26/05/2011

Rencontre avec son excellence Gega Mgaloblishvili, ambassadeur auprès de l'OTAN à Bruxelles

Aujourd'hui, 26 mai, c'est un jour particulier pour la Géorgie. Non pas pour son actualité - les manifestations récurentes des opposants au régime du Président Saakashvili pour lesquelles j'ai déjà consacré plusieurs articles par le passé - mais parce qu'il y a juste 20 ans, après une tentative réprimée par Moscou dans le sang en 1989, la Géorgie s'est libérée de la Russie pour enfin, après plus de 70 ans de soumission et d'exactions diverses et variées, accéder à son indépendance.

Alors que la Russie soviétique n'a pu réagir vis-à-vis des nations européennes - Pologne, Tchékoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Pays Baltes etc... - lorsqu'elles ont "fuit" l'influence de Moscou pour rejoindre ce qu'elles n'auraient jamais du quitter : l'Europe démocratique de l'Ouest, nombreux pays, nombreuses républiques "autonomes" plus éloignées de l'influence géopolitique de l'occident ont du subir les foudres de Moscou, parfois extrêmement violemment, comme en Tchéchénie par exemple (200.000 morts et disparus, mise en place d'un régime maffieux extrêmement violent totalement sous contrôle de Moscou).

La "petite" Géorgie n'a pas échappé à ces répressions de la part des dirigeants ex-soviétiques. Les vieux conflits gelés depuis des années que ce soit au Sud ou au Nord Caucase, en Transnitrie ou ailleurs, sont soigneusement "entretenus", et d'une manière plus perverse, plus insidieuse aves l'Abkhazie ou l'Ossétie du Sud dont le point culminant fut la guerre qui opposa Moscou à Tbilissi en août 2008. Et, sur ce sujet O combien brûlant, beaucoup de questions se posent à propos de la politique menée par Poutine et ses prédécesseurs.

Depuis décembre 2008, TbiliSite a tenté d'expliquer, de commenter pour les lecteurs francophones les événements en rapport avec l'agression et l'occupation russes en Géorgie, afin de combler le vide médiatique sur le sujet dans notre presse traditionnelle. En fait, l'élément déclencheur de la création de ce blog fut la visite de notre sénateur "écolo" Josy Dubié en Russie et en "Ossétie du Sud" un mois après les hostilités de 2008, démontrant combien nos politiques sont ignorants sur le sujet, agravant une situation déjà pas des plus simples. Le "témoignage" de Dubié (et Defraigne - MR) a fortement dégradé l'image de la Géorgie auprès de l'opinion du public belge et étranger, à tort, et lorsque j'ai rencontré Mme Durand, co-présidente du parti Ecolo, afin de lui faire part de notre indignation (mot faible) à propos du rapport de Dubié, elle n'a pu que nous faire part de son ignorance en la matière, ce qui n'était pas fait pour me rassurer sur l'avenir de la politique que mènerait Bruxelles dans ses relations avec Tbilissi et avec Moscou. Craintes confirmées par ailleurs.

Il reste du chemin à parcourir encore pour que la Géorgie, qui a tant besoin de l'Europe pour atteindre ses aspirations de vraie démocratie à l'occidentale, parvienne à ses fins. Moscou, aux yeux des dirigeants occidentaux, représente un tel marché et aussi un tel danger qu'il vaut mieux s'en faire un ami qu'un ennemi... et préfère par conséquent carresser Poutine dans le sens de son poil...

L'interview que j'ai pu réaliser avec Son Excellence l'Ambassadeur de Géorgie auprès de l'Otan - et je l'en remercie très vivement une fois encore ainsi que son premier conseillé, Mr Bessarion JGHENTI- éclairera sans nul doute le lecteur sur ces questions, et d'autres...

Lire la suite

13/10/2009

Václav Havel, critique de la politique russe

Václav Havel, critique de la politique russe.

Vingt ans après avoir dirigé la révolution de velours », ouvrant la voie à la montée de la démocratie en Europe orientale, Václav Havel, dramaturge et dissident, qui est devenu le premier président de la "Tchécoslovaquie libre", interviewé à Berlin par Newsweek (Michael Levitin) pour discuter de la "peur de la Russie", de l'importance de l'OTAN, et pourquoi certains de ses compatriotes sont encore nostalgiques de l'époque communiste.

"Notre attention envers la politique actuelle de la Russie a considérablement augmenté, et je pense qu'il ya des signes que la Russie cherche à étendre son influence de façon beaucoup plus sophistiquée qu'auparavant."

Interrogé sur les chances de la Géorgie et l'Ukraine à devenir membres de l'OTAN, Václav Havel a déclaré que l'OTAN et l'UE a besoin de déterminer les frontières géographiques. "L`OTAN, comme l'UE, se fonde sur certaines valeurs. Mais par la même occasion, les deux organisations ont besoin d'une définition géographique, et ils doivent être conscients de leurs limites géographiques. À mon avis, cette frontière longe la frontière de la Russie de l'Ouest avec l'Ukraine, la Biélorussie, etc, et la Géorgie est une partie de l'Europe dans ce sens. Toutefois, l'OTAN ne peut pas devenir une deuxième Conférence des Nations Unies."

Et donc... La Russie va construire 20 villes militaires en Ossétie du Sud...

L'Ossétie du Sud va bientôt se transformer en une base militaire de la Fédération de Russie: Moscou envisage de faire construire une vingtaine de villes militaires dans la région sécessionniste.

L'"ambassadeur" d'Ossétie, Dmitri Medoev, a confirmé le rapport envoyé aux agences de presses russes. Il a annoncé que les travaux de construction sont en cours et que ce sont surtout les Tchétchènes sont embauchés comme travailleurs.

Ni Medoev, ni les agences de presses précisent le nombre des soldats qui seront déployés en Ossétie du Sud par la Russie. Les constructions ont débuté suite aux accords de coopération signés par la Russie avec le régime fantoche de Kokoïty.

La décision a déjà été contestée par les habitants de la région. Le journaliste Teimuraz Tskhovrebov a dit que l'opposition et une partie de la population ne veut pas devenir les serviteurs du personnel militaire russe....

D.P. d'après Newsweek et Rutavi2


30/06/2009

Pour remettre les pendules à l'heure.

Mis à jour à 22:43

Dans un communiqué publié lundi, avant le sixième cycle de négociations de Genève prévu pour le 1 Juillet, le ministère russe des Affaires étrangères (Sergei Lavrov) a déclaré que la prochaine réunion aura lieu dans le contexte des "conditions difficiles" suite à la clôture de la mission de l'OSCE et des missions d'observation des Nations Unies en Géorgie.

« Malgré la position constructive et transparente de la Russie en faveur du maintien des missions de l'OSCE et des Nations Unies dans le Caucase du Sud, la Géorgie et les partenaires occidentaux font de leur mieux pour stopper les activités des observateurs internationaux dans cette région instable. Pendant ce temps, la situation sur les frontières est toujours tendue, la police et les forces géorgiennes continuent leurs manœuvres à proximité de la frontière de l'Abkhazie et de l' « Ossétie du Sud ». Il est évident que la nouvelle situation dans le Trans-Caucase nécessite une réévaluation importante, y compris en matière de format et des perspectives des discussions de Genève. Face à la persistance de l'instabilité politique interne en Géorgie et de la détérioration de la situation socio-économique de la population, le risque de nouvelles flambées des tensions est lourd."

« Dans l'état actuel, le besoin de documents juridiquement contraignants sur le non-recours à la force doit gagner encore plus d'importance ... La communauté internationale devrait avoir de solides garanties que la terrible tragédie du mois d'août dernier ne se reproduira pas en Trans-Caucase".

La diplomatie russe (aïe, j'ai toujours les doigts qui aimeraient taper "soviétique"...) est décidément toujours d'une mauvaise foi extraordinaire. La liste de leurs crimes est si longue que la seule manière pour eux de s'en cacher est d'accuser les parties adverses. La meilleure défense... petite citation remise aux goûts du jour.

Ici encore, les russes s'emploient à tromper le monde - mais qui trompent-ils si ce n'est les ignorants et les aveugles - en agissant comme si ils avaient toujours été en droit de posséder quoi que ce soit du territoire géorgien. L'excuse du "Grand Frère Russe"est une "justification" non seulement stupide, mais aussi totalement inadéquate : tout au plus un lointain cousin, et encore, tant les différences entre slaves et caucasiens sont grandes.

La Russie, c'est l'ennemi héréditaire avec lequel il vaut mieux s'entendre, et cela les géorgiens en sont conscients depuis toujours. Et pas uniquement eux. (Mais peu importe, ni races ni peuples, soyons tous frères est ma devise...). Et en temps de paix, c'est leur richesse culturelle et une qualité artistique fabuleuse qui peut s'exprimer, dans les deux sens d'ailleurs. Avec Poutine comme avec nombre de ses prédécesseurs, ce ne peut être que guerres et dominations. L'Empire des vices.

La "zone d'influence", la "sphère russe"... Est-ce ainsi qu'il faut la préserver? Ils ont instrumentalisé les milices abkhazes et "ossètes", ils ont provoqué pendant de nombreuses années, on ne le dira jamais assez, la communauté internationale en s'imposant dans le sud-caucase avec un diabolisme digne de la pire des époques soviétiques, ils ont provoqué puis attaqué militairement la Géorgie en août dernier, bombardant villes et villages, massacrant, pillant, violant sans aucune retenue. L'Europe a laissé faire.

Même en admettant que la Géorgie ait effectivement attaqué sa province sécessioniste, ce qui a été depuis prouvé comme inexact, comment cette communauté internationale ne prend-elle immédiatement en compte tous ces crimes commis avant ce fameux mois d'août, histoire de se rattraper? Il serait judicieux de relire l'historique des interventions russes en Géorgie et plus spécialement dans les territoires actuellement annexés à l'Empire. Et russes et abkhazes et ossètes. 

Le discours de Moscou est un excellent exemple de mauvaise foi. Tentant de légitimer ces annexions par tous les moyens. Et profitant, surtout, du fait que le reste du monde s'est tu lorsque des passeports russes ont été distribués dans les provinces séparatistes, lorsque les armées russes et les milices ont attaqué nombre de villages géorgiens d'ossétie ou d'Abkhazie ces 5 derières années, lorsqu'ils finançaient les opposants au régime démocratique pro-occidental de Saakashvili, etc... la liste est trop longue!

Oui, l'Europe est responsable. Sourde et aveugle lorsqu'il s'agit de signer des contrats avec Gazprom ou Lukoil, elle n'est jamais intervenue pour remettre la diplomatie russe à sa place.

Lavrov, loin d'être idiot, martelle le monde de ses paroles abusives et illégales, sachant que l'occident n'a pas le choix: il doit s'allier à cette puissance pour se protéger de l'Iran (que la russie finance et pour qui ils construisent des centrales nucléaires), de la Corée du Nord (à qui ils vendent la technologie nucléaire militaire) ou de l'Afghanistan (qu'ils ont eux-même tenté d'envahir avec le succès que l'on sait, ce qui a engendré l'insécurité totale que l'on connaît actuellement dans la région), et pour garantir aux nouveaux états européens d'ex-urss l'approvisionement en énergies fossiles.

Les occidentaux ne veulent pas arrêter la surveillance aux frontières géorgiennes. Parce qu'il est impossible de se soumettre "aux nouvelles réalités" décrites et imposées par la Russie, cela vaudrait à reconnaître l'indépendance des deux provinces. Il n'y a donc qu'une seule manière pour les européens d'être cohérents avec la "vraie réalité": refuser la "nouvelle version russe", et donc refuser de ne pouvoir surveiller que les zones adjacentes aux provinces séparatistes pendant que les forces russes "surveilleraient" les territoires occupés.

Vous n'imaginez pas ce qu'ils ont détruits en Abkhazie et en Ossétie alors qu'ils ne sont théoriquement présents en Géorgie uniquement en tant qu'observateurs, en force de maintien de la paix. Et vous n'imaginez pas ce qu'ils peuvent détruire encore. Hier, j'ai visionné quelques photos et autres webcams de Sukhumi, la très belle (avant) "capitale" abkhaze. J'ai été extrêmement choqué d'y voir que toutes les enseignes, tous les panneaux, toutes les publicités sont en russe, et cela depuis seulement 3 ou 4 ans. Vis à vis de la population locale d'origine, c'est du lavage de cerveau. A la soviétique. 

La langue abkhaze, pourtant riche de dizaines de siècles, n'existe plus, et surtout pas dans les écoles. Le magnifique littoral de la Mer Noire n'est plus que Datchas pour dignitaires du régime de Moscou et bases militaires russes. Les Russes craignent que les géorgiens ne s’en prennent militairement à l’Abkhazie et/ou à l’ossétie, les accusant régulièrement d’organiser des patrouilles le long des frontières. Mais la Russie oublie que les Géorgiens, eh oui, sont CHEZ EUX en Géorgie (qui l’eût cru), alors qu'en même temps les milices abkhazes aidées par l’armée russe ont encore étendu leurs frontières, et mènent des attaques terroristes sur des villages en Géorgie, enlèvent des habitants, ou font exploser des centrales électriques ou des ponts. Qui provoque qui?

Tout le monde, y compris en Belgique, a entendu parler des manoeuvres de l’OTAN (qui étaient prévues depuis début 2008) en Géorgie, près de Tbilissi au mois de mai. Tous les journaux en ont parlé en disant « c’est une provocation ouverte dirigée contre la Russie » (Lavrov). Faut pas manquer d’air... Par contre, je n’ai nulle part vu dans ces mêmes médias que la Russie, pendant que j'écris ces lignes, organise des grandes manoeuvres quelques kilomètres au nord de la Géorgie encore plus importantes que celles qu’ils ont menées il y a juste un an, en juillet 2008 (au sujet desquelles personne n'a rien dit sauf à Tbilissi). La grosse artillerie, des tonnes de matériel, armée de terre, de l’air, missiles et tout ce qui va avec.

A propos, certains pensent que la Géorgie s'est sur-armée ces dernières années. Alors voici quelques chiffres :Russie (140,7 millions d'habitants en juillet 2008) : 19 141 millions de dollars et 1 004 000 hommes en 2000 -:- 31 181 millions et 3,6% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 35 181 millions en 2007. --:-- Géorgie (4,3 millions d'habitants en janvier 2008) : 27,2 millions de dollars et 27 000 hommes en 2000 -:- 362 millions et 5,2% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 592 millions en 2007. ( Souce : caucaz.com ) Pour un pays qui n'avait plus d'armée digne de ce nom en 2003, et qui se sait en danger à cause de son voisin, ce n'est pas tant que ça!

Il y aurait beaucoup à ajouter encore, sur les interventions russes dans la vie politique géorgienne, sur leur appropriation des richesses des provinces annexées illégalement, sur la construction de la cité olympique de la honte à Sochi (tiens, encore un territoire qui fut géorgien mais « offert » à la Russie par Staline) où des milliers d’ouvriers travaillent, venus de partout sauf d’Abkhazie, mais sont logés principalement en Abkhazie sans que cela ne rapporte un kopek aux abkhazes, etc...

La Géorgie en a gros sur le coeur. Après deux cents ans sous domination russe, soviétique puis à nouveau russe. Et ça, vous qui critiquez tant le besoin des géorgiens de se rapprocher d’avantage de l’Europe, des Etats-unis et de l’Otan, vous ne le comprendrez sans doute jamais, vous qui êtes heureux d'être libres depuis 1945... et pas grâce aux russes, quoi que vous pensiez.

D.P.

 

28/06/2009

L'OTAN et la Russie ont convenu de reprendre leur coopération politique et militaire

L'OTAN et la Russie ont convenu de reprendre leur coopération politique et militaire, malgré la persistance de "différences fondamentales" à propos de la Géorgie, a annoncé le Secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer ce 27 Juin.

La décision a été prise lors d'une réunion sur l'île grecque de Corfou entre les ministres des Affaires étrangères des 28 alliés de l'OTAN et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov.

L'alliance avait gelé les relations avec la Russie après la guerre d'août en Géorgie.

S'exprimant lors d'une conférence de presse après la réunion, Scheffer, qui est également président du Conseil OTAN-Russie (COR), a déclaré que les discussions ont été "ouvertes et constructives."

« Ce qui signifie que nul n’a essayé d’être au-dessus de nos différences, par exemple sur la Géorgie », a dit Scheffer. « Mais nous avons accepté - et c'est une très bonne conclusion à la réunion - de ne pas laisser ces désaccords porter l'ensemble du train CNRC à l'arrêt. »

«Il y a des différences d'opinions fondamentales sur la notion d'intégrité territoriale de la Géorgie », a-t-il dit, et a ajouté que des divergences persistent aussi pour la Russie de changer sa position et permettre à des observateurs de l'ONU et des observateurs de l'OSCE " d’être présents en Abkhazie et Ossétie du Sud, respectivement.

Il a également déclaré que « la Russie a besoin de l'OTAN et l'OTAN a besoin de la Russie » pour la stabilisation en Afghanistan, le trafic de drogue, la piraterie somalienne, le terrorisme et la prolifération nucléaire dans lequel les deux efforts conjoints étaient nécessaires.

Scheffer a déclaré que lors de la réunion le ministre Lavrov et d'autres ministres des Affaires étrangères ont soulevé le problème de la Géorgie "largement".

« Ces positions ne sont pas proches les unes des autres dans cette rencontre», a-t-il ajouté.

A la question sur les plans d'expansion de l'OTAN, Scheffer a répondu: "La porte de l'OTAN est ouverte – et en principe, vous savez que, dans l'ouest des Balkans il y a des pays qui frappent à la porte de l'OTAN..."

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a réaffirmé à l'issue de la réunion que la reconnaissance de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud par Moscou était "irréversible".

« Tous doivent accepter que les nouvelles réalités et les décisions prises par la Russie après le conflit, sont irréversibles», a-t-il dit. Qu’il parle pour eux. La Russie ne parviendra jamais à ce que d’autres nations reconnaissent ces provinces géorgiennes commes Etats indépendants.

Perso, j’aime bien le Nord-Pas-de-Calais. Je propose à la Belgique d’annexer cette région! D’abord, bien entendu, il faut y placer un ou deux milliers de belges, puis distribuer des passeports belges aux français, ensuite on assassine quelques villageois de Tourcoing puis on attend une réponse à la provocation, 1 an ou 2 ans, et si ça ne suffit pas encore, on bombarde Lille. Dès le premier tir français (donc sur son propre territoire),  l’armée belge intervient pour protéger ses ressortissants, et envahit tout le nord de la France, sous les hauts cris de l’Europe. Sarko intervient, mais trop tard: la Belgique reconnaît le Pas-de-Calais comme territoire indépendant, nous sans faire fuir, assassiner ou bruler la maison de tous ceux qui n’y ont pas accepté le passeport belge. Puis j’interdit à quiconque, même officiels, à passer la « nouvelle frontière belge », le temps de rendre l’annexion et la reconnaissance du nouveau pays « Tournaisi du Sud » irréversible.

Voilà exactement ce que la diplomatie russe essaie de nous faire accepter avec les provinces séparatistes. Pensez-vous réellement que quiconque puisse accepter cela sans rien dire, sans rien faire, au 21ème siècle?  Medvedev, Lavrov et autre Tchourkine devraient être en prison pour tout cela. Comme Karadzic, Tadic. Comme auraient du l’être Lenin, Staline.... Poutine... (suite logique)

Pour rappel, le TPI :

Juge les crimes contre les lois de la guerre applicables en temps de conflits armés internationaux et nationaux.

Juge les violations graves des Conventions de Genève, les violations des lois ou coutumes de la guerre, le génocide, et les crimes contre l'humanité. Ne juge pas les crimes contre la paix.

Pas de provision générale quant aux charges de complot. De telles charges ne figurent qu'en rapport au crime de génocide selon l'Article 4 (3) (b) du Statut. Selon l'Article 4 (3) (c) diriger et inciter au génocide est également un crime. Alors que le Statut ne déclare pas explicitement que les personnes reconnues coupables de participation à l'élaboration ou à l'exécution d'un plan concerté ou d'un complot de génocide sont responsables de tous les actes commis pour l'exécution de ce plan, ces mêmes personnes peuvent être reconnues responsables d'actes commis conformément à un tel plan, selon l'Article 7.

Le viol, l'emprisonnement et la torture relèvent tous du crime contre l'humanité lorsqu'ils sont commis en temps de guerre, contre la population civile. (...)

Selon le Statut du TPI, aucun lien avec un autre crime international n'est nécessaire pour qualifier un crime de crime contre l'humanité.

Voilà le texte que la Russie ferait bien de relire avant de continuer à s’approprier les biens et la vie d’autrui.

D.P. d'après Civil.ge

 

08/06/2009

L'interview d'un général russe Borisov démontre - s'il le fallait encore - que la Russie a effectivement programmé l'attaque sur la Géorgie longtemps avant le 7 août.

L'interview d'un général russe Borisov démontre - s'il le fallait encore - que la Russie a effectivement programmé l'attaque sur la Géorgie longtemps avant le 7 août.

Le Général Borisov a été en charge des troupes russes sur le terrain en Ossétie du Sud pendant la guerre du mois d'août et quelques temps après la guerre. Il a déclaré dans une interview à la station de radio Ekho Moskvy, le 6 Juin, tout en parlant de l'importance de la formation et de l'utilisation de l'expérience passée des forces armées de nos jours: « J'étais au commandement de l'Ossétie du Sud et de Géorgie. Comme vous le comprendrez, nous avons régulièrement des exercices dans ces régions, nos troupes ont reçu un entraînement à grande échelle, comme on avait procédé à des exercices dans ces régions (Abkhazie et Ossétie du Sud) à peine une semaine plus tôt et nous étions juste à gauche, c'est pourquoi nous avons marché sur Tskhinvali beaucoup plus efficacement que les unités sous le commandement central et de district. Pour nous, ce n'était pas difficile. »

"Si quelqu'un à ce jour conserve des doutes sur ce qui s'est réellement passé en août 2008, nous lui conseillons de se référer aux informations figurant dans ladite interview », le ministère géorgien des Affaires étrangères a déclaré ce 7 Juin. « Nous conseillons fortement à ceux qui, à ce jour ont des doutes quant à qui ce qui a inspiré et mis en action l'agression militaire contre la Géorgie en août dernier, et se référer à la partie susmentionnée de l'entretien du général de la Fédération de Russie. »

« Nous espérons que cette déclaration confessionnelle supplémentaire par un autre agresseur russe, aidera les commissions internationales à parvenir à des conclusions pour trouver la vérité sur la guerre non déclarée par la Russie contre la Géorgie depuis ces 18 dernières années, le dernier épisode ayant eu lieu le 7 août 2008. »

Gigi Ugulava, maire influent de Tbilisi, a dit qu'il espérait que cette confession accidentelle du général russe « purifierait les esprits de ces gens, principalement dans des partis politiques, pour qui les conclusions des missions d'enquête de l'UE sur la guerre amènerait un blâme sur les autorités géorgiennes « pour son lancement de la guerre d'Août ».

D'après Rustavi2, et d'après l'interview sur www.echo.msk.ru

Commentaire à l'attention de Josy Dubié, ex-journaliste et ex-sénateur écolo.

Cela fait des années qu'on le dit, que Poutine est quelqu'un d'extrêmement dangereux pour l'équilibre dans la région. Que le danger ne vient pas de la Géorgie et de ses aspirations européennes, ou à tout le moins occidentale, mais bien de Poutine et sa soif de puissance. De Poutine qui entretien les tensions dans le Caucase à son profit. Il faudrait sans doute cesser de nier les évidences, ou cesser de mentir pour tenter de barrer la route de l'OTAN à la Géorgie (et à l'Ukraine), en accusant les géorgiens de ce qu'ils ne sont pas, ou d'avoir fait ce qu'ils n'ont pas fait.

Sans aucun doute il y eut d'énormes erreurs commises par le gouvernement géorgien avant et pendant la guerre, et vous pourrez prendre connaissance de celles-ci, énumérées par la commission d'enquête du parlement géorgien, puisque je vous les livre à la suite. Mais une et une seule chose à retenir: la Géorgie n'a ni débuté ni provoqué le conflit, cette guerre ayant été préparée depuis des mois, voire des années, par Poutine. Chaque jour qui passe en révèle une preuve supplémentaire.

Par conséquent, il serait grand temps pour nos politiques, en Belgique principalement - étant un des seuls pays à bloquer le chemin vers l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN - de revoir sa copie.

Monsieur Dubié, peut-être avez-vous (eu) raison de ne pas vouloir voir la Géorgie rejoindre l'OTAN. Sur ce point je ne discute pas. Mais, dans le but de discréditer la Géorgie, accuser cette dernière d'avoir préparé cette guerre, d'avoir préparé un nettoyage ethnique, et même des génocides contre les ossètes, c'est carrément dégueulasse, d'autant que votre « enquête », je le rappelle, n'a été menée qu'en ossétie du sud et du nord ainsi qu'à Moscou, puisque vous n'avez jamais mis les pieds ni à Tbilissi ni ailleurs en Géorgie non-occupée.

Mais aujourd'hui, oh bonheur, vous quittez vos fonctions de sénateur écolo pour une retraite loin d'ici. Vous aurez donc tout le temps pour y penser, et tout le temps pour voir combien vous avez eu tort dans vos accusations pour lesquelles l'état géorgien ferait bien de vous attaquer en justice mais ne le fera pas tellement l'insignifiance de vos déclarations, noyées parmis les déclarations de la Douma et des officiels russes, n'a touché que vous-même et votre parti écolo. Par ailleurs, j'espère que le petit frère Defossé pourra être plus intelligent, plus à l'écoute, plus impartial, mais qui s'étonnera du contraire...?

D.P.

La commission parlementaire qui étudie la Guerre d'Août, a publié un volumineux rapport qui soutien la version officielle du gouvernement sur les événements qui ont mené aux hostilités.

Le rapport, qui a été lu par le Président de la Commission, le député Paata Davitaia, en direct à la télévision géorgienne durant 3 heures, identifie un certain nombre de lacunes des organismes de l'Etat, qui ont été mis en évidence au cours des événements du mois d'août.

En voici le résumé paru sur Civil.ge.

En son début, le rapport affirme que l'agression de la Russie contre la Géorgie n'a pas commencé en août 2008 et rappelle la version officielle géorgienne des événements, de la manière dont les militaires ont commencé les hostilités en Abkhazie et en Ossétie du Sud, au début des années 90. Le rapport donne un calendrier détaillé des événements qui ont précédé la guerre du mois d'août, telle qu' elle l'a été par la plupart des hauts fonctionnaires lors de leurs témoignages devant la commission.

La partie du rapport traitant « des actions du gouvernement géorgien pendant la guerre et les défauts révélés » dit que l'on peut considérer l'échec des autorités à parvenir à délégitimer la présence de soldats de la paix russes comme étant le manquement majeur des autorités géorgiennes dans la période précédant le mois d'août. »

Le Ministre d'État chargé de la réintégration, Temur Iakobashvili, a déclaré à la commission dans son témoignage que Tbilissi envisageait de faire cesser le mandat des forces russes de maintien de la paix, mais que ça ne s'est pas concrétisé en raison de l'avis des partenaires occidentaux qui déconseillèrent la Géorgie d'agir en ce sens.

La Commission a déclaré que l'« approche constructive » initiée par Tbilissi sur la question n'a pas réussi à arrêter la Fédération de Russie. « La Fédération de Russie a modifié son « maintien de la paix » en participant pleinement à l'agression contre la Géorgie », a dit la commission dans le rapport. « D'une part, la Russie utilise « l' attaque » contre ses forces de « maintien de la paix » comme l'un des prétextes pour le lancement de l'agression alors que pendant ce temps, des attaques ont été réalisées sur les villages et les citoyens géorgiens à partir de leur quartier général de Tskhinvali. »

Le rapport indique que malgré les informations sur l'augmentation des tensions dans la zone de conflit en Ossétie du Sud (avant août), les autorités géorgiennes n'ont pas réussi à analyser correctement les menaces.

« Les auditions tenues par la commission montrent que les autorités géorgiennes ne s'attendaient pas et n'étaient pas prêtes pour cette agression qui a été déclenchée par la Russie contre la Géorgie en août 2008», dit-il. « Les autorités géorgiennes connaissaient l'existence d'importants exercices militaires russes à la frontière géorgienne fin Juillet, ainsi que d'attaques dans la zone de conflit, mais comme une vague de provocations traditionnelles. »

Dans ce contexte, le rapport critique le Conseil de sécurité nationale (NSC).

« Il est évident que le Conseil de sécurité n'a pas réussi à planifier les actions en temps opportun, ce qui aurait été adéquat pour la situation prévue et, par conséquent, le matin du 7 août, il a dû agir dans « un cas de force majeure. »

La Commission a déclaré que, bien que dans l'ensemble effectivement le gouvernement a du lutter contre diverses questions au cours de la guerre, les décisions des membres du gouvernement ont parfois manqué d'une bonne coordination. Le rapport affirme que le gouvernement n'a pas respecté les procédures formelles énoncées dans un décret spécial prévoyant la mise en place d'une commission gouvernementale en cas de situations d'urgence.

Tout en abordant, comme le rapport le dit lui-même, « les parties les plus faibles » de la Géorgie et du Ministère des Affaires étrangères, la commission a déclaré que «il n'y a pas de plan d'action ni d'instructions écrites pour les ambassadeurs sur la façon d'agir dans des situations d'urgence, les activités des ambassadeurs n'étant pas non plus contrôlée correctement. »

« Au cours de la guerre du mois d'août il y eut un cas, lorsque l'ambassadeur de Géorgie en République tchèque Lado Chipashvili a tout simplement volontairement cessé d'exercer ses fonctions», dit le rapport.

Le rapport accuse également l'ancien ambassadeur de Géorgie en Russie, Erosi Kitsmarishvili - dont le témoignage devant la commission diffère de la version officielle de Tbilissi sur les événements - de la «négligence» dans sa note d'informations envoyée au ministère des Affaires étrangères. Kitsmarishvili n'a pas informé sur les « menaces anticipées en provenance de la Russie ».

En ce qui concerne le témoignage de Kitsmarishvili, la commission a dit qu'elle a demandé au Bureau du Procureur général de procéder à des enquête sur les allégations de l'ancien ambassadeur selon lesquelles il y avait un groupe de hauts fonctionnaires parmi « les dirigeants géorgiens », qui à tort, a affirmé que les États-Unis avait donné son feu vert à Tbilissi pour le lancement des hostilités en Ossétie du Sud.

Le rapport indique également que « de graves lacunes» ont été révélées dans le système de défense.

Il s'est avéré sur base des informations communiquées par [l'ancien] chef d'état-major, que des problèmes persistent dans les systèmes de communication , et que la guerre a révélé «l'inadéquation» des troupes de réserve à tous les niveaux.

Le rapport indique que les remarques controversées de Mamuka Kurashvili sur le lancement de l'opération « pour restaurer l'ordre constitutionnel » en Ossétie du Sud, a été un motif de «manque de volonté du ministère de la Défense en termes de stratégie de communication et absence de stratégie de mise en liberté d'information pendant les premières heures des hostilités. »

« Les remarques de Kurashvili ont ensuite été utilisées dans campagne de propagande anti-Géorgie », a-t-il ajouté.

« Le ministère de la Défense n'a pas réussi à effectuer une planification stratégique adéquate», poursuit le rapport. « La perte d'une certaine partie de l'armement a été causée par des lacunes persistent dans la politique de recrutement d'officiers de l'armée. Il convient de noter qu'un contingent de policiers n'avaient accompli de formation que quelques semaines avant l'agression de la Russie. »

« Le personnel des forces armées n'a pas de plan de retraite préparé à l'avance ... Ce fait indique des faiblesses dans la planification des opérations militaires. »

La commission a également demandé au Bureau du Procureur général de mener une enquête sur le témoignage du chef du gouvernement abkhaze en exil, Malkhaz Akishbaia, en particulier ceux liés à son incapacité à arriver dans les Gorges de Kodori avant que celles-ci soient capturées par les russes soutenus par les milices abkhazes.

La commission a également demandé au Bureau du Procureur général de mener enquête sur la façon dont le ministère a réagi l'énergie à propos de l'information que des investisseurs russes - qui ne sont pas précisés - étaient disposés à investir dans le secteur de l'énergie en Géorgie. Intelligence chief, Gela Bezhuashvili, initially told the commission that his agency informed about it the Economy Ministry, but later the intelligence department said the Energy Ministry was informed about it not the Economy Ministry. Chef des services de renseignements, Gela Bezhuashvili, a d'abord dit à la commission que son organisme a informé à ce sujet le Ministère de l'économie, mais plus tard, le service de renseignement a déclaré que le ministère de l'énergie a été informé mais pas le ministère de l'économie.
La commission a également appelé le bureau du procureur général à enquêter sur tous les cas de violation du droit international humanitaire, indépendamment de qui a été commis des deux côtés. Selon le Bureau du Procureur général, une telle enquête a déjà été lancée .

Recommandations

La commission a dit que pour remédier aux lacunes relevées au cours de la guerre du mois d'août, la commission a élaboré plusieurs recommandations:

  • Le Conseil national de sécurité devrait revoir le concept de la sécurité nationale pour faire face aux risques existants de manière appropriée;

  • Le Conseil de sécurité nationale devrait développer un système d'alerte rapide;

  • Le Conseil de sécurité nationale et le gouvernement devraient élaborer et convenir d'un concept sur un modèle de centre de gestion de crise;

  • Le Conseil de sécurité nationale et les différents ministères doivent élaborer des inter-agences de communication et le partage des informations de stratégie;

  • Le Conseil de sécurité nationale et le gouvernement devraient revoir le concept de la défense civile et développer un plan de défense civile;

  • Le système des troupes de réserve doit être révisé;

  • Le ministère de la Défense doit effectuer les mesures pertinentes pour le bon fonctionnement du système des communications;

  • Le gouvernement devrait prendre toutes les mesures pour restaurer système de défense aérienne, les résultats devraient être communiqués régulièrement aux parlementaires du groupe de confiance;

  • Des instructions pour les activités des diplomates au cours de situations d'urgence devraient être élaborées;

  • Une attention particulière devrait être accordée à l'attrait des professionnels pour le service diplomatique;

  • Les commissions parlementaires doivent s'impliquer dans le suivi de la mise en œuvre de ces recommandations;

  • Les problèmes mentionnés ci-dessus soulèvent la nécessité de changements de personnel dans ces organismes, y compris parmi les responsables politiques et militaires.

 

24/05/2009

Résumé des provocations russes et de l'opposition radicale

 

A propos de la mutinerie de Mukhrovani, des mouvements de l'opposition, des regrets de Bagapsh et d'un résultat de sondage pas surprenant.

Givi Targamadze, législateur influent d'un parti de la majorité parlementaire géorgienne, a annoncé que la mutinerie manquée de la base militaire de Mukhrovani a été patronnée par un magnat basé en Russie.

Le but du complot devait "au moins déclencher des désordres" en Géorgie ou "au mieux à ouvrir la route de Tbilissi à l'armée russe". "Je me suis abstenu de nommer la personne qui a tout organisé, mais cette personne elle-même a annoncé qu'après l'échec de la révolte il ne pouvait plus attendre et se présenterait à la présidence lors des prochaines élections." En effet, si quelqu'un peut croire qu'en Russie, aujourd'hui, il est possible d'être un oligarque à St.-Pétersbourg sans être contrôlé par le Saint-Petersbourgeois le plus célèbre, c'est-à-dire le premier ministre russe Poutine...

Alexandre Ebralidze, puisque c'est de lui dont il est question, est un magnat géorgien basé à St.-Pétersbourg qui vit en Russie depuis plus de trente ans déjà. Ce mois-ci il a annoncé son ambition de devenir président de Géorgie. Il a fait l'annonce lors d'une assemblée des peuples de Géorgie à Sotchi, la cité géorgienne de la Mer Noire devenue russe sous Staline, à présent lieu à la mode pour les oligarques et les hommes de pouvoir russes. (Note: c'est incroyable ce que la Russie s'est offert comme terres géorgiennes en moins d'un siècle...)

Alexandre Ebralidze a aussi dit que dès janvier 2009 plusieurs réunions ont été tenues dans un pays membre de la CEI, qu'il n'a pas spécifié, avec la participation "de certains des mutins" afin de préparer la mutinerie. "Ces réunions ont été tenues sous le leadership de Tariel Oniani (leader d'une organisation criminelle basée en Russie, qui a pourtant été arrêté lors d'une opération de la police russe en juillet dernier...) et Bondo Shalikiani," a dit le Député Givi Targamadze.

Nous pouvons penser, avant d'en déduire quoi que ce soit, que la Russie est totalement susceptible d'avoir organisé, ne fut-ce qu'indirectement, la mutinerie de la base de Mukhrovani. Sans doute pas "pour ouvrir la route aux chars russes" ce qui aurait été pure folie alors que l'OTAN est en manoeuvre près de Tbilissi, mais pour renforcer les positions de l'opposition radicale.

En Abkhazie, comme prédit ici-même il y a quelques mois, le président du régime sécessioniste, Sergei Bagapsh, commence a regretter son alliance avec Poutine et Medvedev.

«Le sentiment anti-russe au sein de la société est de plus en plus frappant et peut nous conduire à un résultat catastrophique», a dit le chef de l'Economic Development Party. Il a ajouté que l'acquisition du chemin de fer abkhaze par la Russie est prévue. La structure commerciale du rail russe est en crise aujourd'hui et ce plan vise à améliorer sa situation au détriment de l'Abkhazie. Ce genre d'évolution de la situation dans la "République" conduira à la perte d'une grande partie de la côte, ce qui est inacceptable, et égale à une catastrophe pour le peuple abkhaze», disent les experts. Sans compter que la culture abkhaze est en passe de devenir sujet d'études archéologiques pour les descendants, tant la main-mise des russes à tous les niveaux de pouvoir en Abkhazie est importante, et la langue de Poutine est à présent enseignée comme langue maternelle dans tous les établissements scolaires. Et ce n'est pas les 10.000 ou 15.000 soldats russes dans la province qui vont aider à remédier à quoi que ce soit dans la société abkhaze, bien au contraire: les terres le long de la côte ne sont vendues qu'aux russes pour des intérêts russes. Les citoyens abkhazes étant relégués au second plan.

A Tbilissi, l'opposition radicale, aux abois, de plus en plus impopulaire dans tout le pays, tentera une (dernière?) sortie importante le jour de la fête nationale, c'est à dire dans 2 jours, le 26. Le maire de Tbilissi, qui a accepté la demande de l'opposition, a prévenu les autorités: le défilé militaire qui doit avoir lieu dans le centre de Tbilissi pourrait dès lors être annulé afin qu'il n'y ait pas de possibilités pour les manifestants de commettre des actes de violence durant celui-ci. C'est la ligne de conduite du gouvernement depuis le début des manifestations le 9 avril dernier : laisser faire sans intervenir. Mais ici, les autorités géorgiennes me semblent aussi radicales que l'opposition: annuler le défilé militaire de la Fête Nationale pour ces quelques centaines d'irréductibles, dont une grande part est "indemnisée" par les caisses noires* de l'opposition pour rester dans la rue, n'est-ce pas démesuré?

Pour terminer, voici les résultats d'un sondage organisé par l'agence "Greenberg Quinlan Rosner". Le sondage a été conduit du 1er au 9 mai 2009  auprès de 1 200 personnes.  65% des sondés se disent satisfaits de leur président, et 45% déclarent qu'un nouveau président ne ferait qu'aggraver la situation dans le pays. Seuls 29% souhaitent son départ.
Salomé Zourabichvili, une des leaders de l'opposition, parle de « propagande » d'Etat et pense savoir que le président n'est apprécié que par 10% des Géorgiens de Tbilissi ! Ce n'est évidemment pas ce que l'on peut constater dans les faits, mais Salomé ne s'encombre jamais de faits réels.

D.P.

sources:  civil.ge, kommersant.ru, rustavi2.ge, colysee.org, caucase news, e.a.

08/05/2009

Tbilissi, une journée comme une autre.

 

Tbilissi, une journée comme une autre.

jeudi 7 mai 2009.


porte 04Ce mercredi en fin de journée, des militants de l'opposition on tenté de pénétrer dans les bâtiments de la police de Tbilissi dans l'intention de faire libérer trois autres militants qui, la veille, s'en étaient violemment pris à un journaliste de la télévision publique. Cette action visait plus certainement à provoquer les autorités plutôt qu'à libérer leurs amis. En effet, depuis près d'un mois d'actions et de provocations, les forces de l'ordre ne sont jamais intervenues contre les manifestants ou des militants, malgré le durcissement des provocations, et les opposants radicaux repoussent systématiquement leurs limites, s'ils en ont encore...

Il s'en est fallu de peu que leur projet aboutisse.

Giorgi Gachechiladze, le chanteur qui s'était enfermé dans une fausse cellule dans les studios de la télévision de l'opposition, est apparu devant les quelques centaines de manifestants rassemblés face au Parlement, pour demander à tous de se rendre vers la police demander la libérations des trois camarades emprisonnés (et "battus par la police" - sic!). Arrivés devant le bâtiment, les manifestants ont secoué les grilles, puis ont insulté les policiers qui étaient à l'extérieur, entre la grille et l'entrée du commissariat, lorsqu'un des leader est passé par-dessus puis a couru vers la porte du commissariat, mais a été aisément bloqué par une dizaine d'hommes. Ce qui suivit était assez invraisemblable: les manifestants, en réaction, ont projeté bâtons et pierres vers les agents, qui ont renvoyé les projectiles vers les manifestants. Six blessés de chaque côté puis quelques autres par la suite, aucun grièvement.

Le pire a sans doute été évité, car si les manifestants étaient parvenus à pénétrer dans les locaux de la police, où des armes sont entreposées, personne ne sait comment la soirée aurait pu se terminer.

La totalité de la scène a été filmée par les télévisions présentes, et parmi la petite foule de manifestants, on a pu voir trois ou quatre leaders radicaux, dont Nino Burdjanadzé, considérée comme la "tête" des radicaux. C'est elle qui donna l'ordre de retourner vers les grilles du commissariat, poussant plus loin les provocations alors que les manifestants s'éloignaient.

Ce matin, les trois hommes ont été relâchés. Interviewés par les médias, ils étaient en parfaite santé, contrairement au journaliste qu'ils ont tabassés il y a deux jours, et contrairement aux dires des leaders radicaux, toujours en recherche de provocations.

C'est sous l'avis du Catholicos, le chef de l"Eglise orthodoxe de Géorgie, Ilia II, que les autorités ont libéré les détenus ce jeudi matin malgré les accusations qui pèsent sur les trois jeunes gens. A présent que les leaders de l'opposition imaginent pouvoir agir sans crainte d'être inquiétés, qui peut savoir jusqu'où ils iront, et combien de journalistes, entre autre, se feront tabasser?

Hier soir, en suivant les événements à la télévision "Maestro" appartenant à l'opposition, je n'ai plus douté des graves dangers qui pèseraient sur le pays si le moindre de ses leaders devait prendre le pouvoir. Alors qu'ils réclament le départ du président actuel parce qu'entre autre "la presse est sous contrôle du pouvoir et n'a aucune objectivité", j'ai assisté à un véritable exemple de partialité. Durant trois heures, on a entendu les témoignages des seuls opposants et manifestants (très grossier et insultants vis-à-vis de ceux qui ne veulent pas les rejoindre - 99% de la population - mais aucune personne neutre, aucune personnalité, et bien entendu, aucun représentant du pouvoir. Et ce n'est qu'un exemple.

Actuellement, seul Alasania, le chef de l'Alliance pour la Géorgie, un des partis de l'opposition radicale, a accepté la proposition de dialogue de Saakashvili. Et même s'il y a mis des conditions, c'est un progrès, mais loin d'être suffisant : les autres leaders, tels Salomé Zourabishvili qui a dit aujourd'hui "Il est grand temps pour Saakashvili de se réveiller, de réaliser ce qui se passe et de nous rencontrer - comme nous le demandons depuis longtemps déjà ( !!! ) - de nous dire comment il voit une issue à cette crise". Ce que la population, celle qui n'est pas dans la rue, celle qui se fait insulter chaque jour par ceux qui y sont depuis presque un mois répondrait : que tout le monde rentre chez soi ou retourne à son travail, ce serait plus intelligent et plus constructif! Mais pour l'opposition, accepter le dialogue dans d'autres termes que ceux qu'ils exigent, serait s'avouer vaincus. Et accepter, le lendemain des heurts contre les policiers, serait s'avouer en tort. Et puis, que feraient les Russes sans leurs exécutants en Géorgie? On n'ose y penser.

Hier, des diplomates européens ont exposé leurs positions communes concernant les manifestations en cours. Quelques morceaux choisis :

" Nous condamnons fermement tous les actes d'humiliation, d'intimidation et de violence. Par exemple, des scènes à l'extérieur de la télévision publique, où les journalistes ont été physiquement et verbalement agressés, ont incité notre préoccupation car elles sont tout simplement inacceptables". Ou : " Nous encourageons les autorités, en toute transparence, à continuer les enquêtes sur toutes les allégations de violences et d'agressions, et si elles conduisent à des conclusions, les personnes devront être jugées devant les tribunaux. Nous exhortons également toutes les parties à faire preuve de retenue et de s'abstenir de violence et de propos incendiaires." Ce qui signifie primo, que les radicaux sont trop violents et secundo, que les autorités sont trop passives. C'est exact, mais face à cette violence, le gouvernement n'a pas d'autre choix que de rester distante pour ne pas additionner la violence à la violence, car il sait que l'opposition utiliserait immédiatement l'incident contre lui, comme fin 2007 dans des conditions similaires, où même les européens ont cru que la réaction d'alors contre les violences des manifestants ont été trop dures. (Fallait voir Londres ou Strasbourg....)

Bref, la Délégation de la Commission européenne et du représentant spécial de l'UE pour le Caucase du Sud, Peter Semneby, a appelé les autorités et l'opposition à s'engager "en discussions sérieuses et constructives en vue de surmonter l'impasse actuelle et d'entreprendre les réformes politiques nécessaires pour consolider la démocratie géorgienne". Ce que dit aussi l'ONU.

Pendant ce temps, un diplomate géorgien, Vakhtang Maisaia, a été arrêté pour espionnage. Comme quoi il n'y a pas que des Russes, allez-vous penser. Vous n'auriez qu'en partie raison: ce diplomate, durant la guerre d'août, a transmis les positions des soldats géorgiens aux Russes, entre autres choses. Voici ce que dit le ministère de l'intérieur:

"Au cours de la guerre Russie-Géorgie, il a transmis des informations à propos de la Géorgie et des unités militaires, du matériel militaire et de leur quantité, et aussi sur leur emplacement, en faveur de la Russie. En échange de ces informations, de l'argent a été transféré sur son compte en banque [à Bruxelles - ndlr]", a déclaré le ministère de l'Intérieur.

Maisaia, qui est titulaire d'un doctorat en sciences politiques, a servi de conseiller à la mission géorgienne au sein de l' OTAN entre 2004 et 2008 . A Bruxelles donc.

A suivre...

D.P.

 

 

06/05/2009

Discours du président Saakashvili suite à l'échec d'une rébelion d'une caserne militaire en Kakhétie.

A la veille des entraînements de l'Otan près de la capitale Tbilissi, les provocations de la Russie envers la Géorgie montent encore d'un cran:

Discours du président Saakashvili suite à l'échec d'une rébellion d'une caserne militaire en Kakhétie.

"Je tiens à m'adresser à vous dans le cadre de la tentative d'organisation de troubles dans l'unité [militaire de] Mukhrovani."

"Comme vous le savez, des exercices de l'OTAN sont prévus en Géorgie. Un sommet de l'U.E. est prévu à Prague, les 7 et 8 mai, pendant lequel la Géorgie signe un accord de partenariat oriental."

"Le premier événement est un élément important, un événement symbolique, car c'est la première fois après l'agression de la Russie que l'OTAN prend cette mesure sur le territoire de la Géorgie. Le deuxième événement est très important politiquement, et je dirais même une importance historique, car pour la première fois, la Géorgie est en train de créer une relation institutionnelle avec l'Union européenne, notre partenaire naturel, avec le domaine de notre politique sociale et économique futures."

"Dans cette situation, comme vous l'avez probablement appris en regardant les médias, de nombreux discours, menaces et provocations concrètes ont été menées contre notre pays. Vous savez que, ces dernières semaines, la Russie a renforcé sa présence sur les territoires occupés de la Géorgie. Ils ont stationnés la quasi-totalité de la flotte en mer Noire dans les eaux territoriales de la Géorgie. (...) Ils comptent sur une possibilité de troubles de masse dans le centre de la capitale géorgienne, ou un certain type de violence et d'actions possibles pouvant être menée contre la souveraineté de la Géorgie, notre liberté et notre indépendance et, naturellement, contre la Géorgie euro-atlantique et contre l'intégration européenne."

"Vous avez vu, mes chers compatriotes, le gouvernement géorgien a démontré un maximum de retenue au cours des rassemblements de protestation afin de ne pas donner de prétexte à l'ennemi de la Géorgie. Nous avons agi ainsi, alors que la plupart des pays n'aurait pas toléré [de laisser faire]. . Nous pensons que le dialogue est le moyen de sortir de toute situation et nous ne permettrons pas les provocations de Tbilissi en d'autres endroits de la Géorgie. (...)"

"D'autre part, vous avez déjà vu ces menaces hystérique, qui ont été entendues dans la politique de la Russie, l'occupant de notre territoire, ainsi que de leurs forces armées et du leadership. Ils ont dit qu'ils ne permettraient pas des exercices de l'OTAN en Géorgie, qu'ils avaient suffisamment de leviers pour cela, et ils ont augmenté leur présence militaire dans les derniers jours. Ils ont déployé ce que l'on appelle les gardes-frontières sur le territoire géorgien par le biais de violation grossière de toutes les normes internationales. Ils ont fait de leur mieux pour alimenter les tensions."

"Dans ces conditions, un groupe d'anciens responsables militaires, dont les liens avec les agents d'un pays en particulier, est bien connu de nos services, a tenté d'organiser des troubles dans l'unité militaire de Mukhrovani. Des troubles dans une unité militaire n'est pas une chose ordinaire. Il faut comprendre que des troubles dans des lieux où il ya des hommes armés, est comme une claque contre le système démocratique de la Géorgie, contre la sécurité de chacun de nos citoyens, contre la Constitution de la Géorgie, car conformément à la Constitution géorgienne, toutes les unités militaires sont subordonnés aux autorités légalement élues.Des organisations même des plus petits troubles et des plus petits incidents sont une très forte contestation de l'ordre constitutionnel de la Géorgie et une menace pour la stabilité et l'avenir de nos citoyens."

"Par conséquent, nous considérons cet acte comme grave, et nous le considérons comme une menace sérieuse, nous le considérons comme un défi sérieux. En même temps, je tiens à vous dire que c'est un incident isolé et aucune autre unité militaire n'est impliquée. Actuellement, d'autres unités militaires sont en alerte et la situation est sous contrôle. Généralement, l'ordre et le calme règnent dans le pays et rien ne le menace."

"Mais nous devons comprendre une chose - l'inspiration de troubles n'est en aucune façon relié aux conditions sociales des soldats. Vous savez très bien que notre armée a le plus élevé des salaires dans notre pays. Vous savez très bien que nos agents sont spécialement honorés dans la société géorgienne. Il n'est plus le temps de Chevardnadze avec une armée affamée, nu-pieds, indisciplinée. L'armée n'est plus la même, et personne ne parviendra à revenir au temps de troubles et de chaos des années nonante. Nous avons déjà vu ce que les groupes paramilitaires et les bandits, qui se déplacent à Tbilissi et dans d'autres villes, en violation des droits des citoyens, volant et détruisant les biens de notre pays. Il a fallu de nombreuses années et la révolution de la rose pour mettre fin à leurs raids."

"Ces personnes, qui tentent maintenant d'organiser des troubles, sont ceux qui ont été licenciés de l'armée après la Révolution des Roses, et veulent retourner dans le passé. Ils veulent revenir aux années nonantes et agissent en coordination avec une force étrangère."

"Je veux aussi m'adresser catégoriquement à la Fédération de Russie et l'avertir que toute tentative d'escalade de la situation à l'intérieur de la Géorgie, en provoquant des tensions dans les territoires occupés - et nous avons les informations que [la Russie] il y a plus d'unités militaires, nous avons les informations qu'ils ont lancé de nouveaux mouvements avec la Flotte de la Mer Noire - toutes ces [mesures] sont très provocatrices -, je demande avec insistance à notre voisin du Nord de s'abstenir de ces types de provocations, de s'abstenir de tout type de provocations, parce que ces provocations ne fonctionneront pas en Géorgie. Le peuple géorgien ne cédera pas à de telles provocations. Il devrait être très simple pour eux de comprendre."

"J'ai donné des instructions à la police et aux forces armées d'agir de façon appropriée. Les unités de la police sont pleinement mobilisées. Les organisateurs de la mutinerie et des troubles ont été isolés. Dès ce matin nous avons été en négociation avec eux - le commandant des forces terrestres Shmagi Telia, l'ex-vice-ministre de la défense Akhalaia; et l'actuel ministre de l'Intérieur Merabishvili étaient présents."

"J'ai personnellement parlé avec un des organisateurs de ces agitations et je lui ai dit que nous leur donnions une occasion de se rendre aux agences d'application de la loi et de rendre les armes, ce qui sera pris en considération comme circonstance atténuante. Mais personne ne devrait avoir aucune illusion. Lorsque l'ennemi se trouve en Géorgie, à 40 kilomètres de la capitale géorgienne, où une énorme quantité d'armes d'artillerie sont destinées à nous, lorsque la flotte de la mer Noire se trouve à proximité de nos côtes, et lorsque nous entendons des menaces et des provocations quotidiennes, nous ne pouvons pas nous permettre de troubles en Géorgie, car ce serait une lame d'épée dans le cœur de la démocratie, et un acte dirigé contre l'État géorgien serait extrêmement dangereux."

"Afin de protéger la démocratie géorgienne, la liberté et l'unité de l'Etat géorgien, tous les organes respectifs sont prêts à prendre des mesures décisives pour empêcher toute petite ou grande tentative de miner notre ordre constitutionnel, notre démocratie, notre liberté."

"La Géorgie n'est plus dans la situation d'il y a cinq ans. Nous sommes l'État, nous envisageons de jouer le rôle de l'Etat, et je demande à nos citoyens d'être calmes, je leur demander d'accepter de comprendre toutes ces actions qui ont été menées par l'État géorgien dans cette situation et qui ont été menées par tous les dirigeants responsables géorgiens dans notre histoire."

"Notre histoire est pleine d'exemples de trahison, de troubles, les rébellions, de tentatives de collaboration avec des forces extérieures et les divisions à l'intérieur de notre forteresse. Cette fois, personne n'est parvenu à échapper à notre forteresse. Nous, et moi personnellement en tant que Président et commandant en chef, allons agir en toute responsabilité devant l'histoire du pays, pour la sécurité de chacun de nos citoyens, pour la liberté et [la défense] de notre système démocratique."

Traduction D.P., d'après Civil.ge


05/05/2009

Sous fond de graves provocations russes, Tbilissi se défend comme elle le peut.

 

Medvedev a qualifié jeudi de "provocation grossière" l'organisation d'exercices de l'Otan en Géorgie, et Mr Appathurai, le porte-parole de l'Otan, a jugé qu'il devenait "de plus en plus difficile de faire coller la rhétorique russe avec la réalité sur le terrain". C'est dans ce contexte de tensions vives entre l'Otan et la Russie que débuteront demain les exercices de défense militaire organisés près de Tbilissi par l'Otan.

La Russie, après avoir expédié des centaines de blindés et plus de 20.000 hommes dans les territoires séparatistes de Géorgie, auxquels s'ajoutent à présent plusieurs dizaines de "gardes frontières", persiste dans sa logique d'annexion des territoires occupés en violation des traités de cessez-le-feu signés après sa tentative, en août, d'envahir et d'annexer l'ensemble de la Géorgie.

C'est aussi dans ce contexte que l'opposition radicale, toujours en mouvement à Tbilissi après bientôt 4 semaines, durcit ses actions, maintenant leur demande de démission du président Saakashvili.

Les leaders radicaux, fortement soupçonnés de jouer le jeu de la Russie, refusent toujours tout dialogue avec l'opposition parlementaire et le pouvoir. La Communauté Européenne, présente sur place depuis plusieurs semaine en la personne du représentant spécial pour le Caucase du Sud Peter Semneby, recommande vivement à l'opposition d'accepter le dialogue. Mais les radicaux se radicalisent encore d'avantage. Après avoir placé un "mur de la honte" à l'entrée de la télévision publique, où il s'agit d'insulter toute personne devant se rendre dans les locaux de la chaîne après un contrôle des pièces d'identité, menacent à présent de bloquer les voies d'accès principales de Tbilissi ce qui serait fortement préjudiciable à la vie économique de la capitale géorgienne.

Mais ce n'est pas le pire. A Mukhrovani (province de Kakhétie), une garnison militaire géorgienne a tenté un soulèvement qui, heureusement, a rapidement été contré grâce à l'arrestation cette nuit des responsables. Parmi les personnes arrêtées, on retrouve des membres de l'opposition radicale. Celle-ci avait annoncé, avant hier, qu'il y aurait des manifestations dans la province de Kakhétie aujourd'hui... Ces derniers avaient de même annoncé la fin du "reigne de Saakashvili" pour le 6 mai, date du début des exercices de l'Otan. Le ministre de l'intérieur Shota Utiashvil affirme que ce soulèvement a été organisé avec l'aide du FSB russe, au minimum en réaction aux exercices de l'Otan, lesquels auraient été gravement pertubés en cas de réussite. Selon lui, les généraux avaient aussi comme intention, avec l'aide de responsables d'autres garnisons en Géorgie, de renverser le gouvernement géorgien.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'à Tbilissi, la vie n'est pas facile! Pour les habitants qui ne souhaitent qu'une seule chose, à savoir: vivre en paix, chaque jour est une menace pour la vie, tout simplement. Les troupes russes à moins de 40 km de Tbilissi, prêtes à sauter sur le moindre prétexte pour intervenir dans d'autres provinces que celles qu'ils contrôlent déjà, et l'opposition, animal agonisant, prêt à tout pour donner aux russes un prétexte pour intervenir et renverser le régime démocratique du président Saakashvili, rien de tout cela, bien entendu, n'est souhaité par la toute grande majorité des géorgiens.

Les géorgiens en ont marre! Alors qu'après deux cents ans de domination russe ils parviennent à se défaire de leur voisin trop gourmand et accèdent enfin à leur indépendance, ils vivent d'abord 20 ans sous le régime ultra-corrompu de Shevarnadze, puis accèdent aux premiers pas d'une démocratie pro-européenne sous Saakashvili. Mais la Russie ne les lâche pas, et à part le départ de Poutine et avec lui de 99,9% de la Douma, rien n'y fera, semble-t-il, pour les arrêter dans leurs projets démoniaques.

D.P.

 

La Géorgie appelle une réponse de la communauté internationale

La Géorgie appelle une réponse de la communauté internationale au sujet de la situation le long des lignes de démarcation des régions sécessionnistes, où la Russie a déployé ses gardes-frontières et fortement renforce les frontières. La Géorgie a bien entendu évalué le fait comme une autre étape de l'annexion des territoires géorgiens.

Lors d'un briefing, Zurab Kachkachishvili, le chef du Département politique du Ministère des Affaires étrangères, a confirmé que les prochaines formations de l'OTAN-Géorgie ne seront pas reportées. Il a aussi répondu à l'accusation de l'opposition radicale au sujet de certains pays ayant renoncé à ces entrainements. Mr Kachkachishvili a dit que le gouvernement de Serbie a pris une telle décision en raison de la pression de la Fédération de Russie.

La Russie s'est en effet engagée à protéger les "frontières" suite aux accords signés la semaine dernière entre les autorités russes et les deux provinces géorgiennes séparatistes, dans leurs logiques d'annexion à la fédération de Russie. Pour ce faire, 10,000 militaires russes sont présents dans chacun des territoires sécessionnistes auxquels se sont ajoutés des troupes d'élites "gardes frontières" sous la direction d'un vétérant du FSB (ex-KGB) ayant servi en Tchéchénie et en Ossétie du Nord, Nikolai Lisinsky.

"Le commandement des gardes-frontières sera installé à Taskhinvali et d'autres seront déployés le long de la frontière. Les troupes russes déjà en Ossétie du Sud sont aussi déployées à la frontière" Il a dit cependant que l'entrée de troupes russes en Ossétie du Sud n'a rien à avoir avec les prochains exercices militaires de l'OTAN en Géorgie. "La frontière doit être sécurisée. Elle doit être inaccessible aux ennemis, mais transparente et accessible à ceux qui recherchent la paix avec nous, en particulier dans la résolution de certains problèmes sociaux et économiques", a-t-il affirmé.

Ils ne risquent pas grand chose, à vrai dire: cela fait depuis août que personne, à part quelques villageois osant s'y risquer, n'a plus passé cette nouvelle frontière européenne de fait, pas même les représentants de l'OSCE. Alors qu'en théorie, cette frontière n'existe pas, n'aurait jamais du exister, et certainement pas par la seule volonté russe.

La Russie ose encore parler de provocations de la part de la Géorgie, de l'Otan, de l'Europe pour diverses raisons, comme l'expulsion des deux espions russes de Bruxelles (ben oui, là c'est vrai, c'est la Belgique qui provoque la Russie, pas l'inverse). Mais leurs positions dans les provinces d'Abkhazie et de Samatchablo (ossétie du sud) sont une insulte à la communauté internationale, les nettoyages ethniques ayant encore cours tous les jours depuis août en sont la cerise sur le gâteau dont Poutine et la Douma se délectent. L'Europe a bien compris qu'il faudrait réagir - parce que ne pas réagir serait devenir complices - mais semble n'avoir aucune arme économique ou politique contre la Russie, leur premier fournisseur de Gaz.

 

D.P.