26/04/2010

POLOGNE : L'ENQUÊTE RUSSE sur fond de conflit... d'intérêts.

POLOGNE :

Le dramatique crash de l’avion présidentiel : ce que la presse (libre ou pas) en dit, et ce qu'elle ne dit pas.

Cela fait plus de deux semaines qu’au massacre de Katyn, qui coûta la vie à plus de 22,000 officiers polonais*, nous devons ajouter celui de Smolensk, à quelques pas de Katyn. Ce 10 avril 2010, Le cœur de la Pologne a cessé de battre. 96 victimes. Le Président, son épouse, des responsables de l'état-major, des secrétaires d’états, ...

L’avion a décollé vers 6h50 de l’aéroport de Varsovie, puis s’est écrasé à quelques centaines de mètres de l’aéroport militaire de Smolensk, en Russie, 4h et 4 minutes plus tard.

Pour « faire la lumière » sur ce crash, Dmitri Medvedev a nommé son premier ministre Vladimir Poutine.

Dans les heures qui suivirent l'atterrissage « manqué » du président Lech Kaczynski, les russes ont trouvé les deux boites noires du Tupolev, qui sont actuellement à Moscou pour analyse par des experts russes, avec la collaboration distante d’un officier polonais. La totalité des corps des victimes ont été retrouvés et identifiés à Moscou. Pour 21 d’entre eux, l’identification n’a pas été facile, essentiellement à cause de l’incendie qui s’est déclaré lorsque l’avion a touché les arbres et s’est écrasé au sol.

Ce sont les faits, et ce sont les seules certitudes. Actuellement, toute autre information n’est que spéculation.

Cependant, depuis le début de l’enquête, nous pouvons constater, une fois encore, plusieurs discours sortant pour la plupart d’ « on ne sait où » et relayés par les médias sans autre investigation et sans trop de conditionnels.

Le discours de l’ancien chef du KGB (actuel FSB) Vladimir Poutine fut très clair quant aux causes de l’accident : en raison de l’épais brouillard présent dans la zone de l’aéroport militaire de Smolensk, la tour de contrôle a demandé au pilote du Tupolev d'atterrir à Moscou. Le pilote, malgré les avertissements, après trois tentatives, a manqué son atterrissage.

Quelques affirmations qui, nous le verrons par la suite, se trouvent êtres totalement fausses en plus d’être saugrenues. Mais jusque là, rien d’étonnant, nous connaissons le personnage.

Les jours passent, et la presse francophone travaille à informer ses lecteurs sur le sujet. Méthode classique : on prend les dépêches d’agences, on change quelques mots, et on colle l’article de Ria Novosti en troisième page avec des titres comme « Le président Kaczinski victime d’une erreur de pilotage ». Et depuis ces derniers titres accusant le pilote polonais, hautement expérimenté, qui a déjà posé son avion à Smolensk plus d’une fois auparavant, et notamment pour y déposer le premier ministre Donald Tusk 3 jours auparavant. Mais la presse polonaise ainsi que la presse de pays d’ex-Urss principalement, relayent bien d’autres informations, donnent d’autres détails que notre presse européenne occidentale, trop encline à respecter les versions officielles russes pour des raisons aussi diverses qu’évidentes, taisent. En voici un florilège:

Le Tupolev n’a pas, contrairement à ce qu’ont affirmés Poutine et les agences russes, donc nos journaux, tenté un atterrissage à 3 reprises, mais s’est écrasé dès sa première tentative. Une troisième boite noire a été rendue aux polonais (boite ajoutée par l’aviation militaire polonaise à tous ses avions) qui démontre non seulement qu’il n’y eut pas trois tentatives, mais aussi que, jusque quelques minutes avant que le Tupolev ne s’écrase, tout était absolument normal et dans la cabine des passagers, et dans le poste de pilotage. Par contre, les derniers moments avant le crash, on entend le pilote prier, et dire quelque chose comme « on est foutus ».

Plusieurs choses ont aussi pu être démontrées. L’avion, qui possédait toute la technologie moderne d’assistance à l'atterrissage (ILS), ainsi que tous les systèmes d’alarmes réagissant aux dangers liés à l’altitude de l’appareil (TAWS), n’avait aucune raison de s’écraser.

Mais Poutine, avec de la suite dans les idées, a alors déclaré que le pilote polonais ne connaissait pas le Russe, et qu’il y eut par conséquent un problème de communication entre le pilote et la tour. Nos journaux ont repris la dépêche de Ria Novosti, et d’autres sont allés à la conférence de presse organisée par l’état-major polonais qui, quant à eux, connaissant bien leur pilote, on confirmé que Mr Arkadiusz Protasiuk parle russe parfaitement, ainsi que l’anglais, langue internationale utilisée dans tout aéroport. Les capacités du pilote ne sont en tout cas pas en cause.

Ria Novosti a aussi écrit que le pilote avait été forcé par le président d'atterrir malgré le brouillard et la demande de la tour de se détourner vers Moscou, pour le forcer à atterrir à Smolensk coûte que coûte. Mais l’on sait déjà pourquoi cette thèse est loufoque.

Plusieurs autres hypothèses, et non des moindres, viennent s’ajouter à celles dont nous avons déjà connaissance grâce aux agences russes et occidentales. Pour commencer, il y a ce système précité TAWS. Les enquêteurs ont retrouvé le boitier de commande de ce système en position d’arrêt. S’il ne fonctionnait pas, le crash était difficilement évitable, surtout dans le cas où l’ILS ne fonctionne pas lui non plus, ou que la tour de contrôle russe ne donne pas les données correctes au pilote et/ou aux systèmes électroniques du Tupolev, lesdits systèmes installés par une société russe en décembre dernier..

De plus, des témoins polonais, des journalistes arrivés plus tôt accompagnés par quelques parents des victimes de Katyn, ont pu observer des russes changeant les ampoules de la piste d'atterrissage, peu après le crash. Pourquoi? Pas de réponses. Depuis lors, la Pologne demande des explications à Moscou. A ce sujet, et d’autres...

Enfin, certains quotidiens polonais rapportent deux épisodes pour le moins étranges, même si, une nouvelle fois, ils le sont moins lorsqu’on sait où le crash s’est produit.

Immédiatement après le crash, un témoin est parvenu sur les lieux même de l’accident, et a filmé à l’aide de son GSM les nombreux débris du Tupolev éparpillés autour de lui. Sur les images, rien de particulier: des hommes en uniforme qui marchent (calmement malgré la situation) entre les arbres arrachés et les pièces encore fumantes de l’avion, d’autres qui discutent entre eux. Quelques hommes en civil font pareil, certains, rares, courent. On entend les pas du vidéaste, le craquement des branches. Et dans cette ambiance lourde – et sans brouillard – des coups de feux. Cette vidéo, nous pouvons la visionner sur internet. Au-delà de l’horreur de cet acte qu’on imagine, la question est : à qui étaient destinés ces coups de feux? A un - ou des - survivant(s) du crash? Quelle ignominie... Difficile à croire. Quoique.


Le deuxième épisode passé sous silence par notre presse est la suite du premier épisode : le vidéaste à qui nous aimerions poser la question de la provenance et de la destination des tirs enregistrés, aurait été tellement tabassé qu’il se serait retrouvé à l'hôpital et y serait décédé quelques heures plus tard.

Tous ces éléments, qui devraient bien entendu faire l’objet d’enquêtes, n’ont pas été rapportés sur le site de Ria Novosti, et donc n’ont pas été relayés par nos médias. Vous pourrez, par contre, les retrouver dans les médias polonais, tchèques ou lituaniens.

Le contexte dans lequel ce drame a eu lieu est sans aucun doute important. Voire central.

Nous avons pu lire dans la presse internationale, d’Europe occidentale et de Russie avant tout, que le président Kaczynski n’était pas aimé par les citoyens polonais. C’est certainement pour cela qu’il s’est fait élire. Bien entendu, les positions du président, sur des dossiers capitaux comme le traité de Lisbonne (pour lequel, depuis sa mort, on l’accuse d’ »empêcheur de tourner en rond ») ou sur celui du système de défense de l’OTAN qui doit être installé prochainement en Pologne et qui, bien entendu, est autant destiné à défendre l’Europe contre l’Iran que contre la Russie, a-t-il avoué clairement, surtout suite à la guerre russo-géorgienne d’août 2008. C’est d’ailleurs lors de sa visite en Géorgie, accompagné par les président ukrainien et des pays baltes, qu’il a affiché son soutien au président Saakashvili, accusant justement la Russie d’avoir organisé cette guerre depuis des années, entre autres choses. Et le dossier « Géorgie », comme nous le savons, est LE dossier sensible à Moscou. Voici de quoi alimenter l’imagination de certains hauts responsables russes, si nous ne pouvions douter qu’au 21ème siècle, ce genre de chose n’est plus possible....

Oui, Monsieur Kaczynski était un empêcheur de tourner en rond. Par rapport à la Russie bien entendu, mais également pour l’Allemagne ou la France dans leurs projets en association avec la Russie. Le gazoduc Gazprom dont nous parlons régulièrement ici, Nord Stream, qui contourne la Pologne par la Mer Baltique était critiqué par Varsovie. Bien entendu, pour raisons économiques, mais ce que Lech Kaczynski dénonçait aussi, c’était l’aveuglement de l’Europe face au pouvoir que Moscou aurait sur notre région si la Russie devait devenir le quasi-unique fournisseur en Gaz de l’Europe. Une arme redoutable, qui fut déjà une des raisons fondamentales de la guerre en Géorgie: contrer le concurrent européen de gazoduc reliant la Caspienne au sud de l’Europe en contournant le territoire russe, en passant par la Géorgie (Nabucco) de l’autre projet russe South Stream, passant sous la Mer Noire, au large de... l’Abkhazie. La France participe, via GDF-Suez, au projet russe, tout comme l’Italie. La présidence polonaise a également critiqué le gouvernement français à propos de la vente de navires de guerre de classe Mistral à la Russie... Ces navires capables de transporter du matériel lourd, chars, hélicoptères, péniches de débarquement, des centaines d’hommes... seront basés en Mer Noire, probablement en Abkhazie où les forces d’occupation construisent un tout nouveau port, à moins qu’ils ne les basent à Sébastopol, port pour lequel Moscou a obtenu récemment une prolongation de son bail en échange d’une réduction conséquente du prix du gaz russe vendu à l’Ukraine par Gazprom...

A l’image de son parti, « droit et justice », Lech Kaczynski était quelqu’un de concerné par les injustices de l’Histoire, ce qui ne pouvait que déplaire à Moscou, et à l’Europe désireuse de conquérir le marché russe, au prix de l’oubli de toutes les atrocités commises par le passé, à l’époque de l’occupation soviétique. La commémoration de Katyn, initiée par lui et organisée par la Pologne, aurait du voir Poutine, en personne, avouer au monde que les 22,800 victimes de la barbarie n’était pas un crime nazi, comme ont voulu le faire croire les russes en maquillant la « scène du crime », mais bien un crime de guerre organisé par le mentor de Vladimir Poutine, Staline.

Avec le crash de l’avion présidentiel à Smolensk, Poutine ne s’est pas rendu à Katyn avec le même devoir. Et justice n’a pas été rendue aux victimes de Katyn. Ni, d’ailleurs, à aucune des victimes du communisme, laissant la porte ouverte aux dirigeants actuels pour manipuler son peuple et le reste du monde avec les mêmes méthodes qu’auparavant, pour les mêmes buts qu’auparavant : renforcer le pouvoir et s’en mettre plein les poches.

Nous avons le droit, sans aucun doute, d’espérer connaître un jour la vérité sur ce crash qui coûta la vie à des hommes et à des femmes, hauts responsables ou simples citoyens, ces polonais qui se rendaient pour prier sur la tombe de leurs parents assassinés. L’enquête fera, sans aucun doute, la lumière sur ce drame. Nos journaux nous disent qu’à présent, Moscou et Varsovie se rendent compte combien ils sont proches, frères slaves. Que les relations, « grâce à l’accident », se sont réchauffées. Que la présence de Medvedev lors des funérailles en était une preuve supplémentaire. (C’est vrai, Medvedev a bravé le nuage de cendre - qui n’était pas présent entre Moscou et Varsovie – pour assister aux funérailles.) Mais quel est le journal qui fit savoir qu’un autre président, VRAI ami de la Pologne et de son défunt président, qui était bloqué à Washington, a décollé pour le Portugal, puis pour l’Italie, puis la Turquie, pourfinalementnt arriver à Cracovie juste à temps pour se recueillir sur la tombe de Lech Kaczynski, dans la crypte du châteauau WAWEL? Ce président atypique n’était autre que le président géorgien, Mikheil Saakashvili. Bravo. Même Sarkozy, pourtant collègue européen du président polonais, a préféré vaquer à d’autres occupations.

Medvedev, absolument, n’avait aucune alternative. Il avait à se rendre à Cracovie. Ne pas y aller aurait signifié bien plus qu’un divorce entre Varsovie et Moscou, c’eut été un aveu, une déclaration de guerre. Impossible, donc, pour Medvedev, de contourner ce devoir. Et c’est un rôle qui lui va bien. Alors pourquoi cette insistance de la presse européenne pour une mise en avant, par la seule présence du président russe, d’un soi-disant réchauffement des relations russo-polonaises? C’est ridicule. Tant que l’enquête sur le crash de Smolensk n’aura pas abouti, tout « réchauffement » n’est même pas imaginable. Et la presse nous ment, une fois de plus.

Le colonel de la cour suprême militaire, Zbigniew Rzepa, depuis le début de l’enquête, demande aux autorités russes de rapatrier en Pologne les deux premières boites noires du Tupolev. Il demande aussi à avoir accès à l’entièreté des données rassemblées durant l’enquête, demandes vaines à ce jours.

Ria Novosti a annoncé qu’un enquêteur polonais est associé à l’enquête sur les boites noire qui a lieu à Moscou sous l’autorité des experts russes. C’est exact, il y a bien un expert polonais à Moscou, mais celui-ci n’a aucun contrôle sur lesdites boites, son accès étant limité aux comptes-rendus écrits par les officiels russes.

Si Moscou n’avait rien eu à cacher durant cette enquête qui est, et c’est le moins que l’ont puisse écrire, bien moins transparente qu’il peut paraître, les autorités russes n’auraient eu aucune raison de refuser le rapatriement de toutes les pièces du puzzle en Pologne afin qu’elles soient étudiées par les spécialistes polonais, assistés éventuellement par des représentants et experts de l’aviation russe. D’autant qu’il s’agit d’un avion militaire, et non civil, et que les personnalités ayant péri lors du crash étaient les plus hauts représentants du peuple polonais. Une enquête absolument transparente était indispensable pour dissiper LE MOINDRE doute sur la responsabilité de la Russie. Le moindre.

Mais il est déjà trop tard.

Il est à noter que depuis le 13 avril, plus aucun article n’a été écrit sur le site de Ria Novosti à propos de l’enquête en cours sur les causes du crash de l’avion présidentiel.

Ce mercredi, un premier compte-rendu de la part des autorités polonaises est attendu. Nous pourrons constater le travail des experts... du FSB?

 

D.P.

Sources diverses, dont http://swietapolska.com/news

Vos commentaires sont toujours les bienvenus.

09/03/2010

Nicolas Sarkozy accueille à bras ouverts Dmitri Medvedev à Paris

Mis à jour le 10 mars 2010 à 23:42

Alors que Nicolas Sarkozy accueillait à bras ouverts Dmitri Medvedev à Paris pour deux journées de travail sur les échanges commerciaux entre les deux pays, la presse française a largement commenté la signature pour la vente par la France de 4 bâtiments de guerre de classe Mistral à la marine russe, ainsi que les accords de partitipation de GDF-Suez dans le projet de pipeline russe South Stream, points d’orgue de ces deux jours de « foire commerciale ».

Certains quotidiens ont bien entendu décrit ces accords comme étant salvateurs pour l’industrie française et les chantiers navals de Saint-Nazaire, mais d’autres ont une nouvelle fois mis l’Elysée en garde : la France, qui fait partie de l’Alliance Atlantique, devrait refléchir à deux fois avant de vendre des bateaux de guerre particulièrement offensifs – tansport de troupe, de matériels lourds, d’hélicoptères – à un pays ayant déclaré l’Otan « ennemi n°1 de la Russie », et sachant que Moscou est encore en guerre en Géorgie, n’ayant pas encore retiré ses troupes des zones occupées (et construisant des bases navales, aériennes et terrestres un peu partout dans les provinces séparatistes) en contradiction avec l’accord en 6 points signé par la Russie, la Géorgie et... la France. Cela rend cette vente d’autant plus étonnante aux yeux d’une certaine presse française qui saute sur l’occasion pour critiquer la politique de Sarkozy. Ces signes plus qu’évidents de rapprochement entre les deux « vieux amis » sont en parfaite logique avec la mentalité de la présidence française : se mettre en valeur, se différencier des Etats-Unis, relancer l’économie du pays, à tout prix.

Bernard Kouchner à commenté la vente des Mistral disant que Dmitri, ce n’est pas Poutine. Un peu simple... et irréfléchit. Par contre, il a signalé son désaccord concernant la vente des bateaux aux russes.

Dmitri et Poutine savent jusqu'où ils peuvent aller ensemble. L'un, l'homme fort, patron du FSB, "patron" de Gazprom, chef de la Douma, des armées et des stratégies militaires. L'autre, comme le dit si bien Lilia Chevtsova, c'est à la fois la galerie, la mise en confiance des chefs d ‘états étrangers, et les relations publiques en général. Homme de loi, il est autant le conseiller de Poutine que Poutine l'est pour Medvedev sur les stratégies plus "tordues", comme la tentative d'envahir la Géorgie qui ne cache qu’à peine le besoin de s'approprier "définitivement" la province séparatiste géorgienne d'Abkhazie, pour des raisons non de protection des populations - illégitime - mais de pure géopolitique.

Une différence importante: sous Poutine, la Russie était dépendante de la seule vente d'hydrocarbures, et grâce notamment aux manières maffieuses de Gazprom, avec les moyens infinis du FSB pour s'approprier des marchés importants, en oragnisant des procès truqués contre les concurrents, ou en utilisant la guerre en Géorgie pour déstabiliser la région et faire capoter le projet de pipeline européen Nabucco... qui aujourd'hui est déserté par les compagnies Allemandes, Hollandaises, Françaises, Grècques... pourtant soutenues par l'Europe qui a annoncé injecter 200 millions d’euros il y a quelques jours, suite la visite de Medvedev à Paris..., au profit des projets russes Northstream et Southstream).

Aujourd'hui, sous Medvedev, ce sont les industriels de tous les secteurs qui demandent à être soutenus par le Kremlin, ces derniers ayant accompagné le président russe à Paris. Le Business des hydrocarbures (extrêmement juteux, faut-il encore le préciser!) accompli à 80%, Medvedev se doit d’attirer d'autres investisseurs occidentaux, par tous les moyens, et acheter quelques Mistral au passage, ce qui fait sans doute office de « remerciements » à la France pour le « rapprochement Franco-Russe », mais qui, très cyniquement, serviront à protéger les positions « acquises » illégalement en Mer Noire, en Géorgie.

Un quotidien français, France-Soir en l'occurence, a été racheté par un oligarque russe il y a peu. Le journal était en surcis, tout comme les chantiers de Saint-Nazaire, ce qui ne peut que faire du bien à l’économie en crise de l’Hexagone... et servira l'énorme outil de propagande du FSB. Tiens, à propos du FSB : jamais il n'y a eu autant d'espions russes que depuis ces deux dernières années, à Paris, et sans doute aussi dans de nombreuses capitales européennes. Coincidence?

La Russie, qui investi de plus en plus à l'étranger, doit absolument trouver des investissements en Europe, et des investisseurs européens qui s'établiraient en Russie. Mais la guerre avec la Géorgie, les relations tendues avec l'Otan, le soutien à l'Iran (maintenant que les iraniens ont signé un accord pour la vente d'hydrocarbures à Gazprom - Nabucco n'aura pas un seul litre de gaz iranien - les Russes peuvent retourner leur veste et accepter de soutenir la politique américaine de sanctions contre l'Iran, timidement bien sûr), les très nombreux problèmes des droits de l'Homme, des libertés de la presses, etc... n'ont pas aidé Medvedev dans ces démarches. Engager l'ancien chancelier Gherard Schroder comme patron d'une filliale de Gazprom chargée de la construction du pipeline North Stream, est une idée de génie. Un ancien chef d'état démocrate européen travaillant avec le régime russe afin de recruter d'autres chefs d'états européens pour soutenir le programme russe d'étranglement de l'Europe par son futur monopole du Gaz... C’est un peu la même tactique que celle utilisée par Staline de soutenir Hitler, jusqu’en 1942, pour ensuite le renverser et hériter de son empire...

 

Le choix des 3 « grands » européens, Allemagne, Italie, France, comme partenaires pour des investissements massifs dans les projets de pipelines South Stream et North Stream s'explique dès lors aisément, et le retournement de veste de Sarkozy, du coup, de même. D'où sa précipitation à Tbilissi et à Moscou pour obtenir un cessez-le-feu, le 12 août 2008, et les erreurs très dommageables à la petite Géorgie, qui en découlèrent immenquablement. Et aujourd’hui, Moscou a gagné, en moins de 10 ans, tous les marchés gaziers d’Europe, de Chine et d’Inde, avec des retombées financières infinies pour les entreprises actionnaires et... pour Schroder, Berlusconi et Sarkozy, personnellement. Tel était le plan de Poutine depuis dix ans. Mission presque totalement menée à bien, avec les jeux de Sochi (ancienne ville géorgienne) en prime.

Mais que ces pays d’Europe acceptent ce jeu de dupes (pas les olympiques mais ceux des politico-financiers russes) c’est tomber dans un piège pourtant grossier, tant la « stratégie criminelle » est transparente. En impliquant les chefs d’états européens en personne, Poutine s’assure des marchés inespérés, et un soutien indéfectible. L’argent n’a pas d’odeur, le pouvoir pas d’odorat, et les citoyens que nous sommes... juste un peu pigeons. Pourtant, les états européens ex-soviétiques ont maintes fois allerté Bruxelles qui, c'est vrai, vient d'injecter 200 millions d'€ dans le pipeline Nabucco. Un signe? Une goutte d'eau dans le gaz russe. A l'image de la présidence européenne sans doute.

D’où l’importance de la vigilance, sans cesse.

 

En Géorgie, 300.000 personnes ont été déplacées par les conflits soutenus, organisés par la Russie. Victimes de la "nouvelle politique" de Poutine et Medvedev...

 

D.P.

 

Pour compléter cet article, je vous propose de lire celui paru dans Le Soir du 1er mars sur le sujet de la visite de Medvedev à Paris, de leur correspondant à... Moscou (ça ne s'invente pas) qui dit en clôture, "Tout cela ne pourrait toutefois n’être de la part du Kremlin qu’un message à usage interne : prévenir l’industrie russe, réputée très lente à se moderniser, qu’elle doit vite réagir…" (sic). J'en ris encore.

Plus instructif, l'article de Vincent Jauvert sur globe.blogs.nouvelobs.com

 

 

26/02/2010

Gary Kasparov au "Guardian"

Article de Gary Kasparov dans "The Guardian"

 

Le « Guardian » a publié ce mardi 23 un article intitulé «L'Europe ne doit pas séduire la Russie ! »écrit par le chef de l'opposition russe Gary Kasparov. Le voici, suivit d'un commentaire.

Dans les capitales des démocraties européennes, les dirigeants saluent une nouvelle ère de coopération avec la Russie. Berlin revendique une «relation spéciale» avec Moscou et va de l'avant sur une série de grands projets avec le géant énergétique russe Gazprom, dont une filiale est dirigée par l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi s'est rendu à Saint-Pétersbourg l'année dernière pour se joindre à la célébration de 59ème anniversaire de son « grand ami » Vladimir Putin. Et à Paris, des négociations sont en cours pour une vente importante d'armes qui permettrait à la Russie d'acquérir l'un des navires les plus avancés de la marine française."

Pendant ce temps, l'opposition démocratique en Russie est étouffée. Le 31 Janvier encore,  le gouvernement russe a refusé la tenue d'une réunion pacifique de citoyens qui voulaient manifester en faveur du ... droit à la liberté de réunion, consacré à l'article 31 de la Constitution de la Fédération de Russie: le "droit de se réunir pacifiquement et d'organiser des réunions, des rassemblements, des manifestations, des marches et des piquets de grève".

De même, les journalistes russes ont été de plus en plus harcelés pour avoir exprimé leurs critiques du gouvernement. Mais les poursuites ne sont pas vraiment le pire pour les journalistes russes qui omettent de signaler les nouvelles de manière "patriote". En 2009, plus d'une douzaine de journalistes, de militants des droits de l'homme et d'opposants politiques ont été tués.

Après avoir étouffé la critique interne par rapport à ses actions dans le Caucase, le gouvernement russe porte maintenant son attention à ceux qui les critiquent de l'étranger - et il est encouragé en ce sens par les entreprises et par les gouvernements européens. La dernière victime des censeurs de Moscou et de leurs amis occidentaux est appelé Perviy Kavkazskiy. Cette jeune station de télévision en langue Russe a été, jusqu'à la fin de Janvier, librement accessible aux personnes vivant dans les zones russophones. Maintenant, Eutelsat - le premier fournisseur européen de satellites basé à Paris - refuse d'appliquer le contrat négocié avec la station.

Il semble que la société russe Interspoutnik ait fait une offre qu' Eutelsat ne pouvais pas refuser, le 15 Janvier, soutenant la possibilité de millions de dollars d'échanges avec des exploitations médias du géant gazier russe Gazprom à condition qu'Eutelsat cesse de faire affaires avec la chaîne du Caucase en question. Eutelsat a capitulé et a envoyé un message désastreux au monde: pas de télévision en langue russe qui ne soit pas contrôlée par le Kremlin ne sera autorisée en Fédération de Russie. Même si ellel est basée à l'étranger. Même si elle a un contrat avec un fournisseur européen de satellites.

La chaîne par satellite en langue anglaise, Russia Today, financée et contrôlée par le gouvernement russe, n'est pas confrontée à de tels problèmes avec les opérateurs de satellites européens. Cette chaîne a récemment lancé un blitz publicitaire aux Etats-Unis et au Royaume-Uni avec des scènes montrant le visage du président américain Barack Obama en morphing vers celui du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Personne n'a soulevé d'inquiétudes sur la Russie d'aujourd'hui et les téléspectateurs de l'Ouest sont autorisés à recevoir la propagande déjà diffusée en Russie. Mais l'idée même d'un canal alternatif en langue russe semble trop "provocatrice" pour certains Européens. L'adhésion à ces politiques est une violation flagrante de l'esprit de la législation européenne protégeant la liberté de la presse, et les tribunaux français vont bientôt constater que l'opérateur a violé plus que l'esprit de la loi, l'affaire contre Eutelstat se déroulant dans les semaines à venir.

Pourtant, ce n'est que le dernier exemple de la complicité européenne dans la consolidation du pouvoir politique du Kremlin à l'intérieur du pays et de la reconstitution de l'armée utilisée pour contraindre les nations qui se trouvent juste à sa frontière. Tel est le contexte dans lequel je reçois les récents rapports selon lesquels le gouvernement français entend aller de l'avant avec la vente à la Russie d'un ou plusieurs navires d'assaut amphibie de la classe Mistral. L'armée russe n'a pas caché ses intentions pour l'utilisation de ces armes. En Septembre de l'année dernière, l'amiral russe Vladimir Vysotsky a triomphalement déclaré qu' "un bateau comme cela aurait permis à la flotte de la mer Noire d'accomplir sa mission [envahir la Géorgie] en 40 minutes au lieu de 26 heures».

Il y a un peu plus d'un an, alors que les chars russes occupent des parties de la Géorgie, le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer a déclaré qu'il ne pouvait y avoir "aucune sorte d'affaire habituelle avec la Russie dans les circonstances actuelles". Les forces russes occupent toujours le territoire géorgien, en violation du cessez le feu négocié par le président français Nicolas Sarkozy, et pourtant l'Otan, elle aussi, est de retour aux affaires, comme d'habitude, avec le régime de Poutine.

Que Moscou ferme les journaux d'opposition, arrête les journalistes qui ne veulent pas suivre la ligne du gouvernement, et soumette à leur tyranie ses voisins démocratiques...  certains dirigeants européens ne sont pas silencieux. Au contraire, ils arguent en faveur de liens plus étroits avec Moscou, pour une coopération énergétique, pour des ventes d'armes !

Les dirigeants européens doivent prendre position pour la liberté d'expression et la défense de la liberté des médias qu'ils permettent chez eux. Cela commence par faire clairement comprendre aux entreprises européennes qu'elles ne sont pas censées être les instruments dociles du Kremlin a sa censure. Les mêmes dirigeants devraient également montrer que, au début du 21e siècle, on ne peut pas occuper un territoire étranger [la Géorgie] sans conséquences. Elle n'implique évidemment pas vendre des armes aux forces d'occupation. L'enjeu n'est pas seulement la liberté des citoyens russes, mais aussi le sens même de l'Europe et l'honneur de l'Europe.

Gary Kasparov

Source :  " Don't cosy up to Russia, Europe !" Guardian.co.uk, Tuesday February 23 2010 


Gary Kasparov nous rappelle à sa manière, et surtout selon sa position de chef de l'opposition en Russie et donc du point de vue russe avant tout, le danger réel qui pèse sur nos démocraties en soutenant les politiques de Poutine.

Durant plus de 70 ans, l'Europe n'a jamais hésité à critiquer la Russie soviétique, à juste titre faut-il le dire, mais tout en faisant des affaires avec ses dirigeants, cautionnant ainsi les déportations, le génocide de millions de citoyens en achetant le Gaz de Sibérie pour chauffer nos maisons, finançant, du même coup, l'ensemble de leurs politiques. Par exemple.

Avec la "chute" de l'empire soviétique, rien n'a réellement changé, ni d'un côté ni de l'autre, mais le business a pris le pas sur la politique, et la politique de Poutine, c'est le business. Poutine, c'est le super-patron de l'immense entreprise, l'Etat/Gazprom, mais contrairement à Total ou Exxon par exemple, ne contrôle pas uniquement quelques équipes de vente et autres hommes de mains pour faire des affaire, mais bien les dizaines de milliers d'hommes du FSB (ex-KGB), avec la coûteuse complicité de la Douma, et... de l'armée, et pas n'importe laquelle. Une des plus brutales, et je reste poli. La soi-disant démocratisation de la Russie (et de la CEI) permettant enfin le business "sans déshonneur" pour les chefs d'états occidentaux. Ce n'est pas qu'ils se trompent, c'est qu'ils s'en arrangent. Mais avec la guerre en Géorgie, Poutine a été "un peu trop loin" et il a fallu l'arrêter. (Laissons-lui les deux provinces séparatistes quand-même! En "oubliant" de dater le document de cessez-le-feu par exemple... Ce qui fut fait. Document caduque. Merci messieurs Sarkozy et Kouchner. Quelques centaines de morts, 200.000 déplacés en Géorgie... )

La guerre de Géorgie était une évidence pour beaucoup de citoyens russes et ex-soviétiques, tant ce petit pays  était critiqué, diabolisé par les médias d'Etat et dans de nombreux meetings politiques. Si un attentat avait lieu, c'était soit les Tchétchènes financés par des géorgiens, soir des Géorgiens financés par des azéris. Comme en 1999 avec les seuls tchétchènes, avant la deuxième guerre de Moscou contre Grozny décidée par Poutine. Le FSB a une expérience dans la propagande de plus de 80 ans...

Depuis 2005, toutes les ripostes des forces de paix géorgiennes aux tirs provocateurs des milices séparatistes ont systématiquement été décrites en inversant les rôles, malgré la présence d'observateurs européens sur place, dans les provinces d'Abkhazie et d'ossétie du sud. Ajoutez à cela bon nombre de manipulations, de payements de commissions, de violations de toutes sortes de lois nationales et internationales, et vous obtenez les conditions idéales pour bombarder et envahir son voisin ( "et ami historique" d'après Medvedev ). Ce qui fut fait.

Aujourd'hui, Moscou commence à en récolter les fruits, au détriment de 4.5 millions de Géorgiens (Abkhazes et sud-ossètes compris). Le piège a marché à merveille, les affaires vont reprendre de plus belle. Le chaos provoqué depuis 20 ans dans le Caucase par Moscou permet à Poutine d'empêcher "pour raisons de sécurité" le passage du pétrole de la Caspienne par la Géorgie. Donc, il faut acheter le gaz et pétrole russes, investir dans les pipelines russes, et payer l'Etat russe, c'est à dire Poutine.

La boucle est bouclée.

Mais l'armée d'occupation en Géorgie, elle, s'impose gravement. Pas pour maintenir le chaos spécialement, mais pour... "sécuriser" la Mer Noire (et les jeux de Sochi, à quelques km de la Géorgie) tout en maintenant le chaos.

Gary Kasparov a raison quand il dit qu'il s'agit de l'honneur de l'Europe. Ne pas cautionner un tel jeu de massacres, massacre des libertés en Russie, massacre de toute idée démocrate, massacre des valeurs humanistes, massacre des consciences, celles qui survivent aux propagandes et aux assassinats, au nom du profit de quelques uns.

Comme toujours.

D.P.

traduction de l'article de Kasparov : D.P.

SHAKE YOUR SOUL

BOYCOTT LUKOIL    ! ! !

BOYCOTT SOCHI 2014    ! ! !

19/05/2009

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

A Genève, en raison de l'absence de la région sécessionniste d'Abkhazie qui a refusé de prendre part aux discussions pour ne pas avoir reçu des documents de l'ONU dans les temps, les délégations russes et ossètes ont refusé de participer elles aussi aux négotiations de paix.

"Aborder des questions graves sur la sécurité sans l'une des parties concernées me paraît un exercice inutile", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karasine. Bien entendu, c'est sous les conseils de la Douma que les Abkhazes ont refusé de participer à cette réunion...

Ces séances de pourparlers, présidées par les Nations unies, l'Union européenne et l'OSCE, sont systématiquement torpillées par les sécessionistes abkhaze « qui ne veulent pas êtres considérés, dans les documents de l'ONU, comme faisant partie de la république de Géorgie ». Autant dire que, malgré le bon-vouloir de la communauté internationale et de la Géorgie, on n'est pas près de trouver de solutions pour la stabilité et la paix dans cette région.

"La situation dans le Caucase du Sud sera évoquée en relation avec les conséquences de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, et avec un autre sujet régional: le Haut-Karabakh", a dit M.Tchijov histoire de compliquer et d'envenimer encore, si besoin était, la situation, et il ajoute : « Les volets du plan (Sarkozy) concernant la Russie sont réalisés. Si des questions concernant sa mise en application surgissent, elles peuvent être posées à la Géorgie. Le plan prévoyait le retour des forces géorgiennes vers les lieux de leur cantonnement habituel, pourtant, nous constatons la concentration d'effectifs militaires et policiers géorgiens dans les districts adjacents à l'Ossétie du Sud. »

Bien entendu, ce genre de déclaration est destinée non pas aux politiques qui savent très bien que la Russie n'a respecté AUCUN des points d'accords « Sarkozy », mais bien à la presse qui relaie l'info vers qui veut bien la lire et y croire.

Il faut bien comprendre que, quand la Russie accuse quelqu'un de quelque chose, c'est pour noyer le poisson qu'ils ont eux-même placé dans l'aquarium du FSB. Quand la Russie dit que la Géorgie ne respecte aucun point d'accord, c'est bien qu'elle n'en respecte aucun elle-même. Si la Russie accuse la Géorgie d'avoir concentré des militaires et des policiers aux frontières ossètes, c'est qu'ils en ont eux-même placé, et pas qu'un peu. Pour rappel, alors que les points d'accords Sarko demandaient aux parties d'en revenir à la situation d'avant le 7 août, c'est à dire maximum 3700 soldats de maintien de la paix en ossétie et autant en Abkhazie et aucune arme lourde, les Russes ont amassés plus de 10,000 hommes aux frontières ossètes et autant aux frontières abkhazes, avec blindés, lance-missiles, etc... La Géorgie, quant à elle, patrouille timidement avec quelques policiers le long des frontières concernées, principalement pour protéger les observateurs de l'OSCE ou de l'ONU (des enlèvements ont eu lieu à plusieurs reprises), mais aussi pour prévenir les nombreuses attaques des milices ossètes sur des villages géorgiens situés sur la frontière. Il faut signaler, par respect pour la vérité et par respect pour les famille des policiés tués, que 12 policiers ont été assassinés par les milices abkhazes ou ossètes depuis septembre...

La direction russe, qui jamais ne cèdera volontairement un seul hectare conquis par son armée d'invasion en août, se sachant en infraction totale avec un nombre impressionnant de lois internationales, ne peut que fuir devant ses responsabilités et tenter de se disculper, non pas en recherchant des preuves d'innocence - il n'y en a pas - mais en accusant l'adversaire des crimes qu'elle a elle-même commis. Peu de gens sont dupes, à part peut-être Josy Dubié et quelques autres illuminés, mais beaucoup ont plus besoin de la Russie que de la Géorgie, et contredire la politique de Moscou équivaut pour certains, sans aucun doute, à rendre plus compliqués, plus délicats, les accords gazier entre Medvedev et l'occident.

Les accusations de Human Rights Watch à l'encontre de Tbilissi, accusé d'avoir aussi commis des crimes de guerre, a fortement diminué la sympathie des (lecteurs) occidentaux pour ce petit pays du Caucase dont tout le monde parle sans le connaître. Il suffit de lire chaque article de presse qui, lorsqu 'il parle de la guerre d'août et de ses suites, ne s'abstient pas d'écrire « suite à l'agression de la Géorgie pour récupérer sa province sécessioniste d'Ossétie du Sud » à la place de « suite aux provocations russes contre les forces de paix géorgiennes en Ossétie du Sud ». Mais ces accusations de HRW sont tellement anecdotiques si on ose les comparer aux crimes commis par les milices ossètes et les soldats russes contre tous les villages géorgiens d'ossétie du sud, que je n'arrive pas à comprendre les rédactions de la presse occidentale, belge principalement, ou française de gauche, qui anihile les massacres ossètes en préfèrant la syntaxe relayée par la presse russe sous contrôle de la Douma, plutôt que celle de Tbilissi, pourtant de loin plus réaliste et indépendante.

Conférence de presse de Lavrov concernant la Géorgie? Tous les micros de la presse occidentale sont devant ses lèvres. Conférence de presse d'un ministre géorgien : seuls la presse géorgienne est présente. Que faut-il en déduire?

 

 

Ce qu'espère la Russie, et qu'elle est à quelques pas d'obtenir si on n'y fait pas plus attention, c'est de parvenir à éviter la même sympathie de l'Occident pour les victimes géorgiennes que pour les victimes tchétchènes de l'agression russe de 1999, qui à l'époque avait entraîné nombre de manifestations de soutien aux nord-caucasiens, dans toutes les capitales occidentales. Aujourd'hui, la Russie a besoin de l'Occident, plus que l'occident a besoin de la Russie, et chaque justification, aussi grossière soit-elle, à l'attaque de la Géorgie, est la seule politique possible pour les agents du FSB dirigés par Poutine. Depuis la fin de la guerre d'août, si tant est qu'on puisse parler de « fin », les russes fuient leurs responsabilités, s'appuyant sur des prétextes impossibles pour se justifier (protection des ressortissants russes dans les territoires séparatistes alors qu'ils ont eux-même distribué des passeports russes illégalement à la population géorgienne de ces provinces, avant d'inventer des attaques géorgiennes contre lesdits ressortissants pour prétexter leur intervention) Désinformer est habituel à Moscou. La propagande anti-caucasiens marche à fond depuis 5 ans dans toute la Russie, et en soit, déjà cela est un délit majeur dont le HCR n'a jamais, à ma connaissance, fait part.

D.P.

17/03/2009

Sur Ria Novosti

Lu sur Ria Novosti

Medvedev : la Russie réarme sa force militaire.

Poutvedev

Le président Dmitry Medvedev, qui cherche à améliorer ses liens avec les États-Unis, a déclaré mardi que la Russie se réarme et renforce ses forces militaires et ses forces nucléaires, car les US et l'OTAN sont en pleine expansion en direction de ses frontières.

«Les tentatives visant à étendre l'infrastructure militaire de l'OTAN près des frontières de notre pays se poursuivent,» a dit à Medvedev lors d'une réunion annuelle avec le personnel du ministère de la Défense

La Russie déploiera des nouveaux missiles à têtes multiples d'ici décembre.

En décembre 2009, la Russie déploiera un régiment de missiles stratégiques de dernière génération RS-24 à têtes multiples, a annoncé mardi aux journalistes le commandant des Troupes des fusées stratégiques russes Nikolaï Solovtsov.

"Après le 5 décembre 2009, à l'expiration du traité START-1, un régiment de RS-24, comportant un poste de commandement et un groupe de missiles, deviendra opérationnel", a expliqué le général.

Chacun des missiles RS-24 porte quatre têtes au moins.

Note : écrire quelque chose de plus est totalement inutile.

Nabucco: Gazprom décline une offre de participation

Le géant gazier russe Gazprom a annoncé lundi soir avoir décliné une invitation à participer à la construction du gazoduc international Nabucco, sous prétexte qu'il réalisait déjà le projet South Stream.

"Contrairement à Nabucco, nous avons réuni toutes les conditions nécessaires pour que notre projet (South Stream) soit réalisé. Nous avons le gaz, nous avons des débouchés, nous avons l'expérience technique des projets complexes", a déclaré le PDG adjoint de Gazprom, Alexandre Medvedev, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision russe Vesti.

"Qui court deux lièvres à la fois n'en prend aucun. Nous avons déjà misé sur un lièvre, et c'est celui-ci que nous courrons", a-t-il souligné.

M. Medvedev a souligné l'importance capitale du projet South Stream pour l'Europe. "D'ici 2020, l'Europe aura besoin de 100 milliards de mètres cubes supplémentaires de gaz par an, et il n'existe pas de gazoducs pour lui livrer cette quantité", a-t-il expliqué.

Le projet Nabucco est le prolongement du gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum. Il doit permettre de transporter 20 à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel caspien tous les ans à partir de 2014.

La Russie a avancé l'idée d'un autre gazoduc, South Stream, pour diversifier ses itinéraires d'exportation de gaz vers l'Europe centrale et méridionale. D'une capacité de 31 milliards de mètres cubes de gaz par an, ce gazoduc reliera la Russie à la Bulgarie en passant sous la mer Noire et en contournement l'Ukraine.

note (d.p.) : Le projet Nabucco, seule projet alternatif au gaz russe... Medvedev (l'autre) en est blanc depuis des années. C'est aussi une des principales raisons de la tentative d'annexion de la Géorgie par Moscou en août dernier.

Lien : editpress (par exemple)

12/01/2009

Humeur du jour

Bonjour à tous,

L'année 2009 est espérée par toutes et tous meilleure que 2008, mais les crises en cours plombent quelque peu l'atmosphère déjà lourde de notre planète. Malgré ces prévisions plutôt pessimistes, nombre d'entre nous placent leur espoir dans une consientisation de l'état de notre monde "moderne" et dans la vision d'un changement radical des politiques nationales et internationales. Par exemple.

Bien entendu, l'heure n'est plus à l'utopie. Ni même aux rêves. Le temps est à la réflection, à la "concertation" entre les peuples, pour reprendre un mot bien de chez nous. Et ça commence par un "état des lieux" de nos sociétés.
Hier matin, alors que je rédigeais un texte à poster sur mon blog à propos de la charte Etats-Unis/Géorgie signée il y a quelques jours, je me suis rendu compte à quel point nous sommes manipulés sans cesse. Pas à propos de cette charte, non, ni même à propos de la crise Gazprom, ni de la guerre en Géorgie, ni à propos des médias, mais de l'ensemble des crises. Parce qu'on lit ce qu'on lit, qu'on voit ce qu'on voit, on croit ce qu'on ne devrait pas toujours croire.

Le blog Tbilisite a été créé dans le but de diffuser des informations qui concernent directement et indirectement le conflit d'août en Géorgie, et plus j'y travaille, plus je me documente, plus pour moi il est indéniable que le monde, notre monde, est en réel danger.

"Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu'ils peuvent provoquer des changements" (Chomsky).
Alors ce que je souhaite avant toute chose pour 2009 et les années à venir, c'est que nous provoquions ces changements dont nous avons tous besoin.
La réflection continue sur le blog, presque chaque jour une nouvelle page... alors diffusez, diffusez

D.P. Tbilisite

Cadeau du jour : Quelques photos !

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Maison en Bois

 

 

 

Tbilissi 1999

Rue 03

 

 

 

 

Tbilissi. Quartier Chardin, 1999

03

 

 

 

 

Tbilissi 2001

423

 

 

 

 

 

 

 

 

Tbilissi 2008

 

Copyright D.P. Tbilisite 1999 - 2009

 

Partenariat Georgie Etats Unis

Une charte de partenariat entre les Etats-Unis et la Géorgie a été signée.

Il y a deux jours, à Washington, une charte de partenariat entre les Etats-Unis et la Géorgie a été signée. Il s'agit avant tout de renforcer la coopération entre les deux pays, partenariat tant au niveau économique qu'artistique, mais aussi... militaire. Le président Saakashvili a dit à son propos que des pourparlers sont en cours avec les pays associés pour signer plusieurs autres documents, y compris  des accords de libre-échange, ce qui augmente considérablement les possibilités économiques géorgiennes.

Le président géorgien a souligné plusieurs facteurs qui donnent à cette charte une signification historique. "La Géorgie commence à se faire valoir dans le système international pour la première fois de l'histoire moderne. Tous les efforts précédents ont échoués auparavant, aussi la Géorgie se rapproche encore de l'espace atlantique européen."

Autre facteur très important, le président a dit que la charte prouve de son propre aveu le succès de la Géorgie dans le développement démocratique. "La Géorgie est un pays démocratique et une société démocratique", a-t-il dit. "Les relations AMÉRICANO-GÉORGIENNES passent une nouvelle étape, parce que "jamais auparavant le mot "stratégique" n'a été mentionné dans ces relations. Les Etats-Unis utilisent rarement ce mot et, si oui, vers peu de pays dans le monde. Chaque fois que les Etats-Unis l'utilisent, ce mot porte une signification politique spécifique."

Le président considère également comme un facteur très significatif que la charte a été soutenue par l'ensemble de la société géorgienne consolidée.

Source : Rustavi2 / France24 /

Commentaire :  

Si certains se disent que faire alliance avec les USA est une erreur, qu'ils se disent aussi qu'une alliance avec la Russie est suicidaire! Bien entendu, la Géorgie devrait se rapprocher de l'Europe plus que des Etats-Unis, mais il semble bien que cette Europe craint de casser ses relations commerciales (Gaz e.a.) avec la Russie (1). Il suffit de voir comment Sarkozy a fait marche arrière entre août et octobre, laissant les accords signés par Medvedev et Saakashvili en suspend: les exigences européennes n'ont été que très partiellement suivies par Moscou. Il suffit de connaître la dépendance de l'Europe vis à vis du Gaz russe, de savoir que l'ex-chancelier allemand est propriétaire de 40% des parts sur le pipeline devant relier la Russie à l'Allemagne, pour comprendre leur mutisme. L'Europe joue avec des criminels, et devient le jouet de Poutine. Bravo.

Sans la Russie, la Géorgie s'est considérablement modernisée, ses infrastructures (avant la guerre) ont été rénovées, les investissements européens et américains se sont multipliés, grâce notamment aux pipelines, etc... Alors que la Russie, quant à elle, a enrichi ses oligarques et appauvri sa population, surtout dans les campagnes. Ce n'est certainement pas le paradis actuellement dans les zones rurales en Géorgie, mais des efforts ont déjà été fournis, et des réformes agraires sont en marche.

Le Caucase: une poudrière?

Il est vrai que la présence de militaires US à la porte de la Russie peut sembler être une provocation pour les Russes, c'est un point de vue. Mais pas plus, en principe, que les pays baltes ou la Pologne. Seulement voilà, la richissime Géorgie, c'est chasse gardée. La grande Datcha des oligarques russes, pas touche! L'Europe centrale est perdue, il ne faut pas perdre l'Eurasie! Tant de beautés et... d'hydrocarbures!

On le sait, parce qu'avoué par le président Medvedev lui-même: l'ultime visée de la guerre d'août était la mise à pied du président géorgien. Mais se seraient-ils contentés des pipelines, alors qu'annexer l'Azerbaidjan, dans la foulée... Avec 60.000 hommes et 3000 blindés, ils pouvaient même se permettre quelques incursions aux alentours. Ce qu'ils se permettent déjà actuellement en organisant quelques raids sur le territoire géorgien, malgré la signature des accords. 

Par conséquent, en y réfléchissant un tout petit peu, quelle est la présence la plus préjudiciable pour la Géorgie? La 53ème armée russe (suivie des milices ossètes, abkhazes, etc...) qui installeraient des gouvernements fantoches et élimineraient toute opposition dans le Caucase? Ou permettre à la Géorgie de connaître - enfin! - une liberté telle que nous connaissons chez nous depuis plus de 60 ans, à laquelle ils aspirent depuis des décennies, et faire barrière, en quelque sorte, aux aspirations russes?

Bien entendu, mieux vaudrait pour tout le monde que des relations normales puissent s'établir un jour avec la Russie, mais ce serait sous-estimer les idées impérialistes de la Douma et de ses chefs actuels, et les conséquences désastreuses pour le reste du monde si nous n'y faisons pas attention. Dans 10 ans, peut-être. On peut rêver...

D.P. Tbilisite.skynetblogs

(1) : L'Europe traite avec la Russie pour l'achat de gaz russe depuis 1968, au lendemain du Printemps de Prague. Autant dire que l'Europe n'a pas beaucoup de morale quand il s'agit de business-énergies... En fait, c'est principalement l'Europe qui a financé les guerres afghanes, tchétchènes et, maintenant, géorgiennes, en finançant l'état russe et son armée. Consciemment (en un mot)?

 

08/01/2009

Europe Ukraine Gazprom

Pour en savoir un peu plus sur la crise du gaz : ce qu'on ne vous dit pas toujours dans la presse :

L'Ukraine, depuis des années, bénéficie d'un tarif préférentiel auprès de la Russie, souvenir de l'époque soviétique, mais Moscou souhaite vivement revoir ses tarifs à la hausse, jusqu'à ce que l'Ukraine paie son gaz au même tarif que les pays d'Europe. Naftogaz, le gestionnaire des hydrocarbures ukrénien, qui n'a pu honorer l'équivalent de deux mois de livraison de gaz à Gazprom suffisemment rapidement, a accepté de régler sa dette, soit un milliard et demi de dollards, somme payée le 30/12 au soir, mais refuse pour l'instant de payer les "indemnités" de 500.000 $ demandés par Moscou, somme jugée inacceptable par Kiev.

Ce que la Russie espère en créant cette crise (en fermant les robinets vers l'Ukraine, et conséquemment vers l'Europe et la Turquie) c'est premièrement renflouer ses caisses (vides) au plus vite, deuxièmement de pousser la Communauté européenne à aider l'Ukraine à payer ses "dettes", troisièmement, et c'est sans doute le plus important à retenir dans cette affaire, gagner du temps pour permettre à Gazprom de refaire ses stocks de Gaz, la Russie étant actuellement incapable de se faire des réserves car elle livre la totalité de ce qu'elle peut exploiter actuellement de ses gisements. Bien entendu, tout cela sur fond de tensions entre le régime pro-occidental de Kiev et Moscou.

Chauffage TbilisiConduits de chauffage urbain, Tbilisi.

Ce que Kiev attend de Gazprom, c'est de pouvoir remettre les contrats sur la table. Non seulement l'évolution des tarifs gaziers doivent être revus, mais aussi le tarif des droits de passage de l'oléoduc par l'Ukraine que Gazprom doit payer à Kiev.

Toutefois, il existe une autre possibilité au démarrage de cette crise. En effet, Poutine peut très bien avoir été pris en otage par les oligarques de Gazprom, lesquels tentent d'obtenir plus de pouvoirs à la direction de la société. Les responsables Gazprom n'ont effectivement aucune difficulté à donner l'ordre de fermeture de robinets pour leurs propres intérêts, vénaux d'abord, mais aussi et surtout pour des questions de lutte de pouvoir entre les chefs de Gazprom et l'Etat actionnaire. Actuellement, 40% des bénéfices de la société russe sont payés à l'Etat, ce que les oligarques aimeraient certainement renégocier.

Liens intéressants en rapport : http://www.eurotrib.com/  et  l'article de Boris Toumanov paru dans La Libre Online aujourd'hui.