23/06/2009

Brouillon

Les DÉPUTÉS du parti de la majorité ont demandé au leader d'opposition radicale Levan Gachechiladze qu'il s'explique sur sa déclaration du 19 juin à propos de l'obtention de fonds de l'étranger.
"Il a fait une déclaration qu'une certaine somme d'argent entrerait en Géorgie de l'étranger; cependant il n'a pas avoué le but pour lequel cet argent serait envoyé ni d'où il viendrait. Nous avons entendu les déclarations de ce leader plusieurs fois, comme quoi il ne reconnaissait pas le Président de Géorgie, ne reconnaissait pas le Parlement légalement élu, et cetera. Donc il est intéressant de savoir à quoi cet argent est destiné.

Le DÉPUTÉ de Mouvement national ,Goka Gabashvili, rappelle que la loi géorgienne interdit aux partis politiques de recevoir des fonds de l'étranger.

Les politiciens d'opposition non-parlementaires disent qu'ils n'ont aucunes informations détaillées sur le financement dont Gechechiladze parlait. Cependant, certains d'entre eux prétendent que le Gouvernement n'a aucun droit de diriger le doigt de Gachechiladze, parce qu'il représente une entité d'entreprise et il n'est pas interdit pour lui transférer de l'argent. "Si même conformément à cette moche législation, ce sera difficile pour le Gouvernement de charger Gachechiladze. Quand les DÉPUTÉS parlent de responsabilités d'autres, ils devraient regarder ce qu'ils ont fait pendant les cinq dernières années et se demander pourquoi ils devraient maintenant être dérangés par le sens de la responsabilité, a déclaré Mamuka Katsitadze, du parti Nouveaux Droits.

Le député Levan Vephkhvadze du parti Démocrate Chrétien a noté que si l'activité était gratuite en Géorgie, l'opposition ne devrait pas chercher l'argent à l'étranger. "Aussitôt que n'importe quel homme d'affaires décide de financer l'opposition, ses entrepôts sont brûlés complètement ou ils ont des problèmes sérieux avec la taxation." Cependant, quant à la déclaration de Gachechiladze, Vephkhvadze a dit que l'obtention de l'argent "enfreignait la loi." Le député du Parti majoritaire Zurab Melikishvili a répondu aux réclamations de Vephkhvadze, disant que les hommes d'affaires veulent voir la stabilité dans le pays. "Donc cela ne devrait pas être une surprise que les hommes d'affaires ne veulent pas financer les forces qui essayent constamment de créer destabilisation," a dit le DÉPUTÉ. "Tandis que le but des restes d'oppositions radicales déstabilisent le pays, ils ne devraient pas espérer recevoir de l'argent des hommes d'affaires."

Les représentants d'opposition non-parlementaires prétendent que c'est le Gouvernement qui déstabilise le pays. Manana Nachkhebia des Nouveaux Droits dit que l'opposition ne planifie pas de destabilisation et note que le Gouvernement est responsable de la perte des territoires, "la fin du processus d'annexion" des régions dissidentes de la Géorgie par la Russie et la crise économique dans le pays. "Tous ces facteurs créent des menaces pour des hommes d'affaires géorgiens," dit-elle au journal Messenger.

Nachkhebia nie aussi l'allégation d'une liaison existant entre l'opposition non-parlementaire et "des forces russes ayant des mauvaises intentions vers la Géorgie." Elle dit que le Gouvernement pressurise activement des hommes d'affaires géorgiens, essayant de les empêcher de financer des partis d'opposition. "Cela devient clair si vous regardez les comptes du parti dirigeant et ceux des partis d'opposition. Le Gouvernement a l'activité géorgienne dans ses mains et lui interdit de financer l'opposition,"

Levan Gachechiladze a dit le 19 juin qu'il avait voyagé à l'étranger pour gagner de l'argent pour continuer "la lutte", cependant il n'a pas spécifié quel pays il avait visité. "Nous avons besoin d'argent pour augmenter notre mouvement et gagner notre victoire," il a dit aux manifestants devant le Parlement géorgien. Sa déclaration n'a suscité aucune réponse des autorités à ce moment-là.

13:00 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/06/2009

INTERNATIONAL CRISIS GROUP : un rapport attendu.

Rapport mis en ligne aujourd'hui 22 juin par

decoration

Comme les média belges n'en diront bien sûr pas un mot, vous pouvez lire ce rapport ici, traduit de l'anglais.

Le texte original se trouve ici.

Dix mois après la « guerre d'août » entre Géorgie et Russie, les violents incidents et le manque d'un véritable régime de sécurité dans et autour des zones de conflit des provinces d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie,créent une atmosphère dangereuse dans laquelle des combats plus importants pourraient éclater à nouveau. La Russie n'a pas respecté certains points fondamentaux de l'accord de cessez-le que le président Medvedev a signé en septembre 2008 avec le président français Nicolas Sarkozy lors de sa présidence de l'U.E.

Son veto au Conseil de sécurité d'une extension du mandat (de seize ans au départ) de la mission d'observation des Nations Unies en Géorgie et en Abkhazie, et son apparente intention d'exiger le retrait de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à la fin du mois sont des coups portés contre la sécurité dans la région aptes à alimenter les tensions. La plupart des points de contrôle est donc en train d'être démantelée.

Moscou devrait revoir sa position et travailler sur un compromis raisonnable qui permettrait à l'ONU et aux observateurs de l'OSCE de poursuivre leur important travail.

La Russie affirme qu'il est la garantie de la sécurité à la demande de l'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, qui ne font pas confiance aux observateurs internationaux, mais il a l'obligation légale de faire plus pour la sécurité et la sûreté des populations locales, indépendamment de leur origine ethnique, et de prévenir les violations des droits humains dans les zones qui sont de fait sous son contrôle. Surtout, elle doit accroître ses efforts pour permettre le retour des personnes déplacées (PDI), en particulier les quelque 25.000 Géorgiens de souche qui n'ont pas été en mesure de retourner dans leurs foyers en Ossétie du Sud.

Il y a eu des abus de la part de toutes les parties du conflit - Géorgie, Russie et d'Ossétie du Sud, mais les actions des milices ossètes, qui ont systématiquement pillés, incendiés, et dans certains cas bulldozer les villages géorgiens, ont été particulièrement graves. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a qualifié ces abus de « nettoyage ethnique » dont Human Rights Watch a cité de nombreuses preuves en les nommant « crimes contre l'humanité » et « crimes de guerre».

L'APCE a également noté l'échec de la Russie et des autorités de facto pour mettre un terme à ces pratiques et de remettre leurs auteurs à la justice. En effet, les troupes russes était largement, volontairement ou non, dans l'incapacité de s'acquitter de leurs tâches de sécurité.

VolgaDepuis août 2008, la Russie a consolidé sa position en Abkhazie et en Ossétie du Sud face à relativement peu de critiques internationales. Il n'a pas retrouvé sa présence militaire d'avant-guerre ni en nombre (3700 hommes, armes légères) ni en lieux, comme le demande le plan en six points du 12 août, et, en avril 2009, elle a envoyé des troupes supplémentaires en Ossétie du Sud et en Abkhazie (10,000 hommes par province). En violation de ses accords avec l'UE des 7 et 8 septembre, le Russie a empêché l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) de poursuivre ses activités d'avant-guerre en Ossétie du Sud, y compris le suivi et la mise en œuvre d'un programme de réhabilitation et de reconstruction. Elle justifie sa position en disant «nouvelles réalités» l'emportent, car il a reconnu en août l'indépendance de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie et conclu des accords de sécurité.

La Russie a maintenant passé plus de deux étapes, non seulement rejeter la mission de l'ONU qui a travaillé en Abkhazie, mais aussi le blocage d'un renouvellement du mandat de la mission de l'OSCE en Géorgie qui fut actif en Ossétie du Sud. Même si aucun des 56 autres Etats membres de l'OSCE n'appuie cette dernière étape, la quatrième plus grande mission de l'OSCE est à la veille de la clôture, le 30 Juin.

Plusieurs séries de discussions parrainées par l'ONU, l'UE et l'OSCE, mettant l'accent sur la sécurité et les questions humanitaires, ont eu lieu entre les représentants des quatre parties à Genève sans résultats tangibles. La présence de l'excès de troupes et de l'absence d'un régime de sécurité ont fait de même, il est impossible pour certaines personnes déplacées qui vivaient dans l'ancienne "zones tampons" Russes en Géorgie à se sentir suffisamment en sécurité pour retourner dans leurs foyers. L'afflux de personnes déplacées a présenté un sérieux problème aux autorités géorgiennes, alors qu'ils étaient déjà aux prises avec au moins 200.000 personnes déplacées par le conflit en Abkhazie et en Ossétie du Sud du début des années 1990. Après les événements du mois d'août, le gouvernement a rapidement construit des logements semi-permanents pour les personnes nouvellement déplacées. Maintenant, il doit développer une approche plus globale pour intégrer les nouveaux et les anciens déplacés internes dans le pays.

En août 2008, Crisis Group a recommandé une série de mesures pour résoudre le conflit. Nombre de ces recommandations restent insatisfaites, mais toujours valables: afin de stabiliser la situation de la sécurité, réduire les chances de renouvellement majeur des hostilités et à améliorer la situation humanitaire, la Russie doit:

  • s'engager de nouveau pleinement aux discussions au sein du Conseil de sécurité de manière à aller au-delà de son veto du 15 juin et de parvenir à un accord sur un régime de sécurité fonctionnelle et la mise en œuvre d'un mécanisme visant à faciliter la poursuite du rôle de l'ONU en Géorgie;

  • respecter pleinement les accords de cessez-le-feu, en particulier par le retrait de ses troupes des zones qu'elles n'occupaient pas avant le 7 août 2008 (le district d'Akhalgori en Ossétie du Sud, Perevi village du côté géorgien de la frontière administrative avec l'Ossétie du Sud et la région de la gorge de Kodori en Abkhazie );

  • permettre à la Mission de surveillance de l'UE (EUMM) et aux institutions internationales dont les Nations unies un accès immédiat à l'Ossétie du Sud pour superviser la sécurité et fournir une aide humanitaire;

  • encourager l'Ossétie du Sud, les autorités de facto, d'annoncer que les personnes déplacées géorgiennes seront autorisées de revenir immédiatement et de trouver un financement pour la reconstruction de villages détruits, ainsi que pour d'autres régions d'Ossétie du Sud endommagées pendant la guerre;

  • participer de manière constructive dans les négociations de Genève, et

  • accepter la proposition de la présidence grecque de soutien neutre pour la poursuite de la mission de l'OSCE.

Le gouvernement géorgien et les autorités de facto de l'Ossétie du Sud et en Abkhazie devrait:

  • avoir un accord sur des mesures conjointes, y compris l'accès pour les missions de contrôle à toutes les régions, pour prévenir les incidents et les violations des droits humains dans les zones de conflit et faciliter le retour volontaire, sûr et digne des personnes déplacées;

  • mettre en œuvre une stratégie d'intégration des personnes déplacées et l'augmentation de la capacité de participer pleinement à la vie politique, sociale et économique;

  • d'éviter la rhétorique belliqueuse et de faux rapports de médias sur la situation dans les zones de conflit, et

  • accueillir les projets humanitaires et de reconstruction financé par les gouvernements occidentaux ou des organisations internationales, y compris l'OSCE, des Nations unies, et l'UE, et de modifier les lois qui pourraient entraver un tel travail.

L'UE, les États-Unis et le Conseil de l'Europe et d'autres organisations internationales devraient:

  • appuyer les enquêtes internationales sur la conduite de la guerre du mois d'août et de ses violations de tous les côtés;

  • suspendre le droit de vote de la Russie à l'Assemblée si elle ne coopère pas à inverser le nettoyage ethnique en Ossétie du Sud, notamment en s'acquittant de ses engagements des 12 août et 7-8 Septembre;

  • encourager le Comité International Olympique à étudier si les Jeux olympiques d'hiver de 2014 peut être tenue à Sochi, en Russie, si un régime de sécurité n'a pas été établi dans la région voisine, l'Abkhazie;

  • encourager le Conseil de sécurité de rester saisi de la question, en dépit de la cessation de la Mission des Nations unies;

  • exhortons le Secrétaire général des Nations Unies à continuer d'exercer ses bons offices en nommant un envoyé spécial, et de poursuivre les efforts visant à faciliter le processus de paix;

  • investir la mission de l'UE avec un rôle élargi pour répondre à la situation sur le terrain et

  • participer de manière constructive aux efforts visant à résoudre immédiatement les problèmes de sécurité et humanitaires, y compris en encourageant les parties à s'engager pleinement dans les négociations de Genève, comme un premier pas vers la résolution des conflits plus larges.

Cet exposé se concentre principalement sur la situation en Ossétie du Sud; subséquente, il sera destiné à la situation en Abkhazie.

Texte traduit de l'anglais.

D.P.

 

20/06/2009

« Puisque je ne peux venir à toi, c'est toi qui viendras à moi ! »


« Puisque je ne peux venir à toi, c'est toi qui viendras à moi ! »

L' effort de la Russie pour organiser la déstabilisation interne reste le principal danger pour l'État géorgien. C'est, en substance, ce qu'a déclaré Gela Bezhuashvili, responsable du Foreign Intelligence Service devant les députés géorgiens.

Le Kremlin est en train de renforcer son réseau d'agents, en particulier dans les territoires occupés. Le principal objectif du Kremlin, depuis l'arrivée au pouvoir de Saakashvili, est de changer le gouvernement géorgien. Le FSB recherche l'aide de la diaspora et des ex-fonctionnaires ayant trouvé asile en Russie pour réaliser leur objectif, et Gela Bezhuashvili affirme que le gouvernement russe essaie d'ouvrir la tenue d'élections extraordinaires en Géorgie.

«La Russie souhaite la déstabilisation interne du pays. Elle utilise toutes ses ressources, travaille activement avec la diaspora géorgienne en Russie, en utilisant toutes les personnes qui ont quitté la Géorgie au cours de la dernière année en tant que ressources [financières]. Le but de la mobilisation de ces ressources est de renverser le gouvernement légalement élu en Géorgie. La Russie fait tout ce qui est possible pour soutenir la déstabilisation et les problèmes de plusieurs manières, notamment en soutenant l'idée de la tenue d'élections extraordinaires en Géorgie. »

Le président de la commission parlementaire de défense et de sécurité a ensuite nommé deux hauts fonctionnaires du gouvernement de l'ex-président Eduard Shevardnadze. Ces deux fonctionnaires ont eu des contacts avec Vladimir Rushailo, l'ex-secrétaire du Conseil de sécurité russe. « La Russie a renforcé son réseau d'agents, y compris parmis les chefs du crime et des ex-hauts responsables du gouvernement de Chevardnadze. Leur principal objectif est de provoquer la déstabilisation de la Géorgie et en changer le gouvernement. » Il a parlé de la quantité d'argent qu'ils avaient détournés à l'époque, ce qui avait mené à leur limogeage par le nouveau gouvernement après la révolution des roses, et les restrictions dans le financement de la CE. Ces cinq dernières années, ils ont investi plusieurs millions en Russie, et possèdent actuellement suffisamment de ressources pour financer, entre autres choses, l'un ou l'autre parti de l'opposition radicale.

Après la guerre d'août, un échec pour la Géorgie comme pour les Russes que personne ne souhaite re-risquer - quoique² - , il est impératif pour les responsables russes d'agir différemment. Puisqu'ils ne peuvent pas annexer l'ensemble des provinces de Géorgie, (que deux, et ça fait quand-même, ne l'oublions pas, 20% du territoire), « c'est la Géorgie qui viendra à nous !» En faisant en sorte que Saakashvili démissionne, ou en le forçant à organiser des élections présidentielles anticipées. Ce que l'opposition radicale demande depuis deux mois à travers ses mouvements de protestations avec entêtement et violentes provocations.

Financer la campagne d'un(e) futur(e) marionnette ne serait alors qu'une formalité avec l'aide des « anciens » sus-nommés, et avec l'expérience du FSB pour organiser des élections « à la soviétique » comme à Grozny, dans moins de deux ans ils s'attaqueront à l'Azerbaidjan voisin pendant que la Géorgie, sous contrôle d'un pantin financé par un criminel, se vide, saccagée par 36 milices « incontrôlées ». Que du plausible. C'est ce que les différents gouvernements qui sont succédés depuis 15 ans tentent de faire savoir aux occidentaux que nous sommes, avec le faible succès que l'on sait: la rapide réaction de la diplomatie européenne et un soutien ferme de la communauté internationale. Unis, mais impuissants face à la Russie semble-t-il.

D.P.  Infos: Rustavi2

17/06/2009

Grave! OBAMA est insulté par un député de la Douma...

 

Le député Sergei ABALSEV insulte OBAMA et son conseiller Gordon .

Je cite :

" Je recommande à GORDON (conseiller du président OBAMA pour les questions eurasiennes - Russie/Géorgie e.a.) de faire changer son nom en « CONDOM », et je conseille au Président (Obama) d'ouvrir un sex-shop à la Maison Blanche, et utiliser tout cela avec sa femme."

"Ce n'est pas de la politique ce qu'OBAMA fait, alors je leur recommande de planter des concombres et des carottes autour de la Maison Blanche au lieu de faire de la politique."

Après s'être fait fortement critiquer par la communauté internationale pour avoir posé son véto avant-hier au Conseil de sécurité de l'ONU, empêchant la prolongation des missions en Géorgie, y compris dans les provinces séparatistes, la Russie se déchaîne. Bien entendu, ce genre de discours est assez habituel de la part des dirigeants russes. Souvenez-vous de ce que poutine a dit, plus d'une fois, devant des millions de téléspectateurs et devant... Sarkozy, je cite : «Saakachvili, je vais pendre par les couilles». Cette petite phrase de Poutine a été largement diffusée par les média à l'époque, j'espère que celle de son député ABALSEV le sera tout autant, et nous attendons tous la réaction du Président Obama et, accessoirement, de Poutine ou de Medvedev.

Peut-on s'attendre à des sanctions de la part de l'administration américaine? Peut-être. Ce serait normal. Pourtant, en y réfléchissant, est-ce plus ou moins grave que d'envahir et occuper un pays voisin, de protéger un nettoyage ethnique, de baffouer les lois internationales?

Allez, finalement, tout cela n'est pas bien important, tant que l'Europe peut s'approvisionner en gaz et en pétrole, il n'y a pas de soucis à se faire! Ah oui mais là, il y a un autre problème : la Biélorussie s'est vu interdire l'exportation de ses produits laitiers en représaille de sa non-reconnaissance des provinces séparatistes, et du coup les biélorusses menacent de couper les robinets du gaz en transit par chez eux vers l'Europe...  Super!

D.P.

 

Les dicours de Saakashvili et Tchourkine. Le pot de terre...

« L'échec de la Russie d'approuver son projet (modifier « province séparatiste d'Abkhazie » en « république d'Abkhazie »), dans le texte de résolution du Conseil de Sécurité [de l'ONU], qui n'a fait aucune référence sur l'intégrité territoriale de la Géorgie, est "notre victoire diplomatique," a dit le Président Saakashvili le 16 juin. »

« Il n'y a pas un gramme de chance que la Géorgie donne son consentement sur la légalité de l'occupation des territoires géorgiens, tant que le gouvernement géorgien est présent dans la diplomatie ; malheureusement, apparemment ils [la Russie] espèrent qu'ils peuvent trouver quelqu'un d'autre en Géorgie, qui, lui, y consentira. » (Faisant allusion à certains opposants pro-russes actifs à Tbilissi comme leaders dans les manifs anti-Saakashvili)

« Le but de la Russie est de faire s'effondrer l'état géorgien. Mais nous devrions aussi comprendre qu'après une telle position consolidée de nos alliés à l'ONU, chacun a vu que la Géorgie ne peut être monnayée; la Russie a essayé le compromis [sur les revendications géorgiennes] avec une résolution sur la Corée du Nord et l'Iran. La Russie était prête à payer n'importe quel prix en échange des membres de Conseil de sécurité cédant sur le dossier « Géorgie ». Mais il n'y avait pas même l'ombre d'une hésitation du côté des membres du Conseil de sécurité. »

« Hier, c'était le premier test sérieux sur la non-reconnaissance de l'occupation. Je pense que la communauté internationale, ensemble avec nous, a clairement exprimé sa position et a donné une réponse précise à cette question majeure. En attendant, ici, sur notre territoire nous sommes seuls face à face avec l'agresseur ... Sur ce point nous devons négocier non pas avec les gouvernements séparatistes, mais avec l'agresseur et l'occupant ... Nous devrions continuer notre lutte. Je pense, qu'hier nous avons reçu des arguments légaux internationaux sérieux pour notre lutte ... Nous avons une longue route à faire mais nous devrions passer cette épreuve pour faire cesser l'occupation, et libérer la Géorgie. »

Pendant ce temps, le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué dans une déclaration, le 16 juin, que l'arrêt de la mission de l'OSCE en Géorgie, suivie par l'arrêt de la mission sous mandat de l'ONU, amènent des questions sur la sincérité « de la Géorgie et de ses patrons » dans le [désir de ]maintien de la stabilité dans la région. Le refus de notre proposition de mettre au point des documents juridiquement contraignants sur le non-recours à la force est également une source de préoccupation. Il y a moins de doute qu'à propos de l'instabilité politique interne en Géorgie, le régime de Tbilissi tenter à nouveau de détourner l'attention du public de l'« ennemi interne » avec le problème de l'intégrité territoriale. Ce n'est pas la première fois que les dirigeants géorgiens ont recours à cette méthode pour réduire la pression des problèmes socio-économiques. » (Tchourkine)

Le ministère russe des Affaires étrangères a également déclaré qu'en dépit de « certaines questions » à propos de la mission de surveillance de l'UE en Géorgie (EUMM), en particulier sur « l'efficacité potentielle en cas d'agression de Tbilissi, » la question est de savoir si la présence des moniteurs de l'UE dans les zones adjacentes à l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud « est un facteur de dissuasion important » pour Tbilissi.

D'après Civil.ge

Les russes, qui rejettent la responsabilité sur la Géorgie et ses partenaires occidentaux pour l'arrêt de l'OSCE et des missions de l'ONU en Géorgie (et donc, pour ne pas avoir cédé à leur chantage), ont déclaré que les États-Unis et les membres européens du Conseil de sécurité des Nations unies savaient que leur résolution sur la prorogation du mandat de la mission de l'ONU ne serait pas acceptée « parce que l'Abkhazie n'y figure pas en tant qu'Etat indépendant », donc il ne fait aucun doute que tout le poids de la responsabilité du départ des observateurs des Nations Unies repose sur les Etats occidentaux qui, depuis de nombreux mois, « ont fait preuve d'entêtement idéologique ».

Mais comment peut-on prendre les diplomates du monde entier pour des bandits? Certains, d'accord. Mais les russes espéraient-ils réellement que plus d'un Etat allait accepter leur chantage? Et les « entétés » serait l'ensemble des états représentés aux Nations Unies? Pauvre Russie! Deux cents ans que ça dure... et il y en a encore qui s'obstinent.

D.P.

16/06/2009

Le veto de la Russie à l'ONU pourait faire bouger l'Europe.

La Russie a bloqué la résolution de l'ONU portant sur la prolongation de la présence de ses observateurs en Géorgie.

Bien entendu, ce geste attendu des russes peut se retourner contre eux, mais aura des conséquences dramatiques pour les géorgiens vivant dans la province abkhaze. Ces quinze dernières annnées, les observateurs en place des deux côtés de la frontière administrative ont permis de stabiliser quelque peu la région, sans toutefois parvenir à totalement empêcher certains actes de provocation de part et d'autre (surtout d'autre), comme " l'affaire du drone " par exemple, ou la distribution de passeports russes à des citoyens (séparatistes mais pas uniquement) de Géorgie.

Toujours est-il qu'à partir de ce 16 juin, 8 am, seuls quelques observateurs européens resteront là à écrire des rapports sur la situation, semaine après semaine, sans pouvoir passer la frontière abkhaze, sans aucune possibilité d'intervenir au cas où. 

Hier, au Conseil de Sécurité de l'ONU, New-York.

Première question : doit-on permettre à la Géorgie d'être présente pour le vote de la résolution de l'ONU portant sur la prolongation de la présence de ses observateurs en Géorgie? Qui dit "oui" ? Un par un, les représentants lèvent leur main. Qui dit non? Tchourkine, seul, la lève, semblant dire "pour le principe, pour le geste, pour le FSB  et ses théories..." Le représentant géorgien restera pour le vote. Deuxième question: doit-on prolonger le mandat des observateurs de l'ONU? 10 mains se lèvent unanimement pour le "oui", une seule encore pour le "non", mais cette fois la Russie a réussi: sa seule voix négative l'emporte sur les 10 oui et les 4 abstentions.

Pour vous donner une idée de ce qu'en ont déduit les pays représentés à l'ONU après le vote, voici le texte de l'intervention du représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, M. Jean-Maurice Ripert :

Monsieur le Président,

Dans la résolution 1866, que nous avons adoptée et co-parrainnée unanimement, nous nous étions engagés à décider de l’avenir de la présence des Nations unies sur la base du rapport du Secrétaire Général.

Ce rapport, qui s’intitule « rapport en vertu des résolutions 1808, 1839 et 1866 », a bénéficié d’un très large soutien au sein du Conseil lorsqu’il a été présenté.

Sur cette base, des négociations intenses ont donc eu lieu au sein du groupe des amis de la Géorgie.

Plusieurs séries de projets ont été discutés. Vendredi, le groupe des amis s’est réuni pendant plus de six heures. Samedi il s’est réuni à nouveau.

De nombreux gestes ont été consentis sur le régime de sécurité.

Nous n’étions pas très loin d’un accord. Il est vrai que la Russie a tenté tout au long d’utiliser ce processus pour aboutir à ce que les membres du Conseil reviennent sur l’intégrité territoriale et la souveraineté géorgiennes.

C’est pourquoi toutes les propositions russes comportaient des références à la « République d’Abkhazie », à ses frontières, mentions provocatrices et évidemment inacceptables pour une majorité de membres du Conseil. La Russie a également curieusement nié toute référence à un conflit et, ce qui est encore plus inquiétant, toute référence à un processus politique.

Cependant des progrès ont été faits. Il fallait donner, nous semble-t-il, toutes les chances à cette négociation.

C’est pourquoi la France, dans un esprit constructif, de concert avec l’Allemagne, l’Autriche, la Croatie, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Turquie, a mis en bleu hier soir le projet de résolution sur lequel nous venons de nous prononcer.

Ce texte proposait une reconduction technique du mandat de la MONUG, afin de donner un ballon d’oxygène à la négociation.

Il était une copie conforme des dernières résolutions de reconduction technique de la MONUG, les résolutions 1839 et 1866. Or ces deux résolutions sont intervenues après le conflit d’août, et après la reconnaissance par la Russie des entités séparatistes. Et comme vous vous en souviendrez, la Russie a voté ces deux résolutions, comme le Conseil unanime. La Russie a même co-parrainé la résolution 1866.

L’un des éléments clé qui avait permis l’adoption de ces résolutions, et leur acceptation par le pays-hôte, la Géorgie, était la référence à la résolution 1808. Cette référence n’avait pas empêché la Russie de les voter.

La Russie a demandé à écarter cette référence dans le présent projet. Cette proposition était inacceptable pour nous, et pour une majorité de membres du Conseil, pour plusieurs raisons :

- d’abord, car la France, comme l’Union européenne, est fondamentalement attachée à la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues ;

- ensuite, car rien n’est intervenu depuis le vote de la résolution 1866 en février dernier qui justifie que le Conseil change de position ;

- enfin, car cette éviction aurait clairement préjugé le résultat des futures négociations, plutôt que de reconduire l’ordre actuel afin de permettre à ces négociations d’avoir lieu.

Dans ces conditions M. le Président, il nous paraît inexplicable que la Russie ait mis fin à cette mission à cause de la référence à la R. 1808.

Monsieur le Président, la Russie a pris une lourde responsabilité en apposant son véto à ce texte.

La résolution aurait été adoptée par une large majorité sans ce véto.

Et pour cause. La Russie met fin à 15 ans de présence stabilisatrice des Nations unies sur le terrain.

La population locale, qui a besoin d’assurances de sécurité et d’un regard extérieur contre les provocations et l’arbitraire, sera la première victime de cette décision.

Ce véto laisse également sur le terrain une situation toujours extrêmement délicate et instable, avec des haines irrésolues et des barrières artificielles, sans processus de paix. Le Conseil de sécurité ne pourra pas s’en désintéresser.

Monsieur le Président, à nouveau, la France regrette profondément ce véto russe. Elle appelle l’ensemble des parties ayant des forces sur le terrain à respecter strictement les accords d’août et septembre 2008. Enfin, elle réitère à nouveau son soutien sans réserve à la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues./.

http://www.franceonu.org/spip.php?article4007#

Bien entendu, si la mention "république d'Abkhazie" avait été présente dans un seul des textes présenté au Conseil, la Géorgie aurait refusé de signer quoi que ce soit. Province autonomes, c'est le pire que le gouvernement ait proposé aux séparatistes abkhazes. Perdre la souveraineté d'une grande partie de son territoire parce qu'une force étrangère provoque, manipule, ment, corromp, et finalement occupe militairement, financièrement, politiquement et maffieusement une province qui ne sera jamais sienne n'a pas de sens à moyen terme.

D.P.

 

 

 

12/06/2009

« Il n'ya pas de crise politique en Géorgie »

Ce mercredi les nouvelles se bousculent à Tbilissi. Sans faire de tri profond, en voici un résumé.

Philip H. Gordon, le Secrétaire d'État adjoint pour les affaires européennes et eurasiennes, est arrivé des Etats-Unis avant-hier soir à Tbilissi où il s'est entretenu d'abord avec trois leaders de l'opposition. Mr Gordon a insisté pour que le processus de contestation puisse aboutir à un dialogue démocratique entre le parlement et l'opposition qui, de son côté, a confirmé qu'il n'y aura pas de dialogue possible tant que Saakashvili n'admet pas l'idée qu'il y a "crise politique" en Géorgie, et qu'il n'accepte pas de démissioner. Têtus. Alors les manifestations continuent.

Insistant par ailleurs sur l'importance d'une stabilité politique, bonne pour l'aspiration de la Géorgie à rejoindre les institutions euro-atlantiques, il a aussi ajouté, à l'adresse des journalistes présents : "Nous apprécions aussi l'exemple que le gouvernement a montré en traitant ces protestations sans intervenir. (...)

Mikheil Saakashvili : "Il n'y a aucune crise politique en Géorgie," a-t-il dit à une réunion télévisée en direct avec des membres de cabinets. "Quels sont les signes de crise politique? C'est le cas lorsque le gouvernement est désagrégé, comme cela fut le cas à l'époque Shevardnadze. Alors, le gouvernement ressemblait à un cirque, avec ses membres se disputant les uns les autres et incapables de prendre des décisions. Rien de tout cela n'arrive plus maintenant ; on consolide le gouvernement. Ce signe de crise politique est absent. Le deuxième signe de crise politique: quand l'économie s'effondre totalement, avec le gouvernement qui ne peut distribuer les pensions et les salaires. Nous n'avons pas ce signe non plus."

Home Freedom squarefreedom square - Tbilissi - 10 août 2008

Pour revenir sur les leaders de l'opposition radicale, il y a un texte à lire, incontournable. Il s'agit d'un exposé que Nino Burjanadze (féroce opposante proche des russes, selon ...) a commis à Ottawa à l'époque où elle était présidente du parlement géorgien, en 2007. Comme il fait 5 ou 6 pages, en voici le lien et un extrait :

"Notre conférence a pour thème clé la démocratie et la promotion du développement démocratique dans le monde. Permettez-moi de souligner d’entrée de jeu que la Géorgie, pays en transition situé dans une région turbulente, aux jeunes institutions démocratiques encore fragiles, connaît mieux que quiconque toute l’importance de la démocratie pour bien orienter le développement d’un pays, pour établir un système d’affaires internationales juste et pour garantir la sécurité de tout petit État.

En cette ère de mondialisation, il est évident que l’instabilité dans une région du globe aura inévitablement des retombées négatives à l’échelle internationale. Dans de telles conditions, on ne peut arriver à un environnement sûr et stable qu’en élargissant l’espace démocratique commun. À cette fin, la communauté internationale ne devrait ménager aucun effort pour aider les États en transition qui veulent faire partie intégrante du monde démocratique. Bien entendu, ce processus est très difficile, car les jeunes démocraties sont pour la plupart fragiles. Mais c’est justement ce pourquoi des acteurs extérieurs ont probablement un rôle crucial à jouer pour ce qui est de faciliter la transformation démocratique de pays en transition."

La suite est de plus en plus intéressante, surtout sachant qu'à présent, elle agit dans le but d'obtenir ce qu'elle dénonçait il y a deux ans, avec les moyens qu'elle considérait elle-même comme très dangereux pour la stabilité non seulement du pays, mais de toute la région, au mieux, refusant tout dialogue avec la majorité parlementaire. Je pense sincèrement que cette "honorable Nino Burjanadze" est dangereuse.

Dans un pays civilisé quelconque, France Japon ou Argentine, de telles provocations auraient déjà été sévèrement sanctionnées. Mais ici, Burjanadze et les autres leaders de l'opposition radicale, jouant le jeu des russes sans jamais l'avouer, sait qu'elle est libre d'agir contre le gouvernement tant que celui-ci n'intervient pas, ne peut intervenir.

Les occupants russes sont prêts, à moins de 200 km de la capitale, pour intervenir, eux! D'autant que les observateurs de l'ONU doivent se retirer le 15 juin puisqu'aucun ordre de prolongation n'a été décidé à l'heure où j'écris ces lignes.

" Ce n'est pas un bon signe quand la Russie envoie ses chars T-90 et ses hélicoptères en Ossétie du Sud et en Abkhazia. C'est soit une tentative de pression soit une préparation pour une nouvelle guerre. Dans cette situation il est très important que des forces politiques réussissent à s'unir." (ancien représentant de l'Union Européenne en Géorgie, Denis Corboy, en connaisseur)

Extrait vidéo : les Russes en villégiature à Poti, 13.08.2008


Mais le Parlement géorgien reprend ses sessions aujourd'hui, sous l'ordre du Président, après deux mois de blocage par les mouvements de l'opposition radicale. La démocratie reprendrait-elle enfin ses droits?

D.P.

11/06/2009

Tbilisite - Ouplistsikhé

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13:59 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/06/2009

Les diplomates avertissent la société internationale du danger d'une nouvelle guerre entre Géorgie et Russie.

 

Les diplomates avertissent la société internationale du danger d'une nouvelle guerre entre Géorgie et Russie.

L'ancien représentant de l'Union Européenne en Géorgie, Denis Corboy : "La crainte d'une nouvelle intervention militaire russe en Géorgie n'est pas sans fond. Les entrainements militaires au Caucase en 2009, conduits à la frontière du nord de la Géorgie, sont soit des tentative de pression sur la Géorgie, soit une préparation pour la nouvelle guerre."

La Russie, qui sait depuis toujours combien il est difficile pour son armée de progresser facilement en territoire géorgien en hiver, avait attaqué et bombardé la Géorgie en août dernier, dans le but avoué d'avancer vers Tbilissi, mais la diplomatie européenne est intervenue presque immédiatement (juste 10 ans trop tard) pour faire arrêter les combats, et un cessez-le-feu a été signé, engageant les deux camps, entre autre, à regagner leurs positions d'avant le 7 août, date sois-disant du début des hostilités. 

La Russie, qui à ce jour n'a respecté aucun des points d'accords du cessez-le-feu, a sérieusement augmenté ses effectifs militaires dans les provinces séparatistes, passant de 3700 "soldats de la paix" à plus du triple par province entre septembre 2008 et février 2009. De plus, nombre de bases ont été réimplantées un peu partout en Abkhazie et en Ossétie, dont deux aéroports militaires et une base navale en construction sur les côtes abkhazes.

Bien entendu, Poutine et Medvedev accusent tous deux la Géorgie d'avoir augmenté ses effectifs de... policiers le long de la "frontière" sud ossète pour "légitimer" l'arrivée massive de soldats russes en Géorgie.

A près l'annexion progressive de l'Abkhazie et de la province de Samatchablo, plus connue sous le nom stalinien d'Ossétie du sud, annexion totalement concrétisée lors de la reconnaissance par la Russie (accessoirement aussi par le Nicaragua qui, en tant que "proche voisin" doit certainement bien connaitre la région!), les responsables russes doivent à présent mettre en oeuvre ce qu'ils n'ont pu réaliser lors de la guerre d'août : occuper l'ensemble du territoire géorgien. Ils n'attendent qu'une seule chose: une raison d'intervenir en dehors des deux provinces séparatistes. Ce que les manifestants anti-pouvoir à Tbilissi pourraient leur offrir, consciemment ou stupidement selon le leader d'opposition organisateurs des provocations en cours depuis deux mois dans la capitale géorgienne.

Parce que le danger est là: même si après deux mois de manifestations les opposants ont presque tous déserté la rue, que plus de la moitier des leaders de l'opposition parlementaire et non-parlementaire ont enfin accepté le dialogue avec Saakashvili, il reste les leaders les plus radicaux (ou têtus, c'est selon) pour provoquer le pouvoir et refuser le dialogue. Le moindre faux-pas pourrait donner à Poutine l'occasion rêvée d'intervenir et de renverser le président Saakashvili.

Les diplomates européens et américains ont prévenu depuis le début des manifestations qu'il est indispensable pour l'opposition géorgienne d'accepter le dialogue avec le gouvernement s'ils ne veulent pas qu'un tel scénario se réalise. Non seulement les irréductibles font la sourde oreille, mais de plus ils durcissent leurs positions, jouant en cela le jeu de la stratégie russe. Alors les diplomates et autres observateurs sur place haussent le ton et avertissent la communauté internationale des risques d'une reprise des hostilités cet été.

Au même moment, dans la province d'Abkhazie la présence russe commence à peser pour les habitants abkhazes. Les terres le long de la côte de la mer Noire sont presque entièrement réservées aux seuls russes, les compagnies de transports sont "rachetées" par la Russie, les habitations désertées par les géorgiens après les nettoyages ethniques des milices abkhazes sont soit démolies soit données à des citoyens russes, la langue russes est devenue la seule langue officielle et dans l'enseignement et dans les administrations, puisqu'il y a plus de russes en Abkhazie que d'Abkhazes.... Si la situation s'envenime en Abkhazie, un conflit armé entre abkhazes et russes peut s'amorcer et rapidement dégénérer, pour sans doute s'étendre à l'ensemble du territoire géorgien.

D.P.

08/06/2009

L'interview d'un général russe Borisov démontre - s'il le fallait encore - que la Russie a effectivement programmé l'attaque sur la Géorgie longtemps avant le 7 août.

L'interview d'un général russe Borisov démontre - s'il le fallait encore - que la Russie a effectivement programmé l'attaque sur la Géorgie longtemps avant le 7 août.

Le Général Borisov a été en charge des troupes russes sur le terrain en Ossétie du Sud pendant la guerre du mois d'août et quelques temps après la guerre. Il a déclaré dans une interview à la station de radio Ekho Moskvy, le 6 Juin, tout en parlant de l'importance de la formation et de l'utilisation de l'expérience passée des forces armées de nos jours: « J'étais au commandement de l'Ossétie du Sud et de Géorgie. Comme vous le comprendrez, nous avons régulièrement des exercices dans ces régions, nos troupes ont reçu un entraînement à grande échelle, comme on avait procédé à des exercices dans ces régions (Abkhazie et Ossétie du Sud) à peine une semaine plus tôt et nous étions juste à gauche, c'est pourquoi nous avons marché sur Tskhinvali beaucoup plus efficacement que les unités sous le commandement central et de district. Pour nous, ce n'était pas difficile. »

"Si quelqu'un à ce jour conserve des doutes sur ce qui s'est réellement passé en août 2008, nous lui conseillons de se référer aux informations figurant dans ladite interview », le ministère géorgien des Affaires étrangères a déclaré ce 7 Juin. « Nous conseillons fortement à ceux qui, à ce jour ont des doutes quant à qui ce qui a inspiré et mis en action l'agression militaire contre la Géorgie en août dernier, et se référer à la partie susmentionnée de l'entretien du général de la Fédération de Russie. »

« Nous espérons que cette déclaration confessionnelle supplémentaire par un autre agresseur russe, aidera les commissions internationales à parvenir à des conclusions pour trouver la vérité sur la guerre non déclarée par la Russie contre la Géorgie depuis ces 18 dernières années, le dernier épisode ayant eu lieu le 7 août 2008. »

Gigi Ugulava, maire influent de Tbilisi, a dit qu'il espérait que cette confession accidentelle du général russe « purifierait les esprits de ces gens, principalement dans des partis politiques, pour qui les conclusions des missions d'enquête de l'UE sur la guerre amènerait un blâme sur les autorités géorgiennes « pour son lancement de la guerre d'Août ».

D'après Rustavi2, et d'après l'interview sur www.echo.msk.ru

Commentaire à l'attention de Josy Dubié, ex-journaliste et ex-sénateur écolo.

Cela fait des années qu'on le dit, que Poutine est quelqu'un d'extrêmement dangereux pour l'équilibre dans la région. Que le danger ne vient pas de la Géorgie et de ses aspirations européennes, ou à tout le moins occidentale, mais bien de Poutine et sa soif de puissance. De Poutine qui entretien les tensions dans le Caucase à son profit. Il faudrait sans doute cesser de nier les évidences, ou cesser de mentir pour tenter de barrer la route de l'OTAN à la Géorgie (et à l'Ukraine), en accusant les géorgiens de ce qu'ils ne sont pas, ou d'avoir fait ce qu'ils n'ont pas fait.

Sans aucun doute il y eut d'énormes erreurs commises par le gouvernement géorgien avant et pendant la guerre, et vous pourrez prendre connaissance de celles-ci, énumérées par la commission d'enquête du parlement géorgien, puisque je vous les livre à la suite. Mais une et une seule chose à retenir: la Géorgie n'a ni débuté ni provoqué le conflit, cette guerre ayant été préparée depuis des mois, voire des années, par Poutine. Chaque jour qui passe en révèle une preuve supplémentaire.

Par conséquent, il serait grand temps pour nos politiques, en Belgique principalement - étant un des seuls pays à bloquer le chemin vers l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN - de revoir sa copie.

Monsieur Dubié, peut-être avez-vous (eu) raison de ne pas vouloir voir la Géorgie rejoindre l'OTAN. Sur ce point je ne discute pas. Mais, dans le but de discréditer la Géorgie, accuser cette dernière d'avoir préparé cette guerre, d'avoir préparé un nettoyage ethnique, et même des génocides contre les ossètes, c'est carrément dégueulasse, d'autant que votre « enquête », je le rappelle, n'a été menée qu'en ossétie du sud et du nord ainsi qu'à Moscou, puisque vous n'avez jamais mis les pieds ni à Tbilissi ni ailleurs en Géorgie non-occupée.

Mais aujourd'hui, oh bonheur, vous quittez vos fonctions de sénateur écolo pour une retraite loin d'ici. Vous aurez donc tout le temps pour y penser, et tout le temps pour voir combien vous avez eu tort dans vos accusations pour lesquelles l'état géorgien ferait bien de vous attaquer en justice mais ne le fera pas tellement l'insignifiance de vos déclarations, noyées parmis les déclarations de la Douma et des officiels russes, n'a touché que vous-même et votre parti écolo. Par ailleurs, j'espère que le petit frère Defossé pourra être plus intelligent, plus à l'écoute, plus impartial, mais qui s'étonnera du contraire...?

D.P.

La commission parlementaire qui étudie la Guerre d'Août, a publié un volumineux rapport qui soutien la version officielle du gouvernement sur les événements qui ont mené aux hostilités.

Le rapport, qui a été lu par le Président de la Commission, le député Paata Davitaia, en direct à la télévision géorgienne durant 3 heures, identifie un certain nombre de lacunes des organismes de l'Etat, qui ont été mis en évidence au cours des événements du mois d'août.

En voici le résumé paru sur Civil.ge.

En son début, le rapport affirme que l'agression de la Russie contre la Géorgie n'a pas commencé en août 2008 et rappelle la version officielle géorgienne des événements, de la manière dont les militaires ont commencé les hostilités en Abkhazie et en Ossétie du Sud, au début des années 90. Le rapport donne un calendrier détaillé des événements qui ont précédé la guerre du mois d'août, telle qu' elle l'a été par la plupart des hauts fonctionnaires lors de leurs témoignages devant la commission.

La partie du rapport traitant « des actions du gouvernement géorgien pendant la guerre et les défauts révélés » dit que l'on peut considérer l'échec des autorités à parvenir à délégitimer la présence de soldats de la paix russes comme étant le manquement majeur des autorités géorgiennes dans la période précédant le mois d'août. »

Le Ministre d'État chargé de la réintégration, Temur Iakobashvili, a déclaré à la commission dans son témoignage que Tbilissi envisageait de faire cesser le mandat des forces russes de maintien de la paix, mais que ça ne s'est pas concrétisé en raison de l'avis des partenaires occidentaux qui déconseillèrent la Géorgie d'agir en ce sens.

La Commission a déclaré que l'« approche constructive » initiée par Tbilissi sur la question n'a pas réussi à arrêter la Fédération de Russie. « La Fédération de Russie a modifié son « maintien de la paix » en participant pleinement à l'agression contre la Géorgie », a dit la commission dans le rapport. « D'une part, la Russie utilise « l' attaque » contre ses forces de « maintien de la paix » comme l'un des prétextes pour le lancement de l'agression alors que pendant ce temps, des attaques ont été réalisées sur les villages et les citoyens géorgiens à partir de leur quartier général de Tskhinvali. »

Le rapport indique que malgré les informations sur l'augmentation des tensions dans la zone de conflit en Ossétie du Sud (avant août), les autorités géorgiennes n'ont pas réussi à analyser correctement les menaces.

« Les auditions tenues par la commission montrent que les autorités géorgiennes ne s'attendaient pas et n'étaient pas prêtes pour cette agression qui a été déclenchée par la Russie contre la Géorgie en août 2008», dit-il. « Les autorités géorgiennes connaissaient l'existence d'importants exercices militaires russes à la frontière géorgienne fin Juillet, ainsi que d'attaques dans la zone de conflit, mais comme une vague de provocations traditionnelles. »

Dans ce contexte, le rapport critique le Conseil de sécurité nationale (NSC).

« Il est évident que le Conseil de sécurité n'a pas réussi à planifier les actions en temps opportun, ce qui aurait été adéquat pour la situation prévue et, par conséquent, le matin du 7 août, il a dû agir dans « un cas de force majeure. »

La Commission a déclaré que, bien que dans l'ensemble effectivement le gouvernement a du lutter contre diverses questions au cours de la guerre, les décisions des membres du gouvernement ont parfois manqué d'une bonne coordination. Le rapport affirme que le gouvernement n'a pas respecté les procédures formelles énoncées dans un décret spécial prévoyant la mise en place d'une commission gouvernementale en cas de situations d'urgence.

Tout en abordant, comme le rapport le dit lui-même, « les parties les plus faibles » de la Géorgie et du Ministère des Affaires étrangères, la commission a déclaré que «il n'y a pas de plan d'action ni d'instructions écrites pour les ambassadeurs sur la façon d'agir dans des situations d'urgence, les activités des ambassadeurs n'étant pas non plus contrôlée correctement. »

« Au cours de la guerre du mois d'août il y eut un cas, lorsque l'ambassadeur de Géorgie en République tchèque Lado Chipashvili a tout simplement volontairement cessé d'exercer ses fonctions», dit le rapport.

Le rapport accuse également l'ancien ambassadeur de Géorgie en Russie, Erosi Kitsmarishvili - dont le témoignage devant la commission diffère de la version officielle de Tbilissi sur les événements - de la «négligence» dans sa note d'informations envoyée au ministère des Affaires étrangères. Kitsmarishvili n'a pas informé sur les « menaces anticipées en provenance de la Russie ».

En ce qui concerne le témoignage de Kitsmarishvili, la commission a dit qu'elle a demandé au Bureau du Procureur général de procéder à des enquête sur les allégations de l'ancien ambassadeur selon lesquelles il y avait un groupe de hauts fonctionnaires parmi « les dirigeants géorgiens », qui à tort, a affirmé que les États-Unis avait donné son feu vert à Tbilissi pour le lancement des hostilités en Ossétie du Sud.

Le rapport indique également que « de graves lacunes» ont été révélées dans le système de défense.

Il s'est avéré sur base des informations communiquées par [l'ancien] chef d'état-major, que des problèmes persistent dans les systèmes de communication , et que la guerre a révélé «l'inadéquation» des troupes de réserve à tous les niveaux.

Le rapport indique que les remarques controversées de Mamuka Kurashvili sur le lancement de l'opération « pour restaurer l'ordre constitutionnel » en Ossétie du Sud, a été un motif de «manque de volonté du ministère de la Défense en termes de stratégie de communication et absence de stratégie de mise en liberté d'information pendant les premières heures des hostilités. »

« Les remarques de Kurashvili ont ensuite été utilisées dans campagne de propagande anti-Géorgie », a-t-il ajouté.

« Le ministère de la Défense n'a pas réussi à effectuer une planification stratégique adéquate», poursuit le rapport. « La perte d'une certaine partie de l'armement a été causée par des lacunes persistent dans la politique de recrutement d'officiers de l'armée. Il convient de noter qu'un contingent de policiers n'avaient accompli de formation que quelques semaines avant l'agression de la Russie. »

« Le personnel des forces armées n'a pas de plan de retraite préparé à l'avance ... Ce fait indique des faiblesses dans la planification des opérations militaires. »

La commission a également demandé au Bureau du Procureur général de mener une enquête sur le témoignage du chef du gouvernement abkhaze en exil, Malkhaz Akishbaia, en particulier ceux liés à son incapacité à arriver dans les Gorges de Kodori avant que celles-ci soient capturées par les russes soutenus par les milices abkhazes.

La commission a également demandé au Bureau du Procureur général de mener enquête sur la façon dont le ministère a réagi l'énergie à propos de l'information que des investisseurs russes - qui ne sont pas précisés - étaient disposés à investir dans le secteur de l'énergie en Géorgie. Intelligence chief, Gela Bezhuashvili, initially told the commission that his agency informed about it the Economy Ministry, but later the intelligence department said the Energy Ministry was informed about it not the Economy Ministry. Chef des services de renseignements, Gela Bezhuashvili, a d'abord dit à la commission que son organisme a informé à ce sujet le Ministère de l'économie, mais plus tard, le service de renseignement a déclaré que le ministère de l'énergie a été informé mais pas le ministère de l'économie.
La commission a également appelé le bureau du procureur général à enquêter sur tous les cas de violation du droit international humanitaire, indépendamment de qui a été commis des deux côtés. Selon le Bureau du Procureur général, une telle enquête a déjà été lancée .

Recommandations

La commission a dit que pour remédier aux lacunes relevées au cours de la guerre du mois d'août, la commission a élaboré plusieurs recommandations:

  • Le Conseil national de sécurité devrait revoir le concept de la sécurité nationale pour faire face aux risques existants de manière appropriée;

  • Le Conseil de sécurité nationale devrait développer un système d'alerte rapide;

  • Le Conseil de sécurité nationale et le gouvernement devraient élaborer et convenir d'un concept sur un modèle de centre de gestion de crise;

  • Le Conseil de sécurité nationale et les différents ministères doivent élaborer des inter-agences de communication et le partage des informations de stratégie;

  • Le Conseil de sécurité nationale et le gouvernement devraient revoir le concept de la défense civile et développer un plan de défense civile;

  • Le système des troupes de réserve doit être révisé;

  • Le ministère de la Défense doit effectuer les mesures pertinentes pour le bon fonctionnement du système des communications;

  • Le gouvernement devrait prendre toutes les mesures pour restaurer système de défense aérienne, les résultats devraient être communiqués régulièrement aux parlementaires du groupe de confiance;

  • Des instructions pour les activités des diplomates au cours de situations d'urgence devraient être élaborées;

  • Une attention particulière devrait être accordée à l'attrait des professionnels pour le service diplomatique;

  • Les commissions parlementaires doivent s'impliquer dans le suivi de la mise en œuvre de ces recommandations;

  • Les problèmes mentionnés ci-dessus soulèvent la nécessité de changements de personnel dans ces organismes, y compris parmi les responsables politiques et militaires.