26/04/2010

POLOGNE : L'ENQUÊTE RUSSE sur fond de conflit... d'intérêts.

POLOGNE :

Le dramatique crash de l’avion présidentiel : ce que la presse (libre ou pas) en dit, et ce qu'elle ne dit pas.

Cela fait plus de deux semaines qu’au massacre de Katyn, qui coûta la vie à plus de 22,000 officiers polonais*, nous devons ajouter celui de Smolensk, à quelques pas de Katyn. Ce 10 avril 2010, Le cœur de la Pologne a cessé de battre. 96 victimes. Le Président, son épouse, des responsables de l'état-major, des secrétaires d’états, ...

L’avion a décollé vers 6h50 de l’aéroport de Varsovie, puis s’est écrasé à quelques centaines de mètres de l’aéroport militaire de Smolensk, en Russie, 4h et 4 minutes plus tard.

Pour « faire la lumière » sur ce crash, Dmitri Medvedev a nommé son premier ministre Vladimir Poutine.

Dans les heures qui suivirent l'atterrissage « manqué » du président Lech Kaczynski, les russes ont trouvé les deux boites noires du Tupolev, qui sont actuellement à Moscou pour analyse par des experts russes, avec la collaboration distante d’un officier polonais. La totalité des corps des victimes ont été retrouvés et identifiés à Moscou. Pour 21 d’entre eux, l’identification n’a pas été facile, essentiellement à cause de l’incendie qui s’est déclaré lorsque l’avion a touché les arbres et s’est écrasé au sol.

Ce sont les faits, et ce sont les seules certitudes. Actuellement, toute autre information n’est que spéculation.

Cependant, depuis le début de l’enquête, nous pouvons constater, une fois encore, plusieurs discours sortant pour la plupart d’ « on ne sait où » et relayés par les médias sans autre investigation et sans trop de conditionnels.

Le discours de l’ancien chef du KGB (actuel FSB) Vladimir Poutine fut très clair quant aux causes de l’accident : en raison de l’épais brouillard présent dans la zone de l’aéroport militaire de Smolensk, la tour de contrôle a demandé au pilote du Tupolev d'atterrir à Moscou. Le pilote, malgré les avertissements, après trois tentatives, a manqué son atterrissage.

Quelques affirmations qui, nous le verrons par la suite, se trouvent êtres totalement fausses en plus d’être saugrenues. Mais jusque là, rien d’étonnant, nous connaissons le personnage.

Les jours passent, et la presse francophone travaille à informer ses lecteurs sur le sujet. Méthode classique : on prend les dépêches d’agences, on change quelques mots, et on colle l’article de Ria Novosti en troisième page avec des titres comme « Le président Kaczinski victime d’une erreur de pilotage ». Et depuis ces derniers titres accusant le pilote polonais, hautement expérimenté, qui a déjà posé son avion à Smolensk plus d’une fois auparavant, et notamment pour y déposer le premier ministre Donald Tusk 3 jours auparavant. Mais la presse polonaise ainsi que la presse de pays d’ex-Urss principalement, relayent bien d’autres informations, donnent d’autres détails que notre presse européenne occidentale, trop encline à respecter les versions officielles russes pour des raisons aussi diverses qu’évidentes, taisent. En voici un florilège:

Le Tupolev n’a pas, contrairement à ce qu’ont affirmés Poutine et les agences russes, donc nos journaux, tenté un atterrissage à 3 reprises, mais s’est écrasé dès sa première tentative. Une troisième boite noire a été rendue aux polonais (boite ajoutée par l’aviation militaire polonaise à tous ses avions) qui démontre non seulement qu’il n’y eut pas trois tentatives, mais aussi que, jusque quelques minutes avant que le Tupolev ne s’écrase, tout était absolument normal et dans la cabine des passagers, et dans le poste de pilotage. Par contre, les derniers moments avant le crash, on entend le pilote prier, et dire quelque chose comme « on est foutus ».

Plusieurs choses ont aussi pu être démontrées. L’avion, qui possédait toute la technologie moderne d’assistance à l'atterrissage (ILS), ainsi que tous les systèmes d’alarmes réagissant aux dangers liés à l’altitude de l’appareil (TAWS), n’avait aucune raison de s’écraser.

Mais Poutine, avec de la suite dans les idées, a alors déclaré que le pilote polonais ne connaissait pas le Russe, et qu’il y eut par conséquent un problème de communication entre le pilote et la tour. Nos journaux ont repris la dépêche de Ria Novosti, et d’autres sont allés à la conférence de presse organisée par l’état-major polonais qui, quant à eux, connaissant bien leur pilote, on confirmé que Mr Arkadiusz Protasiuk parle russe parfaitement, ainsi que l’anglais, langue internationale utilisée dans tout aéroport. Les capacités du pilote ne sont en tout cas pas en cause.

Ria Novosti a aussi écrit que le pilote avait été forcé par le président d'atterrir malgré le brouillard et la demande de la tour de se détourner vers Moscou, pour le forcer à atterrir à Smolensk coûte que coûte. Mais l’on sait déjà pourquoi cette thèse est loufoque.

Plusieurs autres hypothèses, et non des moindres, viennent s’ajouter à celles dont nous avons déjà connaissance grâce aux agences russes et occidentales. Pour commencer, il y a ce système précité TAWS. Les enquêteurs ont retrouvé le boitier de commande de ce système en position d’arrêt. S’il ne fonctionnait pas, le crash était difficilement évitable, surtout dans le cas où l’ILS ne fonctionne pas lui non plus, ou que la tour de contrôle russe ne donne pas les données correctes au pilote et/ou aux systèmes électroniques du Tupolev, lesdits systèmes installés par une société russe en décembre dernier..

De plus, des témoins polonais, des journalistes arrivés plus tôt accompagnés par quelques parents des victimes de Katyn, ont pu observer des russes changeant les ampoules de la piste d'atterrissage, peu après le crash. Pourquoi? Pas de réponses. Depuis lors, la Pologne demande des explications à Moscou. A ce sujet, et d’autres...

Enfin, certains quotidiens polonais rapportent deux épisodes pour le moins étranges, même si, une nouvelle fois, ils le sont moins lorsqu’on sait où le crash s’est produit.

Immédiatement après le crash, un témoin est parvenu sur les lieux même de l’accident, et a filmé à l’aide de son GSM les nombreux débris du Tupolev éparpillés autour de lui. Sur les images, rien de particulier: des hommes en uniforme qui marchent (calmement malgré la situation) entre les arbres arrachés et les pièces encore fumantes de l’avion, d’autres qui discutent entre eux. Quelques hommes en civil font pareil, certains, rares, courent. On entend les pas du vidéaste, le craquement des branches. Et dans cette ambiance lourde – et sans brouillard – des coups de feux. Cette vidéo, nous pouvons la visionner sur internet. Au-delà de l’horreur de cet acte qu’on imagine, la question est : à qui étaient destinés ces coups de feux? A un - ou des - survivant(s) du crash? Quelle ignominie... Difficile à croire. Quoique.


Le deuxième épisode passé sous silence par notre presse est la suite du premier épisode : le vidéaste à qui nous aimerions poser la question de la provenance et de la destination des tirs enregistrés, aurait été tellement tabassé qu’il se serait retrouvé à l'hôpital et y serait décédé quelques heures plus tard.

Tous ces éléments, qui devraient bien entendu faire l’objet d’enquêtes, n’ont pas été rapportés sur le site de Ria Novosti, et donc n’ont pas été relayés par nos médias. Vous pourrez, par contre, les retrouver dans les médias polonais, tchèques ou lituaniens.

Le contexte dans lequel ce drame a eu lieu est sans aucun doute important. Voire central.

Nous avons pu lire dans la presse internationale, d’Europe occidentale et de Russie avant tout, que le président Kaczynski n’était pas aimé par les citoyens polonais. C’est certainement pour cela qu’il s’est fait élire. Bien entendu, les positions du président, sur des dossiers capitaux comme le traité de Lisbonne (pour lequel, depuis sa mort, on l’accuse d’ »empêcheur de tourner en rond ») ou sur celui du système de défense de l’OTAN qui doit être installé prochainement en Pologne et qui, bien entendu, est autant destiné à défendre l’Europe contre l’Iran que contre la Russie, a-t-il avoué clairement, surtout suite à la guerre russo-géorgienne d’août 2008. C’est d’ailleurs lors de sa visite en Géorgie, accompagné par les président ukrainien et des pays baltes, qu’il a affiché son soutien au président Saakashvili, accusant justement la Russie d’avoir organisé cette guerre depuis des années, entre autres choses. Et le dossier « Géorgie », comme nous le savons, est LE dossier sensible à Moscou. Voici de quoi alimenter l’imagination de certains hauts responsables russes, si nous ne pouvions douter qu’au 21ème siècle, ce genre de chose n’est plus possible....

Oui, Monsieur Kaczynski était un empêcheur de tourner en rond. Par rapport à la Russie bien entendu, mais également pour l’Allemagne ou la France dans leurs projets en association avec la Russie. Le gazoduc Gazprom dont nous parlons régulièrement ici, Nord Stream, qui contourne la Pologne par la Mer Baltique était critiqué par Varsovie. Bien entendu, pour raisons économiques, mais ce que Lech Kaczynski dénonçait aussi, c’était l’aveuglement de l’Europe face au pouvoir que Moscou aurait sur notre région si la Russie devait devenir le quasi-unique fournisseur en Gaz de l’Europe. Une arme redoutable, qui fut déjà une des raisons fondamentales de la guerre en Géorgie: contrer le concurrent européen de gazoduc reliant la Caspienne au sud de l’Europe en contournant le territoire russe, en passant par la Géorgie (Nabucco) de l’autre projet russe South Stream, passant sous la Mer Noire, au large de... l’Abkhazie. La France participe, via GDF-Suez, au projet russe, tout comme l’Italie. La présidence polonaise a également critiqué le gouvernement français à propos de la vente de navires de guerre de classe Mistral à la Russie... Ces navires capables de transporter du matériel lourd, chars, hélicoptères, péniches de débarquement, des centaines d’hommes... seront basés en Mer Noire, probablement en Abkhazie où les forces d’occupation construisent un tout nouveau port, à moins qu’ils ne les basent à Sébastopol, port pour lequel Moscou a obtenu récemment une prolongation de son bail en échange d’une réduction conséquente du prix du gaz russe vendu à l’Ukraine par Gazprom...

A l’image de son parti, « droit et justice », Lech Kaczynski était quelqu’un de concerné par les injustices de l’Histoire, ce qui ne pouvait que déplaire à Moscou, et à l’Europe désireuse de conquérir le marché russe, au prix de l’oubli de toutes les atrocités commises par le passé, à l’époque de l’occupation soviétique. La commémoration de Katyn, initiée par lui et organisée par la Pologne, aurait du voir Poutine, en personne, avouer au monde que les 22,800 victimes de la barbarie n’était pas un crime nazi, comme ont voulu le faire croire les russes en maquillant la « scène du crime », mais bien un crime de guerre organisé par le mentor de Vladimir Poutine, Staline.

Avec le crash de l’avion présidentiel à Smolensk, Poutine ne s’est pas rendu à Katyn avec le même devoir. Et justice n’a pas été rendue aux victimes de Katyn. Ni, d’ailleurs, à aucune des victimes du communisme, laissant la porte ouverte aux dirigeants actuels pour manipuler son peuple et le reste du monde avec les mêmes méthodes qu’auparavant, pour les mêmes buts qu’auparavant : renforcer le pouvoir et s’en mettre plein les poches.

Nous avons le droit, sans aucun doute, d’espérer connaître un jour la vérité sur ce crash qui coûta la vie à des hommes et à des femmes, hauts responsables ou simples citoyens, ces polonais qui se rendaient pour prier sur la tombe de leurs parents assassinés. L’enquête fera, sans aucun doute, la lumière sur ce drame. Nos journaux nous disent qu’à présent, Moscou et Varsovie se rendent compte combien ils sont proches, frères slaves. Que les relations, « grâce à l’accident », se sont réchauffées. Que la présence de Medvedev lors des funérailles en était une preuve supplémentaire. (C’est vrai, Medvedev a bravé le nuage de cendre - qui n’était pas présent entre Moscou et Varsovie – pour assister aux funérailles.) Mais quel est le journal qui fit savoir qu’un autre président, VRAI ami de la Pologne et de son défunt président, qui était bloqué à Washington, a décollé pour le Portugal, puis pour l’Italie, puis la Turquie, pourfinalementnt arriver à Cracovie juste à temps pour se recueillir sur la tombe de Lech Kaczynski, dans la crypte du châteauau WAWEL? Ce président atypique n’était autre que le président géorgien, Mikheil Saakashvili. Bravo. Même Sarkozy, pourtant collègue européen du président polonais, a préféré vaquer à d’autres occupations.

Medvedev, absolument, n’avait aucune alternative. Il avait à se rendre à Cracovie. Ne pas y aller aurait signifié bien plus qu’un divorce entre Varsovie et Moscou, c’eut été un aveu, une déclaration de guerre. Impossible, donc, pour Medvedev, de contourner ce devoir. Et c’est un rôle qui lui va bien. Alors pourquoi cette insistance de la presse européenne pour une mise en avant, par la seule présence du président russe, d’un soi-disant réchauffement des relations russo-polonaises? C’est ridicule. Tant que l’enquête sur le crash de Smolensk n’aura pas abouti, tout « réchauffement » n’est même pas imaginable. Et la presse nous ment, une fois de plus.

Le colonel de la cour suprême militaire, Zbigniew Rzepa, depuis le début de l’enquête, demande aux autorités russes de rapatrier en Pologne les deux premières boites noires du Tupolev. Il demande aussi à avoir accès à l’entièreté des données rassemblées durant l’enquête, demandes vaines à ce jours.

Ria Novosti a annoncé qu’un enquêteur polonais est associé à l’enquête sur les boites noire qui a lieu à Moscou sous l’autorité des experts russes. C’est exact, il y a bien un expert polonais à Moscou, mais celui-ci n’a aucun contrôle sur lesdites boites, son accès étant limité aux comptes-rendus écrits par les officiels russes.

Si Moscou n’avait rien eu à cacher durant cette enquête qui est, et c’est le moins que l’ont puisse écrire, bien moins transparente qu’il peut paraître, les autorités russes n’auraient eu aucune raison de refuser le rapatriement de toutes les pièces du puzzle en Pologne afin qu’elles soient étudiées par les spécialistes polonais, assistés éventuellement par des représentants et experts de l’aviation russe. D’autant qu’il s’agit d’un avion militaire, et non civil, et que les personnalités ayant péri lors du crash étaient les plus hauts représentants du peuple polonais. Une enquête absolument transparente était indispensable pour dissiper LE MOINDRE doute sur la responsabilité de la Russie. Le moindre.

Mais il est déjà trop tard.

Il est à noter que depuis le 13 avril, plus aucun article n’a été écrit sur le site de Ria Novosti à propos de l’enquête en cours sur les causes du crash de l’avion présidentiel.

Ce mercredi, un premier compte-rendu de la part des autorités polonaises est attendu. Nous pourrons constater le travail des experts... du FSB?

 

D.P.

Sources diverses, dont http://swietapolska.com/news

Vos commentaires sont toujours les bienvenus.

15/12/2009

L'Europe et ses contradictions... stratégiques?

L'Europe et ses contradictions... stratégiques?

Les faiblesses que la Russie apprécie.

Depuis la guerre russo-géorgienne du mois d'août 2008, l'Europe s'est très fortement fragilisée face à la politique étrangère de messieurs Poutine, Medvedev et autre Lavrov. Ce que nous constatons au travers de nombreuses décisions, de nombreuses démarches entreprises par certains membres de la communauté européenne. Petit rappel historique :

Dès le début de 2008, le gouvernement géorgien, via le Conseil de l'Europe, a maintes fois averti la communauté internationnale de l'intention affichée par la Russie de renforcer ses troupes en présence dans les provinces séparatistes d' « Ossétie du Sud » et d'Abkhazie, en contradiction des accords de paix signés après la guerre civile de 1992, ainsi que d'autres infractions graves commises par le pouvoir russe dans le cadre de ses responsabilités en tant que « force de maintien de la paix » dans ces deux provinces.

La distribution de passeports russes aux citoyens légalement géorgiens des deux territoires fut sans aucun doute la plus grande provocation de la Russie non seulement vis-à-vis des géorgiens, mais surtout vis-à-vis de la communauté internationale. Mais, bien entendu, l'erreur commise par cette dernière a été d'admettre, en 1992, que seule les forces russes seraient présentes en Géorgie en tant que force d'interposition entre les séparatistes et Tbilissi. Une Russie pas très neutre, et dont tous connaissaient les intérêts dans le sud Caucase, ne pouvait qu'amener à une solution violente de règlement de ce conflit à leurs seuls profits.

Depuis 1992, la Russie, bien installée en Géorgie pour des années dans un statu-quo relatif, a uniquement joui de sa position pour envenimer la situation déjà explosive entre les parties. De provocations en provocations, sans autre réaction que la simple constatation des faits par les observateurs européens présents dans la région.

Lorsque Mikhaeil Saakashvili arrive au pouvoir en 2003, après la Révolution des Roses, il affiche clairement sa volonté de régler la « question des séparatismes » lors de son mandat, et très rapidement contraint le gouverneur pro-russe d'Adjarie de quitter le pouvoir. Ceci se passe sans aucune violence de la part de Tbilissi: c'est le peuple adjare qui réclame la démission d'Aslan Abashidzé à Batoumi, en mai 2004. Depuis, la province adjare, dont aucune infrastructure ne fut modernisée depuis la chute de l'empire soviétique, peut se venter d'être entrée au XXIème siècle dans l' « ère moderne », pour le plus grand bonheur de ses 400,000 citoyens. Mais pour l'Abkhazie et l' « ossétie du sud », qui ont une frontière commune avec la Russie, c'est nettement plus compliqué. La diplomatie russe, sous le contrôle de Lavrov, n'a aucun désir de voir le gouvernement pro-occidental de Tbilissi récupérer leurs territoires. Les provocations, d'un côté comme de l'autre, vont dès lors se multiplier en nombre et en intensité. Sous l'oeil des observateurs européens, impuissants. Mais, un fait est certain, l'Europe sait ce qui se passe, mais n'intervient pas. De toute façon, quoi qu'elle décide, la Russie ne respectera aucune de ses obligations. Tbilissi patiente.

Mais plusieurs événements vont contraindre les russes à intensifier leurs provocations envers la Géorgie. La Russie, dont l'économie repose essentiellement sur la vente des hydrocarbures à l'Europe, voit d'un très mauvais oeil le projet de contournement de leur territoire par le pipeline Nabucco, projet de multinationales européennes et américaines pour amener les hydrocarbures azerbaidjanais et irakiens de la Mer Caspienne vers l'Europe centrale et du sud via la Géorgie et la Turquie. Rendre le Caucase instable ruinerait ce projet, et la Russie aurait ainsi le quasi-monopole du gaz vendu à l'Europe, via l'Ukraine et via deux autres projets, russes ceux-là: Southstream et Northstream. Poutine, avec diabolisme et autres manipulations diverses, envoie les patrons de Gazprom recruter des investisseurs en Europe : Shröder, l'ex-chancelier allemand (engagé par Gazprom dès l'élection de Mme Merkel), Berlusconi et le groupe italien ENI, et Sarkozy via EDF, décident d'injecter des millions d'euros dans les projets russes, en totale contradiction avec les recommandations de la Communauté Européenne qui soutient Nabucco, plus désireuse de diversifier l'approvisionnement en gaz que d'empocher des dividendes de Gazprom.

Lorsque l'on sait tout cela, on comprend qu'on peut légitimement avoir de gros soupçons sur qui a provoqué qui dans le déclanchement de la guerre d'août 2008. Rappelons-le, outre de nombreuses victimes des génocides organisés par les milices ossètes et abkhazes soutenus par les « forces de paix » russes (voir rapport Tagliavini), cette guerre a vu des centaines de milliers de personnes déplacées : leurs villages entièrement détruits par l 'armée russe entre le 1 août et le 15 août ne leur donnant d'autres choix que de fuir vers Tbilissi. Les deux provinces séparatistes ont été totalement vidées de leurs citoyens autres que russes, abkhazes ou « sud-ossètes ».

La signature de cessez-le feu entre Sarkozy, Medvedev et Saakashvili a sans aucun doute sauvé l'état géorgien d'une totale annexion à la Russie - projet initial de Poutine - mais n'a rien résolu quant au fond. D'autant que Moscou, en reconnaissant l'Abkhazie et l' « ossétie du sud », se donne ainsi le droit de ne respecter aucun des points d'accords du cessez-le-feu en question, et laissant ainsi dans l'impunité totale les criminels de guerre russes, abkhazes, ossètes... (Pour pousser la provocation, nombre de ces criminels de guerre viennent d'être décorés par Medvedev...)

De toute manière, la Russie a toujours été la nation de l'impunité totale : les dizaines de millions de morts du soviétisme n'ont toujours pas été "vengés", contrairement à ceux de l'Allemagne nazie, ou du Rwanda, de Serbie, du Kosovo... Alors pourquoi s'en ferait-elle?

Ria Novosti, agence de presse sous la coupe de la propagande ex-soviétique, étant une des seules sources d'informations pour les agences occidentales, l'opinion publique européenne ne peut comprendre le conflit russo-géorgien que du point de vue russe, donnant raison à l'intervention de l'armée russe en ossétie sous couvert de « protection des citoyens russes », alors que ce sont les russes eux-même qui 1. ont distribué illégalement les passeports russes - de gré ou de force - aux ossètes, 2. ont attaqué les villages géorgiens d'ossétie - bien avant le 8 août, s'attendant à une riposte de l'armée géorgienne de maintien de la paix pour protéger ses citoyens, et 3. ont depuis des mois préparé cette intervention, amassant des milliers d'hommes et de matériels dans le Caucase Nord aux frontières géorgiennes, etc... (voir le documentaire du cinéaste russe Andrei Nekrasov « Russian Lessons »)

Le gouvernement géorgien, dont les seuls torts ont été de vouloir se rapprocher de l'Europe occidentale et se moderniser au même rythme que les autres pays démocratiques sortis de l'Empire Russe après la chute du mur de Berlin, et de permettre aux gazoducs européens BTC et Nabucco de passer sur son territoire en contournant la Russie, se voit à présent sanctionnée par ce même monde occidental auquel ils souhaitaient s'allier idéologiquement, culturellement et économiquement, et, pour se protéger de la folie des grandeurs russes, militairement.

L'allemagne, l'Italie et la France jouent à présent un très mauvais rôle pour la Géorgie. Sarkozy et Kouchner, les instigateurs de la « paix » entre Russie et Géorgie en 2008, souhaitent vendre des navires de guerre aux russes qui, bien entendu, jubilent de ce que leur propagande donne comme résultat inatendu ! Ceux qui ont « sauvé » la Géorgie vendant du matériel militaire de pointe aux aggresseurs... et ce n'est pas une blague! Une poignée de navires de la classe Mistral dans la Baltique et la mer Noire ferait une grande différence. «Dans le conflit en août dernier un navire comme cela aurait permis à la flotte de la mer Noire d' accomplir sa mission en 40 minutes, et non pas 26 heures, ce qui est le temps qu'il nous a fallu,"a récemment déclaré l'amiral commandant la marine russe Vladimir Vyssotski, se référant à l'invasion russe de la Géorgie en août 2008. (Blog du JDD)

Oui, l'Europe joue un drole de jeu! D'un côté ils fêtent la chute du mur de Berlin, et d'un autre ils sont muets face au nouveau mur soviétique séparant les provinces sécessionistes du reste de la Géorgie... Et ce n'est certes pas les nouveaux patrons de la CE - Van Rompuy en tête, qui vont changer quoi que ce soit. Imaginez un têtes à têtes Poutine/Lavrov/Medvedev - Van Rompuy/Baroso/Ashton ! Savent-ils seulement que la Géorgie existe?

Et les Etats-Unis, dans ce contexte, que fait-elle? Obama soutient, comme le reste de la communauté internationale sauf Nicaragua et Venezuela pro-russes, l'intégrité territoriale géorgienne, mais doit prendre en considération le besoin de rapprochement avec la Russie sur plusieurs dossiers, notamment le dossier Afghan (encore un problème créé par l'URSS en toute impunité). Mais l'aide américaine à la Géorgie est réelle. Des millions d'euros d'investissement pour la reconstruction du pays après les bombardement russes, l'envoi d'instructeurs et de matériels de défenses aériennes, etc....

D.P.

Pétition contre la vente de Mistrals à la Russie par la France : cliquez ICI

"Boycott LUKOIL" reste d'actualité !

Pour tout renseignement, n'hésitez-pas à me contacter !


 

28/09/2009

Le Nord-Caucase est en proie à des meurtres de défenseurs des droits humains

Russie : Le respect des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme est crucial pour que cessent les exactions.

Le Nord-Caucase est en proie à des meurtres de défenseurs des droits humains et à d’autres violences.

Lu sur le site de Human Rights Watch

Septembre 28, 2009

(Moscou, le 28 septembre 2009) - La Russie a ignoré une série de jugements prononcés par la Cour européenne des droits de l'homme sur la Tchétchénie, alimentant ainsi les violences non réfrénées dans le Nord-Caucase, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. A la suite des meurtres récents de défenseurs des droits humains qui s'y sont produits, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe décidera le 28 septembre 2009 de programmer ou pas un débat pour examiner les conditions dangereuses pour les défenseurs des droits humains dans le Nord-Caucase.

Le rapport de 38 pages, « ‘Who Will Tell Me What Happened to My Son?': Russia's Implementation of European Court of Human Rights Judgments on Chechnya » (« ‘Qui va me dire ce qui est arrivé à mon fils ?' : L'exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme sur la Tchétchénie »), examine les réactions de la Russie suite à des jugements rendus par la Cour européenne dans des affaires liées à la Tchétchénie. Dans la quasi-totalité des 115 décisions, la Cour a conclu que la Russie était responsable d'exécutions extrajudiciaires, de torture et de disparitions forcées, et que ce pays avait omis d'enquêter sur ces crimes. Dans les 33 affaires étudiées par les chercheurs de Human Rights Watch, la Russie n'a toujours pas traduit un seul coupable en justice, même dans les affaires où ceux qui ont participé ou ont commandé les opérations qui ont entraîné les violations sont désignés nommément dans les jugements de la Cour européenne.

« Les familles qui ont porté ces affaires au tribunal méritent justice pour les actes brutaux commis à l'encontre de leurs êtres chers », a déclaré Jane Buchanan, chercheuse senior sur la Russie pour Human Rights Watch et une des auteurs du rapport. « Chaque crime qui reste impuni envoie clairement à d'autres individus le message qu'ils peuvent commettre impunément des exactions tout aussi horribles. »

Au cours des derniers mois, il y a eu une série de violences et de menaces à l'encontre des défenseurs des droits humains en Tchétchénie. Le 15 juillet 2009, la militante éminente des droits humains en Tchétchénie, Natalia Estemirova, a été enlevée et assassinée. Moins d'un mois plus tard, le 10 août, Zarema Sadulayeva et son mari Alik Dzhabrailov, militants de l'organisation humanitaire locale Save the Generation, ont été enlevés à leur bureau de Grozny et retrouvés morts le lendemain. Des autorités locales des forces de l'ordre ont été impliquées dans ces meurtres, mais il n'y a eu aucune arrestation.

Plusieurs membres du personnel de Memorial, l'organisation russe éminente de défense des droits humains et groupe pour lequel Estemirova travaillait comme chercheuse, ont été l'objet de menaces, d'actes d'intimidation et de harcèlement au cours des dernières semaines par les services de sécurité, notamment des visites suspectes à leurs domiciles. Le 25 septembre, un tribunal de Moscou a entamé une procédure civile en diffamation suite à la plainte déposée par le président de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, contre le directeur de Memorial, Oleg Orlov, qui a déclaré en juillet que Kadyrov était responsable du meurtre d'Estemirova.

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, organisme primordial de l'Europe chargé de surveiller les droits humains, se réunit cette semaine pour sa session d'automne à Strasbourg, en France. Elle doit voter aujourd'hui pour décider de tenir ou pas ce qui est appelé « débat sur les affaires courantes » à propos des menaces contre les défenseurs des droits humains dans le Nord-Caucase.

L'un des cas décrits dans le rapport de Human Rights Watch concerne Khadzhi-Murat Yandiyev. Alors qu'elle regardait une émission d'actualités télévisées le soir du 2 février 2000, sa mère, Fatima Bazorkina, a vu une scène dans laquelle des soldats de l'armée fédérale le détenaient. La vidéo montrait un colonel-général de l'armée russe, Alexander Baranov, hurlant aux soldats en disant : « Allez, allez, allez, faites-le, emmenez-le, achevez-le, abattez-le, bon sang... ». On voit ensuite les soldats russes emmenant Yandiyev. On ne l'a pas revu depuis et son corps n'a jamais été retrouvé.
En 2006, la Cour européenne a déterminé que le gouvernement russe avait illégalement détenu et tué Yandiyev et n'avait pas mené d'enquête appropriée sur sa disparition. A ce jour, Fatima Bazorkina n'a reçu aucune information des autorités russes d'investigation quant au sort de son fils.

En tant que signataire de la Convention européenne des droits de l'homme, la Russie a l'obligation après un arrêt de la Cour européenne de verser les compensations financières et les honoraires juridiques décidés par la Cour - ce qu'elle a fait. Mais pour chaque affaire individuelle, la Russie doit aussi prendre des mesures pour porter remède aux violations, et adopter des changements légaux et de politique pour empêcher des violations similaires.

Les jugements de la Cour européenne au sujet de la Tchétchénie, prononcés entre 2005 et 2009, portent sur des violations perpétrées pendant les opérations de l'armée et des services de renseignement de la Russie en Tchétchénie de 1999 à 2004. Dans presque tous les cas, la Cour a conclu que la Russie avait régulièrement omis de mener de véritables enquêtes sur les crimes commis par les membres de son armée. L'une des mesures essentielles pour que la Russie corrige les violations dans de telles affaires est de mener des enquêtes à bonne fin et de traduire les auteurs présumés en justice. Toutefois, Human Rights Watch a constaté que la Russie n'avait pas mené de telles enquêtes, même après que les arrêts aient été rendus.

Suivant une nouvelle tendance préoccupante, dans plusieurs cas les autorités d'investigation ont carrément contesté les conclusions de la Cour portant sur la responsabilité de l'Etat dans les violations des droits humains en Tchétchénie, même dans les cas où les représentants de l'Etat participant aux opérations ayant entraîné des violations, ou bien leurs supérieurs, sont connus et nommés dans les jugements de la Cour.

« Il est profondément décevant pour les victimes et leurs familles que la Russie ignore ouvertement l'essentiel des jugements ainsi que ses obligations envers le Conseil de l'Europe », a déploré Jane Buchanan. « L'application complète des jugements rendus par la Cour européenne non seulement rendrait une véritable justice aux victimes et à leurs proches, mais elle aurait aussi un énorme potentiel pour produire des améliorations durables de la situation des droits humains en Tchétchénie et en Russie. »

Human Rights Watch a appelé les autorités russes à mener les enquêtes en cours sur ces affaires jusqu'à des conclusions significatives, notamment l'engagement de poursuites contre les coupables, ainsi qu'à coopérer avec les jugements à venir. Human Rights Watch a également exhorté les Etats membres du Conseil de l'Europe à faire de l'exécution des arrêts de la Cour européenne une question prioritaire dans leurs dialogues bilatéraux et multilatéraux avec la Russie.

Site de H.R.W. :  http://www.hrw.org/

30/05/2009

Une fois n'est pas coutume: quelques réflexions sur la couverture médiatique francophone à propos des événements en Géorgie et en Russie.

Quelques réflexions sur la couverture médiatique francophone à propos des événements en Géorgie et en Russie.

 


Alors que cela bouge au niveau diplomatique européen, étasunien voire japonais, aucun média francophone de premier plan n'a la possibilité de diffuser des infos correctes ou pertinentes à propos du nouvel impérialisme russe et de ses conséquences humanitaires désastreuses prévues pour les peuples du Caucase nord et sud ou pour les peuples des états de la CEI dirigés par des présidents marionnettes.

Et à propos de l'ensemble des événements en Géorgie.

Heureusement, certaines chaînes, pourtant liées elles aussi aux lois de l'audiance, échappent, grâce à leur spécificités (chaînes exclusivement d'infos - France24 et dans une moindre mesure BFM par exemple), aux auto-contraintes des chaînes nationales généralistes, d'état ou non.

Nous pouvons bien entendu parler des médias sur internet, parfois indépendants. Parfois.

Sur Tbilisite, autant que possible, seules les informations recoupées aux témoignages directs vous sont transmises.

Si nous pouvons lire dans "Le Soir" que la manifestation de l'opposition, place de la Victoire à Tbilissi, "a rassemblé plus de 30.000 personnes aujourd'hui", alors que j'ai des témoignages de plusieurs personnes sur place me disant qu'un maximum de 7000 personnes peuvent remplir l'endroit en question, qu'il y a encore beaucoup de vides dans la "foule"... Mais je ne me pose pas de questions car le même jour nous pouvons aussi lire sur Ria Novosti (Russie) que "30.000 personnes sont attendues pour les manifs de ce jour"... C'est donc que nous savons où la RTBF ou l'AFP prennent leurs informations pour ce qui concerne le conflit russo-géorgien.

Si vous avez la possibilité de regarder une conférence de presse à Tbilissi, vous remarquerez que tous les labels des micros sont géorgiens, azéris ou, rarement mais parfois, russes. Aucun correspondant sur place, c'est ce qui expliquerait autant d'absurdités racontées par les occidentaux?

Exemple:

Manifestations à Tbilissi, sur la Une (RTBF):  Diffusion d'une interview d'un leader de l'opposition radicale. Images: le président Saakashvili en discussion avec Sarko et Kouchner, puis mangeant sa cravatte, des images vieilles de plus de 8 mois pas vraiment à son avantage, avec en commentaire les critiques de l'opposition à l'encontre du président, sans aucun avis d'un membre du parlement, par exemple.

N'hésitez pas, lorsqu'un sujet vous interpelle dans les médias traditionnels, à fouiller plus profondément. Vous serez surpris de ce que l'on découvre dans la plupart des cas! Nos médias se contentant généralement d'une seule source, AFP ou Ria Novosti, ou des très diffusées déclarations de Poutine, mais jamais personne en contradiction.

Et dire que l'opposition radicale reproche aux médias nationales d'être trop proches de Saakashvili, et de ne pas respecter la démocratie. Plaçons Rustavi2 et la RTBF côte à côte pour une course "corruption", qui gagnerait, loin devant?

D.P.

19/05/2009

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

A Genève, en raison de l'absence de la région sécessionniste d'Abkhazie qui a refusé de prendre part aux discussions pour ne pas avoir reçu des documents de l'ONU dans les temps, les délégations russes et ossètes ont refusé de participer elles aussi aux négotiations de paix.

"Aborder des questions graves sur la sécurité sans l'une des parties concernées me paraît un exercice inutile", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karasine. Bien entendu, c'est sous les conseils de la Douma que les Abkhazes ont refusé de participer à cette réunion...

Ces séances de pourparlers, présidées par les Nations unies, l'Union européenne et l'OSCE, sont systématiquement torpillées par les sécessionistes abkhaze « qui ne veulent pas êtres considérés, dans les documents de l'ONU, comme faisant partie de la république de Géorgie ». Autant dire que, malgré le bon-vouloir de la communauté internationale et de la Géorgie, on n'est pas près de trouver de solutions pour la stabilité et la paix dans cette région.

"La situation dans le Caucase du Sud sera évoquée en relation avec les conséquences de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, et avec un autre sujet régional: le Haut-Karabakh", a dit M.Tchijov histoire de compliquer et d'envenimer encore, si besoin était, la situation, et il ajoute : « Les volets du plan (Sarkozy) concernant la Russie sont réalisés. Si des questions concernant sa mise en application surgissent, elles peuvent être posées à la Géorgie. Le plan prévoyait le retour des forces géorgiennes vers les lieux de leur cantonnement habituel, pourtant, nous constatons la concentration d'effectifs militaires et policiers géorgiens dans les districts adjacents à l'Ossétie du Sud. »

Bien entendu, ce genre de déclaration est destinée non pas aux politiques qui savent très bien que la Russie n'a respecté AUCUN des points d'accords « Sarkozy », mais bien à la presse qui relaie l'info vers qui veut bien la lire et y croire.

Il faut bien comprendre que, quand la Russie accuse quelqu'un de quelque chose, c'est pour noyer le poisson qu'ils ont eux-même placé dans l'aquarium du FSB. Quand la Russie dit que la Géorgie ne respecte aucun point d'accord, c'est bien qu'elle n'en respecte aucun elle-même. Si la Russie accuse la Géorgie d'avoir concentré des militaires et des policiers aux frontières ossètes, c'est qu'ils en ont eux-même placé, et pas qu'un peu. Pour rappel, alors que les points d'accords Sarko demandaient aux parties d'en revenir à la situation d'avant le 7 août, c'est à dire maximum 3700 soldats de maintien de la paix en ossétie et autant en Abkhazie et aucune arme lourde, les Russes ont amassés plus de 10,000 hommes aux frontières ossètes et autant aux frontières abkhazes, avec blindés, lance-missiles, etc... La Géorgie, quant à elle, patrouille timidement avec quelques policiers le long des frontières concernées, principalement pour protéger les observateurs de l'OSCE ou de l'ONU (des enlèvements ont eu lieu à plusieurs reprises), mais aussi pour prévenir les nombreuses attaques des milices ossètes sur des villages géorgiens situés sur la frontière. Il faut signaler, par respect pour la vérité et par respect pour les famille des policiés tués, que 12 policiers ont été assassinés par les milices abkhazes ou ossètes depuis septembre...

La direction russe, qui jamais ne cèdera volontairement un seul hectare conquis par son armée d'invasion en août, se sachant en infraction totale avec un nombre impressionnant de lois internationales, ne peut que fuir devant ses responsabilités et tenter de se disculper, non pas en recherchant des preuves d'innocence - il n'y en a pas - mais en accusant l'adversaire des crimes qu'elle a elle-même commis. Peu de gens sont dupes, à part peut-être Josy Dubié et quelques autres illuminés, mais beaucoup ont plus besoin de la Russie que de la Géorgie, et contredire la politique de Moscou équivaut pour certains, sans aucun doute, à rendre plus compliqués, plus délicats, les accords gazier entre Medvedev et l'occident.

Les accusations de Human Rights Watch à l'encontre de Tbilissi, accusé d'avoir aussi commis des crimes de guerre, a fortement diminué la sympathie des (lecteurs) occidentaux pour ce petit pays du Caucase dont tout le monde parle sans le connaître. Il suffit de lire chaque article de presse qui, lorsqu 'il parle de la guerre d'août et de ses suites, ne s'abstient pas d'écrire « suite à l'agression de la Géorgie pour récupérer sa province sécessioniste d'Ossétie du Sud » à la place de « suite aux provocations russes contre les forces de paix géorgiennes en Ossétie du Sud ». Mais ces accusations de HRW sont tellement anecdotiques si on ose les comparer aux crimes commis par les milices ossètes et les soldats russes contre tous les villages géorgiens d'ossétie du sud, que je n'arrive pas à comprendre les rédactions de la presse occidentale, belge principalement, ou française de gauche, qui anihile les massacres ossètes en préfèrant la syntaxe relayée par la presse russe sous contrôle de la Douma, plutôt que celle de Tbilissi, pourtant de loin plus réaliste et indépendante.

Conférence de presse de Lavrov concernant la Géorgie? Tous les micros de la presse occidentale sont devant ses lèvres. Conférence de presse d'un ministre géorgien : seuls la presse géorgienne est présente. Que faut-il en déduire?

 

 

Ce qu'espère la Russie, et qu'elle est à quelques pas d'obtenir si on n'y fait pas plus attention, c'est de parvenir à éviter la même sympathie de l'Occident pour les victimes géorgiennes que pour les victimes tchétchènes de l'agression russe de 1999, qui à l'époque avait entraîné nombre de manifestations de soutien aux nord-caucasiens, dans toutes les capitales occidentales. Aujourd'hui, la Russie a besoin de l'Occident, plus que l'occident a besoin de la Russie, et chaque justification, aussi grossière soit-elle, à l'attaque de la Géorgie, est la seule politique possible pour les agents du FSB dirigés par Poutine. Depuis la fin de la guerre d'août, si tant est qu'on puisse parler de « fin », les russes fuient leurs responsabilités, s'appuyant sur des prétextes impossibles pour se justifier (protection des ressortissants russes dans les territoires séparatistes alors qu'ils ont eux-même distribué des passeports russes illégalement à la population géorgienne de ces provinces, avant d'inventer des attaques géorgiennes contre lesdits ressortissants pour prétexter leur intervention) Désinformer est habituel à Moscou. La propagande anti-caucasiens marche à fond depuis 5 ans dans toute la Russie, et en soit, déjà cela est un délit majeur dont le HCR n'a jamais, à ma connaissance, fait part.

D.P.

06/05/2009

Discours du président Saakashvili suite à l'échec d'une rébelion d'une caserne militaire en Kakhétie.

A la veille des entraînements de l'Otan près de la capitale Tbilissi, les provocations de la Russie envers la Géorgie montent encore d'un cran:

Discours du président Saakashvili suite à l'échec d'une rébellion d'une caserne militaire en Kakhétie.

"Je tiens à m'adresser à vous dans le cadre de la tentative d'organisation de troubles dans l'unité [militaire de] Mukhrovani."

"Comme vous le savez, des exercices de l'OTAN sont prévus en Géorgie. Un sommet de l'U.E. est prévu à Prague, les 7 et 8 mai, pendant lequel la Géorgie signe un accord de partenariat oriental."

"Le premier événement est un élément important, un événement symbolique, car c'est la première fois après l'agression de la Russie que l'OTAN prend cette mesure sur le territoire de la Géorgie. Le deuxième événement est très important politiquement, et je dirais même une importance historique, car pour la première fois, la Géorgie est en train de créer une relation institutionnelle avec l'Union européenne, notre partenaire naturel, avec le domaine de notre politique sociale et économique futures."

"Dans cette situation, comme vous l'avez probablement appris en regardant les médias, de nombreux discours, menaces et provocations concrètes ont été menées contre notre pays. Vous savez que, ces dernières semaines, la Russie a renforcé sa présence sur les territoires occupés de la Géorgie. Ils ont stationnés la quasi-totalité de la flotte en mer Noire dans les eaux territoriales de la Géorgie. (...) Ils comptent sur une possibilité de troubles de masse dans le centre de la capitale géorgienne, ou un certain type de violence et d'actions possibles pouvant être menée contre la souveraineté de la Géorgie, notre liberté et notre indépendance et, naturellement, contre la Géorgie euro-atlantique et contre l'intégration européenne."

"Vous avez vu, mes chers compatriotes, le gouvernement géorgien a démontré un maximum de retenue au cours des rassemblements de protestation afin de ne pas donner de prétexte à l'ennemi de la Géorgie. Nous avons agi ainsi, alors que la plupart des pays n'aurait pas toléré [de laisser faire]. . Nous pensons que le dialogue est le moyen de sortir de toute situation et nous ne permettrons pas les provocations de Tbilissi en d'autres endroits de la Géorgie. (...)"

"D'autre part, vous avez déjà vu ces menaces hystérique, qui ont été entendues dans la politique de la Russie, l'occupant de notre territoire, ainsi que de leurs forces armées et du leadership. Ils ont dit qu'ils ne permettraient pas des exercices de l'OTAN en Géorgie, qu'ils avaient suffisamment de leviers pour cela, et ils ont augmenté leur présence militaire dans les derniers jours. Ils ont déployé ce que l'on appelle les gardes-frontières sur le territoire géorgien par le biais de violation grossière de toutes les normes internationales. Ils ont fait de leur mieux pour alimenter les tensions."

"Dans ces conditions, un groupe d'anciens responsables militaires, dont les liens avec les agents d'un pays en particulier, est bien connu de nos services, a tenté d'organiser des troubles dans l'unité militaire de Mukhrovani. Des troubles dans une unité militaire n'est pas une chose ordinaire. Il faut comprendre que des troubles dans des lieux où il ya des hommes armés, est comme une claque contre le système démocratique de la Géorgie, contre la sécurité de chacun de nos citoyens, contre la Constitution de la Géorgie, car conformément à la Constitution géorgienne, toutes les unités militaires sont subordonnés aux autorités légalement élues.Des organisations même des plus petits troubles et des plus petits incidents sont une très forte contestation de l'ordre constitutionnel de la Géorgie et une menace pour la stabilité et l'avenir de nos citoyens."

"Par conséquent, nous considérons cet acte comme grave, et nous le considérons comme une menace sérieuse, nous le considérons comme un défi sérieux. En même temps, je tiens à vous dire que c'est un incident isolé et aucune autre unité militaire n'est impliquée. Actuellement, d'autres unités militaires sont en alerte et la situation est sous contrôle. Généralement, l'ordre et le calme règnent dans le pays et rien ne le menace."

"Mais nous devons comprendre une chose - l'inspiration de troubles n'est en aucune façon relié aux conditions sociales des soldats. Vous savez très bien que notre armée a le plus élevé des salaires dans notre pays. Vous savez très bien que nos agents sont spécialement honorés dans la société géorgienne. Il n'est plus le temps de Chevardnadze avec une armée affamée, nu-pieds, indisciplinée. L'armée n'est plus la même, et personne ne parviendra à revenir au temps de troubles et de chaos des années nonante. Nous avons déjà vu ce que les groupes paramilitaires et les bandits, qui se déplacent à Tbilissi et dans d'autres villes, en violation des droits des citoyens, volant et détruisant les biens de notre pays. Il a fallu de nombreuses années et la révolution de la rose pour mettre fin à leurs raids."

"Ces personnes, qui tentent maintenant d'organiser des troubles, sont ceux qui ont été licenciés de l'armée après la Révolution des Roses, et veulent retourner dans le passé. Ils veulent revenir aux années nonantes et agissent en coordination avec une force étrangère."

"Je veux aussi m'adresser catégoriquement à la Fédération de Russie et l'avertir que toute tentative d'escalade de la situation à l'intérieur de la Géorgie, en provoquant des tensions dans les territoires occupés - et nous avons les informations que [la Russie] il y a plus d'unités militaires, nous avons les informations qu'ils ont lancé de nouveaux mouvements avec la Flotte de la Mer Noire - toutes ces [mesures] sont très provocatrices -, je demande avec insistance à notre voisin du Nord de s'abstenir de ces types de provocations, de s'abstenir de tout type de provocations, parce que ces provocations ne fonctionneront pas en Géorgie. Le peuple géorgien ne cédera pas à de telles provocations. Il devrait être très simple pour eux de comprendre."

"J'ai donné des instructions à la police et aux forces armées d'agir de façon appropriée. Les unités de la police sont pleinement mobilisées. Les organisateurs de la mutinerie et des troubles ont été isolés. Dès ce matin nous avons été en négociation avec eux - le commandant des forces terrestres Shmagi Telia, l'ex-vice-ministre de la défense Akhalaia; et l'actuel ministre de l'Intérieur Merabishvili étaient présents."

"J'ai personnellement parlé avec un des organisateurs de ces agitations et je lui ai dit que nous leur donnions une occasion de se rendre aux agences d'application de la loi et de rendre les armes, ce qui sera pris en considération comme circonstance atténuante. Mais personne ne devrait avoir aucune illusion. Lorsque l'ennemi se trouve en Géorgie, à 40 kilomètres de la capitale géorgienne, où une énorme quantité d'armes d'artillerie sont destinées à nous, lorsque la flotte de la mer Noire se trouve à proximité de nos côtes, et lorsque nous entendons des menaces et des provocations quotidiennes, nous ne pouvons pas nous permettre de troubles en Géorgie, car ce serait une lame d'épée dans le cœur de la démocratie, et un acte dirigé contre l'État géorgien serait extrêmement dangereux."

"Afin de protéger la démocratie géorgienne, la liberté et l'unité de l'Etat géorgien, tous les organes respectifs sont prêts à prendre des mesures décisives pour empêcher toute petite ou grande tentative de miner notre ordre constitutionnel, notre démocratie, notre liberté."

"La Géorgie n'est plus dans la situation d'il y a cinq ans. Nous sommes l'État, nous envisageons de jouer le rôle de l'Etat, et je demande à nos citoyens d'être calmes, je leur demander d'accepter de comprendre toutes ces actions qui ont été menées par l'État géorgien dans cette situation et qui ont été menées par tous les dirigeants responsables géorgiens dans notre histoire."

"Notre histoire est pleine d'exemples de trahison, de troubles, les rébellions, de tentatives de collaboration avec des forces extérieures et les divisions à l'intérieur de notre forteresse. Cette fois, personne n'est parvenu à échapper à notre forteresse. Nous, et moi personnellement en tant que Président et commandant en chef, allons agir en toute responsabilité devant l'histoire du pays, pour la sécurité de chacun de nos citoyens, pour la liberté et [la défense] de notre système démocratique."

Traduction D.P., d'après Civil.ge


05/05/2009

Sous fond de graves provocations russes, Tbilissi se défend comme elle le peut.

 

Medvedev a qualifié jeudi de "provocation grossière" l'organisation d'exercices de l'Otan en Géorgie, et Mr Appathurai, le porte-parole de l'Otan, a jugé qu'il devenait "de plus en plus difficile de faire coller la rhétorique russe avec la réalité sur le terrain". C'est dans ce contexte de tensions vives entre l'Otan et la Russie que débuteront demain les exercices de défense militaire organisés près de Tbilissi par l'Otan.

La Russie, après avoir expédié des centaines de blindés et plus de 20.000 hommes dans les territoires séparatistes de Géorgie, auxquels s'ajoutent à présent plusieurs dizaines de "gardes frontières", persiste dans sa logique d'annexion des territoires occupés en violation des traités de cessez-le-feu signés après sa tentative, en août, d'envahir et d'annexer l'ensemble de la Géorgie.

C'est aussi dans ce contexte que l'opposition radicale, toujours en mouvement à Tbilissi après bientôt 4 semaines, durcit ses actions, maintenant leur demande de démission du président Saakashvili.

Les leaders radicaux, fortement soupçonnés de jouer le jeu de la Russie, refusent toujours tout dialogue avec l'opposition parlementaire et le pouvoir. La Communauté Européenne, présente sur place depuis plusieurs semaine en la personne du représentant spécial pour le Caucase du Sud Peter Semneby, recommande vivement à l'opposition d'accepter le dialogue. Mais les radicaux se radicalisent encore d'avantage. Après avoir placé un "mur de la honte" à l'entrée de la télévision publique, où il s'agit d'insulter toute personne devant se rendre dans les locaux de la chaîne après un contrôle des pièces d'identité, menacent à présent de bloquer les voies d'accès principales de Tbilissi ce qui serait fortement préjudiciable à la vie économique de la capitale géorgienne.

Mais ce n'est pas le pire. A Mukhrovani (province de Kakhétie), une garnison militaire géorgienne a tenté un soulèvement qui, heureusement, a rapidement été contré grâce à l'arrestation cette nuit des responsables. Parmi les personnes arrêtées, on retrouve des membres de l'opposition radicale. Celle-ci avait annoncé, avant hier, qu'il y aurait des manifestations dans la province de Kakhétie aujourd'hui... Ces derniers avaient de même annoncé la fin du "reigne de Saakashvili" pour le 6 mai, date du début des exercices de l'Otan. Le ministre de l'intérieur Shota Utiashvil affirme que ce soulèvement a été organisé avec l'aide du FSB russe, au minimum en réaction aux exercices de l'Otan, lesquels auraient été gravement pertubés en cas de réussite. Selon lui, les généraux avaient aussi comme intention, avec l'aide de responsables d'autres garnisons en Géorgie, de renverser le gouvernement géorgien.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'à Tbilissi, la vie n'est pas facile! Pour les habitants qui ne souhaitent qu'une seule chose, à savoir: vivre en paix, chaque jour est une menace pour la vie, tout simplement. Les troupes russes à moins de 40 km de Tbilissi, prêtes à sauter sur le moindre prétexte pour intervenir dans d'autres provinces que celles qu'ils contrôlent déjà, et l'opposition, animal agonisant, prêt à tout pour donner aux russes un prétexte pour intervenir et renverser le régime démocratique du président Saakashvili, rien de tout cela, bien entendu, n'est souhaité par la toute grande majorité des géorgiens.

Les géorgiens en ont marre! Alors qu'après deux cents ans de domination russe ils parviennent à se défaire de leur voisin trop gourmand et accèdent enfin à leur indépendance, ils vivent d'abord 20 ans sous le régime ultra-corrompu de Shevarnadze, puis accèdent aux premiers pas d'une démocratie pro-européenne sous Saakashvili. Mais la Russie ne les lâche pas, et à part le départ de Poutine et avec lui de 99,9% de la Douma, rien n'y fera, semble-t-il, pour les arrêter dans leurs projets démoniaques.

D.P.

 

29/04/2009

Le programme Russe pour une annexion totale des territoires occupés arrive-t-elle en phase finale? Réflexions.

Texte mis à jour à 14h40

Le programme Russe pour une annexion totale des territoires occupés arrive-t-elle en phase finale? Réflexions.

Les4Les causes de la guerre d'août, préparée par Poutine depuis des années, sont enfin claires pour tout le monde. Aux yeux des russes, à partir de ce jeudi 30 avril, les provinces géorgiennes d'Abkhazie et de Samatchablo (ossétie du sud) seront considérées comme faisant partie de leur territoire, au même titre que l'Ingouchie ou l'Ossétie du Nord, à peu de choses près.


Après la signature par Medvedev, Bagapsh et Kokoïty en mars des accords de coopération militaires, avalisant la construction de bases navales en Abkhazie, et aériennes en ossétie du sud entre autre, ce jeudi les deux présidents de ces provinces géorgiennes signeront avec Medvedev un accord de coopération en matière de protection des frontières. Le Ministre des Affaires Etrangères abkhaze Sergueï Shamba a dit que l'accord est un pas de plus vers le renforcement des relations avec la Russie, qui est en réalité un "garant de la paix et la stabilité dans la région." C'est certain, et Medvedev doit certainement être d'accord avec lui.

Les zones frontalières sont bourrées de soldats russes et ossètes, ainsi que de chars. Pas autant qu'en août, où ils étaient près de 60.000 hommes et 3000 blindés, mais les troupes libérées de Tchéchénie (signature de fin de conflit, comme par hasard la semaine dernière, entre russes et tchétchènes) experts en génocide et exactions diverses, ne sont certainement pas loins.

Moscou ne veut pas perdre la face, et il est fort probable que toutes leurs provocations, toute leur propagande anti sud-caucasiens et particulièrement géorgiens, qui s'amplifient depuis 5 ans, peuvent trouver un dénouement malheureux si nos dirigeants n'y opposent pas une politique efficace rapidement. Quelques faits démontrent que les européens ont compris que Moscou était capable de défier l'Europe, que ce concept n'a en fait jamais disparu de la politique russe. Les réunions de ces deux derniers jours à Strasbourg et leurs conclusions inévitables quant aux nettoyages ethniques perpétrés, au minimum, sous la protection des militaires russes, en seront une preuve aux yeux de tous.

Alors le message que les milieux officiels de Moscou essayent de faire passer devient bien plus vicieux et bien plus efficace qu'une guerre directe, coûteuse et mal vue aux yeux du monde. Moscou veut la Géorgie? Alors elle l'aura... morceau par morceau, province après province. A peine les deux provinces géorgiennes abkhaze et ossète annexées, Moscou prend déjà à son compte les manifestations de l'opposition radicale qui ont lieu depuis près de 3 semaines à Tbilissi. La propagande nous dit que les revendications des opposants sont justifiées par le besoin de se rapprocher de Moscou. Ce qui justifierait une intervention "musclée". Phase suivante dans le programme de propagande : expliquer qu'avant l'URSS et la Russie tsariste, la Géorgie a toujours été formée de petits pays indépendants. Bien entendu, on est très loin de la vérité historique, mais on le sait depuis des décénies, qui s'embarrasse de ce genre de détails...?

Cette déclaration à elle seule traduit exactement ce que veulent les russes depuis toujours, et qu'il s'agit de dénoncer. Les européens, tout comme les States, soutiennent l'intégrité territoriale géorgienne et ne cachent pas leur désaccord avec la Russie concernant leur politique anti-géorgienne. C'est à la fois heureux pour les Géorgiens qui ne souhaitent pas revenir sous le joug russe, mais aussi dangereux pour le monde, Moscou voyant d'un très mauvais oeil l'occident défendre ce petit pays avec autant d'énergie, mais profitant au mieux des divisions au sein de l'Europe, surtout alimentées par l'Italie et l'Allemagne, et au sein de l'Otan, alimentées par ... la Belgique notamment.

L'occident, dès la "chute" de l'urss, a imaginé  que Moscou changerait, que la Russie parviendrait à chanter à l'unisson dans le concert des nations. Le système communiste? Plus jamais ça ! C'était sans savoir que les nouveaux régimes n'ont pas tenus leurs promesses, trop occuppés à s'enrichir à outrance sur le dos de la population, et que la pauvreté grandissante du peuple russe permettrait à plus d'un nostalgique de l'Union soviétique de soutenir cette politique bien plus dangereuse encore pour le monde que ne le fut l'union soviétique.

Lorsque nous relisons l'ensemble des événements politiques qui ont marqué la Russie ces dix dernières années, particulièrement dans les politiques énergétiques et internationales, du fait le plus visible au fait le plus insignifiant, on remarque très nettement que tout se résume à un seul objectif: enrichir la cour. Pour le malheur des Géorgiens, toutes provinces confondues, le Sud Caucase est une des clés vers plus de richesses encore pour le pouvoir russe.

Il s'agit souvent de cupidité en lieu et place d'humanité et de respect dans l'histoire des civilisations. Les crises actuelles démontrent combien peu de choses ont changé. En Géorgie, cela fait depuis les Romains qu'il en est ainsi. Chaque civilisation conquérante a toujours tenté, et parfois réussi, de diviser le royaume de Géorgie pour faciliter l'invasion ou l'annexion. Ce qui a changé avec ce siècle, c'est que lcontrairement à un empereur ou à un secrétaire général du parti communiste par exemple, un élu doit agir rapidement. Et brutalement s'il le faut, le respect des populations concernées par cette "nouvelle politique" étant le moindre des soucis des décideurs et des acteurs de cette politique, tout comme sous Staline, tout comme depuis 2000 ans. Et que veut le peuple? Il aimerait vivre décemment et libre, c'est tout.

Aujourd'hui, mercredi 29 avril, beaucoup d'accusations fondées à l'encontre de la Russie concernant la guerre d'août ont été confirmées par le Conseil de l'Europe. Il serait temps, à présent, de mettre en pratique les résolutions votées à Strasbourg... Combien d'années encore?

D.P.

Photos : d'après Novaia Gazeta

 

14/04/2009

Les observateurs européens empêtrés en Géorgie


Les observateurs européens empêtrés en Géorgie

LE MONDE - Article de Natalie Nougayrède. A lire avec empressement !

Extrait :

"Avec les Ossètes, ça ne cesse de se dégrader", confie un des 36 gendarmes français de la mission, qui rassemble en tout 26 nationalités européennes. "Les Ossètes refusent même de communiquer avec nous. Ils disent : “Si vous voulez pénétrer sur notre territoire, vous devez reconnaître notre indépendance”, ce que l'Europe ne peut pas faire, évidemment!" Les observateurs circulent en véhicules blindés, mais ne sont pas armés. Ils évitent de s'aventurer jusqu'aux points de contrôle ossètes, d'où, l'alcool et les esprits échauffés aidant, vont parfois fuser des menaces de tir. Le travail des Européens consiste pour l'essentiel à s'assurer que les équipements militaires géorgiens restent "défensifs", sans artillerie, mortiers ni tanks. Pendant ce temps, l'armée russe consolide ses campements en Ossétie du Sud et en Abkhazie, où quelque 10000 soldats sont désormais installés, à l'abri de toute inspection internationale.

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Obama partenaire

John TEFT, l'ambassadeur des États-Unis en poste à Tbilissi, réaffirme que les États-Unis demeurent le principal partenaire pour la Géorgie. "Les parties continuent de travailler sur les questions qui concernent les applications de la charte de partenariat (ndlr signée en janvier). (...) La nouvelle administration des États-Unis va aider la Géorgie."

L'administration Obama a alloué 242 millions de dollars à la Géorgie. Le congrès devrait confirmer cette aide assez rapidement.
L'ambassadeur des États-Unis a aussi parlé de la prochaine réunion du ministre des Affaires étrangères géorgien avec le secrétaire d'Etat américain à Washington. Le ministre Grigol Vashadze rencontre la Secrétaire Clinton aujourd'hui.

"La rencontre entre Mr Vashadze et Mrs Clinton sera l'occasion pour eux de s'asseoir et de parler de leurs intérêts mutuels. Comme vous le savez, ils se sont réunis pour une brève réunion à Bruxelles lors de la commission OTAN-Géorgie, mais ce sera une chance pour une plus longue discussion aujourd'hui de parler non seulement des relations bilatérales mais aussi la situation dans les zones de conflit, sur les négociations de Genève , sur le renouvellement de la MONUG. J'attends avec impatience les résultats de l'audience" a dit l'ambassadeur.

D'après Rustavi2

D.P.

07/04/2009

Obama, à propos de la Russie.

 

Obama : conférence de presse à Strasbourg, à propos de la Russie.

Le président américain Barack Obama a dit, lors d'une conférence de presse commune avec le Président français, Nicolas Sarkozy, à Strasbourg, qu'il y avait un grand potentiel pour améliorer les relations avec la Russie, mais a ajouté que Moscou ne devrait pas revenir aux vieilles méthodes de gestion des affaires :
J'étais un critique de l'invasion russe de la Géorgie. Je continue à croire que malgré les efforts extraordinaires du Président Sarkozy pour négocier le cessez-le-feu, nous n'avons pas vu de stabilisation de la situation. De plus, je pense que nous devons envoyer un message très clair en Russie, comme quoi nous voulons travailler avec eux, mais nous ne pouvons pas retourner aux vieilles méthodes de gestion des affaires.

Je pense qu'il est important pour les alliés de L'OTAN d'engager la Russie et reconnaître qu'ils ont des intérêts légitimes, dans certains cas nous avons aussi des intérêts communs, mais de même nous avons quelques désaccords principaux. Je pense que nous devrions être dans un dialogue avec eux (les Russes) de la façon de maintenir la stabilité, en respectant l'autonomie et l'indépendance de tous les pays en Europe - l'ouest, l'est, central, partout où ils sont.

Le même jour, le porte-parole du Département d'Etat américain, Robert Wood, a dit aux journalistes que la position américaine est restée très claire sur le besoin de troupes russes pour se retirer, comme prévu par l'accord de cessez-le-feu du 12 août, sur ses positions d'avant la guerre.

Bien que nous ne soyons pas d'accord sur les causes et l'ordre des actions militaires d'août dernier, nous avons reconnu que nous devons persévérer dans nos efforts vers une solution paisible et durable de la situation, instable aujourd'hui.

Ne voulant parler que des différences significatives qui restent entre nous, nous soulignons néanmoins l'importance de l'accord en six points du 12 août , l'accord du 8 septembre et d'autres accords appropriés, et la poursuite de la coopération efficace dans les discussions de Genève pour apporter la stabilité à la région.

D'après Civil.ge

D.P.