11/11/2009

Berlin

Alors que les médias commémorent la chute du mur de Berlin en présence de nombreux chefs d'états, un autre mur "soviétique" demeure aux portes de l'Europe, tout nouveau, le ciment à peine séché... le monde l'ignore. Un mur dressé par le même peuple que celui qui a dressé celui de Berlin, le même peuple que celui qui a installé des dictatures dans la moitié de l'Europe et de l'Asie.

La Géorgie est émiettée, fractionnée, fragmentée, meurtrie par la seule volonté de quelques uns, à la tête de cette Russie dite démocratique.

Ces quelques semaines passées, près de vingt personnes ont été enlevées par l'armée russe et les milices séparatistes abkhazes et "sud ossètes", dont 4 jeunes de 14 ans. A part les autorités géorgiennes bien sûr, et les quelques observateurs de l'EUMM qui tentent en vain depuis plusieurs jours d'arriver à un accord avec les autorités du gouvernement fantoche d'"Ossétie du sud", personne ne bouge.

Et la province d'Abkhazie coupée du reste de la Géorgie... Oui, sincèrement, c'est prodigieux de pouvoir fêter la chute du mur, celui de Berlin. Et penser à ceux qui sont tombés et ont lutté pour que cela soit possible. Mais qui va lutter pour faire tomber les nouveaux murs érigés honteusement en ce début de XXIème siècle?

Certains sont tellement fiers d'avoir pu "gagner" la guerre froide. Ceux-là même qui paradent à Berlin depuis deux jours. Ceux-là même qui ensuite ont marchandé la liberté de leurs citoyens à coup de centaines de millions de $ (je n'en savais rien jusqu'à hier...). Et ceux-là même qui aujourd'hui troquent la reconnaissance des territoires conquis en Géorgie contre quelques contrats d'armements lourds avec les insatisfaits (à juste titre, mais faut pas se tromper de cible!) d'Amérique du Sud...

Il y a vingt ans, nous aurions pu ne pas nous satisfaire de la seule chute du mur de Berlin. Nous n'avons pas « jugé utile » d'envoyer les décideurs soviétiques devant leurs responsabilités, comme nous l'avons fait à Nuremberg ou à Den Hage envers d'autres criminels de guerres ou de génocidaires. Les millions de morts, victimes de 70 ans de mensonges du Soviet Suprême, du KGB, et de tous les secrétaires généraux du PC, ne verrons jamais leurs bourreaux devant une court de justice. Impunis ils resteront, et donc ils ne s'arrêteront jamais. Autre doctrine, mêmes méthodes? Presque. La machine de propagande n'est plus dirigée vers son propre peuple, mais sert admirablement le ministère des affaires étrangères...

La Russie fête l'anniversaire de la chute d'un mur, d'un côté, et en construisent un autre, discrètement, à 4000 km de Berlin.

Il y a un peu plus d'un an, Moscou a lancé son offensive sur la Géorgie, planifiée depuis plusieurs années. Mais Moscou n'a pas réussi à s'emparer de la totalité du territoire géorgien. C'était leur but, pourtant. Les russes auraient-ils construit un mur le long de la frontière turque? Et l'Europe se serait-elle tue, dans ce cas-là aussi?

Contre quoi l'Europe a-t-elle troqué son silence? La Russie est cynique. La Russie est dangereuse. La Russie est la première puissance nucléaire. La Russie, c'est Gazprom. Autant de raisons. Mais personne n'est dupe.

La propagande russe a réussi à totalement retourner le rapport « Tagliavini » à son avantage, avec un cynisme rarement atteint auparavant, en utilisant tous les faits non-prouvés par ce rapport pour accuser la Géorgie d'avoir commencé la guerre. Ne dépendant que des preuves qu'ils n'ont pas accepté de fournir aux enquêteurs, leur mensonge n'en a été que plus aisé à diffuser auprès de ceux qui voulaient bien le répéter, telle une grande partie des médias francophones, occultant ainsi une vérité toute autre, celle d'un génocide, celle d'un nettoyage ethnique.

Dimanche soir, la télévision géorgienne diffusait un film du réalisateur russe Andrei Nekrasov

« Russian Lessons ». Ce film, projeté discrètement à Moscou, StPetersbourg, Londres, Bruxelles, ..., a été diffusé à la télévision pour la première fois par une chaîne géorgienne dimanche dernier. Visible via satellite, heureusement, et aussi par internet, ce qui a été rendu impossible le serveur ayant été bloqué, et tout téléchargement rendu impossible sur les sites spécialisés.... Ce film dénonce le cynisme avec lequel Moscou se joue du reste du monde, prenant la guerre Russie-Géorgie non comme exemple, mais comme preuve de ce cynisme.

Le film est finalement visible (en russe, sous-titres géorgiens) ici ou ici. Pour l'instant...

D.P.

 

26/09/2009

Saakashvili à l'ONU : un discours juste, pas juste un discours.

Saakashvili à l'ONU : un discours juste, pas juste un discours.

D'après UN.ORG

M. MIKHEIL SAAKASHVILI, Président de la Géorgie, a affirmé que la chute, il y a 20 ans, du Mur de Berlin était à juste titre apparue comme un des plus grands triomphes des principes de la Charte.  Elle avait mis fin à une ligne de séparation entre les nations et libéré les espérances, les aspirations et les talents de millions de citoyens vivant jusqu’alors sous la tyrannie de l’Union soviétique.  Nous pouvons aujourd’hui être fiers de ce que nous avons accompli, a-t-il ajouté.

Et pourtant, a aussitôt enchaîné M. Saakashvili, il nous faut bien admettre que le présent demeure amer.  En effet, a-t-il affirmé, tout le monde n’a pas tiré les mêmes leçons de la chute du Mur.  Alors que le souffle de la liberté emportait le Mur, peu de gens imaginaient que la répression et les menaces qu’il représentait réapparaîtraient.  Aujourd’hui encore, une Europe libre et en paix reste un objectif à atteindre, un défi non relevé, a ajouté le Président.  L’Europe d’aujourd'hui, a-t-il poursuivi, est coupée par un nouveau mur qui traverse la Géorgie en son milieu, défiant les progrès réalisés depuis 20 ans.

Il y a un an, mon pays a été envahi, a déclaré M. Saakashvili.  À cette heure, ces actes de brutalité sont restés sans réponse, en violation directe du droit international, des normes érigées par cette institution et des accords internationaux, a ajouté le Président, qui a parlé d’« agression armée », de « nettoyage ethnique », de « violations massives des droits de l’homme » et d’« occupation illégale ».

Rappelant les propos tenus hier devant l’Assemblée générale par le Président Medvedev de la Fédération de Russie, qui avait affirmé que son pays avait été « obligé » d’agir comme il l’a fait afin d’appliquer « le principe de l’indivisibilité de la sécurité » et pour « piétiner l’héritage du passé », M. Saakashvili a déclaré que « la seule chose qui avait été piétinée, c’était la frontière souveraine de son pays ».  « Ils ont dit qu’ils étaient contraints de le faire, comme leurs prédécesseurs l’ont dit quand ils ont envahi la Pologne en 1939, la Finlande en 1940, la Hongrie en 1956, la Tchécoslovaquie en 1968 et l’Afghanistan en 1978 », a-t-il lancé, avant de parler de la destruction de Grozny et de l’« extermination » du peuple tchétchène.

« Le peuple géorgien n’acceptera pas une nouvelle ligne de division dans son pays, c’est un engagement inamovible », a affirmé M. Saakashvili.  Appelant la communauté des nations à affirmer que le droit international n’autorise pas la modification des frontières par la force, il a ajouté: « Il nous appartient de faire tomber ce mur pacifiquement, avec le pouvoir de nos idées et la force de nos convictions ».  Mais il a reconnu que cela prendrait du temps.

Le Président a longuement remercié les nations qui ont soutenu le droit des déplacés à rentrer chez eux, refusé de reconnaître les « territoires géorgiens occupés par des forces étrangères », apporté une aide économique à son pays et  rejeté cette idée du XIXe siècle des zones d’influence ».  Il a remercié les Nations Unies pour « 16 années de contribution à la paix en Géorgie par une présence dans le pays, présence « brutalement arrêtée par l’action unilatérale d’un seul État Membre ».  Rappelant que l’Abkhazie est « le berceau de la culture et de la civilisation géorgienne », le Président a affirmé qu’elle « redeviendrait ce qu’elle a été: la partie la plus merveilleuse de la Géorgie ».

M. Saakashvili a ensuite énuméré les réformes démocratiques et économiques réalisées par son pays et celles qui le seraient dans les prochains mois, avant d’affirmer: « la Géorgie est en train de gagner la paix: Nous sommes-nous effondrés face à une invasion brutale? Non! Avons-nous réprimé l’opposition? Non! Avons-nous limité les libertés face à la récession? Non! »

Le Président a rappelé que son pays continuait à honorer ses engagements internationaux, y compris dans le combat contre les changements climatiques et dans la lutte contre le terrorisme, notamment par sa contribution militaire en Afghanistan.  Citant le Président Obama, l’ancien Président tchèque, Vaclav Havel, et la journaliste russe Anna Politkovskaya « si brutalement réduite au silence », M. Saakashvili a affirmé que le nouveau mur qui coupe la Géorgie a fait de celle-ci une idée et un test: « l’idée de la liberté et un test pour le monde que le monde doit réussir ».  Si ce test réussit, vous serez étonnés de la rapidité avec laquelle cette région développera son impressionnant potentiel! », a affirmé le Président de Géorgie.


24/06/2009

La Russie financerait l'opposition géorgienne...

 

Un des leader de l'opposition pris en flagrant délit d' "intelligence avec l'ennemi", d'après une vidéo en ligne sur youtube.

Youtube a publié une vidéo montrant la réunion du chef de l'opposition géorgienne, Levan Gachechiladze et l'ancien ministre de l'intérieur de la Géorgie Kakha Targamadze. La vidéo, qui fait scandale en Géorgie mais n'étonne pas grand monde, a été prise à l'hôtel Adlon Kempinsky, qui est situé à proximité de l'ambassade de Russie à Berlin. La vidéo a un commentaire en allemand, qui dit que c'est une réunion entre l'ancien ministre géorgien de l'intérieur, qui travaille maintenant avec les services du ministère de la défense russe, et le chef de l'opposition géorgienne.

La vidéo montre trois différentes réunions de ces personnes. Au cours de la troisième, le chef du Nouveau Parti pour les droits, Davit Gamkrelidze, apparaît à son tour à côté de Gachechiladze.

Levan Gachechiladze a admis, le 19 juin, lors d'une manifestation de l'opposition, qu'il a voyagé en Europe pour obtenir des fonds pour les activités de l'opposition, mais aujourd'hui, il dit qu'il n'a pas parlé avec l'ancien ministre à propos de ces fonds.  Il a dit qu'il a tenu des réunions avec d'autres personnes, mais le gouvernement ne serait pas en mesure de les identifier.

Gachechiladze s'engage à nommer les gens qui parrainent l'opposition dès obtention des fonds de leur part.

Kakha Targamadze a dit dans un entretien téléphonique à Rustavi 2 qu'il ne peut pas parrainer quelqu'un parce qu'il ne dispose pas de fonds suffisants. Il a dit que les spéculations sur son soutien à l'opposition géorgienne sont absurdes.

L'autre leader de l'opposition radicale a dit que Kakha Targamadze ne peut simplement pas sponsoriser quelque mouvement politique que ce soit en Géorgie, car il n'est pas citoyen de Géorgie (il a pris la nationalité russe il y a 5 ans) et la législation locale interdit les flux de fonds étrangers en Géorgie pour des activités politiques.

Mais la question n'est pas seulement de savoir qui finance qui, mais bien de comprendre qu'au moins deux leaders de l'opposition radicale sont vraissemblablement dirigés par Moscou, avec ou sans l'approbation des autres leaders, mais ces derniers, qui nient toute implication, ont été mis en cause par l'un d'eux. En effet, aux journalistes qui lui demandaient s'il savait quelque chose sur cette réunion, il a dit que "tout le monde savait".

Pour vous éclairer sur la théorie du complot russe, je vous proposerai dès demain un billet sur les déclarations d'un ancien conseiller de Poutine, Andrey Ilarionov. Edifiant.

D'après RUSTAVI2

D.P.


Vidéo filmée entre les 15 et 18 juin à Berlin, mise en ligne sur Youtube le 23 juin, diffusée sur Rustavi2 le 24 juin.

cqfd.