25/06/2010

La Russie ne respecte pas ses engagements.

Ce n'est pas nouveau... mais une fois encore c'est dit, et non-relayé par nos médias.

"La Russie ne respecte pas ses engagements en Géorgie"

d'après le blog Europe de la Défense BXL2.

Irakli Porchkhidze, le secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité de Géorgie : « La Russie bloque l'exécution complète du mandat d'EUMM (la mission d'observation de l'UE), alors que le mandat de l’EUMM s’exerce normalement sur l’ensemble du territoire géorgien dans ses frontières reconnues internationales. Les conséquences sont désastreuses sur le terrain : nous assistons à une dépopulisation, une militarisation des 2 enclaves, et une menace à la souveraineté géorgienne. ».

"Epuration ethnique"

« La Russie occupe un territoire qu’elle ne contrôlait pas avant 2008. Et on assiste sur les territoires occupés à une véritable épuration ethnique » affirme-t-il. « Environ 400.000 géorgiens ne peuvent rentrer chez eux. Mais il n'y a pas que les Géorgiens: il y a aussi quelques minorités comme des Estoniens ou Grecs. Les Russes ont rasé des villages en Ossétie, afin de porter atteinte à l’équilibre démographique. On retrouve la même situation en Abkhazie. Il n’y a plus que 10.000 personnes (alors qu’avant 40.000 habitants). Il y a un processus de dépeuplement en cours. »

"Une forteresse militaire"

Ce n'est pas tout ! « En violation flagrante du cessez-le-feu, 10.000 soldats russes sont stationnés sur les territoire occupés. Les Russes en ont fait une forteresse militaire. Nous sommes à 40 Kms de Tbilissi. C'est un endroit stratégique. Car l'autoroute Est Ouest qui relie les deux parties de la Géorgie, est un lien vital pour son équilibre, sa sécurité et le commerce. La présence militaire exerce une véritable pression psychologique. L'État géorgien se trouve en état de siège. » explique-t-il. « Il y a des coûts humains mais aussi environnementaux. Les Russes extraient en Abkhazie des pierres, du sable, des métaux, pour exporter des matériaux en Russie, notamment pour les travaux des J.O. de Sotchi. On menace ainsi l'équilibre géologique et environnemental. »

"EUMM doit rester et aller en Ossétie et en Abkhazie"

Et le responsable géorgien de lancer un appel au maintien de la mission européenne EUMM. « Elle est nécessaire. C'est la seule force internationale présente dans la région. (...) La Russie a toujours pensé que la présence d’observateurs internationaux en Géorgie n'était pas nécessaire. Elle a utilisé le mécanisme consensuel de l’OSCE pour bloquer la présence de l’OSCE, tout comme de l’ONU. L’EUMM est la seule présence internationale sur lequel la Russie n’a pas de veto. Cette présence sur le terrain est le préalable nécessaire à la stabilité à venir. Il est essentiel d’étendre la mission EUMM et d’avoir accès aux territoires occupés. »

15/11/2009

RÉACTION de la Géorgie à l'enquête indépendante internationale - RAPPORT SUR LA GUERRE D'AOUT 2008

Rapport Tagliavini : les conclusions biaisées de la propagande russe envahit les médias occidentaux 3 jours avant la remise officielle du rapport aux instances européennes. AFP n'y voit que du feu, la presse relaie massivement, les conclusions de Tbilissi sont passées sous silence.

Voici la réaction officielle de Tbilissi.

La Commission confirme que la Russie a envahi la Géorgie avant que la Géorgie ait pris des mesures militaires. Il confirme également que les civils géorgiens et les casques bleus ont été attaqués, sur le sol géorgien, avant le 7 août. Le rapport donne également de nombreuses preuves de renforcement militaire de la Russie dans les mois précédant août 2008, et des provocations politiques de la Russie qui a violé la souveraineté géorgienne et le droit international. En outre, la Commission confirme que les forces pro-russes ont entrepris un nettoyage ethnique des citoyens géorgiens.

Le rapport confirme également que l'opération militaire russe en 2008 semble bien avoir été planifiée, confirmant la plupart des analyses. La plan de l'opération a été validé dans la pratique au cours des exercices militaires russes « Kavkaz-2008 » (et les exercices précédents depuis 2005).

Le fait le plus important, documenté par la Commission, est que les armées régulières des forces russes et des mercenaires ont franchi illégalement la frontière géorgiennes avant le 8 août 2009. La Commission écrit: «Il semble y avoir eu un afflux de volontaires ou de mercenaires en provenance du territoire de la Fédération de Russie vers l'Ossétie du Sud par le tunnel de Roki et sur la chaîne du Caucase au début du mois d'août, ainsi que la présence de certaines forces russes en Ossétie du Sud, autre que le bataillon JPKF russe [maintien de la paix], avant 14.30 heures le 8 août 2008. "

Le gouvernement regrette que, bien que la Commission ait pu démontrer que les troupes russes ont été présentes illégalement en Géorgie, elle ne parvient pas à appeler cela une invasion. C'est pourtant cette invasion qui a déclenché le conflit. Le fait d'avoir prouvé la présence illégale sur le territoire souverain de la Géorgie de troupes russes ne faisant pas partie des forces de maintient de la paix, en violation de tous les accords internationaux, sans que cela soit nommé « invasion ».

Le rapport réfute les raisons que la Russie a données pour justifier l'invasion de la Géorgie. En particulier, la Russie a fait valoir que plus de 2.000 personnes avaient été tuées en Ossétie du Sud, et qu'il a ordonné l'invasion afin de prévenir le génocide, tel était le prétexte pour leurs actions. Mais le rapport confirme que ces réclamations des Russes étaient purement et simplement des mensonges.

La Commission n'a pu vérifier un autre prétexte de la Russie: que ses soldats auraient été attaqués. En revanche, les soldats de la paix géorgiens ont été visés et tués tôt le 7 août. L'invasion a par conséquent commencée avant que les forces de maintien de la paix russes aient été impliquées dans des hostilités armées.

Le rapport rejette également le concept de la Russie de protéger ses citoyens à l'étranger dans le cadre de ce conflit, un autre sous- prétexte pour justifier la guerre: il met en lumière la politique de passeports russes distrinués (dès 2007) en Ossétie du Sud, et dit clairement que les Ossètes du Sud ont reçu des passeports russes en violation de la souveraineté géorgienne. La Fédération de Russie a donc « fabriqué » des citoyens à protéger (prouvant la préméditation). Le rapport documente en détail le renforcement militaire russe dans les mois précédant l'invasion, ainsi que la fourniture par la Russie de l'assistance militaire et de sécurité vers l'Ossétie du Sud et les forces irrégulières abkhaze avant le 7 août 2008. Il documente également l'intensification des provocations politiques, économiques, juridiques et autres. Une citation caractéristique de ce rapport: "L'attribution massive de la citoyenneté russe aux ressortissants géorgiens et la fourniture de passeports à grande échelle sur le territoire géorgien, y compris ses provinces séparatistes, sans le consentement du Gouvernement géorgien ... constitue un défi ouvert à la souveraineté géorgienne et une ingérence dans les affaires intérieures de la Géorgie. "

Le rapport va dans les détails pour confirmer une chose évidente: la Russie a envahit la Géorgie, la Géorgie n'a pas attaqué la Russie ou de tout autre pays. Parmi ses principales conclusions :

  • La Commission a trouvé des preuves qu'au moins certaines unités des forces russes régulières ainsi que des milices ont pénétré en territoire géorgien souverain avant le 8 août. Ce qui constitue une intrusion illégale.

  • Plus précisément, comme mentionné précédemment, le rapport dit: "il semble y avoir eu un afflux de volontaires ou de mercenaires en provenance du territoire de la Fédération de Russie en l'Ossétie du Sud par le tunnel de Roki et sur la chaîne du Caucase au début d'août, ainsi que la présence de certaines forces russes en Ossétie du Sud, autre que le JPKF russe [maintien de la paix] bataillon, avant 14.30 heures le 8 août 2008. "

  • La Commission a également prouvé que les forces séparatistes ont été armées et entraînées par la Russie, au mépris du droit international et des obligations de maintien de la paix de la Russie.

  • Le rapport souligne également que les forces séparatistes pro-russe ont violé les lois internationales en attaquant des civils géorgiens dans les jours précédant le 7 août.

  • Le rapport conclut: «Le poids politique et militaire nettement supérieur de la Russie a renversé le bilan de ce qui aurait été possible autrement, en termes d'arrangements entre Tbilissi et ses deux provinces séparatistes. »

Le gouvernement est en désaccord avec la Commission qui écrit que la Géorgie a utilisé une force excessive et disproportionnée dans la défense des civils géorgiens, alors que la Commission démontre par ailleurs clairement que des attaques illégales sur ces civils ont eu lieu, et de plus, avant le 7 août. Aucun gouvernement démocratique ne peut survivre si, lorsque des forces étrangères envahissent son territoire, il ne parvient pas à défendre ses citoyens. La Géorgie a agi comme toute nation démocratique aurait agit: un fait qui est impossible pour un observateur raisonnable de nier.

Bien que le rapport reconnaisse que la Russie ait armé et soutenu et Tskhinvali et les séparatistes abkhazes, il évite d'en attribuer la responsabilité à la Fédération de Russie. Alors que les preuves extrêmement nombreuses démontrent le contrôle direct de la Russie sur les autorités séparatistes.

En outre, tout en reconnaissant le renforcement militaire et l'assistance aux séparatistes, et de même l'afflux de mercenaires attaquant des populations civiles, le rapport omet de mettre en évidence les violations flagrantes commises par les soldats de la paix russes - bien que toutes ces actions ont été strictement interdite par tous les accords internationaux. De plus, la Géorgie a fourni au Conseil les nombreuses preuves démontrant que des soldats de la paix russes ont directement coordonnés les attaques avec les forces irrégulières avant le 7 août, y compris la coordination d'attaques sur des villages contrôlés par le gouvernement géorgien.

En ce qui concerne l'invasion de l'Abkhazie et le reste de la Géorgie, le rapport confirme que la Russie n'a pas pris la peine de fabriquer un prétexte, et était en violation directe et flagrante du droit international.

Le rapport confirme aussi le nettoyage ethnique envers les citoyens géorgiens uniquement. Ce nettoyage ethnique a eu lieu sur le territoire géorgien tandis que gardiens de la paix russes, en vertu du droit international, sont responsables de la sécurité sur cette partie du territoire d' « ossétie du sud ».

En termes d'efforts de prévention, la Commission défend les efforts de la Géorgie pour tenter de prévenir le conflit. Le rapport a confirmé que le Gouvernement géorgien a exercé d'intenses efforts diplomatiques soutenus pendant de nombreux mois avant la guerre pour apporter une solution pacifique et éviter une invasion russe de la Géorgie. Malheureusement, ces demandes ont été bloquées par la Fédération de Russie et ses mandataires.

Le rapport indique clairement que la reconnaissance des régions géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud par la Russie est une violation flagrante du droit international.

Globalement, le rapport confirme que la Russie a commis des actes d'agression contre un État souverain, et de ce fait a gravement violé le droit international, y compris la Charte des Nations Unies, l'Acte final d'Helsinki, les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies ainsi que sa propre Constitution au Code criminel.

Aujourd'hui, l'occupation russe de la Géorgie se poursuit, en violation du droit international et de l'accord de cessez-le feu en six points signé le 12 août 2008, et, en particulier, défiant l'exigence que les forces russes ont de se retirer sur leurs positions ex ante.

La Russie est, en effet, à la poursuite de son plan visant à terme à annexer ces territoires géorgiens.

La présence de l'ONU ainsi que des missions de surveillance de l'OSCE ont été unilatéralement bloquées par la Russie. La Russie a également refusé d'autoriser le retour sûr et digne des personnes déplacées et des réfugiés; Pendant ce temps, ceux qui vivent encore en territoires occupés souffrent de l'oppression. Le nettoyage ethnique de Géorgiens dans les territoires occupés par la Russie se poursuit.

 

30/06/2009

Pour remettre les pendules à l'heure.

Mis à jour à 22:43

Dans un communiqué publié lundi, avant le sixième cycle de négociations de Genève prévu pour le 1 Juillet, le ministère russe des Affaires étrangères (Sergei Lavrov) a déclaré que la prochaine réunion aura lieu dans le contexte des "conditions difficiles" suite à la clôture de la mission de l'OSCE et des missions d'observation des Nations Unies en Géorgie.

« Malgré la position constructive et transparente de la Russie en faveur du maintien des missions de l'OSCE et des Nations Unies dans le Caucase du Sud, la Géorgie et les partenaires occidentaux font de leur mieux pour stopper les activités des observateurs internationaux dans cette région instable. Pendant ce temps, la situation sur les frontières est toujours tendue, la police et les forces géorgiennes continuent leurs manœuvres à proximité de la frontière de l'Abkhazie et de l' « Ossétie du Sud ». Il est évident que la nouvelle situation dans le Trans-Caucase nécessite une réévaluation importante, y compris en matière de format et des perspectives des discussions de Genève. Face à la persistance de l'instabilité politique interne en Géorgie et de la détérioration de la situation socio-économique de la population, le risque de nouvelles flambées des tensions est lourd."

« Dans l'état actuel, le besoin de documents juridiquement contraignants sur le non-recours à la force doit gagner encore plus d'importance ... La communauté internationale devrait avoir de solides garanties que la terrible tragédie du mois d'août dernier ne se reproduira pas en Trans-Caucase".

La diplomatie russe (aïe, j'ai toujours les doigts qui aimeraient taper "soviétique"...) est décidément toujours d'une mauvaise foi extraordinaire. La liste de leurs crimes est si longue que la seule manière pour eux de s'en cacher est d'accuser les parties adverses. La meilleure défense... petite citation remise aux goûts du jour.

Ici encore, les russes s'emploient à tromper le monde - mais qui trompent-ils si ce n'est les ignorants et les aveugles - en agissant comme si ils avaient toujours été en droit de posséder quoi que ce soit du territoire géorgien. L'excuse du "Grand Frère Russe"est une "justification" non seulement stupide, mais aussi totalement inadéquate : tout au plus un lointain cousin, et encore, tant les différences entre slaves et caucasiens sont grandes.

La Russie, c'est l'ennemi héréditaire avec lequel il vaut mieux s'entendre, et cela les géorgiens en sont conscients depuis toujours. Et pas uniquement eux. (Mais peu importe, ni races ni peuples, soyons tous frères est ma devise...). Et en temps de paix, c'est leur richesse culturelle et une qualité artistique fabuleuse qui peut s'exprimer, dans les deux sens d'ailleurs. Avec Poutine comme avec nombre de ses prédécesseurs, ce ne peut être que guerres et dominations. L'Empire des vices.

La "zone d'influence", la "sphère russe"... Est-ce ainsi qu'il faut la préserver? Ils ont instrumentalisé les milices abkhazes et "ossètes", ils ont provoqué pendant de nombreuses années, on ne le dira jamais assez, la communauté internationale en s'imposant dans le sud-caucase avec un diabolisme digne de la pire des époques soviétiques, ils ont provoqué puis attaqué militairement la Géorgie en août dernier, bombardant villes et villages, massacrant, pillant, violant sans aucune retenue. L'Europe a laissé faire.

Même en admettant que la Géorgie ait effectivement attaqué sa province sécessioniste, ce qui a été depuis prouvé comme inexact, comment cette communauté internationale ne prend-elle immédiatement en compte tous ces crimes commis avant ce fameux mois d'août, histoire de se rattraper? Il serait judicieux de relire l'historique des interventions russes en Géorgie et plus spécialement dans les territoires actuellement annexés à l'Empire. Et russes et abkhazes et ossètes. 

Le discours de Moscou est un excellent exemple de mauvaise foi. Tentant de légitimer ces annexions par tous les moyens. Et profitant, surtout, du fait que le reste du monde s'est tu lorsque des passeports russes ont été distribués dans les provinces séparatistes, lorsque les armées russes et les milices ont attaqué nombre de villages géorgiens d'ossétie ou d'Abkhazie ces 5 derières années, lorsqu'ils finançaient les opposants au régime démocratique pro-occidental de Saakashvili, etc... la liste est trop longue!

Oui, l'Europe est responsable. Sourde et aveugle lorsqu'il s'agit de signer des contrats avec Gazprom ou Lukoil, elle n'est jamais intervenue pour remettre la diplomatie russe à sa place.

Lavrov, loin d'être idiot, martelle le monde de ses paroles abusives et illégales, sachant que l'occident n'a pas le choix: il doit s'allier à cette puissance pour se protéger de l'Iran (que la russie finance et pour qui ils construisent des centrales nucléaires), de la Corée du Nord (à qui ils vendent la technologie nucléaire militaire) ou de l'Afghanistan (qu'ils ont eux-même tenté d'envahir avec le succès que l'on sait, ce qui a engendré l'insécurité totale que l'on connaît actuellement dans la région), et pour garantir aux nouveaux états européens d'ex-urss l'approvisionement en énergies fossiles.

Les occidentaux ne veulent pas arrêter la surveillance aux frontières géorgiennes. Parce qu'il est impossible de se soumettre "aux nouvelles réalités" décrites et imposées par la Russie, cela vaudrait à reconnaître l'indépendance des deux provinces. Il n'y a donc qu'une seule manière pour les européens d'être cohérents avec la "vraie réalité": refuser la "nouvelle version russe", et donc refuser de ne pouvoir surveiller que les zones adjacentes aux provinces séparatistes pendant que les forces russes "surveilleraient" les territoires occupés.

Vous n'imaginez pas ce qu'ils ont détruits en Abkhazie et en Ossétie alors qu'ils ne sont théoriquement présents en Géorgie uniquement en tant qu'observateurs, en force de maintien de la paix. Et vous n'imaginez pas ce qu'ils peuvent détruire encore. Hier, j'ai visionné quelques photos et autres webcams de Sukhumi, la très belle (avant) "capitale" abkhaze. J'ai été extrêmement choqué d'y voir que toutes les enseignes, tous les panneaux, toutes les publicités sont en russe, et cela depuis seulement 3 ou 4 ans. Vis à vis de la population locale d'origine, c'est du lavage de cerveau. A la soviétique. 

La langue abkhaze, pourtant riche de dizaines de siècles, n'existe plus, et surtout pas dans les écoles. Le magnifique littoral de la Mer Noire n'est plus que Datchas pour dignitaires du régime de Moscou et bases militaires russes. Les Russes craignent que les géorgiens ne s’en prennent militairement à l’Abkhazie et/ou à l’ossétie, les accusant régulièrement d’organiser des patrouilles le long des frontières. Mais la Russie oublie que les Géorgiens, eh oui, sont CHEZ EUX en Géorgie (qui l’eût cru), alors qu'en même temps les milices abkhazes aidées par l’armée russe ont encore étendu leurs frontières, et mènent des attaques terroristes sur des villages en Géorgie, enlèvent des habitants, ou font exploser des centrales électriques ou des ponts. Qui provoque qui?

Tout le monde, y compris en Belgique, a entendu parler des manoeuvres de l’OTAN (qui étaient prévues depuis début 2008) en Géorgie, près de Tbilissi au mois de mai. Tous les journaux en ont parlé en disant « c’est une provocation ouverte dirigée contre la Russie » (Lavrov). Faut pas manquer d’air... Par contre, je n’ai nulle part vu dans ces mêmes médias que la Russie, pendant que j'écris ces lignes, organise des grandes manoeuvres quelques kilomètres au nord de la Géorgie encore plus importantes que celles qu’ils ont menées il y a juste un an, en juillet 2008 (au sujet desquelles personne n'a rien dit sauf à Tbilissi). La grosse artillerie, des tonnes de matériel, armée de terre, de l’air, missiles et tout ce qui va avec.

A propos, certains pensent que la Géorgie s'est sur-armée ces dernières années. Alors voici quelques chiffres :Russie (140,7 millions d'habitants en juillet 2008) : 19 141 millions de dollars et 1 004 000 hommes en 2000 -:- 31 181 millions et 3,6% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 35 181 millions en 2007. --:-- Géorgie (4,3 millions d'habitants en janvier 2008) : 27,2 millions de dollars et 27 000 hommes en 2000 -:- 362 millions et 5,2% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 592 millions en 2007. ( Souce : caucaz.com ) Pour un pays qui n'avait plus d'armée digne de ce nom en 2003, et qui se sait en danger à cause de son voisin, ce n'est pas tant que ça!

Il y aurait beaucoup à ajouter encore, sur les interventions russes dans la vie politique géorgienne, sur leur appropriation des richesses des provinces annexées illégalement, sur la construction de la cité olympique de la honte à Sochi (tiens, encore un territoire qui fut géorgien mais « offert » à la Russie par Staline) où des milliers d’ouvriers travaillent, venus de partout sauf d’Abkhazie, mais sont logés principalement en Abkhazie sans que cela ne rapporte un kopek aux abkhazes, etc...

La Géorgie en a gros sur le coeur. Après deux cents ans sous domination russe, soviétique puis à nouveau russe. Et ça, vous qui critiquez tant le besoin des géorgiens de se rapprocher d’avantage de l’Europe, des Etats-unis et de l’Otan, vous ne le comprendrez sans doute jamais, vous qui êtes heureux d'être libres depuis 1945... et pas grâce aux russes, quoi que vous pensiez.

D.P.

 

24/06/2009

Lavrov : une mauvaise foi redondante.

Ria Novosti - Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé utile la discussion à l'ouverture de la conférence annuelle sur la sécurité de l'OSCE mardi à Vienne, espérant que les partenaires de la Russie avaient entendu ses arguments supplémentaires en faveur d'un nouveau traité de sécurité européenne.

"Je considère comme utile la discussion d'aujourd'hui. Il est évident que nous n'avons pas trouvé des solutions à toutes les questions, mais je pense que les arguments supplémentaires que nous avons exposés suite à l'initiative du président russe Dmitri Medvedev pour conclure un Traité de sécurité européenne ont été entendus", a dit mardi le chef de la diplomatie russe lors d'une conférence de presse à Vienne.

Selon M.Lavrov, lors de la discussion, bien des questions ont été posées à la délégation russe mais tous se préoccupaient essentiellement des régions d'où émanait la menace.

"Il s'agissait, entre autres, de la crise dans le Caucase, de ses origines et des moyens d'en sortir, de la situation autour du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (Traité FCE), de la lutte contre le terrorisme, le narcotrafic et le crime organisé", a poursuivi le ministre.

Le président Medvedev a formulé en juin 2008 à Berlin l'idée d'un traité de sécurité en Europe dont les piliers sont le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des Etats, le non-recours à la force armée, le contrôle des armements et le principe selon lequel aucune organisation internationale n'a le droit exclusif d'assurer la sécurité en Europe.

En plein dans le mil ! Qui peut dire de quel respect de souveraineté territoriale il parlait, sans doute que, d'après lui, la Géorgie n'est pas un état. Comme on peut supposer aussi que la Russie n'est pas intervenue avec son armée en Géorgie, n'a pas distribué de passeport russes sur le territoire géorgien, et n'a pas engagé 13.000 hommes supplémentaires dans les provinces séparatistes depuis la fin de la guerre d'août. Et nous pouvons supposer de même qu'en fait, aucune organisation internationale n'a demandé à la Russie de pouvoir pénétrer dans les territoires séparatistes en tant qu'observateurs, et que c'est pour cela qu'ils sont les seuls à y être présents....

La diplomatie russe a bien compris qu'à force de dire n'importe quoi, on finira par les croire. Mais comment la presse ne voit-elle pas dans quelles manipulations nous entraîne la Russie? Son seul but, semble-t-il, est de pouvoir légitimer ses interventions - passées, présentes et futures - dans le Caucase, en disant que "puisque nous-même nous suggérons à nos partenaires européens d'agir dans le respect des souverainetés nationales, c'est que nous considérons ne pas avoir nous-même transgressé cette règle".

Pendant ce temps, de fortes tensions secouent la province russe nord-caucasienne d'Ingouchie, où un attentat contre le président pro-russe a eut lieu. Moscou accuse bien entendu des "activistes islamistes", histoire sans doute de nous faire croire qu'il n'y a pas de désirs de révoltes anti-russes dans le nord-caucase, mais un terrorisme islamiste aveugle contre lequel Moscou pourrait bien être soutenu par l'Occident.

Mais quand donc réagirons-nous sérieusement contre cette diplomatie clairement dirigée contre les démocraties européennes, toujours sur fond de "petro-roubles"? Les journalistes occidentaux, ayant perdu toute capacité d'analyses à force de ne publier que des dépêches d'agences, a de même perdu toute capacité de jugement par rapport à l'actualité. 

D.P.

22/06/2009

INTERNATIONAL CRISIS GROUP : un rapport attendu.

Rapport mis en ligne aujourd'hui 22 juin par

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Comme les média belges n'en diront bien sûr pas un mot, vous pouvez lire ce rapport ici, traduit de l'anglais.

Le texte original se trouve ici.

Dix mois après la « guerre d'août » entre Géorgie et Russie, les violents incidents et le manque d'un véritable régime de sécurité dans et autour des zones de conflit des provinces d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie,créent une atmosphère dangereuse dans laquelle des combats plus importants pourraient éclater à nouveau. La Russie n'a pas respecté certains points fondamentaux de l'accord de cessez-le que le président Medvedev a signé en septembre 2008 avec le président français Nicolas Sarkozy lors de sa présidence de l'U.E.

Son veto au Conseil de sécurité d'une extension du mandat (de seize ans au départ) de la mission d'observation des Nations Unies en Géorgie et en Abkhazie, et son apparente intention d'exiger le retrait de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à la fin du mois sont des coups portés contre la sécurité dans la région aptes à alimenter les tensions. La plupart des points de contrôle est donc en train d'être démantelée.

Moscou devrait revoir sa position et travailler sur un compromis raisonnable qui permettrait à l'ONU et aux observateurs de l'OSCE de poursuivre leur important travail.

La Russie affirme qu'il est la garantie de la sécurité à la demande de l'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, qui ne font pas confiance aux observateurs internationaux, mais il a l'obligation légale de faire plus pour la sécurité et la sûreté des populations locales, indépendamment de leur origine ethnique, et de prévenir les violations des droits humains dans les zones qui sont de fait sous son contrôle. Surtout, elle doit accroître ses efforts pour permettre le retour des personnes déplacées (PDI), en particulier les quelque 25.000 Géorgiens de souche qui n'ont pas été en mesure de retourner dans leurs foyers en Ossétie du Sud.

Il y a eu des abus de la part de toutes les parties du conflit - Géorgie, Russie et d'Ossétie du Sud, mais les actions des milices ossètes, qui ont systématiquement pillés, incendiés, et dans certains cas bulldozer les villages géorgiens, ont été particulièrement graves. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a qualifié ces abus de « nettoyage ethnique » dont Human Rights Watch a cité de nombreuses preuves en les nommant « crimes contre l'humanité » et « crimes de guerre».

L'APCE a également noté l'échec de la Russie et des autorités de facto pour mettre un terme à ces pratiques et de remettre leurs auteurs à la justice. En effet, les troupes russes était largement, volontairement ou non, dans l'incapacité de s'acquitter de leurs tâches de sécurité.

VolgaDepuis août 2008, la Russie a consolidé sa position en Abkhazie et en Ossétie du Sud face à relativement peu de critiques internationales. Il n'a pas retrouvé sa présence militaire d'avant-guerre ni en nombre (3700 hommes, armes légères) ni en lieux, comme le demande le plan en six points du 12 août, et, en avril 2009, elle a envoyé des troupes supplémentaires en Ossétie du Sud et en Abkhazie (10,000 hommes par province). En violation de ses accords avec l'UE des 7 et 8 septembre, le Russie a empêché l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) de poursuivre ses activités d'avant-guerre en Ossétie du Sud, y compris le suivi et la mise en œuvre d'un programme de réhabilitation et de reconstruction. Elle justifie sa position en disant «nouvelles réalités» l'emportent, car il a reconnu en août l'indépendance de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie et conclu des accords de sécurité.

La Russie a maintenant passé plus de deux étapes, non seulement rejeter la mission de l'ONU qui a travaillé en Abkhazie, mais aussi le blocage d'un renouvellement du mandat de la mission de l'OSCE en Géorgie qui fut actif en Ossétie du Sud. Même si aucun des 56 autres Etats membres de l'OSCE n'appuie cette dernière étape, la quatrième plus grande mission de l'OSCE est à la veille de la clôture, le 30 Juin.

Plusieurs séries de discussions parrainées par l'ONU, l'UE et l'OSCE, mettant l'accent sur la sécurité et les questions humanitaires, ont eu lieu entre les représentants des quatre parties à Genève sans résultats tangibles. La présence de l'excès de troupes et de l'absence d'un régime de sécurité ont fait de même, il est impossible pour certaines personnes déplacées qui vivaient dans l'ancienne "zones tampons" Russes en Géorgie à se sentir suffisamment en sécurité pour retourner dans leurs foyers. L'afflux de personnes déplacées a présenté un sérieux problème aux autorités géorgiennes, alors qu'ils étaient déjà aux prises avec au moins 200.000 personnes déplacées par le conflit en Abkhazie et en Ossétie du Sud du début des années 1990. Après les événements du mois d'août, le gouvernement a rapidement construit des logements semi-permanents pour les personnes nouvellement déplacées. Maintenant, il doit développer une approche plus globale pour intégrer les nouveaux et les anciens déplacés internes dans le pays.

En août 2008, Crisis Group a recommandé une série de mesures pour résoudre le conflit. Nombre de ces recommandations restent insatisfaites, mais toujours valables: afin de stabiliser la situation de la sécurité, réduire les chances de renouvellement majeur des hostilités et à améliorer la situation humanitaire, la Russie doit:

  • s'engager de nouveau pleinement aux discussions au sein du Conseil de sécurité de manière à aller au-delà de son veto du 15 juin et de parvenir à un accord sur un régime de sécurité fonctionnelle et la mise en œuvre d'un mécanisme visant à faciliter la poursuite du rôle de l'ONU en Géorgie;

  • respecter pleinement les accords de cessez-le-feu, en particulier par le retrait de ses troupes des zones qu'elles n'occupaient pas avant le 7 août 2008 (le district d'Akhalgori en Ossétie du Sud, Perevi village du côté géorgien de la frontière administrative avec l'Ossétie du Sud et la région de la gorge de Kodori en Abkhazie );

  • permettre à la Mission de surveillance de l'UE (EUMM) et aux institutions internationales dont les Nations unies un accès immédiat à l'Ossétie du Sud pour superviser la sécurité et fournir une aide humanitaire;

  • encourager l'Ossétie du Sud, les autorités de facto, d'annoncer que les personnes déplacées géorgiennes seront autorisées de revenir immédiatement et de trouver un financement pour la reconstruction de villages détruits, ainsi que pour d'autres régions d'Ossétie du Sud endommagées pendant la guerre;

  • participer de manière constructive dans les négociations de Genève, et

  • accepter la proposition de la présidence grecque de soutien neutre pour la poursuite de la mission de l'OSCE.

Le gouvernement géorgien et les autorités de facto de l'Ossétie du Sud et en Abkhazie devrait:

  • avoir un accord sur des mesures conjointes, y compris l'accès pour les missions de contrôle à toutes les régions, pour prévenir les incidents et les violations des droits humains dans les zones de conflit et faciliter le retour volontaire, sûr et digne des personnes déplacées;

  • mettre en œuvre une stratégie d'intégration des personnes déplacées et l'augmentation de la capacité de participer pleinement à la vie politique, sociale et économique;

  • d'éviter la rhétorique belliqueuse et de faux rapports de médias sur la situation dans les zones de conflit, et

  • accueillir les projets humanitaires et de reconstruction financé par les gouvernements occidentaux ou des organisations internationales, y compris l'OSCE, des Nations unies, et l'UE, et de modifier les lois qui pourraient entraver un tel travail.

L'UE, les États-Unis et le Conseil de l'Europe et d'autres organisations internationales devraient:

  • appuyer les enquêtes internationales sur la conduite de la guerre du mois d'août et de ses violations de tous les côtés;

  • suspendre le droit de vote de la Russie à l'Assemblée si elle ne coopère pas à inverser le nettoyage ethnique en Ossétie du Sud, notamment en s'acquittant de ses engagements des 12 août et 7-8 Septembre;

  • encourager le Comité International Olympique à étudier si les Jeux olympiques d'hiver de 2014 peut être tenue à Sochi, en Russie, si un régime de sécurité n'a pas été établi dans la région voisine, l'Abkhazie;

  • encourager le Conseil de sécurité de rester saisi de la question, en dépit de la cessation de la Mission des Nations unies;

  • exhortons le Secrétaire général des Nations Unies à continuer d'exercer ses bons offices en nommant un envoyé spécial, et de poursuivre les efforts visant à faciliter le processus de paix;

  • investir la mission de l'UE avec un rôle élargi pour répondre à la situation sur le terrain et

  • participer de manière constructive aux efforts visant à résoudre immédiatement les problèmes de sécurité et humanitaires, y compris en encourageant les parties à s'engager pleinement dans les négociations de Genève, comme un premier pas vers la résolution des conflits plus larges.

Cet exposé se concentre principalement sur la situation en Ossétie du Sud; subséquente, il sera destiné à la situation en Abkhazie.

Texte traduit de l'anglais.

D.P.

 

17/06/2009

Les dicours de Saakashvili et Tchourkine. Le pot de terre...

« L'échec de la Russie d'approuver son projet (modifier « province séparatiste d'Abkhazie » en « république d'Abkhazie »), dans le texte de résolution du Conseil de Sécurité [de l'ONU], qui n'a fait aucune référence sur l'intégrité territoriale de la Géorgie, est "notre victoire diplomatique," a dit le Président Saakashvili le 16 juin. »

« Il n'y a pas un gramme de chance que la Géorgie donne son consentement sur la légalité de l'occupation des territoires géorgiens, tant que le gouvernement géorgien est présent dans la diplomatie ; malheureusement, apparemment ils [la Russie] espèrent qu'ils peuvent trouver quelqu'un d'autre en Géorgie, qui, lui, y consentira. » (Faisant allusion à certains opposants pro-russes actifs à Tbilissi comme leaders dans les manifs anti-Saakashvili)

« Le but de la Russie est de faire s'effondrer l'état géorgien. Mais nous devrions aussi comprendre qu'après une telle position consolidée de nos alliés à l'ONU, chacun a vu que la Géorgie ne peut être monnayée; la Russie a essayé le compromis [sur les revendications géorgiennes] avec une résolution sur la Corée du Nord et l'Iran. La Russie était prête à payer n'importe quel prix en échange des membres de Conseil de sécurité cédant sur le dossier « Géorgie ». Mais il n'y avait pas même l'ombre d'une hésitation du côté des membres du Conseil de sécurité. »

« Hier, c'était le premier test sérieux sur la non-reconnaissance de l'occupation. Je pense que la communauté internationale, ensemble avec nous, a clairement exprimé sa position et a donné une réponse précise à cette question majeure. En attendant, ici, sur notre territoire nous sommes seuls face à face avec l'agresseur ... Sur ce point nous devons négocier non pas avec les gouvernements séparatistes, mais avec l'agresseur et l'occupant ... Nous devrions continuer notre lutte. Je pense, qu'hier nous avons reçu des arguments légaux internationaux sérieux pour notre lutte ... Nous avons une longue route à faire mais nous devrions passer cette épreuve pour faire cesser l'occupation, et libérer la Géorgie. »

Pendant ce temps, le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué dans une déclaration, le 16 juin, que l'arrêt de la mission de l'OSCE en Géorgie, suivie par l'arrêt de la mission sous mandat de l'ONU, amènent des questions sur la sincérité « de la Géorgie et de ses patrons » dans le [désir de ]maintien de la stabilité dans la région. Le refus de notre proposition de mettre au point des documents juridiquement contraignants sur le non-recours à la force est également une source de préoccupation. Il y a moins de doute qu'à propos de l'instabilité politique interne en Géorgie, le régime de Tbilissi tenter à nouveau de détourner l'attention du public de l'« ennemi interne » avec le problème de l'intégrité territoriale. Ce n'est pas la première fois que les dirigeants géorgiens ont recours à cette méthode pour réduire la pression des problèmes socio-économiques. » (Tchourkine)

Le ministère russe des Affaires étrangères a également déclaré qu'en dépit de « certaines questions » à propos de la mission de surveillance de l'UE en Géorgie (EUMM), en particulier sur « l'efficacité potentielle en cas d'agression de Tbilissi, » la question est de savoir si la présence des moniteurs de l'UE dans les zones adjacentes à l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud « est un facteur de dissuasion important » pour Tbilissi.

D'après Civil.ge

Les russes, qui rejettent la responsabilité sur la Géorgie et ses partenaires occidentaux pour l'arrêt de l'OSCE et des missions de l'ONU en Géorgie (et donc, pour ne pas avoir cédé à leur chantage), ont déclaré que les États-Unis et les membres européens du Conseil de sécurité des Nations unies savaient que leur résolution sur la prorogation du mandat de la mission de l'ONU ne serait pas acceptée « parce que l'Abkhazie n'y figure pas en tant qu'Etat indépendant », donc il ne fait aucun doute que tout le poids de la responsabilité du départ des observateurs des Nations Unies repose sur les Etats occidentaux qui, depuis de nombreux mois, « ont fait preuve d'entêtement idéologique ».

Mais comment peut-on prendre les diplomates du monde entier pour des bandits? Certains, d'accord. Mais les russes espéraient-ils réellement que plus d'un Etat allait accepter leur chantage? Et les « entétés » serait l'ensemble des états représentés aux Nations Unies? Pauvre Russie! Deux cents ans que ça dure... et il y en a encore qui s'obstinent.

D.P.

19/05/2009

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

A Genève, en raison de l'absence de la région sécessionniste d'Abkhazie qui a refusé de prendre part aux discussions pour ne pas avoir reçu des documents de l'ONU dans les temps, les délégations russes et ossètes ont refusé de participer elles aussi aux négotiations de paix.

"Aborder des questions graves sur la sécurité sans l'une des parties concernées me paraît un exercice inutile", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karasine. Bien entendu, c'est sous les conseils de la Douma que les Abkhazes ont refusé de participer à cette réunion...

Ces séances de pourparlers, présidées par les Nations unies, l'Union européenne et l'OSCE, sont systématiquement torpillées par les sécessionistes abkhaze « qui ne veulent pas êtres considérés, dans les documents de l'ONU, comme faisant partie de la république de Géorgie ». Autant dire que, malgré le bon-vouloir de la communauté internationale et de la Géorgie, on n'est pas près de trouver de solutions pour la stabilité et la paix dans cette région.

"La situation dans le Caucase du Sud sera évoquée en relation avec les conséquences de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, et avec un autre sujet régional: le Haut-Karabakh", a dit M.Tchijov histoire de compliquer et d'envenimer encore, si besoin était, la situation, et il ajoute : « Les volets du plan (Sarkozy) concernant la Russie sont réalisés. Si des questions concernant sa mise en application surgissent, elles peuvent être posées à la Géorgie. Le plan prévoyait le retour des forces géorgiennes vers les lieux de leur cantonnement habituel, pourtant, nous constatons la concentration d'effectifs militaires et policiers géorgiens dans les districts adjacents à l'Ossétie du Sud. »

Bien entendu, ce genre de déclaration est destinée non pas aux politiques qui savent très bien que la Russie n'a respecté AUCUN des points d'accords « Sarkozy », mais bien à la presse qui relaie l'info vers qui veut bien la lire et y croire.

Il faut bien comprendre que, quand la Russie accuse quelqu'un de quelque chose, c'est pour noyer le poisson qu'ils ont eux-même placé dans l'aquarium du FSB. Quand la Russie dit que la Géorgie ne respecte aucun point d'accord, c'est bien qu'elle n'en respecte aucun elle-même. Si la Russie accuse la Géorgie d'avoir concentré des militaires et des policiers aux frontières ossètes, c'est qu'ils en ont eux-même placé, et pas qu'un peu. Pour rappel, alors que les points d'accords Sarko demandaient aux parties d'en revenir à la situation d'avant le 7 août, c'est à dire maximum 3700 soldats de maintien de la paix en ossétie et autant en Abkhazie et aucune arme lourde, les Russes ont amassés plus de 10,000 hommes aux frontières ossètes et autant aux frontières abkhazes, avec blindés, lance-missiles, etc... La Géorgie, quant à elle, patrouille timidement avec quelques policiers le long des frontières concernées, principalement pour protéger les observateurs de l'OSCE ou de l'ONU (des enlèvements ont eu lieu à plusieurs reprises), mais aussi pour prévenir les nombreuses attaques des milices ossètes sur des villages géorgiens situés sur la frontière. Il faut signaler, par respect pour la vérité et par respect pour les famille des policiés tués, que 12 policiers ont été assassinés par les milices abkhazes ou ossètes depuis septembre...

La direction russe, qui jamais ne cèdera volontairement un seul hectare conquis par son armée d'invasion en août, se sachant en infraction totale avec un nombre impressionnant de lois internationales, ne peut que fuir devant ses responsabilités et tenter de se disculper, non pas en recherchant des preuves d'innocence - il n'y en a pas - mais en accusant l'adversaire des crimes qu'elle a elle-même commis. Peu de gens sont dupes, à part peut-être Josy Dubié et quelques autres illuminés, mais beaucoup ont plus besoin de la Russie que de la Géorgie, et contredire la politique de Moscou équivaut pour certains, sans aucun doute, à rendre plus compliqués, plus délicats, les accords gazier entre Medvedev et l'occident.

Les accusations de Human Rights Watch à l'encontre de Tbilissi, accusé d'avoir aussi commis des crimes de guerre, a fortement diminué la sympathie des (lecteurs) occidentaux pour ce petit pays du Caucase dont tout le monde parle sans le connaître. Il suffit de lire chaque article de presse qui, lorsqu 'il parle de la guerre d'août et de ses suites, ne s'abstient pas d'écrire « suite à l'agression de la Géorgie pour récupérer sa province sécessioniste d'Ossétie du Sud » à la place de « suite aux provocations russes contre les forces de paix géorgiennes en Ossétie du Sud ». Mais ces accusations de HRW sont tellement anecdotiques si on ose les comparer aux crimes commis par les milices ossètes et les soldats russes contre tous les villages géorgiens d'ossétie du sud, que je n'arrive pas à comprendre les rédactions de la presse occidentale, belge principalement, ou française de gauche, qui anihile les massacres ossètes en préfèrant la syntaxe relayée par la presse russe sous contrôle de la Douma, plutôt que celle de Tbilissi, pourtant de loin plus réaliste et indépendante.

Conférence de presse de Lavrov concernant la Géorgie? Tous les micros de la presse occidentale sont devant ses lèvres. Conférence de presse d'un ministre géorgien : seuls la presse géorgienne est présente. Que faut-il en déduire?

 

 

Ce qu'espère la Russie, et qu'elle est à quelques pas d'obtenir si on n'y fait pas plus attention, c'est de parvenir à éviter la même sympathie de l'Occident pour les victimes géorgiennes que pour les victimes tchétchènes de l'agression russe de 1999, qui à l'époque avait entraîné nombre de manifestations de soutien aux nord-caucasiens, dans toutes les capitales occidentales. Aujourd'hui, la Russie a besoin de l'Occident, plus que l'occident a besoin de la Russie, et chaque justification, aussi grossière soit-elle, à l'attaque de la Géorgie, est la seule politique possible pour les agents du FSB dirigés par Poutine. Depuis la fin de la guerre d'août, si tant est qu'on puisse parler de « fin », les russes fuient leurs responsabilités, s'appuyant sur des prétextes impossibles pour se justifier (protection des ressortissants russes dans les territoires séparatistes alors qu'ils ont eux-même distribué des passeports russes illégalement à la population géorgienne de ces provinces, avant d'inventer des attaques géorgiennes contre lesdits ressortissants pour prétexter leur intervention) Désinformer est habituel à Moscou. La propagande anti-caucasiens marche à fond depuis 5 ans dans toute la Russie, et en soit, déjà cela est un délit majeur dont le HCR n'a jamais, à ma connaissance, fait part.

D.P.

14/05/2009

Veto russe attendu : la mission de l'OSCE prendra fin en juin

Veto russe attendu : la mission de l'OSCE prendra fin en juin.

Le maintien de la présence en Géorgie d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a été porté au vote aujourd'hui (mercredi) à Vienne par les 56 états membres, dont la Russie. L'unanimité étant requise pour le maintien, et la Russie s'étant abstenue, L'OSCE devra se retirer de Géorgie avant le 30 juin. Et des frontières risquent de craquer cet été...

Que risque la Géorgie si les observateurs doivent se retirer? Illustration par l'exemple concret : faisant référence à un rapport d'observateurs de l'ONU du mois de mai 2008, (les observateurs de l' UNOMIG doivent eux, quitter le territoire géorgien dès le 15 juin ) : ayant suivi au radar l'attaque par un Mig d'un drone géorgien qui survolait son propre territoire (dans la province d'Abkhazie) les observateurs ont fait remarquer que ce Mig a décollé d'une "base désafectée" située au Nord de cette même province géorgienne sous contrôle forcé de la Russie à l'époque. Trois violations en une! Le survol de la Géorgie souveraine par un avion de chasse russe qui décolle d'une base sois-disant évacuée il y a plus de 3 ans, qui abbat un avion sans pilote (heureusement) survolant son propre territoire.

Cet événement, toujours démenti par l'état major russe, a été rapporté par le ministère de la défense géorgien et par l'ONU à qui voulait bien entendre, avec une remarque primordiale : l'escalade armée est inévitable et la communauté internationale doit donc agir pour éviter un conflit armé dans la région.

L'ONU, qui a constaté l'attaque en question ainsi que d'autres provocations aux frontières entre les provinces séparatistes et les autres provinces du pays, n'a cessé de mettre en garde. Mais passons sur la nonchalance européenne, elle a fini par réagir... trop tard mais juste à temps pour éviter l'annexion de la Géorgie en son entièreté.

Ce qui pourrait se produire dès juillet et plus vraisemblablement à partir d'août est très préoccupant. C'est exactement le cas de le dire! Parce que les Russes, ne faisant aucun cas de ce que pensent les autres puissances, surtout l'Europe, n'a respecté aucune des obligations imposées par la signature des accords de cessez-le-feu d'août et septembre, se sont donné le droit de :

- continuer la distribution de passports russes aux habitants des régions séparatistes, légalement géorgiennes;

- aménager le littoral abkhaze pour des utilisations militaires ou maffieuses;

- construire une base navale en Géorgie en remplacement de la base de Sebastopol;

- rénover les bases aériennes quittées 3 ans plus tôt après des accords signés avec les autorités géorgiennes;

- continuer d'amener des troupes dans les zones occupées, plus de 10.000 hommes par province;

- occuper Zemo-Abkhazeti, région stratégique qui était sous contrôle géorgien avant août, et est à présent terrain d'entraînement militaire pour soldats Russes et soldats Abkhazes...;

- ne pas venir en aide aux populations locales, préférant laisser agir les milices abkhazes ou ossètes contre les ethnies géorgiennes encore présentes dans ces provinces;

- continuer ou laisser faire les provocations, y compris contre les observateurs européens, arrêtés lorsqu'ils patrouillent en toute légalité au-delà de la "frontière administrative" des provinces séparatistes;

- alimenter une propagande anti-géorgiens via les médias et des affiches, dans le seul but de se justifier auprès des russes pour leurs interventions en Géorgie,

- accuser ouvertement la Géorgie de ne pas respecter les accords signés...

- ne pas voter le maintien de la présence en Géorgie d'observateurs de l'OSCE, contre l'avis de 55 pays unanimes pour le maintien

- etc...

La Russie de Poutine et de Medvedev n'a rien à voir avec le pays civilisé auquel l'Europe a cru pouvoir faire confiance depuis la chute du mur. Comme disait Gorbatchev il n'y a pas longtemps, la Russie a fait "au maximum" 50% du chemin vers la démocratie. Et même si, effectivement, le "marché" s'est ouvert aux russes, ceux qui ont pu en profiter sont les mêmes que ceux qui profitaient du régime socialiste soviétique, et la protection de ce système plus proche de la maffia que de la sociale-démocratie en utilisant les mêmes outils qu'auparavant, KGB, Douma 100% pro-Poutine, contrôle des médias, intimidations, meurtres, élimination des opposants politiques ou économiques, idéaux impérialistes en politique internationale, ...

Les autorités européennes, sachant celà aussi bien que vous et moi, n'a aucun outil pour forcer la Russie a tenir ses engagements, ce qui renforce encore la politique de Poutine et Medvedev. Elle (l'Europe) a plus d'une fois tenté de mettre en évidence toutes ces violations aux droits les plus élémentaires. Au représentant de la Fed de Russie auprès du Conseil de l'Europe, à Strasbourg, à propos de la Géorgie: " Nous voyons tous que la Russie n'a pas de limites, mais nous, communauté européenne, devons montrer où sont nos limites!"

La guerre en Géorgie est un des symptomes de cette russie encore malade, cette maladie qui lui vient de son passé. Le peuple russe n'est pas plus respecté qu'auparavant, c'est juste qu'on ne l'élimine plus, qu'on ne le déporte plus, qu'on ne l'enferme plus aussi facilement. maintenant on l'ignore ou, s'il bouge un peu trop, on le menace.

Et pendant ce temps, à Tbilissi, une partie de l'opposition radicale, refusant toujours le dialogue avec les autorités tant que "l'ennemi de la Russie" ou "l'ennemi de la démocratie", c'est selon, refusera de démissioner, continue ses dangereuses et stupides confrontations avec Saakashvili utilisant les mêmes méthodes faites de mensonges, de théatralisation, de provocations, d'accusations mensongères, de propagandes, de non-respect des citoyens, etc....

Mais ça, c'est une autre affaire, que vous trouverez commentée dès demain.

D.P.

22/04/2009

La présidence de l'OSCE : "La détention était inacceptable" + bonus : ARTICLE PARU DANS NEWSWEEK

La présidence de l'OSCE : "La détention était inacceptable"

Les autorités "sud-ossètes" provoquent L'OSCE. Et toujours aucun contrôle possible dans la province séparatiste.

Le bureau du Président du Parlement d'Ossétie séparatiste a libéré les deux observateurs de l'OSCE qu'ils avaient arrêtés plus tôt aujourd'hui, les accusant de violer la frontière de l'Ossétie du Sud. Le chef séparatiste a déclaré aux médias étrangers, après l'incident, que les observateurs européens ont été arrêtés pour violation des frontières, les accusant de provocations !
Les moniteurs sont maintenant libérés dans le bureau de l'OSCE dans le village de Karaleti. Les séparatistes les ont arrêté alors qu'ils patrouillaient dans le secteur de Nikozi-Avnevi, sur la route en zone de conflit. L'OSCE a publié une déclaration spéciale sur l'incident.

ATHÈNES, le 21 avril 2009

La présidente de l'OSCE en exercice, la ministre grecque des Affaires étrangères Dora Bakoyannis, a déclaré aujourd'hui qu'elle se félicite de la libération de deux militaires non armés de l'OSCE par les agents de surveillance d'Ossétie du Sud, mais leur détention est décrite comme étant totalement inacceptable.

Les deux moniteurs - un Hongrois et un ressortissant turc - ont été arrêtés ce matin près du village de Nikozi, au sud de la frontière administrative. Ils ont été libérés après environ deux heures et demie.

«Je suis soulagée que les deux agents de surveillance militaires aient été libérés, mais leur détention est totalement inacceptable et ont ajouté des tensions inutiles dans la région », a déclaré Bakoyannis. « Il est crucial que toutes les parties agissent de façon constructive pour contribuer à la sécurité. Cela comprend le respect du mandat et de l'immunité diplomatique de l'OSCE dans leur travail de surveillance des officiers militaires.»

Mme Bakoyannis a ajouté: « Ce dernier incident souligne une fois de plus, l'importance de définir le cadre permettant le libre contrôle de la zone de conflit. Les dernières propositions de la présidence grecque de fournir le cadre d'une opération de surveillance, qui soit opérationnelle et significative, ainsi que sans danger pour les agents de l'OSCE. »

L'OSCE dispose de 20 agents de surveillance militaire en Géorgie. En Février, les miliciens d'Ossétie du Sud ont arrêté deux officiers, libérés ensuite après près de trois heures.

D'après le site de l'OSCE et Rustavi2


ARTICLE PARU DANS NEWSWEEK CE 18 AVRIL :

Les Géorgiens veulent de meilleures relations avec la Russie, qui ne se pliera pas à Saakashvili.

Il y a cinq ans, des dizaines de milliers de Géorgiens sont descendus dans la rue pour renverser un gouvernement corrompu pro-russe et mettre avocat américain vif, jeune et instruit au pouvoir.

Il s'agit d'espoir non seulement pour la Géorgie, mais pour une série de pays post-soviétique, pays qui ont acquis l'indépendance, mais sont toujours enlisés dans le capitalisme et la dépendance politique à Moscou. Le nouveau chef de la Géorgie, Mikheil Saakashvili, a été "énergique, bien éduqué, il aimait prendre des risques", se souvient Burzhanadze Nino, un de ses plus proches alliés pendant la révolution de la rose. "Il a eu 100 % de soutien dans son pays et pratiquement 100 % d'appui à l'Ouest, aucun autre président au monde que le président Saakachvili n'a eu autant de chance".

Maintenant Saakachvili a des projet pro-occidentaux qui se distinguent : l'adhésion à l'OTAN, la création d'une société ouverte, l'éradication de la corruption et la réforme de l'économie. Au début d'avril, à nouveau des milliers de manifestants se sont rassemblés à Tbilissi, cette fois pas pour soutenir le président, mais exiger sa démission. Ils ont appelé Saakachvili "lâche" pour avoir perdu la guerre de l'été dernier contre la Russie, et disent qu'il a des catastrophes sur la tête de la Géorgie vu l'arrogance face à son grand voisin. Le dégoût du peuple pour la guerre est devenu un piège pour Saakachvili, avec la grande majorité des Géorgiens disant qu'ils veulent de meilleures relations avec la Russie, et Moscou disant que cela ne se produira pas tant que Saakachvili est au pouvoir.

Depuis la fin de la guerre, la cote de popularité de Saakashvili a glissé de 80 pour cent à 30 pour cent, et de mauvaises relations avec la Russie ont rendu le ralentissement économique particulièrement douloureux. Il ya trois ans, la Russie a commencé à couper le commerce des vins et des produits agricoles en provenance de Géorgie, et, après la guerre, a complètement arrêté les échanges trans-frontaliers, se traduisant par une baisse de 70 pour cent des exportations géorgiennes. L'investissement étranger a également chuté, de $ 525 millions de dollars au deuxième trimestre de 2008 à $ 188 millions de dollars au quatrième trimestre.

Les signes de la lutte anti-Saakashvili sur ses promesses économiques sont partout. À Kutaisi, en Géorgie de la deuxième plus grande ville (population: 200000), l'étroite rue pavée du centre de la ville ressemble à Tallinn, en Estonie, avec des bâtiments fraîchement peint, boutique de cafés et les églises restaurées, mais de l'eau du robinet moins de trois heures par jour et tous les autres côtés de la ville datant de l'ère soviétique, les usines ont fait faillite dans les années 1990. "Regardez derrière la façade brillante, et vous verrez la pourriture et les pauvres de notre ville», dit Tsisfer Kansheli, un ancien directeur d'usine.

Plus inquiétant pour Saakashvili, nombreux sont ceux qui parlent aujourd'hui avec nostalgie des jours de libre-échange avec Moscou. «Ma famille a vendu des fruits et légumes vers la Russie depuis des décennies, nous voulons que la frontière soit rouverte pour le commerce», déclare Banzeladze Bela, un chômeur exportateur. À l'Université d'Etat de Gori, les étudiants craignent que Saakashvili avait mis trop de foi dans l'Ouest. "Est-ce que notre président aurait mal choisi ses partenaires stratégiques? dit Edgar Khasakhashvili, étudiant en droit et réfugié géorgien d'Ossétie du Sud.

Saakashvili se sent de plus en plus isolé. Les responsables géorgiens semblent troublés par l'offre de "reset" des relations avec Moscou de l'administration Obama, et pour sa perception de retraite pour l'entrée de la Géorgie dans l'OTAN. La semaine dernière, des responsables géorgiens ont rencontré la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, qui a confirmé les plans américains pour renforcer la coopération avec la Géorgie sur la formation militaire. Pendant ce temps, le Congrès des États-Unis a approuvé 242,5 millions de dollars en aide de ce mois, mais les subventions des États-Unis ne va pas remplacer les relations commerciales avec la Russie- ce que le président russe Dmitri Medvedev a clairement indiqué que ce ne sera pas le cas tant que Saakachvili est au pouvoir.

La Géorgie est aujourd'hui encore plus libérale et économiquement plus forte que beaucoup de ses voisins. Mais pour lui-même, si rien d'autre, Saakachvili devra trouver un moyen de désamorcer les tensions politiques. Après tout, les Géorgiens ne veulent pas d'un dirigeant qui sacrifie la prospérité et la sécurité de son pays pour le bien d'un engouement pour l'OTAN et de l'Ouest. Ils veulent un homme pragmatique qui permette de fermer la porte quand c'est nécessaire, et de rouvrir le commerce avec la Russie. Saakachvili aura à travailler dur pour convaincre son peuple qu'il est cet homme.

 

 

14/04/2009

Dans quelle langue faut-il vous le dire?

 

Dans quelle langue faut-il vous le dire?

Le Haut Commissaire de l'OSCE pour les minorités nationales, Knut Vollebaek, appelle à mettre fin à la pression exercée sur la population géorgienne en Abkhazie, dans une déclaration publiée aujourd'hui. En voici un résumé :

«Je suis profondément préoccupé par les récents développements dans le district de Gali, en Abkhazie, qui ont conduit à une détérioration de la situation sécuritaire dans la région. En accord avec mon mandat de prévention des conflits, je prie instamment les autorités de facto de mettre fin à la pression exercée sur la population géorgienne dans le district de Gali, à travers la limitation de leurs droits à l'enseignement obligatoire, à la "passportisation", aux l'enrôlements forcés dans les forces armées abkhazes, ainsi qu'aux restrictions à leur liberté de mouvement ».

«Je regrette également la décision des dirigeants de facto de fermer la frontière administrative de l'Abkhazie, ce qui rend de plus en plus difficile pour la population de maintenir les contacts familiaux, l'accès nécessaire aux soins de santé ou de vendre leurs produits sur l'autre côté de la frontière de facto. Je suis également préoccupé par le fait que ces pratiques coercitives, qui violent le droit international, peuvent déstabiliser encore plus la déjà fragile situation inter-ethnique dans la région que de nombreux Géorgiens quittent par la force».

«Je répète que les normes internationales exigent que toute autorité exerçant sa compétence sur la population même si elle n'est pas reconnue par la communauté internationale, doit respecter les droits de tous les hommes, y compris ceux des personnes appartenant à des communautés ethniques différentes. Je prie instamment les autorités de facto à s'abstenir de toute intimidation et d'imposition de l'Abkhazie sur la citoyenneté et la conscription forcée des Géorgiens vivant dans le district de Gali. J'invite également les autorités de facto de respecter les droits à l'éducation des Géorgiens qui y résident et de permettre aux élèves géorgiens dans la région d'étudier dans la langue géorgienne ».

«Bien que je comprenne et félicite la volonté des autorités abkhazes de facto à renforcer l'identité et la langue abkhaze, je tiens à souligner que cela devrait être fait d'une manière qui n'affecte pas les droits des personnes appartenant à d'autres communautés ethniques en la région à maintenir et à développer leur langue et leur culture ».

D'après Rustavi2

D.P.