02/06/2009

Pourquoi je ne voterai pas ECOLO aux élections européennes.

Pourquoi je ne voterai pas ECOLO aux élections européennes.

mis à jour le 03 juin, 9h30

Voici un extrait des propositions du groupe ECOLO pour les élections européennes de ce 7 juin, concernant le Caucase et la Russie: un désastre politique du à l'ignorance des réalités de terrain et aux informations tronquées du sénateur sois-disant écolo Josy Dubié qui, heureusement, ne se représente plus aux élections cette année (mais est relayé par son frère Jean-Claude Defossé...).

A voir sur le site du parti ECOLO :

Les récents événements dans la région de même que la guerre russo-géorgienne ont montré que les « conflits gelés » et la question des minorités nationales n’ont pas été résolus depuis la fin de la guerre froide. Ce conflit déclenché par la Géorgie (1) a exalté les tensions existantes, démontrant la volonté de la Russie de s’imposer dans la région et ce particulièrement vis-à-vis de ses anciennes républiques, même si cela implique le recours à des mesures violentes, mais aussi le rôle ambigu de l’Union européenne ou de certains de ses Etats-membres dans les relations avec les ex-républiques soviétiques à tendance prooccidentale. A cela s’ajoute bien évidemment un ensemble d’enjeux géostratégiques, où les Etats-Unis se servent sans scrupules de la Géorgie (2) pour contourner la main mise russe sur l’exportation des immenses ressources gazières et pétrolières de la région de la mer Caspienne (3).

Par ailleurs, le surarmement de la Géorgie s’est opéré avec la complicité de plusieurs pays, dont certains Etats européens, les Etats-Unis et Israël (4)

La situation géorgienne a en outre montré qu’il convient, en toutes circonstances, de favoriser la voie du dialogue et de la coopération, de préférence au niveau européen : le recours à des moyens militaires ne favorise pas les solutions durables, mais qui plus est, il entraine de trop nombreuses victimes civiles.(5)

La Russie, d’un côté, doit accepter l’actuelle configuration « post-impérialiste » et multipolaire, tandis que la communauté internationale, de l’autre côté, et plus particulièrement l’Union européenne, doit se montrer plus modérée dans son soutien actuellement trop inconditionnel à des pays tels que la Géorgie (6), et favoriser la coopération avec la Russie plutôt que son isolement. Il y a lieu en effet, tout en dénonçant sans équivoque les violations de droits de l’homme en Russie lorsqu’elles existent, d’éviter la confrontation avec ce pays au profit d’un dialogue ferme, critique mais constructif (7). Il convient en outre d’imposer des critères stricts en matière de droits de l’homme et de démocratie, notamment avant d’envisager une quelconque possibilité d’élargissement de l’OTAN. En effet, tel que mentionné précédemment (voir supra « Veiller à ce que l’OTAN reste subordonnée à l’ONU et ne devienne pas un instrument d’intervention militaire »), toute nouvelle perspective d’adhésion à l’OTAN ne peut s’envisager si elle est susceptible de constituer un risque pour la coexistence pacifique entre les pays voisins et/ou membres de l’OTAN (8)

  1. « Ce conflit déclenché par la Géorgie » : c'est nier ce que tous les observateurs ont dénoncé longtemps avant le début des hostilités d'août, avec le nombre considérable de provocations russes dans les provinces séparatistes alors même que, depuis plus de 5 ans, nombre de propositions et de demandes de dialogues de la part de la Géorgie ont été systématiquement refusées par la Russie, et que l'Europe faisait la sourde oreille pour protéger ses intérêts gaziers avec la Russie.

    Qu'a fait l'Europe lorsque la Géorgie, membre du Conseil de l'Europe, a dénoncé la distribution de passeports russes dans les territoires séparatistes, donc à l'intérieur d'un territoire européen? Rien. Qu'a fait l'Europe lorsqu'un Mig a abattu un drone géorgien qui volait au-dessus de son propre territoire, c'est à dire en Europe? Y a-t-il eu sanctions ou remarques faites aux Russes pour violation de l'espace aérien géorgien, pourtant dénoncée par les (preuves radar) observateurs européens sur place ? Non, rien. Seuls les Etats-unis ont réagi pour soutenir Tbilissi et son intégrité territoriale.

  2. «  où les Etats-Unis se servent sans scrupules de la Géorgie... » : pourquoi cette formule unidirectionnelle et radicale? La Géorgie a besoin des Etats-Unis autant que les Etats-Unis ont besoin de la Géorgie. Les accords de coopérations entre les deux pays existent depuis de nombreuses années, et ont même débutés avec Shévardnadzé. Accords commerciaux, militaires et énergétiques, l'Europe se contentant d'observer et, en tout point, sans critiquer ni Tbilissi ni Washington pour ses accords. Les européens auraient du en faire autant afin de ne pas isoler la Géorgie entre Russie et USA.

  3. «  ... pour contourner la main mise russe sur l'exportation des immenses ressources gazières et pétrolières de la région de la mer Caspienne »: ignorance de la réalité : les ressources en hydrocarbures de la Caspienne n'ont justement pas de mains-mise russe (étant contrôlées par l'Azerbaidjan et l'Iran) et c'est la raison première de la tentative d'invasion de la Géorgie par la Russie! 

  4. « le surarmement de la Géorgie s'est opéré avec la complicité de plusieurs pays, dont certains Etats européens, les Etats-Unis et Israël » ... Et alors? Un état souverain n'a-t-il plus le droit de s'armer pour se protéger? Et que veut dire « surarmement »? L'armée géorgienne, avant les accords de coopérations militaires avec les States, n'existait pour ainsi dire pas. Le budjet de la défense était de 50 millions de $ en 2004 et est passé à 850 millions de $ en 2007. Pour vous donner une idée de ce que cela représente, la Belgique en a dépensé 2.53 milliards pour un territoire en "zone de paix durable", plus de deux fois plus petit que la Géorgie, et avec une armée déjà équipée depuis longtemps, alors que l'armée géorgienne devait partir de zéro. Notons par ailleurs qu'il n'y a pas d'aviation mais juste quelques hélicoptères, qu'il n'y a pas de marine mais uniquement quelques patrouilleurs des gardes côtes - coulés par les russes en août dans le port de Poti alors qu'ils n'étaient pas une menace, étant à quai!   Avec l'aide de qui la Géorgie devrait-elle se défendre si l'Europe ne la soutient pas? Sans matériel de défense, c'est tout le pays, et non seulement les deux provinces géorgiennes séparatistes, qui serait devenu province russe! Si Tbilissi avait été soutenue fermement et unilatéralement non seulement par Washington mais aussi par Bruxelles (afin de ne pas isoler la Géorgie entre Russie et USA...), il en aurait été autrement et la guerre d'août n'aurait certainement pas pu se développer. Mais surtout, si Poutine ne menait pas de politique agressive, personne n'aurait ni le besoin ni l'envie de s'en protéger et de vouloir rentrer, pour ce faire, au sein de l'Otan.

  5. « La situation géorgienne a en outre montré qu'il convient, en toutes circonstances, de favoriser la voie du dialogue et de la coopération, de préférence au niveau européen...  » Une des nombreuses contradictions des écolos ! C'est ce que Tbilissi demande depuis des années aux européens !!! Et c'est pour ne pas avoir pris au sérieux les menaces dénoncées par la Géorgie au Conseil de l'Europe, pour ne pas avoir écouté les très nombreuses demandes de la Géorgie d'envoyer des soldats de la paix européens en Abkhazie et en Ossétie, et non uniquement des « soldats de paix » russes, pour ne pas avoir aidé Tbilissi dans leurs - à nouveau très nombreuses - propositions de résolutions de conflit, qu'il a été possible pour la Russie de s'installer définitivement en Géorgie ! C'est pour ces raisons que Tbilissi a fait confiance à Washington car les States, au moins, ont toujours écouté et soutenu la Géorgie, bien entendu, mais aussi AGI, contrairement à l'Europe occidentale (malgré les recommandations des ex-pays du bloc soviétique, tels la Pologne, les pays baltes ou la Tchéquie qui savent trop bien à qui ils ont affaire avec Poutine)

  6. « Union européenne doit se montrer plus modérée dans son soutien actuellement trop inconditionnel à des pays tels que la Géorgie » : ...et qui va défendre les peuples "revendiqués" par Poutine? ...et quelles sont les conditions que les écolos mettraient sur la table des négociations entre Russes et Géorgiens? On donne 20% du territoire géorgien aux Russes et après on discute? C'est justement parce que l'Europe a été TROP MODEREE que les plans d'annexion des provinces séparatistes ont pu se mettre en place, petit à petit, par les stratèges russes et le FSB !

  7. «  d'éviter la confrontation avec ce pays (la Russie) au profit d'un dialogue ferme, critique mais constructif » L'Europe ne sera jamais forte ou crédible si elle est lâche. L'Europe doit s'affirmer. Les provocations russes, qu'elles soient à propos de la Géorgie ou des autres pays du Sud-Caucase ou des républiques du Nord-Caucase, de l'Ukraine, des pays baltes, ou des conflits gaziers de cet hiver ne trouveront pas de réponses dans un « dialogue ferme, critique mais contructifs ». Poutine en n'a rien à faire de ce que pensent les européens. Ils ne se gêneront pas pour s'en prendre à qui ils le veulent, tel qu'ils l'ont toujours fait. Medvedev n'a-t-il pas déclaré, fin août, "La Russie n'a aucune peur d'une nouvelle guerre froide"?

  8. «  toute nouvelle perspective d’adhésion à l’OTAN ne peut s’envisager si elle est susceptible de constituer un risque pour la coexistence pacifique entre les pays voisins et/ou membres de l’OTAN » : Là aussi, si l'Europe avait fait sont travail avec pertinence et intelligence, la Géorgie n'aurait pas besoin de l'OTAN pour garantir la sécurité de son territoire. Maintenant, pour avoir laissé Poutine et consors mener sa politique anti-occidentale (sauf pour les hydrocarbures!), il faudra que l'Europe, tout comme les Etats-unis, la Chine et d'autres, s'impose dans le Caucase pour y régler, le plus diplomatiquement possible, les autres conflits en attente de solution. Je pense au Haut Karabagh disputé par les arméniens et les azéris, et je pense aussi à l'Ingouchie qui souhaite de plus en plus s'éloigner de Moscou, à la Tchétchénie qui n'est pas du tout sortie indemne de sa guerre avec Moscou, etc....

 

Conclusions :     

Le projet européen du parti ECOLO concernant le Caucase est bourré de contradictions, méconnaissant égoïstement les réalités de terrain. Les Ecolos prennent délibérément parti contre la politique géorgienne de rapprochement à l'Europe et à l'Occident en général, prenant plus aisément la défense de l'agresseur plutôt que de l'agressé, par peur du voisin russe maffieux et belliqueux, niant le besoin de justice pourtant indispensable à l'équilibre dans la région. Lors de notre entretien avec la secrétaire générale du parti Ecolo, Madame Isabelle Durant, nous lui avions expliqué ces réalités. Les nombreuses résolutions du Conseil de l'Europe et de l'ONU nous donnant raison sur la quasi-totalité de nos prétentions, je n'arrive pas à comprendre l'acharnement des écologistes belges contre Tbilissi et, par voies de conséquences, contre les choix de toutes les anciennes républiques soviétiques qui souhaitent sortir définitivement de l'influence russe. 

Dubié a royalement - si j'ose dire - foutu le bordel dans la politique internationale du parti, c'est vrai, mais comment les autres mandataires écolos n'ont-ils pas été plus méfiants vis-à-vis de lui, alors que l'on sait bien que Dubié est, toute proportion gardée, un extrémiste notoire que personne n'écoute à part les nostalgiques de l' "âge d'or de la RTBF"?

Il m'est par conséquent impossible de donner ma voix aux écologistes pour les élections européennes. Les questions internationales sont trop périlleuses pour êtres prises à la légère, et, maintenant, il est clair qu'il y a incompatibilité totale entre "politique internationale" et "politique verte". Ce n'est pas le même monde. On ne peut combattre les idées hégémoniques et maffieuses de Poutine (et de 100% de la Douma)  avec des fruits et des légumes (tomates mis à part).

Pour les élections provinciales, c'est différent. Là, l'écologie y est à sa place. Ne fut-ce que pour contrer le MR anti-social ou l'extrème droite ! Mais attention, lorqu'on est capable d'avoir une politique européenne ou internationale aussi lamentable, ça ne me donne aucune confiance en eux, en général. Et je suis le premier à le regretter (ceux qui me connaissent ne me contrediront pas).

D.P.

A lire aussi, le Blog de Laure Mandeville, journaliste réellement spécialiste de la Russie, correspondante pour le Figaro. Russo-phile et -phone, amoureuse de la Russie depuis l'âge de 11 ans, ses analyses sont justes, et montrent à quel point le système post-soviétique n'est pas celui que décrivent les experts et autres politologues. Incontournable.

08/05/2009

Tbilissi, une journée comme une autre.

 

Tbilissi, une journée comme une autre.

jeudi 7 mai 2009.


porte 04Ce mercredi en fin de journée, des militants de l'opposition on tenté de pénétrer dans les bâtiments de la police de Tbilissi dans l'intention de faire libérer trois autres militants qui, la veille, s'en étaient violemment pris à un journaliste de la télévision publique. Cette action visait plus certainement à provoquer les autorités plutôt qu'à libérer leurs amis. En effet, depuis près d'un mois d'actions et de provocations, les forces de l'ordre ne sont jamais intervenues contre les manifestants ou des militants, malgré le durcissement des provocations, et les opposants radicaux repoussent systématiquement leurs limites, s'ils en ont encore...

Il s'en est fallu de peu que leur projet aboutisse.

Giorgi Gachechiladze, le chanteur qui s'était enfermé dans une fausse cellule dans les studios de la télévision de l'opposition, est apparu devant les quelques centaines de manifestants rassemblés face au Parlement, pour demander à tous de se rendre vers la police demander la libérations des trois camarades emprisonnés (et "battus par la police" - sic!). Arrivés devant le bâtiment, les manifestants ont secoué les grilles, puis ont insulté les policiers qui étaient à l'extérieur, entre la grille et l'entrée du commissariat, lorsqu'un des leader est passé par-dessus puis a couru vers la porte du commissariat, mais a été aisément bloqué par une dizaine d'hommes. Ce qui suivit était assez invraisemblable: les manifestants, en réaction, ont projeté bâtons et pierres vers les agents, qui ont renvoyé les projectiles vers les manifestants. Six blessés de chaque côté puis quelques autres par la suite, aucun grièvement.

Le pire a sans doute été évité, car si les manifestants étaient parvenus à pénétrer dans les locaux de la police, où des armes sont entreposées, personne ne sait comment la soirée aurait pu se terminer.

La totalité de la scène a été filmée par les télévisions présentes, et parmi la petite foule de manifestants, on a pu voir trois ou quatre leaders radicaux, dont Nino Burdjanadzé, considérée comme la "tête" des radicaux. C'est elle qui donna l'ordre de retourner vers les grilles du commissariat, poussant plus loin les provocations alors que les manifestants s'éloignaient.

Ce matin, les trois hommes ont été relâchés. Interviewés par les médias, ils étaient en parfaite santé, contrairement au journaliste qu'ils ont tabassés il y a deux jours, et contrairement aux dires des leaders radicaux, toujours en recherche de provocations.

C'est sous l'avis du Catholicos, le chef de l"Eglise orthodoxe de Géorgie, Ilia II, que les autorités ont libéré les détenus ce jeudi matin malgré les accusations qui pèsent sur les trois jeunes gens. A présent que les leaders de l'opposition imaginent pouvoir agir sans crainte d'être inquiétés, qui peut savoir jusqu'où ils iront, et combien de journalistes, entre autre, se feront tabasser?

Hier soir, en suivant les événements à la télévision "Maestro" appartenant à l'opposition, je n'ai plus douté des graves dangers qui pèseraient sur le pays si le moindre de ses leaders devait prendre le pouvoir. Alors qu'ils réclament le départ du président actuel parce qu'entre autre "la presse est sous contrôle du pouvoir et n'a aucune objectivité", j'ai assisté à un véritable exemple de partialité. Durant trois heures, on a entendu les témoignages des seuls opposants et manifestants (très grossier et insultants vis-à-vis de ceux qui ne veulent pas les rejoindre - 99% de la population - mais aucune personne neutre, aucune personnalité, et bien entendu, aucun représentant du pouvoir. Et ce n'est qu'un exemple.

Actuellement, seul Alasania, le chef de l'Alliance pour la Géorgie, un des partis de l'opposition radicale, a accepté la proposition de dialogue de Saakashvili. Et même s'il y a mis des conditions, c'est un progrès, mais loin d'être suffisant : les autres leaders, tels Salomé Zourabishvili qui a dit aujourd'hui "Il est grand temps pour Saakashvili de se réveiller, de réaliser ce qui se passe et de nous rencontrer - comme nous le demandons depuis longtemps déjà ( !!! ) - de nous dire comment il voit une issue à cette crise". Ce que la population, celle qui n'est pas dans la rue, celle qui se fait insulter chaque jour par ceux qui y sont depuis presque un mois répondrait : que tout le monde rentre chez soi ou retourne à son travail, ce serait plus intelligent et plus constructif! Mais pour l'opposition, accepter le dialogue dans d'autres termes que ceux qu'ils exigent, serait s'avouer vaincus. Et accepter, le lendemain des heurts contre les policiers, serait s'avouer en tort. Et puis, que feraient les Russes sans leurs exécutants en Géorgie? On n'ose y penser.

Hier, des diplomates européens ont exposé leurs positions communes concernant les manifestations en cours. Quelques morceaux choisis :

" Nous condamnons fermement tous les actes d'humiliation, d'intimidation et de violence. Par exemple, des scènes à l'extérieur de la télévision publique, où les journalistes ont été physiquement et verbalement agressés, ont incité notre préoccupation car elles sont tout simplement inacceptables". Ou : " Nous encourageons les autorités, en toute transparence, à continuer les enquêtes sur toutes les allégations de violences et d'agressions, et si elles conduisent à des conclusions, les personnes devront être jugées devant les tribunaux. Nous exhortons également toutes les parties à faire preuve de retenue et de s'abstenir de violence et de propos incendiaires." Ce qui signifie primo, que les radicaux sont trop violents et secundo, que les autorités sont trop passives. C'est exact, mais face à cette violence, le gouvernement n'a pas d'autre choix que de rester distante pour ne pas additionner la violence à la violence, car il sait que l'opposition utiliserait immédiatement l'incident contre lui, comme fin 2007 dans des conditions similaires, où même les européens ont cru que la réaction d'alors contre les violences des manifestants ont été trop dures. (Fallait voir Londres ou Strasbourg....)

Bref, la Délégation de la Commission européenne et du représentant spécial de l'UE pour le Caucase du Sud, Peter Semneby, a appelé les autorités et l'opposition à s'engager "en discussions sérieuses et constructives en vue de surmonter l'impasse actuelle et d'entreprendre les réformes politiques nécessaires pour consolider la démocratie géorgienne". Ce que dit aussi l'ONU.

Pendant ce temps, un diplomate géorgien, Vakhtang Maisaia, a été arrêté pour espionnage. Comme quoi il n'y a pas que des Russes, allez-vous penser. Vous n'auriez qu'en partie raison: ce diplomate, durant la guerre d'août, a transmis les positions des soldats géorgiens aux Russes, entre autres choses. Voici ce que dit le ministère de l'intérieur:

"Au cours de la guerre Russie-Géorgie, il a transmis des informations à propos de la Géorgie et des unités militaires, du matériel militaire et de leur quantité, et aussi sur leur emplacement, en faveur de la Russie. En échange de ces informations, de l'argent a été transféré sur son compte en banque [à Bruxelles - ndlr]", a déclaré le ministère de l'Intérieur.

Maisaia, qui est titulaire d'un doctorat en sciences politiques, a servi de conseiller à la mission géorgienne au sein de l' OTAN entre 2004 et 2008 . A Bruxelles donc.

A suivre...

D.P.

 

 

06/03/2009

Russie : Partenaire ? Menace ? Nouvel ennemi ? Nul n'est d'accord.

Puisque les analyses proposées par les médias belges sont à nouveaux égales à pas grand chose, malgré que le siège de tant d'organisations internationales soient situées en Belgique, je vous propose un article éclairé sur les "nouvelles relations"  entre occident  et Russie paru dans le Figaro ce matin.

Voici cet article à lire de bout en bout, absolument.

Son lien : http://www.lefigaro.fr/

Un extrait :

(...) Partenaire ? Menace ? Nouvel ennemi ? Nul n'est d'accord. Seule certitude à Washington : la relation russo-américaine dont hérite Barack Obama est à zéro et doit d'urgence être redéfinie. «Mon espoir est que nous puissions avoir une relation constructive, dans les domaines où nous pouvons avancer dans le respect et l'intérêt mutuel», a expliqué mardi le président américain. «Nous avons besoin d'appuyer sur le bouton redémarrage», avait déjà lancé en février le vice-président Joe Biden à Munich pour conjurer «tout retour à la guerre froide». Mais cela dépend-il vraiment de nous ?, s'inquiètent les sceptiques.

L'agenda que la secrétaire d'État, Hillary Clinton, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, vont devoir explorer vendredi dans leurs entretiens de Genève est en tout cas loin d'être riant. Négociations de désarmement au point mort. Désaccord profond sur le rôle de l'Otan, dont l'élargissement à l'Est est perçu par les États-Unis comme un facteur régional stabilisateur tandis que Moscou y voit une atteinte à sa sphère traditionnelle d'influence. Inquiétude de Washington sur l'utilisation croissante par Moscou de l'arme énergétique. Conflit ouvert sur la question des valeurs, le Kremlin rejetant agressivement le modèle démocratique de l'Occident. Colère froide de la Russie sur le dossier du Kosovo. Tension russo-américaine extrême après l'invasion russe de la Géorgie. Relations économiques ténues. Les sujets de griefs n'ont cessé de s'accumuler, débouchant sur une relation «totalement atrophiée», confie Angela Stent, directrice du centre pour les études eurasiennes de l'Université de Georgetown. «On se retrouve trente ans en arrière sans aucun garde-fou institutionnel pour dialoguer», insiste-t-elle. (...)

 

 

Hillary à Bruxelles : soutien à la Géorgie réaffirmé.

 

Un "détail" murmuré dans les médias belges, mais mis en avant sur le site de l'Otan, tout comme dans la plupart des discussions ayant eu lieu aujourd'hui à Bruxelles entre les ministres européens et l'administration Obama.

Communiqué de presse de l'OTAN

" Les ministres Alliés ont conclu un accord aujourd'hui pour formellement reprendre le Dialogue entre RUSSIE et L'OTAN , y compris au niveau Ministériel, dès que possible après le Sommet Strasbourg/Kehl.
Ils ont consenti à utiliser le NRC comme un forum pour le dialogue avec la Russie sur toutes les questions - où ils sont d'accord ou en désaccord - en vue de la résolution de problèmes et la reconstruction de la coopération."

" À cet égard, on voit la reconnaissance par la Russie de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud comme états indépendants, son intention de construire une nouvelle base militaire (navale) en Abkhazie et sa mise en oeuvre suspendue du traité CFE, comme les secteurs primordiaux de préoccupations des Alliés.
Les ministres recommanderont vivement à la Russie de rencontrer ses engagements en ce qui concerne la Géorgie."

(...)

La Commission GÉORGIE / OTAN s'est réunie à Bruxelles pour la deuxième fois au niveau des ministres des Affaires Etrangères. Elle a discuté une gamme de questions d'intérêt commun tant pour la Géorgie que pour l'Alliance.
Pendant la réunion, les Ministres ont échangé des points de vues sur le développement du Programme national Annuel de la Géorgie (ANP), qui formera la base de la coopération entre l'OTAN et la Géorgie, aussi bien que sur le progrès de réformes que la Géorgie a consenties à entreprendre.  (note : et déjà bien entammées !)

Pendant la réunion, le Ministre des Affaires étrangères géorgien Mr Vachadze et ses homologues ont aussi parlé de la situation de sécurité régionale, et sur les possibilités d'augmenter la relation entre GÉORGIE et OTAN.

source : http://www.nato.int/home.htm

D.P.

05/02/2009

OTAN / OTSC


OTAN : positions claires sur le conflit

manif EU Bruxelles

Vingt-six Etats membres de l'Organisation du Traité Atlantique Nord l'unanimes pour soutenir la Géorgie dans son conflit avec la Russie. Lors de la session de la commission Géorgie-OTAN qui s'est tenue hier à Bruxelles, la Commission a invité la Russie à cesser de construire des bases militaires et la militarisation des deux régions occupées de Géorgie, l'Abkhazie et de l' "Ossétie du Sud", sinon, l'OTAN ne pourrait reprendre les liens avec la Russie.

L'alliance atlantique reste ferme sur sa position à moins que le Kremlin puisse démontrer l'évolution de sa politique à l'égard de la Géorgie et ses régions séparatistes.
Une nouvelle phase du programme de partenariat annuel avec la Géorgie va bientôt commencer. Elle implique de mener de nouvelles réformes dans les domaines militaires, politiques et juridiques. En Mars, une alliance de l'OTAN se rendra en Géorgie, qui coordonnera la mise en œuvre du programme.

Source : Rustavi2

Côté Russe, la réponse à l'OTAN est claire, elle aussi :

MOSCOU, 4 février - RIA Novosti. Moscou accueille aujourd'hui le sommet de l'Organisation du Traité de sécurité collective, destiné à modifier sa structure: l'OTSC se pourvoira de ses propres forces armées, lit-on mercredi dans le quotidien Kommersant.

L'automne dernier, à l'époque où la Russie s'est trouvée au bord d'une confrontation avec l'Occident suite à la guerre avec la Géorgie, le président russe Dmitri Medvedev a proposé de créer dans le cadre de l'OTSC une force collective de déploiement rapide (FCDR). La réalisation de cette idée transformera cette organisation dirigée par Moscou en véritable alliance politique et militaire.

La FCDR devraient réunir des unités militaires mobiles des sept pays de l'organisation. Il est probable que la plupart des forces seront fournies par la Russie (une division aéroportée et une brigade aéroportée d'assaut) et le Kazakhstan (une brigade aéroportée d'assaut), le reste des alliées se limitant à un bataillon.

"La Russie est certainement intéressée à l'existence d'une organisation, qui constituerait, ne serait-ce que vaguement le contrepoids de l'OTAN", estime Andreï Fedorov, directeur des programmes politiques du Conseil pour la politique extérieure et de défense. "Cela semble tout à fait logique, car le potentiel des partenaires de la Russie au sein de l'OTSC est à peine efficace et la situation à intérieur de certains de ces pays est loin d'être stable. C'est cependant à cause de ces circonstances que toute nouvelle construction, quel que soit son nom, sera en premier lieu un "tigre de papier" qui pourrait être utile dans une guerre de l'information, mais serait inefficace en pratique. De plus, l'élargissement de l'OTSC semble peu probable contrairement à celui de l'OTAN, et ne pourrait toucher que l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie".

Des sources au ministère russe des Affaires étrangères, qui ont participé à la préparation de la reforme militaire de l'OTSC, appellent à ne pas dramatiser cette réorganisation. "Dire que la Russie transforme l'OTSC en contrepoids de l'OTAN revient à faire preuve d'une perception simplifiée des objectifs de la FCDR. Il ne faut pas oublier que certains pays de l'organisation ont des frontières avec l'Afghanistan instable", a expliqué au Kommersant un haut diplomate russe.

Source : Kommersant / Ria Novosti

Afghanistan instable... Il s'agit plutôt de contrer les éventuelles révoltes dans certaines régions séparatistes, ou les soutenir, selon les cas. Tchétchénie, Ingouchie, Transnitrie, Ukraine, Azerbaidjan, Abkhazie, Osséties, Géorgie, voire même un pays balte, (...) à l'aide d'une armée "multinationale" dont les interventions seraient sans doute plus aisément justifiables, légitimables (intervention décidée unanimement, etc...).

D.P.

Un journal russe publie une interview de Baghapsh.

Le chef du gouvernement séparatiste abkhaze Sergueï Bagapsh explique que l'Europe n'a pas d'autre choix, qu'un jour ils auront à reconnaître l'indépendance de l'Abkhazie et de "l'Ossétie du Sud" si ils veulent imposer la paix et la stabilité dans le Caucase.
La Komsomolskaya Pravda a publié un entretien avec le chef séparatiste. Baghapsh dit que la reconnaissance de l'Abkhazie ne dépend pas du nombre d'États ayant reconnu les 2 régions, parce que le plus grand état du monde, la Russie les a déjà reconnues.
A Propos de la surveillance internationale de la région sécessionniste, Baghapsh dit que les observateurs ne devraient pas observer l'Abkhazie, mais la Géorgie, d'où le danger vient.
Le correspondant du journal questionne le chef séparatiste sur son attitude à l'égard des Géorgiens, et comme sa femme est d'origine géorgienne. Baghapsh a été très ironique dans sa réponse. "Ma femme est d'orgigine de Gali, mais elle est meilleure séparatiste que moi!"

Le gouvernement géorgien offre des terres aux réfugiés (zone de Tserovani)

Les personnes déplacées lors du conflit russo-géorgien, et qui sont actuellement logées dans la zone de Tserovani, recevront de la part du gouvernement géorgien des terres.

Le ministre géorgien chargé des déplacés du conflit est arrivé à Tserovani avec les représentants de la société Shirnkhofer pour distribuer des produits divers aux réfugiés.

26/12/2008

FLAGEY SOIREE GEORGIENNE

Pour celles et ceux qui ne l'auraient pas encore lu, le "récit de guerre" c'est ici.

Quelques images de la soirée / expo qui a eu lieu à Bruxelles, au centre Flagey, en octobre dernier.

Morceaux choisis...

 

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