15/04/2009

Guerre d'août : Human Rights Watch publie un rapport sur l'utilisation de bombes à sous-munitions par la Russie et la Géorgie.

Human Rights Watch a publié un rapport sur l'utilisation de bombes à sous-munitions en Géorgie.

HRW

Texte complet sur le site de HRW i c i

Le rapport complet (en anglais) i c i

Pour ceux que 80 pages de rapport rebuteraient, en voici un résumé commenté:

1. GEORGIE (extrait)

Lors d'une réunion avec Human Rights Watch le 21 Octobre 2008, le Premier Vice-Ministre de la Défense Batu Kutelia a présenté une position plus nuancée sur la Géorgie quant à l'utilisation de bombes à sous-munitions. Il a dit que la Géorgie a un stock limité de M85 et ne les a utilisé que contre les troupes russes et seulement dans la zone située au nord de Tskhinvali. Il ne nie pas, cependant, que les M85s répertoriés par Human Rights Watch en Géorgie pourraient être géorgiens.

Mr Kutelia a dit qu'il ne pouvait pas expliquer la présence de sous-munitions M85 dans les zones sud de l'Ossétie du Sud, la frontière administrative. Il a dit:

" Nous avons reçu des rapports concernant des M85 dans un certain nombre de villages géorgiens. Comment ils se sont retrouvés là, ce n'est pas clair. Nous ne pouvions pas tirer sur nous-même! Peut-être un accident. C'est peut-être l'explication .... C'est un vrai mystère comment ils se sont retrouvés là. Il est physiquement impossible que quelqu'un les a tirés.

Il a dit que la Géorgie a ouvert une enquête sur la situation et a demandé l'assistance de la société à laquelle ils ont acheté les armes. Il n'a pas divulgué le nom de la société, mais il est probable qu'il s'agit d' Israël Military Industries.

Un immense échec est une explication possible pour les nombreux ratés M85 que Human Rights Watch a documenté au sud de la frontière d'Ossétie du Sud. Dans les villes autres que Tirdznisi et Shindisi, Human Rights Watch n'a trouvé aucune preuve de sous-munitions M85 qui a explosé à l'impact et beaucoup de preuves de M85s qui n'ont pas pu fonctionner. Selon des témoins, il n'y avait pas non plus les troupes russes dans les zones touchées à l'époque des tirs.

2. RUSSIE (extrait)

Pendant des missions multiples à Gori et des zones Kareli juste au sud de la frontière administrative d'ossétie du sud, les chercheurs de l'Observatoire des droits de l'homme ont trouvé des sous-munitions inexplosées, des pièces de sous-munitions et des roquettes. Ils ont aussi conduit des entretiens avec des victimes et des témoins des explosions de sous-munitions dans le secteur.

Par ces sources, les chercheurs ont rassemblé la preuve de sous-munitions russes dans ou près des villages, des villes surtout dans une bande au sud du secteur examiné : Akhaldaba, Dzlevijvari, Gori, Pkhvenisi, Ruisi, Variani et Varianis Meurneoba. Au début de 2009 ils ont trouvé la preuve de sous-munitions 9N210 russes d'Août 2008 dans deux villages supplémentaires : Kvemo Khviti et Zemo Nikozi.

Dans des déclarations officielles, la Russie niait à plusieurs reprises utiliser des B.S.M. Néanmoins, l'Observatoire des droits de l'homme a conclu que ces incidents sont attribuables aux actions russes. Selon des témoins, les cibles étaient des troupes géorgiennes, pas russes. Bien que des troupes géorgiennes ne soient pas d'habitude dans le voisinage immédiat d'un bombardement, ils étaient dans le secteur et les troupes russes ne l'étaient pas.

etc...

site HRW

3. CONCLUSIONS :

Au-delà du fait que personne et en aucune circonstance ne devrait utiliser de bombes à sous-munitions (B.S.M.), dans aucun conflit quel qu'il soit, la Russie autant que la Géorgie sont responsables, dans le conflit qui nous intéresse, d'en avoir utilisé. Mais ici, nous devons malgré tout distinguer l'utilisation faite par la Russie et celle par la Géorgie.

L'armée géorgienne a utilisé ses armes à sous-munitions entre Tskhinvali et le tunnel de Roki d'où arrivaient les blindés russes. Des objectifs militaires. D'autre part, des sous-munitions non-explosées ont été trouvées en grande quantité au sud de l'ossétie du sud, dans des zones où les géorgiens n'avaient aucune raison de tirer. Par contre l'armée russe et/ou les milices ossètes, ayant repris depuis 2 jours le contrôle de l'ossétie du sud, ont aisément pu récupérer le matériel abandonné par l'armée géorgienne en fuite, et tenter de lancer ces M85 sur des positions géorgiennes, sans réussir à les armer correctement. Rien d'exceptionnel dans cette manière de faire, les M85 se lançant à partir du sol.

Quoi qu'il en soit, il y eut quand même 4 civils tués par des B.S.M. géorgiens. Comparés aux 2000 morts annoncés par les russes et Dubié, on est loin du compte. Si l'armée géorgienne avait planifié un génocide en ossétie, ils auraient utilisé bien plus de B.S.M., me semble-t-il.

Les Russes, quant à eux, ont utilisé des bombes à fragmentation et des B.S.M. dans nombre de villages et villes en Géorgie, et uniquement sur des civils, notamment à Gori, la ville martyre de cette guerre. HRW à pu prouver que ces bombardements ont tué et grievement blessé 60 civils en Géorgie. Il est encore trop tôt pour savoir si ces munitions ont été utilisées ou non par les forces russes dans la région séparatiste contre d'autres villages géorgiens.

D.P.


11/04/2009

L'opposition en échec après les manifestations.

 

L'opposition en échec après les manifestations.

Après les manifestations ayant duré 3 jours, les plus radicaux des leaders de l'opposition et les quelques 50.000 personnes les ayant suivis devant le Parlement, ont vu leur demande de démission du président Saakashvili, bien entendu, refusée.

Mikheil Saakashvili, lors d'une locution télévisée, a proposé aux parlementaires membres de l'opposition, qui refusent de participer aux débats du Parlement depuis plusieurs mois en signe de protestation, à rouvrir le dialogue, mais ni en public (faisant référence à la demande de l'opposition d'organiser un "show télévisé" pour tous les partis) ni simplement autour d'une table, mais bien au sein du Parlement, endroit où doit s'exprimer la démocratie.

Les manifestations se sont déroulées dans un calme exemplaire. Il n'y a eu aucune provocation ni d'un côté ni de l'autre, et les forces de l'ordre ne sont intervenues que dans quelques cas de désordres publics sans conséquences.

Mais les provocations étaient situées ailleurs : sur la scène faisant face aux manifestants, les leaders de l'opposition se relayaient pour diffuser leurs slogans aussi variés que possible, passant du "Micha Dehors !" au "Dehors Micha !". et en cela rien à dire puisque c'est pour cela que les mécontents étaient dans la rue.

Mais, pour vous dire combien le niveau d'éducation de certains responsables de partis d'opposition est élevé, nous avons aussi pu entendre crier dans la sono, résonnant dans toute la Géorgie et au-delà, "Micha, on n... ta mère" et autre marque d'inamitié du même acabit que je ne me permettrai pas de vous retranscrire ici. Et ce sont ces gens-là qui voudraient prendre le pouvoir? A présent, on comprend qu'ils aient refusé tout dialogue avec le gouvernement : ils doivent être rapidement en manque d'arguments!

Mais pourquoi, dès lors, autant de citoyens ont répondu à leur appel à manifester? Il semble évident qu'une large part de ces citoyens se disent mécontents des politiques du gouvernement, et verraient bien un autre président que Saakashvili à la tête du pays, mais ne pourraient faire un choix valable parmi les têtes de l'opposition. Beaucoup d'entre eux, aujourd'hui, comprennent qu'il n'y a pas grand chose à attendre d'une opposition qui se refuse à faire connaître son programme politique et/ou économique avant que d'être... au pouvoir.

Non, sincèrement, comment pourrait-on imaginer que le représentant d'un pays possédant une telle histoire, une telle richesse culturelle, puisse être à ce point sans éducation?

Mikheil Saakashvili a été élu il y a un peu plus d'un an. Son mandat est de cinq ans. Les prochaines élections auront lieu en 2012 comme prévu par la constitution. Il n'y a aucune raison, ni ici ni ailleurs en démocratie, d'organiser un quelconque referendum sur ce sujet parce qu'une opposition refusant le dialogue tel que la législation le prévoit en fait la demande. Si des articles de la constitution, basée sur les textes de l'indépendance de 1921, doivent être modifiés, c'est au parlement d'en débattre.

Si l'opposition utilise au parlement les mêmes arguments avec le même vocabulaire que lors des manifestations de ces derniers jours, il y aura des jeunes sténos qui vont rougir, c'est certain!

D.P.


L'occupation militaire russe continue malgré l'accord de paix.

TIMES ONLINE 11 AVRIL

À un point de contrôle militaire qui ne devrait pas exister, un lieutenant russe a fait des excuses pour son incapacité d'offrir un bon thé. "Nous n'avons pas d'électricité pour l'instant" a-t-il dit en guidant les journalistes du Times vers un bâtiment fortifié derrière la frontière non reconnue entre la Géorgie et sa région dissidente d' "Ossétie du Sud".

Au moins trois chars russes sont enterrés autour du point de contrôle, sur une route de montagne étroite menant à la ville d'Akhalgori, leurs canon face au sud, vers Tbilissi. Huit mois après que le Président Medvedev ait signé un accord de paix pour un cessez-le-feu avec la Géorgie, en août dernier, l'occupation militaire russe continue. L'accord négocié par le Président Sarkozy exige que toutes les troupes se soient retirées aux positions antérieures au 7 août.

Bien que faisant partie d' "Ossétie du Sud", la zone d'Akhalgori était sous le contrôle de la Géorgie lorsque la guerre a commencé. La plupart des habitants de la ville et des villages environnants étaient Géorgiens. Akhalgori est maintenant sous la ferme autorité des séparatistes ossètes, soutenus par les militaires russes. Des troupes russes stationnent près du point de contrôle ou surveillent les postes d'observation protégés par des sacs de sable, et comme les hommes de la milice Ossète, ils inspectent les voitures traversant la frontière.

Le mot "Russia" a été peint sur une barrière de sécurité placée à travers la route. Installée dans une tranchée derrière le point de contrôle, l'Armée russe a placé des tentes camouflées et trois longues rangées de baraques portables qui fournissent le logement aux soldats. À l'intérieur d'une des cabines peu meublées, un jeune lieutenant a insisté pour que les civils, tant le géorgien que l'ossète, aient passé librement la frontière pour négocier des marchandises et rendre visite aux familles.

L'observatoire des droits de l'homme a constaté les choses très différemment en novembre, accusant la Russie de ne pas empêcher les milices ossètes "permettant l'attaque de Géorgiens ethniques dans Akhalgori".

Les véhicules avec des plaques d'immatriculation géorgiennes sont vraiment passé par le point de contrôle, bien que les soldats aient défendu notre journal d'entrer à Akhalgori. Les russes sont aussi interdit une équipe de la Mission de Contrôle de l'Union Européenne, une force à 200 surveillants du cessez-le-feu.

Steve Bird, le porte-parole de la mission en Géorgie, a dit que les moniteurs avaient reçu des rapports que des fermiers géorgiens étaient dans l'incapacité de passer les points de contrôle pour atteindre leur terre, qui a été prise par les milices ossètes. Les moniteurs ont intensifié les patrouilles cette semaine après l'enregistrement d'une augmentation de mouvements de troupe russes près de la frontière qui a coïncidé avec le début de protestations d'opposition dans Tbilisi.

Tandis que, reconnaissant que la Russie casse le cessez-le-feu, la communauté internationale apparaît vouloir insister sur ce point. L'OTAN a rétabli ses relations avec la Russie le mois dernier, qui avaient été suspendues pendant la guerre, et le Président Obama a fait comprendre que, tandis que lui et M. Medvedev n'étaient pasd'accord sur l'invasion de la Géorgie, sa priorité était d'améliorer les liens avec Moscou.

M. Bird a dit que la priorité était de mettre en oeuvre les mesures acceptées pendant des négociations récentes en Suisse. "Nous étions très clairs: leurs points de contrôle ne sont pas en au bon endroit!" a-t-il dit. "Nous faisons toujours pression sur eux pour qu'ils reculent mais les russes ont décidé que c'est un point stratégique, et y a mis beaucoup de troupes. Les Géorgiens y ont mis beaucoup de troupes aussi."

Le Kremlin voit des choses différemment, soutenant que M. Medvedev a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud après la guerre et que la Russie a un accord bilatéral en rapport aux troupes stationnées sur son territoire. La Russie a placé 3,800 hommes en 'Ossétie du Sud' et l'autre région dissidente de Géorgie, en Abkhazie.

A lire sur le site du Times

06/02/2009

Barroso et Poutine : l' U.E. critique Moscou, Moscou réplique. Blasant !

 

Barroso et Poutine : l' U.E. critique Moscou, Moscou réplique. Blasant !

D'après France24

La Commission européenne a critiqué vendredi à Moscou la situation des droits de l'Homme en Russie après les meurtres récents de journalistes et de défenseurs des libertés publiques, Vladimir Poutine contre-attaquant sur ce thème, tout en revenant sur la crise du gaz.

"Dans l'opinion publique (européenne), il y a une certaine inquiétude à la suite d'événements récents en Russie, en l'occurrence les meurtres de journalistes et de défenseurs des droits de l'Homme", a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Il s'exprimait au cours d'une conférence de presse commune avec le chef du gouvernement russe Vladimir Poutine, à l'issue d'une rencontre entre une importante délégation de la Commission et de hauts dirigeants russes.

(...)

M. Poutine a répondu en appelant les Européens à se pencher sur les violations des droits de l'Homme existant chez eux, considérant par ailleurs que les problèmes russes et européens en la matière ne pouvaient être séparés.

"Nous ne sommes pas satisfaits de la manière dont est traité le problème des minorités russophones dans les pays baltes. Nous savons qu'il y a des violations des droits des immigrés dans les pays d'Europe. Nous connaissons l'état des systèmes carcéraux de certains pays européens. Nous aussi on a ces problèmes", a lancé M. Poutine.