07/07/2009

OBAMA - MEDVEDEV : une première journée à Moscou


OBAMA - MEDVEDEV : une première journée à Moscou

Voici, un peu plus bas, la quasi-totalité de la conférence de presse donnée conjointement par Obama et Medvedev ce lundi soir. C'est un peu long et fastidieux à lire, mais pas autant qu'à écrire, je vous l'assure! Quelques beaux sous-entendus de part et d'autre, et une fermeté d'Obama concernant l'inviolabilité du territoire géorgien qui ne laisse aucun doute sur les difficultés rencontrées lors des discussions de la journée. Par contre, aucune question n'a été posée par un journaliste à propos de la guerre d'août, ni à propos du Caucase en général. Il a sans doute fallu éviter les sujets qui fâchent, les points de désaccords. Obama voit Poutine demain matin, pour le p'tit-déj. Ils en parleront très certainement ensemble, étant bien plus l'affaire de Poutine que de Medvedev.

Demain, d'autres événements d'importance viendront donc certainement s'ajouter à ceux d'aujourd'hui, mais je n'aurai pas la possibilité de vous en faire part. Plutôt que d'en écouter ou lire l'un ou l'autre résumé dans un média quelconque (ce qui est encore plus pénible!), je ne peux que vous conseiller de lire la totalité, en anglais, sur le site de la Maison Blanche par exemple.

Pour le point de vue géorgien, reportez-vous, en anglais ou en géorgien, sur le site de Rustavi2, aussi par exemple. Je vous livrerai mes sentiments plus tard, vraisemblablement jeudi.

Et à partir de la semaine prochaine, c'est avec grand plaisir que je partagerai avec vous, cher(e)s lecteur (trice), mes témoignages et autres résultats de, je pense, nombreuses pérégrinations un peu partout en Géorgie (toujours difficile de s'y organiser: transports, disponibilités, obligations diverses). A défaut de pouvoir partager avec vous certains sujets de découvertes, comme les vins ou brandies incontournables ( sans rancune !) , je compenserai avec de nombreuses photos régulièrement mises en ligne, à la fois sur ce blog et un autre blog qui sera ouvert pour l'occasion.

Bonne vacances à vous si vous partez aussi "ailleurs", sinon, courage! 

D.P.

traduction libre d.p.

PRESIDENT Medvedev : Mesdames et Messieurs, Mesdames et Messieurs de la presse, les collègues, nous venons d'achever nos négociations avec le président des États-Unis. La première visite du président américain Barack Obama en Russie a été très chargée. Le première journée a montré que nous avons réussi à discuter de tous les points de notre ordre du jour, et ce n’était pas rien.

Je voudrais d'emblée dire que la conversation était très utile et très ouverte. Cela, sans aucun doute, fut une réunion qui a été prévu, tant dans notre pays qu’aux États-Unis d'Amérique, et sur laquelle non seulement l'avenir de nos deux pays dépend, mais aussi, dans une large mesure, les tendances du développement mondial.

(...) En réalité, pour nos relations, c'est très important et ce n'est pas un travail simple, parce que l'arriéré de problèmes est tout à fait impressionnant. Mais nous avons assez de volonté mutuelle pour faire l'examen de ces problèmes, les positions de principes qui nous ont toujours occupés et nous occupent encore, d'une manière professionnelle. Et nous sommes parvenus à des résultats mutuellement bénéfiques.

Je tiens à souligner que chacun de nos pays comprend son rôle à sa façon, mais qu’en même temps, nous nous rendons compte de notre rôle et la responsabilité de la situation dans le monde - surtout dans une période où le niveau de la mondialisation a atteint de telles dimensions, et de ces paramètres viennent les décisions que nous prenons très souvent pour déterminer la situation en général. Et ces États puissants comme les États-Unis d'Amérique et la Fédération de Russie ont une responsabilité spéciale pour tout ce qui se passe sur notre planète.

Nous avons de nombreux points de convergence, de nombreux intérêts mutuels et mondiaux, économiques et bien d’autre intérêts. Mais notre volonté de discuter de ces sujets était mutuelle, et c'est aussi l'un des résultats très importants de notre rencontre, car le travail que nous faisons requiert la bonne volonté, le respect mutuel, la compréhension et l'honnêteté de l'autre position.

Nous sommes également venus à la conclusion que le niveau des relations russo-américaines atteint aujourd'hui ne correspond pas à leur potentiel. Et la chose importante est que le niveau que nous avons aujourd'hui ne correspond pas à la nécessité de l'âge actuel, et sans développement de nos relations à l'ordre du jour des affaires étrangères, sur des données scientifiques, le commerce, l'éducation, les relations ne seront pas en mesure de construire la route à l'aube du 21e siècle.

Nous avons passé plusieurs heures à des négociations très spécifiques, et de même nous nous sommes attardé sur les questions de la philosophie de notre coopération. Je suis reconnaissant au Président des États-Unis pour la compréhension qu’il a montré sur les principes que nous avons mis en avant, et de notre attention sur les propositions faites par la partie américaine. Donc, en dépit du fait que, en quelques heures, nous ne pouvons pas éliminer le fardeau de tous les problèmes, nous avons convenu que nous allons aller de l'avant sans s'arrêter, que nous allons prendre les décisions qui sont nécessaires pour le développement des relations entre nos deux pays.

Nous avons discuté des problèmes très spécifiques, et je voudrais partager quelques-unes avec vous. Nous avons, bien entendu, discuté de sujets internationaux. Nous avons parlé de ces problèmes difficiles comme le processus de règlement au Moyen-Orient. Nous avons convenu de poursuivre nos travaux, en tenant en compte les visites que nous avons eues au Moyen-Orient, récemment. Nous avons discuté de la possibilité d'organiser à Moscou une conférence sur le Moyen-Orient.
Nous avons parlé d'un sujet très important qui nécessite la coordination de nos activités. C'est le problème de l'Afghanistan. Sans notre travail conjoint dans ce domaine, nous ne serions pas en mesure d'atteindre le succès, et sur ce point nous nous sommes entendus sur une déclaration spéciale.

Nos relations seront également consolidées par nos liens dans le domaine humanitaire, dans le domaine de la science. Cela doit être fait par tous les moyens, et nous allons traiter de cela après cette réunion d'une manière très profonde.

Maintenant, quelques résultats de nos négociations. Vous êtes au courant de leur existence. Nous nous sommes entendus sur un sujet très important, le nouvel accord des armements stratégiques offensifs. C'est donc un élément fondamental de notre sécurité mutuelle. Le travail était très intense et je dois admettre que nos équipes, nos délégations, ont travaillé efficacement sur ce sujet. Il en résulte un compromis raisonnable, et je tiens à remercier tous ceux qui ont pris part à ces négociations, ou y prendront part.

(..) D’un commun accord, comme nous venons de signer avec le Président des États-Unis, il est dit que nos deux pays peuvent avoir de 500 à 1.100 porteurs d'armes stratégiques, et de 1500 à 1675 têtes. Ce sont les nouveaux paramètres de notre dialogue et pour lequel nous espérons parvenir à un accord final qui fera partie du nouveau traité.

Nous avons également convenu que les systèmes offensifs et défensifs des deux pays devraient être examinés ensemble. Nous avons adopté une déclaration commune sur la GPA. Et cela est aussi un important résultat de notre travail, même en tenant compte du fait que nous avons des divergences sur un certain nombre de articles. Cependant, nous avons réussi à signer - d'approuver un document commun.

Nous avons discuté des mesures de coopération dans le domaine nucléaire et le plus important est que nous allons continuer notre coopération dans tous les domaines, et beaucoup dépend de notre pays. Nous avons signé un accord sur le transit militaire en Afghanistan. Nous avons décidé de créer une commission présidentielle sur la coopération, qui aura à coordonner les relations entre les divers organismes des États-Unis et la Fédération de Russie, respectivement, dans tous les domaines prioritaires, y compris les domaines économiques et militaires.

Dans le domaine militaire, ces questions seront abordées par les chefs d'état-majors qui ont signé le document, le général Makarov et Mullen.

Bientôt, tous ces documents seront publiés et vous pourrez vous familiariser avec eux.

(...) Je tiens à souligner, en conclusion, que notre pays tient à atteindre un haut niveau de coopération avec les États-Unis, ce qui serait réaliste, digne du 21ème siècle, et ce qui assurera la paix et la sécurité. C'est dans notre intérêt, et nous sommes reconnaissants à nos collègues américains pour le travail conjoint que nous avons fait.

Il est vrai que la solution de nombreux problèmes du monde dépend de la volonté commune des États-Unis et la Russie.

Merci.

(clap clap clap)

PRESIDENT OBAMA:

Bon après-midi, tout le monde, et je tiens à remercier le président Medvedev et le peuple russe pour leur hospitalité. Michelle et moi, et nos enfants sont heureux d'être ici, à Moscou, et d'être ici si rapidement dans mon administration.

Nous venons de conclure une réunion très productive. Comme le président Medvedev vient de l'indiquer, le président et moi avons convenu que les relations entre la Russie et les États-Unis ont souffert d'un sentiment de dérive. Nous avons décidé de rétablir les relations américano-russes, de sorte que nous pourrons coopérer plus efficacement dans des domaines d'intérêt commun. Aujourd'hui, après moins de six mois de collaboration, nous avons fait exactement cela en prenant des mesures concrètes pour progresser sur un large éventail de questions, tout en ouvrant la voie à davantage de progrès dans l'avenir. Et je pense qu'il est particulièrement remarquable que nous ayions abordé les priorités - ce ne sont pas des questions de second rang, elles sont fondamentales pour la sécurité et la prospérité des deux pays.

Tout d'abord, nous avons pris des mesures importantes pour faire avancer l'augmentation de la sécurité nucléaire et arrêter la propagation des armes nucléaires.

Cela commence avec la réduction de nos propres arsenaux nucléaires. Étant les deux principales puissances nucléaires, les États-Unis et la Russie doivent montrer l'exemple, et c'est ce que nous faisons ici aujourd'hui. Nous avons signé un accord commun pour une suite du traité à l'accord START et qui permettront de réduire nos ogives nucléaires jusqu'à un tiers de nos limites actuelles des traités. Ce traité juridiquement contraignant sera achevé cette année.

Nous avons également convenu d'une déclaration conjointe sur la coopération en matière de sécurité nucléaire qui nous aidera à atteindre l'objectif d'assurer à toutes les matières nucléaires vulnérables dans les quatre ans - des progrès que nous pouvons mettre à plus tard cette semaine au sommet du G8. Ensemble, ces éléments sont d’importants pas en avant dans la mise en œuvre de l'ordre du jour que j'ai énoncé, à Prague.

Comme nous tenons nos engagements, nous devons veiller à ce que les autres nations conservent le leur. À cette fin, nous avons eu des discussions constructives sur la Corée du Nord et l'Iran. La Corée du Nord a renoncé à ses propres engagements et de violation du droit international. Et c'est pourquoi je suis heureux de voir que la Russie se joingne à nous dans l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité qui appelle à des mesures énergiques pour empêcher la nucléairisation de la Corée du Nord et ses programmes de missiles balistiques.

L’Iran pose également un sérieux défi par le biais de son incapacité à honorer les obligations internationales. Ce n'est pas seulement un problème pour les États-Unis. Elle soulève la perspective d'une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient, qui mettrait en danger la sécurité mondiale, et le programme balistique de l'Iran pourrait également représenter une menace pour l'ensemble de la région. C'est pourquoi je suis heureux que nous nous soyons entendus sur une déclaration conjointe sur la coopération en matière de défense, et une évaluation de la menace des missiles balistiques, défis du 21ème siècle, y compris ceux posée par l'Iran et la Corée du Nord.

Deuxièmement, nous avons pris des mesures importantes en avant afin de renforcer notre sécurité grâce à une plus grande coopération.

Président Medvedev et moi avons convenu de la nécessité de lutter contre la menace de l'extrémisme violent, en particulier d'Al-Qaïda. Et aujourd'hui, nous avons signé un accord qui permettra le transit de matériel militaire offensif par la Russie vers l'Afghanistan. Il s'agit d'une contribution substantielle de la Russie à notre effort international, et permettra de gagner en temps et en ressources pour donner à nos troupes le soutien dont elles ont besoin.

Merci à l'amiral Mullen et son homologue russe, nous avons également accepté de reprendre la coopération militaire, entre les États-Unis et la Russie. Cela fournit un cadre pour l'amélioration de la coopération et l'interopérabilité entre nos forces armées, afin que nous puissions mieux répondre aux menaces auxquelles nous sommes confrontés - du terrorisme à la vie privée. Nous avons également décidé de rétablir une Commission mixte sur les prisonniers de guerre et des disparus, ce qui va permettre à nos gouvernements de coopérer à notre engagement inébranlable de nos militaires, hommes et femmes.

Et troisièmement, nous avons pris des mesures importantes pour faire avancer l’élargissement de notre coopération sur un large éventail de questions qui touchent la sécurité et la prospérité de nos peuple.

Président Medvedev et moi-même avons créé une Commission Présidentielle bilatérale américano-russe pour servir de nouvelle base à cette coopération. Trop souvent, les États-Unis et la Russie ne communiquent que sur un étroit éventail de questions, ou laisse les vieilles habitudes au sein de notre bureaucratie. Et c'est la raison pour laquelle cette commission comprendra des groupes de travail sur le développement et l'économie, l'énergie et l'environnement, l'énergie nucléaire et la sécurité, le contrôle des armements et la sécurité internationale, la défense, la politique étrangère et de lutte, la prévention et de traitement des urgences, de la société civile; la science et la technologie; l'espace, la santé, l'éducation et la culture. Et ce travail sera coordonné par le Secrétaire Clinton et le Ministre Lavrov, et le voyage de la secrétaire Clinton en Russie cet automne montre avancée.

Juste pour vous donner un exemple de cette coopération, c’est le nouveau protocole d'entente sur la santé. Nous avons appris - le plus récemment avec le virus H1N1 - une maladie qui apparaît partout peut constituer un risque pour les gens partout dans le monde. C'est pourquoi les services de notre Département de la santé coopéreront avec leurs homologues russes pour lutter contre les maladies infectieuses, chroniques, transmissibles et non transmissibles, tout en favorisant la prévention et la santé mondiale.

Enfin, je suis heureux que la Russie a pris la décision importante de la levée de certaines restrictions sur les importations de bétail. Le coût de ces restrictions sur l'entreprise américaine est de plus de 1,3 milliard de dollars, et nous avons fait des progrès importants vers la restauration de ce commerce.

Je ne vais pas prétendre que les États-Unis et la Russie sont d'accord sur chaque question. Comme le président Medvedev l’a indiqué, nous avons eu des discussions franches, et il y a des domaines où nous sommes toujours en désaccord. Par exemple, nous avons eu une discussion franche sur la Russie par rapport à la Géorgie, et je réitère ma ferme conviction que la souveraineté de la Géorgie et l'intégrité territoriale doit être respectée. Cependant, même dans notre travail par le biais de nos désaccords sur les frontières de la Géorgie, nous sommes d'accord que personne n'a un intérêt renouvelé dans les conflits militaires. Et pour avancer, nous devons parler franchement pour résoudre ces différends de façon pacifique et constructive.

Le Président Medvedev et moi nous nous sommes engagés à sortir de la suspicion et rivalités du passé afin que nous puissions avancer dans les intérêts que nous avons en commun. Aujourd'hui, nous avons fait des progrès significatifs dans le démontration par des actes et des mots ce qu'est une attitude plus constructive-Unis Russie relation peut ressembler au 21e siècle. Demain, je me réjouis de cet effort pour élargir les domaines des affaires, la société civile, et un dialogue entre Américains et Russes.

Je crois que nous avons tous un intérêt à se forger un avenir dans lequel les États-Unis et la Russie [soient] des partenaires efficaces au nom de notre sécurité et notre prospérité. C'est le but de la réinitialisation de nos relations, c'est le progrès que nous avons fait aujourd'hui, et je tiens encore une fois à remercier le Président Medvedev et toute son équipe pour être les hôtes et pour ce merveilleux travail réalisé de façon efficace avec nos équipes. Je vous remercie.

(clap clap clap clap)

MODERATEUR:  Chers collègues, nous commençons maintenant la conférence de presse conjointe du Président de la Fédération de Russie et du président des États-Unis. Vous serez en mesure de poser deux questions. N'oubliez pas de vous représenter vous-même. Et la première question, de la presse américaine :

Q Merci, et bonne soirée aux deux Présidents. Obama Président, je voudrais vous poser une question concernant la question de la confiance, après cette période de relations tendue entre les pays, mais aussi avec les accords que vous avez juste jeté aujourd'hui. Après avoir passé du temps avec le président Medvedev, vous sentez-vous comme vous avez le plein de confiance en lui, et avez-vous installé dans votre esprit qui est réellement en charge ici en Russie - le président ou le premier ministre Poutine?

Président Medvedev, je voudrais vous demander, les sondages montrent que le peuple américain ont des sentiments récurent - je suis désolé - qu’en Russie, les gens ont une certaine rancune à propos de l'Amérique. Je me demandais ce que vous pensez que le Président Obama peut faire pour essayer de changer cela?

PRÉSIDENT OBAMA : Bien, tout d'abord, c'est maintenant ma deuxième longue réunion bilatérale avec le Président Medvedev et nous avons aussi eu une série de coups de téléphone et d'autres échanges. Et au cours de nos interactions, j'ai constaté qu'il est direct, professionnel. Il est clair sur les intérêts du peuple russe, mais il est aussi intéressé par la découverte quels sont les intérêts des Etats-Unis. Et nous avons constaté, je pense, une capacité de travailler ensemble extrêmement efficacement.

Alors, oui, j'ai confiance au président Medvedev, non seulement d'écouter et de négocier de manière constructive, mais aussi d'assurer le suivi - le suivi sur les accords qui sont ici aujourd'hui. Et, encore une fois, je suis très reconnaissant, non seulement de la manière dont il a traité avec moi, mais aussi la façon dont nos équipes ont travaillé ensemble. Si vous pensez que sur le court laps de temps entre notre rencontre à Londres et aujourd'hui, et le fait que nous avons accompli presque tous les objectifs que nous nous étions fixés à Londres - et ces réalisations ne sont pas négligeables - je pense que c'est un bon signe de progrès dans l'avenir.

Demain, je serai à un petit-déjeuner avec le Premier ministre Poutine. Je ne l'ai pas rencontré avant. Je me réjouis de cette réunion. Je crois comprendre, c’est que le président Medvedev est le président, et le Premier ministre Poutine, le Premier ministre, et le pouvoir est attribué, conformément au système de gouvernement de la Russie, de la même manière que nous attribuons le pouvoir aux États-Unis.

Et mon intérêt est de traiter directement avec mon homologue, le Président, mais aussi d'atteindre le Premier ministre Poutine et tous les autres secteurs influents de la société russe pour que je puisse obtenir une image complète des besoins de la population russe, et les préoccupations de la population russe.

Et j’ai la forte impression que le président Medvedev et le Premier ministre Poutine travaillent efficacement ensemble. Et notre intérêt est traiter avec le gouvernement russe dans son ensemble afin de parvenir à l'amélioration des relations bilatérales qui, je crois, peut être accomplie.

PRESIDENT Medvedev : Tout d'abord, je tiens à remercier le Président Obama pour les paroles aimables qu'il vient de dire sur l'esprit et le niveau d'ouverture dont nous jouissons dans notre relation personnelle. J'ai dit quelque chose à ce sujet déjà, auparavant. Les Relations personnelles sont très importantes, surtout quand on parle de la construction de relations interétatiques. Et lorsque la relation entre les gouvernements et les relations personnelles sont au même niveau, positive - c'est toujours bon pour les relations entre les pays.

En parlant de l'attitude envers les Américains, ils sont amicaux. Je n’y vois pas d'éléments négatifs. Mais quand il y a des problèmes entre les états, quand il y a des signaux négatifs envoyés par le gouvernement, alors bien sûr ces signaux réfléchissent sur l'humeur des gens ordinaires et ainsi la meilleure relation entre les pays est que plus de personnes ont de l'empathie les uns envers les autres dans des pays différents.

Nous avons évoqué lors de nos différentes tâches la relation entre nos pays, de nouveaux hauts et bas. Ensemble, pendant la Deuxième Guerre mondiale, nous avons sauvé le monde, il y avait le partenariat stratégique entre nous. Et maintenant nous avons aussi un sentiment que beaucoup dépend de notre relation. Et le succès dans la réalisation de ces diverses espérances, dépend beaucoup de nos efforts, voulant dire que notre peuple avait toujours la sympathie l'un vers l'autre.

MODERATEUR: (Inaudible), s'il vous plaît, vous avez la parole.

Q. Je vous remercie. J'ai une question aux deux Présidents. La Russie et les États-Unis sont les plus grandes puissances nucléaires dans le monde, représentant 95 pour cent des ogives. Vous avez travaillé sur les documents sur le TNP depuis un certain temps - en fait, depuis 1970. Pensez-vous que vous serez en mesure d'avoir la situation sous contrôle dans la zone du TNP alors qu’il y a beaucoup de tendances négatives dans le monde entier?

PRESIDENT Medvedev: Eh bien, le problème de non-prolifération est très important pour nos pays parce car nous partageons le plus lourd dans le domaine de la non-prolifération des armes stratégiques. Nous avons de grands arsenaux nucléaires, et nous avons l'entière responsabilité de ces arsenaux . Et je suis d'accord avec vous - il y a des tendances négatives dans le monde et elles sont dues à l'émergence de nouveaux acteurs nucléaires. Certains d'entre eux ne sont pas officiellement membres du club nucléaire, mais ils ont des aspirations d'avoir des armes nucléaires et de déclarer ouvertement, ou, ce qui est pire, le faire clandestinement. Et bien sûr, elle a une incidence très négative sur le monde.

Et pour des raisons bien connues, il existe des régions du monde où la présence d'armes nucléaires créerait d'énormes problèmes, et ce sont des domaines où nous devrions concentrer nos efforts avec nos partenaires américains.
Ces régions, ces zones sont bien connues. Il n'y a pas de sens à les nommer. Mais il est bien évident que de la situation au Moyen-Orient ou dans la péninsule coréenne dépendra le climat dans le monde.C’est sous notre responsabilité conjointe, et nous devrions faire tout notre possible pour empêcher toute évolution négative là-bas. Et nous sommes prêts à le faire. Nos négociations avec le président Obama ont montré que nous partageons la même attitude à l'égard de ce problème.

PRESIDENT OBAMA: Eh bien, je pense que le président Medvedev a bien dit. Il s'agit d'une question urgente et pour laquelle les États-Unis et la Russie ont à assumer le leadership. Il est très difficile pour nous d'exercer le leadership si nous nous montrons nous-mêmes prêts à faire face avec nos propres stocks d'armes nucléaires de manière plus rationnelle. Et c'est pourquoi l'après-accord START est si important, et j'espère que nous pouvons réduire nos arsenaux nucléaires, autant que par un troisième qui peut même se déplacer au-delà des accords et traités.

La question cruciale que le président Medvedev a identifiée est le fait que nous assistons à un rythme de potentiel de prolifération que nous n'avons pas vu un certain temps, et il a cité deux zones spécifiques. Dans le Moyen-Orient, il est profondément préoccupée par la poursuite de la capacité nucléaire de production d'armes de ne pas tout simplement parce que d'un pays désireux d'armes nucléaire de l ‘Iran, mais le fait que si l'Iran obtient l'arme nucléaire, il est pratiquement certain que d'autres pays de la région décideraient de poursuivre leurs propres programmes. Et nous alors connaître une course aux armements nucléaires dans peut-être la plus volatile partie du monde.

Dans la péninsule coréenne, nous avons déjà vu la Corée du Nord bafouer ses propres engagements et obligations internationales dans la poursuite des armes nucléaires. Et dans tous ces cas, comme vous le voyez, au plus il y a prolifération des armes nucléaires, avec la possibilité non seulement pour les acteurs étatiques de cibler les populations avec des armes nucléaires, mais la possibilité que les armes nucléaires peuvent tomber entre les mains d'acteurs non-étatiques, des organisations extrémistes, cela fait peser une menace extraordinaire pour la Russie et les États-Unis.

Donc, je suis heureux des progrès que nous avons accomplis à ce jour. Je pense que le fait que nous ayons obtenu une évaluation de la menace en termes de capacités en matière de missiles balistiques et armes nucléaires qui pesent sur notre pays, que nous allons mener un examen plutôt que de faire des évaluations, et trouver une façon pour les États-Unis et la Russie de coopérer plus efficacement, ce sera très important.

Je pense continuer la poursuite de la coopération qui existe déjà entre la Russie et les États-Unis sur les matières nucléaires dans l’ensemble, et en veillant à garantir ceux-ci ce qui, je pense, va être très important. Structurer un nouveau traité revitalisé de non-prolifération qui applique un ensemble de règles pour tous les pays, leur permettant de poursuivre l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, sans avoir l’accès aux armes nucléaires, c’est ce qui va être très important.

Et nous avons effectivement proposé un sommet sur la sécurité nucléaire à l'échelle mondiale que nous avons l'intention d'accueillir l'année prochaine, et j'ai discuté avec le président Medvedev la forte possibilité que, dans un sommet ultérieur, qui pourrait être accueilli par la Russie, où nous convoquons tous les pays du monde pour commencer à faire des progrès sur cette question critique.

Matt Spetalnick de Reuters: Q  De profondes divisions à propos du bouclier de missiles américain ont énormément contribué à la détérioration de relations américano-russes de ces dernières années, et il ne semble pas que vous, messieurs, ayiez finalement résolu cette question non plus. Président Obama, vous avez dit très clairement que vous n'accepteriez pas le lien entre les groupes de missiles et les pourparlers de contrôle des armements. Le président Medvedev et le Premier ministre Poutine ont dit que ces questions doivent être liées. Vous, messieurs, désirez-vous bouger ou accepter un compromis sur cette question? Et sinon, pourriez-vous aussi contribuer à un blocage ou à un obstacle pour le fait d'atteindre un accord final START II?

Et aussi, Président Obama, je me demande si vous pouviez nous donner votre réaction à la répression du gouvernement chinois dans le nord-ouest du pays, sur les émeutes et les troubles qui ont tué plus de 140 personnes.

PRESIDENT OBAMA: En ce qui concerne la situation en Chine, malheureusement, j'ai voyagé toute la nuit puis aux réunions toute la journée, je n'ai donc pas été pleinement informé et je ne veux pas faire de commentaire jusqu'à ce que j’aie toutes les informations. Mais je peux vous assurer que notre équipe fera une déclaration dès qu’en mesure de le faire.

Sur la défense antimissile, nous avons convenu que nous allions continuer à discuter de cette question critique. Cela fait partie de la déclaration conjointe que nous avons signée. Je crois aussi qu'il est tout à fait légitime pour nos discussions de parler non seulement sur l'arme offensive mais aussi sur les systèmes d'armes défensives.

(,,,) La différence que nous avons eu a été sur les spécificités d'un système de défense antimissile que les États-Unis considère comme une priorité pour faire face à un missile venant d'Iran ou la Corée du Nord ou d'un autre État, et non de la Russie, et qu'il est important pour les États-Unis et ses alliés de disposer de la capacité à éviter une telle agression. Il n'y a pas de scénario de notre point de vue dans lequel ce système de défense antimissile serait une protection contre un arsenal russe aussi puissant. Et donc, en ce sens, nous n'avons pas pensé qu'il est approprié d'établir un lien entre les discussions d'un système de défense de missiles visant à faire face à une menace tout à fait différente sans lien avec le genre de solide capacité que la Russie possède.

Maintenant, cela dit, le président Medvedev a été très clair que c'est un point de profonde préoccupation et touche la sensibilité du gouvernement russe. Je pense quand je parle avec le Président que le Premier ministre Poutine va dire la même chose demain. Et nous tenons à travailler avec la Russie pour faire progresser un système (...) Donc, en fin de compte, je pense qu’au plus nous réalisons de progrès sur certains des problèmes que j'ai mentionné plus haut - la non-prolifération, qui est capable de suivre des missiles balistiques provenant d'autres sources - dans la mesure où nous construisons l'approfondissement de la coopération sur ces fronts, je pense que nous allons être en mesure de résoudre le plus efficacement cette question. Je crois que petit à petit, nous finirons par voir que États-Unis et la Russie peuvent être unies sur ces questions et qu'en fait, nous avons un intérêt mutuel à protéger à la fois nos populations contre ce genre de danger que pose aujourd'hui la prolifération des armes.

PRESIDENT Medvedev : Je vais dire quelques mots sur ce sujet. Bien sûr, anti-missiles balistiques de défense - pas de missiles balistiques de défense..., mais le problème de la troisième région est une discussion difficile. Mais je voudrais attirer votre attention sur ce que le président Obama a dit, et voudrais dire moi-même sur ce point. Dans notre accord mutuel qui vient d'être signé, nous parlons de la relation entre armes offensives et défensives, ce qui constitue déjà un pas en avant. Il y a quelques temps, sur cette question, nous avons tous -des différences. Or, ce lien est indiqué et cela ouvre la possibilité de rapprocher les positions les unes des autres.

Deuxièmement, personne ne dit que les missiles balistiques de défense est nuisible ou constitue un danger. Il est destiné à rendre un certain nombre de services. La question est de relier cette configuration de la défense des intérêts des autres pays. Je tiens à souligner spécialement que nos partenaires américains, contrairement à ce qui se passait au cours des dernières années, ont pris une pause et sont maintenant en train d'étudier cette situation. En conséquence de cela, ils vont formuler leur position finale. (...)


 

06/07/2009

OBAMA - MEDVEDEV : ...?

OBAMA - MEDVEDEV : dès ce soir, un résumé complet.

Revue de presse russe, géorgienne, US et européenne.

Ce qu'on peut en dire pour l'instant (14h20 Bxl) c'est que la Géorgie est totalement focalisée sur ce qui se passe à Moscou. Les interrogations sont nombreuses, et nous pourrions projeter un panorama de ce qui peut sortir des nombreuses réunions de ce jour mais bien inutilement: tout peut encore arriver, y compris l'impossible.

A ce soir - ou demain matin pour les couche-tôt !

D.P.

 

01/07/2009

Tbilisite, le blog belge qui résume l'actualité géorgienne en français

Pour ceux qui n'auraient pas suivi....

L'actualité dans ce pays du Sud-Caucase aux portes de l'Europe, à l'histoire multi-millénaire, s'y vit chaque jour avec la même intensité, tant elle est enrichie par les provocations quotidiennes en provenance de Moscou...

L'été dernier, le monde a été secoué par l'invasion russe et les bombardements sur tout le territoire de Géorgie. Comment cela a-t-il pu se produire, sous les yeux des observateurs de l'OSCE et de l'ONU présents dans ces zones à risques depuis presque 20 ans, sans que quiconque ne puisse le prédise afin d'empêcher le pire de se produire? Mais les autorités géorgiennes ont maintes fois prévenu la communauté internationales de l'imminence d'un tel conflit, sans que l'Europe ne bouge, alors que la Géorgie fait partie du Conseil de l'Europe.

Les Etats-unis ont envoyé quelques instructeurs pour former les officiers géorgiens et aider à moderniser l'armée qui, jusqu'en 2003, ne bénéficiait que de financements très limités depuis des années. Durant ce conflit, c'est sans doute ce qui a aidé le plus efficacement à la survie de ces dizaines de milliers de réfugiés fuyant leurs villages incendiés et pillés par les milices.

La guerre éclair d'août 2008 a vu plus d'une centaine de milliers de personnes déplacées, la plupart vers Tbilissi, d'autre vers l'Ossétie du Nord. Un nouveau drame, moins de vingt ans après les premiers nettoyages ethniques de 1992-1994, la première guerre civile, où ils étaient plus de 300,000 géorgiens à fuir la province sécessionniste d'Abkhazie, dont la milice était à l'époque déjà soutenue par l'armée russe...

Présent en Géorgie à de nombreuses reprises entre 1998 et 2008 - et donc durant la guerre - j'ai vu ce pays aux infrastructures déplorables et à la corruption pourrissante, souvenir de l'ère soviétique, se muer rapidement en un état démocratique qui aurait pu être, j'ose le dire, idyllique... si Moscou n'y avait pas des intérêts considérables. Tous les enjeux géopolitiques importants pour l'administration de Poutine, puis de Medvedev, ont amené les Russes à tout entreprendre, surtout illégalement bien entendu, pour garder un pied en Géorgie: la manipulation des extrémistes séparatistes issus de la première guerre civile, leur financement, leur armement, et surtout le soutien politique de la Douma et du FSB ont transformé les deux provinces géorgiennes en un bouillon explosif où toute idée anti-raciale a été stigmatisée ces dix dernières années, facilité en cela par l'absence d'une force d'interposition neutre, pourtant demandée par la Géorgie depuis 1994, mais toujours, bien entendu, refusée par le côté russe, partie prenante du conflit, voire partie dirigeante du conflit.

Depuis la dernière offensive russe d'août dernier, et malgré l'accord en 6 points signé par Saakashvili, Medvedev et Sarkozy, la Russie a entrepris de s'installer définitivement sur le territoire géorgien, y construisant de nombreuses bases militaires, y organisant de grandes manoeuvres, tout en accusant les quelques dizaines de patrouilles de police géorgienne et les observateurs onusiens d'approcher « leurs frontières » de trop près... C'est que depuis, la Russie a reconnu l'indépendance des provinces séparatistes, et donc imagine que cela leur donne tous les droits sur ces territoires à présent totalement annexés à la Russie, faisant fi de toutes les accusations  émises à leur encontre, préférant noyer le poisson en accusant la Géorgie des mêmes "crimes". Les exemples ne manquent pas, tous l'ont constaté en suivant les informations ET russe ET géorgienne durant le conflit.

Cet été, officiellement, plus aucun observateur ne sera présent sur le territoire géorgien. La Russie et les séparatistes se retrouvent dès lors libres d'entreprendre de nouvelles avancées sur le territoire de Géorgie non encore occupé. La moindre étincelle pourrait mettre à nouveau le feu aux poudres, et les autorités géorgiennes ne peuvent que constater, dénoncer, prévenir encore et encore du danger. Comme au printemps 2008, comme depuis 20 ans. Il ne sera jamais question pour les russes de quitter les territoires qu'ils occupent de fait depuis bientôt 90 ans, si on compte les années soviétiques, et il n'est pas question pour la Géorgie d'abandonner ses provinces aux russes sous prétexte qu'ils les ont unilatéralement reconnues comme « indépendantes ».

Toutes les diplomaties du monde sont officiellement opposées à la politique de Poutine sur la « question géorgienne » à part le Nicaragua par solidarité avec l'administration russe, ainsi que la Transnitrie et le Haut Karabagh...

Pour résumer, car ce serait trop long et trop compliqué à détailler, c'est le commerce des hydrocarbures, dont dépendent un grand nombre de pays d'Europe et dans lesquels certains chefs d'états ont personnellement des intérêts financiers potentiellement très importants, tel Berlusconi ou l'ex-chancelier allemand Schreuder (mais ça c'est une autre histoire!), qui motive les russes dans leur tentative d'annexion.  Et l'Europe, quant à elle, a oublié que le Sud-Caucase est une alternative primordiale pour leur indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie (il serait temps de se réveiller!). En effet, la route que doivent emprunter les gazoducs en provenance de la mer Caspienne passe par la Géorgie, et c'est la raison première, voire unique, des intérêts de Moscou vis-à-vis de son ancienne république: le contrôle de ce passage leur permettrait de contrôler la quasi-totalité de l'approvisionnement en hydrocarbures et en Gaz vers l'Europe... ce que l'Union Européenne a totalement sous-estimé. Une arme de chantage absolu pour la Russie et qui peut mener l'Europe entière en guerre (juste économique?) contre la très gourmande Russie post-soviétique.

Le combat pour l'empêchement de l'entrée de la Géorgie au sein de l'Alliance Atlantique (OTAN) est bien entendu logique dans ce contexte, car si la Géorgie fait partie de l'Alliance, l'Alliance aura l'obligation légale de forcer la Russie à quitter le territoire géorgien, de force s'il le faut, puisque l'ensemble des pays membres ont le devoir de défendre n'importe quel autre pays membre contre toute attaque étrangère, ce qui serait le cas de la Géorgie...

Dans ce même contexte, il est fort peu probable que la fédération de Russie dirigée par le clan Poutine et l'ex-KGB, devenu FSB, retire ses troupes des territoires occupés et fasse marche arrière pour rendre à César ce qui appartient - de droit - à César, ni pour la Géorgie d'accepter de quelconques concessions vis-à-vis de la Russie concernant l'indépendance des provinces séparatistes.

Aujourd'hui 1er juillet, la reprise des discussions entre toutes les parties (Russie, Géorgie ainsi que les représentants des territoires séparatistes) à Genève devrait logiquement aboutir... à rien du tout, la Russie refusant le terme « provinces géorgiennes » et les géorgiens refusant bien entendu toute autre dénomination pour qualifier ses provinces séparatistes.

D.P.

N'hésitez pas à réagir !

30/06/2009

Pour remettre les pendules à l'heure.

Mis à jour à 22:43

Dans un communiqué publié lundi, avant le sixième cycle de négociations de Genève prévu pour le 1 Juillet, le ministère russe des Affaires étrangères (Sergei Lavrov) a déclaré que la prochaine réunion aura lieu dans le contexte des "conditions difficiles" suite à la clôture de la mission de l'OSCE et des missions d'observation des Nations Unies en Géorgie.

« Malgré la position constructive et transparente de la Russie en faveur du maintien des missions de l'OSCE et des Nations Unies dans le Caucase du Sud, la Géorgie et les partenaires occidentaux font de leur mieux pour stopper les activités des observateurs internationaux dans cette région instable. Pendant ce temps, la situation sur les frontières est toujours tendue, la police et les forces géorgiennes continuent leurs manœuvres à proximité de la frontière de l'Abkhazie et de l' « Ossétie du Sud ». Il est évident que la nouvelle situation dans le Trans-Caucase nécessite une réévaluation importante, y compris en matière de format et des perspectives des discussions de Genève. Face à la persistance de l'instabilité politique interne en Géorgie et de la détérioration de la situation socio-économique de la population, le risque de nouvelles flambées des tensions est lourd."

« Dans l'état actuel, le besoin de documents juridiquement contraignants sur le non-recours à la force doit gagner encore plus d'importance ... La communauté internationale devrait avoir de solides garanties que la terrible tragédie du mois d'août dernier ne se reproduira pas en Trans-Caucase".

La diplomatie russe (aïe, j'ai toujours les doigts qui aimeraient taper "soviétique"...) est décidément toujours d'une mauvaise foi extraordinaire. La liste de leurs crimes est si longue que la seule manière pour eux de s'en cacher est d'accuser les parties adverses. La meilleure défense... petite citation remise aux goûts du jour.

Ici encore, les russes s'emploient à tromper le monde - mais qui trompent-ils si ce n'est les ignorants et les aveugles - en agissant comme si ils avaient toujours été en droit de posséder quoi que ce soit du territoire géorgien. L'excuse du "Grand Frère Russe"est une "justification" non seulement stupide, mais aussi totalement inadéquate : tout au plus un lointain cousin, et encore, tant les différences entre slaves et caucasiens sont grandes.

La Russie, c'est l'ennemi héréditaire avec lequel il vaut mieux s'entendre, et cela les géorgiens en sont conscients depuis toujours. Et pas uniquement eux. (Mais peu importe, ni races ni peuples, soyons tous frères est ma devise...). Et en temps de paix, c'est leur richesse culturelle et une qualité artistique fabuleuse qui peut s'exprimer, dans les deux sens d'ailleurs. Avec Poutine comme avec nombre de ses prédécesseurs, ce ne peut être que guerres et dominations. L'Empire des vices.

La "zone d'influence", la "sphère russe"... Est-ce ainsi qu'il faut la préserver? Ils ont instrumentalisé les milices abkhazes et "ossètes", ils ont provoqué pendant de nombreuses années, on ne le dira jamais assez, la communauté internationale en s'imposant dans le sud-caucase avec un diabolisme digne de la pire des époques soviétiques, ils ont provoqué puis attaqué militairement la Géorgie en août dernier, bombardant villes et villages, massacrant, pillant, violant sans aucune retenue. L'Europe a laissé faire.

Même en admettant que la Géorgie ait effectivement attaqué sa province sécessioniste, ce qui a été depuis prouvé comme inexact, comment cette communauté internationale ne prend-elle immédiatement en compte tous ces crimes commis avant ce fameux mois d'août, histoire de se rattraper? Il serait judicieux de relire l'historique des interventions russes en Géorgie et plus spécialement dans les territoires actuellement annexés à l'Empire. Et russes et abkhazes et ossètes. 

Le discours de Moscou est un excellent exemple de mauvaise foi. Tentant de légitimer ces annexions par tous les moyens. Et profitant, surtout, du fait que le reste du monde s'est tu lorsque des passeports russes ont été distribués dans les provinces séparatistes, lorsque les armées russes et les milices ont attaqué nombre de villages géorgiens d'ossétie ou d'Abkhazie ces 5 derières années, lorsqu'ils finançaient les opposants au régime démocratique pro-occidental de Saakashvili, etc... la liste est trop longue!

Oui, l'Europe est responsable. Sourde et aveugle lorsqu'il s'agit de signer des contrats avec Gazprom ou Lukoil, elle n'est jamais intervenue pour remettre la diplomatie russe à sa place.

Lavrov, loin d'être idiot, martelle le monde de ses paroles abusives et illégales, sachant que l'occident n'a pas le choix: il doit s'allier à cette puissance pour se protéger de l'Iran (que la russie finance et pour qui ils construisent des centrales nucléaires), de la Corée du Nord (à qui ils vendent la technologie nucléaire militaire) ou de l'Afghanistan (qu'ils ont eux-même tenté d'envahir avec le succès que l'on sait, ce qui a engendré l'insécurité totale que l'on connaît actuellement dans la région), et pour garantir aux nouveaux états européens d'ex-urss l'approvisionement en énergies fossiles.

Les occidentaux ne veulent pas arrêter la surveillance aux frontières géorgiennes. Parce qu'il est impossible de se soumettre "aux nouvelles réalités" décrites et imposées par la Russie, cela vaudrait à reconnaître l'indépendance des deux provinces. Il n'y a donc qu'une seule manière pour les européens d'être cohérents avec la "vraie réalité": refuser la "nouvelle version russe", et donc refuser de ne pouvoir surveiller que les zones adjacentes aux provinces séparatistes pendant que les forces russes "surveilleraient" les territoires occupés.

Vous n'imaginez pas ce qu'ils ont détruits en Abkhazie et en Ossétie alors qu'ils ne sont théoriquement présents en Géorgie uniquement en tant qu'observateurs, en force de maintien de la paix. Et vous n'imaginez pas ce qu'ils peuvent détruire encore. Hier, j'ai visionné quelques photos et autres webcams de Sukhumi, la très belle (avant) "capitale" abkhaze. J'ai été extrêmement choqué d'y voir que toutes les enseignes, tous les panneaux, toutes les publicités sont en russe, et cela depuis seulement 3 ou 4 ans. Vis à vis de la population locale d'origine, c'est du lavage de cerveau. A la soviétique. 

La langue abkhaze, pourtant riche de dizaines de siècles, n'existe plus, et surtout pas dans les écoles. Le magnifique littoral de la Mer Noire n'est plus que Datchas pour dignitaires du régime de Moscou et bases militaires russes. Les Russes craignent que les géorgiens ne s’en prennent militairement à l’Abkhazie et/ou à l’ossétie, les accusant régulièrement d’organiser des patrouilles le long des frontières. Mais la Russie oublie que les Géorgiens, eh oui, sont CHEZ EUX en Géorgie (qui l’eût cru), alors qu'en même temps les milices abkhazes aidées par l’armée russe ont encore étendu leurs frontières, et mènent des attaques terroristes sur des villages en Géorgie, enlèvent des habitants, ou font exploser des centrales électriques ou des ponts. Qui provoque qui?

Tout le monde, y compris en Belgique, a entendu parler des manoeuvres de l’OTAN (qui étaient prévues depuis début 2008) en Géorgie, près de Tbilissi au mois de mai. Tous les journaux en ont parlé en disant « c’est une provocation ouverte dirigée contre la Russie » (Lavrov). Faut pas manquer d’air... Par contre, je n’ai nulle part vu dans ces mêmes médias que la Russie, pendant que j'écris ces lignes, organise des grandes manoeuvres quelques kilomètres au nord de la Géorgie encore plus importantes que celles qu’ils ont menées il y a juste un an, en juillet 2008 (au sujet desquelles personne n'a rien dit sauf à Tbilissi). La grosse artillerie, des tonnes de matériel, armée de terre, de l’air, missiles et tout ce qui va avec.

A propos, certains pensent que la Géorgie s'est sur-armée ces dernières années. Alors voici quelques chiffres :Russie (140,7 millions d'habitants en juillet 2008) : 19 141 millions de dollars et 1 004 000 hommes en 2000 -:- 31 181 millions et 3,6% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 35 181 millions en 2007. --:-- Géorgie (4,3 millions d'habitants en janvier 2008) : 27,2 millions de dollars et 27 000 hommes en 2000 -:- 362 millions et 5,2% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 592 millions en 2007. ( Souce : caucaz.com ) Pour un pays qui n'avait plus d'armée digne de ce nom en 2003, et qui se sait en danger à cause de son voisin, ce n'est pas tant que ça!

Il y aurait beaucoup à ajouter encore, sur les interventions russes dans la vie politique géorgienne, sur leur appropriation des richesses des provinces annexées illégalement, sur la construction de la cité olympique de la honte à Sochi (tiens, encore un territoire qui fut géorgien mais « offert » à la Russie par Staline) où des milliers d’ouvriers travaillent, venus de partout sauf d’Abkhazie, mais sont logés principalement en Abkhazie sans que cela ne rapporte un kopek aux abkhazes, etc...

La Géorgie en a gros sur le coeur. Après deux cents ans sous domination russe, soviétique puis à nouveau russe. Et ça, vous qui critiquez tant le besoin des géorgiens de se rapprocher d’avantage de l’Europe, des Etats-unis et de l’Otan, vous ne le comprendrez sans doute jamais, vous qui êtes heureux d'être libres depuis 1945... et pas grâce aux russes, quoi que vous pensiez.

D.P.

 

29/06/2009

L'armée russe en exercice dans le Caucase

Le parlementaire Mikheil Machavariani, vice orateur du parlement géorgien,espère que « les manoeuvres militaires menées par la Russie dans le Caucase du Nord, « Kavkaz 2009 », ne seront pas une source de tension dans la région. Mais le vice-ministre des affaires étrangères, quant à lui, voit clairement dans ces exercices une provocation de la part de la Russie.
Les manœuvres militaires « Kavkaz 2009 » ont commencé aujourd'hui, et dureront jusqu'au 6 Juillet.

Ce que disent les Russes, toujours en accord avec leurs mensonges initiaux : « Aujourd'hui, l'armée géorgienne est équipée de matériel militaire et d'armement d'au moins de qualité que ce qu'il a été, en août dernier, lorsque le Président Saakashvili a décidé de procéder à une agression contre l'Ossétie du Sud. Dans cette situation, la tenue d'exercices militaires Kavkaz-2009 va certainement contribuer à promouvoir la stabilité dans la partie sud de la Russie et, en général, dans la région du Caucase, et à refroidir les fantasmes de certains faucons. Les autorités géorgiennes n'ont pas rejeté de nouvelles aventures militaires à l'égard de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud et il ne faut pas abandonner les tentatives de régler les questions territoriales par la force. » Bien entendu, on sait pourquoi la Russie empêche tout contrôle et toute surveillance dans la région par des observateurs onusiens ou européens. Leur veto à l’ONU n’a pas été donné pour faire joli, mais bien pour ne pas donner la possibilité aux européens de voir ce qui se passe dans les deux provinces sécessionistes pro-russes qui, cette année, participeront aussi aux manoeuvres.

L’année dernière, presque à la même période, la Russie avait organisé des entrainements militaires de grande envergure dans le Caucase nord, dans les montagnes d’Ossétie du Nord et d’Ingouchie, juste de l’autre côté du tunnel de Roki, emprunté quelques jours plus tard par une partie de ces mêmes troupes pour entrer illégalement en Géorgie, fin juillet... Les blindés suivront peu de temps après, le 8 août, pour chasser les forces de paix géorgiennes qui tentaient depuis la veille de protéger les villages géorgiens d’ossétie des bombardements russes et des tirs des milices ossètes.

Pour rappel : la Russie a fortement critiqué les manoeuvres prévues de longue date organisées par l’OTAN près de Tbilissi le mois dernier, mais comme c’est usuel de la part de l’administration russe (depuis 80 ans), ce qu’ils critiquent ailleurs est toujours mis en pratique chez eux. S’ils vous accusent de meurtre, soyez sûr que c’est pour les protéger de leurs propres crimes.

D.P.

28/06/2009

L'OTAN et la Russie ont convenu de reprendre leur coopération politique et militaire

L'OTAN et la Russie ont convenu de reprendre leur coopération politique et militaire, malgré la persistance de "différences fondamentales" à propos de la Géorgie, a annoncé le Secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer ce 27 Juin.

La décision a été prise lors d'une réunion sur l'île grecque de Corfou entre les ministres des Affaires étrangères des 28 alliés de l'OTAN et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov.

L'alliance avait gelé les relations avec la Russie après la guerre d'août en Géorgie.

S'exprimant lors d'une conférence de presse après la réunion, Scheffer, qui est également président du Conseil OTAN-Russie (COR), a déclaré que les discussions ont été "ouvertes et constructives."

« Ce qui signifie que nul n’a essayé d’être au-dessus de nos différences, par exemple sur la Géorgie », a dit Scheffer. « Mais nous avons accepté - et c'est une très bonne conclusion à la réunion - de ne pas laisser ces désaccords porter l'ensemble du train CNRC à l'arrêt. »

«Il y a des différences d'opinions fondamentales sur la notion d'intégrité territoriale de la Géorgie », a-t-il dit, et a ajouté que des divergences persistent aussi pour la Russie de changer sa position et permettre à des observateurs de l'ONU et des observateurs de l'OSCE " d’être présents en Abkhazie et Ossétie du Sud, respectivement.

Il a également déclaré que « la Russie a besoin de l'OTAN et l'OTAN a besoin de la Russie » pour la stabilisation en Afghanistan, le trafic de drogue, la piraterie somalienne, le terrorisme et la prolifération nucléaire dans lequel les deux efforts conjoints étaient nécessaires.

Scheffer a déclaré que lors de la réunion le ministre Lavrov et d'autres ministres des Affaires étrangères ont soulevé le problème de la Géorgie "largement".

« Ces positions ne sont pas proches les unes des autres dans cette rencontre», a-t-il ajouté.

A la question sur les plans d'expansion de l'OTAN, Scheffer a répondu: "La porte de l'OTAN est ouverte – et en principe, vous savez que, dans l'ouest des Balkans il y a des pays qui frappent à la porte de l'OTAN..."

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a réaffirmé à l'issue de la réunion que la reconnaissance de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud par Moscou était "irréversible".

« Tous doivent accepter que les nouvelles réalités et les décisions prises par la Russie après le conflit, sont irréversibles», a-t-il dit. Qu’il parle pour eux. La Russie ne parviendra jamais à ce que d’autres nations reconnaissent ces provinces géorgiennes commes Etats indépendants.

Perso, j’aime bien le Nord-Pas-de-Calais. Je propose à la Belgique d’annexer cette région! D’abord, bien entendu, il faut y placer un ou deux milliers de belges, puis distribuer des passeports belges aux français, ensuite on assassine quelques villageois de Tourcoing puis on attend une réponse à la provocation, 1 an ou 2 ans, et si ça ne suffit pas encore, on bombarde Lille. Dès le premier tir français (donc sur son propre territoire),  l’armée belge intervient pour protéger ses ressortissants, et envahit tout le nord de la France, sous les hauts cris de l’Europe. Sarko intervient, mais trop tard: la Belgique reconnaît le Pas-de-Calais comme territoire indépendant, nous sans faire fuir, assassiner ou bruler la maison de tous ceux qui n’y ont pas accepté le passeport belge. Puis j’interdit à quiconque, même officiels, à passer la « nouvelle frontière belge », le temps de rendre l’annexion et la reconnaissance du nouveau pays « Tournaisi du Sud » irréversible.

Voilà exactement ce que la diplomatie russe essaie de nous faire accepter avec les provinces séparatistes. Pensez-vous réellement que quiconque puisse accepter cela sans rien dire, sans rien faire, au 21ème siècle?  Medvedev, Lavrov et autre Tchourkine devraient être en prison pour tout cela. Comme Karadzic, Tadic. Comme auraient du l’être Lenin, Staline.... Poutine... (suite logique)

Pour rappel, le TPI :

Juge les crimes contre les lois de la guerre applicables en temps de conflits armés internationaux et nationaux.

Juge les violations graves des Conventions de Genève, les violations des lois ou coutumes de la guerre, le génocide, et les crimes contre l'humanité. Ne juge pas les crimes contre la paix.

Pas de provision générale quant aux charges de complot. De telles charges ne figurent qu'en rapport au crime de génocide selon l'Article 4 (3) (b) du Statut. Selon l'Article 4 (3) (c) diriger et inciter au génocide est également un crime. Alors que le Statut ne déclare pas explicitement que les personnes reconnues coupables de participation à l'élaboration ou à l'exécution d'un plan concerté ou d'un complot de génocide sont responsables de tous les actes commis pour l'exécution de ce plan, ces mêmes personnes peuvent être reconnues responsables d'actes commis conformément à un tel plan, selon l'Article 7.

Le viol, l'emprisonnement et la torture relèvent tous du crime contre l'humanité lorsqu'ils sont commis en temps de guerre, contre la population civile. (...)

Selon le Statut du TPI, aucun lien avec un autre crime international n'est nécessaire pour qualifier un crime de crime contre l'humanité.

Voilà le texte que la Russie ferait bien de relire avant de continuer à s’approprier les biens et la vie d’autrui.

D.P. d'après Civil.ge

 

26/06/2009

Espionnage à Berlin, la suite

Version de l'opposition : Irakli Iashvili, l'un des fondateurs du parti d'opposition "nouveaux droits", dont le frère Mikheil a participé à la réunion à Berlin avec l'ancien ministre de l'intérieur Kakha Targamadzé, a commenté le scandale : Irakli Iashvili confirme que Levan Gachechiladze, Levan Gamkrelidze, Mikheil Iashvili ont rencontré Targamadze à Berlin. Ils ont reçu des informations très intéressantes lors de cette réunion. L'opposition avait l'appui des hommes d'affaires géorgiens en Russie, mais tout à coup, un jour, ils ont tous refusé de parrainer des rassemblements de l'opposition. Il s'est avéré après que ces personnes ont été rigoureusement mis en garde par les dirigeants russes de ne pas avoir des liens avec l'opposition géorgienne. Manifestement, la Russie ne veut pas être responsable de toute action politique en Géorgie, ils sont libres à présent de faire ce qu'ils veulent» a déclaré Irakli Iashvili.

Mikheil Iashvili possède une entreprise de transport en Russie. Il a été membre du conseil d'administration de la Georgian Airlines, arrêté pour le dépassement de ses fonctions officielles...

Version du gouvernement : "Les gens sont les meilleurs juges et leur mémoire n'est pas courte, la Géorgie sait très bien qui est Kakha Targamadze, ce qu'il est et ce qu'il a comme liens."

En effet, Targamadzé, ancien ministre de l'intérieur, qui aurait du être recherché par interpol depuis des années, mais contre qui les autorités n'ont finalement rien fait, pour enlèvements, détournements de fonds, traffic de drogue, etc... mais il vit à présent à Moscou ayant pris la nationalité russe. Et a ses entrées au Kremlin...

Version d'Oleg Panfilov, le chef du "Centre pour le journalisme en situations extrêmes" à Moscou. Il compare les cellules improvisées (les tentes style croix-rouge déguisées en cellules de prison) installées par l'opposition à Tbilissi avec les rassemblements organisés par les "Nashi", mouvement des jeunesses pro-poutine et dit que le gouvernement russe fournit non seulement les finances, mais il donne aussi des recommandations pour l'organisation de campagnes de relations publiques. Le Kremlin veut la Géorgie dans son espace impérialiste et donne à l'opposition toute forme d'assistance!

Ce qu'on peut en dire : Trois membres de partis de l'opposition radicale, celle qui provoque les géorgiens et le parlement depuis novembre 2007, et manifeste depuis 75 jours à Tbilissi en exigeant la démission de Saakashvili, avec violences diverses, recontrent un ancien ministre qui aurait du être recherché par interpol et qui vit sous protection du Kremlin, de quoi peuvent-ils discuter?

D.P. sources : Rustavi2, youtube, civil.ge

24/06/2009

Andrey Ilarionov dévoile les projets de la Russie : la prochaine guerre aurait bien lieu.

Andrey Ilarionov, après avoir dénoncé que la guerre d'août 2008 avait bel et bien été préparée avec soin par les milices ossètes et abkhazes aidés des Russes et de leur 58ème armée bien avant l'été 2008, accuse à nouveau la Russie, cette fois de ne pas avoir abandonné leurs plans d'annexion de l'entièreté du territoire de Géorgie.

Andrey Ilarionov, c'est l'ancien conseiller économique de Vladimir Poutine, mais aussi un de ses premiers opposants puisqu'il a du démissionner en 2005. Il dira à cette occasion : « Je ne veux pas travailler avec le gouvernement que nous avons, ni aujourd'hui, ni demain. Lorsque j'ai accepté cette fonction, c'était pour un État où il y avait des possibilités et des espoirs d'évolution... mais une nouvelle croissance de cet État s'est produite et un modèle de corporatisme d'État s'est formé ».

La Russie prépare une nouvelle agression militaire contre la Géorgie. Le Kremlin va tenter de réaliser le plan commencé en août de l'année dernière et renverser le gouvernement géorgien, a-t-il déclaré lors d'une récente réunion.
Sergei Ilarionov a préciser que le plan de la Russie est de diviser la Géorgie en sept ou neuf régions sur base ethnique, que tous se combattent les uns avec les autres. Selon le plan, la stabilité politique intérieure doit être détruite en Géorgie, en vue de convaincre le monde entier que le pays n'a besoin de nul autre aide que celle de la Russie.
L'objectif principal est de réduire le pays et créer une zone militaire et politique au lieu de la bouillie, dans la mesure où tout serait détruit.

Cette nouvelle agression devrait, selon Ilarionov, débuter le 6 Juillet 2009...

A l'attention des médias belges : voici ce qu'il a dénoncé à propos du dernier conflit et publié sur le site du Times : il affirme que la guerre en Ossétie du Sud a été prévue par la Russie et les séparatistes depuis longtemps, que la Russie a préparé la guerre en Ossétie du Sud et organisé les provocations de Juillet 2008. Saakashvili n'a peut-être pas compris que la guerre avait débuté, parce que personne ne parlait de guerre en Géorgie. Je vous conseille de vous rendre en Ossétie et d'écouter ce qu'ils disaient: "il y aura une guerre, nous nous préparons pour la guerre, nous avons juste besoin de la protection de la 58-ème armée!''

Ilarionov nomme les sources d'Ossétie. Les annonces faites par le gouvernement russe au sujet de ses actions visant à protéger les citoyens russes sont une hypocrisie utilisée comme motif de départ des actes de guerre.

Les premiers nombres avancés en ce qui concerne le nettoyage ethnique ont été de 1400, puis de 1600 et plus tard de 3000 civils. La première annonce sur le génocide a été faite le 8 août à 5 heures par Kokoity qui était à Java, et n'était donc pas à Tskhinvali: il avait quitté la capitale dès le début des hostilités. La propagande officielle russe déclarait que les victimes de génocide étaient 1600. La Russie soutient cette version aujourd'hui encore , en dépit du fait que Poutine, qui s'est rendu à Vladikavkaz (Nord Caucase, en Ossétie du Nord) a déclaré qu'il y avait plusieurs dizaines de morts. Le groupe spécial du bureau de procureur général Russe a découvert après un mois de travail que 134 citoyens sont morts, 80% d'entre eux étaient des guerriers, et d'autres sont des citoyens pacifiques.

Nous pouvons dire qu'il y avait des bases militaires russes avant le début des activités militaires en Abkhazie et en Ossétie du Sud le 7 août (ndb:une base aérienne au moins en abkhazie). Le but du gouvernement russe était de changer le gouvernement de Saakashvili en Géorgie. Personne ne s'en cachait, pas même au sein du gouvernement Russe. La guerre avec la Géorgie était en préparation depuis 4 ans...

... sans qu'aucun média ne nous en informe. Raison pour laquelle les citoyens que nous sommes, mais aussi les politiques, avons difficile à défendre la Géorgie et son gouvernement, et préférons les accuser plutôt que d'imaginer que la Russie post-soviétique n'est pas celle qu'on essaie de vous faire voir.

Nous espérons tous que la Géorgie se sortira de cette crise, bien entendu, et pas uniquement parce qu'elle a toujours été dans son droit. Mais nous espérons sans doute plus encore, que les russes, après des siècles sous le joug d'autocrates et autres criminels officiels impunis, se réveilleront de leur longue torpeur et réaliseront combien la Russie est manipulée, utilisée aux seuls bénéfices de ses "dignitaires" aux mains ensanglantées. Sans quoi, d'autres peuples vont faire les frais de leur politique mégalomaniaque.

Le plan destiné à la Géorgie devrait sans doute être appliqué à la Russie, pour qu'ils se rendent compte de ce qu'ils font. Que penseraient-ils d'une distribution de passeports lithuaniens dans la ville russe enclavée de Kaliningrad, pour commencer?

Diverses sources (Rustavi, Ria Novosti, The Times, Wikipedia, le Journal du Dimanche)

D.P.

La Russie financerait l'opposition géorgienne...

 

Un des leader de l'opposition pris en flagrant délit d' "intelligence avec l'ennemi", d'après une vidéo en ligne sur youtube.

Youtube a publié une vidéo montrant la réunion du chef de l'opposition géorgienne, Levan Gachechiladze et l'ancien ministre de l'intérieur de la Géorgie Kakha Targamadze. La vidéo, qui fait scandale en Géorgie mais n'étonne pas grand monde, a été prise à l'hôtel Adlon Kempinsky, qui est situé à proximité de l'ambassade de Russie à Berlin. La vidéo a un commentaire en allemand, qui dit que c'est une réunion entre l'ancien ministre géorgien de l'intérieur, qui travaille maintenant avec les services du ministère de la défense russe, et le chef de l'opposition géorgienne.

La vidéo montre trois différentes réunions de ces personnes. Au cours de la troisième, le chef du Nouveau Parti pour les droits, Davit Gamkrelidze, apparaît à son tour à côté de Gachechiladze.

Levan Gachechiladze a admis, le 19 juin, lors d'une manifestation de l'opposition, qu'il a voyagé en Europe pour obtenir des fonds pour les activités de l'opposition, mais aujourd'hui, il dit qu'il n'a pas parlé avec l'ancien ministre à propos de ces fonds.  Il a dit qu'il a tenu des réunions avec d'autres personnes, mais le gouvernement ne serait pas en mesure de les identifier.

Gachechiladze s'engage à nommer les gens qui parrainent l'opposition dès obtention des fonds de leur part.

Kakha Targamadze a dit dans un entretien téléphonique à Rustavi 2 qu'il ne peut pas parrainer quelqu'un parce qu'il ne dispose pas de fonds suffisants. Il a dit que les spéculations sur son soutien à l'opposition géorgienne sont absurdes.

L'autre leader de l'opposition radicale a dit que Kakha Targamadze ne peut simplement pas sponsoriser quelque mouvement politique que ce soit en Géorgie, car il n'est pas citoyen de Géorgie (il a pris la nationalité russe il y a 5 ans) et la législation locale interdit les flux de fonds étrangers en Géorgie pour des activités politiques.

Mais la question n'est pas seulement de savoir qui finance qui, mais bien de comprendre qu'au moins deux leaders de l'opposition radicale sont vraissemblablement dirigés par Moscou, avec ou sans l'approbation des autres leaders, mais ces derniers, qui nient toute implication, ont été mis en cause par l'un d'eux. En effet, aux journalistes qui lui demandaient s'il savait quelque chose sur cette réunion, il a dit que "tout le monde savait".

Pour vous éclairer sur la théorie du complot russe, je vous proposerai dès demain un billet sur les déclarations d'un ancien conseiller de Poutine, Andrey Ilarionov. Edifiant.

D'après RUSTAVI2

D.P.


Vidéo filmée entre les 15 et 18 juin à Berlin, mise en ligne sur Youtube le 23 juin, diffusée sur Rustavi2 le 24 juin.

cqfd.

Lavrov : une mauvaise foi redondante.

Ria Novosti - Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé utile la discussion à l'ouverture de la conférence annuelle sur la sécurité de l'OSCE mardi à Vienne, espérant que les partenaires de la Russie avaient entendu ses arguments supplémentaires en faveur d'un nouveau traité de sécurité européenne.

"Je considère comme utile la discussion d'aujourd'hui. Il est évident que nous n'avons pas trouvé des solutions à toutes les questions, mais je pense que les arguments supplémentaires que nous avons exposés suite à l'initiative du président russe Dmitri Medvedev pour conclure un Traité de sécurité européenne ont été entendus", a dit mardi le chef de la diplomatie russe lors d'une conférence de presse à Vienne.

Selon M.Lavrov, lors de la discussion, bien des questions ont été posées à la délégation russe mais tous se préoccupaient essentiellement des régions d'où émanait la menace.

"Il s'agissait, entre autres, de la crise dans le Caucase, de ses origines et des moyens d'en sortir, de la situation autour du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (Traité FCE), de la lutte contre le terrorisme, le narcotrafic et le crime organisé", a poursuivi le ministre.

Le président Medvedev a formulé en juin 2008 à Berlin l'idée d'un traité de sécurité en Europe dont les piliers sont le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des Etats, le non-recours à la force armée, le contrôle des armements et le principe selon lequel aucune organisation internationale n'a le droit exclusif d'assurer la sécurité en Europe.

En plein dans le mil ! Qui peut dire de quel respect de souveraineté territoriale il parlait, sans doute que, d'après lui, la Géorgie n'est pas un état. Comme on peut supposer aussi que la Russie n'est pas intervenue avec son armée en Géorgie, n'a pas distribué de passeport russes sur le territoire géorgien, et n'a pas engagé 13.000 hommes supplémentaires dans les provinces séparatistes depuis la fin de la guerre d'août. Et nous pouvons supposer de même qu'en fait, aucune organisation internationale n'a demandé à la Russie de pouvoir pénétrer dans les territoires séparatistes en tant qu'observateurs, et que c'est pour cela qu'ils sont les seuls à y être présents....

La diplomatie russe a bien compris qu'à force de dire n'importe quoi, on finira par les croire. Mais comment la presse ne voit-elle pas dans quelles manipulations nous entraîne la Russie? Son seul but, semble-t-il, est de pouvoir légitimer ses interventions - passées, présentes et futures - dans le Caucase, en disant que "puisque nous-même nous suggérons à nos partenaires européens d'agir dans le respect des souverainetés nationales, c'est que nous considérons ne pas avoir nous-même transgressé cette règle".

Pendant ce temps, de fortes tensions secouent la province russe nord-caucasienne d'Ingouchie, où un attentat contre le président pro-russe a eut lieu. Moscou accuse bien entendu des "activistes islamistes", histoire sans doute de nous faire croire qu'il n'y a pas de désirs de révoltes anti-russes dans le nord-caucase, mais un terrorisme islamiste aveugle contre lequel Moscou pourrait bien être soutenu par l'Occident.

Mais quand donc réagirons-nous sérieusement contre cette diplomatie clairement dirigée contre les démocraties européennes, toujours sur fond de "petro-roubles"? Les journalistes occidentaux, ayant perdu toute capacité d'analyses à force de ne publier que des dépêches d'agences, a de même perdu toute capacité de jugement par rapport à l'actualité. 

D.P.