23/02/2009

La stratégie de Moscou.

 

La stratégie de Moscou.

A bon entendeur...

En lien aux pourparlés de Genève, par Pavel Felgenhauer, spécialiste des questions de défense et journaliste russe. Extrait.

Ce qui semble déranger le plus l'Union européenne, ce sont les contradictions dans les messages de la diplomatie Russe lors des pourparlés de Genève. Moscou a forcé l'Abkhazie (récalcitrante) et l'Ossétie du Sud dans des concessions pendant les pourparlers. Mais de telles avancées peuvent s'avérer de peu de conséquence si Moscou poursuit une stratégie "diviser-et-conquérir" - le désir des Nations unies pour se charger de l'Abkhazie, l'OSCE pour traiter avec l' "Ossétie du Sud" et l'UE pour prendre la responsabilité de la Géorgie - ce qui pourrait sévèrement limiter l'efficacité de l'Ouest dans la région. 

Quelques cyniques pourraient dire que Moscou veut gagner du temps. En effet, Felgenhauer nous prédit une autre guerre Russie-Géorgie, une simple question de temps.

La première guerre - que Felgenhauer a prédit longtemps avant son apparition - a été perçue comme une récompense pour la Russie de l'antipathie envers le président géorgien Mikheil Saakashvili et son action résolue de l'adhésion à l'OTAN. Mais Felgenhauer dit qu'il y a plus à la stratégie à long terme de Moscou : "La Russie ne peut supporter Saakashvili, elle ne peut pas aimer l'OTAN, mais il y a aussi une autre chose : l'Arménie et des troupes russes en Arménie sont coupées de la Russie. Il n'y a aucun transit possible par la terre. Cela signifie que la technologie ne peut pas être exportée pour des réparations ou modernisation. Une telle situation ne peut pas durer longtemps."

Les bases arméniennes sont importantes pour Moscou, soutient Felgenhauer, comme un symbole des ambitions russes dans le Caucase du Sud. L'Arménie est un proche allié russe, mais son isolement pourrait pousser Erevan "à chercher dans l'autre sens", dit Felgenhauer. La domination par la Russie de la Géorgie enlèverait cette menace et isolerait à son tour l'Azerbaïdjan, qui résiste actuellement à la Russie et lance des ballons d'essai à l'UE et aux Etats-Unis.

Felgenhauer prédit que la prochaine attaque des russes en Géorgie sera une "guerre à une fin victorieuse." Il a dit aussi que son théâtre principal pourrait être la route entre Gori et Mtshketa, à 20 km de Tbilissi. Mais Felgenhauer dit aussi que Tbilisi ne serait pas en soi l'objectif stratégique supérieur de l'armée russe : "Ce qui est important n'est pas tant de Tbilisi. Mais à l'ouest de Tbilisi il y a l'aéroport international Tbilisi et beaucoup de terrains d'aviation. Cela est important, dit Felgenhauer, parce qu'actuellement en Ossétie du Sud, nous n'avons pas une seule piste permanente, le terrain étant très inégal. La plus proche base aérienne russe est actuellement à Beslan, en Ossétie du Nord...

Le meilleur temps pour la guerre, selon Felgenhauer, serait entre Juin et août, lorsque les cols de haute montagne sont déneigés. Il a ajouté que les forces russes auraient besoin d'au moins deux mois pour réduire progressivement les opérations avant le retour de l'hiver en octobre. 

Felgenhauer imagine l'éventualité d'une intervention de la part des Etats-Unis. Il note que le but principal du Président Barack Obama est la victoire en Afghanistan, et il aura besoin d'effectuer des transits pour les provisions et les hommes par la Russie et des pays dans sa sphère d'influence. En échange, l'idée de Moscou est que les Etats-Unis seront enclins à négocier son intérêt pour la Géorgie.

Ainsi, de l'avis de Felgenhauer, une guerre est presque inévitable. "La seule voie que vous pourriez imaginer pour l'éviter, dit-il, consiste en ce qu'il y ait un changement de régime à Tbilissi, ou le changement de régime à Moscou..."

Extrait de l'article paru sur Eurasianet.org

D.P.

07/02/2009

Le journalisme vu par La Une.

 

Hier soir, en zappant d'un JT à l'autre, je tombe sur celui de la RTBF diffusant un résumé de la rencontre U.E.-Russie. Bon, on sait que la RTBF a toujours été très critique à l'égard de la Géorgie, très certainement sous l'influance de leur ex-reporter Josy Dubié dont l'âme plâne toujours dans les locaux de la rédaction de la chaîne généraliste belge. De là à passer sous silence dans leur résumé ce que tous les journaux occidentaux ont, eux, relayés à juste titre, à savoir les critiques directes de Barroso envers la politique des droits de l'homme de Poutine et Medvedev (voir plus bas l'article sur les assassinats d'un avocat et de journalistes à Moscou)... Les problèmes gaziers furent là relégués à l'info secondaire...

A la suite de cette "absence d'info", la rtbf diffuse un reportage sur la présence des observateurs européens en Géorgie. Un de leurs journalistes se trouve à la bordure Est de la province d'Ossétie du Sud, côté géorgien bien sûr puisque les milices ossètes interdisent toujours l'entrée à tout non-russe, et encore. Il accompagne donc une patrouille d'observateurs et de médecins géorgiens sécurisée par des gendarmes géorgiens. Interview d'une villageoise, une dame agée, qui nous dit que, petit à petit, ça va mieux, qu'il n'est plus nécessaire d'aller se cacher dans les vignes (pour échapper aux milices ossètes - ndlr). Magnifique. Interview d'un responsable de la mission d'observation européenne qui nous dit que oui, tout va bien puisqu'il n'y a eu que 4 morts depuis le début de leur mission (on ne dit pas qui sont ces 4 morts ni pourquoi ils sont morts, mais juste que tout va bien). On ne parle pas non plus des 11 gendarmes géorgiens tués par les russes, les ossétiens et les abkhazes. On ne rappelle pas non plus que les russes avaient l'obligation de laisser les observateurs faire leur boulot dans les territoires occupés, et que si les russes se sont empressés de reconnaîtres ces territoires séparatistes, c'est justement pour empêcher toute mission d'observation de constater quelles furent exactement les exactions commises par l'armée russe et les milices ossètes sur le peuple géorgien dans les villages géorgiens d'Ossétie et d'Abkhazie (et qui perdurent). On ne parle pas non plus des projets militaires russes dans ces régions "annexées de fait" à la Grande Russie... Toutes ces violations indiscutables dont la rtbf ne parle jamais.

Par contre, sur le ton de l'ironie, notre reporter insiste sur le fait qu'il soit mal venu de dire "frontière" et non "bordure" quand on parle de la limite entre la province d'Ossétie (ou d'Abkhazie) et le reste de la Géorgie. Oui, côté géorgien, on a le droit d'être susceptible sur ce point. Parce que la Géorgie ne demande qu'une chose : que les lois internationales soient respectées. C'est tout. Si notre journaliste avait été capable d'expliquer le contexte, tout le monde aurait compris la nuance. A moins que la Belgique soit le 3ème pays à reconnaître les provinces séparatistes, après la Russie et le Vénézuela?

D.P.

Voir le podcast du journal du 06/02 19h30 sur le site de la RTBF

 

04/02/2009

A chaque jour son agression. L'Europe impuissante.

Attaque par des soldats russes d'une famille géorgienne près de Gali.

La population géorgienne du district de Gali vit dans la crainte permanente: non seulement les séparatistes abkhazes, mais aussi les occupants russes, s'en prennent chaque jour à une famille géorgienne. Hier soir, la famille de Givi Ekeria a été agressée avant d'être cambriolée. Ils ont tous été battus par les occupants russes. Blessés, ils étaient inconscients en arrivant à l'hôpital. Les occupants ont volé tout ce qu'il y avait comme valeurs puis ont fuit à bord d'un véhicule UAZ.
La famille ont demandé de l'aide à la Mission des Nations Unies, car
l'hôpital central de Zugdidiils ne prend pas les blessés géorgiens, les Russes ne les laissant pas franchir la frontière administrative.
La famille a identifié les soldats. Ils disent qu'ils sont en faction au poste de contrôle de la région de Gali.

28/01/2009

Les députés européens débattent

 

STRASBOURG:

Les députés européens débattent à propos de la guerre Géorgie-Russie

Voici l'article paru sur le site de la télévision géorgienne :

Les députés européens débattent à propos de la guerre Géorgie-Russie, de ses conséquences et des plans pour la résolution du conflit. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a écouté aujourd'hui les rapports du député russe Konstantin Kosachov et le chef de la délégation géorgienne Petre Tsiskarishvili.

Les discussions ont commencé par les rapports de Matyas Eorsi et Luk Van de Brande. Ils ont tous deux repproché à la Russie d'ignorer les termes des résolutions précédentes et des accords de cessez-le-feu signés par les autorités russes. Ils ont souligné aussi que la Géorgie avait réalisé toutes les obligations depuis le cessez-le-feu.

Ils ont signalé encore une fois la situation en Géorgie dans les régions occupées. Ils ont dit que les forces russes étaient encore présentes dans la Gorge de Kodori et le district d'Akhalgori. Ils ont parlé de nombreux faits de violation des droits humains, 23 000 personnes ayant fui leur habitation pendant l'intervention russe et sont incapables de regagner leur terre. De plus, les séparatistes sont tous armés, condition préalable sérieuse pour raviver le conflit.

Le chef de la délégation russe, le député Konstantin Kosachov n'a pas réfuté le fait que la Russie ignorait les termes de la résolution et de l'accord de cessez-le-feu et a essayé de justifier sa position. Il a réitéré son argument, que le `diagnostic par l'Europe` sur le conflit de Géorgie-Russie était incorrect dès le début, parce que c'était une guerre entre la Géorgie et l'Ossetie du Sud. Selon Kosachov, le traité rédigé par l'Europe était incorrect aussi. Kosachov affirme que la Géorgie reprendra la guerre si les forces russes quittent les régions occupées, parce que c'est l'unique façon pour la Géorgie de restituer son intégrité territoriale.

Le chef de la Délégation géorgienne, le député Petre Tsiskarishvili, a demandé au Conseil de l'Europe de rester très attentif à ses principes et aux résolutions précédentes, et faire en sorte que la Russie se conforme à tous ses engagements.

Source : Rustavi2

Trop partial, cet article? Bon, ok, voyons ce que le JDD (Journal du Dimanche - France) a écrit comme dépêche sur ce même sujet :

Géorgie: Moscou tancé à Strasbourg

International 28/01/2009 - 19:04

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a déploré mercredi le peu d'empressement de la Russie à mettre en oeuvre ses recommandations pour remédier aux conséquences du conflit du mois d'août dernier, entre ses troupes et celles de la Géorgie en Ossétie du sud. "En ce qui concerne Moscou, la plupart des points de la résolution (adoptée en octobre dernier) n'ont pas été mises en oeuvre", a souligné à Strasbourg le libéral hongrois Matyas Eorsi, co-rapporteur d'un nouveau projet de résolution. La Géorgie est en revanche créditée d'une attitude "constructive" dans ce texte adopté par 118 voix contre 25.

Maintenant, voyons la version russe, trouvée sur le site d'un journal officiel - Ria Novosti

STRASBOURG, 27 janvier - RIA Novosti.

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) exhorte la Géorgie, la Russie et les autorités d'Ossétie du Sud, ainsi que d'Abkhazie à livrer aux observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) l'accès des deux côtés de la "frontière sud-ossète effective".

L'APCE les appelle également à concerter une augmentation du nombre d'observateurs, lit-on dans le projet de rapport sur les conséquences humanitaires de la guerre entre la Géorgie et la Russie dont RIA Novosti a obtenu copie mardi.

Le mandat de l'OSCE en Géorgie où l'Organisation travaille depuis 1992 a expiré le 1er janvier 2009. Le 22 décembre dernier, au cours d'une réunion du Conseil permanent de l'OSCE, la Russie s'est opposée à sa prorogation, estimant que, comme l'actuel mandat de la "mission géorgienne" comprenait des composantes abkhaze et sud-ossète, il devait être revu. En août 2008, Moscou a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Aussi la prolongation du mandat actuel de la "mission géorgienne" serait-elle illégale au regard de la législation russe.

Le projet de rapport dont l'APCE sera saisie mercredi 28 janvier invite aussi les parties à "s'entendre sur l'élargissement du mandat de la mission d'observation de l'Union européenne (UE) pour qu'il s'étende aux mesures de protection de la population et, peut-être, de maintien de la paix des deux côtés de la frontière effective de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

L'auteur du rapport Mme Corien Jonker appelle, en outre, la Russie et l'Ossétie du Sud, ainsi que l'Abkhazie à "garantir l'inviolabilité et la sécurité de toutes les personnes se trouvant sous leur contrôle effectif non seulement en Ossétie du Sud et en Abkhazie, mais aussi dans les territoires occupés dans le district d'Akhalgori et à Perevi, ainsi que dans les gorges de Kodori".

D'autre part, l'APCE exhorte la Géorgie à "élever le niveau de sécurité de toutes les personnes vivant à la frontière effective et dans les anciennes zones du conflit".

Le 8 août dernier, l'armée géorgienne a lancé une offensive militaire contre l'Ossétie du Sud, détruisant Tskhinvali, la capitale, et tuant des centaines de civils et des soldats de la paix russes déployés dans cette république autoproclamée. La Russie a opposé une riposte militaire de grande envergure destinée à contraindre la Géorgie à la paix avant de reconnaître le 26 août l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

Source : Ria Novosti

No comment.

D.P.

 

23/01/2009

Human Rights Watch : il est temps pour le TPI de prendre la relève!


Human Rights Watch a enfin rendu public son rapport concernant la guerre d'août en Ossétie du Sud.

Tbilisi, ce matin. La conférence de presse organisée par l'ONG HRW (Human Rights Watch) révèle ces vérités que je dénonce dans ce blog depuis plus d'un mois...

En effet, suite à leur enquête approfondie, l'ONG demande à chacune des parties, gouvernement russe et gouvernement géorgien, de faire rendre des comptes aux membres de leurs armées respectives responsables de violations des droits de l'homme et de crimes de guerre.

Mais leurs accusations sont très nettement dirigées vers les milices ossètes, "coupables d'avoir délibérément et systématiquement rasé les villages géorgiens d'Ossétie".

C'est aussi, forcément, sous la protection de la 53ème armée russe, celle-là même qui sévit en Afghanistan puis en Tchétchénie, ainsi que des "forces de paix" russes que les milices ossètes ont pu agir. Le tout avec la bénédiction de messieurs Poutine et Medvedev.

Personnellement, je pense que ce n'est qu'une première étape dans cette recherche de la vérité concernant toutes les exactions perpétrées durant cette guerre en Ossétie. Parce qu'il faudra bien qu'un jour tout se sache, y compris ce que les forces de paix géorgiennes et l'armée géorgienne auraient pu commettre. Mais sachant ce qu'on sait déjà, révélé par diverses ONG, et sachant ce qui se passe actuellement dans les régions séparatistes et les "zones tampons" en territoire géorgien, sachant aussi ce dont la Russie de Poutine est capable, je n'ai pas beaucoup de doutes quant à l'issue de ces enquêtes, si elles ont lieu un jour. La balle est dans le camp des européens...

22/01/2009

Rapport du Ministère des Affaires Étrangères géorgiens

Rapport du Ministère des Affaires Étrangères

Le Ministère des Affaires Étrangères géorgien a à plusieurs reprises attiré l'attention de la communauté internationale sur les violations des droits de l'homme qui perdurent sur les territoires occupés de la Géorgie.

En interdisant l'éducation de la langue maternelle, les troupes d'occupation russes et les régimes en place violent la convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, ainsi que le pacte international sur le protocole de droit économique, social et culturel  (article 13) et la convention européenne des droits de l'homme, (article 2) interdisant n'importe quel genre de restriction à l'instruction de la langue maternelle. 

La raison pour laquelle la Fédération de Russie prit une décision accélérée sur la reconnaissance des territoires occupés doit être claire pour chacun.

Le but de la Russie est premièrement de tout faire pour interférer dans le fonctionnement des missions internationales de surveillance des territoires occupés, afin de concrétiser leur éloignement pour pouvoir agir sans contraintes : des violations, des discriminations, des restrictions et des prohibitions de masse forcent la population géorgienne locale restante à quitter leur domicile, finalisant ainsi le processus de nettoyage ethnique mis en marche dans les années 90.

Le Ministère des Affaires Étrangères géorgien fait appel à la communauté internationale, aux organismes internationaux et aux organisations non gouvernementales traitant des droits de l'homme d'entreprendre toutes les mesures afin d'empêcher de telles violations sur les territoires temporairement occupés de Géorgie et d'assurer la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales de ses citoyens.

08/01/2009

quelques Photos pour faire joli dans ce monde de bruts

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Volga

 

 

 

 

 

relique soviétique. Tbilisi 1999

Vieux quartier automn

 

 

 

 

 

 

 

Rivière Mtkvari en automne. Tbilisi 1999

Kakheti 01

 

 

 

 

Chateau de Tsinandali, qui abrite le Musée Tchavtchavadzé. Vin emblématique, le blanc de Tsinandali est un des meilleurs vins du monde.

Kartlis deda

 

 

 

 

 

 

Kartlis Deda. La mère de Géorgie. Cette statue monumentale domine une partie de la ville de Tbilisi, la protégeant des envahisseurs... ?

Ouplistsikhé église

 

 

 

 

Une église dont l'entrée donne sur une grotte. Près d'Ouplistsikhé, ville troglodyte.

Copyright D.P. Tbilisite 1999 - 2009

05/01/2009

En Reaction a la position du senateur ecolo Josy Dubie sur la guerre en georgie

Suite à l'envoi de mon Récit de Voyage (publié sur ce blog il y a 20 jours) au sénateur écolo Josy Dubié, qui s'était déplacé fin septembre en Ossétie du Sud, en Ossétie du Nord et à Moscou accompagné de la sénatrice MR Christine Defraigne, et qui est à la source de ma décision de créer le blog Tbilisite tant son témoignage fut révoltant, monsieur Dubié me répond :

Lettre du 18 décembre 2008

Monsieur,

J'ai lu avec attention votre long témoignage.

 

Que vous souteniez sans réserves la position du président Saakashvili concernant le récent conflit en Ossétie du sud, c'est votre droit.

 

Par contre, Monsieur, la vérité a ses droits.

 

Et la vérité, que d'ailleurs vous ne contestez pas, est que, contrairement à ce qu'on affirmé dans un premier temps tous les médias occidentaux, c'est bel et bien Saakashvili qui a violemment agressé, en pleine nuit du 7 aout, l'Ossétie du sud, par des bombardements massifs et meurtriers, et une attaque terrestre de grande envergure pour s'emparer de Tskhinvali et du reste de l'Ossétie du sud.

 

Notre témoignage rétablit seulement la vérité des faits.

 

Contrairement à vos affirmations nous n'avons jamais, je dis et je redis "jamais", été "encadrés" par des militaires russes et nous sommes déplacés selon notre bon plaisir exactement où et quand nous le voulions. C'est d'ailleurs mal connaître le correspondant de guerre que j'ai été pendant 20 ans, d'imaginer qu'il puisse accepter qu'il en soit autrement.

 

Pour le reste que des atrocités aient été commises du côté russe non seulement elles sont vraisemblables mais en plus nous les avons évoquées et dénoncées dans notre rapport.

 

La question état donc bien "qui a déclenché massivement ce conflit meurtrier" et la réponse est bel et bien ce criminel de guerre de Saakashvili qui est en plus un parfait imbécile qui imaginait que les russes n'allaient pas réagir !

 

Aujourd'hui, en partie grâce à notre témoignage, la vérité sur ces dramatiques évènements et les responsabilités de leur déclanchement, ce font jour, ce qui a entrainé le report de l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN.

 

Nous nous en félicitons car nous ne souhaitons pas que notre pays se trouve entraîné dans une guerre avec la Russie, en cas d'adhésion de la Géorgie, suite à un nouvelle provocation aventuriste de Saakashvili dont le peuple géorgien a intérêt à se débarrasser au plus vite

 

Bien à vous,

 

Josy Dubié

Sénateur


Ma décision de publier ces lettres sur le blog est motivée par plusieurs raisons. D'abord, parce que durant cette période de fêtes, les occasions ont été nombreuses d'échanger les points de vues sur cette guerre avec la famille, les amis et les autres, et que j'ai été assez surpris d'entendre encore pas mal de gens défendre la position russe. Heureusement pas la majorité, mais déjà une personne, c'est de trop. Ensuite, j'ai pu remarquer que cela était du, comme souvent, au manque de discernement dans les infos que nous recevons, des infos trop fréquemment non-vérifiées par les agences de presses et/ou les journalistes, des articles trop peu documentés, sans contexte. L'influance de monsieur Dubié, quoiqu'insignifiante dans la politique mondiale, a quand-même démontré une chose: en 2008, il est encore possible qu'un homme politique puisse dire autant d'inepties et être cru, au moins en partie, par le chef de la diplomatie belge qui finalement prendra la décision de poser son veto contre l'entrée future de la Géorgie à l'OTAN, par peur avouée d'entrer en "guerre froide" avec la Russie. Pauvre B!

Il est à noter que la plupart des raisonnements de ces deux sénateurs ont depuis été détruits par... Medvedev lui-même (lire les articles en liens sur ce blog).

En tout cas, j'aimerais remercier ceux et celles qui, ces derniers mois, ont contribué ne fut-ce qu'un peu à faire connaître ce dont la Russie est capable, et contribué à défendre les intérêts des peuples, plutôt que les intérêts vénaux de certains puissants de ce monde. Je ne vise personne ...

Et bien sûr, vous souhaîter une année 2009 au moins aussi belle que dans vos rêves les plus fous.

D.P.

Et donc, voici ma réponse au sénateur Dubié.

 

Monsieur Dubié,

Tout d'abord, je tiens à vous remercier pour votre réponse. J'en ai pris bonne note, mais  jamais vous ne pourrez convaincre qui que ce soit ayant une connaissance sérieuse de la situation en Géorgie, d'avant
et pendant la guerre. Vous faites, hélas, partie des gens qui se sont fait manipuler par les Russes dont les dirigeants actuels sont des champions dans la désinformation (voir documents joints).

Sur la forme, Saakachvili s'est fait avoir. Le problème est de savoir ce que Bush lui avait promis. Mais en tout état de cause, en aucun cas Saakashvili, élu démocratiquement à la tête d'un état souverain, qui depuis 2003 n'a cessé de travailler à faire prospérer son pays, ne peut se faire traiter d'imbécile par quelqu'un qui ne connait ni la personne, ni l'histoire du pays, (et de la guerre qu'il traverse actuellement), ni sa culture.

De plus, d'après votre rapport que j'ai lu avec attention, vous accusez la Géorgie de génocide. C'est votre droit le plus strict d'en parler à qui veut bien l'entendre, mais comment avez-vous pu
porter une accusation aussi grave sans  avis contradictoire de la part  de géorgiens (autres que ossètes), et le mentionner dans ce rapport. Je vous rappelle que l'Ossétie du Sud est une petite partie de la Géorgie qui est séparatiste, que leur président Qoqoïti est un vrai bandit, ayant participé activement à la guerre civile Abkhaze, l'autre partie séparatiste,  il y a 15 ans. De par votre ancien métier et de par votre situation actuelle,  vous pourriez pourtant avoir toute la documentation en rapport avec ces régions séparatistes du Caucase. Toute la documentation concernant la guerre civile de 1992, et de toutes les exactions commises depuis, se trouvent à La Haie. Nous attendons les résultats des enquêtes en cours, mais quand on sait qu'il y a eu 350.000 géorgiens qui ont du fuir l'Abkhazie il y a 15 ans et depuis lors, votre accusation précipitée, de la part de l'homme politique, me semble irréfléchie.

Sur le fond : dès le  mois de mai les chars russes descendaient vers l'Abhkazie par voie ferrée. Les Russes avaient bien programmé leur intervention en choisissant le mois d'août où il y a peu de nuages sur le Caucase. Il ne leur restait plus qu'à provoquer Saakachvili. La flotte russe de Sébastopol était en route depuis 3 jours. Les Russes ont fait évacuer la ville de Tskhinvali parce que cette ville constituait, entre autres raisons, une belle vitrine pour les visiteurs étrangers en cas de bombardement géorgien, n'ayant été que très partiellement reconstruite après la guerre civile de 92. Ce qui fut le cas. Notez aussi que nombre de villages autour de Tskhinvali sont des villages peuplés par des géorgiens non-ossètes.
Vous avez, à votre plus grande joie, réuni une quantité d'infos allant dans le sens que messieurs Poutine et Medvedev ont décidé pour vous, dans la même ligne que ce qui a été dit en Russie dans la presse et à la Duma depuis des années, à propos de la Géorgie
pour une accusation aussi grave que précedemment avec la Tchétchénie.
En prenant parti pour Poutine (qui est en train de faire monter la pression dans chacune des ex-république d'URSS en Europe) et en influençant comme vous le fîtes la décision des pays membres de l'OTAN quant à l'adhésion de la Géorgie, vous avez ouvert grands les frontières du Sud Caucase à la domination russe, ce que ces peuples ne voulaient à aucun prix, ayant du subir ce joug depuis 2 siècles et sachant ce qu'il peut advenir de leur vie, de leur liberté. La Géorgie, libre de disposer d'elle-même selon le droit international, a choisi le partenariat avec l'Europe et les Etats-Unis bien avant 2003. Et c'est respectable.

Quant aux deux régions séparatistes, Ossétie et Abkhazie, sachez que ces territoires font partie intégrante du territoire géorgien depuis non pas des siècles, mais des millénaires.
Que vous ayez peur que la Russie désire une nouvelle guerre froide est naturel. On sait ce que cela a engendré pour les peuples d'URSS pendant 40 ans. Mais en ne réagissant pas avec force, diplomatiquement et économiquement s'entend, contre la politique de Poutine, dangereuse et en violation totale avec le droit international et les droits de l'homme, vous lui permetez d' agir de même avec d'autres peuples, comme en Crimée, ou tous les ukrainiens tant qu'à faire, ou l'un ou l'autre pays balte ...

Oui, les négociations prévaudront toujours sur la guerre, qu'elle soit froide ou non. C'est pour cela qu'il faut agir contre la politique de Poutine et Medvedev. Et qu'il serait grand temps pour le peuple russe de se choisir un nouveau président, et surtout un nouveau premier ministre.


Vous trouverez en pièces jointes des vidéos et des témoignages des organisations travaillant pour les droits de l'homme en Géorgie. On voit notamment des bombardements d'objectifs civils par l'aviation russe ainsi que l'incendie de la forêt de Bordjomi provoqué par 3 hélicoptères russes qui ont largué des bombes au phosphore. Borjomi, à des kilomètres de Tskhinvali, c'est l'équivalent de notre Spa ou Chaudfontaine, en mieux. L'usine a été détruite. Le saviez-vous? Il n'y avait aucune armée géorgienne présente à Borjomi. Que des civils et de l'eau. Un exemple parmi des centaines d'autres sur le territoire géorgien. Comme aux premiers jours de la guerre de Tchétchénie (russes contre séparatistes....)

Bien à vous,

D.P.
http://tbilisite.skynetblogs.be/

 

Je remercie Mr Melua qui m'a gentiment envoyé ces documents et quelques arguments pour cette réponse à Dubié.

 

04/01/2009

Humeurs suite aux recentes discussions amicales ou ...familiales. Fetes oblige...

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France 2 :

Reportages sur le thème "Russie : L'empire contre-attaque ? " :

Un Oeil sur la Planète

Sur la gouvernance de Poutine et Medvedev, ou comment faire pour retrouver la grandeur de la Russie soviétique ou tsariste et redevenir la 2ème puissance du monde.

La même émission, à propos des tensions entre la Russie et

1. la Géorgie et l'Abkhazie,

2. l'Ukraine et

3. l'Estonie. 

Un oeil-sur-la-planete

En Russie :

le site du parti d'opposition russe, dirigé par l'ancien champion d'échec Kasparov. à propos du conflit, plusieurs articles, dont quelques uns. (Site en anglais)

Russian Opposition on the War in Georgia - Official Statement (11 août 2008)

Russian Democratic Forces on the Georgia Conflict (20 août 2008)

Russian Opposition Party Decries Recognition of Georgian Breakaway Regions

Ce qui est instructif dans ces articles et ces reportages n'est pas d'apprendre que l'opposition russe soit opposée à Poutine dans cette guerre, parce que ça c'est leur rôle, ni d'apprendre combien la Géorgie a été victime de son besoin de se rapprocher de l'occident, parce que ça c'est évident, mais bien d'apprendre comment il a été possible pour le pouvoir de s'approprier un territoire en dehors de ses frontières, s'appuyant sur des ordres anticonstitutionnels et/ou en violation au droit international, aux droits de l'homme ou au simple bon sens, ordres donnés par le pouvoir afin de réaliser ses ambitions personnelles. Ces infos sont inédites ici parce que jamais publiées par les résumeurs amateurs d'AFP, source des "journalistes" francophones entre autre.

C'est grave, bientôt je vais me battre aux côtés des russes opposants plutôt qu'aux côtés des géorgiens. Ce serait plus efficace de changer les choses à la source, évidemment... A méditer... Tant il est vrai qu'il eût été plus simple d'écarter Adolf de l'intérieur avant 1939 que trop tard de l'extérieur en 1944...

Europe :

Primordial : apprendre pourquoi le Caucase a une telle importance géopolitique à la fois pour l'occident et pour la Russie de Poutine:

Première approche, un discours de Cristian DUMITRESCU, député européen, secrétaire International du SPD, à propos du conflit d'août 2008.

Je le copie/colle ici, pour faciliter la rédaction de certaines notes que je n'ai pas manqué d'y ajouter en rouge.

stalin_putinDurant l’antiquité grecque – les Jeux Olympiques ont représenté un moment de paix, religieusement respectés par tout le monde. Plus de trois mille ans après et plus d’un siècle depuis que Pierre de Coubertin a rénové ceux-ci, comme Jeux planétaires, cette fois-ci la joie et le flair-play des jeux ont été estompés par un conflit militaire, celui de la Géorgie du charismatique président Saakasvili, l’homme du jour du Caucase et l’expérimenté leader russe, Poutine, l’homme de fer de la Russie.

Si nous tenons compte qu’en même temps aux États Unis d’Amérique nous sommes à la veille de la grande bataille entre le charismatique, lui aussi, sénateur Obama et l’expérimenté républicain Mc Cain, les événements de Géorgie, sûrement peuvent avoir une signification mondiale.
Si le Président Saakasvili, par hasard, était le vainqueur, la célèbre « Pax America » qui règne depuis plus d’une décennie aurait été plus que renforcée et ainsi, bien sûr, que les Républicains du «guerrier» Bush. Si Saakasvili perd, comme cela est arrivé, les Démocrates auraient l’avantage. Mais, le « tendon d’Achille » d’Obama, son point plus faible, c’est exactement la politique internationale. La réponse rapide des Démocrates – pour tirer le maximum de profit de cette situation exceptionnelle, a été la nomination du très expérimenté et même réputé spécialiste de la politique internationale, le Sénateur Joe Bider, comme candidat à la deuxième fonction de l’Exécutif américain, celle de vice-président.

Selon un grand nombre de spécialistes dans la problématique internationale – le récent conflit – l’intervention géorgienne en Ossétie de Sud, la réponse dure, même trop dure et disproportionnée des Russes, qui en quelques jours ont occupé à peu près tout le pays, comme aux beaux temps de l’Union Soviétique, la réaction rapide de l’Union Européenne par le Président Sarkozy, au nom de la Présidence française de l’Union, le pèlerinage des chefs d’États et de gouvernements de l’Ossétie et de l’Abkhazie par le Président russe Medvedev, sur l’unanime demande de la Duma
(la Duma est à 100 pourcents acquise à la cause de Poutine, ce qui est une preuve indéniable du style de corruption qui règne sous Poutine) – représente un point fondamental de l’inflexion dans la politique mondiale.

Comme le poète le dit : « Rien ne sera d’ici à l’avant, comme auparavant ».

Pour préciser, il faut souligner que :

La Géorgie a été depuis toujours une terre considérée essentielle pour les intérêts de la Russie dans le Caucase, habitée par une population chrétienne orthodoxe majoritaire, vue comme un cordon de sécurité entre la Russie et la Turquie.

Le rapprochement de la Géorgie est devenue un espace clé pour l’Occident, du point de vue de l’indépendance énergétique, grâce à l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Seylan qui transporte le pétrole d’Azerbaïdjan par la Turquie, sans transiter par la Russie, aussi bien que le gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum, qui assure le transport du gaz caspien en Turquie.

En même temps, nous pouvons constater qu’on a commencé de parler de soi-disant « Pax russe », paix imposée par Moscou, -qui a comme précédent la campagne contre la Tchétchénie- avec la crise actuelle en Géorgie et va continuer certainement après la reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud par le gouvernement russe.

Dans l’équation déjà très compliquée du récent conflit, on doit introduire la reconnaissance des deux territoires autonomes – qui est liée à l’acceptation de l’indépendance du Kosovo par une grande partie de la communauté internationale – Premier résultat : l’infirmation de la théorie que le Kosovo est une situation unique et spéciale et c’est pourquoi il ne peut pas être considéré comme un précédent – il devient un précédent qui peut mettre en discussion les principes mêmes de l’accord d’Helsinski pour la paix et la sécurité en Europe.

La Russie comme l'occident a toujours agi selon ses propres intérêts. Dans le cas du Kosovo, ça arrangeait l'Europe et les USA mais dérangeait fortement la Russie. Le séparatisme Tchétchène quant à lui dérange les Russes qui s'engage dans une guerre attroce et meurtrière au possible sur le territoire Tchétchène, dans le Nord-Caucase, et place ensuite un de ses pions, grassement payé par Moscou. Ce qui se passe en Ingouchie pourrait être relaté ici aussi, tant les manipulations, les meurtres et autres déplacements de populations organisés par Poutine sont courants dans cette autre région du Nord-Caucase. Mais quand les sud-ossètes, province historiquement géorgienne hors des frontières russes et ce depuis des millénaires, réclament leur indépendance, là Poutine intervient comme s'il était chez lui, comme s'il était en Tchétchénie... Deux poids deux mesures.... pour tous c'est pareil.

Faire une évaluation de la situation dans la région est difficile et faire des projets pour l’avenir, l’est encore davantage. Mais on peut constater que l’accord entre Dimitri Medvedev et Michail Saakasvili a jeté un pont dans un conflit plus qu’inégal où chaque partie a perdu et a gagné quelque chose.

Du point de vue géopolitique, la Russie a réussi à s’imposer dans la région et à défendre ses intérêts stratégiques dans le Caucase ainsi qu’à humilier un allié de Washington. En même temps, elle a pris sa revanche pour le processus d’indépendance du Kosovo. Pour la Géorgie, le conflit a éloigné sa perspective d’adhésion à l’OTAN et sûrement la perte, peut-être pour toujours, des territoires séparatistes.
Il est bon de préciser que, depuis la fin des combats, la population abkhaze commence à se rebeller contre la gouvernance russe en Abkhazie, la population étant souvent prise en otage par celle-ci, étant par exemple forcée de quitter leur propriété en bord de mer afin que ce soient les riches hommes d'affaires et autres méritants du régime de Poutine qui puissent profiter de la rivièra géorgienne. De plus, les milliards de roubles promis par Medvedev comme aide à l'Abkhazie se font attendre, et la région, en ruine depuis 20 ans, en aurait bien besoin. Il n'est pas à exclure que la population, déjà en proie au doute, organise des manifestations anti-gouvernement et réclame plus de justices sociales, et ce
à court terme. De plus, si cette confrontation doit avoir lieu, il n'est pas à exclure non-plus qu'à beaucoup plus long terme, les abkhazes, peuple O combien plus proche des géorgiens que des russes à tout point de vue, regarderont la Géorgie voisine avec un intérêt d'autant plus grand que cette dernière, aidée par l'Europe et les States entre autre, sera capable de surmonter les crises à venir et continuera sans doute son ascension socio-économique. Les Abkhazes, désillusionnés, demanderont des comptes à ce gouvernement qui leur promettait, grâce à leur "indépendance", succès, prospérité et... liberté!

Pour les États-Unis, la perte de vitesse des ambitions régionales de Washington est dramatique. Bien que la Russie n’ait pas touché l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceylan
(pas faute d'avoir essayé) et même la zone qui concerne le futur projet Nabucco, elle a démontré clairement qu’elle peut le faire. Ce message est bien sûr plus régional et concerne en principe les politiques d’indépendance énergétique de l’Union Européenne.

Du point de vue diplomatique, la Russie a pu constater subitement les renforcements de la politique pro-américaine de ses voisins, illustrée par la signature de l’accord entre la Pologne et les Etats-Unis sur le bouclier anti-missiles et l’offre de l’OTAN à Kiev, pour l’installation des radars ; elle n’a subi seulement que de fortes condamnations verbales, sans aucune sanction réelle. Puisque les états n'ont pas sanctionné la Russie mais uniquement postposé quelques signatures d'accords commerciaux par exemple, i
l faudra attendre les résultats des enquêtes en cours, concernant les accusations russes et géorgiennes de génocides durant la guerre, dossiers remis aux tribunal de La Haie et pour lesquels la Russie a très nettement plus de chance d'être sanctionnée que la Géorgie... Mais cela ne concernera que les accusations de génocide et crimes de guerres (pas mal déjà, mais les accusations se porteront toutes sur les milices ossètes et quelques gradés russes les ayant protégés, mais ne concernera jamais les responsabilités réelles dans ce qui a mené à cette guerre. Ce débat-là devrait avoir lieu à Genève, mais je doute que la question y soit posée un jour.

Du même point de vue, la Géorgie a constaté une dramatique perte de prestige pour son Président Saakasvili et la classe politique de Tbilissi et en même temps la solidarité déclarée fermement de Washington et des voisins pro-occidentaux de la Russie. La Géorgie a obtenu des déclarations fermes surtout de la part d’Angela Merkel pour l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN.


Il faut préciser plusieurs choses. D'abord, ne pas oublier que l'Allemagne a des relations très particulières avec Poutine. En effet, l'ancien chancelier allemand est un des actionnaires principaux de Gazprom, tout comme Berlusconi. 50% du gaz alimentant l'Allemagne provient de Gazprom. La Belgique, peureuse face à une montée des tensions entre l'Europe et la Russie, a elle aussi posé son veto. Les souvenirs de la guerre froide des années soviétiques a plus pesé dans cette décision que l'utilité de libérer un peuple du joug poutinesque et d'appliquer les lois internationales, et l'ignorance avouée de l'histoire de Géorgie de la part des intervenants occidentaux à elle aussi été contre-productif pour la recherche d'une stratégie de paix dans le Caucase.


Du point de vue militaire le conflit a démontré que la Russie a très bien préparé les opérations militaires, sauf peut-être la protection aérienne, mais la Géorgie a prouvé que l’opération a été mal conçue et mal exécutée (normalement la liaison entre l’Ossétie du Sud et la Russie devrait être bloquée) etc.
L'armée géorgienne a tiré vers le tunnel de Roki, mais les troupes russes étaient déjà beaucoup trop nombreuses à en sortir : 3000 blindés et 60000 fantassins seront finalement présents en Géorgie.

En même temps le conflit a démontré qu’il y a dans la région de la Mer Noire des tensions historiques qui, pour les acteurs politiques internationaux, remonte au siècle passé, soit à la guerre de Crimée.

Le régime des détroits, établi à Montreux en 1936, est de nouveau revenu dans l’actualité, aussi bien que d’autres contentieux, comme par exemple, la présence de la flotte russe dans les ports ukrainiens, comme résultat du compromis a près la dissolution de l’Union soviétique.

Il est très tôt pour tirer des conclusions, mais il est clair que le récent conflit du Caucase a déclenché un processus et a délivré des forces de leur léthargie, des tendances et des intérêts qui n’ont jamais cessé d’exister dans la région, mais qui, pour le moment, ont été gelés pour utiliser un terme à la mode.

Le Caucase représente qu’une partie d’une région plus vaste et aussi dangereuse qu’on peut appeler la ceinture de feu de l’instabilité mondiale (faisant un parallèle avec la ceinture de feu du Pacifique, zone volcanique la plus instable de la planète) et qui commence au Caucase, continue par l’Afghanistan, descend par l’Iran, l’Irak jusqu’au Moyen Orient. C’est d’ici, dans la zone la plus riche en ressources énergétiques de la planète, où en ce moment la confrontation des grands intérêts politiques, géopolitiques et surtout économiques alimente l’instabilité et toutes sortes d’affrontements de nature religieuses, politiques, culturelles et économiques.

Mais on peut tirer une conclusion –qui cette fois-ci est très claire- la confrontation idéologique entre le communisme et le capitalisme a cessé d’être le moteur ou le motif de confrontation après la chute du Mur de Berlin –mais malheureusement la fin de cette confrontation idéologique qui a marqué notre monde plus de soixante années , n’a pas éliminé les sources des disputes. A partir d’ici nous passons à la philosophie de l’existence de l’humanité et heureusement c’est un problème beaucoup plus important que la politique.

 

 

28/12/2008

Lu sur le net

 

Un texte lu sur un blog français, posté la nuit du 8 au 9 août, dont je viens de prendre connaissance et que je vous livre (sans son accord, pas faute d'avoir essayé de le contacter... alors je le remercie ici)

Petit commentaire tout frais du rédacteur de DSI qui se trouve sur place (ndlr : en Ossétie) posté tout à l'heure (9 août) sur Air Défense (ndlr : un blog de liberation.fr) :

''- beaucoup de tirs d'artillerie de part et d'autre (LRM essentiellement). L'aviation russe est omniprésente mais avec assez peu de moyens (je n'ai compter jusqu'à présent qu'une dizaine de SU-25 russes, rien du côté de l'aviation géorgienne (ai entre-aperçu un SU-25 géorgien hier, c'est tout). En même temps, l'aviation d'attaque géorgienne compte moins d'une dizaine d'appareils... Pas encore vu de Mi-24 non plus côté géorgien.
Les Frogfoot russes utilisent essentiellement des roquettes pour l'attaque au sol (très impressionnant d'ailleurs), quelque fois leur canon de 30 mn. J'ai également assisté à quelques largages de bombes au-dessus des zones très urbanisées. Mais on sent les pilotes très craintifs (à chaque passage, essaimage de leurres anti-missiles et décrochage rapide). Les géorgiens semblent pour l'heure compenser leur manque de moyens aériens par des tirs de missiles sol-air assez efficaces (psychologiquement du moins, même si les médias locaux parlent de plusieurs SU-25 russes abattus).
Quant aux effectifs terrestres, ils sont essentiellement géorgiens (infanteries et blindés, type T-55). Les réservistes géorgiens arrivent par cars entiers (les cars jaunes de transport urbain de Tbilissi) dans la zone. Hier, la route reliant Tbilissi à Gori était constellée de BMP et BTR géorgiens, ainsi que par des 4x4 noirs (de marque japonaise) remplis de fantassins.
Sinon, et pour finir, attention aux "analyses" à distance des médias français. Je n'ai vu pour l'instant aucun journaliste occidental sur place (ils doivent tous être à Pékin...) et j'entends et lis beaucoup d'inepties sur le conflit. Pour info, j'ai eu une entrevue privée avec le président Saakashvili la veille au soir du déclenchement des combats, dans son bureau, et il s'apprêtait à partir pour les JO de Pékin... De même, l'un des responsables de l'OSCE sur place, en charge de l'Ossétie du Sud, rencontré le même jour à Tbilissi, ne prévoyait absolument pas ce qui est en train de se passer. Il ne s'agit donc pas, à mon avis, d'une attaque coordonnée à l'avance par Tbilissi mais d'une escalade qui a dégénéré très rapidement, prenant tout le monde de court (Géorgiens inclus).''

Je rajoute pourtant que cela fait quelques jours que les civils quittent la zone des combats, et que l'arrivé de renforts mécanisé russes à travers une zone montagneuse en quelques heures fait qu'au minimum il y a avait des plans ''ou cas ou''....Wait and See