25/06/2010

La Russie ne respecte pas ses engagements.

Ce n'est pas nouveau... mais une fois encore c'est dit, et non-relayé par nos médias.

"La Russie ne respecte pas ses engagements en Géorgie"

d'après le blog Europe de la Défense BXL2.

Irakli Porchkhidze, le secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité de Géorgie : « La Russie bloque l'exécution complète du mandat d'EUMM (la mission d'observation de l'UE), alors que le mandat de l’EUMM s’exerce normalement sur l’ensemble du territoire géorgien dans ses frontières reconnues internationales. Les conséquences sont désastreuses sur le terrain : nous assistons à une dépopulisation, une militarisation des 2 enclaves, et une menace à la souveraineté géorgienne. ».

"Epuration ethnique"

« La Russie occupe un territoire qu’elle ne contrôlait pas avant 2008. Et on assiste sur les territoires occupés à une véritable épuration ethnique » affirme-t-il. « Environ 400.000 géorgiens ne peuvent rentrer chez eux. Mais il n'y a pas que les Géorgiens: il y a aussi quelques minorités comme des Estoniens ou Grecs. Les Russes ont rasé des villages en Ossétie, afin de porter atteinte à l’équilibre démographique. On retrouve la même situation en Abkhazie. Il n’y a plus que 10.000 personnes (alors qu’avant 40.000 habitants). Il y a un processus de dépeuplement en cours. »

"Une forteresse militaire"

Ce n'est pas tout ! « En violation flagrante du cessez-le-feu, 10.000 soldats russes sont stationnés sur les territoire occupés. Les Russes en ont fait une forteresse militaire. Nous sommes à 40 Kms de Tbilissi. C'est un endroit stratégique. Car l'autoroute Est Ouest qui relie les deux parties de la Géorgie, est un lien vital pour son équilibre, sa sécurité et le commerce. La présence militaire exerce une véritable pression psychologique. L'État géorgien se trouve en état de siège. » explique-t-il. « Il y a des coûts humains mais aussi environnementaux. Les Russes extraient en Abkhazie des pierres, du sable, des métaux, pour exporter des matériaux en Russie, notamment pour les travaux des J.O. de Sotchi. On menace ainsi l'équilibre géologique et environnemental. »

"EUMM doit rester et aller en Ossétie et en Abkhazie"

Et le responsable géorgien de lancer un appel au maintien de la mission européenne EUMM. « Elle est nécessaire. C'est la seule force internationale présente dans la région. (...) La Russie a toujours pensé que la présence d’observateurs internationaux en Géorgie n'était pas nécessaire. Elle a utilisé le mécanisme consensuel de l’OSCE pour bloquer la présence de l’OSCE, tout comme de l’ONU. L’EUMM est la seule présence internationale sur lequel la Russie n’a pas de veto. Cette présence sur le terrain est le préalable nécessaire à la stabilité à venir. Il est essentiel d’étendre la mission EUMM et d’avoir accès aux territoires occupés. »

29/05/2010

Démocratie : l'exemple russe.

Russie : une démocratie révoltante.

 

Les parlementaires de la Douma, la chambre des députés russes, ont adopté pour y faire voter les lois, ce qui semble n'être qu'une "drôle de pratique digne d'un sketch" selon les rares média à avoir relevé l'info. 

Alors que seuls 88 députés étaient présents lors de la session, sur... 449 normalement, quelques députés volontaires devaient, en quelques secondes, courir de siège en siège afin de voter pour les absents. Mettant l'accent principalement sur le problème d'absentéisme, laissant de côté un problème extrêmement plus inquiétant qui, j'en suis persuadé, ne vous aura pas échappé: un problème extrêmement préoccupant (c'est le cas de le dire) de démocratie, nos média ont totalement sous-estimé la signification, la portée réelle d'une telle pratique, et de l'inexistance de toute forme de sanction.

Depuis toujours, la présidence russe critique avec cynisme les dirigeants pro-occidentaux de pays comme, par exemple (!), la Géorgie. Donneur de leçons de démocratie de premier ordre, Vladimir Poutine, depuis son arrivée au pouvoir, a utilisé toutes les resources de l'état et a usé de sa main-mise sur l'ensemble des forces politiques, économiques et militaires pour éliminer chaque opposant, ayant ainsi, aujourd'hui, une majorité de plus de 95% à la Douma. Qui, dans ces conditions, va dénoncer de telles pratiques? Celui qui a son frère patron de telle société d'état? Celui qui sait qu'il y a quelques images compromettantes dans son "dossier" entre les mains du FSB? Celui dont les pensées sont tournées autant vers Staline que vers Poutine? A la Douma, il n'y a pas de héros.

La portée réelle d'une telle pratique... Ce jour-là, il s'agissait d'un vote pour l'interdiction de l'alcool au volant. Ce jour-là. Mais d'autres jours fut adopté une loi autorisant la Russie à intervenir militairement partout où bon lui semble, tant qu'un citoyen russe y est en danger, en Russie et hors-Russie, ou une loi facilitant l'élimination de la concurrence de Gazprom, par exemple. Pour ces votes, aucune présence des députés n'est donc indispensable. Alors demain, quand Dmitri Medvedev, ou Vladimir Poutine décideront du sort d'une de leurs républiques "à problèmes" comme l'Ingouchie ou le Daguestan, puisqu'aucun représentant de ces régions n'est représenté dignement à la Douma, et puisqu'il n'y a personne pour contredire quoi que ce soit des décisions des "chefs",  ces républiques peuvent être du jour au lendemain à la merci de la 53ème armée? Et, après-demain, si d'ici-là personne ne réagit, en sera-t-il de même pour... la Pologne?

Ceci dit, déjà pour un vote sur l'alcool au volant, c'est gravissime. Mais comment parvenir à imaginer que nous, européens, nous puissions nous "rapprocher" de la Russie à l'image de la France, ou lui ouvrir son marché, ou leur signer un quelconque contrat, traité ou accord? Jusqu'où pouvons-nous leur faire confiance?

Ok, nos démocraties ne sont pas idéales. Manipulées, souvent aux mains de lobbies, mais dans lesquelles existent de nombreux mécanismes de protections, dans lesquelles les média en principe, dénoncent voire accusent et donc surveillent, protègent nos démocraties. En Russie, il n'y a pas de contre-pouvoir, il n'y a que le pouvoir, représenté par Medvedev, dirigé par Poutine. L'Histoire se répète, en s'adaptant . Le discours de nos grands média aussi, en s'adaptant... aux lois du marché.

Par contre, je n'ose imaginer ce qui peut arriver aux journalistes "coupables" d'avoir été témoins de cette pratique totalement révoltante, et de l'avoir diffusée sur Youtube.

D.P., d'après une brève de France Info

(J'ai encore la dernière image en date de Medvedev en tête: lors de la cérémonie du 9 mai, à ses côtés, il y avait Kokoïty, la marionnette russe de Tskhinvali... et Nino Burdjanadze, ex-PM à présent opposante de Saakashvili, cheffe du... "Parti Démocrate-Géorgie Unie", entre-autre! Quelle collaboration bénéfique pour la Géorgie l'opposition géorgienne va-t-elle chercher à Moscou?)

26/04/2010

POLOGNE : L'ENQUÊTE RUSSE sur fond de conflit... d'intérêts.

POLOGNE :

Le dramatique crash de l’avion présidentiel : ce que la presse (libre ou pas) en dit, et ce qu'elle ne dit pas.

Cela fait plus de deux semaines qu’au massacre de Katyn, qui coûta la vie à plus de 22,000 officiers polonais*, nous devons ajouter celui de Smolensk, à quelques pas de Katyn. Ce 10 avril 2010, Le cœur de la Pologne a cessé de battre. 96 victimes. Le Président, son épouse, des responsables de l'état-major, des secrétaires d’états, ...

L’avion a décollé vers 6h50 de l’aéroport de Varsovie, puis s’est écrasé à quelques centaines de mètres de l’aéroport militaire de Smolensk, en Russie, 4h et 4 minutes plus tard.

Pour « faire la lumière » sur ce crash, Dmitri Medvedev a nommé son premier ministre Vladimir Poutine.

Dans les heures qui suivirent l'atterrissage « manqué » du président Lech Kaczynski, les russes ont trouvé les deux boites noires du Tupolev, qui sont actuellement à Moscou pour analyse par des experts russes, avec la collaboration distante d’un officier polonais. La totalité des corps des victimes ont été retrouvés et identifiés à Moscou. Pour 21 d’entre eux, l’identification n’a pas été facile, essentiellement à cause de l’incendie qui s’est déclaré lorsque l’avion a touché les arbres et s’est écrasé au sol.

Ce sont les faits, et ce sont les seules certitudes. Actuellement, toute autre information n’est que spéculation.

Cependant, depuis le début de l’enquête, nous pouvons constater, une fois encore, plusieurs discours sortant pour la plupart d’ « on ne sait où » et relayés par les médias sans autre investigation et sans trop de conditionnels.

Le discours de l’ancien chef du KGB (actuel FSB) Vladimir Poutine fut très clair quant aux causes de l’accident : en raison de l’épais brouillard présent dans la zone de l’aéroport militaire de Smolensk, la tour de contrôle a demandé au pilote du Tupolev d'atterrir à Moscou. Le pilote, malgré les avertissements, après trois tentatives, a manqué son atterrissage.

Quelques affirmations qui, nous le verrons par la suite, se trouvent êtres totalement fausses en plus d’être saugrenues. Mais jusque là, rien d’étonnant, nous connaissons le personnage.

Les jours passent, et la presse francophone travaille à informer ses lecteurs sur le sujet. Méthode classique : on prend les dépêches d’agences, on change quelques mots, et on colle l’article de Ria Novosti en troisième page avec des titres comme « Le président Kaczinski victime d’une erreur de pilotage ». Et depuis ces derniers titres accusant le pilote polonais, hautement expérimenté, qui a déjà posé son avion à Smolensk plus d’une fois auparavant, et notamment pour y déposer le premier ministre Donald Tusk 3 jours auparavant. Mais la presse polonaise ainsi que la presse de pays d’ex-Urss principalement, relayent bien d’autres informations, donnent d’autres détails que notre presse européenne occidentale, trop encline à respecter les versions officielles russes pour des raisons aussi diverses qu’évidentes, taisent. En voici un florilège:

Le Tupolev n’a pas, contrairement à ce qu’ont affirmés Poutine et les agences russes, donc nos journaux, tenté un atterrissage à 3 reprises, mais s’est écrasé dès sa première tentative. Une troisième boite noire a été rendue aux polonais (boite ajoutée par l’aviation militaire polonaise à tous ses avions) qui démontre non seulement qu’il n’y eut pas trois tentatives, mais aussi que, jusque quelques minutes avant que le Tupolev ne s’écrase, tout était absolument normal et dans la cabine des passagers, et dans le poste de pilotage. Par contre, les derniers moments avant le crash, on entend le pilote prier, et dire quelque chose comme « on est foutus ».

Plusieurs choses ont aussi pu être démontrées. L’avion, qui possédait toute la technologie moderne d’assistance à l'atterrissage (ILS), ainsi que tous les systèmes d’alarmes réagissant aux dangers liés à l’altitude de l’appareil (TAWS), n’avait aucune raison de s’écraser.

Mais Poutine, avec de la suite dans les idées, a alors déclaré que le pilote polonais ne connaissait pas le Russe, et qu’il y eut par conséquent un problème de communication entre le pilote et la tour. Nos journaux ont repris la dépêche de Ria Novosti, et d’autres sont allés à la conférence de presse organisée par l’état-major polonais qui, quant à eux, connaissant bien leur pilote, on confirmé que Mr Arkadiusz Protasiuk parle russe parfaitement, ainsi que l’anglais, langue internationale utilisée dans tout aéroport. Les capacités du pilote ne sont en tout cas pas en cause.

Ria Novosti a aussi écrit que le pilote avait été forcé par le président d'atterrir malgré le brouillard et la demande de la tour de se détourner vers Moscou, pour le forcer à atterrir à Smolensk coûte que coûte. Mais l’on sait déjà pourquoi cette thèse est loufoque.

Plusieurs autres hypothèses, et non des moindres, viennent s’ajouter à celles dont nous avons déjà connaissance grâce aux agences russes et occidentales. Pour commencer, il y a ce système précité TAWS. Les enquêteurs ont retrouvé le boitier de commande de ce système en position d’arrêt. S’il ne fonctionnait pas, le crash était difficilement évitable, surtout dans le cas où l’ILS ne fonctionne pas lui non plus, ou que la tour de contrôle russe ne donne pas les données correctes au pilote et/ou aux systèmes électroniques du Tupolev, lesdits systèmes installés par une société russe en décembre dernier..

De plus, des témoins polonais, des journalistes arrivés plus tôt accompagnés par quelques parents des victimes de Katyn, ont pu observer des russes changeant les ampoules de la piste d'atterrissage, peu après le crash. Pourquoi? Pas de réponses. Depuis lors, la Pologne demande des explications à Moscou. A ce sujet, et d’autres...

Enfin, certains quotidiens polonais rapportent deux épisodes pour le moins étranges, même si, une nouvelle fois, ils le sont moins lorsqu’on sait où le crash s’est produit.

Immédiatement après le crash, un témoin est parvenu sur les lieux même de l’accident, et a filmé à l’aide de son GSM les nombreux débris du Tupolev éparpillés autour de lui. Sur les images, rien de particulier: des hommes en uniforme qui marchent (calmement malgré la situation) entre les arbres arrachés et les pièces encore fumantes de l’avion, d’autres qui discutent entre eux. Quelques hommes en civil font pareil, certains, rares, courent. On entend les pas du vidéaste, le craquement des branches. Et dans cette ambiance lourde – et sans brouillard – des coups de feux. Cette vidéo, nous pouvons la visionner sur internet. Au-delà de l’horreur de cet acte qu’on imagine, la question est : à qui étaient destinés ces coups de feux? A un - ou des - survivant(s) du crash? Quelle ignominie... Difficile à croire. Quoique.


Le deuxième épisode passé sous silence par notre presse est la suite du premier épisode : le vidéaste à qui nous aimerions poser la question de la provenance et de la destination des tirs enregistrés, aurait été tellement tabassé qu’il se serait retrouvé à l'hôpital et y serait décédé quelques heures plus tard.

Tous ces éléments, qui devraient bien entendu faire l’objet d’enquêtes, n’ont pas été rapportés sur le site de Ria Novosti, et donc n’ont pas été relayés par nos médias. Vous pourrez, par contre, les retrouver dans les médias polonais, tchèques ou lituaniens.

Le contexte dans lequel ce drame a eu lieu est sans aucun doute important. Voire central.

Nous avons pu lire dans la presse internationale, d’Europe occidentale et de Russie avant tout, que le président Kaczynski n’était pas aimé par les citoyens polonais. C’est certainement pour cela qu’il s’est fait élire. Bien entendu, les positions du président, sur des dossiers capitaux comme le traité de Lisbonne (pour lequel, depuis sa mort, on l’accuse d’ »empêcheur de tourner en rond ») ou sur celui du système de défense de l’OTAN qui doit être installé prochainement en Pologne et qui, bien entendu, est autant destiné à défendre l’Europe contre l’Iran que contre la Russie, a-t-il avoué clairement, surtout suite à la guerre russo-géorgienne d’août 2008. C’est d’ailleurs lors de sa visite en Géorgie, accompagné par les président ukrainien et des pays baltes, qu’il a affiché son soutien au président Saakashvili, accusant justement la Russie d’avoir organisé cette guerre depuis des années, entre autres choses. Et le dossier « Géorgie », comme nous le savons, est LE dossier sensible à Moscou. Voici de quoi alimenter l’imagination de certains hauts responsables russes, si nous ne pouvions douter qu’au 21ème siècle, ce genre de chose n’est plus possible....

Oui, Monsieur Kaczynski était un empêcheur de tourner en rond. Par rapport à la Russie bien entendu, mais également pour l’Allemagne ou la France dans leurs projets en association avec la Russie. Le gazoduc Gazprom dont nous parlons régulièrement ici, Nord Stream, qui contourne la Pologne par la Mer Baltique était critiqué par Varsovie. Bien entendu, pour raisons économiques, mais ce que Lech Kaczynski dénonçait aussi, c’était l’aveuglement de l’Europe face au pouvoir que Moscou aurait sur notre région si la Russie devait devenir le quasi-unique fournisseur en Gaz de l’Europe. Une arme redoutable, qui fut déjà une des raisons fondamentales de la guerre en Géorgie: contrer le concurrent européen de gazoduc reliant la Caspienne au sud de l’Europe en contournant le territoire russe, en passant par la Géorgie (Nabucco) de l’autre projet russe South Stream, passant sous la Mer Noire, au large de... l’Abkhazie. La France participe, via GDF-Suez, au projet russe, tout comme l’Italie. La présidence polonaise a également critiqué le gouvernement français à propos de la vente de navires de guerre de classe Mistral à la Russie... Ces navires capables de transporter du matériel lourd, chars, hélicoptères, péniches de débarquement, des centaines d’hommes... seront basés en Mer Noire, probablement en Abkhazie où les forces d’occupation construisent un tout nouveau port, à moins qu’ils ne les basent à Sébastopol, port pour lequel Moscou a obtenu récemment une prolongation de son bail en échange d’une réduction conséquente du prix du gaz russe vendu à l’Ukraine par Gazprom...

A l’image de son parti, « droit et justice », Lech Kaczynski était quelqu’un de concerné par les injustices de l’Histoire, ce qui ne pouvait que déplaire à Moscou, et à l’Europe désireuse de conquérir le marché russe, au prix de l’oubli de toutes les atrocités commises par le passé, à l’époque de l’occupation soviétique. La commémoration de Katyn, initiée par lui et organisée par la Pologne, aurait du voir Poutine, en personne, avouer au monde que les 22,800 victimes de la barbarie n’était pas un crime nazi, comme ont voulu le faire croire les russes en maquillant la « scène du crime », mais bien un crime de guerre organisé par le mentor de Vladimir Poutine, Staline.

Avec le crash de l’avion présidentiel à Smolensk, Poutine ne s’est pas rendu à Katyn avec le même devoir. Et justice n’a pas été rendue aux victimes de Katyn. Ni, d’ailleurs, à aucune des victimes du communisme, laissant la porte ouverte aux dirigeants actuels pour manipuler son peuple et le reste du monde avec les mêmes méthodes qu’auparavant, pour les mêmes buts qu’auparavant : renforcer le pouvoir et s’en mettre plein les poches.

Nous avons le droit, sans aucun doute, d’espérer connaître un jour la vérité sur ce crash qui coûta la vie à des hommes et à des femmes, hauts responsables ou simples citoyens, ces polonais qui se rendaient pour prier sur la tombe de leurs parents assassinés. L’enquête fera, sans aucun doute, la lumière sur ce drame. Nos journaux nous disent qu’à présent, Moscou et Varsovie se rendent compte combien ils sont proches, frères slaves. Que les relations, « grâce à l’accident », se sont réchauffées. Que la présence de Medvedev lors des funérailles en était une preuve supplémentaire. (C’est vrai, Medvedev a bravé le nuage de cendre - qui n’était pas présent entre Moscou et Varsovie – pour assister aux funérailles.) Mais quel est le journal qui fit savoir qu’un autre président, VRAI ami de la Pologne et de son défunt président, qui était bloqué à Washington, a décollé pour le Portugal, puis pour l’Italie, puis la Turquie, pourfinalementnt arriver à Cracovie juste à temps pour se recueillir sur la tombe de Lech Kaczynski, dans la crypte du châteauau WAWEL? Ce président atypique n’était autre que le président géorgien, Mikheil Saakashvili. Bravo. Même Sarkozy, pourtant collègue européen du président polonais, a préféré vaquer à d’autres occupations.

Medvedev, absolument, n’avait aucune alternative. Il avait à se rendre à Cracovie. Ne pas y aller aurait signifié bien plus qu’un divorce entre Varsovie et Moscou, c’eut été un aveu, une déclaration de guerre. Impossible, donc, pour Medvedev, de contourner ce devoir. Et c’est un rôle qui lui va bien. Alors pourquoi cette insistance de la presse européenne pour une mise en avant, par la seule présence du président russe, d’un soi-disant réchauffement des relations russo-polonaises? C’est ridicule. Tant que l’enquête sur le crash de Smolensk n’aura pas abouti, tout « réchauffement » n’est même pas imaginable. Et la presse nous ment, une fois de plus.

Le colonel de la cour suprême militaire, Zbigniew Rzepa, depuis le début de l’enquête, demande aux autorités russes de rapatrier en Pologne les deux premières boites noires du Tupolev. Il demande aussi à avoir accès à l’entièreté des données rassemblées durant l’enquête, demandes vaines à ce jours.

Ria Novosti a annoncé qu’un enquêteur polonais est associé à l’enquête sur les boites noire qui a lieu à Moscou sous l’autorité des experts russes. C’est exact, il y a bien un expert polonais à Moscou, mais celui-ci n’a aucun contrôle sur lesdites boites, son accès étant limité aux comptes-rendus écrits par les officiels russes.

Si Moscou n’avait rien eu à cacher durant cette enquête qui est, et c’est le moins que l’ont puisse écrire, bien moins transparente qu’il peut paraître, les autorités russes n’auraient eu aucune raison de refuser le rapatriement de toutes les pièces du puzzle en Pologne afin qu’elles soient étudiées par les spécialistes polonais, assistés éventuellement par des représentants et experts de l’aviation russe. D’autant qu’il s’agit d’un avion militaire, et non civil, et que les personnalités ayant péri lors du crash étaient les plus hauts représentants du peuple polonais. Une enquête absolument transparente était indispensable pour dissiper LE MOINDRE doute sur la responsabilité de la Russie. Le moindre.

Mais il est déjà trop tard.

Il est à noter que depuis le 13 avril, plus aucun article n’a été écrit sur le site de Ria Novosti à propos de l’enquête en cours sur les causes du crash de l’avion présidentiel.

Ce mercredi, un premier compte-rendu de la part des autorités polonaises est attendu. Nous pourrons constater le travail des experts... du FSB?

 

D.P.

Sources diverses, dont http://swietapolska.com/news

Vos commentaires sont toujours les bienvenus.

09/03/2010

Nicolas Sarkozy accueille à bras ouverts Dmitri Medvedev à Paris

Mis à jour le 10 mars 2010 à 23:42

Alors que Nicolas Sarkozy accueillait à bras ouverts Dmitri Medvedev à Paris pour deux journées de travail sur les échanges commerciaux entre les deux pays, la presse française a largement commenté la signature pour la vente par la France de 4 bâtiments de guerre de classe Mistral à la marine russe, ainsi que les accords de partitipation de GDF-Suez dans le projet de pipeline russe South Stream, points d’orgue de ces deux jours de « foire commerciale ».

Certains quotidiens ont bien entendu décrit ces accords comme étant salvateurs pour l’industrie française et les chantiers navals de Saint-Nazaire, mais d’autres ont une nouvelle fois mis l’Elysée en garde : la France, qui fait partie de l’Alliance Atlantique, devrait refléchir à deux fois avant de vendre des bateaux de guerre particulièrement offensifs – tansport de troupe, de matériels lourds, d’hélicoptères – à un pays ayant déclaré l’Otan « ennemi n°1 de la Russie », et sachant que Moscou est encore en guerre en Géorgie, n’ayant pas encore retiré ses troupes des zones occupées (et construisant des bases navales, aériennes et terrestres un peu partout dans les provinces séparatistes) en contradiction avec l’accord en 6 points signé par la Russie, la Géorgie et... la France. Cela rend cette vente d’autant plus étonnante aux yeux d’une certaine presse française qui saute sur l’occasion pour critiquer la politique de Sarkozy. Ces signes plus qu’évidents de rapprochement entre les deux « vieux amis » sont en parfaite logique avec la mentalité de la présidence française : se mettre en valeur, se différencier des Etats-Unis, relancer l’économie du pays, à tout prix.

Bernard Kouchner à commenté la vente des Mistral disant que Dmitri, ce n’est pas Poutine. Un peu simple... et irréfléchit. Par contre, il a signalé son désaccord concernant la vente des bateaux aux russes.

Dmitri et Poutine savent jusqu'où ils peuvent aller ensemble. L'un, l'homme fort, patron du FSB, "patron" de Gazprom, chef de la Douma, des armées et des stratégies militaires. L'autre, comme le dit si bien Lilia Chevtsova, c'est à la fois la galerie, la mise en confiance des chefs d ‘états étrangers, et les relations publiques en général. Homme de loi, il est autant le conseiller de Poutine que Poutine l'est pour Medvedev sur les stratégies plus "tordues", comme la tentative d'envahir la Géorgie qui ne cache qu’à peine le besoin de s'approprier "définitivement" la province séparatiste géorgienne d'Abkhazie, pour des raisons non de protection des populations - illégitime - mais de pure géopolitique.

Une différence importante: sous Poutine, la Russie était dépendante de la seule vente d'hydrocarbures, et grâce notamment aux manières maffieuses de Gazprom, avec les moyens infinis du FSB pour s'approprier des marchés importants, en oragnisant des procès truqués contre les concurrents, ou en utilisant la guerre en Géorgie pour déstabiliser la région et faire capoter le projet de pipeline européen Nabucco... qui aujourd'hui est déserté par les compagnies Allemandes, Hollandaises, Françaises, Grècques... pourtant soutenues par l'Europe qui a annoncé injecter 200 millions d’euros il y a quelques jours, suite la visite de Medvedev à Paris..., au profit des projets russes Northstream et Southstream).

Aujourd'hui, sous Medvedev, ce sont les industriels de tous les secteurs qui demandent à être soutenus par le Kremlin, ces derniers ayant accompagné le président russe à Paris. Le Business des hydrocarbures (extrêmement juteux, faut-il encore le préciser!) accompli à 80%, Medvedev se doit d’attirer d'autres investisseurs occidentaux, par tous les moyens, et acheter quelques Mistral au passage, ce qui fait sans doute office de « remerciements » à la France pour le « rapprochement Franco-Russe », mais qui, très cyniquement, serviront à protéger les positions « acquises » illégalement en Mer Noire, en Géorgie.

Un quotidien français, France-Soir en l'occurence, a été racheté par un oligarque russe il y a peu. Le journal était en surcis, tout comme les chantiers de Saint-Nazaire, ce qui ne peut que faire du bien à l’économie en crise de l’Hexagone... et servira l'énorme outil de propagande du FSB. Tiens, à propos du FSB : jamais il n'y a eu autant d'espions russes que depuis ces deux dernières années, à Paris, et sans doute aussi dans de nombreuses capitales européennes. Coincidence?

La Russie, qui investi de plus en plus à l'étranger, doit absolument trouver des investissements en Europe, et des investisseurs européens qui s'établiraient en Russie. Mais la guerre avec la Géorgie, les relations tendues avec l'Otan, le soutien à l'Iran (maintenant que les iraniens ont signé un accord pour la vente d'hydrocarbures à Gazprom - Nabucco n'aura pas un seul litre de gaz iranien - les Russes peuvent retourner leur veste et accepter de soutenir la politique américaine de sanctions contre l'Iran, timidement bien sûr), les très nombreux problèmes des droits de l'Homme, des libertés de la presses, etc... n'ont pas aidé Medvedev dans ces démarches. Engager l'ancien chancelier Gherard Schroder comme patron d'une filliale de Gazprom chargée de la construction du pipeline North Stream, est une idée de génie. Un ancien chef d'état démocrate européen travaillant avec le régime russe afin de recruter d'autres chefs d'états européens pour soutenir le programme russe d'étranglement de l'Europe par son futur monopole du Gaz... C’est un peu la même tactique que celle utilisée par Staline de soutenir Hitler, jusqu’en 1942, pour ensuite le renverser et hériter de son empire...

 

Le choix des 3 « grands » européens, Allemagne, Italie, France, comme partenaires pour des investissements massifs dans les projets de pipelines South Stream et North Stream s'explique dès lors aisément, et le retournement de veste de Sarkozy, du coup, de même. D'où sa précipitation à Tbilissi et à Moscou pour obtenir un cessez-le-feu, le 12 août 2008, et les erreurs très dommageables à la petite Géorgie, qui en découlèrent immenquablement. Et aujourd’hui, Moscou a gagné, en moins de 10 ans, tous les marchés gaziers d’Europe, de Chine et d’Inde, avec des retombées financières infinies pour les entreprises actionnaires et... pour Schroder, Berlusconi et Sarkozy, personnellement. Tel était le plan de Poutine depuis dix ans. Mission presque totalement menée à bien, avec les jeux de Sochi (ancienne ville géorgienne) en prime.

Mais que ces pays d’Europe acceptent ce jeu de dupes (pas les olympiques mais ceux des politico-financiers russes) c’est tomber dans un piège pourtant grossier, tant la « stratégie criminelle » est transparente. En impliquant les chefs d’états européens en personne, Poutine s’assure des marchés inespérés, et un soutien indéfectible. L’argent n’a pas d’odeur, le pouvoir pas d’odorat, et les citoyens que nous sommes... juste un peu pigeons. Pourtant, les états européens ex-soviétiques ont maintes fois allerté Bruxelles qui, c'est vrai, vient d'injecter 200 millions d'€ dans le pipeline Nabucco. Un signe? Une goutte d'eau dans le gaz russe. A l'image de la présidence européenne sans doute.

D’où l’importance de la vigilance, sans cesse.

 

En Géorgie, 300.000 personnes ont été déplacées par les conflits soutenus, organisés par la Russie. Victimes de la "nouvelle politique" de Poutine et Medvedev...

 

D.P.

 

Pour compléter cet article, je vous propose de lire celui paru dans Le Soir du 1er mars sur le sujet de la visite de Medvedev à Paris, de leur correspondant à... Moscou (ça ne s'invente pas) qui dit en clôture, "Tout cela ne pourrait toutefois n’être de la part du Kremlin qu’un message à usage interne : prévenir l’industrie russe, réputée très lente à se moderniser, qu’elle doit vite réagir…" (sic). J'en ris encore.

Plus instructif, l'article de Vincent Jauvert sur globe.blogs.nouvelobs.com

 

 

26/02/2010

Gary Kasparov au "Guardian"

Article de Gary Kasparov dans "The Guardian"

 

Le « Guardian » a publié ce mardi 23 un article intitulé «L'Europe ne doit pas séduire la Russie ! »écrit par le chef de l'opposition russe Gary Kasparov. Le voici, suivit d'un commentaire.

Dans les capitales des démocraties européennes, les dirigeants saluent une nouvelle ère de coopération avec la Russie. Berlin revendique une «relation spéciale» avec Moscou et va de l'avant sur une série de grands projets avec le géant énergétique russe Gazprom, dont une filiale est dirigée par l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi s'est rendu à Saint-Pétersbourg l'année dernière pour se joindre à la célébration de 59ème anniversaire de son « grand ami » Vladimir Putin. Et à Paris, des négociations sont en cours pour une vente importante d'armes qui permettrait à la Russie d'acquérir l'un des navires les plus avancés de la marine française."

Pendant ce temps, l'opposition démocratique en Russie est étouffée. Le 31 Janvier encore,  le gouvernement russe a refusé la tenue d'une réunion pacifique de citoyens qui voulaient manifester en faveur du ... droit à la liberté de réunion, consacré à l'article 31 de la Constitution de la Fédération de Russie: le "droit de se réunir pacifiquement et d'organiser des réunions, des rassemblements, des manifestations, des marches et des piquets de grève".

De même, les journalistes russes ont été de plus en plus harcelés pour avoir exprimé leurs critiques du gouvernement. Mais les poursuites ne sont pas vraiment le pire pour les journalistes russes qui omettent de signaler les nouvelles de manière "patriote". En 2009, plus d'une douzaine de journalistes, de militants des droits de l'homme et d'opposants politiques ont été tués.

Après avoir étouffé la critique interne par rapport à ses actions dans le Caucase, le gouvernement russe porte maintenant son attention à ceux qui les critiquent de l'étranger - et il est encouragé en ce sens par les entreprises et par les gouvernements européens. La dernière victime des censeurs de Moscou et de leurs amis occidentaux est appelé Perviy Kavkazskiy. Cette jeune station de télévision en langue Russe a été, jusqu'à la fin de Janvier, librement accessible aux personnes vivant dans les zones russophones. Maintenant, Eutelsat - le premier fournisseur européen de satellites basé à Paris - refuse d'appliquer le contrat négocié avec la station.

Il semble que la société russe Interspoutnik ait fait une offre qu' Eutelsat ne pouvais pas refuser, le 15 Janvier, soutenant la possibilité de millions de dollars d'échanges avec des exploitations médias du géant gazier russe Gazprom à condition qu'Eutelsat cesse de faire affaires avec la chaîne du Caucase en question. Eutelsat a capitulé et a envoyé un message désastreux au monde: pas de télévision en langue russe qui ne soit pas contrôlée par le Kremlin ne sera autorisée en Fédération de Russie. Même si ellel est basée à l'étranger. Même si elle a un contrat avec un fournisseur européen de satellites.

La chaîne par satellite en langue anglaise, Russia Today, financée et contrôlée par le gouvernement russe, n'est pas confrontée à de tels problèmes avec les opérateurs de satellites européens. Cette chaîne a récemment lancé un blitz publicitaire aux Etats-Unis et au Royaume-Uni avec des scènes montrant le visage du président américain Barack Obama en morphing vers celui du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Personne n'a soulevé d'inquiétudes sur la Russie d'aujourd'hui et les téléspectateurs de l'Ouest sont autorisés à recevoir la propagande déjà diffusée en Russie. Mais l'idée même d'un canal alternatif en langue russe semble trop "provocatrice" pour certains Européens. L'adhésion à ces politiques est une violation flagrante de l'esprit de la législation européenne protégeant la liberté de la presse, et les tribunaux français vont bientôt constater que l'opérateur a violé plus que l'esprit de la loi, l'affaire contre Eutelstat se déroulant dans les semaines à venir.

Pourtant, ce n'est que le dernier exemple de la complicité européenne dans la consolidation du pouvoir politique du Kremlin à l'intérieur du pays et de la reconstitution de l'armée utilisée pour contraindre les nations qui se trouvent juste à sa frontière. Tel est le contexte dans lequel je reçois les récents rapports selon lesquels le gouvernement français entend aller de l'avant avec la vente à la Russie d'un ou plusieurs navires d'assaut amphibie de la classe Mistral. L'armée russe n'a pas caché ses intentions pour l'utilisation de ces armes. En Septembre de l'année dernière, l'amiral russe Vladimir Vysotsky a triomphalement déclaré qu' "un bateau comme cela aurait permis à la flotte de la mer Noire d'accomplir sa mission [envahir la Géorgie] en 40 minutes au lieu de 26 heures».

Il y a un peu plus d'un an, alors que les chars russes occupent des parties de la Géorgie, le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer a déclaré qu'il ne pouvait y avoir "aucune sorte d'affaire habituelle avec la Russie dans les circonstances actuelles". Les forces russes occupent toujours le territoire géorgien, en violation du cessez le feu négocié par le président français Nicolas Sarkozy, et pourtant l'Otan, elle aussi, est de retour aux affaires, comme d'habitude, avec le régime de Poutine.

Que Moscou ferme les journaux d'opposition, arrête les journalistes qui ne veulent pas suivre la ligne du gouvernement, et soumette à leur tyranie ses voisins démocratiques...  certains dirigeants européens ne sont pas silencieux. Au contraire, ils arguent en faveur de liens plus étroits avec Moscou, pour une coopération énergétique, pour des ventes d'armes !

Les dirigeants européens doivent prendre position pour la liberté d'expression et la défense de la liberté des médias qu'ils permettent chez eux. Cela commence par faire clairement comprendre aux entreprises européennes qu'elles ne sont pas censées être les instruments dociles du Kremlin a sa censure. Les mêmes dirigeants devraient également montrer que, au début du 21e siècle, on ne peut pas occuper un territoire étranger [la Géorgie] sans conséquences. Elle n'implique évidemment pas vendre des armes aux forces d'occupation. L'enjeu n'est pas seulement la liberté des citoyens russes, mais aussi le sens même de l'Europe et l'honneur de l'Europe.

Gary Kasparov

Source :  " Don't cosy up to Russia, Europe !" Guardian.co.uk, Tuesday February 23 2010 


Gary Kasparov nous rappelle à sa manière, et surtout selon sa position de chef de l'opposition en Russie et donc du point de vue russe avant tout, le danger réel qui pèse sur nos démocraties en soutenant les politiques de Poutine.

Durant plus de 70 ans, l'Europe n'a jamais hésité à critiquer la Russie soviétique, à juste titre faut-il le dire, mais tout en faisant des affaires avec ses dirigeants, cautionnant ainsi les déportations, le génocide de millions de citoyens en achetant le Gaz de Sibérie pour chauffer nos maisons, finançant, du même coup, l'ensemble de leurs politiques. Par exemple.

Avec la "chute" de l'empire soviétique, rien n'a réellement changé, ni d'un côté ni de l'autre, mais le business a pris le pas sur la politique, et la politique de Poutine, c'est le business. Poutine, c'est le super-patron de l'immense entreprise, l'Etat/Gazprom, mais contrairement à Total ou Exxon par exemple, ne contrôle pas uniquement quelques équipes de vente et autres hommes de mains pour faire des affaire, mais bien les dizaines de milliers d'hommes du FSB (ex-KGB), avec la coûteuse complicité de la Douma, et... de l'armée, et pas n'importe laquelle. Une des plus brutales, et je reste poli. La soi-disant démocratisation de la Russie (et de la CEI) permettant enfin le business "sans déshonneur" pour les chefs d'états occidentaux. Ce n'est pas qu'ils se trompent, c'est qu'ils s'en arrangent. Mais avec la guerre en Géorgie, Poutine a été "un peu trop loin" et il a fallu l'arrêter. (Laissons-lui les deux provinces séparatistes quand-même! En "oubliant" de dater le document de cessez-le-feu par exemple... Ce qui fut fait. Document caduque. Merci messieurs Sarkozy et Kouchner. Quelques centaines de morts, 200.000 déplacés en Géorgie... )

La guerre de Géorgie était une évidence pour beaucoup de citoyens russes et ex-soviétiques, tant ce petit pays  était critiqué, diabolisé par les médias d'Etat et dans de nombreux meetings politiques. Si un attentat avait lieu, c'était soit les Tchétchènes financés par des géorgiens, soir des Géorgiens financés par des azéris. Comme en 1999 avec les seuls tchétchènes, avant la deuxième guerre de Moscou contre Grozny décidée par Poutine. Le FSB a une expérience dans la propagande de plus de 80 ans...

Depuis 2005, toutes les ripostes des forces de paix géorgiennes aux tirs provocateurs des milices séparatistes ont systématiquement été décrites en inversant les rôles, malgré la présence d'observateurs européens sur place, dans les provinces d'Abkhazie et d'ossétie du sud. Ajoutez à cela bon nombre de manipulations, de payements de commissions, de violations de toutes sortes de lois nationales et internationales, et vous obtenez les conditions idéales pour bombarder et envahir son voisin ( "et ami historique" d'après Medvedev ). Ce qui fut fait.

Aujourd'hui, Moscou commence à en récolter les fruits, au détriment de 4.5 millions de Géorgiens (Abkhazes et sud-ossètes compris). Le piège a marché à merveille, les affaires vont reprendre de plus belle. Le chaos provoqué depuis 20 ans dans le Caucase par Moscou permet à Poutine d'empêcher "pour raisons de sécurité" le passage du pétrole de la Caspienne par la Géorgie. Donc, il faut acheter le gaz et pétrole russes, investir dans les pipelines russes, et payer l'Etat russe, c'est à dire Poutine.

La boucle est bouclée.

Mais l'armée d'occupation en Géorgie, elle, s'impose gravement. Pas pour maintenir le chaos spécialement, mais pour... "sécuriser" la Mer Noire (et les jeux de Sochi, à quelques km de la Géorgie) tout en maintenant le chaos.

Gary Kasparov a raison quand il dit qu'il s'agit de l'honneur de l'Europe. Ne pas cautionner un tel jeu de massacres, massacre des libertés en Russie, massacre de toute idée démocrate, massacre des valeurs humanistes, massacre des consciences, celles qui survivent aux propagandes et aux assassinats, au nom du profit de quelques uns.

Comme toujours.

D.P.

traduction de l'article de Kasparov : D.P.

SHAKE YOUR SOUL

BOYCOTT LUKOIL    ! ! !

BOYCOTT SOCHI 2014    ! ! !

22/02/2010

Manifestation / commémoration de la déportation des Tchétchènes et des Ingouches par Staline en 1944.

COMMUNIQUÉ

 

Bruxelles, le 21 février 2010

 

Manifestation / commémoration de la déportation des Tchétchènes et des Ingouches par Staline en 1944.

 

Ce mardi 23 février, comme chaque année, une manifestation est organisée pour marquer l'anniversaire de la déportation des Tchétchènes et Ingouches par Staline en 1944.


Cette année cependant, à cause des nombreux événements qui secouent le Caucase Nord, en Tchétchénie et en Ingouchie, mais aussi en Ossétie, au Daguestan, où Poutine et Medvedev agissent de manière très stalinienne avec les nombreux opposants - meurtres, disparitions, purges y sont quotidiens - nous devons ensemble dénoncer non seulement ces agissements inhumains contre les peuples du Caucase, mais aussi les carences des institutions internationales face aux abus massifs des droits de l'homme et des innombrables violations du droit international aux portes de l'Europe.


De même, nous nous devons de dénoncer les atrocités perpétrées en Géorgie par les forces d'occupation russes, et, en victimes ou en témoins, rappeler à tous qu'une guerre a encore cours en Géorgie, ce qui explique le soutien d'une grande partie de la diaspora géorgienne et sa présence lors de cette manifestation.

Depuis la « fin » de la guerre d'août 2008 durant laquelle la Russie s'est emparée de vingt pour-cent du territoire géorgien (intégrité territoriale reconnue par la totalité des membres de l'ONU y compris par la Russie en 1991), les abus des forces d'occupations russes et des régimes séparatistes soutenus par Moscou depuis 20 ans, restent très... préoccupants, et l'existence même de ces événements semble démontrer combien l'Europe démocratique est impuissante face à une Russie déterminée à recouvrer son hégémonie passée, au détriment des peuples qu'elle soumet, au détriment de l'Europe qu'elle manipule.


Date, heure : le 23 FEVRIER à 15 HEURES

Lieu de la manifestation : PLACE SHUMAN, 1040 BRUXELLES

Pour info : Nicolas Werth, Les crimes de masse sous Staline (1930-1953), Encyclopédie en ligne des violences de masse, [en ligne], publié le 28 décembre 2009, consulté le 22 février 2010, URL : http://www.massviolence.org/Les-crimes-de-masse-sous-Stal...-1930-1953, ISSN 1961-9898

Personne de contact : mail via ce blog (bouton « couriel » à gauche!)

 

Derek Prager

Tbilisite.skynetblogs

 

 

19/02/2010

Résumé de la situation en Abkhazie

Après sa rencontre avec Dmitri Medvedev, Sergueï Baghapsh, le chef du régime séparatiste pro-Russe de la province géorgienne occupée d’Abkhazie, résume sa dernière visite à Moscou en parlant du déploiement des forces militaires russes sur le territoire abkhaze qui aurait été une décision prise par son gouvernement, et non par l’occupant russe. Dans les bureaux de l'agence de presse Itar Tass, le chef du régime séparatiste a aussi rencontré le président de la diaspora géorgienne Mikheil Khubutia. Mr Khubutia a déclaré aux journalistes, après la réunion, qu'ils ont parlé du problème de l`intégrité territoriale de Géorgie, que leurs positions divergeaient, mais toutefois, il estime que le dialogue doit être poursuivi. Medvedev, quant à lui, vient de déclarer le président géorgien Mikheil Saakashvili « persona non grata en Russie »... belle démonstration d’ouverture et de démocratie pour la Russie!

L'OTAN dénonce la signature mercredi d'un accord russo-abkhaze sur le déploiement d'une base militaire russe dans la province abkhaze. "L'OTAN considère les accords passés entre la Russie et les territoires géorgiens comme illégitimes, la position de l'OTAN à ce sujet reste inchangée", a indiqué Mme Romero citée par les médias internationaux. Elle a fortement critiqué la Russie d’avoir signer cet accord avec le régime fantoche de l'Abkhazie séparatiste, impliquant la construction d'une base militaire. La porte-parole de l'OTAN a aussi exprimé la position officielle de l'alliance concernant la coopération de la Fédération de Russie avec les séparatistes. Elle dit que l'accord signé viole les accords existants et a appelé Moscou à revenir sur la décision. «L'Alliance appelle la Russie à retirer ses troupes à la ligne où elles se trouvaient avant le conflit d'août 2008 et insiste sur l'accès des observateurs "à l'ensemble du territoire géorgien" ». L'accord porte sur une durée de 49 ans avec prorogation automatique tous les 15 ans, en contradiction avec les accords précédemment signés par Moscou, notamment le document de Sarkozy signé à la fin de la guerre de 2008.

A Gali, village géorgien et ethniquement géorgien situé en Abkhazie le long de la frontière avec la Mengrelie, où les soldats de la force d’occupation russe enlèvent et rançonnent nombre d’habitants chaque semaine, la situation est catastrophique : un mur de séparation, avec postes de gardes, tours d’observations etc..., se construit, pareil à celui de Berlin, sous l’oeil incrédule des observateurs européens présents en face... impuissants face aux enlèvements, face au nettoyage ethnique qui, tant que les soldats russes seront présents sur la terre géorgienne, ne cesseront jamais.

« L’indépendance » tant souhaitée par les abkhazes, ce ne sera jamais les russes qui la leur offriront, la Russie n’y ayant aucun intérêt. L’Abkhazie ne les intéressant que pour sa situation géopolitique, le peuple, comme depuis plusieurs siècles, n’ayant aucune valeur à leurs yeux, aucun effort d’aucune sorte n’est réalisé par les forces d’occupations en vue d’améliorer les conditions de vie des Abkhazes. Ils sont dépouillés de leurs terres au profit des oligarques et autres amis du régime de Poutine qui y construisent des datchas tout le long de la côte, de Sukhumi jusque Sochi, quand ce n’est des bases militaires, base navale, etc... La langue abkhaze n’étant plus la langue officielle, remplacée de plus en plus par le russe, alors même que le prétexte des abkhazes pour se séparer du reste de la Géorgie est basé sur leur besoin – légitime et toujours soutenu et guaranti par Tbilissi – de protéger leur culture.

A Sochi, ancienne ville géorgienne offerte par Staline à la Russie soviétique, les travaux continuent en préparation aux jeux olympiques d’hiver de 2014, faisant beaucoup de dégats sur les terres abkhazes, à croire qu’ils utilisent l’Abkhazie comme réservoir de matières premières naturelles tels les gravats du fond des rivières, dragués puis envoyés à Sochi, créant d’importants dégats écologiques, par exemple. La réserve de main d’oeuvre n’est pas Abkhaze, par contre,, ce qui crée quelques tensions parmis les citoyens abkhazes dont bon nombre est sans travail depuis... 20 ans.

15/12/2009

L'Europe et ses contradictions... stratégiques?

L'Europe et ses contradictions... stratégiques?

Les faiblesses que la Russie apprécie.

Depuis la guerre russo-géorgienne du mois d'août 2008, l'Europe s'est très fortement fragilisée face à la politique étrangère de messieurs Poutine, Medvedev et autre Lavrov. Ce que nous constatons au travers de nombreuses décisions, de nombreuses démarches entreprises par certains membres de la communauté européenne. Petit rappel historique :

Dès le début de 2008, le gouvernement géorgien, via le Conseil de l'Europe, a maintes fois averti la communauté internationnale de l'intention affichée par la Russie de renforcer ses troupes en présence dans les provinces séparatistes d' « Ossétie du Sud » et d'Abkhazie, en contradiction des accords de paix signés après la guerre civile de 1992, ainsi que d'autres infractions graves commises par le pouvoir russe dans le cadre de ses responsabilités en tant que « force de maintien de la paix » dans ces deux provinces.

La distribution de passeports russes aux citoyens légalement géorgiens des deux territoires fut sans aucun doute la plus grande provocation de la Russie non seulement vis-à-vis des géorgiens, mais surtout vis-à-vis de la communauté internationale. Mais, bien entendu, l'erreur commise par cette dernière a été d'admettre, en 1992, que seule les forces russes seraient présentes en Géorgie en tant que force d'interposition entre les séparatistes et Tbilissi. Une Russie pas très neutre, et dont tous connaissaient les intérêts dans le sud Caucase, ne pouvait qu'amener à une solution violente de règlement de ce conflit à leurs seuls profits.

Depuis 1992, la Russie, bien installée en Géorgie pour des années dans un statu-quo relatif, a uniquement joui de sa position pour envenimer la situation déjà explosive entre les parties. De provocations en provocations, sans autre réaction que la simple constatation des faits par les observateurs européens présents dans la région.

Lorsque Mikhaeil Saakashvili arrive au pouvoir en 2003, après la Révolution des Roses, il affiche clairement sa volonté de régler la « question des séparatismes » lors de son mandat, et très rapidement contraint le gouverneur pro-russe d'Adjarie de quitter le pouvoir. Ceci se passe sans aucune violence de la part de Tbilissi: c'est le peuple adjare qui réclame la démission d'Aslan Abashidzé à Batoumi, en mai 2004. Depuis, la province adjare, dont aucune infrastructure ne fut modernisée depuis la chute de l'empire soviétique, peut se venter d'être entrée au XXIème siècle dans l' « ère moderne », pour le plus grand bonheur de ses 400,000 citoyens. Mais pour l'Abkhazie et l' « ossétie du sud », qui ont une frontière commune avec la Russie, c'est nettement plus compliqué. La diplomatie russe, sous le contrôle de Lavrov, n'a aucun désir de voir le gouvernement pro-occidental de Tbilissi récupérer leurs territoires. Les provocations, d'un côté comme de l'autre, vont dès lors se multiplier en nombre et en intensité. Sous l'oeil des observateurs européens, impuissants. Mais, un fait est certain, l'Europe sait ce qui se passe, mais n'intervient pas. De toute façon, quoi qu'elle décide, la Russie ne respectera aucune de ses obligations. Tbilissi patiente.

Mais plusieurs événements vont contraindre les russes à intensifier leurs provocations envers la Géorgie. La Russie, dont l'économie repose essentiellement sur la vente des hydrocarbures à l'Europe, voit d'un très mauvais oeil le projet de contournement de leur territoire par le pipeline Nabucco, projet de multinationales européennes et américaines pour amener les hydrocarbures azerbaidjanais et irakiens de la Mer Caspienne vers l'Europe centrale et du sud via la Géorgie et la Turquie. Rendre le Caucase instable ruinerait ce projet, et la Russie aurait ainsi le quasi-monopole du gaz vendu à l'Europe, via l'Ukraine et via deux autres projets, russes ceux-là: Southstream et Northstream. Poutine, avec diabolisme et autres manipulations diverses, envoie les patrons de Gazprom recruter des investisseurs en Europe : Shröder, l'ex-chancelier allemand (engagé par Gazprom dès l'élection de Mme Merkel), Berlusconi et le groupe italien ENI, et Sarkozy via EDF, décident d'injecter des millions d'euros dans les projets russes, en totale contradiction avec les recommandations de la Communauté Européenne qui soutient Nabucco, plus désireuse de diversifier l'approvisionnement en gaz que d'empocher des dividendes de Gazprom.

Lorsque l'on sait tout cela, on comprend qu'on peut légitimement avoir de gros soupçons sur qui a provoqué qui dans le déclanchement de la guerre d'août 2008. Rappelons-le, outre de nombreuses victimes des génocides organisés par les milices ossètes et abkhazes soutenus par les « forces de paix » russes (voir rapport Tagliavini), cette guerre a vu des centaines de milliers de personnes déplacées : leurs villages entièrement détruits par l 'armée russe entre le 1 août et le 15 août ne leur donnant d'autres choix que de fuir vers Tbilissi. Les deux provinces séparatistes ont été totalement vidées de leurs citoyens autres que russes, abkhazes ou « sud-ossètes ».

La signature de cessez-le feu entre Sarkozy, Medvedev et Saakashvili a sans aucun doute sauvé l'état géorgien d'une totale annexion à la Russie - projet initial de Poutine - mais n'a rien résolu quant au fond. D'autant que Moscou, en reconnaissant l'Abkhazie et l' « ossétie du sud », se donne ainsi le droit de ne respecter aucun des points d'accords du cessez-le-feu en question, et laissant ainsi dans l'impunité totale les criminels de guerre russes, abkhazes, ossètes... (Pour pousser la provocation, nombre de ces criminels de guerre viennent d'être décorés par Medvedev...)

De toute manière, la Russie a toujours été la nation de l'impunité totale : les dizaines de millions de morts du soviétisme n'ont toujours pas été "vengés", contrairement à ceux de l'Allemagne nazie, ou du Rwanda, de Serbie, du Kosovo... Alors pourquoi s'en ferait-elle?

Ria Novosti, agence de presse sous la coupe de la propagande ex-soviétique, étant une des seules sources d'informations pour les agences occidentales, l'opinion publique européenne ne peut comprendre le conflit russo-géorgien que du point de vue russe, donnant raison à l'intervention de l'armée russe en ossétie sous couvert de « protection des citoyens russes », alors que ce sont les russes eux-même qui 1. ont distribué illégalement les passeports russes - de gré ou de force - aux ossètes, 2. ont attaqué les villages géorgiens d'ossétie - bien avant le 8 août, s'attendant à une riposte de l'armée géorgienne de maintien de la paix pour protéger ses citoyens, et 3. ont depuis des mois préparé cette intervention, amassant des milliers d'hommes et de matériels dans le Caucase Nord aux frontières géorgiennes, etc... (voir le documentaire du cinéaste russe Andrei Nekrasov « Russian Lessons »)

Le gouvernement géorgien, dont les seuls torts ont été de vouloir se rapprocher de l'Europe occidentale et se moderniser au même rythme que les autres pays démocratiques sortis de l'Empire Russe après la chute du mur de Berlin, et de permettre aux gazoducs européens BTC et Nabucco de passer sur son territoire en contournant la Russie, se voit à présent sanctionnée par ce même monde occidental auquel ils souhaitaient s'allier idéologiquement, culturellement et économiquement, et, pour se protéger de la folie des grandeurs russes, militairement.

L'allemagne, l'Italie et la France jouent à présent un très mauvais rôle pour la Géorgie. Sarkozy et Kouchner, les instigateurs de la « paix » entre Russie et Géorgie en 2008, souhaitent vendre des navires de guerre aux russes qui, bien entendu, jubilent de ce que leur propagande donne comme résultat inatendu ! Ceux qui ont « sauvé » la Géorgie vendant du matériel militaire de pointe aux aggresseurs... et ce n'est pas une blague! Une poignée de navires de la classe Mistral dans la Baltique et la mer Noire ferait une grande différence. «Dans le conflit en août dernier un navire comme cela aurait permis à la flotte de la mer Noire d' accomplir sa mission en 40 minutes, et non pas 26 heures, ce qui est le temps qu'il nous a fallu,"a récemment déclaré l'amiral commandant la marine russe Vladimir Vyssotski, se référant à l'invasion russe de la Géorgie en août 2008. (Blog du JDD)

Oui, l'Europe joue un drole de jeu! D'un côté ils fêtent la chute du mur de Berlin, et d'un autre ils sont muets face au nouveau mur soviétique séparant les provinces sécessionistes du reste de la Géorgie... Et ce n'est certes pas les nouveaux patrons de la CE - Van Rompuy en tête, qui vont changer quoi que ce soit. Imaginez un têtes à têtes Poutine/Lavrov/Medvedev - Van Rompuy/Baroso/Ashton ! Savent-ils seulement que la Géorgie existe?

Et les Etats-Unis, dans ce contexte, que fait-elle? Obama soutient, comme le reste de la communauté internationale sauf Nicaragua et Venezuela pro-russes, l'intégrité territoriale géorgienne, mais doit prendre en considération le besoin de rapprochement avec la Russie sur plusieurs dossiers, notamment le dossier Afghan (encore un problème créé par l'URSS en toute impunité). Mais l'aide américaine à la Géorgie est réelle. Des millions d'euros d'investissement pour la reconstruction du pays après les bombardement russes, l'envoi d'instructeurs et de matériels de défenses aériennes, etc....

D.P.

Pétition contre la vente de Mistrals à la Russie par la France : cliquez ICI

"Boycott LUKOIL" reste d'actualité !

Pour tout renseignement, n'hésitez-pas à me contacter !


 

24/10/2009

Medvedev persiste, et signera une loi illégale aux yeux du "reste du monde", autorisant l'armée russe à intervenir où bon lui semble...


Le parlement russe fait passer le projet de loi sur l'utilisation de forces militaires à l'étranger...

La Douma a donc adopté le projet de loi sur la défense de ses citoyens hors-frontières. Les modifications apportées au projet de loi impliquent l'utilisation de forces militaires russes au-delà des frontières du pays.

Selon le point 10 de la loi sur la défense, les Forces armées de la Fédération de Russie seront autorisées à repousser une attaque contre des unités militaires russes, sur d'autres forces ou organismes stationnés en dehors de la Russie; à repousser ou à prévenir une attaque armée contre un autre Etat suite à une demande d'aide; protéger les citoyens de la Russie à l'étranger à partir d'une attaque armée contre eux.

Le projet de loi a été présenté au Parlement à l'initiative du président russe Dmitri Medvedev. Jusqu'au vote, aucune question n'a été soulevée lors de la discussion. Les députés ont unanimement soutenu la proposition de Medvedev. Le projet de loi doit passer par les mêmes procédures à la Chambre haute du parlement, le président devra ensuite la signer, et la nouvelle loi entrera en vigueur dès la nouvelle année.

D.P. d'après Rustavi2 et Ria Novosti

 

 

 

13/10/2009

Václav Havel, critique de la politique russe

Václav Havel, critique de la politique russe.

Vingt ans après avoir dirigé la révolution de velours », ouvrant la voie à la montée de la démocratie en Europe orientale, Václav Havel, dramaturge et dissident, qui est devenu le premier président de la "Tchécoslovaquie libre", interviewé à Berlin par Newsweek (Michael Levitin) pour discuter de la "peur de la Russie", de l'importance de l'OTAN, et pourquoi certains de ses compatriotes sont encore nostalgiques de l'époque communiste.

"Notre attention envers la politique actuelle de la Russie a considérablement augmenté, et je pense qu'il ya des signes que la Russie cherche à étendre son influence de façon beaucoup plus sophistiquée qu'auparavant."

Interrogé sur les chances de la Géorgie et l'Ukraine à devenir membres de l'OTAN, Václav Havel a déclaré que l'OTAN et l'UE a besoin de déterminer les frontières géographiques. "L`OTAN, comme l'UE, se fonde sur certaines valeurs. Mais par la même occasion, les deux organisations ont besoin d'une définition géographique, et ils doivent être conscients de leurs limites géographiques. À mon avis, cette frontière longe la frontière de la Russie de l'Ouest avec l'Ukraine, la Biélorussie, etc, et la Géorgie est une partie de l'Europe dans ce sens. Toutefois, l'OTAN ne peut pas devenir une deuxième Conférence des Nations Unies."

Et donc... La Russie va construire 20 villes militaires en Ossétie du Sud...

L'Ossétie du Sud va bientôt se transformer en une base militaire de la Fédération de Russie: Moscou envisage de faire construire une vingtaine de villes militaires dans la région sécessionniste.

L'"ambassadeur" d'Ossétie, Dmitri Medoev, a confirmé le rapport envoyé aux agences de presses russes. Il a annoncé que les travaux de construction sont en cours et que ce sont surtout les Tchétchènes sont embauchés comme travailleurs.

Ni Medoev, ni les agences de presses précisent le nombre des soldats qui seront déployés en Ossétie du Sud par la Russie. Les constructions ont débuté suite aux accords de coopération signés par la Russie avec le régime fantoche de Kokoïty.

La décision a déjà été contestée par les habitants de la région. Le journaliste Teimuraz Tskhovrebov a dit que l'opposition et une partie de la population ne veut pas devenir les serviteurs du personnel militaire russe....

D.P. d'après Newsweek et Rutavi2