27/04/2009

Manifestations des opposants radicaux: un dangereux fiasco.


Manifestations : prolongations tumultueuses, conseils avisés et tendances pour les jours à venir.

Une bagarre a éclaté samedi soir entre les membres d'une patrouille du service d'ordre de l'opposition et une délégation d'habitants d'une rue jouxtant le Parlement. Les habitants, mécontents en raison de l'accès vers leurs maisons rendu impossible pour le ramassage des ordures et les services de secours depuis le début des manifestations, ont entammé une discussion avec les membres de la patrouille, mais ces derniers ont tabassé les habitants délégués, puis ont saisi leurs documents. Trois blessés dont un très grièvement... De l'autre côté, une enquête est en cours pour déterminer les sanctions à prendre à l'encontre du chef de la police de Tbilissi qui, pour avoir lancé un sachet rempli d'eau sur la tête de manifestants de l'opposition, risque d'être limogé. L'opposition, douze heures après les faits, réclame des sanctions immédiates.

Des incidents comparables, il y en a eu quelques uns ces derniers jours. Le gouvernement, tenant sa parole en ne faisant pas intervenir la police - afin d'éloigner tout risque de provocations d'un côté comme de l'autre et ne pas retomber dans le piège de fin 2007 - ne peut que constater les dégâts puis enquêter. Les leaders radicaux, après 17 jours d'actions en tout genre, semblent au bout d'arguments et s'attaquent à présent à la télévision publique, accusant les journalistes de biaiser les informations les concernant.

De plus en plus désunis, ils manquent d'effectifs et de partisans, et le mouvement devient de plus en plus pitoyable.

Mme Bourdjanadzé, ex-chef du parlement passée leader d'un parti d'opposition radical pro-russe, est soupçonnée par le peuple d'être financée par Moscou. Mr Alasaniya, ex-ambassadeur auprès de l'ONU lui aussi passé leader radical, souhaite le dialogue mais accuse le gouvernement de ne pas vouloir le dialogue. Salomé Zurabishvili, ex-diplomate française, ex-ministre des affaires étrangère de Saakashvili limogée pour incompétence, est ridiculisée dans une vidéo filmée alors qu'elle discourait à propos de Saakashvili "diable/démon" (et elle "ange"!) sur la tribune face aux manifestants, circule sur le net, à visionner (surtout écouter) ici.


Pour le coup, je pourrais ne rien écrire à propos de ces manifestations aussi affligeantes qu'inutiles, mais ce qui se passe actuellement à Tbilissi pourrait facilement dégénérer. Les membres de l'opposition n'ont pas l'air de vouloir renoncer et les provocations sont de plus en plus nombreuses et de plus en plus graves. Mal entourés mais surtout mal dirigés, on ne sait à quoi ou à qui ils peuvent s'en prendre demain. Saakashvili, soutenu "par le reste du monde" (sauf par la Russie, cela va sans dire), ne fera rien pour envenimer les choses, tant il est surveillé de près par l'U.E. et, surtout, par l'Otan. Et pourvu qu'il en soit ainsi, car même s'il a des torts, personne n'aurait été capable, parmi les personnalités politiques d'un bord ou d'un autre, de redresser la Géorgie comme il l'a fait durant ses 3 premières années au pouvoir, et de même aujourd'hui, personne ne sait réellement qui pourrait le remplacer à la tête du pays qui soit capable de surmonter les crises actuelles et à venir.

S'agit-il du manque d' "expérience de démocratie" de la part de cette opposition radicale ou d'autres raison, le fait est que le mouvement, depuis le 9 avril, stagne entre injures grossières et critiques destructrice à l'encontre du pouvoir et de Saakashvili en particuler. Rien de constructif, aucun projet pour l'avenir du pays, aucun plan d'action, juste des cris et des provocations. Dans cette atmosphère tendue, la population, exaspérée d'être prise en otage par tant de bruit pour rien, et Tbilissi, qui pourrait voir ce désordre grandissant comme dangereux pour sa population et l'équilibre fragile du pays, pourrait être tentée d'intervenir pour arrêter l'escalade, ce qui serait sans doute lourd de conséquences pour tous, tant l'opposition radicale, animal mourant, a envie d'en découdre avec les autorités.

Tous les ambassadeurs des pays représentés à Tbilissi se sont réuni samedi au Sheraton Palace Metekhi. (Ca fait beaucoup de rimes en " i " ça!)

Il résulte de cette réunion une déclaration commune: les diplomates considèrent le dialogue comme seul moyen de sortir de la situation et peut donner de l'espoir pour le développement pacifique de la manifestation. Les membres de l'opposition, refusant toujours le dialogue, étaient présents au Sheraton Palace Metekhi, lieu de ladite réunion, et ont fait des déclarations concernant les diplomates, réagissant à la déclaration faite par l'ambassadeur de France. Les membres de l' Alliance pour la Géorgie, dirigée par Irakli Alasania, ont déclaré qu'un ambassadeur est une position diplomatique et n'a pas le droit de faire des déclarations politiques, mais je me demande quelle sorte de déclarations Irakli a faites lorsqu'il était diplomate auprès de l'ONU....

La révolution des roses a eu lieu dans la dignité, et a eu pour conséquences un redressement spectaculaire de la Géorgie et un rééquilibre social évident. Nous en sommes très loin avec des gens comme Alasania ou Zourabishvili qui rampent entre violences stériles et déclarations de mauvais goût.

Pendant ce temps, les Russes attendent dans les provinces séparatistes, forts de plus de 10,000 hommes et blindés, pour... intervenir ?

D.P.

 

18/04/2009

Plus de 10.000 soldats russes dans les territoires séparatistes: pour en découdre avec l'Otan?

 

Plus de 10.000 soldats russes dans les territoires séparatistes: pour en découdre avec l'Otan?

Aujourd'hui, à Moscou, le chef des séparatistes abkhazes Sergei Bagapsh a menacé d'organiser des exercices militaires avec les russes en réponse aux exercices de l'Otan devant avoir lieu en Géorgie entre le 16 mai et le 1er juin près de Tbilissi.

Il s'agit de manoeuvres auxquelles doivent participer des militaires de 19 nations faisant partie de l'Alliance Atlantique, en tout 1300 hommes non-armés.

Ces exercices sont prévus de longue date, avant juin 2008. Les réactions de la part des régimes séparatistes et de Moscou se sont fait attendre...

"Ces exercices sont organisés régulièrement depuis plusieurs années. C'est un événement habituel, et je n'y vois rien d'extraordinaire" sic l'ambassadeur américain en Russie John Beyrle.

En effet, et la Russie y participe quelques fois, faut-il ajouter.

La Russie prépare donc une "riposte". Mais pourquoi se sentir visé? L'Otan s'en prendrait-t-il à la vie de citoyens russes durant leurs manoeuvres?Provocations? Et envahir un pays, n'est-ce pas plus qu'une provocation?

De toute façon, avec ou sans les manoeuvres de l'Otan dans la région, les russes sont prêts non pas à "riposter", mais bien à envahir la Géorgie. C'est prévu depuis longtemps aussi. Après un premier essai aux résultats mitigés en août, et alors que j'écris ces mots, une vingtaine de batiments croisent au large entre Soukhumi et Poti, 300 chars en Abkhazie et sans doute autant en Ossétie. Et minimum 10.000 hommes déjà présents sur le territoire géorgien. Second essai.

Un rapport, révélé par une agence de presse géorgienne, dit que des unités de la 58e armée mettent en œuvre l'agression sur la Géorgie à partir du territoire de l'Abkhazie, et de prendre Poti ainsi que les districts de la région de Samegrelo. En cas de succès, l'armée russe se déplacera vers la ville de Kutaisi Samtredia  par district. Comme pour les différentes unités de la 58e armée situés en Ossétie du Sud occupée, ils vont essayer de bloquer l'axe Tbilissi-Igoeti Kaspi et Mtskheta 

Selon l'agence de presse, la source d'information a souligné que l'existence de ce plan d'invasion ne doit pas forcément impliquer une reprise de la guerre dans un avenir proche entre Géorgie et Russie.

Si c'est comme ça...

D.P.

14/04/2009

Les observateurs européens empêtrés en Géorgie


Les observateurs européens empêtrés en Géorgie

LE MONDE - Article de Natalie Nougayrède. A lire avec empressement !

Extrait :

"Avec les Ossètes, ça ne cesse de se dégrader", confie un des 36 gendarmes français de la mission, qui rassemble en tout 26 nationalités européennes. "Les Ossètes refusent même de communiquer avec nous. Ils disent : “Si vous voulez pénétrer sur notre territoire, vous devez reconnaître notre indépendance”, ce que l'Europe ne peut pas faire, évidemment!" Les observateurs circulent en véhicules blindés, mais ne sont pas armés. Ils évitent de s'aventurer jusqu'aux points de contrôle ossètes, d'où, l'alcool et les esprits échauffés aidant, vont parfois fuser des menaces de tir. Le travail des Européens consiste pour l'essentiel à s'assurer que les équipements militaires géorgiens restent "défensifs", sans artillerie, mortiers ni tanks. Pendant ce temps, l'armée russe consolide ses campements en Ossétie du Sud et en Abkhazie, où quelque 10000 soldats sont désormais installés, à l'abri de toute inspection internationale.

Lire la suite

Obama partenaire

John TEFT, l'ambassadeur des États-Unis en poste à Tbilissi, réaffirme que les États-Unis demeurent le principal partenaire pour la Géorgie. "Les parties continuent de travailler sur les questions qui concernent les applications de la charte de partenariat (ndlr signée en janvier). (...) La nouvelle administration des États-Unis va aider la Géorgie."

L'administration Obama a alloué 242 millions de dollars à la Géorgie. Le congrès devrait confirmer cette aide assez rapidement.
L'ambassadeur des États-Unis a aussi parlé de la prochaine réunion du ministre des Affaires étrangères géorgien avec le secrétaire d'Etat américain à Washington. Le ministre Grigol Vashadze rencontre la Secrétaire Clinton aujourd'hui.

"La rencontre entre Mr Vashadze et Mrs Clinton sera l'occasion pour eux de s'asseoir et de parler de leurs intérêts mutuels. Comme vous le savez, ils se sont réunis pour une brève réunion à Bruxelles lors de la commission OTAN-Géorgie, mais ce sera une chance pour une plus longue discussion aujourd'hui de parler non seulement des relations bilatérales mais aussi la situation dans les zones de conflit, sur les négociations de Genève , sur le renouvellement de la MONUG. J'attends avec impatience les résultats de l'audience" a dit l'ambassadeur.

D'après Rustavi2

D.P.

09/04/2009

Aujourd'hui 9 avril.

20 ans se sont écoulés depuis la tragédie du 9 avril.

Le 9 avril, Journée de l'Unité Nationale, est un jour férié en Géorgie. C'est ce jour-là, en 1989, exactement 7 mois avant la chute du mur de Berlin, qu'une manifestation pacifique a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de manifestants, réclamant l'indépendance de la Géorgie et, accessoirement mais élément déclencheur, que les sécessionnistes abkhazes soient poursuivis et châtiés pour leurs crimes.

Menés par le Comité pour l'Indépendance (dont Zviad Gamsakhurdia est un des responsables), les manifestants pacifiques (certains protestent par une grève de la faim) se rassemblent sur l'avenue Rustaveli, devant le Parlement de ce qui est encore la République Socialiste Soviétique de Géorgie.

Dans la soirée du 8 avril 1989, le général Igor Rodionov (un malade!), commandant du district militaire de Transcaucasie, ordonne la mobilisation de ses troupes.

Le détachement soviétique, avec des militaires armés de matraques et de bêches, avancent sur les manifestants qui se déplacent le long de l'Avenue Rustaveli, sous le commandement de Rodionov. Au cours de l'avance, les soldats attaquent les manifestants avec des pelles, une des armes favorites des forces spéciales soviétiques, infligeant des blessures importantes à toute personne atteinte.

20 morts, des centaines de blessés.

La Géorgie obtiendra son indépendance deux ans plus tard, le 9 avril 1991, avec à sa tête Zviad Gamsakhurdia.

Aujourd'hui, 9 avril 2009, les commémorations officielles se déroulent sous l'oeil attentif des médias étrangers. Une manifestation annoncée comme "pacifiste" doit réunir les opposant au gouvernement géorgien, avenue Rustaveli, devant le Parlement.

Rien lu encore dans la presse belge à ce sujet, mais vous en aurez en compte-rendu dès demain matin, voire avant.

D.P.

08/04/2009

Saakashvili: Les portes de l'OTAN + Diplomates étrangers en poste à Tbilissi : Appel pour un dialogue

Diplomates étrangers en poste à Tbilissi : Appel pour un dialogue

A la veille des rassemblements de protestation, un des ambassadeurs du groupe de travail a invité les autorités et l'opposition, le 8 avril à s'engager dans un dialogue ouvert, à rechercher des solutions durables à des questions de grande importance pour la Géorgie.

Avec comme objectif de promouvoir les principes démocratiques et les procédures en Géorgie, les ambassadeurs du groupe de travail se réunit sur régulièrement. Il se compose des ambassadeurs des Etats participants de l'OSCE, au Conseil de l'Europe, le chef de la délégation de la Commission européenne et le Coordonnateur résident des Nations Unies.

Les ambassadeurs appellent toutes les forces politiques et les représentants du gouvernement, y compris les autorités chargées de la sécurité, à montrer un comportement responsable et l'attachement aux principes démocratiques lors de l'annonce des actions de protestation du 9 avril 2009, et d'exprimer leurs positions dans le cadre juridique, en évitant toute violence.

D.P. - D'après Rustavi2 et Civil.ge


Saakashvili: Les portes de l'OTAN restent ouvertes !

Le président Saakashvili a déclaré à la télévision lors d'une réunion avec le Président de l'Assemblée parlementaire de l'OTAN, John Tanner, à Tbilissi, que la récente déclaration du sommet de l'OTAN signifie que les portes de l'Alliance avaient été "réouvertes" pour la Géorgie.

En ce qui concerne l'OTAN, nous avons réussi à obtenir ce que nous espérions depuis longtemps. Les récentes décisions du sommet de Strasbourg et les déclarations d'Obama, du Président sortant et des secrétaires généraux de l'OTAN nous donnent de très sérieuses raisons d'être optimistes.

Si auparavant la principale question était de savoir si la Géorgie avait ou non un "plan d'action pour l'adhésion", ce document (déclaration finale du sommet de l'OTAN) dit que la Géorgie est sur la voie de l'OTAN, non directement par le biais de ce plan d'action - la question est posée séparément - mais par le biais de la Commission OTAN-Géorgie, et par un examen annuel de la Commission.

Cela signifie que, malgré l'agression, en dépit de la guerre et malgré la propagande qui est en cours contre nous, la route vers l'Alliance Atlantique-Nord a été rouverte pour la Géorgie. C'est le chemin vers la stabilité, vers la protection de l'ensemble de la région, ce qui est aussi la voie de la garantie économique.

On peut lire dans la déclaration finale du sommet des dirigeants de l'OTAN du 4 avril de Strasbourg / Kehl: Sans préjudice d'autres décisions qui doivent être prises concernant le plan d'action pour l'adhésion, le développement de programmes nationaux annuels aidera la Géorgie et l'Ukraine dans l'avancement de leurs réformes. L'examen annuel de ces programmes nous permettront de continuer à suivre de près la Géorgie et l'Ukraine, les progrès sur les réformes liées à leurs aspirations à l'adhésion à l'OTAN.

Le Président Saakashvili a également dit que, lors de sa visite en Géorgie, le général James Cartwright a présenté "un nouveau paquet" d'assistance à l'armée géorgienne.

Cela va aider la Géorgie à créer qualitativement de nouvelles forces armées, ce qui profitera à la Géorgie, et bénéficiera à l'ensemble de nos alliés, a déclaré le président Saakachvili.

D.P. - D'après Civil.ge et le site de l'OTAN

07/04/2009

Dialogue politique, manifestation catégorique, envahisseur despotique et manifestant rus... tique !!!


porte 07Les leaders de quelques partis d'opposition et quelques ONG ont rencontré Dimitri Shashkin, qui est responsable du dialogue politique avec l'opposition.  Ensemble, ils ont fondé une commission spéciale, qui travaillera sur des amendements à apporter à la constitution.

La composition de la commission et les dates n'a pas été définies. Les détails de l'accord seront annoncés la semaine prochaine.

Les changements à apporter à la Constitution étaient le point de départ des revendications des partis radicaux qui organisent la manifestation du 9 avril. Sans doute qu'en fait, il suffisait de le demander gentiment, ainsi que le firent aujourd'hui les partis moins radicaux, pour obtenir satisfaction.

La manifestation "au finish" aura bien sûr lieu, les revendications étant elles aussi devenues plus... radicales. Par ailleurs, ladite commission, sur la proposition des membres du Mouvement Démocratique Chrétien,  devrait être dirigée par le président Saakashvili, ce que les radicaux ne sont certainement pas prêts à accepter.

Pendant ce temps, Moscou s'organise : les bases militaires russes se renforcent. La construction de la base navale sur la côte abkhaze, à quelques kilomètres de Poti, va être entammée sous peu, ainsi que la base aérienne en Ossétie, à un "jet" de pierre de Tbilissi. Pour rappel, selon les lois internationales, ces bases russes seront situées en Europe, dans un pays faisant partie d'organisations internationales telles que le Conseil de l'Europe, La cours de justice Européenne, le Conseil des communes et régions d'Europe, etc...

A la Douma, bien du monde doit se frotter les mains en regardant ce qui se passe en Géorgie. Crise économique, politique, et impuissance face à l'occupation du territoire par l'armée russe; et l'Europe reste muette. Seul Obama a su exprimer un mécontentement légitime, malgré son besoin des russes dans les dossiers Iran et Afghanistan, défits aux conséquences O combien plus vitales pour le monde que le besoin de Gaz russe en Europe. Quoique. On dit que l'Europe est frileuse...

D.P.

photo D.P. TbiliSite

Un Russe a participé aux incendies en marge des manifs anti-OTAN à Strasbourg. Mais ça ne veut rien dire.

N'en tirons pas de conclusions trop hâtivement. N'allons pas écrire trop tôt que c'est sous les ordres de Moscou que ce resortissant russe a fait partie d'un groupe de casseurs ayant dévasté puis incendié quelques batiments à Strasbourg, en marge des manifestations de pacifistes anti-OTAN, hier après-midi. Ce serait une faute que de vouloir interpréter, dans un sens comme dans l'autre, une telle information.

Il sera impossible de connaître rapidement pour quelles raisons un ressortissant russe, pays non-membre de l'Otan (pas encore...!), a souhaité dicréditer une manifestation anti-Otan. Si une preuve existe que quelques casseurs russes, sous les ordres du KGB par exemple, ont infiltrés un groupe de casseurs allemands et/ou français, il ne faudra compter sur personne pour la révéler au public. Ce serait honnête, mais ce serait une faute d'apprenti sorcier...

Quoi qu'il en soit, les autorités vont-elles pouvoir enquêter en ce sens (S'ils y songent)? Dans l'affirmative, ils n'en diront rien. Alors nous ne saurons sans doute jamais ce qui a poussé ce citoyen russe à incendier des batiments strasbourgeois.

D.P.

31/03/2009

Compte-rendu de notre entrevue avec Isabelle Durant, sénatrice Ecolo, à propos du "rapport Dubié/Defraigne"

I Durant photo rtbf

Isabelle Durant :

à propos du "rapport Dubié/Defraigne".

Bruxelles, jeudi 26 mars, début d'après-midi. Nous arrivons à la maison des parlementaires un peu en avance, mais nous ne devons pas attendre trop longtemps madame la sénatrice: Isabelle Durant arrive presque à l'heure, accompagnée par Francisco PADILLA, son conseiller en affaires internationales.

Je suis nerveux, non pas à cause de cette entrevue, mais de peur de ne pas pouvoir me retenir quant aux gros mots qui me viennent en tête à propos de ce rapport, tant il y a de quoi. Mais après les présentations d'usages, lorsqu'il a fallu lancer la discussion, face à madame Durant, le calme qui me caractérise en temps normal reprend le dessus! Il faut dire qu'en exposant le point de vue géorgien et, bien entendu, tout en expliquant nos griefs contre Josy Dubié et sa visite partiale en Ossétie, je voyais Madame Durant nous écouter attentivement, sans beaucoup réagir sinon pour quelques précisions, corrections ou avis divergeants.

Ce qu'il en est sorti, après 50 minutes d'intérêts sincèrement réciproques pour nos positions, nos points de vues, c'est que les Ecolos ne connaissent pas grand chose ni de la situation en Géorgie, ni de l'histoire de Géorgie, ni de ce qui s'est réellement déroulé en août, mais ne demandent pas mieux que de connaître. Et 50 minutes, c'était très peu. Nous aurions pu discuter encore quelques heures.

Ce qui ressort de cette entrevue, finalement, c'est quoi..? Difficile de répondre. Nous pensons qu'il est positif que Ecolo, à travers Isabelle Durant et Francisco Padilla, souhaîte peut-être en savoir plus avant de "re-juger" les événements d'août différemment de Dubié, mais a besoin de preuves au moins aussi solides et fondées que les témoignages recueillis par Dubié en Ossétie. Mais, ce que je pense aussi, c'est que même avec ces preuves, jamais Ecolo ne fera machine arrière, pour plusieurs raisons:  

1. Il existe déjà tant de preuves accessibles, surtout pour des parlementaires, que s'ils le voulaient, ils auraient déjà fait leur erratum depuis longtemps.
2. Les intérêts européens pour la Russie sont incontournables, intérêts dans des relations étroites positives afin d'éviter un retour à la guerre froide (au moment où je vous écris, les Russes construisent des bases navales et aériennes en Géorgie!!!), et sans doute aussi intérêts gaziers, une erreur au moment où il est question de diversifier les sources d'approvisionnement en évitant la Russie, et notons aussi que justement Poutine, en s'attaquant à la Géorgie, rêve de ruiner le projet Nabucco ou de s'en emparer, et nous revoilà au point de départ à acheter du gaz uniquement aux russes !.  
3. Etant le seul parti politique à avoir autant critiqué la Géorgie, la part de la population qui croit la version pro-russe
(pro-russe non par choix, mais par conséquence) de Dubié,  trouvant certainement l'ex-journaliste vedette de la rtbf impartial puisqu'il le dit, ou qui a apprécié ce rapport parce que à contre-courant de ce que tout média rapportait des événements,  ou tout simplement pour avoir apprécié le côté "anti-Bush" des propos dudit Dubié, cette part non négligeable, à un jet de pierre des élections de juin, peut avoir un impact conséquent...
4. Pourquoi n'ont-ils jamais cherché à connaître le point de vue géorgien auparavant, sinon parce qu'ils n'y trouvaient aucun intérêt?  Il existe une ambassade de Géorgie à Bruxelles, à deux pas du Parlement. C'est la moindre des démarches qu'ils auraient pu faire. En cela, ils ont adopté la méthode Dubié: on ne questionne qu'un seul camp pour n'avoir qu'un seul avis, celui qui arrange (ou qui dérange, c'est selon ce qui arrange).

Bien sûr, l'écolo en moi depuis 25 ans me pousse à croire que le parti écologiste est capable de modifier son jugement avec raison, mais je ne suis pas certain qu'on parle de la même écologie... Par contre,  puisque les écolos n'ont pas hésité à croire Poutine, Medvedev, Lavrov ou Tchourkin, alors c'est certain, on peut croire en tout. Dossier à suivre, avec beaucoup d'intérêt.

D.P. - TbiliSite, avec M.M.

29/03/2009

Moscou a durci le ton en réponse aux déclarations récentes de Barack Obama.

 

Russie-Etats-Unis: atlantisme (sans ukraine et géorgie) et redémarrage des relations bilatérales sont compatibles...

D'après Kommerzant

Le problème de l'OTAN passe au premier plan des relations russo-américaines quelques jours avant la rencontre des présidents Dmitri Medvedev et Barack Obama, qui se déroulera le 1er avril à Londres, lit-on vendredi dans le quotidien Vremia novosteï.

Ainsi, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a rappelé hier la vigilance de Moscou envers les plans d'élargissement de l'Alliance à l'est, alors que le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Andreï Nesterenko a exprimé la préoccupation face aux actions de l'OTAN en Arctique. (ndlr : missions d'entraînement prévues de longue date et auxquelles la Russie devait participer, mais annulées par elle après la guerre de Géorgie)

Moscou a durci le ton en réponse aux déclarations récentes de Barack Obama. Ce dernier a confirmé au cours de la rencontre avec le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jaap de Hoop Scheffer son attachement au redémarrage des relations avec la Russie, sous réserve que cela ne "porte pas préjudice à la solidarité atlantique". Les pays qui veulent adhérer à l'OTAN, auront la possibilité de s'y intégrer, a affirmé le président.

Le directeur de l'Institut d'analyse politique et miliaire, Alexandre Charavine appelle à ne pas considérer "l'atlantisme" d'Obama comme un obstacle au redémarrage des relations avec la Russie: "L'OTAN possède des principes stricts d'appartenance volontaire, auxquels les Etats-Unis ne pourront pas renoncer. On ne fera pourtant aucune tentative pour accepter l'Ukraine et la Géorgie à l'Alliance, au contraire tout sera fait afin d'empêcher leur intégration". Le redémarrage des relations avec la Russie est, selon lui, beaucoup plus important pour les Etats-Unis que "l'élargissement de l'OTAN par l'admission de Kiev et Tbilissi".

L'expert du Centre Carnegie de Moscou Maria Lipman rappelle que "les Américains n'ont jamais - ni avant Obama, ni sous Obama - évoqué un renoncement à l'élargissement de l'OTAN". Il s'agit d'une des "questions très compliquées" qui sera discutée "longtemps et minutieusement". "Les priorités actuelles des Etats-Unis sont l'Iran, l'Afghanistan et le Proche-Orient. La situation dans ces régions semble très difficile", fait-elle remarquer. "Quant aux priorités de la Russie, elles restent toujours une énigme". Selon Mme Lipman, c'est dans le domaine du désarmement que Moscou et Washington pourraient progresser le plus rapidement: "Les Etats-Unis sont intéressés par le succès de la rencontre de Londres".

Revue de presse Ria Novosti / Kommerzant

02/03/2009

L'opposition prépare sa guerre contre Saakashvili

 

L'opposition prépare sa guerre contre Saakashvili.

Les représentants de plusieurs partis de l'opposition ont discuté leur vision politique et autres plans avec des membres d'organisations non-gouvernementales. La réunion a été interdite aux médias. Les leaders d'opposition ont parlé de leurs plans pour avril. La plupart des partis d'opposition se préparent pour une manifestation à grande échelle le 9 avril avec la demande de démission du président Saakashvili démocratiquement réélu en janvier 2008.

L'opposition, très critique envers la politique du gouvernement lors de la crise d'août, a donné un ultimatum de 15 jours au président Saakashvili pour qu'il donne son accord à l'organisation d'un référendum sur l'organisation d'élections présidentielles anticipées. Le président, considérant - à juste titre - qu'il n'est pas question d'organiser ce référendum, et encore moins des élections anticipées. Effectivement, ayant déjà accédé à cette même demande fin 2007, il a gagné les élections avec 53% des voix, contre moins de 30% pour les partis de l'opposition.

L'opposition, que l'administration gouvernementale soupçonne d'être manipulée par Moscou qui essaye de diviser la population (dans le but non-caché de renverser le président Saakashvili) est elle-même très divisée, entre les ex-membres de la majorité passés dans l'opposition, et ceux ayant quitté le gouvernement aux lendemains de la Révolution des Roses, pour des raisons de corruption dans certains cas.

D.P.

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Afin de satisfaire la curiosité légendaire de certains lecteurs de ce blog, je me propose de vous préparer un dossier sur la situation politique en Géorgie, que je posterai prochaînement.

Un autre dossier sur les raisons de la guerre et les influances géopolitiques des régions actuellement sous occupation russe, est en préparation.

En vous remerciant pour votre soutient grandissant,

D.P.

A lire ci-dessous : Déclarations de Mr Gates et commentaires de Mr Bakradz.


Le Secrétaire d'Etat des EU, Mr Gates, à propos de Poutine et Medvedev et du "renouveau de l'Empire Russe".

Mr GATES a déclaré que le Premier ministre russe Vladimir Poutine semble vouloir affirmer le rôle de la Russie sur la scène internationale en bloquant avec insistance ce qui ne convient pas. Je crois personnellement que les russes essayent de revenir de ce qu'ils ont considéré comme une humiliation suprême l'écroulement - non seulement de l'Union soviétique, mais de l'empire russe.

"Et je pense que le Premier ministre Poutine le sent plus intensément que le président Medvedev. Peut-être est-ce une question d'ancienneté. Mais il s'est clairement décidé à affirmer le rôle de la Russie comme acteur international clé, et comme un pays qui peut bloquer quoi que ce soit qu'il n'aime pas. Et dans beaucoup de secteurs si nous ne passons pas par la Russie, ils ne coopéreront pas avec nous."

 

Mr Bakradze commente :

Le porte-parole du Parlement géorgien, le travailliste Bakradze a commenté la déclaration du Ministre de la Défense Nationale des EU, qui a accusé la Russie de tentatives de rétablir son influence impériale.
"La déclaration par M. Gates était un message clair pour Moscou que l'administration de la Maison Blanche ne changera pas sa position quant à l'intégrité territoriale et la souveraineté de la Géorgie.

Mr Bakradze pense que la déclaration avant la réunion en Suisse entre le ministre des Affaires Etrangères russe et le Secrétaire d'Etat des EU n'a pas été faite par hasard.
"Après de telles déclarations nous devons être sûrs que les Etats-Unis démontreront le même appui à propos de l'intégrité territoriale et la souveraineté en Géorgie qu'ils avaient faite jusqu'ici. Mais de plus, cette déclaration est une explication claire des raisons de l'intervention de la Russie  en Août dernier, ajoute-t-il.

D'après Rustavi2

27/02/2009

Terry Davis à Moscou, Davit Bakradzé à Tbilissi

 

Le Conseillé du Secrétaire Général Européen Terry Davis à Moscou.

Le Conseillé du Secrétaire Général Européen Terry Davis a confirmé à Moscou aujourd'hui l'appui de l'Europe à propos de l'intégrité territoriale de la Géorgie. Il a donné  un entretien à la station radio l'Écho Moskvi. Il a dit que la Russie devrait comprendre pourquoi elle est isolée dans la reconnaissance des territoires séparatistes de Géorgie.

Monsieur Davis ajoute : "Nulle part ailleurs dans le monde un pays n'a reconnu ces régions, que la Russie a reconnu. Alors, la Russie doit se demander : pourquoi être entré dans cette situation ? Beaucoup de pays européens ont des problèmes semblables à ce qui est arrivé en Géorgie, problèmes avec quelques parties de pays qui sont dissidents. Nous avons un bon exemple avec la Tchétchénie, en Russie. Mais aucun pays n'a pris de tels étapes radicales pour faire ces régions indépendantes. Je pense que très peu parmi l'Assemblée ont soutenu la position du gouvernement russe sur la question du Caucase. Mais en même temps, la plupart des membres de l'Assemblée pensent qu' il est bon que la Russie participe au Conseil de l'Europe (PACE) et soit là pour s'ouvrir à la critique envers lui", a dit Terry Davis.

Davit Bakradzé se concentre sur des menaces russes

27.02.09 14:47

Davit Bakradze a rencontré les étudiants de l'Université Caucasienne aujourd'hui et a répondu aux questions des étudiants en politique étrangère.

Les étudiants étaient contents du dialogue. Le porte parole du Parlement Davit Bakradze a constaté les tentatives indirectes de la Russie pour s'immiscer dans les affaires internes de Géorgie et encourager les opposants au gouvernement en les poussant au désordre,"ce qui est nettement plus dangereux qu'une intervention militaire directe".