12/06/2009

« Il n'ya pas de crise politique en Géorgie »

Ce mercredi les nouvelles se bousculent à Tbilissi. Sans faire de tri profond, en voici un résumé.

Philip H. Gordon, le Secrétaire d'État adjoint pour les affaires européennes et eurasiennes, est arrivé des Etats-Unis avant-hier soir à Tbilissi où il s'est entretenu d'abord avec trois leaders de l'opposition. Mr Gordon a insisté pour que le processus de contestation puisse aboutir à un dialogue démocratique entre le parlement et l'opposition qui, de son côté, a confirmé qu'il n'y aura pas de dialogue possible tant que Saakashvili n'admet pas l'idée qu'il y a "crise politique" en Géorgie, et qu'il n'accepte pas de démissioner. Têtus. Alors les manifestations continuent.

Insistant par ailleurs sur l'importance d'une stabilité politique, bonne pour l'aspiration de la Géorgie à rejoindre les institutions euro-atlantiques, il a aussi ajouté, à l'adresse des journalistes présents : "Nous apprécions aussi l'exemple que le gouvernement a montré en traitant ces protestations sans intervenir. (...)

Mikheil Saakashvili : "Il n'y a aucune crise politique en Géorgie," a-t-il dit à une réunion télévisée en direct avec des membres de cabinets. "Quels sont les signes de crise politique? C'est le cas lorsque le gouvernement est désagrégé, comme cela fut le cas à l'époque Shevardnadze. Alors, le gouvernement ressemblait à un cirque, avec ses membres se disputant les uns les autres et incapables de prendre des décisions. Rien de tout cela n'arrive plus maintenant ; on consolide le gouvernement. Ce signe de crise politique est absent. Le deuxième signe de crise politique: quand l'économie s'effondre totalement, avec le gouvernement qui ne peut distribuer les pensions et les salaires. Nous n'avons pas ce signe non plus."

Home Freedom squarefreedom square - Tbilissi - 10 août 2008

Pour revenir sur les leaders de l'opposition radicale, il y a un texte à lire, incontournable. Il s'agit d'un exposé que Nino Burjanadze (féroce opposante proche des russes, selon ...) a commis à Ottawa à l'époque où elle était présidente du parlement géorgien, en 2007. Comme il fait 5 ou 6 pages, en voici le lien et un extrait :

"Notre conférence a pour thème clé la démocratie et la promotion du développement démocratique dans le monde. Permettez-moi de souligner d’entrée de jeu que la Géorgie, pays en transition situé dans une région turbulente, aux jeunes institutions démocratiques encore fragiles, connaît mieux que quiconque toute l’importance de la démocratie pour bien orienter le développement d’un pays, pour établir un système d’affaires internationales juste et pour garantir la sécurité de tout petit État.

En cette ère de mondialisation, il est évident que l’instabilité dans une région du globe aura inévitablement des retombées négatives à l’échelle internationale. Dans de telles conditions, on ne peut arriver à un environnement sûr et stable qu’en élargissant l’espace démocratique commun. À cette fin, la communauté internationale ne devrait ménager aucun effort pour aider les États en transition qui veulent faire partie intégrante du monde démocratique. Bien entendu, ce processus est très difficile, car les jeunes démocraties sont pour la plupart fragiles. Mais c’est justement ce pourquoi des acteurs extérieurs ont probablement un rôle crucial à jouer pour ce qui est de faciliter la transformation démocratique de pays en transition."

La suite est de plus en plus intéressante, surtout sachant qu'à présent, elle agit dans le but d'obtenir ce qu'elle dénonçait il y a deux ans, avec les moyens qu'elle considérait elle-même comme très dangereux pour la stabilité non seulement du pays, mais de toute la région, au mieux, refusant tout dialogue avec la majorité parlementaire. Je pense sincèrement que cette "honorable Nino Burjanadze" est dangereuse.

Dans un pays civilisé quelconque, France Japon ou Argentine, de telles provocations auraient déjà été sévèrement sanctionnées. Mais ici, Burjanadze et les autres leaders de l'opposition radicale, jouant le jeu des russes sans jamais l'avouer, sait qu'elle est libre d'agir contre le gouvernement tant que celui-ci n'intervient pas, ne peut intervenir.

Les occupants russes sont prêts, à moins de 200 km de la capitale, pour intervenir, eux! D'autant que les observateurs de l'ONU doivent se retirer le 15 juin puisqu'aucun ordre de prolongation n'a été décidé à l'heure où j'écris ces lignes.

" Ce n'est pas un bon signe quand la Russie envoie ses chars T-90 et ses hélicoptères en Ossétie du Sud et en Abkhazia. C'est soit une tentative de pression soit une préparation pour une nouvelle guerre. Dans cette situation il est très important que des forces politiques réussissent à s'unir." (ancien représentant de l'Union Européenne en Géorgie, Denis Corboy, en connaisseur)

Extrait vidéo : les Russes en villégiature à Poti, 13.08.2008


Mais le Parlement géorgien reprend ses sessions aujourd'hui, sous l'ordre du Président, après deux mois de blocage par les mouvements de l'opposition radicale. La démocratie reprendrait-elle enfin ses droits?

D.P.

20/05/2009

Madame Bourdjanadzé se sent personnellement visée...

Madame Bourdjanadzé se sent personnellement visée et compte porter plainte à Strasbourg contre Saakashvili.

La leader du parti d'opposition "Mouvement démocratique-Uni" Nino Bourdjanadze, qui est aussi ancienne présidente du Parlement, accuse le président Saakashvili d'avoir tenté de nuire à sa dignité et sa réputation, et compte porter plainte en justice, à Strasbourg.

Sic : "Au cours de la réunion entre les autorités et l'opposition (le 11 mai dernier, en huis-clos), Saakashvili a imaginé des allégations totalement absurdes que moi, Nino Burjanadze, je suis une exécutrice de l'intérêt de la Russie et un leader politique financé par la Russie", a dit Burjanadze. "La société a appris cela de Salome Zourabichvili (autre leader d'un parti d'opposition radicale, qui a assisté à ces mêmes entretiens avec Saakachvili), qui a révélé les allégations du Président lors de sa conférence de presse."

Dans ses discours publics ou ses remarques, le président Saakashvili n'a pas révélé d'accusations de ce type contre Nino Burjanadze. Il a uniquement répondu lors d'une interview accordée à Newsweek, il y a quelques semaines, je cite: " Qui parraine l'opposition géorgienne?" -
" La plupart de l'argent, des millions de dollars, provient de l'oligarchie russe. Je possède les documents qui le prouvent, que je n'ai pas encore rendus publiques. La question de savoir si l'argent est envoyé de Russie sous la supervision du gouvernement russe, cela je ne le sais pas encore." Bien entendu, Madame
Bourdjanadze a du se sentir visée !

Les leader radicaux, décidément, ne parviennent plus à mobiliser toute l'attention dont ils auraient tant besoin pour continuer leurs manifestations. Les membres de l'opposition parlementaire, quant à eux, ayant accepté le dialogue avec le gouvernement, ont de quoi faire. Ils ont une constitution à modifier, des lois électorales à refaire... Voilà qui est plus constructif !

Quelle sera l"étape suivante, pour la Russie? Personne n'est pressé de le savoir. Mais on en reparle bientôt.

D.P.

11/04/2009

L'opposition en échec après les manifestations.

 

L'opposition en échec après les manifestations.

Après les manifestations ayant duré 3 jours, les plus radicaux des leaders de l'opposition et les quelques 50.000 personnes les ayant suivis devant le Parlement, ont vu leur demande de démission du président Saakashvili, bien entendu, refusée.

Mikheil Saakashvili, lors d'une locution télévisée, a proposé aux parlementaires membres de l'opposition, qui refusent de participer aux débats du Parlement depuis plusieurs mois en signe de protestation, à rouvrir le dialogue, mais ni en public (faisant référence à la demande de l'opposition d'organiser un "show télévisé" pour tous les partis) ni simplement autour d'une table, mais bien au sein du Parlement, endroit où doit s'exprimer la démocratie.

Les manifestations se sont déroulées dans un calme exemplaire. Il n'y a eu aucune provocation ni d'un côté ni de l'autre, et les forces de l'ordre ne sont intervenues que dans quelques cas de désordres publics sans conséquences.

Mais les provocations étaient situées ailleurs : sur la scène faisant face aux manifestants, les leaders de l'opposition se relayaient pour diffuser leurs slogans aussi variés que possible, passant du "Micha Dehors !" au "Dehors Micha !". et en cela rien à dire puisque c'est pour cela que les mécontents étaient dans la rue.

Mais, pour vous dire combien le niveau d'éducation de certains responsables de partis d'opposition est élevé, nous avons aussi pu entendre crier dans la sono, résonnant dans toute la Géorgie et au-delà, "Micha, on n... ta mère" et autre marque d'inamitié du même acabit que je ne me permettrai pas de vous retranscrire ici. Et ce sont ces gens-là qui voudraient prendre le pouvoir? A présent, on comprend qu'ils aient refusé tout dialogue avec le gouvernement : ils doivent être rapidement en manque d'arguments!

Mais pourquoi, dès lors, autant de citoyens ont répondu à leur appel à manifester? Il semble évident qu'une large part de ces citoyens se disent mécontents des politiques du gouvernement, et verraient bien un autre président que Saakashvili à la tête du pays, mais ne pourraient faire un choix valable parmi les têtes de l'opposition. Beaucoup d'entre eux, aujourd'hui, comprennent qu'il n'y a pas grand chose à attendre d'une opposition qui se refuse à faire connaître son programme politique et/ou économique avant que d'être... au pouvoir.

Non, sincèrement, comment pourrait-on imaginer que le représentant d'un pays possédant une telle histoire, une telle richesse culturelle, puisse être à ce point sans éducation?

Mikheil Saakashvili a été élu il y a un peu plus d'un an. Son mandat est de cinq ans. Les prochaines élections auront lieu en 2012 comme prévu par la constitution. Il n'y a aucune raison, ni ici ni ailleurs en démocratie, d'organiser un quelconque referendum sur ce sujet parce qu'une opposition refusant le dialogue tel que la législation le prévoit en fait la demande. Si des articles de la constitution, basée sur les textes de l'indépendance de 1921, doivent être modifiés, c'est au parlement d'en débattre.

Si l'opposition utilise au parlement les mêmes arguments avec le même vocabulaire que lors des manifestations de ces derniers jours, il y aura des jeunes sténos qui vont rougir, c'est certain!

D.P.


L'occupation militaire russe continue malgré l'accord de paix.

TIMES ONLINE 11 AVRIL

À un point de contrôle militaire qui ne devrait pas exister, un lieutenant russe a fait des excuses pour son incapacité d'offrir un bon thé. "Nous n'avons pas d'électricité pour l'instant" a-t-il dit en guidant les journalistes du Times vers un bâtiment fortifié derrière la frontière non reconnue entre la Géorgie et sa région dissidente d' "Ossétie du Sud".

Au moins trois chars russes sont enterrés autour du point de contrôle, sur une route de montagne étroite menant à la ville d'Akhalgori, leurs canon face au sud, vers Tbilissi. Huit mois après que le Président Medvedev ait signé un accord de paix pour un cessez-le-feu avec la Géorgie, en août dernier, l'occupation militaire russe continue. L'accord négocié par le Président Sarkozy exige que toutes les troupes se soient retirées aux positions antérieures au 7 août.

Bien que faisant partie d' "Ossétie du Sud", la zone d'Akhalgori était sous le contrôle de la Géorgie lorsque la guerre a commencé. La plupart des habitants de la ville et des villages environnants étaient Géorgiens. Akhalgori est maintenant sous la ferme autorité des séparatistes ossètes, soutenus par les militaires russes. Des troupes russes stationnent près du point de contrôle ou surveillent les postes d'observation protégés par des sacs de sable, et comme les hommes de la milice Ossète, ils inspectent les voitures traversant la frontière.

Le mot "Russia" a été peint sur une barrière de sécurité placée à travers la route. Installée dans une tranchée derrière le point de contrôle, l'Armée russe a placé des tentes camouflées et trois longues rangées de baraques portables qui fournissent le logement aux soldats. À l'intérieur d'une des cabines peu meublées, un jeune lieutenant a insisté pour que les civils, tant le géorgien que l'ossète, aient passé librement la frontière pour négocier des marchandises et rendre visite aux familles.

L'observatoire des droits de l'homme a constaté les choses très différemment en novembre, accusant la Russie de ne pas empêcher les milices ossètes "permettant l'attaque de Géorgiens ethniques dans Akhalgori".

Les véhicules avec des plaques d'immatriculation géorgiennes sont vraiment passé par le point de contrôle, bien que les soldats aient défendu notre journal d'entrer à Akhalgori. Les russes sont aussi interdit une équipe de la Mission de Contrôle de l'Union Européenne, une force à 200 surveillants du cessez-le-feu.

Steve Bird, le porte-parole de la mission en Géorgie, a dit que les moniteurs avaient reçu des rapports que des fermiers géorgiens étaient dans l'incapacité de passer les points de contrôle pour atteindre leur terre, qui a été prise par les milices ossètes. Les moniteurs ont intensifié les patrouilles cette semaine après l'enregistrement d'une augmentation de mouvements de troupe russes près de la frontière qui a coïncidé avec le début de protestations d'opposition dans Tbilisi.

Tandis que, reconnaissant que la Russie casse le cessez-le-feu, la communauté internationale apparaît vouloir insister sur ce point. L'OTAN a rétabli ses relations avec la Russie le mois dernier, qui avaient été suspendues pendant la guerre, et le Président Obama a fait comprendre que, tandis que lui et M. Medvedev n'étaient pasd'accord sur l'invasion de la Géorgie, sa priorité était d'améliorer les liens avec Moscou.

M. Bird a dit que la priorité était de mettre en oeuvre les mesures acceptées pendant des négociations récentes en Suisse. "Nous étions très clairs: leurs points de contrôle ne sont pas en au bon endroit!" a-t-il dit. "Nous faisons toujours pression sur eux pour qu'ils reculent mais les russes ont décidé que c'est un point stratégique, et y a mis beaucoup de troupes. Les Géorgiens y ont mis beaucoup de troupes aussi."

Le Kremlin voit des choses différemment, soutenant que M. Medvedev a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud après la guerre et que la Russie a un accord bilatéral en rapport aux troupes stationnées sur son territoire. La Russie a placé 3,800 hommes en 'Ossétie du Sud' et l'autre région dissidente de Géorgie, en Abkhazie.

A lire sur le site du Times

02/04/2009

Opposition : le manifeste

 

La manifestation anti Saakashvili devrait se dérouler "à partir du 9 avril"...

La manifestation des partis opposants, annoncée depuis plusieurs semaine, le temps nécessaire pour rassembler une opposition divisée, devrait débuter le 9 avril pour se terminer... lorsque le président Saakashvili aura démissionné.

L'opposition, très contestée en Géorgie, mais aussi dans la diaspora, en Belgique comme ailleurs, prétend être prête à renverser le pouvoir "à tout prix, dans les limites de la législation". Mais lorsqu'on lit le "manifeste" publié il y a peu sur le site civil.ge, on peut comprendre à quoi il faut s'attendre durant la manifestation et aussi prévoir ce qui peut se passer en cas de succès, s'ils obtiennent la tenue de nouvelles élections (les dernières élections présidentielles ont eu lieu il y a 15 mois), et s'ils les gagnent bien entendu.

Pourquoi cette manifestation?

Ce que l'opposition reproche au gouvernement actuel, ce sont surtout les "erreurs" dans les gestions des différentes crises qui secouent le pays depuis deux ans. La crise d'août et l'agression russe bien sûr, mais aussi les crises antérieures dans les relations Russie/Géorgie avec le blocus des produits vinicoles et agricoles e.a., crise du gaz, et, pour terminer, la crise financière actuelle. Le ministère de la justice ainsi que la liberté de la presse sont de même critiqués par les opposants.

Souvent vous avez pu lire sur ce blog l'avis que l'on peut avoir à propos de la gestion du pays depuis ces 4 ou 5 dernières années. Le bilan, pour de nombreux observateurs, est nettement positif. La corruption sous Shevarnadzé était telle qu'il semblait impossible de l'éradiquer. Aujourd'hui, dans le classement mondial en la matière, la Géorgie se positionne bien avant certains pays d'Europe. La police et la douane, les fonctions publiques en général ont été totalement réorganisés. D'autre part, les infrastructures et les énergies, l'armée, les transports, les soins de santés et la mutuelle, la cultures, toutes ces choses qui n'existaient plus depuis 15 ans ont été les priorités du gouvernement Saakashvili, et à présent que ces projets sont devenus réalité, l'opposition critique tout ce que le gouvernement n'a pas encore pu réaliser, ou pas encore su corriger.

On peut critiquer aussi le président géorgien d'avoir cassé les relations avec la Russie. Là aussi, le débat n'a pas de sens. La Russie ne laissant aucun choix. Saakashvili n'a jamais eu l'intention de rompre avec les Russes. Mais ne garder que des relations commerciales avec ceux les ayant vexé, puisqu'ils avaient des vues nettement plus larges sur le Caucase, leur soutien aux séparatistes ne pouvaient aboutir qu'à des problèmes sérieux.

De la responsabilité de Saakashvili ou de Poutine dans la guerre d'août, nous pouvons affirmer aujourd'hui qu'elle était souhaitée, prévue, organisée et enfin provoquée par Poutine. Saakashvili est sans nul doute tombé dans le piège. La question qu'il faut se poser, c'est ce qu'il aurait pu faire pour éviter la guerre sans perdre définitivement non seulement les territoires géorgiens séparatistes, mais aussi ses désirs d'Europe. Car une chose est certaine, la Géorgie ne veut en aucun cas se retrouver sous le giron russe, et en cela on doit pouvoir les comprendre!

L'opposition actuelle, née d'une très petite part de la population que les réformes n'ont pas encore (suffisamment) touchés, mais initialisée par des anciens membres du gouvernement déçus d'avoir perdu leur poste et leurs privilèges pour la plupart, ensuite rejoints par des politiciens ou diplomates ayant une vision nettement pro-russe et qu'on peut soupçonner de vouloir manipuler tout le monde à des fins kagébistes, cette opposition donc profite d'une situation rendue instable suite à la guerre pour tenter de renverser Saakashvili, et récupérer ainsi les voix de ceux qui ont été touchés directement ou indirectement par le conflit.

Pas très constructive non plus, l'opposition. Aucun programme électoral, aucun projet d'avenir. Uniquement des critiques, des provocations, des effets d'annonces la plupart du temps. Mais un manifeste a été publié, qui concerne la manifestation du 9 avril.

Le voici, un peu complété par quelques indispensables remarques...

Manifeste de l'opposition

www.Civil.ge

Les autorités ont récemment mis le développement de l'État dans une impasse. Le pays est en état de profonde crise politique (provoqué par l'oppostion), économique (dégats dus à la guerre ajoutés à la crise économique mondiale) et sociale (depuis 20 ans, mais ça va très nettement mieux. Les gens ont la mémoire courte. Comment vivaient-ils il y a 10 ans à peine?). Les violations ininterrompues des droits de l'homme par les autorités (effet d'annonce); infractions sur les droits de propriété privée (corruption que Saakashvili tente d'enrayer définitivement); le plongeon du pouvoir judiciaire dans la sénilité (réformes prévues pour les 2 prochaines années), et la Géorgie a déclenché le désespoir et le nihilisme, aussi bien que la crainte d'une grande partie de la population suite à la provocation militaire mise en scène et amorcée par la Russie en août 2008 (...l'opposition aurait fait mieux, c'est certain!..).

La démission de Mikheil Saakashvili et la tenue des premières élections présidentielles sont exigés (Ils rêvent, dans la mesure où les dernières élections présidentielles ont eu lieu il y a 15 mois, déjà avancées à cause de l'opposition, et que Saakashvili a gagnées presque facilement) tout d'abord pour sauver l'avenir du pays (On attend encore leur programme. Inexistant.)

Seulement ensuite il sera possible de construire un état démocratique, légal, où l'autorité de la loi sera établie, le pouvoir judiciaire sera indépendant et juste et les droits fondamentaux de chaque citoyen seront protégés (ce qui n'est déjà pas le cas dans ce manifeste! Ca commence fort!) .

Nous réaffirmons que le 9 avril 2009, nous allons lancer une manifestation de protestation pacifique (10 membres de la formation de Burjanadzé ont été arrêtés pour achat d'armes illégales...) qui nous permettra d'obtenir de Mikheil Saakashvili sa démission du poste de président, et la tenue d'élections présidentielles.

Nous affirmons également que:

  1. Cette manifestation de protestation exprime la volonté de la grande partie de la population du pays (réunis avec peine, cela représente actuellement 25% de la population);

  2. La manifestation sera pacifique et aura lieu dans les limites de la Constitution (on verra);

  3. Nous allons agir en conformité avec la volonté du peuple et avec l'accord du peuple (exprimé comment?);

  4. Les plans d'action des groupes de la société civile et les forces politiques participant au rassemblement seront organisés et coordonnés avec les autres;

  5. Nous, fidèles à ce manifeste, nous nous engageons à respecter et coopérer avec les politiciens, les groupes politiques et les représentants de la société qui participent à ce rallye. (ceux qui ne participent pas, on ignore leurs demandes? Et si il n'y a obéissance que vis-à-vis d'eux-même on arrivera à l'anarchie totale!) Dans le même temps, nous vous proposons une co-participation dans le processus de construction d'un état libre et démocratique, à tous les supporters et les membres des autorités présentes qui partagent nos aspirations, en temps opportun (Rêvent-ils d'un gouvernement sans opposants, avec des postes uniquement pour leur pouvoir? Ils reprochent ça au gouvernement actuel, alors que c'est l'oppostion qui a fait le choix de quitter le parlement, contre l'avis de celui-ci! Après une manif anarchique, on aura droit a une dictature ?)

Nous croyons que notre pays va prendre le chemin du développement démocratique dans un avenir proche (Ce n'est pas le cas actuellement?) en raison d'un sage, raisonnable (après l'achat d'armes), unie et des actions ciblées (par les Russes?), ainsi que grâce à l'appui de la communauté internationale (il n'y a aucun appui connu. Tout juste une tolérance démocratique obligatoire).

Conclusion provisoire :

La démocratie, la connaissance de ses droits et ses devoirs, tout ce que nous connaissons en Europe occidentale, est encore un problème pour l'opposition. Elle est frustrée de ne plus faire partie du pouvoir ou du contre-pouvoir alors qu'ils s'en sont exclu eux-même. Parce qu'incapable d'avoir été une bonne opposition au sein du parlement, préférant critiquer le pouvoir depuis leur fauteuil chez eux, devant la télé toute la journée, en rejetant ses propres fautes sur le gouvernement en place, ou disant à qui veut entendre qu'ils auraient mieux fait s'ils étaient au pouvoir.

Que ce soient Bourjanadzé, Alasania, Gamsacourdia (fils) ou les autres, il s'agit plus de problèmes d'égo, de rancunes et de vengeances personnelles que de désir de changer le pays. Nombre de responsables de l'opposition sont d'anciens membres du gouvernement ou du parlement qui, profitant des difficultés actuelles (crises) pour essayer de convaincre les géorgiens que tout est la faute du pouvoir en place, et en cela probablement guidés par une Russie multiprésente dans l'opposition, provoque la présidence et sappe le moral du peuple.

Mikheil Saakashvili n'a plus rien à prouver quant à ses capacités à gouverner. Ce qu'il a réalisé en 5 ans de pouvoir est gigantesque lorsqu'on compare l'état actuel du pays à la période Shevarnadze. Même s'il a fait nombre d'erreurs, personne n'aurait gouverné ce pays aussi efficacement que lui. Y compris dans sa gestion de l'attaque russe d'août. L'opposition n'aurait certainement pas tenté une contre-attaque, n'aurait pas demandé l'aide de l'Union Européenne, et les territoires séparatistes seraient actuellement russes sans que soient reconnue aux yeux du monde comme agression aux lois internationnales l'invasion des territoires géorgiens par la Russie.

D.P.

Source : Civil.ge

A lire aussi, les déclarations de Mikheil Saakashvili à propos de la manifestation sur le blog du Journal du Dimanche (France)

 

 

24/03/2009

Enquête sur l'achat d'armes illégales par des membres de l'opposition

Enquête sur l'achat d'armes illégales par des membres de l'opposition :

A quinze jours de la manifestation anti-Saakashvili, l' "affaire" prend une dimension politique.

Différents commentaires :

Les députés géorgiens ont exprimé leur position quant à la détention des membres du parti de Nino Burjanadze. Huit personnes ont été arrêtées pour suspicion d'achat d'armes illégales lundi. L'opposition exhorte le gouvernement de faire participer toutes les parties à l'enquête en vue d'augmenter la confiance de la société au processus.
« Nous devons savoir s'il s'agit d'une compilation de faits ou si nous sommes face à une criminalité réelle. C'est pourquoi nous recommandons au gouvernement de permettre à tous les parties politiques de s'impliquer dans le processus d'enquête, dit le chef du Parti démocrate-chrétien Giorgi Targamadze.
Un autre député de l'opposition, Petre Mamradze dit que le niveau de confiance du public pour le gouvernement est si faible que personne n'a cru à l'authenticité des preuves vidéos publiées par le ministère de l'intérieur.
Le gouvernement a également fait des observations sur la détention de membres du parti de l'opposition. Petre Tsiskarishvili a dit qu'il était dommage que certaines personnes aient voulu répéter le scénario des années '90, 18 ans plus tard. Tsiskarishvili remercié les enquêteurs pour l'application de la loi en vigueur et le succès des travaux.
Giorgi Gabashvili nous dit aussi que l'acte d'achat d'armes illégales va au-delà de la ligne qui détermine les positions politiques d'une organisation politique.
«Il ya une ligne de démarcation après laquelle les positions politiques ne font pas de différence, c'est lorsque les gens achètent des armes. Je suis sûr que ces gens ont leurs plans et leurs propres visions de comment doit vivre ce pays. Je voudrais demander au ministère de l'Intérieur de protéger nos citoyens contre de tels groupes criminels, »a déclaré Gabashvili

Commentaire de Gamsakhurdia fils:

Le fils du premier président de Géorgie, Tsotne Gamsakhurdia, recommande à Mme. Burjanadze, la leader du parti d'opposition "Géorgie Unie", d'exercer ses dons dans un autre domaine que la politique. Gamsakhurdia dit que le conflit armé à l'intérieur du pays n'a rien apporté de bon en Géorgie il y a 20 ans; et qu'une semblable situation politique est inacceptable. Les experts indépendants devraient examiner les détails des affaires et conclure ce qui était le but du processus. C'est un peu drôle et ça ressemble à un comportement de quelques personnes malades que j'ai vues, dont plusieurs drogués avec plusieurs centaines de mitrailleuses organisant un mauvais coup, a encore dit Gamsakhurdia.


 

23/03/2009

Les evenements qui secouent Tbilisi

La Présidente de l'OSCE en réunion avec le ministre des Affaires étrangères géorgien.

 

La Présidente de l'OSCE en exercice, la ministre grecque des Affaires étrangères Dora Bakoyannis dit qu'une somme très intensive de travail sera nécessaire pour parvenir à un consensus sur l'extension de la mission de l'OSCE en Géorgie et ce consensus doit être basée sur l'indépendance, l'intégrité territoriale de la Géorgie et de ses valeurs fondamentales.

La visite officielle en Géorgie de Mme Bakoyannis est payante. Elle a tenu une réunion d'information après la réunion le ministre des Affaires étrangères Grigol Vashadze.
Les discussions ont porté principalement sur la nécessité de parvenir à une solution de consensus permettant la poursuite de la présence de l'OSCE en Géorgie. La vérité est que la situation sur le terrain demeure instable, ce qui implique différents risques et défis qui doivent être abordés. Ainsi, je crois fermement que nous avons besoin de plus et pas de moins de présence de l'OSCE dans la région. C'est la priorité de la présidence grecque. Nous nous sommes engagés à essayer vraiment quelque chose de difficile et nous le faisons depuis le tout premier moment où nous avons pris la présidence, a ajouté Madame Bakoyannis.

D'après Rustavi2

 

Les dirigeants de l'opposition accusent le gouvernement de "répression politique"

Les dirigeants de certains partis d'opposition réunis dans le bureau du Défenseur public pour dénoncer la détention de six membres du Mouvement démocrate-Unis - Géorgie, dirigé par Nino Burjanadze.

Les dirigeants de l'opposition sont allé protester contre la "politique de provocation par le gouvernement" qualifiant l'incident de "début de répression politique". Ils ont aussi adopté une déclaration d'aujourd'hui.

«Nous prenons l'entière responsabilité de déclarer que c'est un acte de provocation du gouvernement et une tentative d'intimidation de la société, où il est question de la constitutionnalité de la manifestation du 9 avril. Nous avons mis en garde le gouvernement de cesser les activités de provocation, de libérer les jeunes militants du parti et tous les prisonniers politiques, »a déclaré Nino Burjanadze.

Irakli Alasania, chef d'un autre parti d'opposition "Alliance pour la Géorgie" et ex-KGB d'union soviétique a également désapprouvé la détention de membres du parti d'opposition. Il a dit que la situation ressemble à une machine de répressions politiques.

D'après Rustavi2

Voici les faits qui justifient les arrestations de ces quelques opposants :

Des membres du Mouvement démocratique pour la Géorgie Unie dirigée par l'ex-présidente du Parlement géorgien Nino Burjanadze ont été arrêtés.
La police a arrêté Zurab Avaliani dans sa maison à Batumi à 5 heures du matin aujourd'hui. Ses avocats ont dit que la police a découvert une arme à feu dans son appartement. Nugzar Gogrochadze a été également arrêté.

D'après Rustavi2