23/02/2010

L E S G R O S T I T R E S D E L A V R O V

L E S   G R O S   T I T R E S   D E   L A V R O V

Sergueï Lavrov, lors de son interview à la station de radio Ekho Moskvy la semaine dernière, a une nouvelle fois diffusé les contre-vérités usuelles concernant l'agression de la Russie en août 2008. Niant les faits rapportés dans le rapport Tagliavini de l'Union Européenne, lequel est, rappelons-le, clair quant aux accusations de fortes provocations de la part des russes, que ce soit en Abkhazie ou en « Ossétie du sud », les jours précédant le 07 août.

Rappelons qu'avant d'intervenir et de déclencher ce qui deviendra une (tentative d') invasion totale de la Géorgie (en prenant soin de continuer le nettoyage ethnique débuté il y a près de 20 ans dans les deux provinces séparatistes, de piller, d'assassiner, de raser les villages géorgiens et de bombarder des civils dans tout le pays...) il a été clairement établi que Moscou n'a jamais considéré son rôle de « force de maintien de la paix » comme tel, mais bien comme une force d'abord de préparation à l'annexion de l'Abkhazie et de l' « ossétie du sud », ensuite de russification massive et intensive des populations par le FSB, empêchant en cela toute idée d'un retour à la mère-patrie géorgienne, avec en « récompense » l'octroi d'un passeport russe, de force pour certains, sur le territoire géorgien, bafouant les lois plus élémentaire du droit international. Et enfin la remise en état des infrastructures leur permettant de faire pénétrer très rapidement leurs armées et leurs blindés stationnés juste de l'autre côté des frontières géorgiennes depuis plusieurs mois... Tout cela sans sanctions, sans même d'avertissements de la part de la communauté internationale. L'Europe a laissé faire, sans doute trop occupée à se demander quel serait le prix à payer pour... sa prochaine facture de Gaz russe.

Je cite Lavrov : « Moscou n'avait pas de plans pour s'emparer de Tbilissi en août 2008. C'est M. Saakachvili qui parle toujours de cela », ajoutant que « une idée comme celle-ci ne peut provenir que de son imagination malade. (Le journaliste a répondu en disant que Saakachvili parle quand il n'a aucune cravate dans sa bouche. Haha.) Notre tâche [en août 2008] a été facile: elle était de défendre les citoyens pacifiques et nos casques bleus. Comme pour les actions hors des frontières de l'Ossétie du Sud, sur le territoire de la Géorgie, nous avons travaillé uniquement sur les points d'où provenaient les tirs visant l'Ossétie du Sud », a donc déclaré le ministre russe, ajoutant que, lorsque cette tirs ont cessé, les troupes russes étaient de retour sur territoire sud-ossète.

« Rien n'était prévu », a- t-il encore ajouté. Quel cynisme... Les troupes russes, suivies par des milices et mercenaires divers, tout en bombardant Poti, Gori, Tbilissi, Kutaisi, Telavi, Batumi, Bakuriani et 36 villages répartis dans toute la Géorgie, sont descendues jusque Kaspi... 30 km de Tbilissi. Sans l'intervention (10 ans trop tard) de l'Europe et de Sarkozy (qui a très mal géré cette crise, soi dit en passant), Là aussi, ce sont des faits depuis longtemps dénoncés, mais pour lesquelles la force de la propagande russe a réussi à jeter le discrédit aux yeux des médias occidentaux.

Le Rapport Tagliavini... Parlons-en. Incomplet bien que déjà pas mal documenté, un résumé tendancieux, probablement tronqué par maintes fausses preuves (notons que les éléments fournis par Tbilissi étaient accompagnés de nombreuses preuves en images satellites et autre enregistrement, ce que les russes étrangement n'ont pu faire). Sa remise au parlement européen eu lieu le 30 septembre 2009, et déjà à partir du 26 septembre les russes faisaient courir le bruit - via Lavrov notamment - que c'étaient les géorgiens qui avaient commencé la guerre, et que Moscou n'avait fait que son devoir en tentant de protéger « sa population » (des russes donc, depuis la distribution généreuse de passeports russes en ossétie du sud). Quatre jours avant que Mme Tagliavini remette ce rapport... Le lavage de cerveaux, ceux de nos journalistes en premier, ceux de nos élus en second, ont pour beaucoup été convaincus de la véracité de ce discours. Pour preuve, les titres des articles parus à l'époque. Sans équivoque, c'est Tbilissi qui attaqua le premier! Sans équivoque? D'accord, les titres le disent. Il ne faut pas fâcher Moscou. Mais lisez les articles jusqu'au bout, ces articles que la plupart des lecteurs ne prennent la peine de lire, ni même le FSB apparemment, et déjà le journaliste un peu pus scrupuleux nous nuance son titre,expliquant ce que moi-même je vous explique ici : LE mensonge russe.

Un jour sera diffusé sur nos ondes le film de Sir Andrei Nekrasov, cinéaste-documentariste russe présent en Ossétie et en ossétie du sud avant, pendant et après la guerre. "Les Leçons Russes", un reportage. Pas une fiction comme celle sortie des studios du FSB. Du vécu, et par un russe qui plus est!

Lavrov devrait en chiquer ses boutons de manchettes... mais vu l'aisance avec laquelle il trompe le monde, je doute qu'un seul sourcil ne fronce.

 

D.P.

 

15/12/2009

L'Europe et ses contradictions... stratégiques?

L'Europe et ses contradictions... stratégiques?

Les faiblesses que la Russie apprécie.

Depuis la guerre russo-géorgienne du mois d'août 2008, l'Europe s'est très fortement fragilisée face à la politique étrangère de messieurs Poutine, Medvedev et autre Lavrov. Ce que nous constatons au travers de nombreuses décisions, de nombreuses démarches entreprises par certains membres de la communauté européenne. Petit rappel historique :

Dès le début de 2008, le gouvernement géorgien, via le Conseil de l'Europe, a maintes fois averti la communauté internationnale de l'intention affichée par la Russie de renforcer ses troupes en présence dans les provinces séparatistes d' « Ossétie du Sud » et d'Abkhazie, en contradiction des accords de paix signés après la guerre civile de 1992, ainsi que d'autres infractions graves commises par le pouvoir russe dans le cadre de ses responsabilités en tant que « force de maintien de la paix » dans ces deux provinces.

La distribution de passeports russes aux citoyens légalement géorgiens des deux territoires fut sans aucun doute la plus grande provocation de la Russie non seulement vis-à-vis des géorgiens, mais surtout vis-à-vis de la communauté internationale. Mais, bien entendu, l'erreur commise par cette dernière a été d'admettre, en 1992, que seule les forces russes seraient présentes en Géorgie en tant que force d'interposition entre les séparatistes et Tbilissi. Une Russie pas très neutre, et dont tous connaissaient les intérêts dans le sud Caucase, ne pouvait qu'amener à une solution violente de règlement de ce conflit à leurs seuls profits.

Depuis 1992, la Russie, bien installée en Géorgie pour des années dans un statu-quo relatif, a uniquement joui de sa position pour envenimer la situation déjà explosive entre les parties. De provocations en provocations, sans autre réaction que la simple constatation des faits par les observateurs européens présents dans la région.

Lorsque Mikhaeil Saakashvili arrive au pouvoir en 2003, après la Révolution des Roses, il affiche clairement sa volonté de régler la « question des séparatismes » lors de son mandat, et très rapidement contraint le gouverneur pro-russe d'Adjarie de quitter le pouvoir. Ceci se passe sans aucune violence de la part de Tbilissi: c'est le peuple adjare qui réclame la démission d'Aslan Abashidzé à Batoumi, en mai 2004. Depuis, la province adjare, dont aucune infrastructure ne fut modernisée depuis la chute de l'empire soviétique, peut se venter d'être entrée au XXIème siècle dans l' « ère moderne », pour le plus grand bonheur de ses 400,000 citoyens. Mais pour l'Abkhazie et l' « ossétie du sud », qui ont une frontière commune avec la Russie, c'est nettement plus compliqué. La diplomatie russe, sous le contrôle de Lavrov, n'a aucun désir de voir le gouvernement pro-occidental de Tbilissi récupérer leurs territoires. Les provocations, d'un côté comme de l'autre, vont dès lors se multiplier en nombre et en intensité. Sous l'oeil des observateurs européens, impuissants. Mais, un fait est certain, l'Europe sait ce qui se passe, mais n'intervient pas. De toute façon, quoi qu'elle décide, la Russie ne respectera aucune de ses obligations. Tbilissi patiente.

Mais plusieurs événements vont contraindre les russes à intensifier leurs provocations envers la Géorgie. La Russie, dont l'économie repose essentiellement sur la vente des hydrocarbures à l'Europe, voit d'un très mauvais oeil le projet de contournement de leur territoire par le pipeline Nabucco, projet de multinationales européennes et américaines pour amener les hydrocarbures azerbaidjanais et irakiens de la Mer Caspienne vers l'Europe centrale et du sud via la Géorgie et la Turquie. Rendre le Caucase instable ruinerait ce projet, et la Russie aurait ainsi le quasi-monopole du gaz vendu à l'Europe, via l'Ukraine et via deux autres projets, russes ceux-là: Southstream et Northstream. Poutine, avec diabolisme et autres manipulations diverses, envoie les patrons de Gazprom recruter des investisseurs en Europe : Shröder, l'ex-chancelier allemand (engagé par Gazprom dès l'élection de Mme Merkel), Berlusconi et le groupe italien ENI, et Sarkozy via EDF, décident d'injecter des millions d'euros dans les projets russes, en totale contradiction avec les recommandations de la Communauté Européenne qui soutient Nabucco, plus désireuse de diversifier l'approvisionnement en gaz que d'empocher des dividendes de Gazprom.

Lorsque l'on sait tout cela, on comprend qu'on peut légitimement avoir de gros soupçons sur qui a provoqué qui dans le déclanchement de la guerre d'août 2008. Rappelons-le, outre de nombreuses victimes des génocides organisés par les milices ossètes et abkhazes soutenus par les « forces de paix » russes (voir rapport Tagliavini), cette guerre a vu des centaines de milliers de personnes déplacées : leurs villages entièrement détruits par l 'armée russe entre le 1 août et le 15 août ne leur donnant d'autres choix que de fuir vers Tbilissi. Les deux provinces séparatistes ont été totalement vidées de leurs citoyens autres que russes, abkhazes ou « sud-ossètes ».

La signature de cessez-le feu entre Sarkozy, Medvedev et Saakashvili a sans aucun doute sauvé l'état géorgien d'une totale annexion à la Russie - projet initial de Poutine - mais n'a rien résolu quant au fond. D'autant que Moscou, en reconnaissant l'Abkhazie et l' « ossétie du sud », se donne ainsi le droit de ne respecter aucun des points d'accords du cessez-le-feu en question, et laissant ainsi dans l'impunité totale les criminels de guerre russes, abkhazes, ossètes... (Pour pousser la provocation, nombre de ces criminels de guerre viennent d'être décorés par Medvedev...)

De toute manière, la Russie a toujours été la nation de l'impunité totale : les dizaines de millions de morts du soviétisme n'ont toujours pas été "vengés", contrairement à ceux de l'Allemagne nazie, ou du Rwanda, de Serbie, du Kosovo... Alors pourquoi s'en ferait-elle?

Ria Novosti, agence de presse sous la coupe de la propagande ex-soviétique, étant une des seules sources d'informations pour les agences occidentales, l'opinion publique européenne ne peut comprendre le conflit russo-géorgien que du point de vue russe, donnant raison à l'intervention de l'armée russe en ossétie sous couvert de « protection des citoyens russes », alors que ce sont les russes eux-même qui 1. ont distribué illégalement les passeports russes - de gré ou de force - aux ossètes, 2. ont attaqué les villages géorgiens d'ossétie - bien avant le 8 août, s'attendant à une riposte de l'armée géorgienne de maintien de la paix pour protéger ses citoyens, et 3. ont depuis des mois préparé cette intervention, amassant des milliers d'hommes et de matériels dans le Caucase Nord aux frontières géorgiennes, etc... (voir le documentaire du cinéaste russe Andrei Nekrasov « Russian Lessons »)

Le gouvernement géorgien, dont les seuls torts ont été de vouloir se rapprocher de l'Europe occidentale et se moderniser au même rythme que les autres pays démocratiques sortis de l'Empire Russe après la chute du mur de Berlin, et de permettre aux gazoducs européens BTC et Nabucco de passer sur son territoire en contournant la Russie, se voit à présent sanctionnée par ce même monde occidental auquel ils souhaitaient s'allier idéologiquement, culturellement et économiquement, et, pour se protéger de la folie des grandeurs russes, militairement.

L'allemagne, l'Italie et la France jouent à présent un très mauvais rôle pour la Géorgie. Sarkozy et Kouchner, les instigateurs de la « paix » entre Russie et Géorgie en 2008, souhaitent vendre des navires de guerre aux russes qui, bien entendu, jubilent de ce que leur propagande donne comme résultat inatendu ! Ceux qui ont « sauvé » la Géorgie vendant du matériel militaire de pointe aux aggresseurs... et ce n'est pas une blague! Une poignée de navires de la classe Mistral dans la Baltique et la mer Noire ferait une grande différence. «Dans le conflit en août dernier un navire comme cela aurait permis à la flotte de la mer Noire d' accomplir sa mission en 40 minutes, et non pas 26 heures, ce qui est le temps qu'il nous a fallu,"a récemment déclaré l'amiral commandant la marine russe Vladimir Vyssotski, se référant à l'invasion russe de la Géorgie en août 2008. (Blog du JDD)

Oui, l'Europe joue un drole de jeu! D'un côté ils fêtent la chute du mur de Berlin, et d'un autre ils sont muets face au nouveau mur soviétique séparant les provinces sécessionistes du reste de la Géorgie... Et ce n'est certes pas les nouveaux patrons de la CE - Van Rompuy en tête, qui vont changer quoi que ce soit. Imaginez un têtes à têtes Poutine/Lavrov/Medvedev - Van Rompuy/Baroso/Ashton ! Savent-ils seulement que la Géorgie existe?

Et les Etats-Unis, dans ce contexte, que fait-elle? Obama soutient, comme le reste de la communauté internationale sauf Nicaragua et Venezuela pro-russes, l'intégrité territoriale géorgienne, mais doit prendre en considération le besoin de rapprochement avec la Russie sur plusieurs dossiers, notamment le dossier Afghan (encore un problème créé par l'URSS en toute impunité). Mais l'aide américaine à la Géorgie est réelle. Des millions d'euros d'investissement pour la reconstruction du pays après les bombardement russes, l'envoi d'instructeurs et de matériels de défenses aériennes, etc....

D.P.

Pétition contre la vente de Mistrals à la Russie par la France : cliquez ICI

"Boycott LUKOIL" reste d'actualité !

Pour tout renseignement, n'hésitez-pas à me contacter !


 

29/07/2009

La diplomatie américaine et russe hausse le ton.

Loin du langage diplomatique adopté par Obama avec la Russie, Joe Biden, lors d'une rencontre avec des jeunes réfugiés d'ossétie et d'abkhazie, a déclaré que « la Russie utilisé un prétexte pour envahir votre région, dans l'espoir de détruire l'économie et convaincre le peuple que la démocratie ne fonctionne pas. » En accusant la Russie de l'invasion après utilisation d'un «prétexte», Biden réitère la position qu'il a prise lorsqu'il s'est rendu en Géorgie au cours de la guerre en tant que candidat à la présidentielle. Une version condamnant une nouvelle fois la Russie non seulement d'avoir organisé le conflit mais aussi de ne pas respecter les accords de cessez-le-feu.

Il ajoute par ailleurs que les Etats-Unis soutiendront économiquement non seulement l'Ukraine et la Géorgie qu'il a visité la semaine dernière, mais aussi tous les pays de l'ancienne URSS qui le désirent, et qu'il soutiendrait toute demande d'adhésion à l'OTAN. « La Russie s'est elle-même isolée des pays qui l'entourent, y compris parmi ses plus fidèles alliés qui commencent à dire des choses très dures contre la Russie... » a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis n'ont pas confirmé la demande du gouvernement géorgien pour l'achat d'armes de défense anti-aérienne et de munitions anti-chars, mais a par contre confirmé l'envoi de formateurs pour l'armée géorgienne, et d'observateurs non-armés pour seconder les effectifs européens dont le mandat a été prolongé pour une durée d'un an.

La réaction de la Russie ne s'est pas faite attendre. Rogozine a immédiatement déclaré qu'il empêcherait toute vente d'armes à la Géorgie, et sanctionnerait tout pays qui ne tiendrait compte de cet avertissement. Le président Saakashvili, quant à lui, souhaite vivement avoir les moyens de se défendre contre une nouvelle attaque russe « tout à fait envisageable » et que le refus éventuel des Etats-Unis de lui fournir du matériel de défense aboutirait sans doute à une nouvelle tentative du Kremlin d'envahir son pays.

La diplomatie internationale ne peut, sous aucun prétexte, effacer les crimes perpétrés par la Russie ces dix dernières années pour des raisons commerciales (gaz/pétrole). Mais elle se doit aussi de maintenir des « relations normales » avec le Kremlin qui, ne l'oublions pas, possède le plus grand arsenal d'armes de destruction massive, et c'est pas peu dire. Le Kremlin le sait, et « joue » avec cette idée. Le « bouton reset » de madame Clinton ne fut qu'un jouet dans les mains de Lavrov... Ce que les pays européens ayant appartenu à la sphère soviétique comprennent et dénoncent depuis longtemps, mais que l'"ancienne Europe" ne peut réellement comprendre, ce qui implique une diplomatie extrêmement frileuse de la part de cette dernière, et des médias trop confiants en la "Nouvelle Russie" de Poutine (et Medvedev).

Avez-vous déjà visité la Russie, ces dernières années? Non pas uniquement Moscou ou Saint-Petersbourg, vitrines de cette "nouvelle Russie capitaliste" mise en avant par le Kremlin (villes extraordinaires brûlant sous les néons de l'occident), mais les campagnes ou les petites villes de province. Là où, déjà du temps de Staline et de ses successeurs soviets on ne mangeait que des pommes de terre en remerciant le pouvoir de ne pas les laisser crever de faim, ils n'ont même plus de pommes de terre! C'est aussi cela, la "nouvelle Russie"! Alors que ces dix dernières années, le pouvoir a amassé des milliards de pétro-roubles jamais réinvestis dans de quelconques infrastructures pourtant indispensables dans les campagnes...

Pendant ce temps-là... A Gali encore, une femme enceinte qui voulait rejoindre le seul hôpital de la région et devait passer par le fameux pont contrôlé par les miliciens abkhazes et les russes, après avoir payé son « droit de passage » de 500 Laris (+/- 250$) aux miliciens, s'est vue refuser le passage par les soldats russes à l'autre extrêmité du pont, n'ayant plus les moyens de les payer. Je n'ai pas pu obtenir de ses nouvelles depuis, mais on peut imaginer dans quelles conditions elle a du accoucher, chez elle, sans assistance médicale. Pourrait-on imaginer un seul instant qu'un tel acte se produise dans nos pays « civilisés »? Ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres relatés chaque jour par les habitants des régions bordant les « frontières » administratives ossètes et abkhazes.

En Moldavie (pro-russe) où des élections ont eu lieu ce week-end, les observateurs géorgiens présents parmi les délégations d'observateurs internationaux, ont été empêchés de faire leur travail et ont été enfermés dans un local, sans aucune assistance - nourritures ou boissons, etc... C'est dire que les méthodes russes n'ont pas changé depuis Staline...

N'étant à Tbilissi que pour quelques heures, je n'ai hélas pas le temps de vous énumérer la totalité des nouvelles que nous avons ici, mais dès mon retour à Bruxelles, je vous promet un billet très complet sur la situation dans le pays, et bien d'autres choses encore dont je vous laisse la surprise.

Bonnes vacances à tous,

D.P.

 

30/06/2009

Pour remettre les pendules à l'heure.

Mis à jour à 22:43

Dans un communiqué publié lundi, avant le sixième cycle de négociations de Genève prévu pour le 1 Juillet, le ministère russe des Affaires étrangères (Sergei Lavrov) a déclaré que la prochaine réunion aura lieu dans le contexte des "conditions difficiles" suite à la clôture de la mission de l'OSCE et des missions d'observation des Nations Unies en Géorgie.

« Malgré la position constructive et transparente de la Russie en faveur du maintien des missions de l'OSCE et des Nations Unies dans le Caucase du Sud, la Géorgie et les partenaires occidentaux font de leur mieux pour stopper les activités des observateurs internationaux dans cette région instable. Pendant ce temps, la situation sur les frontières est toujours tendue, la police et les forces géorgiennes continuent leurs manœuvres à proximité de la frontière de l'Abkhazie et de l' « Ossétie du Sud ». Il est évident que la nouvelle situation dans le Trans-Caucase nécessite une réévaluation importante, y compris en matière de format et des perspectives des discussions de Genève. Face à la persistance de l'instabilité politique interne en Géorgie et de la détérioration de la situation socio-économique de la population, le risque de nouvelles flambées des tensions est lourd."

« Dans l'état actuel, le besoin de documents juridiquement contraignants sur le non-recours à la force doit gagner encore plus d'importance ... La communauté internationale devrait avoir de solides garanties que la terrible tragédie du mois d'août dernier ne se reproduira pas en Trans-Caucase".

La diplomatie russe (aïe, j'ai toujours les doigts qui aimeraient taper "soviétique"...) est décidément toujours d'une mauvaise foi extraordinaire. La liste de leurs crimes est si longue que la seule manière pour eux de s'en cacher est d'accuser les parties adverses. La meilleure défense... petite citation remise aux goûts du jour.

Ici encore, les russes s'emploient à tromper le monde - mais qui trompent-ils si ce n'est les ignorants et les aveugles - en agissant comme si ils avaient toujours été en droit de posséder quoi que ce soit du territoire géorgien. L'excuse du "Grand Frère Russe"est une "justification" non seulement stupide, mais aussi totalement inadéquate : tout au plus un lointain cousin, et encore, tant les différences entre slaves et caucasiens sont grandes.

La Russie, c'est l'ennemi héréditaire avec lequel il vaut mieux s'entendre, et cela les géorgiens en sont conscients depuis toujours. Et pas uniquement eux. (Mais peu importe, ni races ni peuples, soyons tous frères est ma devise...). Et en temps de paix, c'est leur richesse culturelle et une qualité artistique fabuleuse qui peut s'exprimer, dans les deux sens d'ailleurs. Avec Poutine comme avec nombre de ses prédécesseurs, ce ne peut être que guerres et dominations. L'Empire des vices.

La "zone d'influence", la "sphère russe"... Est-ce ainsi qu'il faut la préserver? Ils ont instrumentalisé les milices abkhazes et "ossètes", ils ont provoqué pendant de nombreuses années, on ne le dira jamais assez, la communauté internationale en s'imposant dans le sud-caucase avec un diabolisme digne de la pire des époques soviétiques, ils ont provoqué puis attaqué militairement la Géorgie en août dernier, bombardant villes et villages, massacrant, pillant, violant sans aucune retenue. L'Europe a laissé faire.

Même en admettant que la Géorgie ait effectivement attaqué sa province sécessioniste, ce qui a été depuis prouvé comme inexact, comment cette communauté internationale ne prend-elle immédiatement en compte tous ces crimes commis avant ce fameux mois d'août, histoire de se rattraper? Il serait judicieux de relire l'historique des interventions russes en Géorgie et plus spécialement dans les territoires actuellement annexés à l'Empire. Et russes et abkhazes et ossètes. 

Le discours de Moscou est un excellent exemple de mauvaise foi. Tentant de légitimer ces annexions par tous les moyens. Et profitant, surtout, du fait que le reste du monde s'est tu lorsque des passeports russes ont été distribués dans les provinces séparatistes, lorsque les armées russes et les milices ont attaqué nombre de villages géorgiens d'ossétie ou d'Abkhazie ces 5 derières années, lorsqu'ils finançaient les opposants au régime démocratique pro-occidental de Saakashvili, etc... la liste est trop longue!

Oui, l'Europe est responsable. Sourde et aveugle lorsqu'il s'agit de signer des contrats avec Gazprom ou Lukoil, elle n'est jamais intervenue pour remettre la diplomatie russe à sa place.

Lavrov, loin d'être idiot, martelle le monde de ses paroles abusives et illégales, sachant que l'occident n'a pas le choix: il doit s'allier à cette puissance pour se protéger de l'Iran (que la russie finance et pour qui ils construisent des centrales nucléaires), de la Corée du Nord (à qui ils vendent la technologie nucléaire militaire) ou de l'Afghanistan (qu'ils ont eux-même tenté d'envahir avec le succès que l'on sait, ce qui a engendré l'insécurité totale que l'on connaît actuellement dans la région), et pour garantir aux nouveaux états européens d'ex-urss l'approvisionement en énergies fossiles.

Les occidentaux ne veulent pas arrêter la surveillance aux frontières géorgiennes. Parce qu'il est impossible de se soumettre "aux nouvelles réalités" décrites et imposées par la Russie, cela vaudrait à reconnaître l'indépendance des deux provinces. Il n'y a donc qu'une seule manière pour les européens d'être cohérents avec la "vraie réalité": refuser la "nouvelle version russe", et donc refuser de ne pouvoir surveiller que les zones adjacentes aux provinces séparatistes pendant que les forces russes "surveilleraient" les territoires occupés.

Vous n'imaginez pas ce qu'ils ont détruits en Abkhazie et en Ossétie alors qu'ils ne sont théoriquement présents en Géorgie uniquement en tant qu'observateurs, en force de maintien de la paix. Et vous n'imaginez pas ce qu'ils peuvent détruire encore. Hier, j'ai visionné quelques photos et autres webcams de Sukhumi, la très belle (avant) "capitale" abkhaze. J'ai été extrêmement choqué d'y voir que toutes les enseignes, tous les panneaux, toutes les publicités sont en russe, et cela depuis seulement 3 ou 4 ans. Vis à vis de la population locale d'origine, c'est du lavage de cerveau. A la soviétique. 

La langue abkhaze, pourtant riche de dizaines de siècles, n'existe plus, et surtout pas dans les écoles. Le magnifique littoral de la Mer Noire n'est plus que Datchas pour dignitaires du régime de Moscou et bases militaires russes. Les Russes craignent que les géorgiens ne s’en prennent militairement à l’Abkhazie et/ou à l’ossétie, les accusant régulièrement d’organiser des patrouilles le long des frontières. Mais la Russie oublie que les Géorgiens, eh oui, sont CHEZ EUX en Géorgie (qui l’eût cru), alors qu'en même temps les milices abkhazes aidées par l’armée russe ont encore étendu leurs frontières, et mènent des attaques terroristes sur des villages en Géorgie, enlèvent des habitants, ou font exploser des centrales électriques ou des ponts. Qui provoque qui?

Tout le monde, y compris en Belgique, a entendu parler des manoeuvres de l’OTAN (qui étaient prévues depuis début 2008) en Géorgie, près de Tbilissi au mois de mai. Tous les journaux en ont parlé en disant « c’est une provocation ouverte dirigée contre la Russie » (Lavrov). Faut pas manquer d’air... Par contre, je n’ai nulle part vu dans ces mêmes médias que la Russie, pendant que j'écris ces lignes, organise des grandes manoeuvres quelques kilomètres au nord de la Géorgie encore plus importantes que celles qu’ils ont menées il y a juste un an, en juillet 2008 (au sujet desquelles personne n'a rien dit sauf à Tbilissi). La grosse artillerie, des tonnes de matériel, armée de terre, de l’air, missiles et tout ce qui va avec.

A propos, certains pensent que la Géorgie s'est sur-armée ces dernières années. Alors voici quelques chiffres :Russie (140,7 millions d'habitants en juillet 2008) : 19 141 millions de dollars et 1 004 000 hommes en 2000 -:- 31 181 millions et 3,6% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 35 181 millions en 2007. --:-- Géorgie (4,3 millions d'habitants en janvier 2008) : 27,2 millions de dollars et 27 000 hommes en 2000 -:- 362 millions et 5,2% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 592 millions en 2007. ( Souce : caucaz.com ) Pour un pays qui n'avait plus d'armée digne de ce nom en 2003, et qui se sait en danger à cause de son voisin, ce n'est pas tant que ça!

Il y aurait beaucoup à ajouter encore, sur les interventions russes dans la vie politique géorgienne, sur leur appropriation des richesses des provinces annexées illégalement, sur la construction de la cité olympique de la honte à Sochi (tiens, encore un territoire qui fut géorgien mais « offert » à la Russie par Staline) où des milliers d’ouvriers travaillent, venus de partout sauf d’Abkhazie, mais sont logés principalement en Abkhazie sans que cela ne rapporte un kopek aux abkhazes, etc...

La Géorgie en a gros sur le coeur. Après deux cents ans sous domination russe, soviétique puis à nouveau russe. Et ça, vous qui critiquez tant le besoin des géorgiens de se rapprocher d’avantage de l’Europe, des Etats-unis et de l’Otan, vous ne le comprendrez sans doute jamais, vous qui êtes heureux d'être libres depuis 1945... et pas grâce aux russes, quoi que vous pensiez.

D.P.

 

28/06/2009

L'OTAN et la Russie ont convenu de reprendre leur coopération politique et militaire

L'OTAN et la Russie ont convenu de reprendre leur coopération politique et militaire, malgré la persistance de "différences fondamentales" à propos de la Géorgie, a annoncé le Secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer ce 27 Juin.

La décision a été prise lors d'une réunion sur l'île grecque de Corfou entre les ministres des Affaires étrangères des 28 alliés de l'OTAN et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov.

L'alliance avait gelé les relations avec la Russie après la guerre d'août en Géorgie.

S'exprimant lors d'une conférence de presse après la réunion, Scheffer, qui est également président du Conseil OTAN-Russie (COR), a déclaré que les discussions ont été "ouvertes et constructives."

« Ce qui signifie que nul n’a essayé d’être au-dessus de nos différences, par exemple sur la Géorgie », a dit Scheffer. « Mais nous avons accepté - et c'est une très bonne conclusion à la réunion - de ne pas laisser ces désaccords porter l'ensemble du train CNRC à l'arrêt. »

«Il y a des différences d'opinions fondamentales sur la notion d'intégrité territoriale de la Géorgie », a-t-il dit, et a ajouté que des divergences persistent aussi pour la Russie de changer sa position et permettre à des observateurs de l'ONU et des observateurs de l'OSCE " d’être présents en Abkhazie et Ossétie du Sud, respectivement.

Il a également déclaré que « la Russie a besoin de l'OTAN et l'OTAN a besoin de la Russie » pour la stabilisation en Afghanistan, le trafic de drogue, la piraterie somalienne, le terrorisme et la prolifération nucléaire dans lequel les deux efforts conjoints étaient nécessaires.

Scheffer a déclaré que lors de la réunion le ministre Lavrov et d'autres ministres des Affaires étrangères ont soulevé le problème de la Géorgie "largement".

« Ces positions ne sont pas proches les unes des autres dans cette rencontre», a-t-il ajouté.

A la question sur les plans d'expansion de l'OTAN, Scheffer a répondu: "La porte de l'OTAN est ouverte – et en principe, vous savez que, dans l'ouest des Balkans il y a des pays qui frappent à la porte de l'OTAN..."

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a réaffirmé à l'issue de la réunion que la reconnaissance de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud par Moscou était "irréversible".

« Tous doivent accepter que les nouvelles réalités et les décisions prises par la Russie après le conflit, sont irréversibles», a-t-il dit. Qu’il parle pour eux. La Russie ne parviendra jamais à ce que d’autres nations reconnaissent ces provinces géorgiennes commes Etats indépendants.

Perso, j’aime bien le Nord-Pas-de-Calais. Je propose à la Belgique d’annexer cette région! D’abord, bien entendu, il faut y placer un ou deux milliers de belges, puis distribuer des passeports belges aux français, ensuite on assassine quelques villageois de Tourcoing puis on attend une réponse à la provocation, 1 an ou 2 ans, et si ça ne suffit pas encore, on bombarde Lille. Dès le premier tir français (donc sur son propre territoire),  l’armée belge intervient pour protéger ses ressortissants, et envahit tout le nord de la France, sous les hauts cris de l’Europe. Sarko intervient, mais trop tard: la Belgique reconnaît le Pas-de-Calais comme territoire indépendant, nous sans faire fuir, assassiner ou bruler la maison de tous ceux qui n’y ont pas accepté le passeport belge. Puis j’interdit à quiconque, même officiels, à passer la « nouvelle frontière belge », le temps de rendre l’annexion et la reconnaissance du nouveau pays « Tournaisi du Sud » irréversible.

Voilà exactement ce que la diplomatie russe essaie de nous faire accepter avec les provinces séparatistes. Pensez-vous réellement que quiconque puisse accepter cela sans rien dire, sans rien faire, au 21ème siècle?  Medvedev, Lavrov et autre Tchourkine devraient être en prison pour tout cela. Comme Karadzic, Tadic. Comme auraient du l’être Lenin, Staline.... Poutine... (suite logique)

Pour rappel, le TPI :

Juge les crimes contre les lois de la guerre applicables en temps de conflits armés internationaux et nationaux.

Juge les violations graves des Conventions de Genève, les violations des lois ou coutumes de la guerre, le génocide, et les crimes contre l'humanité. Ne juge pas les crimes contre la paix.

Pas de provision générale quant aux charges de complot. De telles charges ne figurent qu'en rapport au crime de génocide selon l'Article 4 (3) (b) du Statut. Selon l'Article 4 (3) (c) diriger et inciter au génocide est également un crime. Alors que le Statut ne déclare pas explicitement que les personnes reconnues coupables de participation à l'élaboration ou à l'exécution d'un plan concerté ou d'un complot de génocide sont responsables de tous les actes commis pour l'exécution de ce plan, ces mêmes personnes peuvent être reconnues responsables d'actes commis conformément à un tel plan, selon l'Article 7.

Le viol, l'emprisonnement et la torture relèvent tous du crime contre l'humanité lorsqu'ils sont commis en temps de guerre, contre la population civile. (...)

Selon le Statut du TPI, aucun lien avec un autre crime international n'est nécessaire pour qualifier un crime de crime contre l'humanité.

Voilà le texte que la Russie ferait bien de relire avant de continuer à s’approprier les biens et la vie d’autrui.

D.P. d'après Civil.ge

 

24/06/2009

Lavrov : une mauvaise foi redondante.

Ria Novosti - Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé utile la discussion à l'ouverture de la conférence annuelle sur la sécurité de l'OSCE mardi à Vienne, espérant que les partenaires de la Russie avaient entendu ses arguments supplémentaires en faveur d'un nouveau traité de sécurité européenne.

"Je considère comme utile la discussion d'aujourd'hui. Il est évident que nous n'avons pas trouvé des solutions à toutes les questions, mais je pense que les arguments supplémentaires que nous avons exposés suite à l'initiative du président russe Dmitri Medvedev pour conclure un Traité de sécurité européenne ont été entendus", a dit mardi le chef de la diplomatie russe lors d'une conférence de presse à Vienne.

Selon M.Lavrov, lors de la discussion, bien des questions ont été posées à la délégation russe mais tous se préoccupaient essentiellement des régions d'où émanait la menace.

"Il s'agissait, entre autres, de la crise dans le Caucase, de ses origines et des moyens d'en sortir, de la situation autour du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (Traité FCE), de la lutte contre le terrorisme, le narcotrafic et le crime organisé", a poursuivi le ministre.

Le président Medvedev a formulé en juin 2008 à Berlin l'idée d'un traité de sécurité en Europe dont les piliers sont le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des Etats, le non-recours à la force armée, le contrôle des armements et le principe selon lequel aucune organisation internationale n'a le droit exclusif d'assurer la sécurité en Europe.

En plein dans le mil ! Qui peut dire de quel respect de souveraineté territoriale il parlait, sans doute que, d'après lui, la Géorgie n'est pas un état. Comme on peut supposer aussi que la Russie n'est pas intervenue avec son armée en Géorgie, n'a pas distribué de passeport russes sur le territoire géorgien, et n'a pas engagé 13.000 hommes supplémentaires dans les provinces séparatistes depuis la fin de la guerre d'août. Et nous pouvons supposer de même qu'en fait, aucune organisation internationale n'a demandé à la Russie de pouvoir pénétrer dans les territoires séparatistes en tant qu'observateurs, et que c'est pour cela qu'ils sont les seuls à y être présents....

La diplomatie russe a bien compris qu'à force de dire n'importe quoi, on finira par les croire. Mais comment la presse ne voit-elle pas dans quelles manipulations nous entraîne la Russie? Son seul but, semble-t-il, est de pouvoir légitimer ses interventions - passées, présentes et futures - dans le Caucase, en disant que "puisque nous-même nous suggérons à nos partenaires européens d'agir dans le respect des souverainetés nationales, c'est que nous considérons ne pas avoir nous-même transgressé cette règle".

Pendant ce temps, de fortes tensions secouent la province russe nord-caucasienne d'Ingouchie, où un attentat contre le président pro-russe a eut lieu. Moscou accuse bien entendu des "activistes islamistes", histoire sans doute de nous faire croire qu'il n'y a pas de désirs de révoltes anti-russes dans le nord-caucase, mais un terrorisme islamiste aveugle contre lequel Moscou pourrait bien être soutenu par l'Occident.

Mais quand donc réagirons-nous sérieusement contre cette diplomatie clairement dirigée contre les démocraties européennes, toujours sur fond de "petro-roubles"? Les journalistes occidentaux, ayant perdu toute capacité d'analyses à force de ne publier que des dépêches d'agences, a de même perdu toute capacité de jugement par rapport à l'actualité. 

D.P.

22/04/2009

A Propos des manoeuves de l'OTAN près de Tbilissi.


Avant les exercices de défense militaire en Géorgie, L'OTAN est en exercices... diplomatiques.

Ces formations militaires sont au calendrier depuis un an et sont une étape normale de la relation OTAN-Géorgie. L'exercice vise à aider la Géorgie à se rapprocher des normes de l'OTAN, et à protéger l'intégrité de son territoire... Ce qu'en dit le Secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer, ainsi qu'à propos de l'adhésion de la Géorgie, est intéressant.

Scheffer a déclaré que ces formations avait été prévues il y a longtemps, et que la  Russie a été informée à l'époque.
Il s'agit d'une formation prévue dans le cadre du programme «Partenariat pour la paix» et la rhétorique de Moscou a été incompréhensible pour Jaap de Hoop Schaffer qui a également parlé des désaccords fondamentaux avec la Russie, liés à l'intervention militaire russe en Géorgie et à l'occupation de son territoire, ce qui est, contrairement aux manoeuvres de l'Otan, effectivement totalement injustifiable.
«Nous sommes confrontés à de très graves problèmes et les discussions de ce problème se tiendront avec la Russie par tous les moyens,» ajoutera aussi Scheffer.

"La résolution du Sommet de l'OTAN de Bucarest, qui dit que la Géorgie et l'Ukraine deviendront membres de l'alliance, est en vigueur, et la commission OTAN-Géorgie a été formée sur base de cette résolution.  «Je suis sûr que le gouvernement géorgien et son peuple vont continuer les réformes et, enfin, devenir membre de l'alliance.»

Du coup, le ministère russe des Affaires étrangères affirme que les formations de l'OTAN en Géorgie sont une manifestation de soutien au "pays agresseur". On sait depuis longtemps que Moscou aime à inverser les rôles, mais le ministère persiste: "L'exercice de l'alliance est destiné à accroître le potentiel militaire de l'armée géorgienne, ce qui est absolument inacceptable, car elle provoque l'instabilité dans la région." Paroles du sous-ministre des A.E. russe. Et les ventes d'armes russes et de technologie nucléaire à l'Iran, ce n'est pas irresponsable... et surtout parce que la présence de plus de 10.000 soldats russes et de centaines de blindés, ainsi que la construction d'une base navale aussi importante que celle de Sébastopol, de bases aériennes et de "postes frontières" dignes de l'époque stalinienne, le tout en territoire géorgien, ce n'est pas inacceptable?

Et Lavrov qui ajoute encore cette phrase (une de + dans les annales!)  : "La démonstration de complicité de l'Otan avec le régime géorgien n'enverra sans doute pas le bon signal à ceux qui veulent sincèrement parvenir à une stabilisation de la situation dans le Caucase, dit-il sans rire." C'est sûr, il ne ment pas... La Russie rêve de stabiliser la situation dans le Caucase! Avec une implantation totale de leurs armées dans les provinces géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie, on peut bien rêver d'un status quo ! Et enfin, par quel tour de magie la Russie s'octroie le droit de s'annexer les deux provinces séparatistes, tout en faisant la leçon à l'occident parce qu'elle défend (mollement mais sûrement) la souveraineté d'un pays indépendant?

Je disais "et enfin" il y a quelques lignes. Mais ce supplément d'info toute fraîche de Russie, incontournable : Ria Novosti : MOSCOU, 22 avril -. Près de 120 avions de huit pays de la Communauté des Etats indépendants (CEI) ont pris part mardi à un exercice de la DCA unifiée de la Communauté, a annoncé mardi le porte-parole de l'armée de l'Air russe, le lieutenant-colonel Vladimir Drik.

"L'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Russie et d'autres pays de la CEI y ont participé. Des manoeuvres réciproques de Su-27 et de MiG-31 russes, biélorusses et kazakhs ont eu lieu dans le cadre cet entraînement d'Etat-major. Des chasseurs MiG-31 et Su-27, des bombardiers tactiques Su-24, des avions d'assaut Su-25, des hélicoptères Mi-8 des avions de transport militaire, ainsi que des avions radar A-50 y ont pris part", a expliqué le militaire.

Etc...

Note : Le Kazakhstan est le pays qui devait participer aux exercices de l'Otan en Géorgie, et qui s'est désisté récemment.

Il saut rappeler que les exercices de l'Otan sont prévus de longue date, depuis mai 2008. Les responsabilités dans les provocations sont très claires, dans ce cas comme dans une infinité d'autres cas, et ce depuis longtemps. Le désir des Russes de déstabiliser la région est permanent depuis la prise de pouvoir de Poutine, et Saakashvili a totalement sous-estimé la folie de celui-ci, et n'a, de ce fait, pas vu venir l'agression militaire de la Géorgie.

D.P.

18/04/2009

Plus de 10.000 soldats russes dans les territoires séparatistes: pour en découdre avec l'Otan?

 

Plus de 10.000 soldats russes dans les territoires séparatistes: pour en découdre avec l'Otan?

Aujourd'hui, à Moscou, le chef des séparatistes abkhazes Sergei Bagapsh a menacé d'organiser des exercices militaires avec les russes en réponse aux exercices de l'Otan devant avoir lieu en Géorgie entre le 16 mai et le 1er juin près de Tbilissi.

Il s'agit de manoeuvres auxquelles doivent participer des militaires de 19 nations faisant partie de l'Alliance Atlantique, en tout 1300 hommes non-armés.

Ces exercices sont prévus de longue date, avant juin 2008. Les réactions de la part des régimes séparatistes et de Moscou se sont fait attendre...

"Ces exercices sont organisés régulièrement depuis plusieurs années. C'est un événement habituel, et je n'y vois rien d'extraordinaire" sic l'ambassadeur américain en Russie John Beyrle.

En effet, et la Russie y participe quelques fois, faut-il ajouter.

La Russie prépare donc une "riposte". Mais pourquoi se sentir visé? L'Otan s'en prendrait-t-il à la vie de citoyens russes durant leurs manoeuvres?Provocations? Et envahir un pays, n'est-ce pas plus qu'une provocation?

De toute façon, avec ou sans les manoeuvres de l'Otan dans la région, les russes sont prêts non pas à "riposter", mais bien à envahir la Géorgie. C'est prévu depuis longtemps aussi. Après un premier essai aux résultats mitigés en août, et alors que j'écris ces mots, une vingtaine de batiments croisent au large entre Soukhumi et Poti, 300 chars en Abkhazie et sans doute autant en Ossétie. Et minimum 10.000 hommes déjà présents sur le territoire géorgien. Second essai.

Un rapport, révélé par une agence de presse géorgienne, dit que des unités de la 58e armée mettent en œuvre l'agression sur la Géorgie à partir du territoire de l'Abkhazie, et de prendre Poti ainsi que les districts de la région de Samegrelo. En cas de succès, l'armée russe se déplacera vers la ville de Kutaisi Samtredia  par district. Comme pour les différentes unités de la 58e armée situés en Ossétie du Sud occupée, ils vont essayer de bloquer l'axe Tbilissi-Igoeti Kaspi et Mtskheta 

Selon l'agence de presse, la source d'information a souligné que l'existence de ce plan d'invasion ne doit pas forcément impliquer une reprise de la guerre dans un avenir proche entre Géorgie et Russie.

Si c'est comme ça...

D.P.

29/03/2009

Moscou a durci le ton en réponse aux déclarations récentes de Barack Obama.

 

Russie-Etats-Unis: atlantisme (sans ukraine et géorgie) et redémarrage des relations bilatérales sont compatibles...

D'après Kommerzant

Le problème de l'OTAN passe au premier plan des relations russo-américaines quelques jours avant la rencontre des présidents Dmitri Medvedev et Barack Obama, qui se déroulera le 1er avril à Londres, lit-on vendredi dans le quotidien Vremia novosteï.

Ainsi, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a rappelé hier la vigilance de Moscou envers les plans d'élargissement de l'Alliance à l'est, alors que le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Andreï Nesterenko a exprimé la préoccupation face aux actions de l'OTAN en Arctique. (ndlr : missions d'entraînement prévues de longue date et auxquelles la Russie devait participer, mais annulées par elle après la guerre de Géorgie)

Moscou a durci le ton en réponse aux déclarations récentes de Barack Obama. Ce dernier a confirmé au cours de la rencontre avec le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jaap de Hoop Scheffer son attachement au redémarrage des relations avec la Russie, sous réserve que cela ne "porte pas préjudice à la solidarité atlantique". Les pays qui veulent adhérer à l'OTAN, auront la possibilité de s'y intégrer, a affirmé le président.

Le directeur de l'Institut d'analyse politique et miliaire, Alexandre Charavine appelle à ne pas considérer "l'atlantisme" d'Obama comme un obstacle au redémarrage des relations avec la Russie: "L'OTAN possède des principes stricts d'appartenance volontaire, auxquels les Etats-Unis ne pourront pas renoncer. On ne fera pourtant aucune tentative pour accepter l'Ukraine et la Géorgie à l'Alliance, au contraire tout sera fait afin d'empêcher leur intégration". Le redémarrage des relations avec la Russie est, selon lui, beaucoup plus important pour les Etats-Unis que "l'élargissement de l'OTAN par l'admission de Kiev et Tbilissi".

L'expert du Centre Carnegie de Moscou Maria Lipman rappelle que "les Américains n'ont jamais - ni avant Obama, ni sous Obama - évoqué un renoncement à l'élargissement de l'OTAN". Il s'agit d'une des "questions très compliquées" qui sera discutée "longtemps et minutieusement". "Les priorités actuelles des Etats-Unis sont l'Iran, l'Afghanistan et le Proche-Orient. La situation dans ces régions semble très difficile", fait-elle remarquer. "Quant aux priorités de la Russie, elles restent toujours une énigme". Selon Mme Lipman, c'est dans le domaine du désarmement que Moscou et Washington pourraient progresser le plus rapidement: "Les Etats-Unis sont intéressés par le succès de la rencontre de Londres".

Revue de presse Ria Novosti / Kommerzant

26/02/2009

Hillary Clinton critique Moscou


Le département d'Etat américain critique la Russie à propos de violations des droits de l'Homme en Géorgie.

Washington sermonne la Russie pour la guerre d'août en Géorgie. Hillary Clinton a présenté le premier rapport du Département d'État américain sur la violation de droits de l'homme lors de l'intervention russe du mois d'août, dans son rapport annuel sur la défense de droits de l'homme.

Le document dit comment la Russie a eu recours à la force disproportionnée contre Géorgie et a déployé ses forces à l'intérieur des frontières reconnues dans le monde entier.

Selon le rapport, l'opération militaire a provoqué le meurtre de beaucoup de civils pacifiques et que les bandits armés Ossetiens ont commencé à piller et massacrer les civils, en forçant plus de 150.000 Géorgiens à fuir leur maison, et laissé les militaires russes occuper les territoires de Géorgie.

Avec la guerre d'août, le rapport de Département américain d'État a aussi concerné les élections présidentielles (de 2008) qui ont été accomplies conformément aux normes de l'OSCE. (Notons que ces élections sont à nouveau contestées par l'opposition, frustrée de n'avoir obtenu que 27% des voix, contre 53% pour le président sortant. Beaucoup d'observateurs indépendants doutent de l'intégrité patriotique de nombre d'opposants, vraissembleblement conseillés et financés par Moscou... Cette stratégie étant très utilisée par les russes pour tenter de mettre en place leurs hommes de paille, tel qu'en Tchétchénie, en Ingouchie, en Ukraine, et dans nombre d'ex-républiques se terminant en "stan")

Dans son premier rapport par le nouveau Secrétaire d'Etat, la Russie est aussi critiquée pour la pression sur les médias ainsi que pour les meurtres de journalistes.