26/09/2009

Saakashvili à l'ONU : un discours juste, pas juste un discours.

Saakashvili à l'ONU : un discours juste, pas juste un discours.

D'après UN.ORG

M. MIKHEIL SAAKASHVILI, Président de la Géorgie, a affirmé que la chute, il y a 20 ans, du Mur de Berlin était à juste titre apparue comme un des plus grands triomphes des principes de la Charte.  Elle avait mis fin à une ligne de séparation entre les nations et libéré les espérances, les aspirations et les talents de millions de citoyens vivant jusqu’alors sous la tyrannie de l’Union soviétique.  Nous pouvons aujourd’hui être fiers de ce que nous avons accompli, a-t-il ajouté.

Et pourtant, a aussitôt enchaîné M. Saakashvili, il nous faut bien admettre que le présent demeure amer.  En effet, a-t-il affirmé, tout le monde n’a pas tiré les mêmes leçons de la chute du Mur.  Alors que le souffle de la liberté emportait le Mur, peu de gens imaginaient que la répression et les menaces qu’il représentait réapparaîtraient.  Aujourd’hui encore, une Europe libre et en paix reste un objectif à atteindre, un défi non relevé, a ajouté le Président.  L’Europe d’aujourd'hui, a-t-il poursuivi, est coupée par un nouveau mur qui traverse la Géorgie en son milieu, défiant les progrès réalisés depuis 20 ans.

Il y a un an, mon pays a été envahi, a déclaré M. Saakashvili.  À cette heure, ces actes de brutalité sont restés sans réponse, en violation directe du droit international, des normes érigées par cette institution et des accords internationaux, a ajouté le Président, qui a parlé d’« agression armée », de « nettoyage ethnique », de « violations massives des droits de l’homme » et d’« occupation illégale ».

Rappelant les propos tenus hier devant l’Assemblée générale par le Président Medvedev de la Fédération de Russie, qui avait affirmé que son pays avait été « obligé » d’agir comme il l’a fait afin d’appliquer « le principe de l’indivisibilité de la sécurité » et pour « piétiner l’héritage du passé », M. Saakashvili a déclaré que « la seule chose qui avait été piétinée, c’était la frontière souveraine de son pays ».  « Ils ont dit qu’ils étaient contraints de le faire, comme leurs prédécesseurs l’ont dit quand ils ont envahi la Pologne en 1939, la Finlande en 1940, la Hongrie en 1956, la Tchécoslovaquie en 1968 et l’Afghanistan en 1978 », a-t-il lancé, avant de parler de la destruction de Grozny et de l’« extermination » du peuple tchétchène.

« Le peuple géorgien n’acceptera pas une nouvelle ligne de division dans son pays, c’est un engagement inamovible », a affirmé M. Saakashvili.  Appelant la communauté des nations à affirmer que le droit international n’autorise pas la modification des frontières par la force, il a ajouté: « Il nous appartient de faire tomber ce mur pacifiquement, avec le pouvoir de nos idées et la force de nos convictions ».  Mais il a reconnu que cela prendrait du temps.

Le Président a longuement remercié les nations qui ont soutenu le droit des déplacés à rentrer chez eux, refusé de reconnaître les « territoires géorgiens occupés par des forces étrangères », apporté une aide économique à son pays et  rejeté cette idée du XIXe siècle des zones d’influence ».  Il a remercié les Nations Unies pour « 16 années de contribution à la paix en Géorgie par une présence dans le pays, présence « brutalement arrêtée par l’action unilatérale d’un seul État Membre ».  Rappelant que l’Abkhazie est « le berceau de la culture et de la civilisation géorgienne », le Président a affirmé qu’elle « redeviendrait ce qu’elle a été: la partie la plus merveilleuse de la Géorgie ».

M. Saakashvili a ensuite énuméré les réformes démocratiques et économiques réalisées par son pays et celles qui le seraient dans les prochains mois, avant d’affirmer: « la Géorgie est en train de gagner la paix: Nous sommes-nous effondrés face à une invasion brutale? Non! Avons-nous réprimé l’opposition? Non! Avons-nous limité les libertés face à la récession? Non! »

Le Président a rappelé que son pays continuait à honorer ses engagements internationaux, y compris dans le combat contre les changements climatiques et dans la lutte contre le terrorisme, notamment par sa contribution militaire en Afghanistan.  Citant le Président Obama, l’ancien Président tchèque, Vaclav Havel, et la journaliste russe Anna Politkovskaya « si brutalement réduite au silence », M. Saakashvili a affirmé que le nouveau mur qui coupe la Géorgie a fait de celle-ci une idée et un test: « l’idée de la liberté et un test pour le monde que le monde doit réussir ».  Si ce test réussit, vous serez étonnés de la rapidité avec laquelle cette région développera son impressionnant potentiel! », a affirmé le Président de Géorgie.


30/06/2009

Pour remettre les pendules à l'heure.

Mis à jour à 22:43

Dans un communiqué publié lundi, avant le sixième cycle de négociations de Genève prévu pour le 1 Juillet, le ministère russe des Affaires étrangères (Sergei Lavrov) a déclaré que la prochaine réunion aura lieu dans le contexte des "conditions difficiles" suite à la clôture de la mission de l'OSCE et des missions d'observation des Nations Unies en Géorgie.

« Malgré la position constructive et transparente de la Russie en faveur du maintien des missions de l'OSCE et des Nations Unies dans le Caucase du Sud, la Géorgie et les partenaires occidentaux font de leur mieux pour stopper les activités des observateurs internationaux dans cette région instable. Pendant ce temps, la situation sur les frontières est toujours tendue, la police et les forces géorgiennes continuent leurs manœuvres à proximité de la frontière de l'Abkhazie et de l' « Ossétie du Sud ». Il est évident que la nouvelle situation dans le Trans-Caucase nécessite une réévaluation importante, y compris en matière de format et des perspectives des discussions de Genève. Face à la persistance de l'instabilité politique interne en Géorgie et de la détérioration de la situation socio-économique de la population, le risque de nouvelles flambées des tensions est lourd."

« Dans l'état actuel, le besoin de documents juridiquement contraignants sur le non-recours à la force doit gagner encore plus d'importance ... La communauté internationale devrait avoir de solides garanties que la terrible tragédie du mois d'août dernier ne se reproduira pas en Trans-Caucase".

La diplomatie russe (aïe, j'ai toujours les doigts qui aimeraient taper "soviétique"...) est décidément toujours d'une mauvaise foi extraordinaire. La liste de leurs crimes est si longue que la seule manière pour eux de s'en cacher est d'accuser les parties adverses. La meilleure défense... petite citation remise aux goûts du jour.

Ici encore, les russes s'emploient à tromper le monde - mais qui trompent-ils si ce n'est les ignorants et les aveugles - en agissant comme si ils avaient toujours été en droit de posséder quoi que ce soit du territoire géorgien. L'excuse du "Grand Frère Russe"est une "justification" non seulement stupide, mais aussi totalement inadéquate : tout au plus un lointain cousin, et encore, tant les différences entre slaves et caucasiens sont grandes.

La Russie, c'est l'ennemi héréditaire avec lequel il vaut mieux s'entendre, et cela les géorgiens en sont conscients depuis toujours. Et pas uniquement eux. (Mais peu importe, ni races ni peuples, soyons tous frères est ma devise...). Et en temps de paix, c'est leur richesse culturelle et une qualité artistique fabuleuse qui peut s'exprimer, dans les deux sens d'ailleurs. Avec Poutine comme avec nombre de ses prédécesseurs, ce ne peut être que guerres et dominations. L'Empire des vices.

La "zone d'influence", la "sphère russe"... Est-ce ainsi qu'il faut la préserver? Ils ont instrumentalisé les milices abkhazes et "ossètes", ils ont provoqué pendant de nombreuses années, on ne le dira jamais assez, la communauté internationale en s'imposant dans le sud-caucase avec un diabolisme digne de la pire des époques soviétiques, ils ont provoqué puis attaqué militairement la Géorgie en août dernier, bombardant villes et villages, massacrant, pillant, violant sans aucune retenue. L'Europe a laissé faire.

Même en admettant que la Géorgie ait effectivement attaqué sa province sécessioniste, ce qui a été depuis prouvé comme inexact, comment cette communauté internationale ne prend-elle immédiatement en compte tous ces crimes commis avant ce fameux mois d'août, histoire de se rattraper? Il serait judicieux de relire l'historique des interventions russes en Géorgie et plus spécialement dans les territoires actuellement annexés à l'Empire. Et russes et abkhazes et ossètes. 

Le discours de Moscou est un excellent exemple de mauvaise foi. Tentant de légitimer ces annexions par tous les moyens. Et profitant, surtout, du fait que le reste du monde s'est tu lorsque des passeports russes ont été distribués dans les provinces séparatistes, lorsque les armées russes et les milices ont attaqué nombre de villages géorgiens d'ossétie ou d'Abkhazie ces 5 derières années, lorsqu'ils finançaient les opposants au régime démocratique pro-occidental de Saakashvili, etc... la liste est trop longue!

Oui, l'Europe est responsable. Sourde et aveugle lorsqu'il s'agit de signer des contrats avec Gazprom ou Lukoil, elle n'est jamais intervenue pour remettre la diplomatie russe à sa place.

Lavrov, loin d'être idiot, martelle le monde de ses paroles abusives et illégales, sachant que l'occident n'a pas le choix: il doit s'allier à cette puissance pour se protéger de l'Iran (que la russie finance et pour qui ils construisent des centrales nucléaires), de la Corée du Nord (à qui ils vendent la technologie nucléaire militaire) ou de l'Afghanistan (qu'ils ont eux-même tenté d'envahir avec le succès que l'on sait, ce qui a engendré l'insécurité totale que l'on connaît actuellement dans la région), et pour garantir aux nouveaux états européens d'ex-urss l'approvisionement en énergies fossiles.

Les occidentaux ne veulent pas arrêter la surveillance aux frontières géorgiennes. Parce qu'il est impossible de se soumettre "aux nouvelles réalités" décrites et imposées par la Russie, cela vaudrait à reconnaître l'indépendance des deux provinces. Il n'y a donc qu'une seule manière pour les européens d'être cohérents avec la "vraie réalité": refuser la "nouvelle version russe", et donc refuser de ne pouvoir surveiller que les zones adjacentes aux provinces séparatistes pendant que les forces russes "surveilleraient" les territoires occupés.

Vous n'imaginez pas ce qu'ils ont détruits en Abkhazie et en Ossétie alors qu'ils ne sont théoriquement présents en Géorgie uniquement en tant qu'observateurs, en force de maintien de la paix. Et vous n'imaginez pas ce qu'ils peuvent détruire encore. Hier, j'ai visionné quelques photos et autres webcams de Sukhumi, la très belle (avant) "capitale" abkhaze. J'ai été extrêmement choqué d'y voir que toutes les enseignes, tous les panneaux, toutes les publicités sont en russe, et cela depuis seulement 3 ou 4 ans. Vis à vis de la population locale d'origine, c'est du lavage de cerveau. A la soviétique. 

La langue abkhaze, pourtant riche de dizaines de siècles, n'existe plus, et surtout pas dans les écoles. Le magnifique littoral de la Mer Noire n'est plus que Datchas pour dignitaires du régime de Moscou et bases militaires russes. Les Russes craignent que les géorgiens ne s’en prennent militairement à l’Abkhazie et/ou à l’ossétie, les accusant régulièrement d’organiser des patrouilles le long des frontières. Mais la Russie oublie que les Géorgiens, eh oui, sont CHEZ EUX en Géorgie (qui l’eût cru), alors qu'en même temps les milices abkhazes aidées par l’armée russe ont encore étendu leurs frontières, et mènent des attaques terroristes sur des villages en Géorgie, enlèvent des habitants, ou font exploser des centrales électriques ou des ponts. Qui provoque qui?

Tout le monde, y compris en Belgique, a entendu parler des manoeuvres de l’OTAN (qui étaient prévues depuis début 2008) en Géorgie, près de Tbilissi au mois de mai. Tous les journaux en ont parlé en disant « c’est une provocation ouverte dirigée contre la Russie » (Lavrov). Faut pas manquer d’air... Par contre, je n’ai nulle part vu dans ces mêmes médias que la Russie, pendant que j'écris ces lignes, organise des grandes manoeuvres quelques kilomètres au nord de la Géorgie encore plus importantes que celles qu’ils ont menées il y a juste un an, en juillet 2008 (au sujet desquelles personne n'a rien dit sauf à Tbilissi). La grosse artillerie, des tonnes de matériel, armée de terre, de l’air, missiles et tout ce qui va avec.

A propos, certains pensent que la Géorgie s'est sur-armée ces dernières années. Alors voici quelques chiffres :Russie (140,7 millions d'habitants en juillet 2008) : 19 141 millions de dollars et 1 004 000 hommes en 2000 -:- 31 181 millions et 3,6% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 35 181 millions en 2007. --:-- Géorgie (4,3 millions d'habitants en janvier 2008) : 27,2 millions de dollars et 27 000 hommes en 2000 -:- 362 millions et 5,2% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 592 millions en 2007. ( Souce : caucaz.com ) Pour un pays qui n'avait plus d'armée digne de ce nom en 2003, et qui se sait en danger à cause de son voisin, ce n'est pas tant que ça!

Il y aurait beaucoup à ajouter encore, sur les interventions russes dans la vie politique géorgienne, sur leur appropriation des richesses des provinces annexées illégalement, sur la construction de la cité olympique de la honte à Sochi (tiens, encore un territoire qui fut géorgien mais « offert » à la Russie par Staline) où des milliers d’ouvriers travaillent, venus de partout sauf d’Abkhazie, mais sont logés principalement en Abkhazie sans que cela ne rapporte un kopek aux abkhazes, etc...

La Géorgie en a gros sur le coeur. Après deux cents ans sous domination russe, soviétique puis à nouveau russe. Et ça, vous qui critiquez tant le besoin des géorgiens de se rapprocher d’avantage de l’Europe, des Etats-unis et de l’Otan, vous ne le comprendrez sans doute jamais, vous qui êtes heureux d'être libres depuis 1945... et pas grâce aux russes, quoi que vous pensiez.

D.P.

 

22/06/2009

INTERNATIONAL CRISIS GROUP : un rapport attendu.

Rapport mis en ligne aujourd'hui 22 juin par

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Comme les média belges n'en diront bien sûr pas un mot, vous pouvez lire ce rapport ici, traduit de l'anglais.

Le texte original se trouve ici.

Dix mois après la « guerre d'août » entre Géorgie et Russie, les violents incidents et le manque d'un véritable régime de sécurité dans et autour des zones de conflit des provinces d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie,créent une atmosphère dangereuse dans laquelle des combats plus importants pourraient éclater à nouveau. La Russie n'a pas respecté certains points fondamentaux de l'accord de cessez-le que le président Medvedev a signé en septembre 2008 avec le président français Nicolas Sarkozy lors de sa présidence de l'U.E.

Son veto au Conseil de sécurité d'une extension du mandat (de seize ans au départ) de la mission d'observation des Nations Unies en Géorgie et en Abkhazie, et son apparente intention d'exiger le retrait de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à la fin du mois sont des coups portés contre la sécurité dans la région aptes à alimenter les tensions. La plupart des points de contrôle est donc en train d'être démantelée.

Moscou devrait revoir sa position et travailler sur un compromis raisonnable qui permettrait à l'ONU et aux observateurs de l'OSCE de poursuivre leur important travail.

La Russie affirme qu'il est la garantie de la sécurité à la demande de l'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, qui ne font pas confiance aux observateurs internationaux, mais il a l'obligation légale de faire plus pour la sécurité et la sûreté des populations locales, indépendamment de leur origine ethnique, et de prévenir les violations des droits humains dans les zones qui sont de fait sous son contrôle. Surtout, elle doit accroître ses efforts pour permettre le retour des personnes déplacées (PDI), en particulier les quelque 25.000 Géorgiens de souche qui n'ont pas été en mesure de retourner dans leurs foyers en Ossétie du Sud.

Il y a eu des abus de la part de toutes les parties du conflit - Géorgie, Russie et d'Ossétie du Sud, mais les actions des milices ossètes, qui ont systématiquement pillés, incendiés, et dans certains cas bulldozer les villages géorgiens, ont été particulièrement graves. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a qualifié ces abus de « nettoyage ethnique » dont Human Rights Watch a cité de nombreuses preuves en les nommant « crimes contre l'humanité » et « crimes de guerre».

L'APCE a également noté l'échec de la Russie et des autorités de facto pour mettre un terme à ces pratiques et de remettre leurs auteurs à la justice. En effet, les troupes russes était largement, volontairement ou non, dans l'incapacité de s'acquitter de leurs tâches de sécurité.

VolgaDepuis août 2008, la Russie a consolidé sa position en Abkhazie et en Ossétie du Sud face à relativement peu de critiques internationales. Il n'a pas retrouvé sa présence militaire d'avant-guerre ni en nombre (3700 hommes, armes légères) ni en lieux, comme le demande le plan en six points du 12 août, et, en avril 2009, elle a envoyé des troupes supplémentaires en Ossétie du Sud et en Abkhazie (10,000 hommes par province). En violation de ses accords avec l'UE des 7 et 8 septembre, le Russie a empêché l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) de poursuivre ses activités d'avant-guerre en Ossétie du Sud, y compris le suivi et la mise en œuvre d'un programme de réhabilitation et de reconstruction. Elle justifie sa position en disant «nouvelles réalités» l'emportent, car il a reconnu en août l'indépendance de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie et conclu des accords de sécurité.

La Russie a maintenant passé plus de deux étapes, non seulement rejeter la mission de l'ONU qui a travaillé en Abkhazie, mais aussi le blocage d'un renouvellement du mandat de la mission de l'OSCE en Géorgie qui fut actif en Ossétie du Sud. Même si aucun des 56 autres Etats membres de l'OSCE n'appuie cette dernière étape, la quatrième plus grande mission de l'OSCE est à la veille de la clôture, le 30 Juin.

Plusieurs séries de discussions parrainées par l'ONU, l'UE et l'OSCE, mettant l'accent sur la sécurité et les questions humanitaires, ont eu lieu entre les représentants des quatre parties à Genève sans résultats tangibles. La présence de l'excès de troupes et de l'absence d'un régime de sécurité ont fait de même, il est impossible pour certaines personnes déplacées qui vivaient dans l'ancienne "zones tampons" Russes en Géorgie à se sentir suffisamment en sécurité pour retourner dans leurs foyers. L'afflux de personnes déplacées a présenté un sérieux problème aux autorités géorgiennes, alors qu'ils étaient déjà aux prises avec au moins 200.000 personnes déplacées par le conflit en Abkhazie et en Ossétie du Sud du début des années 1990. Après les événements du mois d'août, le gouvernement a rapidement construit des logements semi-permanents pour les personnes nouvellement déplacées. Maintenant, il doit développer une approche plus globale pour intégrer les nouveaux et les anciens déplacés internes dans le pays.

En août 2008, Crisis Group a recommandé une série de mesures pour résoudre le conflit. Nombre de ces recommandations restent insatisfaites, mais toujours valables: afin de stabiliser la situation de la sécurité, réduire les chances de renouvellement majeur des hostilités et à améliorer la situation humanitaire, la Russie doit:

  • s'engager de nouveau pleinement aux discussions au sein du Conseil de sécurité de manière à aller au-delà de son veto du 15 juin et de parvenir à un accord sur un régime de sécurité fonctionnelle et la mise en œuvre d'un mécanisme visant à faciliter la poursuite du rôle de l'ONU en Géorgie;

  • respecter pleinement les accords de cessez-le-feu, en particulier par le retrait de ses troupes des zones qu'elles n'occupaient pas avant le 7 août 2008 (le district d'Akhalgori en Ossétie du Sud, Perevi village du côté géorgien de la frontière administrative avec l'Ossétie du Sud et la région de la gorge de Kodori en Abkhazie );

  • permettre à la Mission de surveillance de l'UE (EUMM) et aux institutions internationales dont les Nations unies un accès immédiat à l'Ossétie du Sud pour superviser la sécurité et fournir une aide humanitaire;

  • encourager l'Ossétie du Sud, les autorités de facto, d'annoncer que les personnes déplacées géorgiennes seront autorisées de revenir immédiatement et de trouver un financement pour la reconstruction de villages détruits, ainsi que pour d'autres régions d'Ossétie du Sud endommagées pendant la guerre;

  • participer de manière constructive dans les négociations de Genève, et

  • accepter la proposition de la présidence grecque de soutien neutre pour la poursuite de la mission de l'OSCE.

Le gouvernement géorgien et les autorités de facto de l'Ossétie du Sud et en Abkhazie devrait:

  • avoir un accord sur des mesures conjointes, y compris l'accès pour les missions de contrôle à toutes les régions, pour prévenir les incidents et les violations des droits humains dans les zones de conflit et faciliter le retour volontaire, sûr et digne des personnes déplacées;

  • mettre en œuvre une stratégie d'intégration des personnes déplacées et l'augmentation de la capacité de participer pleinement à la vie politique, sociale et économique;

  • d'éviter la rhétorique belliqueuse et de faux rapports de médias sur la situation dans les zones de conflit, et

  • accueillir les projets humanitaires et de reconstruction financé par les gouvernements occidentaux ou des organisations internationales, y compris l'OSCE, des Nations unies, et l'UE, et de modifier les lois qui pourraient entraver un tel travail.

L'UE, les États-Unis et le Conseil de l'Europe et d'autres organisations internationales devraient:

  • appuyer les enquêtes internationales sur la conduite de la guerre du mois d'août et de ses violations de tous les côtés;

  • suspendre le droit de vote de la Russie à l'Assemblée si elle ne coopère pas à inverser le nettoyage ethnique en Ossétie du Sud, notamment en s'acquittant de ses engagements des 12 août et 7-8 Septembre;

  • encourager le Comité International Olympique à étudier si les Jeux olympiques d'hiver de 2014 peut être tenue à Sochi, en Russie, si un régime de sécurité n'a pas été établi dans la région voisine, l'Abkhazie;

  • encourager le Conseil de sécurité de rester saisi de la question, en dépit de la cessation de la Mission des Nations unies;

  • exhortons le Secrétaire général des Nations Unies à continuer d'exercer ses bons offices en nommant un envoyé spécial, et de poursuivre les efforts visant à faciliter le processus de paix;

  • investir la mission de l'UE avec un rôle élargi pour répondre à la situation sur le terrain et

  • participer de manière constructive aux efforts visant à résoudre immédiatement les problèmes de sécurité et humanitaires, y compris en encourageant les parties à s'engager pleinement dans les négociations de Genève, comme un premier pas vers la résolution des conflits plus larges.

Cet exposé se concentre principalement sur la situation en Ossétie du Sud; subséquente, il sera destiné à la situation en Abkhazie.

Texte traduit de l'anglais.

D.P.

 

20/06/2009

« Puisque je ne peux venir à toi, c'est toi qui viendras à moi ! »


« Puisque je ne peux venir à toi, c'est toi qui viendras à moi ! »

L' effort de la Russie pour organiser la déstabilisation interne reste le principal danger pour l'État géorgien. C'est, en substance, ce qu'a déclaré Gela Bezhuashvili, responsable du Foreign Intelligence Service devant les députés géorgiens.

Le Kremlin est en train de renforcer son réseau d'agents, en particulier dans les territoires occupés. Le principal objectif du Kremlin, depuis l'arrivée au pouvoir de Saakashvili, est de changer le gouvernement géorgien. Le FSB recherche l'aide de la diaspora et des ex-fonctionnaires ayant trouvé asile en Russie pour réaliser leur objectif, et Gela Bezhuashvili affirme que le gouvernement russe essaie d'ouvrir la tenue d'élections extraordinaires en Géorgie.

«La Russie souhaite la déstabilisation interne du pays. Elle utilise toutes ses ressources, travaille activement avec la diaspora géorgienne en Russie, en utilisant toutes les personnes qui ont quitté la Géorgie au cours de la dernière année en tant que ressources [financières]. Le but de la mobilisation de ces ressources est de renverser le gouvernement légalement élu en Géorgie. La Russie fait tout ce qui est possible pour soutenir la déstabilisation et les problèmes de plusieurs manières, notamment en soutenant l'idée de la tenue d'élections extraordinaires en Géorgie. »

Le président de la commission parlementaire de défense et de sécurité a ensuite nommé deux hauts fonctionnaires du gouvernement de l'ex-président Eduard Shevardnadze. Ces deux fonctionnaires ont eu des contacts avec Vladimir Rushailo, l'ex-secrétaire du Conseil de sécurité russe. « La Russie a renforcé son réseau d'agents, y compris parmis les chefs du crime et des ex-hauts responsables du gouvernement de Chevardnadze. Leur principal objectif est de provoquer la déstabilisation de la Géorgie et en changer le gouvernement. » Il a parlé de la quantité d'argent qu'ils avaient détournés à l'époque, ce qui avait mené à leur limogeage par le nouveau gouvernement après la révolution des roses, et les restrictions dans le financement de la CE. Ces cinq dernières années, ils ont investi plusieurs millions en Russie, et possèdent actuellement suffisamment de ressources pour financer, entre autres choses, l'un ou l'autre parti de l'opposition radicale.

Après la guerre d'août, un échec pour la Géorgie comme pour les Russes que personne ne souhaite re-risquer - quoique² - , il est impératif pour les responsables russes d'agir différemment. Puisqu'ils ne peuvent pas annexer l'ensemble des provinces de Géorgie, (que deux, et ça fait quand-même, ne l'oublions pas, 20% du territoire), « c'est la Géorgie qui viendra à nous !» En faisant en sorte que Saakashvili démissionne, ou en le forçant à organiser des élections présidentielles anticipées. Ce que l'opposition radicale demande depuis deux mois à travers ses mouvements de protestations avec entêtement et violentes provocations.

Financer la campagne d'un(e) futur(e) marionnette ne serait alors qu'une formalité avec l'aide des « anciens » sus-nommés, et avec l'expérience du FSB pour organiser des élections « à la soviétique » comme à Grozny, dans moins de deux ans ils s'attaqueront à l'Azerbaidjan voisin pendant que la Géorgie, sous contrôle d'un pantin financé par un criminel, se vide, saccagée par 36 milices « incontrôlées ». Que du plausible. C'est ce que les différents gouvernements qui sont succédés depuis 15 ans tentent de faire savoir aux occidentaux que nous sommes, avec le faible succès que l'on sait: la rapide réaction de la diplomatie européenne et un soutien ferme de la communauté internationale. Unis, mais impuissants face à la Russie semble-t-il.

D.P.  Infos: Rustavi2

17/06/2009

Les dicours de Saakashvili et Tchourkine. Le pot de terre...

« L'échec de la Russie d'approuver son projet (modifier « province séparatiste d'Abkhazie » en « république d'Abkhazie »), dans le texte de résolution du Conseil de Sécurité [de l'ONU], qui n'a fait aucune référence sur l'intégrité territoriale de la Géorgie, est "notre victoire diplomatique," a dit le Président Saakashvili le 16 juin. »

« Il n'y a pas un gramme de chance que la Géorgie donne son consentement sur la légalité de l'occupation des territoires géorgiens, tant que le gouvernement géorgien est présent dans la diplomatie ; malheureusement, apparemment ils [la Russie] espèrent qu'ils peuvent trouver quelqu'un d'autre en Géorgie, qui, lui, y consentira. » (Faisant allusion à certains opposants pro-russes actifs à Tbilissi comme leaders dans les manifs anti-Saakashvili)

« Le but de la Russie est de faire s'effondrer l'état géorgien. Mais nous devrions aussi comprendre qu'après une telle position consolidée de nos alliés à l'ONU, chacun a vu que la Géorgie ne peut être monnayée; la Russie a essayé le compromis [sur les revendications géorgiennes] avec une résolution sur la Corée du Nord et l'Iran. La Russie était prête à payer n'importe quel prix en échange des membres de Conseil de sécurité cédant sur le dossier « Géorgie ». Mais il n'y avait pas même l'ombre d'une hésitation du côté des membres du Conseil de sécurité. »

« Hier, c'était le premier test sérieux sur la non-reconnaissance de l'occupation. Je pense que la communauté internationale, ensemble avec nous, a clairement exprimé sa position et a donné une réponse précise à cette question majeure. En attendant, ici, sur notre territoire nous sommes seuls face à face avec l'agresseur ... Sur ce point nous devons négocier non pas avec les gouvernements séparatistes, mais avec l'agresseur et l'occupant ... Nous devrions continuer notre lutte. Je pense, qu'hier nous avons reçu des arguments légaux internationaux sérieux pour notre lutte ... Nous avons une longue route à faire mais nous devrions passer cette épreuve pour faire cesser l'occupation, et libérer la Géorgie. »

Pendant ce temps, le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué dans une déclaration, le 16 juin, que l'arrêt de la mission de l'OSCE en Géorgie, suivie par l'arrêt de la mission sous mandat de l'ONU, amènent des questions sur la sincérité « de la Géorgie et de ses patrons » dans le [désir de ]maintien de la stabilité dans la région. Le refus de notre proposition de mettre au point des documents juridiquement contraignants sur le non-recours à la force est également une source de préoccupation. Il y a moins de doute qu'à propos de l'instabilité politique interne en Géorgie, le régime de Tbilissi tenter à nouveau de détourner l'attention du public de l'« ennemi interne » avec le problème de l'intégrité territoriale. Ce n'est pas la première fois que les dirigeants géorgiens ont recours à cette méthode pour réduire la pression des problèmes socio-économiques. » (Tchourkine)

Le ministère russe des Affaires étrangères a également déclaré qu'en dépit de « certaines questions » à propos de la mission de surveillance de l'UE en Géorgie (EUMM), en particulier sur « l'efficacité potentielle en cas d'agression de Tbilissi, » la question est de savoir si la présence des moniteurs de l'UE dans les zones adjacentes à l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud « est un facteur de dissuasion important » pour Tbilissi.

D'après Civil.ge

Les russes, qui rejettent la responsabilité sur la Géorgie et ses partenaires occidentaux pour l'arrêt de l'OSCE et des missions de l'ONU en Géorgie (et donc, pour ne pas avoir cédé à leur chantage), ont déclaré que les États-Unis et les membres européens du Conseil de sécurité des Nations unies savaient que leur résolution sur la prorogation du mandat de la mission de l'ONU ne serait pas acceptée « parce que l'Abkhazie n'y figure pas en tant qu'Etat indépendant », donc il ne fait aucun doute que tout le poids de la responsabilité du départ des observateurs des Nations Unies repose sur les Etats occidentaux qui, depuis de nombreux mois, « ont fait preuve d'entêtement idéologique ».

Mais comment peut-on prendre les diplomates du monde entier pour des bandits? Certains, d'accord. Mais les russes espéraient-ils réellement que plus d'un Etat allait accepter leur chantage? Et les « entétés » serait l'ensemble des états représentés aux Nations Unies? Pauvre Russie! Deux cents ans que ça dure... et il y en a encore qui s'obstinent.

D.P.

16/06/2009

Le veto de la Russie à l'ONU pourait faire bouger l'Europe.

La Russie a bloqué la résolution de l'ONU portant sur la prolongation de la présence de ses observateurs en Géorgie.

Bien entendu, ce geste attendu des russes peut se retourner contre eux, mais aura des conséquences dramatiques pour les géorgiens vivant dans la province abkhaze. Ces quinze dernières annnées, les observateurs en place des deux côtés de la frontière administrative ont permis de stabiliser quelque peu la région, sans toutefois parvenir à totalement empêcher certains actes de provocation de part et d'autre (surtout d'autre), comme " l'affaire du drone " par exemple, ou la distribution de passeports russes à des citoyens (séparatistes mais pas uniquement) de Géorgie.

Toujours est-il qu'à partir de ce 16 juin, 8 am, seuls quelques observateurs européens resteront là à écrire des rapports sur la situation, semaine après semaine, sans pouvoir passer la frontière abkhaze, sans aucune possibilité d'intervenir au cas où. 

Hier, au Conseil de Sécurité de l'ONU, New-York.

Première question : doit-on permettre à la Géorgie d'être présente pour le vote de la résolution de l'ONU portant sur la prolongation de la présence de ses observateurs en Géorgie? Qui dit "oui" ? Un par un, les représentants lèvent leur main. Qui dit non? Tchourkine, seul, la lève, semblant dire "pour le principe, pour le geste, pour le FSB  et ses théories..." Le représentant géorgien restera pour le vote. Deuxième question: doit-on prolonger le mandat des observateurs de l'ONU? 10 mains se lèvent unanimement pour le "oui", une seule encore pour le "non", mais cette fois la Russie a réussi: sa seule voix négative l'emporte sur les 10 oui et les 4 abstentions.

Pour vous donner une idée de ce qu'en ont déduit les pays représentés à l'ONU après le vote, voici le texte de l'intervention du représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, M. Jean-Maurice Ripert :

Monsieur le Président,

Dans la résolution 1866, que nous avons adoptée et co-parrainnée unanimement, nous nous étions engagés à décider de l’avenir de la présence des Nations unies sur la base du rapport du Secrétaire Général.

Ce rapport, qui s’intitule « rapport en vertu des résolutions 1808, 1839 et 1866 », a bénéficié d’un très large soutien au sein du Conseil lorsqu’il a été présenté.

Sur cette base, des négociations intenses ont donc eu lieu au sein du groupe des amis de la Géorgie.

Plusieurs séries de projets ont été discutés. Vendredi, le groupe des amis s’est réuni pendant plus de six heures. Samedi il s’est réuni à nouveau.

De nombreux gestes ont été consentis sur le régime de sécurité.

Nous n’étions pas très loin d’un accord. Il est vrai que la Russie a tenté tout au long d’utiliser ce processus pour aboutir à ce que les membres du Conseil reviennent sur l’intégrité territoriale et la souveraineté géorgiennes.

C’est pourquoi toutes les propositions russes comportaient des références à la « République d’Abkhazie », à ses frontières, mentions provocatrices et évidemment inacceptables pour une majorité de membres du Conseil. La Russie a également curieusement nié toute référence à un conflit et, ce qui est encore plus inquiétant, toute référence à un processus politique.

Cependant des progrès ont été faits. Il fallait donner, nous semble-t-il, toutes les chances à cette négociation.

C’est pourquoi la France, dans un esprit constructif, de concert avec l’Allemagne, l’Autriche, la Croatie, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Turquie, a mis en bleu hier soir le projet de résolution sur lequel nous venons de nous prononcer.

Ce texte proposait une reconduction technique du mandat de la MONUG, afin de donner un ballon d’oxygène à la négociation.

Il était une copie conforme des dernières résolutions de reconduction technique de la MONUG, les résolutions 1839 et 1866. Or ces deux résolutions sont intervenues après le conflit d’août, et après la reconnaissance par la Russie des entités séparatistes. Et comme vous vous en souviendrez, la Russie a voté ces deux résolutions, comme le Conseil unanime. La Russie a même co-parrainé la résolution 1866.

L’un des éléments clé qui avait permis l’adoption de ces résolutions, et leur acceptation par le pays-hôte, la Géorgie, était la référence à la résolution 1808. Cette référence n’avait pas empêché la Russie de les voter.

La Russie a demandé à écarter cette référence dans le présent projet. Cette proposition était inacceptable pour nous, et pour une majorité de membres du Conseil, pour plusieurs raisons :

- d’abord, car la France, comme l’Union européenne, est fondamentalement attachée à la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues ;

- ensuite, car rien n’est intervenu depuis le vote de la résolution 1866 en février dernier qui justifie que le Conseil change de position ;

- enfin, car cette éviction aurait clairement préjugé le résultat des futures négociations, plutôt que de reconduire l’ordre actuel afin de permettre à ces négociations d’avoir lieu.

Dans ces conditions M. le Président, il nous paraît inexplicable que la Russie ait mis fin à cette mission à cause de la référence à la R. 1808.

Monsieur le Président, la Russie a pris une lourde responsabilité en apposant son véto à ce texte.

La résolution aurait été adoptée par une large majorité sans ce véto.

Et pour cause. La Russie met fin à 15 ans de présence stabilisatrice des Nations unies sur le terrain.

La population locale, qui a besoin d’assurances de sécurité et d’un regard extérieur contre les provocations et l’arbitraire, sera la première victime de cette décision.

Ce véto laisse également sur le terrain une situation toujours extrêmement délicate et instable, avec des haines irrésolues et des barrières artificielles, sans processus de paix. Le Conseil de sécurité ne pourra pas s’en désintéresser.

Monsieur le Président, à nouveau, la France regrette profondément ce véto russe. Elle appelle l’ensemble des parties ayant des forces sur le terrain à respecter strictement les accords d’août et septembre 2008. Enfin, elle réitère à nouveau son soutien sans réserve à la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues./.

http://www.franceonu.org/spip.php?article4007#

Bien entendu, si la mention "république d'Abkhazie" avait été présente dans un seul des textes présenté au Conseil, la Géorgie aurait refusé de signer quoi que ce soit. Province autonomes, c'est le pire que le gouvernement ait proposé aux séparatistes abkhazes. Perdre la souveraineté d'une grande partie de son territoire parce qu'une force étrangère provoque, manipule, ment, corromp, et finalement occupe militairement, financièrement, politiquement et maffieusement une province qui ne sera jamais sienne n'a pas de sens à moyen terme.

D.P.

 

 

 

12/06/2009

« Il n'ya pas de crise politique en Géorgie »

Ce mercredi les nouvelles se bousculent à Tbilissi. Sans faire de tri profond, en voici un résumé.

Philip H. Gordon, le Secrétaire d'État adjoint pour les affaires européennes et eurasiennes, est arrivé des Etats-Unis avant-hier soir à Tbilissi où il s'est entretenu d'abord avec trois leaders de l'opposition. Mr Gordon a insisté pour que le processus de contestation puisse aboutir à un dialogue démocratique entre le parlement et l'opposition qui, de son côté, a confirmé qu'il n'y aura pas de dialogue possible tant que Saakashvili n'admet pas l'idée qu'il y a "crise politique" en Géorgie, et qu'il n'accepte pas de démissioner. Têtus. Alors les manifestations continuent.

Insistant par ailleurs sur l'importance d'une stabilité politique, bonne pour l'aspiration de la Géorgie à rejoindre les institutions euro-atlantiques, il a aussi ajouté, à l'adresse des journalistes présents : "Nous apprécions aussi l'exemple que le gouvernement a montré en traitant ces protestations sans intervenir. (...)

Mikheil Saakashvili : "Il n'y a aucune crise politique en Géorgie," a-t-il dit à une réunion télévisée en direct avec des membres de cabinets. "Quels sont les signes de crise politique? C'est le cas lorsque le gouvernement est désagrégé, comme cela fut le cas à l'époque Shevardnadze. Alors, le gouvernement ressemblait à un cirque, avec ses membres se disputant les uns les autres et incapables de prendre des décisions. Rien de tout cela n'arrive plus maintenant ; on consolide le gouvernement. Ce signe de crise politique est absent. Le deuxième signe de crise politique: quand l'économie s'effondre totalement, avec le gouvernement qui ne peut distribuer les pensions et les salaires. Nous n'avons pas ce signe non plus."

Home Freedom squarefreedom square - Tbilissi - 10 août 2008

Pour revenir sur les leaders de l'opposition radicale, il y a un texte à lire, incontournable. Il s'agit d'un exposé que Nino Burjanadze (féroce opposante proche des russes, selon ...) a commis à Ottawa à l'époque où elle était présidente du parlement géorgien, en 2007. Comme il fait 5 ou 6 pages, en voici le lien et un extrait :

"Notre conférence a pour thème clé la démocratie et la promotion du développement démocratique dans le monde. Permettez-moi de souligner d’entrée de jeu que la Géorgie, pays en transition situé dans une région turbulente, aux jeunes institutions démocratiques encore fragiles, connaît mieux que quiconque toute l’importance de la démocratie pour bien orienter le développement d’un pays, pour établir un système d’affaires internationales juste et pour garantir la sécurité de tout petit État.

En cette ère de mondialisation, il est évident que l’instabilité dans une région du globe aura inévitablement des retombées négatives à l’échelle internationale. Dans de telles conditions, on ne peut arriver à un environnement sûr et stable qu’en élargissant l’espace démocratique commun. À cette fin, la communauté internationale ne devrait ménager aucun effort pour aider les États en transition qui veulent faire partie intégrante du monde démocratique. Bien entendu, ce processus est très difficile, car les jeunes démocraties sont pour la plupart fragiles. Mais c’est justement ce pourquoi des acteurs extérieurs ont probablement un rôle crucial à jouer pour ce qui est de faciliter la transformation démocratique de pays en transition."

La suite est de plus en plus intéressante, surtout sachant qu'à présent, elle agit dans le but d'obtenir ce qu'elle dénonçait il y a deux ans, avec les moyens qu'elle considérait elle-même comme très dangereux pour la stabilité non seulement du pays, mais de toute la région, au mieux, refusant tout dialogue avec la majorité parlementaire. Je pense sincèrement que cette "honorable Nino Burjanadze" est dangereuse.

Dans un pays civilisé quelconque, France Japon ou Argentine, de telles provocations auraient déjà été sévèrement sanctionnées. Mais ici, Burjanadze et les autres leaders de l'opposition radicale, jouant le jeu des russes sans jamais l'avouer, sait qu'elle est libre d'agir contre le gouvernement tant que celui-ci n'intervient pas, ne peut intervenir.

Les occupants russes sont prêts, à moins de 200 km de la capitale, pour intervenir, eux! D'autant que les observateurs de l'ONU doivent se retirer le 15 juin puisqu'aucun ordre de prolongation n'a été décidé à l'heure où j'écris ces lignes.

" Ce n'est pas un bon signe quand la Russie envoie ses chars T-90 et ses hélicoptères en Ossétie du Sud et en Abkhazia. C'est soit une tentative de pression soit une préparation pour une nouvelle guerre. Dans cette situation il est très important que des forces politiques réussissent à s'unir." (ancien représentant de l'Union Européenne en Géorgie, Denis Corboy, en connaisseur)

Extrait vidéo : les Russes en villégiature à Poti, 13.08.2008


Mais le Parlement géorgien reprend ses sessions aujourd'hui, sous l'ordre du Président, après deux mois de blocage par les mouvements de l'opposition radicale. La démocratie reprendrait-elle enfin ses droits?

D.P.

19/05/2009

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

A Genève, en raison de l'absence de la région sécessionniste d'Abkhazie qui a refusé de prendre part aux discussions pour ne pas avoir reçu des documents de l'ONU dans les temps, les délégations russes et ossètes ont refusé de participer elles aussi aux négotiations de paix.

"Aborder des questions graves sur la sécurité sans l'une des parties concernées me paraît un exercice inutile", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karasine. Bien entendu, c'est sous les conseils de la Douma que les Abkhazes ont refusé de participer à cette réunion...

Ces séances de pourparlers, présidées par les Nations unies, l'Union européenne et l'OSCE, sont systématiquement torpillées par les sécessionistes abkhaze « qui ne veulent pas êtres considérés, dans les documents de l'ONU, comme faisant partie de la république de Géorgie ». Autant dire que, malgré le bon-vouloir de la communauté internationale et de la Géorgie, on n'est pas près de trouver de solutions pour la stabilité et la paix dans cette région.

"La situation dans le Caucase du Sud sera évoquée en relation avec les conséquences de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, et avec un autre sujet régional: le Haut-Karabakh", a dit M.Tchijov histoire de compliquer et d'envenimer encore, si besoin était, la situation, et il ajoute : « Les volets du plan (Sarkozy) concernant la Russie sont réalisés. Si des questions concernant sa mise en application surgissent, elles peuvent être posées à la Géorgie. Le plan prévoyait le retour des forces géorgiennes vers les lieux de leur cantonnement habituel, pourtant, nous constatons la concentration d'effectifs militaires et policiers géorgiens dans les districts adjacents à l'Ossétie du Sud. »

Bien entendu, ce genre de déclaration est destinée non pas aux politiques qui savent très bien que la Russie n'a respecté AUCUN des points d'accords « Sarkozy », mais bien à la presse qui relaie l'info vers qui veut bien la lire et y croire.

Il faut bien comprendre que, quand la Russie accuse quelqu'un de quelque chose, c'est pour noyer le poisson qu'ils ont eux-même placé dans l'aquarium du FSB. Quand la Russie dit que la Géorgie ne respecte aucun point d'accord, c'est bien qu'elle n'en respecte aucun elle-même. Si la Russie accuse la Géorgie d'avoir concentré des militaires et des policiers aux frontières ossètes, c'est qu'ils en ont eux-même placé, et pas qu'un peu. Pour rappel, alors que les points d'accords Sarko demandaient aux parties d'en revenir à la situation d'avant le 7 août, c'est à dire maximum 3700 soldats de maintien de la paix en ossétie et autant en Abkhazie et aucune arme lourde, les Russes ont amassés plus de 10,000 hommes aux frontières ossètes et autant aux frontières abkhazes, avec blindés, lance-missiles, etc... La Géorgie, quant à elle, patrouille timidement avec quelques policiers le long des frontières concernées, principalement pour protéger les observateurs de l'OSCE ou de l'ONU (des enlèvements ont eu lieu à plusieurs reprises), mais aussi pour prévenir les nombreuses attaques des milices ossètes sur des villages géorgiens situés sur la frontière. Il faut signaler, par respect pour la vérité et par respect pour les famille des policiés tués, que 12 policiers ont été assassinés par les milices abkhazes ou ossètes depuis septembre...

La direction russe, qui jamais ne cèdera volontairement un seul hectare conquis par son armée d'invasion en août, se sachant en infraction totale avec un nombre impressionnant de lois internationales, ne peut que fuir devant ses responsabilités et tenter de se disculper, non pas en recherchant des preuves d'innocence - il n'y en a pas - mais en accusant l'adversaire des crimes qu'elle a elle-même commis. Peu de gens sont dupes, à part peut-être Josy Dubié et quelques autres illuminés, mais beaucoup ont plus besoin de la Russie que de la Géorgie, et contredire la politique de Moscou équivaut pour certains, sans aucun doute, à rendre plus compliqués, plus délicats, les accords gazier entre Medvedev et l'occident.

Les accusations de Human Rights Watch à l'encontre de Tbilissi, accusé d'avoir aussi commis des crimes de guerre, a fortement diminué la sympathie des (lecteurs) occidentaux pour ce petit pays du Caucase dont tout le monde parle sans le connaître. Il suffit de lire chaque article de presse qui, lorsqu 'il parle de la guerre d'août et de ses suites, ne s'abstient pas d'écrire « suite à l'agression de la Géorgie pour récupérer sa province sécessioniste d'Ossétie du Sud » à la place de « suite aux provocations russes contre les forces de paix géorgiennes en Ossétie du Sud ». Mais ces accusations de HRW sont tellement anecdotiques si on ose les comparer aux crimes commis par les milices ossètes et les soldats russes contre tous les villages géorgiens d'ossétie du sud, que je n'arrive pas à comprendre les rédactions de la presse occidentale, belge principalement, ou française de gauche, qui anihile les massacres ossètes en préfèrant la syntaxe relayée par la presse russe sous contrôle de la Douma, plutôt que celle de Tbilissi, pourtant de loin plus réaliste et indépendante.

Conférence de presse de Lavrov concernant la Géorgie? Tous les micros de la presse occidentale sont devant ses lèvres. Conférence de presse d'un ministre géorgien : seuls la presse géorgienne est présente. Que faut-il en déduire?

 

 

Ce qu'espère la Russie, et qu'elle est à quelques pas d'obtenir si on n'y fait pas plus attention, c'est de parvenir à éviter la même sympathie de l'Occident pour les victimes géorgiennes que pour les victimes tchétchènes de l'agression russe de 1999, qui à l'époque avait entraîné nombre de manifestations de soutien aux nord-caucasiens, dans toutes les capitales occidentales. Aujourd'hui, la Russie a besoin de l'Occident, plus que l'occident a besoin de la Russie, et chaque justification, aussi grossière soit-elle, à l'attaque de la Géorgie, est la seule politique possible pour les agents du FSB dirigés par Poutine. Depuis la fin de la guerre d'août, si tant est qu'on puisse parler de « fin », les russes fuient leurs responsabilités, s'appuyant sur des prétextes impossibles pour se justifier (protection des ressortissants russes dans les territoires séparatistes alors qu'ils ont eux-même distribué des passeports russes illégalement à la population géorgienne de ces provinces, avant d'inventer des attaques géorgiennes contre lesdits ressortissants pour prétexter leur intervention) Désinformer est habituel à Moscou. La propagande anti-caucasiens marche à fond depuis 5 ans dans toute la Russie, et en soit, déjà cela est un délit majeur dont le HCR n'a jamais, à ma connaissance, fait part.

D.P.

14/05/2009

Veto russe attendu : la mission de l'OSCE prendra fin en juin

Veto russe attendu : la mission de l'OSCE prendra fin en juin.

Le maintien de la présence en Géorgie d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a été porté au vote aujourd'hui (mercredi) à Vienne par les 56 états membres, dont la Russie. L'unanimité étant requise pour le maintien, et la Russie s'étant abstenue, L'OSCE devra se retirer de Géorgie avant le 30 juin. Et des frontières risquent de craquer cet été...

Que risque la Géorgie si les observateurs doivent se retirer? Illustration par l'exemple concret : faisant référence à un rapport d'observateurs de l'ONU du mois de mai 2008, (les observateurs de l' UNOMIG doivent eux, quitter le territoire géorgien dès le 15 juin ) : ayant suivi au radar l'attaque par un Mig d'un drone géorgien qui survolait son propre territoire (dans la province d'Abkhazie) les observateurs ont fait remarquer que ce Mig a décollé d'une "base désafectée" située au Nord de cette même province géorgienne sous contrôle forcé de la Russie à l'époque. Trois violations en une! Le survol de la Géorgie souveraine par un avion de chasse russe qui décolle d'une base sois-disant évacuée il y a plus de 3 ans, qui abbat un avion sans pilote (heureusement) survolant son propre territoire.

Cet événement, toujours démenti par l'état major russe, a été rapporté par le ministère de la défense géorgien et par l'ONU à qui voulait bien entendre, avec une remarque primordiale : l'escalade armée est inévitable et la communauté internationale doit donc agir pour éviter un conflit armé dans la région.

L'ONU, qui a constaté l'attaque en question ainsi que d'autres provocations aux frontières entre les provinces séparatistes et les autres provinces du pays, n'a cessé de mettre en garde. Mais passons sur la nonchalance européenne, elle a fini par réagir... trop tard mais juste à temps pour éviter l'annexion de la Géorgie en son entièreté.

Ce qui pourrait se produire dès juillet et plus vraisemblablement à partir d'août est très préoccupant. C'est exactement le cas de le dire! Parce que les Russes, ne faisant aucun cas de ce que pensent les autres puissances, surtout l'Europe, n'a respecté aucune des obligations imposées par la signature des accords de cessez-le-feu d'août et septembre, se sont donné le droit de :

- continuer la distribution de passports russes aux habitants des régions séparatistes, légalement géorgiennes;

- aménager le littoral abkhaze pour des utilisations militaires ou maffieuses;

- construire une base navale en Géorgie en remplacement de la base de Sebastopol;

- rénover les bases aériennes quittées 3 ans plus tôt après des accords signés avec les autorités géorgiennes;

- continuer d'amener des troupes dans les zones occupées, plus de 10.000 hommes par province;

- occuper Zemo-Abkhazeti, région stratégique qui était sous contrôle géorgien avant août, et est à présent terrain d'entraînement militaire pour soldats Russes et soldats Abkhazes...;

- ne pas venir en aide aux populations locales, préférant laisser agir les milices abkhazes ou ossètes contre les ethnies géorgiennes encore présentes dans ces provinces;

- continuer ou laisser faire les provocations, y compris contre les observateurs européens, arrêtés lorsqu'ils patrouillent en toute légalité au-delà de la "frontière administrative" des provinces séparatistes;

- alimenter une propagande anti-géorgiens via les médias et des affiches, dans le seul but de se justifier auprès des russes pour leurs interventions en Géorgie,

- accuser ouvertement la Géorgie de ne pas respecter les accords signés...

- ne pas voter le maintien de la présence en Géorgie d'observateurs de l'OSCE, contre l'avis de 55 pays unanimes pour le maintien

- etc...

La Russie de Poutine et de Medvedev n'a rien à voir avec le pays civilisé auquel l'Europe a cru pouvoir faire confiance depuis la chute du mur. Comme disait Gorbatchev il n'y a pas longtemps, la Russie a fait "au maximum" 50% du chemin vers la démocratie. Et même si, effectivement, le "marché" s'est ouvert aux russes, ceux qui ont pu en profiter sont les mêmes que ceux qui profitaient du régime socialiste soviétique, et la protection de ce système plus proche de la maffia que de la sociale-démocratie en utilisant les mêmes outils qu'auparavant, KGB, Douma 100% pro-Poutine, contrôle des médias, intimidations, meurtres, élimination des opposants politiques ou économiques, idéaux impérialistes en politique internationale, ...

Les autorités européennes, sachant celà aussi bien que vous et moi, n'a aucun outil pour forcer la Russie a tenir ses engagements, ce qui renforce encore la politique de Poutine et Medvedev. Elle (l'Europe) a plus d'une fois tenté de mettre en évidence toutes ces violations aux droits les plus élémentaires. Au représentant de la Fed de Russie auprès du Conseil de l'Europe, à Strasbourg, à propos de la Géorgie: " Nous voyons tous que la Russie n'a pas de limites, mais nous, communauté européenne, devons montrer où sont nos limites!"

La guerre en Géorgie est un des symptomes de cette russie encore malade, cette maladie qui lui vient de son passé. Le peuple russe n'est pas plus respecté qu'auparavant, c'est juste qu'on ne l'élimine plus, qu'on ne le déporte plus, qu'on ne l'enferme plus aussi facilement. maintenant on l'ignore ou, s'il bouge un peu trop, on le menace.

Et pendant ce temps, à Tbilissi, une partie de l'opposition radicale, refusant toujours le dialogue avec les autorités tant que "l'ennemi de la Russie" ou "l'ennemi de la démocratie", c'est selon, refusera de démissioner, continue ses dangereuses et stupides confrontations avec Saakashvili utilisant les mêmes méthodes faites de mensonges, de théatralisation, de provocations, d'accusations mensongères, de propagandes, de non-respect des citoyens, etc....

Mais ça, c'est une autre affaire, que vous trouverez commentée dès demain.

D.P.

26/02/2009

Hillary Clinton critique Moscou


Le département d'Etat américain critique la Russie à propos de violations des droits de l'Homme en Géorgie.

Washington sermonne la Russie pour la guerre d'août en Géorgie. Hillary Clinton a présenté le premier rapport du Département d'État américain sur la violation de droits de l'homme lors de l'intervention russe du mois d'août, dans son rapport annuel sur la défense de droits de l'homme.

Le document dit comment la Russie a eu recours à la force disproportionnée contre Géorgie et a déployé ses forces à l'intérieur des frontières reconnues dans le monde entier.

Selon le rapport, l'opération militaire a provoqué le meurtre de beaucoup de civils pacifiques et que les bandits armés Ossetiens ont commencé à piller et massacrer les civils, en forçant plus de 150.000 Géorgiens à fuir leur maison, et laissé les militaires russes occuper les territoires de Géorgie.

Avec la guerre d'août, le rapport de Département américain d'État a aussi concerné les élections présidentielles (de 2008) qui ont été accomplies conformément aux normes de l'OSCE. (Notons que ces élections sont à nouveau contestées par l'opposition, frustrée de n'avoir obtenu que 27% des voix, contre 53% pour le président sortant. Beaucoup d'observateurs indépendants doutent de l'intégrité patriotique de nombre d'opposants, vraissembleblement conseillés et financés par Moscou... Cette stratégie étant très utilisée par les russes pour tenter de mettre en place leurs hommes de paille, tel qu'en Tchétchénie, en Ingouchie, en Ukraine, et dans nombre d'ex-républiques se terminant en "stan")

Dans son premier rapport par le nouveau Secrétaire d'Etat, la Russie est aussi critiquée pour la pression sur les médias ainsi que pour les meurtres de journalistes.