30/05/2009

Une fois n'est pas coutume: quelques réflexions sur la couverture médiatique francophone à propos des événements en Géorgie et en Russie.

Quelques réflexions sur la couverture médiatique francophone à propos des événements en Géorgie et en Russie.

 


Alors que cela bouge au niveau diplomatique européen, étasunien voire japonais, aucun média francophone de premier plan n'a la possibilité de diffuser des infos correctes ou pertinentes à propos du nouvel impérialisme russe et de ses conséquences humanitaires désastreuses prévues pour les peuples du Caucase nord et sud ou pour les peuples des états de la CEI dirigés par des présidents marionnettes.

Et à propos de l'ensemble des événements en Géorgie.

Heureusement, certaines chaînes, pourtant liées elles aussi aux lois de l'audiance, échappent, grâce à leur spécificités (chaînes exclusivement d'infos - France24 et dans une moindre mesure BFM par exemple), aux auto-contraintes des chaînes nationales généralistes, d'état ou non.

Nous pouvons bien entendu parler des médias sur internet, parfois indépendants. Parfois.

Sur Tbilisite, autant que possible, seules les informations recoupées aux témoignages directs vous sont transmises.

Si nous pouvons lire dans "Le Soir" que la manifestation de l'opposition, place de la Victoire à Tbilissi, "a rassemblé plus de 30.000 personnes aujourd'hui", alors que j'ai des témoignages de plusieurs personnes sur place me disant qu'un maximum de 7000 personnes peuvent remplir l'endroit en question, qu'il y a encore beaucoup de vides dans la "foule"... Mais je ne me pose pas de questions car le même jour nous pouvons aussi lire sur Ria Novosti (Russie) que "30.000 personnes sont attendues pour les manifs de ce jour"... C'est donc que nous savons où la RTBF ou l'AFP prennent leurs informations pour ce qui concerne le conflit russo-géorgien.

Si vous avez la possibilité de regarder une conférence de presse à Tbilissi, vous remarquerez que tous les labels des micros sont géorgiens, azéris ou, rarement mais parfois, russes. Aucun correspondant sur place, c'est ce qui expliquerait autant d'absurdités racontées par les occidentaux?

Exemple:

Manifestations à Tbilissi, sur la Une (RTBF):  Diffusion d'une interview d'un leader de l'opposition radicale. Images: le président Saakashvili en discussion avec Sarko et Kouchner, puis mangeant sa cravatte, des images vieilles de plus de 8 mois pas vraiment à son avantage, avec en commentaire les critiques de l'opposition à l'encontre du président, sans aucun avis d'un membre du parlement, par exemple.

N'hésitez pas, lorsqu'un sujet vous interpelle dans les médias traditionnels, à fouiller plus profondément. Vous serez surpris de ce que l'on découvre dans la plupart des cas! Nos médias se contentant généralement d'une seule source, AFP ou Ria Novosti, ou des très diffusées déclarations de Poutine, mais jamais personne en contradiction.

Et dire que l'opposition radicale reproche aux médias nationales d'être trop proches de Saakashvili, et de ne pas respecter la démocratie. Plaçons Rustavi2 et la RTBF côte à côte pour une course "corruption", qui gagnerait, loin devant?

D.P.

14/04/2009

La guerre des médias n'a pas eu lieu.

 

Aujourd'hui, à Tbilissi, s'est tenu une réunion au ministère de la défense. L'administration géorgienne à invité les attachés militaires des délégations étrangères présentes dans la capitale à prendre connaissance du rapport géorgien sur les mouvements de troupes russes dans les territoires occupés.

L'attaché militaire Christian Fankode a déclaré après la réunion qu'ils étaient "préoccupés par les forces armées russes, ainsi que par la violation des eaux territoriales et de l'espace aérien géorgiens. Les informations que nous avons reçue de la partie géorgienne, coïncident avec les rapports de l'OSCE, l'ONU et l'UE" précise l'attaché militaire allemand.

Neuf mois après la fin de la guerre, on vous démontre que l'administration géorgienne n'exagère en rien la gravité des violations russes, et, ainsi nous démontre une nouvelle fois qu'elle ne nous ment pas. Chaque journée passée à écouter les déclarations du gouvernement ou d'un ministère géorgien avant, pendant et après la guerre (j'étais sur place du 21 juillet au 13 août) ont montré combien les autorités ont été honnêtes, jour après jour, envers leurs citoyens.

Les descriptions des événements relatés heure après heure depuis le 1er août, date du début des provocations des milices ossètes sous les ordres des russes, étaient aussi exactes que possible, peut-on prouver de plus en plus avec le temps. Des informations en constantes contradictions avec ce qui nous arrivait de Moscou, bien entendu. Et comme leurs diverses accusations (débiles pour ceux et celles qui connaissent la mentalité géorgienne) ne sont vérifiables qu'en enquêtant sérieusement dans les territoires séparatistes, les occupants russes empêchent les enquêteurs européens d'y accéder. L'UE laisse faire, trop heureuse de reprendre son business avec la Russie. (Détail : si abandon du projet Nabucco pour cause d'instabilité dans le Caucase, Schreuder et Berlusconi vont s'en mettre plein les poches, ayant de gros intérêts financiers privés dans Gazprom...)

Quand je pense à ce Dubié, sénateur belge, démocrate, etc... qui ose faire la leçon à Saakashvili parce qu'il est sois-disant tombé dans la provocation des russes, alors qu'il y est tombé lui-même les yeux grands ouverts et a osé ensuite répendre leurs inepties made in ussr, mensonges et manipulations russes sortant de sa bouche (sans s'en rendre compte ?!? A mon avis, il savait très bien ce qu'il faisait) et alimentant - grosse pub écolo - les médias anti-Bush/Cheney, et tout content d'ajouter son grain de sable dans les rouages de l'administration américaine et, surtout, de l'Otan... Pitoyable ! Mais tellement plus confortable que d'être journaliste anti-Poutine/Medvedev en Russie... (cfr Anna Politkovskaia, Dieu ait son âme)

Non, la guerre des médias n'a pas eu lieu. Il n'y eu que totale désinformation de la part des Russes, chaque info de leur part ayant été entièrement construite selon ce qu'ils voulaient qu'on croit, nous, occidentaux naïfs vis-à-vis du régime de Poutine. Il y a de (très très très) nombreux exemples, dont quelques-uns postés sur TbiliSite depuis presque 4 mois.

D.P.