, et les conséquences désastreuses pour le reste du monde si nous n'y faisons pas attention. Dans 10 ans, peut-être. On peut rêver...

D.P. Tbilisite.skynetblogs

(1) : L'Europe traite avec la Russie pour l'achat de gaz russe depuis 1968, au lendemain du Printemps de Prague. Autant dire que l'Europe n'a pas beaucoup de morale quand il s'agit de business-énergies... En fait, c'est principalement l'Europe qui a financé les guerres afghanes, tchétchènes et, maintenant, géorgiennes, en finançant l'état russe et son armée. Consciemment (en un mot)?