22/09/2009

L'Europe réagit... via les "anciens"

 

Lettre ouverte à propos de l'inactivisme européen qui permet la construction d'un MUR entre l'Abkhazie et le reste de la Géorgie, signée par des anciens ministres ou présidents de nations européennes, ainsi que Daniel Cohn-Bendit, Timothy Garton Ash, André Glucksmann entre autres.

Expo Rustaveli 07

Il leur aura fallu du temps, mais leur lettre devrait peser quelque peu sur la conscience des dirigeants européens, et ceci juste avant le sommet du G20 aux Etats-Unis cette semaine.

Le présedent géorgien Mikheil Saakashvili s'est d'ailleurs entretenu avec Hilary Clinton aujourd'hui, cette dernière rassurant à nouveau quant à son soutien inconditionnel. Mais la nouvelle de l'abandon du projet de radars et de missiles de défense en Pologne et en Tchéquie démontre que l'administration américaine peut encore céder du terrain, mettant en avant le besoin de collaboration à propos de l'Iran : la Russie, alliée technologique (nucléaire!) et militaire (ventes et/ou livraisons d'armes et de missiles) de l'Iran devra faire preuve de moins de cynisme dans ce dossier.

Quant au dossier géorgien, il sera vraissemblablement sur la table de Medvedev dès la remise de l'enquête sur la guerre d'août 2008 par la Commission dirigée par la diplomate suisse Heidi Tagliavini, quoi qu'en pense Mr Lavrov (lire sur ria novosti).

D.P.

Voici le texte en question :

Alors que l’Europe commémore la honte du Pacte germano-soviétique et des Accords de Munich et s’apprête à célébrer le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, une question s’impose : avons-nous retenu les leçons de l’Histoire ? Autrement dit : sommes-nous capables de ne pas répéter aujourd’hui les erreurs qui ont à ce point assombri le 20e siècle ?

Déplorer ou célébrer des événements passés ne présente aucun intérêt si nous restons sourds à leurs enseignements. De telles commémorations seront utiles seulement si elles nous permettent d’apprendre à agir autrement dans le présent et l’avenir.

En Europe même, force est de constater que l’Histoire n’est pas finie et qu’elle demeure tragique. vingt ans après l’émancipation de la moitié de notre continent, un nouveau Mur se construit en Europe : sur le territoire souverain de la Géorgie.

Il s’agit d’un défi majeur pour les citoyens, les institutions et les gouvernements européens : acceptera-t-on que les frontières d’un petit pays soient changées par la force et de manière unilatérale ? Tolérera-t-on l’annexion de facto de territoires étrangers par une grande puissance ?

Pour que les commémorations historiques qui s’annoncent aient un sens, nous appelons solennellement les leaders des 27 démocraties, qui composent l’Union européenne, à définir une stratégie plus active pour aider la Géorgie à recouvrer pacifiquement son intégrité territoriale et à obtenir le retrait des forces russes présentes illégalement sur son sol.

Nous n’appelons pas ici à une quelconque confrontation avec Moscou, ni ne souhaitons le moindre retour à l’atmosphère hostile de la guerre froide, nous disons juste qu’il est primordial de ne pas se tromper dans les signaux envoyés au pouvoir russe actuel.

Alors qu’une commission, mise en place par l’Union européenne et dirigée par la diplomate suisse Heidi Tagliavini, s’apprête à rendre son rapport sur les causes de la guerre russo-géorgienne, nous appelons les dirigeants européens à se remémorer quelques vérités héritées d’un passé pas si lointain.

Tout d’abord une grande puissance trouve toujours des prétextes pour envahir un voisin dont elle n’accepte pas l’indépendance. Souvenons-nous : Hitler accusa les Polonais d’avoir ouvert le feu les premiers en 1939 et Staline imputa aux Finlandais la responsabilité de la guerre qu’il déclencha contre eux en 1940. La question fondamentale est de savoir quelle est la nation occupée et quelle est la nation occupante? Qui a envahi qui, plutôt que qui a tiré la première balle ?

Ensuite, l’absence de réaction claire des démocraties occidentales face à l’agression et au démembrement d’une nation amie, aussi petite soit-elle, peut avoir des conséquences globales très graves.

L’Union européenne fut fondée en réaction à l’esprit de capitulation de Munich et face à l’érection du Rideau de fer. Il serait catastrophique aujourd’hui qu’elle paraisse avaliser le retour de conduites, qui plongèrent l’Europe dans la guerre et la division au siècle passé. Il en va de l’avenir de cette aventure, à laquelle nous avons consacré nos vies et nos œuvres, la réunification pacifique du continent européen.

Vaclav Havel, Valdas Adamkus, Mart Laar, Vytautas Landsbergis, Otto de Habsbourg, Daniel Cohn-Bendit, Timothy Garton Ash, André Glucksmann, Mark Leonard, Bernard-Henri Lévy, Adam Michnik, Josep Ramoneda.


 

12/09/2009

Medvedev critique la politique post-sovietique de Poutine...

La politique de Poutine critiquée par Medvedev dans une tribune publiée hier à Moscou

Que se cache-t-il derrière les critiques qu’a formulées le Président Medvedev à l’encontre de son propre pays, hier, et publiées dans la plupart des médias russes?

«  Une économie inefficace, une sphère sociale à demi soviétique, une démocratie faible, des tendances démographiques négatives, et un Caucase instable. Ce sont de très gros problèmes, même pour un État tel que la Russie. » Il reproche aussi à la politique de Poutine – puisque c’est de cela qu’il s’agit concrètement – que la dépendance aux matières premières est humiliante, que le gouvernement est excessivement trop présent dans la société et l’économie, et il condamne « des siècles de corruption débilitante ».

Comment doit-on lire ces propos? Veut-il récupérer sa place de Président en se démarquant de son premier ministre encombrant? C’est ce que pensent beaucoup d’experts et autres éditorialistes, mais c’est sans doute trop simpliste tellement cela peut sembler évident. La Douma est presque totalement et exclusivement dévouée à Poutine, et Medvedev aurait besoin d’un plus large soutien au sein du gouvernement pour espérer obtenir plus d’autorité. A moins bien entendu que le Président Medvedev, par ce discours, tente de « récupérer » les mécontents du Kremlin...

La situation de crises dans laquelle se trouve la Russie étant ce qu’elle est, gravissime, il est clair que la politique doit prendre un virage au moins équivalent, mais certainement plus radical que celui effectué lors de la chute du mur en 1989, lorsque le monde soviétique s’est (soi-disant) écroulé. L’économie, trop dépendante des cours des hydrocarbures qui ont énormément chutés depuis début 2008, associée à la crise mondiale, et aux crises dans le Caucase - Ingouchie, Tchétchénie, Daguestan, Ossétie du Nord qui tous aspirent à plus de démocratie, et donc aimeraient s'éloigner de Moscou - c'est plus complexe que ça, mais ça résume la situation explosive du nord-Caucase, tout cela oblige Moscou à puiser dans les réserves fédérales à coup de milliards de roubles pour renflouer ce qui est encore renflouable, et pour financer les conflits. Medvedev annonce son projet de démanteler les grands groupes industriels protégés et financés par Poutine depuis plus de 10 ans, et parle de « système politique ouvert, flexible et intérieurement plus complexe »...

En même temps, il tente de faire passer une loi qui permettrait à la Russie, sous son ordre exclusif, d’ intervenir dans tout pays, militairement s’entend, pour protéger ses ressortissants. Cynique après ce qu’il a fait en Géorgie, et dangereux pour ce qu’il peut décider pour l’Ukraine, ou les pays baltes... L’octroie de passeports russes aurait-il débuté aussi dans ces régions, ainsi qu’ils l’ont fait il y a 4 ans en Abkhazie et en « Ossétie du Sud », donnant alors un prétexte supplémentaire à l’invasion de la Géorgie?

La présente tentative de Medvedev, « montrer au monde » qu’il y a une facette démocratique au sens occidental du terme au Kremlin, peut donc être interprétée très différemment selon que l’on puisse croire que la Russie post-soviétique est à ce jour capable de rentrer dignement – enfin ! - dans le XXIème siècle, ou non. La Russie nous montre chaque jour qu’ils n’ont aucunement l’intention de changer quoi que ce soit dans leur politique étrangère, que du contraire. Le non-respect de tous les traités signés en faveur de la Géorgie, l'implantation de bases militaires dans les territoires occupés, Medvedev et Poutine qui ont du faire face aux critiques de l’ONU, des USA et de l’UE pour leurs visites récentes dans ces territoires nous montrent au contraire que le Kremlin n’a aucune intention de respecter quoi que ce soit, ni les lois internationales, ni aucun droit constitutionnel. Parce que l’enjeu est de taille, et que la première puissance, celle qui dirige de fait la Russie, le FSB de Poutine, est totalement opposée à tout changement.

D.P.

 

02/09/2009

Pas de politique aujourd'hui : des photos de Akhalkalaki et de Tbilissi.

 

 

AKHALKALAKI (près de Kaspi)

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EGLISE "ERTASTSMINDA"

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Après une heure de marche sur les pas de la Reine Tamar (XIIè) ...

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TBILISSI - Quartier entre la cathédrale et la résidence présidentielle, en voie de rénovation...

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Le Marché couvert.

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Un petit bijou qui fait face à la résidence présidentielle...

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La Cathédrale de Tbilissi

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Copyright D.P. - 2009

 

14/08/2009

visite soigneusement chorégraphiée de Poutine en Abkhazie

 

"La visite soigneusement chorégraphiée du premier ministre russe Vladimir Poutine en Abkhazie mercredi a été conçue pour envoyer un message clair à la Géorgie et à la communauté internationale."


Expo Rustaveli 06

M. Poutine a confirmé que la Russie est en Abkhazie pour  y rester, indépendamment des viols des accords de cessez-le-feu de la guerre de l'année dernière et indépendamment des tentatives désespérées de la communauté internationale de trouver une solution acceptable sur la situation finale de l'Abkhazie et l'autre région séparatiste d'Ossetie du sud.

M. Poutine a promis une somme de 500 millions de $ pour renforcer la présence militaire russe en l'Abkhazie, et toujours rien pour reconstruire et rénover une région qui en aurait pourtant grandement besoin. Infrastructures, business... Au lieu de cela, seuls les bases (illégales) militaires, navales et terrestres, ainsi que le renforcement des infrastructures de défenses et les patrouilles le long des "frontières" feront partie des investissements.

La visite de Poutine a donc eu des odeurs de "visite d'un empereur pour un pays nouvellement acquit"! Et peu importe les remontrances occidentales, l'administration russe n'en a que faire. La propagande orchestrée soigneusement (façon de parler) par Moscou qui accuse sans cesse la partie géorgienne de provocations aux frontières abkhazes et "ossètes" ne pouvant toujours pas être vérifiées par des observateurs occidentaux (l'EUMM en l'occurance), puisque toujours empêchés d'entrer dans les parties séparatistes de la Géorgie, elle peut raconter ce qu'ils souhaitent pour justifier leurs investissements et leurs augmentations de présence militaires.

Bien entendu, les dirigeants occidentaux ne sont pas dupes, mais les citoyens, loin des réalités pour beaucoup, ne peuvent qu'y croire et soutenir la politique impérialiste de Moscou, croyant encore que la Russie agit pour le bien des populations séparatistes, alors qu'elle profite de sa main-mise sur ces territoires pour en piller ses ressources et assoir ses positions dans le Sud Caucase, passage obligé des ressources pétrolières et gazières vers l'Europe.

Ce qu'il faut savoir aussi, et qui n'est malheureusement pas répercuté comme il se devrait dans nos médias - belges principalement - ce sont les tensions grandissantes entre Moscou et nombre de régions et pays du bloc ex-soviétique. Attentats meurtriers en Ingouchie, en Ossétie du Nord, au Daguestan, en Tchétchénie, c'est le Nord-Caucase qui lutte contre Moscou, et Moscou qui réprime violemment. Mais l'absence la plus étonnante dans nos quotidiens, c'est l'annonce faire par Medvedev de faire passer une loi le rendant seule autorité à décider d'une guerre contre un pays voisin à la Russie, ne devant plus, par conséquent, passer par la Douma ou Poutine. Gravissime.

Au lendemain de cette annonce, le président Medvedev a rapatrié l'ambassade russe de Kiev (Ukraine), accusant Viktor Iouchtchenko, président ukrénien, d'avoir soutenu la Géorgie durant la guerre de 2008, et d'avoir vendu des armes à la Géorgie. L'Ukraine, pays souverain, en avait bien entendu tous les droits, faut-il le présiser...

D.P. depuis Tbilissi.

N'hésitez pas à réagir...

 

 

11/08/2009

Exposition à Tbilissi : 200 ans d'occupation russe.

 

Exposition à Tbilissi : 200 ans d'occupation russe...

Expo Rustaveli 01

Expo Rustaveli 03

Expo Rustaveli 02

Expo Rustaveli 04

Expo Rustaveli 05

No Comment...

D.P. 08/08/09

07/08/2009

Appel à manifester, PARIS

L'association FRANCE-GEORGIE,

Otar Zurabishvili.

COMMUNIQUE

7 août 2008, pour la sanctionner de son inclination pro-européenne et de son orientation
pro-occidentale, l’armée russe envahissait la Géorgie :

• plusieurs centaines de géorgiens sont tués,
• 100 000 personnes sont déplacées,
• la province de Shida-Kartlie (dénommée à tort Ossétie du Sud), puis aussi une partie
de l’Abkhazie sont occupées par l’armée russe
août 2009, la Russie, sous couvert d’une prétendue indépendance, tente d’annexer
militairement ¼ du territoire géorgien.

Violant sans vergogne les accords signés sous la Présidence française de l’Union
européenne :

• la Russie interdit tout retour des populations déplacées, et encourage la persécution
et l’épuration ethnique des minorités géorgiennes vivant sur les territoires occupés
• sans cesse au cours de l’année écoulée, la Russie, menace la petite Géorgie,
provoque des incidents, fait abattre par des snipers les policiers géorgiens (28 tués
au cours de l’année écoulée) et laisse entrevoir le spectre d’une nouvelle intervention
• le pouvoir russe, pour camoufler ses exactions et son réarmement, continue à
empêcher tout accès des observateurs européens aux territoires occupés
L’Association Géorgienne en France, dénonce de la manière la plus définitive l’occupation
militaire des territoires géorgiens et rappelle que tous les pays et toutes les institutions
internationales reconnaissent, sur ces territoires, la souveraineté géorgienne.

L’Association Géorgienne en France, apporte son soutien sans réserve à la Géorgie et au
peuple géorgien. Elle reste persuadée que seules les solutions politiques proposées par la
Géorgie constituent une réponse pour l’avenir identitaire des ossètes et des abkhazes vivant
sur le territoire géorgien. Hors de celles-ci, il n’y aura place qu’à la russification culturelle et
linguistique, telle que la Russie la pratique pour tous les territoires et toutes les ethnies qui
se trouvent sous sa domination.

Le Comité Directeur de l’Association Géorgienne en France appelle tous les géorgiens, leurs
amis et les associations géorgiennes hors de Géorgie à se mobiliser pour la défense de la
Géorgie et à se rassembler :

Samedi 8 août 2009 à 16h00
à Paris, devant l’ambassade Russe, Boulevard Lannes,

Metro Porte Dauphine (ligne 2)

Pour le Comité Directeur

Othar ZOURABICHVILI, Président
Contact Presse : 06 85 42 21 11
othar_z@hotmail.com

08:41 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/08/2009

A ECOUTER ET LIRE DE TOUTE URGENCE

Mis à jour le 5/08 - 15:55 (Tbilissi)

Depuis plusieurs jours, dans la province sécessionniste d'Ossétie du sud, nombre de provocations ont pu être observées de la part de l'armée russe comme des séparatistes. Le gouvernement géorgien, bien entendu, réagit en utilisant tous les moyens diplomatiques dont il dispose, sachant que face à Moscou il est bien impuissant. Il est clair que la Russie, dont l'armée s'est à nouveau amassée le long des frontières géorgiennes, espère qu'une nouvelle guerre débutera contre Tbilissi. Qoqoïty, le "président" ossète, vient de limoger la totalité de son gouvernement. Il réclame des terres géorgiennes supplémentaires pour agrandir son territoire, ultime provocation? Pas si sûr. Il y en aura d'autres... Irina Gagloïeva, porte-parole du gouvernement d'Ossétie du Sud, a déclaré à l'Associated Press que les mouvements à la frontière étaient légitimes et a nié toute ambition expansionniste. "Que les Géorgiens se détendent au sujet de leur territoires. Nous n'avons pas besoin d'un seul centimètre de leur sol" En omettant, bien sûr, de préciser que l'Ossétie du Sud, c'est la Géorgie!!! Et qu'Akhalgori, ré-occuppé aujourd'hui pas des troupes ossètes, n'est pas dans la province d'Ossétie...

Le président Obama vient de rappeler son état-major en vacances afin de plancher sur le sujet. L'Europe, elle, reste en vacance semble-t-il. Et 5 millions de Géorgiens attendent de voir ce que Poutine va décider. Depuis qu'il sait que la Géorgie a réuni plus de 300 preuves contre les actions russes d'il y a un an, qu'a-t-il encore à perdre?

Voici l'appel à l'aide de Saakashvili au monde occidental. A écouter de toute urgence. Et que les mauvaises langues amplifiant la voix de Moscou qui, comme il y a un an, comme depuis des années, accusent à-tout-va la Géorgie de tous les maux, se taisent! Je veux parler ici de ces médias d'irresponsables bassement anti-capitalistes qui ne se rendent pas compte des services qu'ils rendent aux mégalomanes qui dirigent la Russie sans aucun respect pour l'Humanité toute entière.

FRANCE 24, diffuse une interview du président Saakashvili. Le lien : France 24 interview Saakashvili

D.P.

Etant toujours en Géorgie actuellement, j'essaierai de vous tenir au courant des derniers développements. Autant que possible, n'ayant pas internet tous les jours. Je vous suggère de vous rendre sur "rustavi2" en anglais (lien dans la colonne de gauche)

29/07/2009

La diplomatie américaine et russe hausse le ton.

Loin du langage diplomatique adopté par Obama avec la Russie, Joe Biden, lors d'une rencontre avec des jeunes réfugiés d'ossétie et d'abkhazie, a déclaré que « la Russie utilisé un prétexte pour envahir votre région, dans l'espoir de détruire l'économie et convaincre le peuple que la démocratie ne fonctionne pas. » En accusant la Russie de l'invasion après utilisation d'un «prétexte», Biden réitère la position qu'il a prise lorsqu'il s'est rendu en Géorgie au cours de la guerre en tant que candidat à la présidentielle. Une version condamnant une nouvelle fois la Russie non seulement d'avoir organisé le conflit mais aussi de ne pas respecter les accords de cessez-le-feu.

Il ajoute par ailleurs que les Etats-Unis soutiendront économiquement non seulement l'Ukraine et la Géorgie qu'il a visité la semaine dernière, mais aussi tous les pays de l'ancienne URSS qui le désirent, et qu'il soutiendrait toute demande d'adhésion à l'OTAN. « La Russie s'est elle-même isolée des pays qui l'entourent, y compris parmi ses plus fidèles alliés qui commencent à dire des choses très dures contre la Russie... » a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis n'ont pas confirmé la demande du gouvernement géorgien pour l'achat d'armes de défense anti-aérienne et de munitions anti-chars, mais a par contre confirmé l'envoi de formateurs pour l'armée géorgienne, et d'observateurs non-armés pour seconder les effectifs européens dont le mandat a été prolongé pour une durée d'un an.

La réaction de la Russie ne s'est pas faite attendre. Rogozine a immédiatement déclaré qu'il empêcherait toute vente d'armes à la Géorgie, et sanctionnerait tout pays qui ne tiendrait compte de cet avertissement. Le président Saakashvili, quant à lui, souhaite vivement avoir les moyens de se défendre contre une nouvelle attaque russe « tout à fait envisageable » et que le refus éventuel des Etats-Unis de lui fournir du matériel de défense aboutirait sans doute à une nouvelle tentative du Kremlin d'envahir son pays.

La diplomatie internationale ne peut, sous aucun prétexte, effacer les crimes perpétrés par la Russie ces dix dernières années pour des raisons commerciales (gaz/pétrole). Mais elle se doit aussi de maintenir des « relations normales » avec le Kremlin qui, ne l'oublions pas, possède le plus grand arsenal d'armes de destruction massive, et c'est pas peu dire. Le Kremlin le sait, et « joue » avec cette idée. Le « bouton reset » de madame Clinton ne fut qu'un jouet dans les mains de Lavrov... Ce que les pays européens ayant appartenu à la sphère soviétique comprennent et dénoncent depuis longtemps, mais que l'"ancienne Europe" ne peut réellement comprendre, ce qui implique une diplomatie extrêmement frileuse de la part de cette dernière, et des médias trop confiants en la "Nouvelle Russie" de Poutine (et Medvedev).

Avez-vous déjà visité la Russie, ces dernières années? Non pas uniquement Moscou ou Saint-Petersbourg, vitrines de cette "nouvelle Russie capitaliste" mise en avant par le Kremlin (villes extraordinaires brûlant sous les néons de l'occident), mais les campagnes ou les petites villes de province. Là où, déjà du temps de Staline et de ses successeurs soviets on ne mangeait que des pommes de terre en remerciant le pouvoir de ne pas les laisser crever de faim, ils n'ont même plus de pommes de terre! C'est aussi cela, la "nouvelle Russie"! Alors que ces dix dernières années, le pouvoir a amassé des milliards de pétro-roubles jamais réinvestis dans de quelconques infrastructures pourtant indispensables dans les campagnes...

Pendant ce temps-là... A Gali encore, une femme enceinte qui voulait rejoindre le seul hôpital de la région et devait passer par le fameux pont contrôlé par les miliciens abkhazes et les russes, après avoir payé son « droit de passage » de 500 Laris (+/- 250$) aux miliciens, s'est vue refuser le passage par les soldats russes à l'autre extrêmité du pont, n'ayant plus les moyens de les payer. Je n'ai pas pu obtenir de ses nouvelles depuis, mais on peut imaginer dans quelles conditions elle a du accoucher, chez elle, sans assistance médicale. Pourrait-on imaginer un seul instant qu'un tel acte se produise dans nos pays « civilisés »? Ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres relatés chaque jour par les habitants des régions bordant les « frontières » administratives ossètes et abkhazes.

En Moldavie (pro-russe) où des élections ont eu lieu ce week-end, les observateurs géorgiens présents parmi les délégations d'observateurs internationaux, ont été empêchés de faire leur travail et ont été enfermés dans un local, sans aucune assistance - nourritures ou boissons, etc... C'est dire que les méthodes russes n'ont pas changé depuis Staline...

N'étant à Tbilissi que pour quelques heures, je n'ai hélas pas le temps de vous énumérer la totalité des nouvelles que nous avons ici, mais dès mon retour à Bruxelles, je vous promet un billet très complet sur la situation dans le pays, et bien d'autres choses encore dont je vous laisse la surprise.

Bonnes vacances à tous,

D.P.

 

23/07/2009

Joe Biden en Géorgie : Soutien inconditionnel des USA et de l'Europe.


Toujours absents de la presse belge (RTBF, Le Soir et La Libre), ces informations sont primordiales pour l'avenir de la Géorgie, bien entendu, mais non seulement : à travers elles  toute l'Europe, au minimum du point de vue énergiétique, est concernée par la visite du Vice Président Biden. La semaine dernière, une autre info capitale a été ignorée par cette même "presse": les critiques virulentes adressées par la Communauté Européenne et par l'administration américaine à la Russie, suite à la visite de Medvedev dans la "capitale" abkhaze, Sukhumi. Une provocation gravissime de plus de la part de Moscou qui, de son côté, critique ouvertement la visite de Biden à Kiev et à Tbilissi, comme si elle avait enconre son mot à dire pour ce qui est des politiques menées par ces deux pays en recherche de liberté et de démocratie, mots que les Russes n'ont pas encore intégrés dans leur dictionnaire d'australopithèques (merci Gad!) post-staliniens.

Mais voici ce que la presse rapporte de la première journée de Biden à Tbilissi :

Le Vice President des Etats-Unis, Joe Biden, a déclaré à Tbilissi que sa visite visait à envoyer « un message simple, clair et sans équivoque à tous ceux qui écoutent et ceux qui ne veulent pas écouter, que l'Amérique est avec vous et restera avec la Géorgie. »

Biden a pris la parole lors d'un banquet tenu en son honneur organisé par le Président Saakashvili peu de temps après son arrivée à Tbilissi, ce mercredi soir.

Le Vice President Biden a déclaré que le États-Unis appuient la Géorgie, car « nous avons été inspirés par votre recherche d'indépendance, que la révolution de la rose a été la voix des "gens épris de liberté, que vous avez étendu bien au-delà des frontières de la Géorgie".
Biden a déclaré que les Etats-Unis ont un « partenariat avec la Géorgie, en cause nombre de défis sécuritaires, la sécurité énergétique et les valeurs partagées de démocratie ».

« Vous êtes dans le processus de construction institutionnelle, de ces attributs dont le pays a besoin pour maintenir la démocratie. Beaucoup d'autres peuples dans le monde cherchent, grâce à vous, de voir s’ils pouvent bénéficier de la révolution de la rose à pleine maturité et des racines très profondes de la démocratie ».

Le président Saakashvili, qui a accordé à Biden l'une des plus importantes décoration de Géorgie, la médaille de l’ordre de la Sainte Victoire, a dit que le Vice President a été l'un des plus ardents défenseurs de son pays. « Comme vous le savez, nous avons réussi à construire ici quelque chose qui n'a jamais existé dans cette région - un pays moderne et qui fonctionne », a-t- dit. « Nous pouvons être fiers d'avoir réalisé cela, mais nous savons qu'il reste encore beaucoup à faire » et a ajouté que, à cette fin il a décrit les propositions pour plus de réformes démocratiques, texte révélé au Parlement plus tôt cette semaine.

Il a également déclaré que l'opposition continue ses protestations de rue, ce qui fait partie de la démocratie.
Saakashvili a aussi déclaré que son palais présidentiel (inauguré il y a une semaine), où le dîner officiel avait lieu, « est à seulement 40 kilomètres des territoires occupés» - en se référant à Akhalgori en Ossétie du Sud sécessionniste, « mais je ne veux en rien vous effrayer! Je sais qu'il est très difficile de vous faire peur!», a ajouté Saakashvili, rappelant la visite en Géorgie de Biden le 18 août 2008, environ une semaine après la fin des hostilités militaires.

Saakashvili a déclaré que malgré les attaque de grande envergure par la Russie, « le peuple géorgien fier et ne renoncera jamais. Alors que nous sommes à portée d’arme ... nous croyons que la démocratie est plus que jamais nécessaire, permettez-moi d'être clair sur ce point: pour nous il n'y a pas de compromis entre la démocratie et de la sécurité. Notre environnement de sécurité ne peut être résolu que par l'investissement dans notre démocratie », at-il dit, et a ajouté que ce serait « un chemin long et difficile et la Géorgie a besoin de l'aide de ses amis à cet égard. »

À la fin de son discours, Saakashvili a rappelé à Biden, que lorsque «vous m'avez dit [après la guerre du mois d'août]: « Misha, de nombreuses personnes vous appellent ces jours-ci, mais beaucoup plus tard, cesseront de le faire, c'est inévitable, mais je ne vous abandonnerai jamais, je serai toujours là pour votre pays ». Vous avez été toujours là pour nous et le serez toujours. »

Le dîner, auquel ont également participé des membres de la délégation américaine, le gouvernement géorgien et des hauts fonctionnaires parlementaires, a été suivit par un concert d’artistes géorgiens, chants et danses folkloriques (superbes), Nino Katamadze, et la soprano d’origine abkhaze (je pense) entre autres.

D'après Civil.ge


Pendant ce temps, à Gali, ce village à la "frontière" abkhaze peuplé par 100% de géorgiens où décidément les soldats russes ne savent plus qu'inventer, les habitants qui souhaîtent traverser l'unique pont situé au centre du village doivent leur payer 500 roubles. D'un côté c'est compréhensible puisque ces soldats ne sont pas ou peu payés par Moscou... Avant-hier, onze personnes ont été enlevées contre rançon. Autre manière de se payer. Comme au 19ème siècle, quand ces mêmes soldats n'avaient que le pillage des zones conquises comme solde. Les policiers abkhazes (pas très méchants, contrairement aux milices séparatistes et aux soldats russes) ont été désarmés par les russes, ce qui a été considéré comme une trahison supplémentaire par les abkhazes. Certains d'entre eux, ayant refusé, ont quitté leurs postes pour rejoindre le maquis, si j'ose dire, dans les forêts avoisinantes. Mais leurs maisons ont directement été perquisitionnées et leurs familles interrogées par les autorités russes. C'est clair, les abkhazes commencent à "voir rouge"....

Comme je suis actuellement à Tbilissi pour quelques heures et qu'ailleurs en Géorgie je n'ai que très péniblement accès à un réseau internet, je n'ai pas beaucoup l'occasion de tenir mon blog à jour, et je m'en excuse auprès de vous. Sachez seulement que je suis très fier des géorgiens qui souffrent beaucoup de la présence des Russes sur leur territoire mais ne perdent pas espoir de revoir un jour leur pays uni, grâce à Saakashvili pour l'instant, avec ses qualités comme avec ses défauts parfois (il est souvent impulsif comme peut l'être un Sarkozy, mais, j'en suis convaincu, seul à pouvoir actuellement diriger le pays dans la direction souhaîtée par la majorité du peuple géorgien).

Dernière chose avant de repartir vers la fraîcheur des montagnes géorgiennes : quelques photos de lieux que je ne suis pas prêt d'oublier tellement c'est magique :

Géo 2009_0185Sur la route menant vers Tusheti.

Géo 2009_0224

Tusheti, après 70 km de sentiers tortueux et périlleux : un cadeau de la nature à quelques km de la Russie (frontières Daguestan/Tchétchénie/Géorgie)

Géo 2009_0304

Tusheti, vue du village côté "hiver", pris du village côté "été". Seul un couple y vit toute l'année. L'unique route qui y mène étant très dangereuse, et totalement fermée les mois d'hiver, seul un hélico peut leur venir en aide en cas de pépin...

Géo 2009_0680

Cignari, ville entièrement (ou presque) restaurée par le gouvernement géorgien. Une perle perchée au-dessus de la vallée qui borde la chaîne du Caucase. Bien plus impressionnant que la Côte d'Azur!

Géo 2009_0574

Tsinandali, le chateau du prince Tchavtchavadze donné aux russes vers 1850 en paiement d'une rançon. Abrite actuellement le musée dédié à la famille princière. Somptueux (à l'échelle géorgienne), entouré d'un parc qui fait face au Caucase. Le prince Alexandre Tchavtchavadze était un poète éminent, mais aussi un grand amateur de vins. Il fut le premier à utiliser les méthodes de vinifications à la française en Géorgie, pourtant pays du vin depuis plus de 5000 ans. Dans la cave, ont peut encore y trouver des crus de l'époque napoléonienne.... (Les occupants soviétiques, qui n'y connaissaient rien, en ont laissés quelques uns!)

 

Bonnes vacances à tous!

D.P. (photos et textes)

10/07/2009

Enfin de retour au paradis !

 

Le 12 août 2008, alors que la guerre semblait encore ne pas vouloir s'arrêter et qu'il a fallu faire le choix entre rester et risquer la vie de ma famille, ou rentrer en Belgique grâce aux moyens mis à la disposition des ressortissants français par Sarkozy, alors présent à Tbilissi (rien de réaliste n'ayant été organisé par le ministère des affaires étrangères belges), c'est la mort dans l'âme que nous avons rejoint nos compatriotes pour rentrer au pays, sains et saufs, laissant derrière nous une Géorgie violée par les Russes.

Frustré, en colère, mais extrêmement motivé grâce au soutien inconditionnel de la communauté internationale, j'ai voulu à ma manière œuvrer pour aider ce petit pays du Caucase qui n'avait comme tort que d'être sujet à la convoitise de Poutine et de ses acolytes du FSB. Tbilisite, mon premier site consacré à la Géorgie, se devait d'évoluer, voire d'être remplacé : le blog est né !

Vous avez été très nombreux à visiter et à soutenir Tbilisite, de nombreux courriers de belges, de français, de géorgiens et, à ma grande surprise, de russes, venant sans cesse me conforter dans l'idée que ce travail n'est pas vain.

Jusqu'à aujourd'hui, vendredi 10 juillet 2009, beaucoup d'événements ont démontré combien j'ai eu raison, non pas sur quelques points mais bien sur tous les points, d'accuser comme je l'ai fait la Russie de tous les maux. Nombre d'enquêtes ont été réalisées par des instances nationales et internationales qui prouvent, si besoin en était, que la Russie a bien agressé les géorgiens sans qu'il n'y ait provocation de ces derniers, que la Russie a bien eu recours à la manipulation et à l'instrumentalisation des peuples séparatistes ces dix dernières années - les années Poutine - pour parvenir à s'emparer de la totalité de la Géorgie, que la Russie a bien bombardé les villages géorgiens du nord de l'Ossétie du sud avant le 8 août afin d'y attirer les forces géorgiennes, contraintes dès lors à protéger ses citoyens dans une zone où les milices ossètes et les « forces de paix » russes étaient en nombre croissant, que dans leur fuite, l'armée géorgienne n'a procédé à aucun massacre, contrairement aux milices ossètes et à l'armée russe seuls génocidaires et nettoyeurs ethniques lors de cette guerre, que la Russie a profité de la guerre en Ossétie pour renforcer leurs positions, voire même l'étendre très fortement, en Abkhazie, c'est à dire loin du conflit initial, ....etc....etc....etc...........................

Aujourd'hui, l'ours russe a de quoi être de mauvais poil. Le Président Obama, pour les intérêts des Etats-Unis bien entendu mais en connaissance de toutes ces évidences, soutient la Géorgie sans aucune restriction, à 100%. L'intégrité territoriale de la Géorgie ne sera jamais remise en question par la communauté internationale. La Russie doit faire marche arrière et enfin respecter leur signature du traité de cessez-le-feu signé par Medvedev, Sarkozy et Saakashvili il y a bientôt un an.

Et aujourd'hui, c'est de Tbilissi que j'ai le plaisir d'écrire ce billet. Quelle joie! Retrouver ce petit paradis sur terre après la grisaille monotone de Bruxelles... Alors, pour fêter ça, ces quelques jours qui viennent je les consacrerai aux plaisirs des sens, et les partagerai avec vous, chers amis, chers lecteurs assidus, au jour le jour ( selon l'accessibilité au réseau internet très instable!), oubliant le temps d'un souffle inspiré mes désirs de justice et mes besoins de revanches...

A 0001 (30)Pour commencer, voici quelques images de « mon paradis à moi », la maison en voie de rénovation dans la campagne du nord de Tbilissi. Située en dehors de toute modernité, au bord d'une petite rivière poissonneuse à souhait, au milieu de cette région qui semble inchangée depuis la nuit des temps... Oui, ici, c'est un paradis préservé. Et dire qu'il y a moins d'un an, nous y étions encerclés par des tanks et survolés sans cesse par des hélicos! Non, Poutine, ici ne sera jamais chez toi!

 

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Mais qui sait, à l'image de ce soldat russe, tu sais, celui qui a fuit ton armée pour avoir été maltraité par tes vils officiers, celui qui depuis des mois n'avait pas mangé un seul petit bout de viande, celui qui a fuit ton armée de pourris, traversé la « frontière » pour se retrouvé dans ce village géorgien ou il fut recueilli, soigné, nourrit, logé et aimé au-dela de tout préjugé par son ennemi géorgien, si tu viens chez moi, dans ce petit village perdu au centre de la Géorgie, je t'accueillerai aussi et nous viderons quelques verres de ce merveilleux vin qui se boit par ici, car quiconque arrive en Géorgie se doit d'être l'invité pour qui même l'impossible sera fait, sans aucun jugement quant à son passé. Mais pour être honnête, je ne pense pas qu'absolument tout le monde agirait ainsi pour toi...

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D.P.