13/04/2009

Entre Russie et Géorgie, l'Abkhazie.

Malkhaz Akishbaia, chef légitime du gouvernement de la province géorgienne d'Abkhazie, fera un exposé sur la situation dans cette province annexée illégalement à la Russie. Mr Akishbaia a dit que la situation est très grave dans la région sécessionniste, et exhorte la communauté internationale à soutenir le déploiement d'observateurs européens dans la zone de conflit.
Les autorités du gouvernement légitime d'Abkhazie font savoir que les séparatistes et les occupants russes continueront leurs provocations dans la région occupée et l'une de ces provocations à encore eu lieu ce dimanche. Des criminels ont agressé une famille  dans le village de Liah, dans le district de Tsalenjikha. Les témoins disent que les assaillants étaient à la fois des hommes armés abkhazes et des militaires russes. L'incident s'est produit à 200 mètres du poste de contrôle russe.

Depuis le cessez-le-feu signé par Medvedev, Sarkozy et Saakashvili, la Géorgie n'a de cesse de demander que ces accords soient respectés, mais la Russie, de fait, n'en tient absolument pas compte, et au contraire multiplie et intensifie les provocations.

L'une de ces obligations était de revenir aux positions d'avant le 7 août. Mais les russes occupent des territoires qu'ils n'occupaient pas avant la guerre, envoient des troupes et des blindés supplémentaires dans les deux régions séparatistes, organisent des raids en Géorgie pour tenter de prendre quelques autres villages frontaliers, construisent des bases militaires en Géorgie, à savoir une base navale en Abkhazie, une base aérienne en "Ossétie du Sud", et quelques bases d'infanterie un peu partout dans les deux parties sécessionistes. La Russie n'ayant droit, toujours d'après l'accord signé, qu'a 3700 hommes maximum par province et aucune arme lourde, nous sommes loin du compte.

Beaucoup reprochent à la Géorgie de courtiser les Etats-Unis, mais n'est-ce pas à cause de l'Europe qui, depuis plus de 10 ans, joue au yoyo avec la Géorgie? Un coup je t'accepte, un coup je te jette.... Et l'Europe s'en arrange, trop occupée à courtiser la Russie et son gaz, au détriment de la Géorgie. L'Europe est cynique et lâche, l'Europe est égoïste et frileuse. L'Europe n'est pas digne de sa réputation de "gardien des valeurs démocratiques et des droits de l'homme". Parce que l'Europe a peur de la Russie, et elle a raison d'avoir peur, mais a tort de le faire savoir.

 

26/02/2009

Hillary Clinton critique Moscou


Le département d'Etat américain critique la Russie à propos de violations des droits de l'Homme en Géorgie.

Washington sermonne la Russie pour la guerre d'août en Géorgie. Hillary Clinton a présenté le premier rapport du Département d'État américain sur la violation de droits de l'homme lors de l'intervention russe du mois d'août, dans son rapport annuel sur la défense de droits de l'homme.

Le document dit comment la Russie a eu recours à la force disproportionnée contre Géorgie et a déployé ses forces à l'intérieur des frontières reconnues dans le monde entier.

Selon le rapport, l'opération militaire a provoqué le meurtre de beaucoup de civils pacifiques et que les bandits armés Ossetiens ont commencé à piller et massacrer les civils, en forçant plus de 150.000 Géorgiens à fuir leur maison, et laissé les militaires russes occuper les territoires de Géorgie.

Avec la guerre d'août, le rapport de Département américain d'État a aussi concerné les élections présidentielles (de 2008) qui ont été accomplies conformément aux normes de l'OSCE. (Notons que ces élections sont à nouveau contestées par l'opposition, frustrée de n'avoir obtenu que 27% des voix, contre 53% pour le président sortant. Beaucoup d'observateurs indépendants doutent de l'intégrité patriotique de nombre d'opposants, vraissembleblement conseillés et financés par Moscou... Cette stratégie étant très utilisée par les russes pour tenter de mettre en place leurs hommes de paille, tel qu'en Tchétchénie, en Ingouchie, en Ukraine, et dans nombre d'ex-républiques se terminant en "stan")

Dans son premier rapport par le nouveau Secrétaire d'Etat, la Russie est aussi critiquée pour la pression sur les médias ainsi que pour les meurtres de journalistes.

 

16/02/2009

Pour rire un peu : Lavrov accuse la Géorgie de Saakashvili d'avoir détruit l`intégrité territoriale !

 

Lu dans Der Spiegel, l'interview de Lavrov, ministre russe des affaires étrangères.

Lavrov accuse la Géorgie de Saakashvili d'avoir détruit l`intégrité territoriale !

" (...) Le président Mikhail Saakashvili a détruit l'intégrité territoriale géorgienne avec son ordre de bombarder une ville paisible en Sud Ossetie. C'était un crime contre son propre peuple, vu la violence  utilisée contre ceux que Saakashvili appelle ` les citoyens géorgiens, a-t-il dit.

De l'avis de Lavrov, la situation de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud n'est similaire à la situation au Kosovo qu'en surface. "Le Kosovo a également eu une guerre, une guerre longue et cruelle, qui, à notre avis, était totalement en désaccord avec les lois internationales. La guerre a été arrêté en 1999 grace aux Nations Unies et à la résolution 1244 honorée par la Serbie. Contrairement à l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, il n'y a pas de pression sur les Albanais du Kosovo. Il n'y a aucune raison de déclarer l'indépendance du Kosovo, » a déclaré Lavrov.

A la question de savoir si la Russie a été surprise de la réticence du monde à reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, Lavrov dit : «La géopolitique ne nous concerne pas. Il est important de protéger les personnes, qui avaient été la cible de provocations et d'actes terroristes depuis les 20 dernières années ».

La Russie n'avait pas d'autre solution que de reconnaitre l'indépendance de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud dès que la Géorgie a refusé de discuter de leur statut, et a déclaré que la guerre n'était pas terminée, a dit Lavrov. L'OTAN et le Conseil de sécurité a refusé d'aborder le problème et a dit que la Géorgie serait réarmée, a déclaré le ministre. Ensuite, nous avons réalisé que nous avons été en mesure d'assurer la survie de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie uniquement par leur reconnaissance comme États indépendants».

Source : Der Spiegel / Rustavi2

A mourir de rire. Les Russes étant les seuls (avec Dubié) à encore vouloir faire croire que ce sont les autorités géorgiennes qui auraient provoqué cette guerre et que la Russie n'aurait agit que pour des raisons "humanitaires". Ah. Et je suppose que leurs refus répétés d'autoriser les observateurs de l'OSCE de pouvoir observer se qui se passe dans les deux territoires séparatistes géorgiens et d'enquêter sur ce qui s'y passa durant la guerre, c'est aussi pour protéger les populations locales...

La Géorgie n'a jamais cessé de vouloir discuter des problèmes Abkhazes et "Ossètes", que ce soit avec les autorités russes ou internationales. Ce sont les Russes, pour rappel, qui ont refusé toute discussion à ce sujet, et ce depuis plus de 5 ans, tout en multipliant les provocations, qu'elles soient politiques, économiques ou terroristes. Et lorsque les autorités politiques et militaires géorgiennes ont tenté de joindre leurs homologues russes et "ossètes" entre le 1er et le 7 août, voyant que la situation en "Ossétie" se dégradait sous les diverses attaques des milices "ossètes" contre les villages géorgiens d' "Ossétie", ils ont été ignorés, et pour cause: l'invasion russe de l'entièreté de la Géorgie était à l'ordre du jour... CQFD.

Lavrov est encore plus poutiniste que Poutine. Il est notoire que le ministre Lavrov, tout comme Poutine, hais les géorgiens. Ses mensonges à New-York lors des différentes réunions de l'ONU durant la guerre d'août n'en sont que la partie visible. Lavrov, depuis le début de la guerre, prône la désinformation systématique, en contrant chaque évidence par un mensonge aussi gros que possible. Mais qui (à part Josy Dubié) peut y croire? La presse russe "anti-poutine" est assez claire à ce sujet, connaissant bien le personnage "Lavrov", extrémiste et raciste anti-géorgiens et anti-tchétchène notoire. En tout cas, ce n'est pas lui qui recevra le prix Nobel de la Paix, c'est certain !

D.P.

08/02/2009

Le Kremlin "organise" les élections anticipées en Ukraine et en Géorgie... pour juin.


Le Kremlin "organise" les élections anticipées en Ukraine et en Géorgie... pour juin.

Civil Georgia, Tbilisi / 7 Fev.'09

            
Givi Targamadze, un représentant du parti au pouvoir, a dit le 7 février que le Kremlin avait commencé une campagne pour renverser la structure de l'Etat géorgien et ukrainien avant le mois de juin.

Le député Targamadze, le président de comité parlementaire pour la défense et la sécurité, a révélé aux journalistes que Viktor Yanukovich, leader de Parti de Régions pro-russe ukrainienne,  veut organiser des élections parlementaires et présidentielles " c'est le lancement d'une tentative de mettre en oeuvre le plan de la Russie de renverser la structure de l'Etat ukrainienne." Le député Targamadze ajoute : "Le Kremlin a même fixé un délai dans lequel ce processus doit être réalisé - au plus tard Juin.

Nous pouvons supposer que la même échéance pour le même objectif a été fixé par le Kremlin à l'égard de Géorgie."
Environ une douzaine de partis d'opposition ont signé une déclaration commune le 29 janvier appelant à la démission du Président géorgien Mikhael Saakashvili.

Source : Civil Georgia


Un "Xième" civil géorgien kidnappé par un groupe armé ossète.

Civil Georgia, Tbilisi / 7 Feb.'09
            

Le ministère de l'intérieur a déclaré qu'un groupe de criminels armés Ossètes a enlevé aujourd'hui un citoyen géorgien après avoir volé une voiture sur le territoire géorgien.

La voiture, venant de Tbilissi et allant à l'ouest de la ville géorgienne de Zugdidi a été arrêtée par quatre hommes armés et détournée avec son conducteur en direction du village de Orchosani en Ossétie du Sud séparatiste, les trois autres passagers ayant été forcés de quitter la voiture sur le lieu de l'incident, selon le ministère géorgien de l'intérieur.

Le village de Orchosani est administrativement à l'intérieur des frontières de l'ancienne république autonome d'Ossétie du Sud et est située sur la pointe sud-est de la frontière administrative.

L'homme enlevé, Malkhaz Beuklishvili, était l'arbitre d'un match du championnat géorgien de football qui se déroulait à Zougdidi. Les médias géorgiens ont signalé que les ravisseurs avaient exigé une rançon 50.000 USD.

Source : Civil Georgia

Il faut noter que les enlèvements sont monnaie courante depuis l'invasion de la Géorgie par les troupes russes, mais que les demandes de rançon le sont nettement moins. D'habitude, les gens disparaissent, c'est tout. Et comme aucun contrôle ni enquête d'aucune sorte ne peuvent être effectuées dans les territoires séparatistes, que ce soit par la police géorgienne ou par des observateurs européens (malgré la signature des accords d'aout) qui peut les retrouver ?

On n'est pas sorti de l'auberge!

D.P.

07/02/2009

Le journalisme vu par La Une.

 

Hier soir, en zappant d'un JT à l'autre, je tombe sur celui de la RTBF diffusant un résumé de la rencontre U.E.-Russie. Bon, on sait que la RTBF a toujours été très critique à l'égard de la Géorgie, très certainement sous l'influance de leur ex-reporter Josy Dubié dont l'âme plâne toujours dans les locaux de la rédaction de la chaîne généraliste belge. De là à passer sous silence dans leur résumé ce que tous les journaux occidentaux ont, eux, relayés à juste titre, à savoir les critiques directes de Barroso envers la politique des droits de l'homme de Poutine et Medvedev (voir plus bas l'article sur les assassinats d'un avocat et de journalistes à Moscou)... Les problèmes gaziers furent là relégués à l'info secondaire...

A la suite de cette "absence d'info", la rtbf diffuse un reportage sur la présence des observateurs européens en Géorgie. Un de leurs journalistes se trouve à la bordure Est de la province d'Ossétie du Sud, côté géorgien bien sûr puisque les milices ossètes interdisent toujours l'entrée à tout non-russe, et encore. Il accompagne donc une patrouille d'observateurs et de médecins géorgiens sécurisée par des gendarmes géorgiens. Interview d'une villageoise, une dame agée, qui nous dit que, petit à petit, ça va mieux, qu'il n'est plus nécessaire d'aller se cacher dans les vignes (pour échapper aux milices ossètes - ndlr). Magnifique. Interview d'un responsable de la mission d'observation européenne qui nous dit que oui, tout va bien puisqu'il n'y a eu que 4 morts depuis le début de leur mission (on ne dit pas qui sont ces 4 morts ni pourquoi ils sont morts, mais juste que tout va bien). On ne parle pas non plus des 11 gendarmes géorgiens tués par les russes, les ossétiens et les abkhazes. On ne rappelle pas non plus que les russes avaient l'obligation de laisser les observateurs faire leur boulot dans les territoires occupés, et que si les russes se sont empressés de reconnaîtres ces territoires séparatistes, c'est justement pour empêcher toute mission d'observation de constater quelles furent exactement les exactions commises par l'armée russe et les milices ossètes sur le peuple géorgien dans les villages géorgiens d'Ossétie et d'Abkhazie (et qui perdurent). On ne parle pas non plus des projets militaires russes dans ces régions "annexées de fait" à la Grande Russie... Toutes ces violations indiscutables dont la rtbf ne parle jamais.

Par contre, sur le ton de l'ironie, notre reporter insiste sur le fait qu'il soit mal venu de dire "frontière" et non "bordure" quand on parle de la limite entre la province d'Ossétie (ou d'Abkhazie) et le reste de la Géorgie. Oui, côté géorgien, on a le droit d'être susceptible sur ce point. Parce que la Géorgie ne demande qu'une chose : que les lois internationales soient respectées. C'est tout. Si notre journaliste avait été capable d'expliquer le contexte, tout le monde aurait compris la nuance. A moins que la Belgique soit le 3ème pays à reconnaître les provinces séparatistes, après la Russie et le Vénézuela?

D.P.

Voir le podcast du journal du 06/02 19h30 sur le site de la RTBF