08/06/2009

L'interview d'un général russe Borisov démontre - s'il le fallait encore - que la Russie a effectivement programmé l'attaque sur la Géorgie longtemps avant le 7 août.

L'interview d'un général russe Borisov démontre - s'il le fallait encore - que la Russie a effectivement programmé l'attaque sur la Géorgie longtemps avant le 7 août.

Le Général Borisov a été en charge des troupes russes sur le terrain en Ossétie du Sud pendant la guerre du mois d'août et quelques temps après la guerre. Il a déclaré dans une interview à la station de radio Ekho Moskvy, le 6 Juin, tout en parlant de l'importance de la formation et de l'utilisation de l'expérience passée des forces armées de nos jours: « J'étais au commandement de l'Ossétie du Sud et de Géorgie. Comme vous le comprendrez, nous avons régulièrement des exercices dans ces régions, nos troupes ont reçu un entraînement à grande échelle, comme on avait procédé à des exercices dans ces régions (Abkhazie et Ossétie du Sud) à peine une semaine plus tôt et nous étions juste à gauche, c'est pourquoi nous avons marché sur Tskhinvali beaucoup plus efficacement que les unités sous le commandement central et de district. Pour nous, ce n'était pas difficile. »

"Si quelqu'un à ce jour conserve des doutes sur ce qui s'est réellement passé en août 2008, nous lui conseillons de se référer aux informations figurant dans ladite interview », le ministère géorgien des Affaires étrangères a déclaré ce 7 Juin. « Nous conseillons fortement à ceux qui, à ce jour ont des doutes quant à qui ce qui a inspiré et mis en action l'agression militaire contre la Géorgie en août dernier, et se référer à la partie susmentionnée de l'entretien du général de la Fédération de Russie. »

« Nous espérons que cette déclaration confessionnelle supplémentaire par un autre agresseur russe, aidera les commissions internationales à parvenir à des conclusions pour trouver la vérité sur la guerre non déclarée par la Russie contre la Géorgie depuis ces 18 dernières années, le dernier épisode ayant eu lieu le 7 août 2008. »

Gigi Ugulava, maire influent de Tbilisi, a dit qu'il espérait que cette confession accidentelle du général russe « purifierait les esprits de ces gens, principalement dans des partis politiques, pour qui les conclusions des missions d'enquête de l'UE sur la guerre amènerait un blâme sur les autorités géorgiennes « pour son lancement de la guerre d'Août ».

D'après Rustavi2, et d'après l'interview sur www.echo.msk.ru

Commentaire à l'attention de Josy Dubié, ex-journaliste et ex-sénateur écolo.

Cela fait des années qu'on le dit, que Poutine est quelqu'un d'extrêmement dangereux pour l'équilibre dans la région. Que le danger ne vient pas de la Géorgie et de ses aspirations européennes, ou à tout le moins occidentale, mais bien de Poutine et sa soif de puissance. De Poutine qui entretien les tensions dans le Caucase à son profit. Il faudrait sans doute cesser de nier les évidences, ou cesser de mentir pour tenter de barrer la route de l'OTAN à la Géorgie (et à l'Ukraine), en accusant les géorgiens de ce qu'ils ne sont pas, ou d'avoir fait ce qu'ils n'ont pas fait.

Sans aucun doute il y eut d'énormes erreurs commises par le gouvernement géorgien avant et pendant la guerre, et vous pourrez prendre connaissance de celles-ci, énumérées par la commission d'enquête du parlement géorgien, puisque je vous les livre à la suite. Mais une et une seule chose à retenir: la Géorgie n'a ni débuté ni provoqué le conflit, cette guerre ayant été préparée depuis des mois, voire des années, par Poutine. Chaque jour qui passe en révèle une preuve supplémentaire.

Par conséquent, il serait grand temps pour nos politiques, en Belgique principalement - étant un des seuls pays à bloquer le chemin vers l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN - de revoir sa copie.

Monsieur Dubié, peut-être avez-vous (eu) raison de ne pas vouloir voir la Géorgie rejoindre l'OTAN. Sur ce point je ne discute pas. Mais, dans le but de discréditer la Géorgie, accuser cette dernière d'avoir préparé cette guerre, d'avoir préparé un nettoyage ethnique, et même des génocides contre les ossètes, c'est carrément dégueulasse, d'autant que votre « enquête », je le rappelle, n'a été menée qu'en ossétie du sud et du nord ainsi qu'à Moscou, puisque vous n'avez jamais mis les pieds ni à Tbilissi ni ailleurs en Géorgie non-occupée.

Mais aujourd'hui, oh bonheur, vous quittez vos fonctions de sénateur écolo pour une retraite loin d'ici. Vous aurez donc tout le temps pour y penser, et tout le temps pour voir combien vous avez eu tort dans vos accusations pour lesquelles l'état géorgien ferait bien de vous attaquer en justice mais ne le fera pas tellement l'insignifiance de vos déclarations, noyées parmis les déclarations de la Douma et des officiels russes, n'a touché que vous-même et votre parti écolo. Par ailleurs, j'espère que le petit frère Defossé pourra être plus intelligent, plus à l'écoute, plus impartial, mais qui s'étonnera du contraire...?

D.P.

La commission parlementaire qui étudie la Guerre d'Août, a publié un volumineux rapport qui soutien la version officielle du gouvernement sur les événements qui ont mené aux hostilités.

Le rapport, qui a été lu par le Président de la Commission, le député Paata Davitaia, en direct à la télévision géorgienne durant 3 heures, identifie un certain nombre de lacunes des organismes de l'Etat, qui ont été mis en évidence au cours des événements du mois d'août.

En voici le résumé paru sur Civil.ge.

En son début, le rapport affirme que l'agression de la Russie contre la Géorgie n'a pas commencé en août 2008 et rappelle la version officielle géorgienne des événements, de la manière dont les militaires ont commencé les hostilités en Abkhazie et en Ossétie du Sud, au début des années 90. Le rapport donne un calendrier détaillé des événements qui ont précédé la guerre du mois d'août, telle qu' elle l'a été par la plupart des hauts fonctionnaires lors de leurs témoignages devant la commission.

La partie du rapport traitant « des actions du gouvernement géorgien pendant la guerre et les défauts révélés » dit que l'on peut considérer l'échec des autorités à parvenir à délégitimer la présence de soldats de la paix russes comme étant le manquement majeur des autorités géorgiennes dans la période précédant le mois d'août. »

Le Ministre d'État chargé de la réintégration, Temur Iakobashvili, a déclaré à la commission dans son témoignage que Tbilissi envisageait de faire cesser le mandat des forces russes de maintien de la paix, mais que ça ne s'est pas concrétisé en raison de l'avis des partenaires occidentaux qui déconseillèrent la Géorgie d'agir en ce sens.

La Commission a déclaré que l'« approche constructive » initiée par Tbilissi sur la question n'a pas réussi à arrêter la Fédération de Russie. « La Fédération de Russie a modifié son « maintien de la paix » en participant pleinement à l'agression contre la Géorgie », a dit la commission dans le rapport. « D'une part, la Russie utilise « l' attaque » contre ses forces de « maintien de la paix » comme l'un des prétextes pour le lancement de l'agression alors que pendant ce temps, des attaques ont été réalisées sur les villages et les citoyens géorgiens à partir de leur quartier général de Tskhinvali. »

Le rapport indique que malgré les informations sur l'augmentation des tensions dans la zone de conflit en Ossétie du Sud (avant août), les autorités géorgiennes n'ont pas réussi à analyser correctement les menaces.

« Les auditions tenues par la commission montrent que les autorités géorgiennes ne s'attendaient pas et n'étaient pas prêtes pour cette agression qui a été déclenchée par la Russie contre la Géorgie en août 2008», dit-il. « Les autorités géorgiennes connaissaient l'existence d'importants exercices militaires russes à la frontière géorgienne fin Juillet, ainsi que d'attaques dans la zone de conflit, mais comme une vague de provocations traditionnelles. »

Dans ce contexte, le rapport critique le Conseil de sécurité nationale (NSC).

« Il est évident que le Conseil de sécurité n'a pas réussi à planifier les actions en temps opportun, ce qui aurait été adéquat pour la situation prévue et, par conséquent, le matin du 7 août, il a dû agir dans « un cas de force majeure. »

La Commission a déclaré que, bien que dans l'ensemble effectivement le gouvernement a du lutter contre diverses questions au cours de la guerre, les décisions des membres du gouvernement ont parfois manqué d'une bonne coordination. Le rapport affirme que le gouvernement n'a pas respecté les procédures formelles énoncées dans un décret spécial prévoyant la mise en place d'une commission gouvernementale en cas de situations d'urgence.

Tout en abordant, comme le rapport le dit lui-même, « les parties les plus faibles » de la Géorgie et du Ministère des Affaires étrangères, la commission a déclaré que «il n'y a pas de plan d'action ni d'instructions écrites pour les ambassadeurs sur la façon d'agir dans des situations d'urgence, les activités des ambassadeurs n'étant pas non plus contrôlée correctement. »

« Au cours de la guerre du mois d'août il y eut un cas, lorsque l'ambassadeur de Géorgie en République tchèque Lado Chipashvili a tout simplement volontairement cessé d'exercer ses fonctions», dit le rapport.

Le rapport accuse également l'ancien ambassadeur de Géorgie en Russie, Erosi Kitsmarishvili - dont le témoignage devant la commission diffère de la version officielle de Tbilissi sur les événements - de la «négligence» dans sa note d'informations envoyée au ministère des Affaires étrangères. Kitsmarishvili n'a pas informé sur les « menaces anticipées en provenance de la Russie ».

En ce qui concerne le témoignage de Kitsmarishvili, la commission a dit qu'elle a demandé au Bureau du Procureur général de procéder à des enquête sur les allégations de l'ancien ambassadeur selon lesquelles il y avait un groupe de hauts fonctionnaires parmi « les dirigeants géorgiens », qui à tort, a affirmé que les États-Unis avait donné son feu vert à Tbilissi pour le lancement des hostilités en Ossétie du Sud.

Le rapport indique également que « de graves lacunes» ont été révélées dans le système de défense.

Il s'est avéré sur base des informations communiquées par [l'ancien] chef d'état-major, que des problèmes persistent dans les systèmes de communication , et que la guerre a révélé «l'inadéquation» des troupes de réserve à tous les niveaux.

Le rapport indique que les remarques controversées de Mamuka Kurashvili sur le lancement de l'opération « pour restaurer l'ordre constitutionnel » en Ossétie du Sud, a été un motif de «manque de volonté du ministère de la Défense en termes de stratégie de communication et absence de stratégie de mise en liberté d'information pendant les premières heures des hostilités. »

« Les remarques de Kurashvili ont ensuite été utilisées dans campagne de propagande anti-Géorgie », a-t-il ajouté.

« Le ministère de la Défense n'a pas réussi à effectuer une planification stratégique adéquate», poursuit le rapport. « La perte d'une certaine partie de l'armement a été causée par des lacunes persistent dans la politique de recrutement d'officiers de l'armée. Il convient de noter qu'un contingent de policiers n'avaient accompli de formation que quelques semaines avant l'agression de la Russie. »

« Le personnel des forces armées n'a pas de plan de retraite préparé à l'avance ... Ce fait indique des faiblesses dans la planification des opérations militaires. »

La commission a également demandé au Bureau du Procureur général de mener une enquête sur le témoignage du chef du gouvernement abkhaze en exil, Malkhaz Akishbaia, en particulier ceux liés à son incapacité à arriver dans les Gorges de Kodori avant que celles-ci soient capturées par les russes soutenus par les milices abkhazes.

La commission a également demandé au Bureau du Procureur général de mener enquête sur la façon dont le ministère a réagi l'énergie à propos de l'information que des investisseurs russes - qui ne sont pas précisés - étaient disposés à investir dans le secteur de l'énergie en Géorgie. Intelligence chief, Gela Bezhuashvili, initially told the commission that his agency informed about it the Economy Ministry, but later the intelligence department said the Energy Ministry was informed about it not the Economy Ministry. Chef des services de renseignements, Gela Bezhuashvili, a d'abord dit à la commission que son organisme a informé à ce sujet le Ministère de l'économie, mais plus tard, le service de renseignement a déclaré que le ministère de l'énergie a été informé mais pas le ministère de l'économie.
La commission a également appelé le bureau du procureur général à enquêter sur tous les cas de violation du droit international humanitaire, indépendamment de qui a été commis des deux côtés. Selon le Bureau du Procureur général, une telle enquête a déjà été lancée .

Recommandations

La commission a dit que pour remédier aux lacunes relevées au cours de la guerre du mois d'août, la commission a élaboré plusieurs recommandations:

  • Le Conseil national de sécurité devrait revoir le concept de la sécurité nationale pour faire face aux risques existants de manière appropriée;

  • Le Conseil de sécurité nationale devrait développer un système d'alerte rapide;

  • Le Conseil de sécurité nationale et le gouvernement devraient élaborer et convenir d'un concept sur un modèle de centre de gestion de crise;

  • Le Conseil de sécurité nationale et les différents ministères doivent élaborer des inter-agences de communication et le partage des informations de stratégie;

  • Le Conseil de sécurité nationale et le gouvernement devraient revoir le concept de la défense civile et développer un plan de défense civile;

  • Le système des troupes de réserve doit être révisé;

  • Le ministère de la Défense doit effectuer les mesures pertinentes pour le bon fonctionnement du système des communications;

  • Le gouvernement devrait prendre toutes les mesures pour restaurer système de défense aérienne, les résultats devraient être communiqués régulièrement aux parlementaires du groupe de confiance;

  • Des instructions pour les activités des diplomates au cours de situations d'urgence devraient être élaborées;

  • Une attention particulière devrait être accordée à l'attrait des professionnels pour le service diplomatique;

  • Les commissions parlementaires doivent s'impliquer dans le suivi de la mise en œuvre de ces recommandations;

  • Les problèmes mentionnés ci-dessus soulèvent la nécessité de changements de personnel dans ces organismes, y compris parmi les responsables politiques et militaires.

 

02/06/2009

Pourquoi je ne voterai pas ECOLO aux élections européennes.

Pourquoi je ne voterai pas ECOLO aux élections européennes.

mis à jour le 03 juin, 9h30

Voici un extrait des propositions du groupe ECOLO pour les élections européennes de ce 7 juin, concernant le Caucase et la Russie: un désastre politique du à l'ignorance des réalités de terrain et aux informations tronquées du sénateur sois-disant écolo Josy Dubié qui, heureusement, ne se représente plus aux élections cette année (mais est relayé par son frère Jean-Claude Defossé...).

A voir sur le site du parti ECOLO :

Les récents événements dans la région de même que la guerre russo-géorgienne ont montré que les « conflits gelés » et la question des minorités nationales n’ont pas été résolus depuis la fin de la guerre froide. Ce conflit déclenché par la Géorgie (1) a exalté les tensions existantes, démontrant la volonté de la Russie de s’imposer dans la région et ce particulièrement vis-à-vis de ses anciennes républiques, même si cela implique le recours à des mesures violentes, mais aussi le rôle ambigu de l’Union européenne ou de certains de ses Etats-membres dans les relations avec les ex-républiques soviétiques à tendance prooccidentale. A cela s’ajoute bien évidemment un ensemble d’enjeux géostratégiques, où les Etats-Unis se servent sans scrupules de la Géorgie (2) pour contourner la main mise russe sur l’exportation des immenses ressources gazières et pétrolières de la région de la mer Caspienne (3).

Par ailleurs, le surarmement de la Géorgie s’est opéré avec la complicité de plusieurs pays, dont certains Etats européens, les Etats-Unis et Israël (4)

La situation géorgienne a en outre montré qu’il convient, en toutes circonstances, de favoriser la voie du dialogue et de la coopération, de préférence au niveau européen : le recours à des moyens militaires ne favorise pas les solutions durables, mais qui plus est, il entraine de trop nombreuses victimes civiles.(5)

La Russie, d’un côté, doit accepter l’actuelle configuration « post-impérialiste » et multipolaire, tandis que la communauté internationale, de l’autre côté, et plus particulièrement l’Union européenne, doit se montrer plus modérée dans son soutien actuellement trop inconditionnel à des pays tels que la Géorgie (6), et favoriser la coopération avec la Russie plutôt que son isolement. Il y a lieu en effet, tout en dénonçant sans équivoque les violations de droits de l’homme en Russie lorsqu’elles existent, d’éviter la confrontation avec ce pays au profit d’un dialogue ferme, critique mais constructif (7). Il convient en outre d’imposer des critères stricts en matière de droits de l’homme et de démocratie, notamment avant d’envisager une quelconque possibilité d’élargissement de l’OTAN. En effet, tel que mentionné précédemment (voir supra « Veiller à ce que l’OTAN reste subordonnée à l’ONU et ne devienne pas un instrument d’intervention militaire »), toute nouvelle perspective d’adhésion à l’OTAN ne peut s’envisager si elle est susceptible de constituer un risque pour la coexistence pacifique entre les pays voisins et/ou membres de l’OTAN (8)

  1. « Ce conflit déclenché par la Géorgie » : c'est nier ce que tous les observateurs ont dénoncé longtemps avant le début des hostilités d'août, avec le nombre considérable de provocations russes dans les provinces séparatistes alors même que, depuis plus de 5 ans, nombre de propositions et de demandes de dialogues de la part de la Géorgie ont été systématiquement refusées par la Russie, et que l'Europe faisait la sourde oreille pour protéger ses intérêts gaziers avec la Russie.

    Qu'a fait l'Europe lorsque la Géorgie, membre du Conseil de l'Europe, a dénoncé la distribution de passeports russes dans les territoires séparatistes, donc à l'intérieur d'un territoire européen? Rien. Qu'a fait l'Europe lorsqu'un Mig a abattu un drone géorgien qui volait au-dessus de son propre territoire, c'est à dire en Europe? Y a-t-il eu sanctions ou remarques faites aux Russes pour violation de l'espace aérien géorgien, pourtant dénoncée par les (preuves radar) observateurs européens sur place ? Non, rien. Seuls les Etats-unis ont réagi pour soutenir Tbilissi et son intégrité territoriale.

  2. «  où les Etats-Unis se servent sans scrupules de la Géorgie... » : pourquoi cette formule unidirectionnelle et radicale? La Géorgie a besoin des Etats-Unis autant que les Etats-Unis ont besoin de la Géorgie. Les accords de coopérations entre les deux pays existent depuis de nombreuses années, et ont même débutés avec Shévardnadzé. Accords commerciaux, militaires et énergétiques, l'Europe se contentant d'observer et, en tout point, sans critiquer ni Tbilissi ni Washington pour ses accords. Les européens auraient du en faire autant afin de ne pas isoler la Géorgie entre Russie et USA.

  3. «  ... pour contourner la main mise russe sur l'exportation des immenses ressources gazières et pétrolières de la région de la mer Caspienne »: ignorance de la réalité : les ressources en hydrocarbures de la Caspienne n'ont justement pas de mains-mise russe (étant contrôlées par l'Azerbaidjan et l'Iran) et c'est la raison première de la tentative d'invasion de la Géorgie par la Russie! 

  4. « le surarmement de la Géorgie s'est opéré avec la complicité de plusieurs pays, dont certains Etats européens, les Etats-Unis et Israël » ... Et alors? Un état souverain n'a-t-il plus le droit de s'armer pour se protéger? Et que veut dire « surarmement »? L'armée géorgienne, avant les accords de coopérations militaires avec les States, n'existait pour ainsi dire pas. Le budjet de la défense était de 50 millions de $ en 2004 et est passé à 850 millions de $ en 2007. Pour vous donner une idée de ce que cela représente, la Belgique en a dépensé 2.53 milliards pour un territoire en "zone de paix durable", plus de deux fois plus petit que la Géorgie, et avec une armée déjà équipée depuis longtemps, alors que l'armée géorgienne devait partir de zéro. Notons par ailleurs qu'il n'y a pas d'aviation mais juste quelques hélicoptères, qu'il n'y a pas de marine mais uniquement quelques patrouilleurs des gardes côtes - coulés par les russes en août dans le port de Poti alors qu'ils n'étaient pas une menace, étant à quai!   Avec l'aide de qui la Géorgie devrait-elle se défendre si l'Europe ne la soutient pas? Sans matériel de défense, c'est tout le pays, et non seulement les deux provinces géorgiennes séparatistes, qui serait devenu province russe! Si Tbilissi avait été soutenue fermement et unilatéralement non seulement par Washington mais aussi par Bruxelles (afin de ne pas isoler la Géorgie entre Russie et USA...), il en aurait été autrement et la guerre d'août n'aurait certainement pas pu se développer. Mais surtout, si Poutine ne menait pas de politique agressive, personne n'aurait ni le besoin ni l'envie de s'en protéger et de vouloir rentrer, pour ce faire, au sein de l'Otan.

  5. « La situation géorgienne a en outre montré qu'il convient, en toutes circonstances, de favoriser la voie du dialogue et de la coopération, de préférence au niveau européen...  » Une des nombreuses contradictions des écolos ! C'est ce que Tbilissi demande depuis des années aux européens !!! Et c'est pour ne pas avoir pris au sérieux les menaces dénoncées par la Géorgie au Conseil de l'Europe, pour ne pas avoir écouté les très nombreuses demandes de la Géorgie d'envoyer des soldats de la paix européens en Abkhazie et en Ossétie, et non uniquement des « soldats de paix » russes, pour ne pas avoir aidé Tbilissi dans leurs - à nouveau très nombreuses - propositions de résolutions de conflit, qu'il a été possible pour la Russie de s'installer définitivement en Géorgie ! C'est pour ces raisons que Tbilissi a fait confiance à Washington car les States, au moins, ont toujours écouté et soutenu la Géorgie, bien entendu, mais aussi AGI, contrairement à l'Europe occidentale (malgré les recommandations des ex-pays du bloc soviétique, tels la Pologne, les pays baltes ou la Tchéquie qui savent trop bien à qui ils ont affaire avec Poutine)

  6. « Union européenne doit se montrer plus modérée dans son soutien actuellement trop inconditionnel à des pays tels que la Géorgie » : ...et qui va défendre les peuples "revendiqués" par Poutine? ...et quelles sont les conditions que les écolos mettraient sur la table des négociations entre Russes et Géorgiens? On donne 20% du territoire géorgien aux Russes et après on discute? C'est justement parce que l'Europe a été TROP MODEREE que les plans d'annexion des provinces séparatistes ont pu se mettre en place, petit à petit, par les stratèges russes et le FSB !

  7. «  d'éviter la confrontation avec ce pays (la Russie) au profit d'un dialogue ferme, critique mais constructif » L'Europe ne sera jamais forte ou crédible si elle est lâche. L'Europe doit s'affirmer. Les provocations russes, qu'elles soient à propos de la Géorgie ou des autres pays du Sud-Caucase ou des républiques du Nord-Caucase, de l'Ukraine, des pays baltes, ou des conflits gaziers de cet hiver ne trouveront pas de réponses dans un « dialogue ferme, critique mais contructifs ». Poutine en n'a rien à faire de ce que pensent les européens. Ils ne se gêneront pas pour s'en prendre à qui ils le veulent, tel qu'ils l'ont toujours fait. Medvedev n'a-t-il pas déclaré, fin août, "La Russie n'a aucune peur d'une nouvelle guerre froide"?

  8. «  toute nouvelle perspective d’adhésion à l’OTAN ne peut s’envisager si elle est susceptible de constituer un risque pour la coexistence pacifique entre les pays voisins et/ou membres de l’OTAN » : Là aussi, si l'Europe avait fait sont travail avec pertinence et intelligence, la Géorgie n'aurait pas besoin de l'OTAN pour garantir la sécurité de son territoire. Maintenant, pour avoir laissé Poutine et consors mener sa politique anti-occidentale (sauf pour les hydrocarbures!), il faudra que l'Europe, tout comme les Etats-unis, la Chine et d'autres, s'impose dans le Caucase pour y régler, le plus diplomatiquement possible, les autres conflits en attente de solution. Je pense au Haut Karabagh disputé par les arméniens et les azéris, et je pense aussi à l'Ingouchie qui souhaite de plus en plus s'éloigner de Moscou, à la Tchétchénie qui n'est pas du tout sortie indemne de sa guerre avec Moscou, etc....

 

Conclusions :     

Le projet européen du parti ECOLO concernant le Caucase est bourré de contradictions, méconnaissant égoïstement les réalités de terrain. Les Ecolos prennent délibérément parti contre la politique géorgienne de rapprochement à l'Europe et à l'Occident en général, prenant plus aisément la défense de l'agresseur plutôt que de l'agressé, par peur du voisin russe maffieux et belliqueux, niant le besoin de justice pourtant indispensable à l'équilibre dans la région. Lors de notre entretien avec la secrétaire générale du parti Ecolo, Madame Isabelle Durant, nous lui avions expliqué ces réalités. Les nombreuses résolutions du Conseil de l'Europe et de l'ONU nous donnant raison sur la quasi-totalité de nos prétentions, je n'arrive pas à comprendre l'acharnement des écologistes belges contre Tbilissi et, par voies de conséquences, contre les choix de toutes les anciennes républiques soviétiques qui souhaitent sortir définitivement de l'influence russe. 

Dubié a royalement - si j'ose dire - foutu le bordel dans la politique internationale du parti, c'est vrai, mais comment les autres mandataires écolos n'ont-ils pas été plus méfiants vis-à-vis de lui, alors que l'on sait bien que Dubié est, toute proportion gardée, un extrémiste notoire que personne n'écoute à part les nostalgiques de l' "âge d'or de la RTBF"?

Il m'est par conséquent impossible de donner ma voix aux écologistes pour les élections européennes. Les questions internationales sont trop périlleuses pour êtres prises à la légère, et, maintenant, il est clair qu'il y a incompatibilité totale entre "politique internationale" et "politique verte". Ce n'est pas le même monde. On ne peut combattre les idées hégémoniques et maffieuses de Poutine (et de 100% de la Douma)  avec des fruits et des légumes (tomates mis à part).

Pour les élections provinciales, c'est différent. Là, l'écologie y est à sa place. Ne fut-ce que pour contrer le MR anti-social ou l'extrème droite ! Mais attention, lorqu'on est capable d'avoir une politique européenne ou internationale aussi lamentable, ça ne me donne aucune confiance en eux, en général. Et je suis le premier à le regretter (ceux qui me connaissent ne me contrediront pas).

D.P.

A lire aussi, le Blog de Laure Mandeville, journaliste réellement spécialiste de la Russie, correspondante pour le Figaro. Russo-phile et -phone, amoureuse de la Russie depuis l'âge de 11 ans, ses analyses sont justes, et montrent à quel point le système post-soviétique n'est pas celui que décrivent les experts et autres politologues. Incontournable.

14/04/2009

La guerre des médias n'a pas eu lieu.

 

Aujourd'hui, à Tbilissi, s'est tenu une réunion au ministère de la défense. L'administration géorgienne à invité les attachés militaires des délégations étrangères présentes dans la capitale à prendre connaissance du rapport géorgien sur les mouvements de troupes russes dans les territoires occupés.

L'attaché militaire Christian Fankode a déclaré après la réunion qu'ils étaient "préoccupés par les forces armées russes, ainsi que par la violation des eaux territoriales et de l'espace aérien géorgiens. Les informations que nous avons reçue de la partie géorgienne, coïncident avec les rapports de l'OSCE, l'ONU et l'UE" précise l'attaché militaire allemand.

Neuf mois après la fin de la guerre, on vous démontre que l'administration géorgienne n'exagère en rien la gravité des violations russes, et, ainsi nous démontre une nouvelle fois qu'elle ne nous ment pas. Chaque journée passée à écouter les déclarations du gouvernement ou d'un ministère géorgien avant, pendant et après la guerre (j'étais sur place du 21 juillet au 13 août) ont montré combien les autorités ont été honnêtes, jour après jour, envers leurs citoyens.

Les descriptions des événements relatés heure après heure depuis le 1er août, date du début des provocations des milices ossètes sous les ordres des russes, étaient aussi exactes que possible, peut-on prouver de plus en plus avec le temps. Des informations en constantes contradictions avec ce qui nous arrivait de Moscou, bien entendu. Et comme leurs diverses accusations (débiles pour ceux et celles qui connaissent la mentalité géorgienne) ne sont vérifiables qu'en enquêtant sérieusement dans les territoires séparatistes, les occupants russes empêchent les enquêteurs européens d'y accéder. L'UE laisse faire, trop heureuse de reprendre son business avec la Russie. (Détail : si abandon du projet Nabucco pour cause d'instabilité dans le Caucase, Schreuder et Berlusconi vont s'en mettre plein les poches, ayant de gros intérêts financiers privés dans Gazprom...)

Quand je pense à ce Dubié, sénateur belge, démocrate, etc... qui ose faire la leçon à Saakashvili parce qu'il est sois-disant tombé dans la provocation des russes, alors qu'il y est tombé lui-même les yeux grands ouverts et a osé ensuite répendre leurs inepties made in ussr, mensonges et manipulations russes sortant de sa bouche (sans s'en rendre compte ?!? A mon avis, il savait très bien ce qu'il faisait) et alimentant - grosse pub écolo - les médias anti-Bush/Cheney, et tout content d'ajouter son grain de sable dans les rouages de l'administration américaine et, surtout, de l'Otan... Pitoyable ! Mais tellement plus confortable que d'être journaliste anti-Poutine/Medvedev en Russie... (cfr Anna Politkovskaia, Dieu ait son âme)

Non, la guerre des médias n'a pas eu lieu. Il n'y eu que totale désinformation de la part des Russes, chaque info de leur part ayant été entièrement construite selon ce qu'ils voulaient qu'on croit, nous, occidentaux naïfs vis-à-vis du régime de Poutine. Il y a de (très très très) nombreux exemples, dont quelques-uns postés sur TbiliSite depuis presque 4 mois.

D.P.

31/03/2009

Compte-rendu de notre entrevue avec Isabelle Durant, sénatrice Ecolo, à propos du "rapport Dubié/Defraigne"

I Durant photo rtbf

Isabelle Durant :

à propos du "rapport Dubié/Defraigne".

Bruxelles, jeudi 26 mars, début d'après-midi. Nous arrivons à la maison des parlementaires un peu en avance, mais nous ne devons pas attendre trop longtemps madame la sénatrice: Isabelle Durant arrive presque à l'heure, accompagnée par Francisco PADILLA, son conseiller en affaires internationales.

Je suis nerveux, non pas à cause de cette entrevue, mais de peur de ne pas pouvoir me retenir quant aux gros mots qui me viennent en tête à propos de ce rapport, tant il y a de quoi. Mais après les présentations d'usages, lorsqu'il a fallu lancer la discussion, face à madame Durant, le calme qui me caractérise en temps normal reprend le dessus! Il faut dire qu'en exposant le point de vue géorgien et, bien entendu, tout en expliquant nos griefs contre Josy Dubié et sa visite partiale en Ossétie, je voyais Madame Durant nous écouter attentivement, sans beaucoup réagir sinon pour quelques précisions, corrections ou avis divergeants.

Ce qu'il en est sorti, après 50 minutes d'intérêts sincèrement réciproques pour nos positions, nos points de vues, c'est que les Ecolos ne connaissent pas grand chose ni de la situation en Géorgie, ni de l'histoire de Géorgie, ni de ce qui s'est réellement déroulé en août, mais ne demandent pas mieux que de connaître. Et 50 minutes, c'était très peu. Nous aurions pu discuter encore quelques heures.

Ce qui ressort de cette entrevue, finalement, c'est quoi..? Difficile de répondre. Nous pensons qu'il est positif que Ecolo, à travers Isabelle Durant et Francisco Padilla, souhaîte peut-être en savoir plus avant de "re-juger" les événements d'août différemment de Dubié, mais a besoin de preuves au moins aussi solides et fondées que les témoignages recueillis par Dubié en Ossétie. Mais, ce que je pense aussi, c'est que même avec ces preuves, jamais Ecolo ne fera machine arrière, pour plusieurs raisons:  

1. Il existe déjà tant de preuves accessibles, surtout pour des parlementaires, que s'ils le voulaient, ils auraient déjà fait leur erratum depuis longtemps.
2. Les intérêts européens pour la Russie sont incontournables, intérêts dans des relations étroites positives afin d'éviter un retour à la guerre froide (au moment où je vous écris, les Russes construisent des bases navales et aériennes en Géorgie!!!), et sans doute aussi intérêts gaziers, une erreur au moment où il est question de diversifier les sources d'approvisionnement en évitant la Russie, et notons aussi que justement Poutine, en s'attaquant à la Géorgie, rêve de ruiner le projet Nabucco ou de s'en emparer, et nous revoilà au point de départ à acheter du gaz uniquement aux russes !.  
3. Etant le seul parti politique à avoir autant critiqué la Géorgie, la part de la population qui croit la version pro-russe
(pro-russe non par choix, mais par conséquence) de Dubié,  trouvant certainement l'ex-journaliste vedette de la rtbf impartial puisqu'il le dit, ou qui a apprécié ce rapport parce que à contre-courant de ce que tout média rapportait des événements,  ou tout simplement pour avoir apprécié le côté "anti-Bush" des propos dudit Dubié, cette part non négligeable, à un jet de pierre des élections de juin, peut avoir un impact conséquent...
4. Pourquoi n'ont-ils jamais cherché à connaître le point de vue géorgien auparavant, sinon parce qu'ils n'y trouvaient aucun intérêt?  Il existe une ambassade de Géorgie à Bruxelles, à deux pas du Parlement. C'est la moindre des démarches qu'ils auraient pu faire. En cela, ils ont adopté la méthode Dubié: on ne questionne qu'un seul camp pour n'avoir qu'un seul avis, celui qui arrange (ou qui dérange, c'est selon ce qui arrange).

Bien sûr, l'écolo en moi depuis 25 ans me pousse à croire que le parti écologiste est capable de modifier son jugement avec raison, mais je ne suis pas certain qu'on parle de la même écologie... Par contre,  puisque les écolos n'ont pas hésité à croire Poutine, Medvedev, Lavrov ou Tchourkin, alors c'est certain, on peut croire en tout. Dossier à suivre, avec beaucoup d'intérêt.

D.P. - TbiliSite, avec M.M.