27/04/2009

Manifestations des opposants radicaux: un dangereux fiasco.


Manifestations : prolongations tumultueuses, conseils avisés et tendances pour les jours à venir.

Une bagarre a éclaté samedi soir entre les membres d'une patrouille du service d'ordre de l'opposition et une délégation d'habitants d'une rue jouxtant le Parlement. Les habitants, mécontents en raison de l'accès vers leurs maisons rendu impossible pour le ramassage des ordures et les services de secours depuis le début des manifestations, ont entammé une discussion avec les membres de la patrouille, mais ces derniers ont tabassé les habitants délégués, puis ont saisi leurs documents. Trois blessés dont un très grièvement... De l'autre côté, une enquête est en cours pour déterminer les sanctions à prendre à l'encontre du chef de la police de Tbilissi qui, pour avoir lancé un sachet rempli d'eau sur la tête de manifestants de l'opposition, risque d'être limogé. L'opposition, douze heures après les faits, réclame des sanctions immédiates.

Des incidents comparables, il y en a eu quelques uns ces derniers jours. Le gouvernement, tenant sa parole en ne faisant pas intervenir la police - afin d'éloigner tout risque de provocations d'un côté comme de l'autre et ne pas retomber dans le piège de fin 2007 - ne peut que constater les dégâts puis enquêter. Les leaders radicaux, après 17 jours d'actions en tout genre, semblent au bout d'arguments et s'attaquent à présent à la télévision publique, accusant les journalistes de biaiser les informations les concernant.

De plus en plus désunis, ils manquent d'effectifs et de partisans, et le mouvement devient de plus en plus pitoyable.

Mme Bourdjanadzé, ex-chef du parlement passée leader d'un parti d'opposition radical pro-russe, est soupçonnée par le peuple d'être financée par Moscou. Mr Alasaniya, ex-ambassadeur auprès de l'ONU lui aussi passé leader radical, souhaite le dialogue mais accuse le gouvernement de ne pas vouloir le dialogue. Salomé Zurabishvili, ex-diplomate française, ex-ministre des affaires étrangère de Saakashvili limogée pour incompétence, est ridiculisée dans une vidéo filmée alors qu'elle discourait à propos de Saakashvili "diable/démon" (et elle "ange"!) sur la tribune face aux manifestants, circule sur le net, à visionner (surtout écouter) ici.


Pour le coup, je pourrais ne rien écrire à propos de ces manifestations aussi affligeantes qu'inutiles, mais ce qui se passe actuellement à Tbilissi pourrait facilement dégénérer. Les membres de l'opposition n'ont pas l'air de vouloir renoncer et les provocations sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus graves. Mal entourés mais surtout mal dirigés, on ne sait à quoi ou à qui ils peuvent s'en prendre demain. Saakashvili, soutenu "par le reste du monde" (sauf par la Russie, cela va sans dire), ne fera rien pour envenimer les choses, tant il est surveillé de près par l'U.E. et, surtout, par l'Otan. Et pourvu qu'il en soit ainsi, car même s'il a des torts, personne n'aurait été capable, parmi les personnalités politiques d'un bord ou d'un autre, de redresser la Géorgie comme il l'a fait durant ses 3 premières années au pouvoir, et de même aujourd'hui, personne ne sait réellement qui pourrait le remplacer à la tête du pays qui soit capable de surmonter les crises actuelles et à venir.

S'agit-il du manque d' "expérience de démocratie" de la part de cette opposition radicale ou d'autres raison, le fait est que le mouvement, depuis le 9 avril, stagne entre injures grossières et critiques destructrice à l'encontre du pouvoir et de Saakashvili en particuler. Rien de constructif, aucun projet pour l'avenir du pays, aucun plan d'action, juste des cris et des provocations. Dans cette atmosphère tendue, la population, exaspérée d'être prise en otage par tant de bruit pour rien, et Tbilissi, qui pourrait voir ce désordre grandissant comme dangereux pour sa population et l'équilibre fragile du pays, pourrait être tentée d'intervenir pour arrêter l'escalade, ce qui serait sans doute lourd de conséquences pour tous, tant l'opposition radicale, animal mourant, a envie d'en découdre avec les autorités.

Tous les ambassadeurs des pays représentés à Tbilissi se sont réuni samedi au Sheraton Palace Metekhi. (Ca fait beaucoup de rimes en " i " ça!)

Il résulte de cette réunion une déclaration commune: les diplomates considèrent le dialogue comme seul moyen de sortir de la situation et peut donner de l'espoir pour le développement pacifique de la manifestation. Les membres de l'opposition, refusant toujours le dialogue, étaient présents au Sheraton Palace Metekhi, lieu de ladite réunion, et ont fait des déclarations concernant les diplomates, réagissant à la déclaration faite par l'ambassadeur de France. Les membres de l' Alliance pour la Géorgie, dirigée par Irakli Alasania, ont déclaré qu'un ambassadeur est une position diplomatique et n'a pas le droit de faire des déclarations politiques, mais je me demande quelle sorte de déclarations Irakli a faites lorsqu'il était diplomate auprès de l'ONU....

La révolution des roses a eu lieu dans la dignité, et a eu pour conséquences un redressement spectaculaire de la Géorgie et un rééquilibre social évident. Nous en sommes très loin avec des gens comme Alasania ou Zourabishvili qui rampent entre violences stériles et déclarations de mauvais goût.

Pendant ce temps, les Russes attendent dans les provinces séparatistes, forts de plus de 10,000 hommes et blindés, pour... intervenir ?

D.P.

 

31/03/2009

Compte-rendu de notre entrevue avec Isabelle Durant, sénatrice Ecolo, à propos du "rapport Dubié/Defraigne"

I Durant photo rtbf

Isabelle Durant :

à propos du "rapport Dubié/Defraigne".

Bruxelles, jeudi 26 mars, début d'après-midi. Nous arrivons à la maison des parlementaires un peu en avance, mais nous ne devons pas attendre trop longtemps madame la sénatrice: Isabelle Durant arrive presque à l'heure, accompagnée par Francisco PADILLA, son conseiller en affaires internationales.

Je suis nerveux, non pas à cause de cette entrevue, mais de peur de ne pas pouvoir me retenir quant aux gros mots qui me viennent en tête à propos de ce rapport, tant il y a de quoi. Mais après les présentations d'usages, lorsqu'il a fallu lancer la discussion, face à madame Durant, le calme qui me caractérise en temps normal reprend le dessus! Il faut dire qu'en exposant le point de vue géorgien et, bien entendu, tout en expliquant nos griefs contre Josy Dubié et sa visite partiale en Ossétie, je voyais Madame Durant nous écouter attentivement, sans beaucoup réagir sinon pour quelques précisions, corrections ou avis divergeants.

Ce qu'il en est sorti, après 50 minutes d'intérêts sincèrement réciproques pour nos positions, nos points de vues, c'est que les Ecolos ne connaissent pas grand chose ni de la situation en Géorgie, ni de l'histoire de Géorgie, ni de ce qui s'est réellement déroulé en août, mais ne demandent pas mieux que de connaître. Et 50 minutes, c'était très peu. Nous aurions pu discuter encore quelques heures.

Ce qui ressort de cette entrevue, finalement, c'est quoi..? Difficile de répondre. Nous pensons qu'il est positif que Ecolo, à travers Isabelle Durant et Francisco Padilla, souhaîte peut-être en savoir plus avant de "re-juger" les événements d'août différemment de Dubié, mais a besoin de preuves au moins aussi solides et fondées que les témoignages recueillis par Dubié en Ossétie. Mais, ce que je pense aussi, c'est que même avec ces preuves, jamais Ecolo ne fera machine arrière, pour plusieurs raisons:  

1. Il existe déjà tant de preuves accessibles, surtout pour des parlementaires, que s'ils le voulaient, ils auraient déjà fait leur erratum depuis longtemps.
2. Les intérêts européens pour la Russie sont incontournables, intérêts dans des relations étroites positives afin d'éviter un retour à la guerre froide (au moment où je vous écris, les Russes construisent des bases navales et aériennes en Géorgie!!!), et sans doute aussi intérêts gaziers, une erreur au moment où il est question de diversifier les sources d'approvisionnement en évitant la Russie, et notons aussi que justement Poutine, en s'attaquant à la Géorgie, rêve de ruiner le projet Nabucco ou de s'en emparer, et nous revoilà au point de départ à acheter du gaz uniquement aux russes !.  
3. Etant le seul parti politique à avoir autant critiqué la Géorgie, la part de la population qui croit la version pro-russe
(pro-russe non par choix, mais par conséquence) de Dubié,  trouvant certainement l'ex-journaliste vedette de la rtbf impartial puisqu'il le dit, ou qui a apprécié ce rapport parce que à contre-courant de ce que tout média rapportait des événements,  ou tout simplement pour avoir apprécié le côté "anti-Bush" des propos dudit Dubié, cette part non négligeable, à un jet de pierre des élections de juin, peut avoir un impact conséquent...
4. Pourquoi n'ont-ils jamais cherché à connaître le point de vue géorgien auparavant, sinon parce qu'ils n'y trouvaient aucun intérêt?  Il existe une ambassade de Géorgie à Bruxelles, à deux pas du Parlement. C'est la moindre des démarches qu'ils auraient pu faire. En cela, ils ont adopté la méthode Dubié: on ne questionne qu'un seul camp pour n'avoir qu'un seul avis, celui qui arrange (ou qui dérange, c'est selon ce qui arrange).

Bien sûr, l'écolo en moi depuis 25 ans me pousse à croire que le parti écologiste est capable de modifier son jugement avec raison, mais je ne suis pas certain qu'on parle de la même écologie... Par contre,  puisque les écolos n'ont pas hésité à croire Poutine, Medvedev, Lavrov ou Tchourkin, alors c'est certain, on peut croire en tout. Dossier à suivre, avec beaucoup d'intérêt.

D.P. - TbiliSite, avec M.M.

14/03/2009

Sur les relations Géorgie/USA/Russie

Nouvelles du jour :

Comme je vous en avais dit un mot il y a peu, deux articles importants seront publiés bientôt sur TbiliSite. Ils éclairciront certaines idées sur la Russie, sur la Géorgie. Un article écrit par Alexander Brailovsky paru sur le site d'un journal en langue russe, sur la "culture impérialiste russe". L'autre article, écrit par Merab Kokotchachvili* (en exclusivité!), sur les relations entre les peuples de Géorgie à travers le temps et les influences. Ne les ratez surtout pas !

* Merab Kokotchachvili est cinéaste. Il a tourné de nombreuses fictions ainsi que quelques documentaires sur différents aspects de la Géorgie, ancienne ou moderne. Filmographie.

D.P.

Visite officielle de Mat Bryza en Géorgie.

Le Secrétaire d'Etat pour les affaires européennes et eurasiennes des États-Unis, Mat Bryza a rencontré le président du Parlement géorgien et a examiné toutes les dossiers importants avec Davit Bakradze, y compris la politique interne du pays et la manifestation de protestation, prévue par l'opposition (le 19 avril).

Matthew Bryza dit, si certaines personnes veulent exprimer leurs protestations, ce n'est pas un problème pour les États-Unis. Il a dit, il y a peut-être certains politiciens de Washington qui aiment ou n'aiment pas, les Etats-Unis soutiennent la Géorgie et non une personne spécifique.

Le sous-secrétaire d'État adjoint a déclaré que les différents avis peuvent s'exprimer librement dans le pays, c'est donc que la démocratie existe. Les gens ont le droit d'exprimer leurs propres positions dans le cadre de la loi, sans aucune violence. Les États-Unis se félicitent d'un dialogue actif qui peut aider au développement de la démocratie et le fonctionnement des élections à la date prévue. Cela signifie le renforcement et l'approfondissement de la démocratie qui rend la Géorgie stratégique pour les États-Unis, ajoute Mat Bryza.

Davit Bakradze a commenté la réunion avec le Sous-Secrétaire d'État adjoint pour l'Europe et l'Eurasie des États-Unis: le gouvernement géorgien est d'accord que tout le monde est admissible a le droit de protestater tant que c'est dans le cadre de la loi.

Demain Matthew Bryza aura des entretiens avec le l'opposition non-parlementaire.

Commentaires : La Géorgie, comme n'importe quelle nation au monde, en accord avec les désirs des citoyens, en accord avec ses besoins, ses ambitions, a le droit de choisir ses partenaires. Le président Chevarnadzé, en connaissance de cause puisqu' ancien ministre des affaires étrangères sous Gorbatchev, a entamé ces rapprochements vers l'occident dès son arrivée au pouvoir, en 1992, sans sortir de la C.E.I.. Mais la corruption, très importante à l'époque, n'a pas rendu les choses simples. En 2003, avec Saakashvili, le processus s'accélère. Les aides européennes et américaines, les investissements dans les infrastructures, les énergies, tout cela est possible grâce aux efforts de plus en plus conséquents accordés par Bruxelles ou Washington. Jour après jour, étape par étape, le pays se porte mieux, même si ce n'est pas encore parfait, loin s'en faut. Alors les ripostes russes s'intensifient, et se précisent. De provocations en provocations, pour finir par ouvertement violer le territoire géorgien etc...

Les "anti-américains" peuvent juger la politique des Etats-Unis comme ils le désirent, et faire semblant de ne pas comprendre pourquoi les géorgiens préfèrent travailler avec eux plutôt que de retourner sous le giron russe. S'ils connaissaient ne fut-ce qu'un peu l'histoire de Géorgie (et parallèlement, l'histoire de la Russie) ils comprendraient déjà que les Géorgiens, pour rien au monde, n'accepteront de "capituler" face à la Russie, qu'elle soit de Poutine ou d'un autre président. Vouloir se rapprocher de l'occident, via les Etats-Unis ou l'Europe ou même via les deux, quitte à essuyer les salves punitives russes durant des années, est non seulement légitime, mais une nécessité vitale pour les géorgiens.

Le temps a passé, et les médias, alimentés par la crise, ont enterré le conflit. Mais depuis la guerre, la Géorgie, amputée de deux de ses provinces, a cessé d'exister pour elle-même aux yeux du monde. L'importance géo-stratégique du Sud-Caucase, colossale, devient évidente. Les géorgiens le savent depuis toujours, les occidentaux le savent grâce aux réactions rapides et très médiatisées de Sarko dès le début du conflit. Mais les russes le savent depuis tellement plus longtemps...

Que préfèreriez-vous: être marié à quelqu'un qui profite parfois de vos avantages mais qui vous donne tout ce dont vous avez besoin, ou vivre avec un ex-geôlier impuissant et alcoolique, perfide et pervers, un "ami qui vous veut du bien" mais qui vous dépouille de tout avec le sourire macabre de celui qui pense en même temps à ce dont il est capable, le pire, si un jour vous osez parler de divorce?

L' occident investit, permettant aux gens d'accéder - enfin! - aux avantages liés au mode de vie moderne quasi-mondial. Les russes, pendant ce temps, manipulent, mentent, trichent, massacrent en masse, anihilisent les oppositions jusqu'à pousser le peuple à regretter Staline!

D.P.

20/02/2009

A Genève, les négociations reprennent.


En Belgique, aucun quotidien ni J.T. ne semble avoir relayé cette information (ou alors discrètement) concernant la réunion ayant eu lieu à Genève il y a 3 jours, présidée par l'UE, l'ONU et l'OSCE, à laquelle participaient la Russie, l' "Ossétie du Sud" et la Géorgie. Je vous invite donc à prendre connaissance du communiqué de presse paru sur le site de la diplomatie française, et ensuite de lire un dossier paru sur le site du JDD (journal français) sur la situation géo-politique et énergétique dans le Caucase sud. Extrêmement intéressant.

 

Communiqué de presse (diplomatie française)

Caucase : une étape franchie sur la voie de la stabilité et la sécurité de la région (17-18.02.09)


Une nouvelle session des discussions internationales de Genève, prévues par les accords du 12 août et du 8 septembre et co-présidées par l'Union européenne, les Nations unies et l'OSCE, s'est tenue les 17 et 18 février. Toutes les parties y ont participé.

La France salue l'adoption, à l'occasion de cette quatrième réunion, de mécanismes de prévention et de règlement des incidents qui doivent maintenant trouver sur le terrain une traduction concrète.

Il s'agit d'une étape utile sur la voie du retour à la stabilité et à la sécurité dans la région.

Les discussions ont également porté sur la situation des personnes déplacées et réfugiées.

Nous appelons toutes les parties à poursuivre les travaux dans un esprit constructif sur la base des propositions des co-présidents afin d'améliorer le sort des populations en Ossétie du Sud et à permettre le plein accès humanitaire à cette région.

Nous souhaitons que les discussions internationales de Genève se poursuivent dans les meilleurs délais./.

GEORGIE
DISCUSSIONS INTERNATIONALES DE GENEVE
COMMUNIQUE CONJOINT
DES CHEFS DE MISSION DE L'UNION EUROPEENNE,
DE L'ORGANISATION DES NATIONS UNIES
ET DE L'ORGANISATION POUR LA SECURITE
ET LA COOPERATION EN EUROPE


(Genève, 18 février 2009)

Les participants aux pourparlers de Genève viennent d'achever le quatrième cycle de discussions. Deux groupes de travail se sont de nouveau réunis en parallèle afin d'aborder les questions de sécurité et de stabilité dans la région, ainsi que les questions humanitaires.

Les co-présidents se sont félicités de la résolution 1866 du Conseil de sécurité des Nations unies du 13 février, qui proroge le mandat de la mission des Nations unies et appelle à l'intensification de nos efforts, ici à Genève.

Lors des pourparlers de Genève des 17 et 18 février, les participants ont discuté et adopté d'un commun accord des propositions de mécanismes conjoints de prévention des incidents et de réponse à ceux-ci.

Les mécanismes envisagés sont créés en vue de favoriser la paix, la stabilité et la sécurité et de prévenir les incidents susceptibles d'entraîner des souffrances pour les populations civiles ou une détérioration de la situation, et, si nécessaire, d'y remédier.

Ces mécanismes visent à permettre une réaction rapide et adéquate à la situation en matière de sécurité, s'agissant notamment des incidents et des enquêtes sur ceux-ci, de la sécurité des installations et des infrastructures vitales, en luttant contre les activités criminelles et en veillant à l'acheminement efficace de l'aide humanitaire, et de toute autre question pouvant affecter la stabilité et la sécurité, l'accent étant mis sur la prévention des incidents et la réponse à ceux-ci.

Ces mécanismes permettront des contacts réguliers entre les structures responsables de la sécurité et de l'ordre public dans les zones de tension, ainsi qu'entre les organisations internationales concernées. Ces instances se réuniront sur une base hebdomadaire, ou plus fréquemment si nécessaire. Les premières sessions seront organisées prochainement. Pour procéder au suivi des incidents, il pourra être convenu d'effectuer des visites conjointes.

L'adoption de ces propositions constitue une étape importante contribuant à instaurer la stabilité et la sécurité.

Dans le cadre du second groupe de travail, les participants ont salué certaines évolutions positives sur le terrain, notamment la reprise de l'approvisionnement en gaz de Tskhinvali, grâce aux efforts de l'OSCE. Les co-modérateurs ont proposé, pour surmonter les difficultés actuelles d'acheminement de l'aide humanitaire vers les populations d'Ossétie du Sud qui en ont besoin, d'organiser des convois empruntant simultanément les routes du nord et du sud. Malheureusement, nous ne sommes pas encore parvenus à un accord sur cette proposition. Les discussions bilatérales sur ce sujet se poursuivront d'ici notre prochaine réunion.

Les participants sont convenus de concentrer prochainement leurs efforts sur les questions de facilitation du retour volontaire, dans la sécurité et la dignité, des réfugiés, des personnes déplacées dans leur propre pays et des autres personnes déplacées. A cet égard, les questions de sécurité sont très importantes, ce qui illustre l'interdépendance entre les deux groupes de travail.

Ces questions concernent notamment la reconstruction des habitations et des infrastructures, le redressement économique et social dans les zones de retour, les droits de propriété et de logement, les obstacles juridiques au retour durable (exigences en matière de documents à fournir, d'enregistrement et d'identification) et l'organisation des retours volontaires, y compris les visites de reconnaissance.

La question de l'accès à l'eau sera également évoquée.

Les participants sont convenus de se réunir de nouveau au printemps, à une date restant à déterminer./.

 


Occupation russe : Plus que pour la Géorgie : une menace pour le corridor Est-Ouest.


Par HdlM, mercredi 18 février 2009 à 18:03

Une autre série de négociations internationales à propos des territoire géorgien d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud est en cours cette semaine à Genève.

La Russie renforce ses prises, la transformation des deux territoires occupés en des garnisons militaires. En outre, les forces russes s'accrochent au district d' Akhalgori et au village de Perevi, qui ne font pas partie de l'Ossétie du Sud. Cette accumulation de l'armée russe a d'importantes conséquences stratégiques, non seulement pour la Géorgie, mais pour le corridor est-ouest.

Six mois après la phase chaude de la guerre de la Russie sur la Géorgie, la Russie continue de violer les accords en Six Point qu'elle a signé avec la Géorgie et la présidence de l'Union européenne. Selon cet accord, les forces russes doivent se retirer d' Akhalgori et de Perevi et aucune forces de maintien de la paix en Abkhazie et en Ossétie du Sud présentes avant la guerre ne doivent rester. Au lieu de cela, ils creusent. Les sources du gouvernement géorgien estiment que plus de 10.000 hommes de troupes russes occupent désormais le territoire géorgien d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud Comprennant infanterie légère, des blindés et des forces spéciales, équipées de chars, blindés de transport de troupes, des hélicoptères, des roquettes et des batteries de défense aérienne. En Ossétie du Sud, la construction a dont l'achèvement est en cours de quatre bases militaires russes. Parmi celle-ci est la base de Ugardanta, près de Java, furtivement commencé par la Russie en 2006, figurant en bonne place dans l'attaque Russe sur la Géorgie en août 2008. En Abkhazie, il y a depuis longtemps des doutes si conformément à son affirmation la Russie se soit retirée de l'ancienne base aérienne soviétique de Gudauta, comme il était convenu de le faire dans les Accords d'Istanbul en 1999. Maintenant, les avions de combat et des avions-cargos russes fréquentent l'endroit, qui, curieusement, semble avoir été bien entretenu au fil des ans. La Russie est également occupée à la réhabilitation de l'ancienne base navale à Otchamtchira et de la construction d'autres installations en Abkhazie.

L'accumulation massive de forces russes en Abkhazie et en Ossétie du Sud consolide son occupation de ces territoires géorgiens. Ceci menace également le corridor est-ouest à travers le Caucase du Sud, d'un intérêt vital pour l'occident. La Russie et ses frappes de missiles à coté de l'oléoduc Bakou-Supsa en août dernier ont été les premiers plans dans la tactique du Kremlin visant à étouffer le corridor est-ouest.

Cela allait à peu près passer inaperçus dans tous les commentaires sur l'attaque russe en août sur la Géorgie témoigne du grave autisme stratégique qui a pris possession de l'ouest.

Les graines de ce conflit ont été semés avec l'effondrement de l'Union soviétique et le rétablissement de l'indépendance géorgienne. Cependant ces graines ont germé, en 1994, lorsque le président azéri Heydar Aliyev a conclu "l'affaire du siècle" : l'exploitation des ressources en hydrocarbures de la mer Caspienne pour l'ouest. "La Russie ne peut pas décider de cette question», a dit Aliyev. En 1999, l'Azerbaïdjan, la Géorgie et la Turquie ont signé l'accord qui a conduit à l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC). Le contrat BTC a été conclu aux marges de la même conférence que celle au cours de laquelle la Russie a signé des accords d'Istanbul, ou elle a accepté de retirer ses forces militaires de Géorgie. Poutine et ses acolytes n'ont jamais oublié ce rapprochement. BTC offre l'accès de l'énergie de la mer Caspienne et d'Asie centrale à l'ouest, en offrant un choix des clients pour la production d'Etats sans littoral maritime. Parallèlement au BTC, les flux de gaz naturel de la mer Caspienne du champ Shah Deniz par l'intermédiaire du gazoduc du Caucase du Sud à la ville turque d'Erzurum, à destination des consommateurs de toute l'Europe. Le pipeline Bakou-Supsa et le chemin de fer Bakou-Batoumi pour transporter des hydrocarbures pétroliers par les ports Géorgiens de la mer Noire. Ensemble, ces conduits d'énergie constituent la masse critique nécessaire de promouvoir et de soutenir un large corridor commercial Est-Ouest. À cet égard, le chemin de fer Kars-Tbilissi-Bakou sera un support multi-usages, ce qui porte le développement commercial le long de sa route et au-delà. Que ce soit par des pipelines, le rail, la route ou par le biais de l'eau des détroits turcs ou via le Danube et le Rhin, nous avons la possibilité de relier la mer Caspienne et de l'Eurasie au cœur d'un système d'échange de l'Atlantique Nord qui s'étend de Batoumi et de Ceyhan, dans l'est du pays à Houston, à l'ouest. Et avec le commerce viennent des personnes, de sorte que le corridor est-ouest sera également la voie à des idées, ce qui est peut-être la perspective la plus importante.

Cela a été la perspective de l'ouverture du centre eurasien qui a provoqué l'attaque de la Russie sur la Géorgie. L'annonce d'un choc géopolitique, un affrontement entre l'histoire et la post-histoire, un affrontement entre l'impérialisme du 19ème siècle et la mondialisation-21e siècle, Le Kremlin aspire à étrangler n'importe quelle influence occidentale significative dans le centre Eurasien.

Maintenant, de la partie occupée du territoire géorgien, des forces aériennes et terrestres russes menacent les pipelines d'énergie, la route l'Est-Ouest et le chemin de fer, et le port de Poti. Les forces aériennes et navales russes menacent Poti et de Batoumi, grands port géorgiens. Pendant ce temps, la marine russe est discrètement de retour en Méditerranée, avec la rénovation de la base de Tarse de l'ex-Union soviétique, en Syrie, juste en face du port turc de Ceyhan, le terminus de l'oléoduc BTC.

Il ne faut pas exagérer le pouvoir de l'anémique flotte russe de la mer Noire. Mettre tous les morceaux ensemble et voir que les Russes jouent géopolitique alors que les Occidentaux jouent à faire des clins d' œils.

28/01/2009

Les députés européens débattent

 

STRASBOURG:

Les députés européens débattent à propos de la guerre Géorgie-Russie

Voici l'article paru sur le site de la télévision géorgienne :

Les députés européens débattent à propos de la guerre Géorgie-Russie, de ses conséquences et des plans pour la résolution du conflit. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a écouté aujourd'hui les rapports du député russe Konstantin Kosachov et le chef de la délégation géorgienne Petre Tsiskarishvili.

Les discussions ont commencé par les rapports de Matyas Eorsi et Luk Van de Brande. Ils ont tous deux repproché à la Russie d'ignorer les termes des résolutions précédentes et des accords de cessez-le-feu signés par les autorités russes. Ils ont souligné aussi que la Géorgie avait réalisé toutes les obligations depuis le cessez-le-feu.

Ils ont signalé encore une fois la situation en Géorgie dans les régions occupées. Ils ont dit que les forces russes étaient encore présentes dans la Gorge de Kodori et le district d'Akhalgori. Ils ont parlé de nombreux faits de violation des droits humains, 23 000 personnes ayant fui leur habitation pendant l'intervention russe et sont incapables de regagner leur terre. De plus, les séparatistes sont tous armés, condition préalable sérieuse pour raviver le conflit.

Le chef de la délégation russe, le député Konstantin Kosachov n'a pas réfuté le fait que la Russie ignorait les termes de la résolution et de l'accord de cessez-le-feu et a essayé de justifier sa position. Il a réitéré son argument, que le `diagnostic par l'Europe` sur le conflit de Géorgie-Russie était incorrect dès le début, parce que c'était une guerre entre la Géorgie et l'Ossetie du Sud. Selon Kosachov, le traité rédigé par l'Europe était incorrect aussi. Kosachov affirme que la Géorgie reprendra la guerre si les forces russes quittent les régions occupées, parce que c'est l'unique façon pour la Géorgie de restituer son intégrité territoriale.

Le chef de la Délégation géorgienne, le député Petre Tsiskarishvili, a demandé au Conseil de l'Europe de rester très attentif à ses principes et aux résolutions précédentes, et faire en sorte que la Russie se conforme à tous ses engagements.

Source : Rustavi2

Trop partial, cet article? Bon, ok, voyons ce que le JDD (Journal du Dimanche - France) a écrit comme dépêche sur ce même sujet :

Géorgie: Moscou tancé à Strasbourg

International 28/01/2009 - 19:04

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a déploré mercredi le peu d'empressement de la Russie à mettre en oeuvre ses recommandations pour remédier aux conséquences du conflit du mois d'août dernier, entre ses troupes et celles de la Géorgie en Ossétie du sud. "En ce qui concerne Moscou, la plupart des points de la résolution (adoptée en octobre dernier) n'ont pas été mises en oeuvre", a souligné à Strasbourg le libéral hongrois Matyas Eorsi, co-rapporteur d'un nouveau projet de résolution. La Géorgie est en revanche créditée d'une attitude "constructive" dans ce texte adopté par 118 voix contre 25.

Maintenant, voyons la version russe, trouvée sur le site d'un journal officiel - Ria Novosti

STRASBOURG, 27 janvier - RIA Novosti.

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) exhorte la Géorgie, la Russie et les autorités d'Ossétie du Sud, ainsi que d'Abkhazie à livrer aux observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) l'accès des deux côtés de la "frontière sud-ossète effective".

L'APCE les appelle également à concerter une augmentation du nombre d'observateurs, lit-on dans le projet de rapport sur les conséquences humanitaires de la guerre entre la Géorgie et la Russie dont RIA Novosti a obtenu copie mardi.

Le mandat de l'OSCE en Géorgie où l'Organisation travaille depuis 1992 a expiré le 1er janvier 2009. Le 22 décembre dernier, au cours d'une réunion du Conseil permanent de l'OSCE, la Russie s'est opposée à sa prorogation, estimant que, comme l'actuel mandat de la "mission géorgienne" comprenait des composantes abkhaze et sud-ossète, il devait être revu. En août 2008, Moscou a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Aussi la prolongation du mandat actuel de la "mission géorgienne" serait-elle illégale au regard de la législation russe.

Le projet de rapport dont l'APCE sera saisie mercredi 28 janvier invite aussi les parties à "s'entendre sur l'élargissement du mandat de la mission d'observation de l'Union européenne (UE) pour qu'il s'étende aux mesures de protection de la population et, peut-être, de maintien de la paix des deux côtés de la frontière effective de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

L'auteur du rapport Mme Corien Jonker appelle, en outre, la Russie et l'Ossétie du Sud, ainsi que l'Abkhazie à "garantir l'inviolabilité et la sécurité de toutes les personnes se trouvant sous leur contrôle effectif non seulement en Ossétie du Sud et en Abkhazie, mais aussi dans les territoires occupés dans le district d'Akhalgori et à Perevi, ainsi que dans les gorges de Kodori".

D'autre part, l'APCE exhorte la Géorgie à "élever le niveau de sécurité de toutes les personnes vivant à la frontière effective et dans les anciennes zones du conflit".

Le 8 août dernier, l'armée géorgienne a lancé une offensive militaire contre l'Ossétie du Sud, détruisant Tskhinvali, la capitale, et tuant des centaines de civils et des soldats de la paix russes déployés dans cette république autoproclamée. La Russie a opposé une riposte militaire de grande envergure destinée à contraindre la Géorgie à la paix avant de reconnaître le 26 août l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

Source : Ria Novosti

No comment.

D.P.

 

15/12/2008

Aout 2008, récit de vacances... en Géorgie

Intro:

La Géorgie est un pays magnifique. Je ne pense pas m'avancer en écrivant que tout ceux qui un jour y ont été on eu envie d'y retourner. C'est ce que j'ai eu la chance de faire depuis dix ans, et j'ai eu le plaisir de publier les photographies (de Tbilissi principalement) sur la toile, et des expos à Bruxelles ont accueilli quelques tirages.

Mais si j'ai décidé de m' aventurer dans la création de ce blog, ce n'est pas pour vous exprimer mon attachement à ce pays, mais pour vous faire partager mon expérience de cet été lors des événements qui ont débuté au mois d'août, et ensuite exprimer quelques "coups de gueule" quant aux jugements hâtifs, manipulés, disproportionnés et/ou idiots de certains de mes compatriotes, journalistes, politiques ou simples citoyens, suite à ces mêmes événements.

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En Géorgie, cet été, ce fut chaud! Très chaud même.

Et mon voyage en Géorgie aussi, du coup.

En voici un résumé, chronologique, à l'intention de celles et ceux qui aimeraient savoir ce que c'est de se trouver en vacances dans un pays d'Europe orientale, et de se faire envahir par les Russes (en 2008 !!! Extraordinaire!)

Nous sommes partis à Tbilissi mon épouse et moi le 21 juillet, rejoindre ma fille déjà sur place depuis 15 jours. Voyage sans problème via Vilnius, si ce n'est la perte d'un de nos bagages à Vilnius, que nous récupérerons 2 jours plus tard.

A Tbilissi, il fait chaud, comme d'habitude en été. C'est la première fois que je reviens en Géorgie depuis la "révolution des roses", ou plutôt depuis la visibilité de ses effets sur la ville et sur la société en général. Beaucoup de routes ont été refaites, des squares et des places réaménagées, des fontaines, des bancs, des... poubelles, partout tout est propre... Si ce n'était la pollution des voitures et, surtout, des vieux camions et cars! Certains quartiers ont été complètement rénovés, mais en général les ruelles sont défoncées, et les façades lépreuses, comme il y a 3 ans. Ça et là de nouveaux bâtiments ont grignoté quelques terrains-vagues où auparavant s'amoncelaient des déchets en tous genres. Et de nombreux camions à ordures, modernes en plus!

Des vieux HLM repeints en bleu, vert ou mauve... Spécial.

Nous restons quelques heures à Tbilissi (le temps d'avoir des nouvelles du susdit bagage) puis nous partons pour la campagne où nous avons une maison bien plus "fraîche" que l'appartement de Tbilissi Nous passerons donc de 38 à 29°c. et c'est pas plus mal. L'été, Tbilissi, c'est chaud, surtout quand on vient de Belgique. Alors autant ne pas traîner, et monter 60 km plus haut. D'autant que notre fille nous attend avec impatience.

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La route est rapide entre la capitale et Mtskhêta. En fait, c'est une autoroute toute neuve, et de la voiture nous pouvons observer tous les 500 mètres de (vieilles) femmes balayer ou arroser la berne centrale et ses nombreuses fleurs. Beaucoup de petits boulots, mais aussi beaucoup de grands magasins, beaucoup de concessionnaires ont poussé à la sortie de Tbilissi Mercedes, BMW, Toyota, Peugeot... pas un ne manque. Impressionnant comme la Géorgie s'est modernisée en si peu de temps. Il y a des éclairages partout, et chaque quartier de la ville est alimentée en eau, en gaz et en électricité 24h/24...

Le pouvoir en place avait promis, lors des dernières élections, à ce qu'il y ait non seulement toutes les énergies, mais aussi un réseau gsm de qualité et un médecin pour chaque village du pays. En ce qui concernait la capitale, c'en est pas loin.

En tout cas, de ce point de vue-là. Car un des fléaux en Géorgie, reste la corruption. Après seulement deux jours sur place, c'est trop tôt pour avoir un avis, mais il semblerait que les géorgiens soient assez satisfaits de la situation dans l'ensemble. La police reçoit enfin un salaire et fonctionnerait correctement, ainsi que l'administration, mais la justice et certains ministères seraient encore corrompus ou simplement mal dirigés.

Le salaire moyen a augmenté, autant grâce aux entreprises étrangères que géorgiennes, grâce aussi aux dollars qui pleuvent suite au passage du pipeline BTC, mais ces entreprises ont pas mal soufferts de l'embargo russe de 2006 sur nombre de produits traditionnels, comme le vin et les eaux minérales, très réputés. Le taux de chômage est encore très élevé, les pensions beaucoup trop faibles. Les salaires très inégaux et les protections sociales à peine existantes malgré les traités signés. Mais bon, le monde ne s'est pas fait en un jour, et ça va mieux, mais pas (encore) pour tout le monde. D'où sans doute le gain de popularité pour l'opposition, fin 2007, vainement mais de justesse avec une confiance en Saakashvili renouvelée avec 53% des votes. Un résultat somme toute classique en pays démocratique.

Les problèmes abkhazes et ossètes sont au point mort. De temps en temps des tirs ossètes sur un village géorgien, suivis parfois de tirs géorgiens sur les tireurs ossètes, comme d'habitude. Ou un drone géorgien abattu par l'armée abkhaze, ou un survol de la Géorgie par des avions russes, bref, la routine.15 ans que c'est ainsi.

J'apprends quand même que les russes ont distribué des passeports russes aux habitants d'Ossétie et d'Abkhazie. Ah bon. Les deux provinces séparatistes de Géorgie deviennent de facto russes? Ils sont gonflés, mais bon, les géorgiens se disent que si c'est ainsi que les Ossètes et les Abkhazes veulent protéger leur culture de la Géorgie, en devenant russes ils prouvent qu'ils n'ont rien appris de leur histoire de ces 200 dernières années. Et quand on sait ce qui se passe en Russie sous Routine.

J'apprends aussi que les Russes ont terminé la reconstruction d'une voie de chemin de fer reliant la Russie à l'Abkhazie "pour faciliter l'aide humanitaire"disent-ils.

A part ça, tout va très bien. Je prends quelques jours de vraies vacances en famille. Soleil, montagnes, rivières, la pleine nature, presque inchangée depuis des milliers d'années, c'est magnifique. Le jardin d'une petite chapelle orthodoxe jouxte notre jardin, ce qui empli d' Histoire l'atmosphère des lieux. Et quel temps! Bien sûr, ce serait encore mieux si nous pouvions avoir l'eau courante et l'électricité 24h sur 24 ici aussi... mais nous avons la télé et le satellite, et le courant a fini par être plus stable, ce qui nous a permis de suivre les infos chaque jour (pendant que la piscine des enfants se remplissait lentement, lentement...).

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La guerre arrive. Elle sent déjà. Nous sommes le 1er août.

Aux infos, un soir vers le 1er août, sur une chaîne russe (RTP) on apprend que la population ossète du sud est évacuée vers l'Ossétie du nord (Russie) par autobus entiers. Des femmes, des enfants et des vieillards principalement. Des combats ont semble-t-il débutés entre forces de paix géorgiennes - en poste pour protéger les villages géorgiens en Ossétie du nord - et les milices ossètes (Forces de paix totale en Ossétie : 1/3 soldats russes, 1/3 soldats ossètes, 1/3 soldats géorgiens). La télévision géorgienne annonce la même chose, sans donner de raisons à ces mouvements de population, et pour cause: à priori, il n'y a pas de raisons. Pas plus que quelques mois plus tôt, quand quelques échanges de tir ont eu lieu. Pas plus que depuis 15 ans.

Dans notre village, pas très éloigné de Kaspi, le week-end se termine calmement, les mômes pataugent... en fin de semaine nous partons en Kakhétie, à Tsinandali, pour quelques jours. Magnifique chateau près de Telavi et de Gremi, entouré de vignes centenaires. Les meilleurs vins du monde nous attendent...!

Mercredi 6 août, nous entendons aux infos géorgiennes que des séparatistes ossètes ont attaqué un village géorgien en Ossétie, près de Tskhinvali (capitale de la province séparatiste). Les soldats géorgiens, ayant déjà perdu 3 hommes, répliquent vers les forces séparatistes, tout en demandant à rencontrer le président ossète et le responsable des forces russes d'Ossétie du sud. Ceux-ci ne déclinent pas la demande de discussion en vue d'un cesser-le-feu, mais se disent dans l'incapacité de se rendre à Tskhinvali pour rencontrer les responsables géorgiens: voiture en panne!

Ça commence à sentir mauvais, et les gens en parlent un peu, dans la rue. Mais ce n'est pas trop grave, finalement. Quand on a connu la guerre civile, en 1992, 93 et 94, ce ne sont pas ces quelques échanges de tirs qui font peur.

Le jeudi, 7 août, les forces de paix géorgiennes reçoivent des renforts de l'armée, quelques dizaines de chars et plusieurs centaines d'hommes sont dépêchés vers Tskhinvali, dans le but de déloger les tireurs de la milice ossète qui, entretemps, ont quitté les sous-bois pour rejoindre Tskhinvali. L'armée géorgienne renforce ses positions autour de la capitale ossète, se positionnant entre Tskhinvali et les villages géorgiens, au nord. Ces événements, dans les médias, occupent une place de plus en plus importante d'heure en heure. Ça craint.

Vendredi soir, 8 août, Tskhinvali est occupée à 90% par l'armée géorgienne. Elle avait été désertée de ses habitants (rappelez-vous, c'était il y a 7 jours) et la milice ossète a reculé vers le tunnel de Roki., attendant...

Les quelques chars géorgiens à proximité du tunnel voient alors des dizaines et des dizaines de chars qui en sortent, ainsi que des milliers d'hommes. L'armée russe intervient. C'est le 53ème régiment, bien connu en ex-urss pour avoir envahi l'Afghanistan d'abord, et la Tchétchénie ensuite. Aïe, la guerre commence vraiment... si on peut dire. Les chars géorgiens tirent bien quelques salves vers eux (dont, semblerait-il, des bombes à fragmentations), mais à 1 contre 100... Même les "orgues de Staline" sont impuissants contre une telle armada de blindés.

Les engins russes, appuyés par l'aviation, tirent vers Tskhinvali pour en déloger l'armée géorgienne qui y avait pris position depuis 24h. Le nombre de chars et d'avions engagés par les russes est impressionnant, en quelques heures des quartiers entiers de la ville sont pilonnés, bombardés, et les géorgiens sont contraints de se retirer, laissant derrière eux une ville à 20% détruite par les bombardements russes.

Dans une interview de la télé (russe), Poutine déclare vouloir tirer le président Saakashvili par les c... pour le sortir du pays une fois pour toute. C'est du joli. Il prévoit donc d'envoyer ses chars jusque Tbilissi...

Le samedi, Gori sort d'une nuit d'épouvante: la ville a été bombardée par l'aviation russe, touchant autant d'habitations que d'usines. C'est la panique et, lorsque les chars russes (j'ai toujours tendance à vouloir écrire "soviétiques"...) arrivent à Gori, la ville est déjà presque désertée entièrement. Les chars se positionnent rapidement, et bloquent chaque entrée de la ville. Des check-points sont immédiatement installés: il faut un visa russe pour entrer à Gori. Les milices, suivant toujours l'armée russe de quelques heures, pénètrent dans Gori. Pillages, assassinats, viols, etc... Gori, c'est 30 km au sud de Tskhinvali, en plein centre de la Géorgie. A 60 km de la capitale Tbilissi. Et à 20 km de ma famille. De moi.

Ils ont aussi bombardé d'autres villes de Géorgie, et quelques aérodromes militaires, désaffectés depuis 20 ans pour la plupart. Je n'ai pas les détails, mais j'apprendrai plus tard que les russes se dirigent à la fois vers Poti et et Gori.

De là où nous sommes, nous n'entendons rien de la guerre qui fait trembler la terre entre le Tunnel de Roki, et Gori. Beaucoup de villes et de villages sont bombardés, des forêts et des champs brûlés. Nous sommes entre Gori et Tbilissi, et c'est certains que les russes ont prévu d'aller jusqu'à Tbilissi afin de renverser Saakashvili. Nous hésitons à quitter notre maison de campagne pour Tbilissi où les gens sont tous dans la rue, face au parlement, à manifester leur soutient au président. J'ai très envie de rejoindre tout ce monde.

La télévision russe, pendant ce temps, annonce que "la Géorgie ayant attaqué l'Ossétie du sud, les forces de paix russes ont été contraintes d'intervenir afin d'empêcher un génocide de la part des Géorgiens sur le peuple ossète". Ils parlent aussi de l'aviation géorgienne qui aurait bombardé Tskhinvali avec des bombes à sous-munitions. Ça nous étonne.... Les Géorgiens n'ont pu faire décoller aucun de leurs avions, et pour cause, il n'y en n'a pas. A la télévision géorgienne, nous apprenons rapidement la décision des français de se rendre en Géorgie. Kouchner doit arriver d'ici quelques heures. Rapides. Je contacte l'ambassade de France pour savoir qui est responsable à Tbilissi pour les ressortissants belges. On me donne le numéro du seul officiel belge présent dans la région, qui me confirme ce que pensaient les français: c'est l'ambassade des Pays-Bas qui est chargée de nous rapatrier, au cas où. Je leur laisse nos coordonnées, au cas où.

Nous sommes dimanche matin, et les chars russes ont entièrement encerclé Gori. Des chars, des soldats russes blasés, ivres, et des snipers de-ci, de-là... Quand midi arrive, nous apprenons la mort de journalistes étrangers, un hollandais notamment. Sniper. Je ne sais que penser, nous nous sentons de moins en moins en sécurité. Les quelques soldats russes interviewés par la télé française se moquent des européens comme du reste du monde. Doigts d'honneur, insultes en tout genre destinées aux télévisions occidentales. Et pendant ce temps, la milice ossète nettoie. Grave.

J'appelle à nouveau l'ambassade de Hollande, endeuillée, afin de savoir s'ils organisent quelque chose pour ceux qui souhaiteraient être rapatriés. Je ne sais pourquoi, l'employée de l'ambassade ne cesse de rire. Mon accent anglais? Son accent français? Elle m'explique finalement qu'un autocar prêté par le ministère géorgien des affaires étrangères part vers Erevan ce soir ou demain matin, et qu'on me téléphonera pour m'avertir du lieu et du moment du départ. J'en parle à la famille. On ne sait pas s'il faut rire ou pleurer nous aussi: le voyage Tbilissi- aéroport d'Erevan est risqué, nous n'avons pas de visa pour l'Armenie (pro-russe) ce qui veut dire grosse "surtaxe" douanière. Et puis attente d'un hypothétique avion vers l'Europe... Deux jours? Trois jours? Le tout à nos frais, bien entendu. Quelle organisation...! Nous décidons de ne pas encore quitter le village, nous nous y sentons isolés, mais en sécurité... pour l'instant. Et puis nous sommes surtout optimistes. Surtout les Géorgiens. Je ne peux m'empêcher de penser au pire, mais j'acquiesse: mais tout ira bien. Sarko arrive dans 2-3 jours, Kouchner est là ce soir, les Russes ne tireront pas sur Tbilisi. Pas maintenant.

Nous zappons pendant que ma fille joue chez nos voisins et amis, à 500 m de chez nous. Un peu de détente. La nuit tombe doucement, les chauves-souris géantes sortent de leur abris sans un bruit, il fait bon... Le mot "vacances" semble reprendre du sens, quelques instants.

089Les cinq énormes hélicoptères, lorsqu'ils fondirent littéralement sur le village, venant du nord-ouest, ont fait sursauter toute la famille. Mon épouse risque un regard vers le ciel mais n'arrive pas à savoir s'ils sont russes ou géorgiens. Ils tournent autour de nous, et lorsqu'à mon tour je sors, tentant de les photographier et les identifier, l'un d'entre eux est juste au-dessus de la maison, stationnaire une trentaine de seconde. Je me dis "Si ça tombe (façon de parler) ce sera mon premier face à face avec l'armée russe" et, connaissant leur manière de procéder lorsqu'ils investissent un village, je dois bien avouer que j'en ai des sueurs froides. Bruyant. Ils finissent par repartir, survolant encore longtemps les forets aux alentours.

Même si nous avons appris ensuite qu'ils s'agissait de Géorgiens en retraite, cet événement m'a décidé à rentrer vers Tbilissi dès le lendemain. Ma fille, très impressionnée par son court séjour dans la cave de nos amis qui, ayant eu le reflexe de s'abriter, de protéger les enfants en y descendant rapidement, nous racontent "leur courage"!. Ma fille ne doit pas rester ici. Une expérience de guerre à son age...

Mardi matin, nous reprenons la route pour la capitale. Route très calme, pas beaucoup plus de circulation que d'autres jours. Nous n'apercevons plus les soldats chargés de la protection des ponts au-dessus de la rivière Mtkvari, nous ne croisons aucun blindé, pas même à Tbilissi. Tous ont eu l'ordre de rejoindre leurs bases.

Les Russes, pendant ce temps, bombardent encore Gori, au centre de la Géorgie. Et se déploient tout le long de la route nationale, entre Tskhinvali et Gori, puis entre Gori et Kaspi, au centre de la Géorgie, 45 km au sud de la frontière sud-ossète. En Abkhazie, un deuxième front s'ouvre contre la Géorgie: les chars russes arrivent par centaines via le chemin de fer "rouvert pour raison humanitaire" entre la Russie et la Géorgie Abkhazie quelques semaines plus tôt. De là, les Russes encerclent Poti. Poti, c'est le poumon économique de la Géorgie. Port maritime en Mer Noire situé à plus de 30 km au sud de l'Abkhazie, et à . Malgré les protestations des autorités de la ville, et de nombreuses manifestations des habitants et du maire devant les soldats russes, ces derniers ont fini par couler la totalité des bateaux se trouvant dans le port, rendant tout accès au port impossible, puis bombardé les terminaux pétroliers, ratant leur cible.

91 Mer Noire entre Poti et Batumi.

En Russie, la propagande tourne à plein "régime". Chaque accusation venant des responsables géorgiens (agression disproportionnée, populations pillées, assassinats, déportations et autre génocide) est systématiquement détournée, et à entendre les journalistes russes (ceux qui vivent encore, et qui donc sont aux ordres du pouvoir) les géorgiens sont tous des tueurs barbares sous les bottes des États-Unis. Les "Forces de Paix" russes ne faisant que leur devoir en sauvant les ossètes de la terrible invasion géorgienne! "Des russes sont mis en dangers sur notre territoire, nous avons le devoir politique et moral de les aider. C'est ce que nous faisons." C'est pas stupide. On distribue des passeports russes à tous les "ossètes du sud", on provoque les forces de paix géorgiennes en ossétie, puis on vient porter secours, violant toutes les lois internationales au passage, à la milice ossète. Avec 3.000 blindés et minimum 60.000 hommes à 6h de route, ce sera un jeu d'enfant d'aller "tirer les c... de Saakashvili" (sic Poutine).

Comme machine à diriger la population, l'armée russe est très bien organisée:  d'abord les chars entrent dans le village, pour neutraliser les forces géorgiennes qui s'y trouveraient, ensuite empêchent toute personne, géorgien ou étranger (journalistes ou observateurs OHCR) d'approcher de la zone en plaçant des barrages sur les routes et des snipers tout autour du village. Ils laissent alors entrer les milices ossètes et abkhaze (on y a vu quelques Tchetchenes aussi), qui se chargent des civils : nombreux meurtres, nombreux enlèvements, viols, etc... Et pillages systématiques.

Les observateurs comme les reporters sur place ont pu constater tout cela, et ont relayés ces infos, images à l'appui: des blindés russes quittant le territoire géorgien par le tunnel de Roki, surchargés de machines à laver, de radiateurs, de télévisions et autres objets de consommation. Assis sur leur butin, les militaires russes, bourrés à la Vodka, doigt d'honneur en direction des journalistes européens. Poutine, quant à lui, insulte toujours (ouvertement) le président Saakashvili. Bush n'a pas été aussi vulgaire avec Saddam ou Ben L.

Mardi 12 août, suite. La Belgique et la Hollande, qui ensemble ont une centaine de ressortissants en Géorgie, ne font toujours rien pour leur évacuation. Mais Sarko est là, avec deux avions du ministère des affaires étrangères. C'est finalement avec eux que nous rentrerons en Belgique. Les militaires français ont été d'une efficacité et d'une gentillesse à notre égard, merci à eux. Arrivés à Roissy, nous avons été accueillis par les autorité françaises avec la même attention, la même gentillesse. Médecins, psychologues, etc... Tous aux petits soins. D'accord, dans le contexte, ce sont des détails. Mais je vous assure qu'après tous ces événements, ça nous a fait beaucoup de bien. Un seul point "bof": le consul de Belgique chargé de prendre nos coordonnées à la sortie de l'avion était aussi accueillant et attentionné qu'un gardien de prison.... Fonctionnaire sorti trop tôt de son lit sans doute... C'est vrai, il est 5h du matin. A force, on ne sait plus très bien quoi.


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Saakashvili n'est certainement pas sans tort, c'est évident. Mais ses interventions face aux nombreuses agressions des miliciens et de l'armée russe avant le 7 août (et depuis plusieurs années) sur le territoire géorgien dans la province d'Ossétie ont toujours été minimes, prudentes, et contrôlées. C'est la réaction de Poutine qui fut totalement disproportionnée. De toute manière, même si les soldats géorgiens en Ossétie (rappel: eux aussi Force de Paix) avaient tirés avec un lance-pierre sur un chien errant, les russes en auraient profité de la même manière, envoyant les troupes venger la mort du chien. Le plus important, pour les russes, étaient d'envahir la Géorgie, de renverser Saakashvili pour le remplacer par un pantin semblable à Edouard Kokoïty ("président" ossète) ou Sergueï Bagapsh ("président" abkhase) ou Ramzan Kadyrov (président tchétchène) tous mis en place par Poutine, avant que la Géorgie ne rentre à l'OTAN décision qui devait être prise avant fin 2008.

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Mtskhêta. Vestiges du 1er siècle. Au sommet de la montagne, Djvari, église du 6ème siècle.

 

 

 

Au moment où j'écris ces lignes, 3 mois plus tard, les soldats de Poutine sont toujours présents sur 30% du territoire géorgien. La province d'Abkhazie est devenue russe de facto, pour le plus grand bonheur de la mafia locale (russe) et des propriétaires des villas de la riviera (russes). Quant à l'Ossétie du Sud, cette province inventée du temps de Staline, elle a été vidée de tous ses habitants géorgiens pour n'y laisser que les citoyens d'origine russe (d'Ossétie du Nord) et leurs descendants, installés là il y a 70 ans.

Faisant suite aux accords signés en août par Medvedev et Saakashvili, et sous les injonctions (timides) de l'Europe et des Etats-Unis, ainsi que de l'ONU, les autorités russes devraient permettre aux habitants déplacés durant le conflit de regagner leur maison (vide). Ce n'est toujours pas fait. Les différentes armées et milices devraient regagner leurs positions d'avant le 7 août. Ce n'est toujours pas fait côté russe: les régions frontalières avec l'Abkhazie sont encore occupées à ce jour, et des tirs de snipers sont régulièrement observés par l'OHCR, et ce jusqu'à Zugdidi, à 10 km de la province abkhaze. Une partie de la province mengrele est aussi contrôlée par les russes. Les observateurs européens devraient avoir accès aux régions séparatistes, mais au lieu de cela, ils sont refoulés aux frontières "devenues russes", au même titre que tout ceux n'ayant pas de visa russe.

Ce soir, je lisais encore un article sur les manifestations anti-gouvernement russes, ayant eu lieu aujourd'hui encore, manifestations évidemment interdites puis réprimées par Moscou. Et qui diabolisait les "répressions" de Saakashvili et de sa police, chargée d'empêcher les manifestants de commettre des actes violents, autour du Parlement lors des manifs d'opposants fin 2007? Ces mêmes personnes qui ont des intérêts en Russie, apparemment. Tant de choses sont critiquées par nombre de mécontents ou juste ignares: lorsque Saakashvili se fait élire avec 53% des voix, c'est assimilé à un échec plutôt qu'à un succès. Sarko s'est fait élire avec 53,06%, et Obama avec 52,6%. En 2004, Saakashvili avait obtenu plus de 90%, suite à la révolution des roses. Là, il a été critiqué en occident par nombre de journalistes: 90%, c'est louche!

Kasparov, le maître d'échecs, qui s'essaie à la formation d'un nouveau parti d'opposition, avec le soutien de nombreuses autres personalités. "Solidarité" qu'ils ont appelé ce nouveau parti. Poutine ne laissera pas faire. Affaire à suivre...

En octobre, un ex-journaliste de la rtbf devenu sénateur écolo, accompagné par une sénatrice MR, s'est rendu en Ossétie. De leur voyage, ils nous ont ramené un témoignage type, tel qu'on pouvait en entendre du temps de Brejnev lorsqu'un occidental revenait de Moscou. (Les soldats géorgiens ont rasé Tskhinvali, assassiné 2000 ossètes, etc...)

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Ce qu'il faut savoir : personne ne rentre en Ossétie, pas même (surtout pas, devrais-je écrire) les observateurs de l'OHCR. Les journalistes sont simplement refoulés, quand on ne leur tire pas dessus. Ce que ce sénateur a réussi à entreprendre, c'est de se faire guider par des militaires russes (seule possibilité pour visiter l'Ossétie), soutenus par les témoignages de quelques "civils" ossètes. Je pense que jamais ils n'ont demandé à connaître la version géorgienne. Tout ce qu'ils ont rapporté comme info n'est que la propagande russe circulant depuis des mois, voire des années, dans tous les journaux moscovites. Les maisons sois-disant ossètes, sois-disant pillées par les géorgiens...! Faites-moi rire! La moitié des maisons détruites qu'ils ont vues l'ont été lors de la première guerre séparatiste, et le reste sont des maisons d'habitants géorgiens chassés entre 1994 et 2008, et les maisons détruites par les milices ossètes après la retraite des soldats géorgiens, et pour cause puisque ces villages sont géorgiens. Les habitants, trop vieux pour partir ou ne sachant où aller et qui n'ont par conséquent pas fuit après la retraite de l'armée géorgienne ont eux, par contre, du subir la présence des russes, puis des milices diverses (Abkhazes et Ossètes, toujours sur les pas des blindés russes) et en effet, qui sait ce qu'ils et elles sont devenus. Réfléchissez... c'est clair qu'en 24h, sous le feu russe, ils n'avaient que ça à faire les soldats géorgiens. C'est bien connu aussi que les géorgiens sont des horribles tortionnaires sous les ordres du tyran Saakashvili, l'ami de Bush, et Poutine un grand bienfaiteur démocrate libéral qui a envoyé des missionnaires construire des routes, des écoles et des magasins de jouets en Tchétchénie depuis 10 ans !!! Même les géorgiens en rient, comme ils en riaient déjà sous Staline (rire jaune).

Militaires américains présents en Géorgie, c'est pas nouveau ! Les russes ont l'air de s'en offusquer depuis... le 10 aout!

Lien : http://www.regard-est.com/

Et la journaliste belge envoyée par la télévision vers le 14 août, et qui n'a pas quitté Tbilissi mais racontait des inepties basées sur les dires récoltés dans les rues de la capitale, au hasard de ses rencontres. Ce ne sera pas son témoignage qui aidera à contredire les deux autres clowns! Par contre, je tire mon chapeau à France 2 et France 24. Leurs journalistes ont été à Gori ou Poti dès les premiers jours du conflit, ont tenté de rentrer en Ossétie, ont interviewé des civils et des militaires des deux camps, et sont revenus en France avec des reportages qui, eux, étaient honnêtes, impartiaux.

Bien entendu, il y eut des fautes commises des deux côtés. Mais comme je l'expliquais plus haut, même si l'armée géorgienne n'était pas intervenue, Moscou aurait agit tôt ou tard. Cette guerre était planifiée depuis plus de 4 ans par Poutine: trop de vieux intérêts russes dans le Caucase du Sud, capitaux pour Moscou, et ce petit président géorgien de ce minuscule pays n'allait pas être plus difficile à renverser qu'un autre! Tout analyste vous expliquera aussi que l'engagement d'une telle armée sois-disant pour défendre les civils ossètes - rappel: devenus citoyens russes en territoire géorgien, par décision russe... - n'était pas destinée à la seule Ossétie, ni même à l'Abkhazie, mais aurait du envahir l'entièreté du territoire géorgien, ainsi que l'Azerbaidjan. Ils auraient pu y parvenir en quelques jours sans l'intervention ultra-rapide de l'Europe et des menaces étasuniennes. Ces soutiens, c'est le travail remarquable de Saakashvili ces dernières années qui les ont rendues possibles.

Moscou pensait aussi que l'opposition géorgienne allait les soutenir. Et bien non! Non seulement Saakashvili est soutenu par l'opposition, qui renoue ses relations avec le pouvoir, il l'est aussi des États-Unis, de l'Europe et... du reste du monde (sauf Shavez... et De Gucht!). Bien entendu, alors que la situation se "stabilise" un peu, l'opposition au président Saakashvili reprend ses vieilles habitudes, critiques diverses florissant à nouveau dans leurs discours. S'ils ne peuvent attaquer la présidence pour ses actions d'après le 7 août, ils s'en prennent à la cause du conflit en relayant ce que tout le monde peut croire: que c'est Saakashvili qui a ordonné cette guerre contre l'Ossétie. Comme vous l'aurez compris (j'espère), c'est pas si simple.

Vous l'aurez compris, à travers ce récit je tenais à remettre les événements à leur place, prenant parti sans aucun doute, sans aucune hésitation. Comment pourrait-il en être autrement? Au risque de me répéter, comment pouvez-vous imaginer une seule seconde qu'un petit pays (4,500,000 habitants sur un territoire grand comme le Benelux) puisse déclarer la guerre à la Russie, qui en comprend 200x autant, et avec une capacité militaire plus de 5000x supérieure?

J'aurai plaisir à tenter de répondre à vos interventions, éclaircir certains points. J'aurai le même plaisir à répondre à ceux qui doutent encore que la Russie, en 2008, soit capable d'engager une guerre contre un état souverain de la même manière qu'ils le firent en Tchétchénie. Poutine n'a pas de morale. Poutine est un kagébiste. Poutine est un assassin. Point.

Dans cette guerre, il aura fait des centaines de morts, mais aussi entre 120.000 et 150.000 personnes déplacées.


A lire aussi :

http://bruxelles2.over-blog.com/

http://www.europarl.europa.eu/


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