30/06/2009

Pour remettre les pendules à l'heure.

Mis à jour à 22:43

Dans un communiqué publié lundi, avant le sixième cycle de négociations de Genève prévu pour le 1 Juillet, le ministère russe des Affaires étrangères (Sergei Lavrov) a déclaré que la prochaine réunion aura lieu dans le contexte des "conditions difficiles" suite à la clôture de la mission de l'OSCE et des missions d'observation des Nations Unies en Géorgie.

« Malgré la position constructive et transparente de la Russie en faveur du maintien des missions de l'OSCE et des Nations Unies dans le Caucase du Sud, la Géorgie et les partenaires occidentaux font de leur mieux pour stopper les activités des observateurs internationaux dans cette région instable. Pendant ce temps, la situation sur les frontières est toujours tendue, la police et les forces géorgiennes continuent leurs manœuvres à proximité de la frontière de l'Abkhazie et de l' « Ossétie du Sud ». Il est évident que la nouvelle situation dans le Trans-Caucase nécessite une réévaluation importante, y compris en matière de format et des perspectives des discussions de Genève. Face à la persistance de l'instabilité politique interne en Géorgie et de la détérioration de la situation socio-économique de la population, le risque de nouvelles flambées des tensions est lourd."

« Dans l'état actuel, le besoin de documents juridiquement contraignants sur le non-recours à la force doit gagner encore plus d'importance ... La communauté internationale devrait avoir de solides garanties que la terrible tragédie du mois d'août dernier ne se reproduira pas en Trans-Caucase".

La diplomatie russe (aïe, j'ai toujours les doigts qui aimeraient taper "soviétique"...) est décidément toujours d'une mauvaise foi extraordinaire. La liste de leurs crimes est si longue que la seule manière pour eux de s'en cacher est d'accuser les parties adverses. La meilleure défense... petite citation remise aux goûts du jour.

Ici encore, les russes s'emploient à tromper le monde - mais qui trompent-ils si ce n'est les ignorants et les aveugles - en agissant comme si ils avaient toujours été en droit de posséder quoi que ce soit du territoire géorgien. L'excuse du "Grand Frère Russe"est une "justification" non seulement stupide, mais aussi totalement inadéquate : tout au plus un lointain cousin, et encore, tant les différences entre slaves et caucasiens sont grandes.

La Russie, c'est l'ennemi héréditaire avec lequel il vaut mieux s'entendre, et cela les géorgiens en sont conscients depuis toujours. Et pas uniquement eux. (Mais peu importe, ni races ni peuples, soyons tous frères est ma devise...). Et en temps de paix, c'est leur richesse culturelle et une qualité artistique fabuleuse qui peut s'exprimer, dans les deux sens d'ailleurs. Avec Poutine comme avec nombre de ses prédécesseurs, ce ne peut être que guerres et dominations. L'Empire des vices.

La "zone d'influence", la "sphère russe"... Est-ce ainsi qu'il faut la préserver? Ils ont instrumentalisé les milices abkhazes et "ossètes", ils ont provoqué pendant de nombreuses années, on ne le dira jamais assez, la communauté internationale en s'imposant dans le sud-caucase avec un diabolisme digne de la pire des époques soviétiques, ils ont provoqué puis attaqué militairement la Géorgie en août dernier, bombardant villes et villages, massacrant, pillant, violant sans aucune retenue. L'Europe a laissé faire.

Même en admettant que la Géorgie ait effectivement attaqué sa province sécessioniste, ce qui a été depuis prouvé comme inexact, comment cette communauté internationale ne prend-elle immédiatement en compte tous ces crimes commis avant ce fameux mois d'août, histoire de se rattraper? Il serait judicieux de relire l'historique des interventions russes en Géorgie et plus spécialement dans les territoires actuellement annexés à l'Empire. Et russes et abkhazes et ossètes. 

Le discours de Moscou est un excellent exemple de mauvaise foi. Tentant de légitimer ces annexions par tous les moyens. Et profitant, surtout, du fait que le reste du monde s'est tu lorsque des passeports russes ont été distribués dans les provinces séparatistes, lorsque les armées russes et les milices ont attaqué nombre de villages géorgiens d'ossétie ou d'Abkhazie ces 5 derières années, lorsqu'ils finançaient les opposants au régime démocratique pro-occidental de Saakashvili, etc... la liste est trop longue!

Oui, l'Europe est responsable. Sourde et aveugle lorsqu'il s'agit de signer des contrats avec Gazprom ou Lukoil, elle n'est jamais intervenue pour remettre la diplomatie russe à sa place.

Lavrov, loin d'être idiot, martelle le monde de ses paroles abusives et illégales, sachant que l'occident n'a pas le choix: il doit s'allier à cette puissance pour se protéger de l'Iran (que la russie finance et pour qui ils construisent des centrales nucléaires), de la Corée du Nord (à qui ils vendent la technologie nucléaire militaire) ou de l'Afghanistan (qu'ils ont eux-même tenté d'envahir avec le succès que l'on sait, ce qui a engendré l'insécurité totale que l'on connaît actuellement dans la région), et pour garantir aux nouveaux états européens d'ex-urss l'approvisionement en énergies fossiles.

Les occidentaux ne veulent pas arrêter la surveillance aux frontières géorgiennes. Parce qu'il est impossible de se soumettre "aux nouvelles réalités" décrites et imposées par la Russie, cela vaudrait à reconnaître l'indépendance des deux provinces. Il n'y a donc qu'une seule manière pour les européens d'être cohérents avec la "vraie réalité": refuser la "nouvelle version russe", et donc refuser de ne pouvoir surveiller que les zones adjacentes aux provinces séparatistes pendant que les forces russes "surveilleraient" les territoires occupés.

Vous n'imaginez pas ce qu'ils ont détruits en Abkhazie et en Ossétie alors qu'ils ne sont théoriquement présents en Géorgie uniquement en tant qu'observateurs, en force de maintien de la paix. Et vous n'imaginez pas ce qu'ils peuvent détruire encore. Hier, j'ai visionné quelques photos et autres webcams de Sukhumi, la très belle (avant) "capitale" abkhaze. J'ai été extrêmement choqué d'y voir que toutes les enseignes, tous les panneaux, toutes les publicités sont en russe, et cela depuis seulement 3 ou 4 ans. Vis à vis de la population locale d'origine, c'est du lavage de cerveau. A la soviétique. 

La langue abkhaze, pourtant riche de dizaines de siècles, n'existe plus, et surtout pas dans les écoles. Le magnifique littoral de la Mer Noire n'est plus que Datchas pour dignitaires du régime de Moscou et bases militaires russes. Les Russes craignent que les géorgiens ne s’en prennent militairement à l’Abkhazie et/ou à l’ossétie, les accusant régulièrement d’organiser des patrouilles le long des frontières. Mais la Russie oublie que les Géorgiens, eh oui, sont CHEZ EUX en Géorgie (qui l’eût cru), alors qu'en même temps les milices abkhazes aidées par l’armée russe ont encore étendu leurs frontières, et mènent des attaques terroristes sur des villages en Géorgie, enlèvent des habitants, ou font exploser des centrales électriques ou des ponts. Qui provoque qui?

Tout le monde, y compris en Belgique, a entendu parler des manoeuvres de l’OTAN (qui étaient prévues depuis début 2008) en Géorgie, près de Tbilissi au mois de mai. Tous les journaux en ont parlé en disant « c’est une provocation ouverte dirigée contre la Russie » (Lavrov). Faut pas manquer d’air... Par contre, je n’ai nulle part vu dans ces mêmes médias que la Russie, pendant que j'écris ces lignes, organise des grandes manoeuvres quelques kilomètres au nord de la Géorgie encore plus importantes que celles qu’ils ont menées il y a juste un an, en juillet 2008 (au sujet desquelles personne n'a rien dit sauf à Tbilissi). La grosse artillerie, des tonnes de matériel, armée de terre, de l’air, missiles et tout ce qui va avec.

A propos, certains pensent que la Géorgie s'est sur-armée ces dernières années. Alors voici quelques chiffres :Russie (140,7 millions d'habitants en juillet 2008) : 19 141 millions de dollars et 1 004 000 hommes en 2000 -:- 31 181 millions et 3,6% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 35 181 millions en 2007. --:-- Géorgie (4,3 millions d'habitants en janvier 2008) : 27,2 millions de dollars et 27 000 hommes en 2000 -:- 362 millions et 5,2% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 592 millions en 2007. ( Souce : caucaz.com ) Pour un pays qui n'avait plus d'armée digne de ce nom en 2003, et qui se sait en danger à cause de son voisin, ce n'est pas tant que ça!

Il y aurait beaucoup à ajouter encore, sur les interventions russes dans la vie politique géorgienne, sur leur appropriation des richesses des provinces annexées illégalement, sur la construction de la cité olympique de la honte à Sochi (tiens, encore un territoire qui fut géorgien mais « offert » à la Russie par Staline) où des milliers d’ouvriers travaillent, venus de partout sauf d’Abkhazie, mais sont logés principalement en Abkhazie sans que cela ne rapporte un kopek aux abkhazes, etc...

La Géorgie en a gros sur le coeur. Après deux cents ans sous domination russe, soviétique puis à nouveau russe. Et ça, vous qui critiquez tant le besoin des géorgiens de se rapprocher d’avantage de l’Europe, des Etats-unis et de l’Otan, vous ne le comprendrez sans doute jamais, vous qui êtes heureux d'être libres depuis 1945... et pas grâce aux russes, quoi que vous pensiez.

D.P.

 

22/06/2009

INTERNATIONAL CRISIS GROUP : un rapport attendu.

Rapport mis en ligne aujourd'hui 22 juin par

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Comme les média belges n'en diront bien sûr pas un mot, vous pouvez lire ce rapport ici, traduit de l'anglais.

Le texte original se trouve ici.

Dix mois après la « guerre d'août » entre Géorgie et Russie, les violents incidents et le manque d'un véritable régime de sécurité dans et autour des zones de conflit des provinces d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie,créent une atmosphère dangereuse dans laquelle des combats plus importants pourraient éclater à nouveau. La Russie n'a pas respecté certains points fondamentaux de l'accord de cessez-le que le président Medvedev a signé en septembre 2008 avec le président français Nicolas Sarkozy lors de sa présidence de l'U.E.

Son veto au Conseil de sécurité d'une extension du mandat (de seize ans au départ) de la mission d'observation des Nations Unies en Géorgie et en Abkhazie, et son apparente intention d'exiger le retrait de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à la fin du mois sont des coups portés contre la sécurité dans la région aptes à alimenter les tensions. La plupart des points de contrôle est donc en train d'être démantelée.

Moscou devrait revoir sa position et travailler sur un compromis raisonnable qui permettrait à l'ONU et aux observateurs de l'OSCE de poursuivre leur important travail.

La Russie affirme qu'il est la garantie de la sécurité à la demande de l'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, qui ne font pas confiance aux observateurs internationaux, mais il a l'obligation légale de faire plus pour la sécurité et la sûreté des populations locales, indépendamment de leur origine ethnique, et de prévenir les violations des droits humains dans les zones qui sont de fait sous son contrôle. Surtout, elle doit accroître ses efforts pour permettre le retour des personnes déplacées (PDI), en particulier les quelque 25.000 Géorgiens de souche qui n'ont pas été en mesure de retourner dans leurs foyers en Ossétie du Sud.

Il y a eu des abus de la part de toutes les parties du conflit - Géorgie, Russie et d'Ossétie du Sud, mais les actions des milices ossètes, qui ont systématiquement pillés, incendiés, et dans certains cas bulldozer les villages géorgiens, ont été particulièrement graves. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a qualifié ces abus de « nettoyage ethnique » dont Human Rights Watch a cité de nombreuses preuves en les nommant « crimes contre l'humanité » et « crimes de guerre».

L'APCE a également noté l'échec de la Russie et des autorités de facto pour mettre un terme à ces pratiques et de remettre leurs auteurs à la justice. En effet, les troupes russes était largement, volontairement ou non, dans l'incapacité de s'acquitter de leurs tâches de sécurité.

VolgaDepuis août 2008, la Russie a consolidé sa position en Abkhazie et en Ossétie du Sud face à relativement peu de critiques internationales. Il n'a pas retrouvé sa présence militaire d'avant-guerre ni en nombre (3700 hommes, armes légères) ni en lieux, comme le demande le plan en six points du 12 août, et, en avril 2009, elle a envoyé des troupes supplémentaires en Ossétie du Sud et en Abkhazie (10,000 hommes par province). En violation de ses accords avec l'UE des 7 et 8 septembre, le Russie a empêché l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) de poursuivre ses activités d'avant-guerre en Ossétie du Sud, y compris le suivi et la mise en œuvre d'un programme de réhabilitation et de reconstruction. Elle justifie sa position en disant «nouvelles réalités» l'emportent, car il a reconnu en août l'indépendance de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie et conclu des accords de sécurité.

La Russie a maintenant passé plus de deux étapes, non seulement rejeter la mission de l'ONU qui a travaillé en Abkhazie, mais aussi le blocage d'un renouvellement du mandat de la mission de l'OSCE en Géorgie qui fut actif en Ossétie du Sud. Même si aucun des 56 autres Etats membres de l'OSCE n'appuie cette dernière étape, la quatrième plus grande mission de l'OSCE est à la veille de la clôture, le 30 Juin.

Plusieurs séries de discussions parrainées par l'ONU, l'UE et l'OSCE, mettant l'accent sur la sécurité et les questions humanitaires, ont eu lieu entre les représentants des quatre parties à Genève sans résultats tangibles. La présence de l'excès de troupes et de l'absence d'un régime de sécurité ont fait de même, il est impossible pour certaines personnes déplacées qui vivaient dans l'ancienne "zones tampons" Russes en Géorgie à se sentir suffisamment en sécurité pour retourner dans leurs foyers. L'afflux de personnes déplacées a présenté un sérieux problème aux autorités géorgiennes, alors qu'ils étaient déjà aux prises avec au moins 200.000 personnes déplacées par le conflit en Abkhazie et en Ossétie du Sud du début des années 1990. Après les événements du mois d'août, le gouvernement a rapidement construit des logements semi-permanents pour les personnes nouvellement déplacées. Maintenant, il doit développer une approche plus globale pour intégrer les nouveaux et les anciens déplacés internes dans le pays.

En août 2008, Crisis Group a recommandé une série de mesures pour résoudre le conflit. Nombre de ces recommandations restent insatisfaites, mais toujours valables: afin de stabiliser la situation de la sécurité, réduire les chances de renouvellement majeur des hostilités et à améliorer la situation humanitaire, la Russie doit:

  • s'engager de nouveau pleinement aux discussions au sein du Conseil de sécurité de manière à aller au-delà de son veto du 15 juin et de parvenir à un accord sur un régime de sécurité fonctionnelle et la mise en œuvre d'un mécanisme visant à faciliter la poursuite du rôle de l'ONU en Géorgie;

  • respecter pleinement les accords de cessez-le-feu, en particulier par le retrait de ses troupes des zones qu'elles n'occupaient pas avant le 7 août 2008 (le district d'Akhalgori en Ossétie du Sud, Perevi village du côté géorgien de la frontière administrative avec l'Ossétie du Sud et la région de la gorge de Kodori en Abkhazie );

  • permettre à la Mission de surveillance de l'UE (EUMM) et aux institutions internationales dont les Nations unies un accès immédiat à l'Ossétie du Sud pour superviser la sécurité et fournir une aide humanitaire;

  • encourager l'Ossétie du Sud, les autorités de facto, d'annoncer que les personnes déplacées géorgiennes seront autorisées de revenir immédiatement et de trouver un financement pour la reconstruction de villages détruits, ainsi que pour d'autres régions d'Ossétie du Sud endommagées pendant la guerre;

  • participer de manière constructive dans les négociations de Genève, et

  • accepter la proposition de la présidence grecque de soutien neutre pour la poursuite de la mission de l'OSCE.

Le gouvernement géorgien et les autorités de facto de l'Ossétie du Sud et en Abkhazie devrait:

  • avoir un accord sur des mesures conjointes, y compris l'accès pour les missions de contrôle à toutes les régions, pour prévenir les incidents et les violations des droits humains dans les zones de conflit et faciliter le retour volontaire, sûr et digne des personnes déplacées;

  • mettre en œuvre une stratégie d'intégration des personnes déplacées et l'augmentation de la capacité de participer pleinement à la vie politique, sociale et économique;

  • d'éviter la rhétorique belliqueuse et de faux rapports de médias sur la situation dans les zones de conflit, et

  • accueillir les projets humanitaires et de reconstruction financé par les gouvernements occidentaux ou des organisations internationales, y compris l'OSCE, des Nations unies, et l'UE, et de modifier les lois qui pourraient entraver un tel travail.

L'UE, les États-Unis et le Conseil de l'Europe et d'autres organisations internationales devraient:

  • appuyer les enquêtes internationales sur la conduite de la guerre du mois d'août et de ses violations de tous les côtés;

  • suspendre le droit de vote de la Russie à l'Assemblée si elle ne coopère pas à inverser le nettoyage ethnique en Ossétie du Sud, notamment en s'acquittant de ses engagements des 12 août et 7-8 Septembre;

  • encourager le Comité International Olympique à étudier si les Jeux olympiques d'hiver de 2014 peut être tenue à Sochi, en Russie, si un régime de sécurité n'a pas été établi dans la région voisine, l'Abkhazie;

  • encourager le Conseil de sécurité de rester saisi de la question, en dépit de la cessation de la Mission des Nations unies;

  • exhortons le Secrétaire général des Nations Unies à continuer d'exercer ses bons offices en nommant un envoyé spécial, et de poursuivre les efforts visant à faciliter le processus de paix;

  • investir la mission de l'UE avec un rôle élargi pour répondre à la situation sur le terrain et

  • participer de manière constructive aux efforts visant à résoudre immédiatement les problèmes de sécurité et humanitaires, y compris en encourageant les parties à s'engager pleinement dans les négociations de Genève, comme un premier pas vers la résolution des conflits plus larges.

Cet exposé se concentre principalement sur la situation en Ossétie du Sud; subséquente, il sera destiné à la situation en Abkhazie.

Texte traduit de l'anglais.

D.P.

 

19/05/2009

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

A Genève, en raison de l'absence de la région sécessionniste d'Abkhazie qui a refusé de prendre part aux discussions pour ne pas avoir reçu des documents de l'ONU dans les temps, les délégations russes et ossètes ont refusé de participer elles aussi aux négotiations de paix.

"Aborder des questions graves sur la sécurité sans l'une des parties concernées me paraît un exercice inutile", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karasine. Bien entendu, c'est sous les conseils de la Douma que les Abkhazes ont refusé de participer à cette réunion...

Ces séances de pourparlers, présidées par les Nations unies, l'Union européenne et l'OSCE, sont systématiquement torpillées par les sécessionistes abkhaze « qui ne veulent pas êtres considérés, dans les documents de l'ONU, comme faisant partie de la république de Géorgie ». Autant dire que, malgré le bon-vouloir de la communauté internationale et de la Géorgie, on n'est pas près de trouver de solutions pour la stabilité et la paix dans cette région.

"La situation dans le Caucase du Sud sera évoquée en relation avec les conséquences de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, et avec un autre sujet régional: le Haut-Karabakh", a dit M.Tchijov histoire de compliquer et d'envenimer encore, si besoin était, la situation, et il ajoute : « Les volets du plan (Sarkozy) concernant la Russie sont réalisés. Si des questions concernant sa mise en application surgissent, elles peuvent être posées à la Géorgie. Le plan prévoyait le retour des forces géorgiennes vers les lieux de leur cantonnement habituel, pourtant, nous constatons la concentration d'effectifs militaires et policiers géorgiens dans les districts adjacents à l'Ossétie du Sud. »

Bien entendu, ce genre de déclaration est destinée non pas aux politiques qui savent très bien que la Russie n'a respecté AUCUN des points d'accords « Sarkozy », mais bien à la presse qui relaie l'info vers qui veut bien la lire et y croire.

Il faut bien comprendre que, quand la Russie accuse quelqu'un de quelque chose, c'est pour noyer le poisson qu'ils ont eux-même placé dans l'aquarium du FSB. Quand la Russie dit que la Géorgie ne respecte aucun point d'accord, c'est bien qu'elle n'en respecte aucun elle-même. Si la Russie accuse la Géorgie d'avoir concentré des militaires et des policiers aux frontières ossètes, c'est qu'ils en ont eux-même placé, et pas qu'un peu. Pour rappel, alors que les points d'accords Sarko demandaient aux parties d'en revenir à la situation d'avant le 7 août, c'est à dire maximum 3700 soldats de maintien de la paix en ossétie et autant en Abkhazie et aucune arme lourde, les Russes ont amassés plus de 10,000 hommes aux frontières ossètes et autant aux frontières abkhazes, avec blindés, lance-missiles, etc... La Géorgie, quant à elle, patrouille timidement avec quelques policiers le long des frontières concernées, principalement pour protéger les observateurs de l'OSCE ou de l'ONU (des enlèvements ont eu lieu à plusieurs reprises), mais aussi pour prévenir les nombreuses attaques des milices ossètes sur des villages géorgiens situés sur la frontière. Il faut signaler, par respect pour la vérité et par respect pour les famille des policiés tués, que 12 policiers ont été assassinés par les milices abkhazes ou ossètes depuis septembre...

La direction russe, qui jamais ne cèdera volontairement un seul hectare conquis par son armée d'invasion en août, se sachant en infraction totale avec un nombre impressionnant de lois internationales, ne peut que fuir devant ses responsabilités et tenter de se disculper, non pas en recherchant des preuves d'innocence - il n'y en a pas - mais en accusant l'adversaire des crimes qu'elle a elle-même commis. Peu de gens sont dupes, à part peut-être Josy Dubié et quelques autres illuminés, mais beaucoup ont plus besoin de la Russie que de la Géorgie, et contredire la politique de Moscou équivaut pour certains, sans aucun doute, à rendre plus compliqués, plus délicats, les accords gazier entre Medvedev et l'occident.

Les accusations de Human Rights Watch à l'encontre de Tbilissi, accusé d'avoir aussi commis des crimes de guerre, a fortement diminué la sympathie des (lecteurs) occidentaux pour ce petit pays du Caucase dont tout le monde parle sans le connaître. Il suffit de lire chaque article de presse qui, lorsqu 'il parle de la guerre d'août et de ses suites, ne s'abstient pas d'écrire « suite à l'agression de la Géorgie pour récupérer sa province sécessioniste d'Ossétie du Sud » à la place de « suite aux provocations russes contre les forces de paix géorgiennes en Ossétie du Sud ». Mais ces accusations de HRW sont tellement anecdotiques si on ose les comparer aux crimes commis par les milices ossètes et les soldats russes contre tous les villages géorgiens d'ossétie du sud, que je n'arrive pas à comprendre les rédactions de la presse occidentale, belge principalement, ou française de gauche, qui anihile les massacres ossètes en préfèrant la syntaxe relayée par la presse russe sous contrôle de la Douma, plutôt que celle de Tbilissi, pourtant de loin plus réaliste et indépendante.

Conférence de presse de Lavrov concernant la Géorgie? Tous les micros de la presse occidentale sont devant ses lèvres. Conférence de presse d'un ministre géorgien : seuls la presse géorgienne est présente. Que faut-il en déduire?

 

 

Ce qu'espère la Russie, et qu'elle est à quelques pas d'obtenir si on n'y fait pas plus attention, c'est de parvenir à éviter la même sympathie de l'Occident pour les victimes géorgiennes que pour les victimes tchétchènes de l'agression russe de 1999, qui à l'époque avait entraîné nombre de manifestations de soutien aux nord-caucasiens, dans toutes les capitales occidentales. Aujourd'hui, la Russie a besoin de l'Occident, plus que l'occident a besoin de la Russie, et chaque justification, aussi grossière soit-elle, à l'attaque de la Géorgie, est la seule politique possible pour les agents du FSB dirigés par Poutine. Depuis la fin de la guerre d'août, si tant est qu'on puisse parler de « fin », les russes fuient leurs responsabilités, s'appuyant sur des prétextes impossibles pour se justifier (protection des ressortissants russes dans les territoires séparatistes alors qu'ils ont eux-même distribué des passeports russes illégalement à la population géorgienne de ces provinces, avant d'inventer des attaques géorgiennes contre lesdits ressortissants pour prétexter leur intervention) Désinformer est habituel à Moscou. La propagande anti-caucasiens marche à fond depuis 5 ans dans toute la Russie, et en soit, déjà cela est un délit majeur dont le HCR n'a jamais, à ma connaissance, fait part.

D.P.

20/02/2009

A Genève, les négociations reprennent.


En Belgique, aucun quotidien ni J.T. ne semble avoir relayé cette information (ou alors discrètement) concernant la réunion ayant eu lieu à Genève il y a 3 jours, présidée par l'UE, l'ONU et l'OSCE, à laquelle participaient la Russie, l' "Ossétie du Sud" et la Géorgie. Je vous invite donc à prendre connaissance du communiqué de presse paru sur le site de la diplomatie française, et ensuite de lire un dossier paru sur le site du JDD (journal français) sur la situation géo-politique et énergétique dans le Caucase sud. Extrêmement intéressant.

 

Communiqué de presse (diplomatie française)

Caucase : une étape franchie sur la voie de la stabilité et la sécurité de la région (17-18.02.09)


Une nouvelle session des discussions internationales de Genève, prévues par les accords du 12 août et du 8 septembre et co-présidées par l'Union européenne, les Nations unies et l'OSCE, s'est tenue les 17 et 18 février. Toutes les parties y ont participé.

La France salue l'adoption, à l'occasion de cette quatrième réunion, de mécanismes de prévention et de règlement des incidents qui doivent maintenant trouver sur le terrain une traduction concrète.

Il s'agit d'une étape utile sur la voie du retour à la stabilité et à la sécurité dans la région.

Les discussions ont également porté sur la situation des personnes déplacées et réfugiées.

Nous appelons toutes les parties à poursuivre les travaux dans un esprit constructif sur la base des propositions des co-présidents afin d'améliorer le sort des populations en Ossétie du Sud et à permettre le plein accès humanitaire à cette région.

Nous souhaitons que les discussions internationales de Genève se poursuivent dans les meilleurs délais./.

GEORGIE
DISCUSSIONS INTERNATIONALES DE GENEVE
COMMUNIQUE CONJOINT
DES CHEFS DE MISSION DE L'UNION EUROPEENNE,
DE L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES
ET DE L'ORGANISATION POUR LA SECURITE
ET LA COOPERATION EN EUROPE


(Genève, 18 février 2009)

Les participants aux pourparlers de Genève viennent d'achever le quatrième cycle de discussions. Deux groupes de travail se sont de nouveau réunis en parallèle afin d'aborder les questions de sécurité et de stabilité dans la région, ainsi que les questions humanitaires.

Les co-présidents se sont félicités de la résolution 1866 du Conseil de sécurité des Nations unies du 13 février, qui proroge le mandat de la mission des Nations unies et appelle à l'intensification de nos efforts, ici à Genève.

Lors des pourparlers de Genève des 17 et 18 février, les participants ont discuté et adopté d'un commun accord des propositions de mécanismes conjoints de prévention des incidents et de réponse à ceux-ci.

Les mécanismes envisagés sont créés en vue de favoriser la paix, la stabilité et la sécurité et de prévenir les incidents susceptibles d'entraîner des souffrances pour les populations civiles ou une détérioration de la situation, et, si nécessaire, d'y remédier.

Ces mécanismes visent à permettre une réaction rapide et adéquate à la situation en matière de sécurité, s'agissant notamment des incidents et des enquêtes sur ceux-ci, de la sécurité des installations et des infrastructures vitales, en luttant contre les activités criminelles et en veillant à l'acheminement efficace de l'aide humanitaire, et de toute autre question pouvant affecter la stabilité et la sécurité, l'accent étant mis sur la prévention des incidents et la réponse à ceux-ci.

Ces mécanismes permettront des contacts réguliers entre les structures responsables de la sécurité et de l'ordre public dans les zones de tension, ainsi qu'entre les organisations internationales concernées. Ces instances se réuniront sur une base hebdomadaire, ou plus fréquemment si nécessaire. Les premières sessions seront organisées prochainement. Pour procéder au suivi des incidents, il pourra être convenu d'effectuer des visites conjointes.

L'adoption de ces propositions constitue une étape importante contribuant à instaurer la stabilité et la sécurité.

Dans le cadre du second groupe de travail, les participants ont salué certaines évolutions positives sur le terrain, notamment la reprise de l'approvisionnement en gaz de Tskhinvali, grâce aux efforts de l'OSCE. Les co-modérateurs ont proposé, pour surmonter les difficultés actuelles d'acheminement de l'aide humanitaire vers les populations d'Ossétie du Sud qui en ont besoin, d'organiser des convois empruntant simultanément les routes du nord et du sud. Malheureusement, nous ne sommes pas encore parvenus à un accord sur cette proposition. Les discussions bilatérales sur ce sujet se poursuivront d'ici notre prochaine réunion.

Les participants sont convenus de concentrer prochainement leurs efforts sur les questions de facilitation du retour volontaire, dans la sécurité et la dignité, des réfugiés, des personnes déplacées dans leur propre pays et des autres personnes déplacées. A cet égard, les questions de sécurité sont très importantes, ce qui illustre l'interdépendance entre les deux groupes de travail.

Ces questions concernent notamment la reconstruction des habitations et des infrastructures, le redressement économique et social dans les zones de retour, les droits de propriété et de logement, les obstacles juridiques au retour durable (exigences en matière de documents à fournir, d'enregistrement et d'identification) et l'organisation des retours volontaires, y compris les visites de reconnaissance.

La question de l'accès à l'eau sera également évoquée.

Les participants sont convenus de se réunir de nouveau au printemps, à une date restant à déterminer./.

 


Occupation russe : Plus que pour la Géorgie : une menace pour le corridor Est-Ouest.


Par HdlM, mercredi 18 février 2009 à 18:03

Une autre série de négociations internationales à propos des territoire géorgien d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud est en cours cette semaine à Genève.

La Russie renforce ses prises, la transformation des deux territoires occupés en des garnisons militaires. En outre, les forces russes s'accrochent au district d' Akhalgori et au village de Perevi, qui ne font pas partie de l'Ossétie du Sud. Cette accumulation de l'armée russe a d'importantes conséquences stratégiques, non seulement pour la Géorgie, mais pour le corridor est-ouest.

Six mois après la phase chaude de la guerre de la Russie sur la Géorgie, la Russie continue de violer les accords en Six Point qu'elle a signé avec la Géorgie et la présidence de l'Union européenne. Selon cet accord, les forces russes doivent se retirer d' Akhalgori et de Perevi et aucune forces de maintien de la paix en Abkhazie et en Ossétie du Sud présentes avant la guerre ne doivent rester. Au lieu de cela, ils creusent. Les sources du gouvernement géorgien estiment que plus de 10.000 hommes de troupes russes occupent désormais le territoire géorgien d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud Comprennant infanterie légère, des blindés et des forces spéciales, équipées de chars, blindés de transport de troupes, des hélicoptères, des roquettes et des batteries de défense aérienne. En Ossétie du Sud, la construction a dont l'achèvement est en cours de quatre bases militaires russes. Parmi celle-ci est la base de Ugardanta, près de Java, furtivement commencé par la Russie en 2006, figurant en bonne place dans l'attaque Russe sur la Géorgie en août 2008. En Abkhazie, il y a depuis longtemps des doutes si conformément à son affirmation la Russie se soit retirée de l'ancienne base aérienne soviétique de Gudauta, comme il était convenu de le faire dans les Accords d'Istanbul en 1999. Maintenant, les avions de combat et des avions-cargos russes fréquentent l'endroit, qui, curieusement, semble avoir été bien entretenu au fil des ans. La Russie est également occupée à la réhabilitation de l'ancienne base navale à Otchamtchira et de la construction d'autres installations en Abkhazie.

L'accumulation massive de forces russes en Abkhazie et en Ossétie du Sud consolide son occupation de ces territoires géorgiens. Ceci menace également le corridor est-ouest à travers le Caucase du Sud, d'un intérêt vital pour l'occident. La Russie et ses frappes de missiles à coté de l'oléoduc Bakou-Supsa en août dernier ont été les premiers plans dans la tactique du Kremlin visant à étouffer le corridor est-ouest.

Cela allait à peu près passer inaperçus dans tous les commentaires sur l'attaque russe en août sur la Géorgie témoigne du grave autisme stratégique qui a pris possession de l'ouest.

Les graines de ce conflit ont été semés avec l'effondrement de l'Union soviétique et le rétablissement de l'indépendance géorgienne. Cependant ces graines ont germé, en 1994, lorsque le président azéri Heydar Aliyev a conclu "l'affaire du siècle" : l'exploitation des ressources en hydrocarbures de la mer Caspienne pour l'ouest. "La Russie ne peut pas décider de cette question», a dit Aliyev. En 1999, l'Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie ont signé l'accord qui a conduit à l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC). Le contrat BTC a été conclu aux marges de la même conférence que celle au cours de laquelle la Russie a signé des accords d'Istanbul, ou elle a accepté de retirer ses forces militaires de Géorgie. Poutine et ses acolytes n'ont jamais oublié ce rapprochement. BTC offre l'accès de l'énergie de la mer Caspienne et d'Asie centrale à l'ouest, en offrant un choix des clients pour la production d'Etats sans littoral maritime. Parallèlement au BTC, les flux de gaz naturel de la mer Caspienne du champ Shah Deniz par l'intermédiaire du gazoduc du Caucase du Sud à la ville turque d'Erzurum, à destination des consommateurs de toute l'Europe. Le pipeline Bakou-Supsa et le chemin de fer Bakou-Batoumi pour transporter des hydrocarbures pétroliers par les ports Géorgiens de la mer Noire. Ensemble, ces conduits d'énergie constituent la masse critique nécessaire de promouvoir et de soutenir un large corridor commercial Est-Ouest. À cet égard, le chemin de fer Kars-Tbilissi-Bakou sera un support multi-usages, ce qui porte le développement commercial le long de sa route et au-delà. Que ce soit par des pipelines, le rail, la route ou par le biais de l'eau des détroits turcs ou via le Danube et le Rhin, nous avons la possibilité de relier la mer Caspienne et de l'Eurasie au cœur d'un système d'échange de l'Atlantique Nord qui s'étend de Batoumi et de Ceyhan, dans l'est du pays à Houston, à l'ouest. Et avec le commerce viennent des personnes, de sorte que le corridor est-ouest sera également la voie à des idées, ce qui est peut-être la perspective la plus importante.

Cela a été la perspective de l'ouverture du centre eurasien qui a provoqué l'attaque de la Russie sur la Géorgie. L'annonce d'un choc géopolitique, un affrontement entre l'histoire et la post-histoire, un affrontement entre l'impérialisme du 19ème siècle et la mondialisation-21e siècle, Le Kremlin aspire à étrangler n'importe quelle influence occidentale significative dans le centre Eurasien.

Maintenant, de la partie occupée du territoire géorgien, des forces aériennes et terrestres russes menacent les pipelines d'énergie, la route l'Est-Ouest et le chemin de fer, et le port de Poti. Les forces aériennes et navales russes menacent Poti et de Batoumi, grands port géorgiens. Pendant ce temps, la marine russe est discrètement de retour en Méditerranée, avec la rénovation de la base de Tarse de l'ex-Union soviétique, en Syrie, juste en face du port turc de Ceyhan, le terminus de l'oléoduc BTC.

Il ne faut pas exagérer le pouvoir de l'anémique flotte russe de la mer Noire. Mettre tous les morceaux ensemble et voir que les Russes jouent géopolitique alors que les Occidentaux jouent à faire des clins d' œils.