27/05/2009

Comment insulter l'Eglise et en faire un partenaire radical, en une leçon.

L’influent chef de l'Église orthodoxe géorgienne, Ilia II, est intervenu en insinuant que l'opposition devrait mettre de côté l’ exigeance de la démission du président.

« Une partie de notre population exige la démission du président. Je tiens à dire que cette question est très complexe et généralement, dans une certaine mesure, c'est devenu une règle dans notre pays, avec le premier président [Zviad Gamsakhurdia], et le deuxième président [Eduard Shevardnadze] contraints de démissionner. Et vous savez ce que ces démissions ont fait pour nous.»

« Peut-être, il serait plus correct - c’est tout simplement mon opinion personnelle, que nous nous écoutions les uns les autres. Nous devrions être capable d'écouter tout le monde, nous devrions nous écouter les uns les autres et accepter que c’est la bonne idée», a-t-dit.

« Chaque personne a sa propre opinion, mais cela ne signifie pas que l'on doit absolument la mettre en action. Une personne doit écouter les autres et pas une unique personne(...).  Les pensées catégoriques signifient qu'une personne ne peut pas écouter les autres et il pense que la vérité est seulement en lui, et que cette idée devrait être mise en œuvre. (...) Nous devrions tous nous rappeler que nous sommes tous frères, il devrait y avoir unanimité parmi nous.(...) Des opinions différentes doivent exister, mais cela ne veut pas dire qu'ils doivent absolument être mises en oeuvre. »

«Nous sommes arrogants. L'arrogance est une de nos caractéristiques. L'arrogance est un péché terrible. L'arrogance a ruiné l'ange et le transforme en démon. »

Ces paroles prononcées lors du sermon du patriarche le jour de la fête nationale géorgienne ont fâché quelques dizaines de manifestants de l’opposition et, lors du rassemblement devant le Parlement, ont demandé aux dirigeants présents (Salome Zourabichvili, Levan Gachechiladze, Nino Burjanadze, Zviad Dzidziguri, Davit Gamkrelidze et Eka Beselia) de ne pas revenir en arrière et de continuer les actions radicales.

Quelques unes des paroles des leaders radicaux :

«Nous allons agir de façon décisive et très activement. Nous n'allons pas faire marche arrière. Probablement que personne ne devait s'attendre à ce que le patriarche géorgien aurait proposé d'aller renverser Saakashvili, le patriarche bien entendu ne dirait pas cela. » (Nino Burjanadze).

« Je savais que sa sainteté aurait fait mais n'a pas été autorisé à faire la déclaration que nous voulions. Mais il ne nous a pas dit que nous ne devons pas lutter, nous devons agir par nous-mêmes. Notre chef spirituel est un exemple et une force immense pour nous, mais il ne peut pas faire ce qui est à nous de faire, il ne peut pas lutter à notre place. » (Eka Beselia)

«Tant que le sang coule dans mes veines je ne vais pas permettre à Saakashvili de régner dans notre pays. Maintenant, je vais vous dire ce qui s'est passé aujourd'hui et vous jugerez par vous-mêmes. Aujourd'hui, le patriarche géorgien a été pris « en otage », car il n'a pas été autorisé à dire ce qu'il allait dire dans son discours. Ils l'ont effrayé et ne l'ont pas laissé dire ce qu'il allait dire. Mais de toute façon, nous lutterons jusqu’à la fin. » (chanteur et militant Giorgi Gachechiladze)

Ce qui revient à dire que le chef de l’Eglise géorgienne est aux ordres du parlement, et qu’il n’a pas le droit d’avouer qu’en fait, il soutient les actions radicales de l’opposition... donc, les manifestants sont bénits et peuvent continuer leurs blocages des trains, des camions, des avions, tout de ce qu’ils veulent jusqu’à ce que tout le monde démissionne, que tout le monde sorte dans la rue, qu’on organise une grande révolte, et qu’enfin Poutine puisse faire intervenir ses troupes et bombarder Tbilissi pour protéger ses nombreux ressortissants présents dans la capitale... Et voici comment, en manipulant un peuple exacerbé par 50 jours de manifestations improductives, on parvient à ses fins malgré l’absence d’arguments cohérents.

Sur ce, les manifestants se sont dirigés vers la gare centrale pour y bloquer les trains en partance, non sans violences.

26/05/2009

Abkhazie: l'opposition met en question l'entente avec Moscou

L'opposition abkhaze met en question l'entente avec Moscou

Les mouvements de l'opposition abkhaze "remettent en question l'existence de l'Abkhazie en tant qu'Etat indépendant", lit-on lundi dans le quotidien Kommersant.

"La vente des sites vitaux pour l'Abkhazie se soldera par une soumission de la république à la Russie" écrit le rédacteur en chef du journal indépendant "Pravda de Tchegem" Inal Khachig. "Tout le monde comprend que l'intérêt de la Russie envers l'Abkhazie est énorme et que les compagnies russes tenteront de s'emparer de tout ce qu'ils peuvent ici".

"On tente de nous faire croire qu'on nous a offert l'indépendance et que nous devons payer pour ça. Ce n'est pas pourtant le cas", a récemment annoncé Astamour Tania, coprésident du parti Forum de l'unité populaire d'Abkhazie. L'Abkhazie est selon lui devenue un Etat souverain, parce qu'elle avait toujours gardé l'indépendance de ses décisions: "Pendant une époque, nous avions des relations tendues avec la Russie. Si nous avions fait tout que les représentants de Moscou nous disaient, l'Abkhazie serait aujourd'hui une république autonome au sein de la Géorgie et accueillerait un contingent de l'OTAN".

La récente visite du président de la Douma (chambre basse du parlement russe) Boris Gryzlov à Soukhoumi, la "capitale" abkhaze, n'a fait que jeter de l'huile sur le feu. Celui-ci a déclaré que l'Abkhazie lancerait dans un avenir proche l'extraction de matières inertes pour les Jeux olympiques de 2014 et que la Russie logerait dans la république 100.000 ouvriers chargés de la construction de Sotchi. Plusieurs médias abkhazes ont critiqué les plans russes, tandis que l'opposition annonçait que l'Abkhazie était destinée au repos des touristes et pas au logement gratuit des travailleurs immigrés.

"Les partenaires russes ne comprennent malheureusement pas les traits spécifiques de l'Abkhazie, c'est pourquoi chaque visite de ce type fait surgir chez nous un grand nombre de problèmes", a reconnu un fonctionnaire du gouvernement abkhaze sous couvert d'anonymat.

Nezavissimaïa gazeta et Kommersant

Bientôt, nous reparlerons de l'Abkhazie : opposants ou non, leurs plaintes à l'encontre de la Russie, justifiées, ne portent que sur l'économie, le pillage des Russes sur leur province. Des questions de pognons. Mais quand seront-ils prêts à dénoncer leurs propres crimes perpétrés par leurs milices sous protection russe: les nettoyages ethniques contre les populations non-abkhazes, particulièrement contre les géorgiens encore présents dans la province séparatiste, et qui sont légion dans la zone de Gali, le long de la "frontière" entre les provinces mingrèle et abkhaze, et dans la vallée de Kodori d'où ils viennent encore de chasser les derniers géorgiens à y vivre: des moines expulsés de leur abbaye avec l'aide des soldats russes.

Nous reparleront en ces termes aussi à propos de l'Ossétie du Sud (Samatchablo).

Et nous rappelerons aussi que les autorités géorgiennes, ces dernières années, ont toujours proposé aux deux provinces d'être autonomes au sein de la Géorgie, en toute liberté. Comme nous rappelerons que les autorités géorgiennes ne refuseront pas d'avoir des relations normales avec la Russie, sauf que cette Russie s'en prend ouvertement à la Géorgie en manipulant les autorités séparatistes depuis plus de 10 ans...

  Il n'y a pas de mouvement anti-russes, il n'y a pas de mouvement anti-abkhazes ou ossètes. Cela n'a jamais été une question d'ethnie pour les géorgiens, mais une question de territoire.

Si les ossètes sont venus du nord pour s'installer du côté ensoleillé du Caucase il y a plus de 150 ans, et que les géorgiens les ont accepté sans réticences dans la province de Samatchablo, respectant leurs coutumes et leur langue, ce n'est pas pour qu"ensuite ils revendiquent ce territoire. Et même en admettant l'inadmissible, qu'ils aient des droits sur cette terre géorgienne, ont-ils fait le bon choix en se laissant piloter par les autorités russes? Ils n'ont pas eu de choix à faire. Poutine a fait le choix pour eux, et les ossètes en sont autant  coupables que victimes. Coupables d'avoir laissé Kokoïty au pouvoir et d'avoir plus que collaboré aux plans de nettoyage ethnique, et victimes car la Russie transforme l' "Ossétie du Sud" en une province russe pillée par les russes et où les spécificités ethiques ossètes sont anihilés par une éducation 100% russophone...

D.P.

19/05/2009

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

A Genève, en raison de l'absence de la région sécessionniste d'Abkhazie qui a refusé de prendre part aux discussions pour ne pas avoir reçu des documents de l'ONU dans les temps, les délégations russes et ossètes ont refusé de participer elles aussi aux négotiations de paix.

"Aborder des questions graves sur la sécurité sans l'une des parties concernées me paraît un exercice inutile", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karasine. Bien entendu, c'est sous les conseils de la Douma que les Abkhazes ont refusé de participer à cette réunion...

Ces séances de pourparlers, présidées par les Nations unies, l'Union européenne et l'OSCE, sont systématiquement torpillées par les sécessionistes abkhaze « qui ne veulent pas êtres considérés, dans les documents de l'ONU, comme faisant partie de la république de Géorgie ». Autant dire que, malgré le bon-vouloir de la communauté internationale et de la Géorgie, on n'est pas près de trouver de solutions pour la stabilité et la paix dans cette région.

"La situation dans le Caucase du Sud sera évoquée en relation avec les conséquences de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, et avec un autre sujet régional: le Haut-Karabakh", a dit M.Tchijov histoire de compliquer et d'envenimer encore, si besoin était, la situation, et il ajoute : « Les volets du plan (Sarkozy) concernant la Russie sont réalisés. Si des questions concernant sa mise en application surgissent, elles peuvent être posées à la Géorgie. Le plan prévoyait le retour des forces géorgiennes vers les lieux de leur cantonnement habituel, pourtant, nous constatons la concentration d'effectifs militaires et policiers géorgiens dans les districts adjacents à l'Ossétie du Sud. »

Bien entendu, ce genre de déclaration est destinée non pas aux politiques qui savent très bien que la Russie n'a respecté AUCUN des points d'accords « Sarkozy », mais bien à la presse qui relaie l'info vers qui veut bien la lire et y croire.

Il faut bien comprendre que, quand la Russie accuse quelqu'un de quelque chose, c'est pour noyer le poisson qu'ils ont eux-même placé dans l'aquarium du FSB. Quand la Russie dit que la Géorgie ne respecte aucun point d'accord, c'est bien qu'elle n'en respecte aucun elle-même. Si la Russie accuse la Géorgie d'avoir concentré des militaires et des policiers aux frontières ossètes, c'est qu'ils en ont eux-même placé, et pas qu'un peu. Pour rappel, alors que les points d'accords Sarko demandaient aux parties d'en revenir à la situation d'avant le 7 août, c'est à dire maximum 3700 soldats de maintien de la paix en ossétie et autant en Abkhazie et aucune arme lourde, les Russes ont amassés plus de 10,000 hommes aux frontières ossètes et autant aux frontières abkhazes, avec blindés, lance-missiles, etc... La Géorgie, quant à elle, patrouille timidement avec quelques policiers le long des frontières concernées, principalement pour protéger les observateurs de l'OSCE ou de l'ONU (des enlèvements ont eu lieu à plusieurs reprises), mais aussi pour prévenir les nombreuses attaques des milices ossètes sur des villages géorgiens situés sur la frontière. Il faut signaler, par respect pour la vérité et par respect pour les famille des policiés tués, que 12 policiers ont été assassinés par les milices abkhazes ou ossètes depuis septembre...

La direction russe, qui jamais ne cèdera volontairement un seul hectare conquis par son armée d'invasion en août, se sachant en infraction totale avec un nombre impressionnant de lois internationales, ne peut que fuir devant ses responsabilités et tenter de se disculper, non pas en recherchant des preuves d'innocence - il n'y en a pas - mais en accusant l'adversaire des crimes qu'elle a elle-même commis. Peu de gens sont dupes, à part peut-être Josy Dubié et quelques autres illuminés, mais beaucoup ont plus besoin de la Russie que de la Géorgie, et contredire la politique de Moscou équivaut pour certains, sans aucun doute, à rendre plus compliqués, plus délicats, les accords gazier entre Medvedev et l'occident.

Les accusations de Human Rights Watch à l'encontre de Tbilissi, accusé d'avoir aussi commis des crimes de guerre, a fortement diminué la sympathie des (lecteurs) occidentaux pour ce petit pays du Caucase dont tout le monde parle sans le connaître. Il suffit de lire chaque article de presse qui, lorsqu 'il parle de la guerre d'août et de ses suites, ne s'abstient pas d'écrire « suite à l'agression de la Géorgie pour récupérer sa province sécessioniste d'Ossétie du Sud » à la place de « suite aux provocations russes contre les forces de paix géorgiennes en Ossétie du Sud ». Mais ces accusations de HRW sont tellement anecdotiques si on ose les comparer aux crimes commis par les milices ossètes et les soldats russes contre tous les villages géorgiens d'ossétie du sud, que je n'arrive pas à comprendre les rédactions de la presse occidentale, belge principalement, ou française de gauche, qui anihile les massacres ossètes en préfèrant la syntaxe relayée par la presse russe sous contrôle de la Douma, plutôt que celle de Tbilissi, pourtant de loin plus réaliste et indépendante.

Conférence de presse de Lavrov concernant la Géorgie? Tous les micros de la presse occidentale sont devant ses lèvres. Conférence de presse d'un ministre géorgien : seuls la presse géorgienne est présente. Que faut-il en déduire?

 

 

Ce qu'espère la Russie, et qu'elle est à quelques pas d'obtenir si on n'y fait pas plus attention, c'est de parvenir à éviter la même sympathie de l'Occident pour les victimes géorgiennes que pour les victimes tchétchènes de l'agression russe de 1999, qui à l'époque avait entraîné nombre de manifestations de soutien aux nord-caucasiens, dans toutes les capitales occidentales. Aujourd'hui, la Russie a besoin de l'Occident, plus que l'occident a besoin de la Russie, et chaque justification, aussi grossière soit-elle, à l'attaque de la Géorgie, est la seule politique possible pour les agents du FSB dirigés par Poutine. Depuis la fin de la guerre d'août, si tant est qu'on puisse parler de « fin », les russes fuient leurs responsabilités, s'appuyant sur des prétextes impossibles pour se justifier (protection des ressortissants russes dans les territoires séparatistes alors qu'ils ont eux-même distribué des passeports russes illégalement à la population géorgienne de ces provinces, avant d'inventer des attaques géorgiennes contre lesdits ressortissants pour prétexter leur intervention) Désinformer est habituel à Moscou. La propagande anti-caucasiens marche à fond depuis 5 ans dans toute la Russie, et en soit, déjà cela est un délit majeur dont le HCR n'a jamais, à ma connaissance, fait part.

D.P.

Guerre d'août : Recueil de témoignages

A lire absolument.

C'est le complément indispensable au "rapport Dubié - Ecolo Belgique".

ICI

Une série impressionante d'interviews réalisées dès le 15 août entre Kaspi et Tskhinvali. Voilà un travail bien plus intéressant que lorsqu'il est réalisé par un "pro" belge guidé par les ossètes et les russes uniquement.

D.P.

17/05/2009

Près de quarante jours de manifestations.

Peter Semneby, représentant spécial de l'Union Européenne pour le Caucase du Sud, a rencontré quelques dirigeants de l'opposition ce dimanche. Pour discuter des troubles politiques en cours dans le pays.

Nous y voilà. Près de quarante jours après le début des manifestations, une semaine après un début de dialogue, même l'Europe monte le ton, ne comprenant pas le refus définitif de dialogue de la part de l'opposition. L'opposition, quant à elle, n'en démord pas: pour qu'il y ait dialogue, il faut qu'il y ait démission de Saakashvili. Mais dans ce cas, avec qui dialoguerait l'opposition?

Les propositions de Saakashvili étaient sérieuses. Vous les connaissez, elles sont rappelées dans son allocution, et une grande partie des membres de l'opposition, dont Alasaniya, ont quitté la rue pour le dialogue. Seule une partie des radicaux, soutenue par quelques irréductibles, restent rassemblés devant le parlement. L'opposition s'essouffle, et se radicalise encore.

Beaucoup de critiques envers certains leaders de l'opposition fusent à présent, pour ceux qui restent dans la rue comme pour ceux qui rejoignent la table de négociation. Personne n'est d'accord avec personne, et tout le monde aimerait, finalement, passer à autre chose: avant la crise politique, il y a la crise économique et la crise militaire, avec tous les problèmes que cela engendre pour la population, les sans-emplois, les déplacés de la guerre.

Il y a aussi un ensemble impressionnant de réunions à l'agenda présidentiel et diplomatique, soit faisant suite à l'agression par la Russie avec demain et mardi des réunions à Genève en présence des Abkhazes, des Russes et des ossètes, soit, justement, pour signer des accords commerciaux, primordiaux pour l'emploi des géorgiens. Et toujours les insupportables provocations russes en réponse aux manoeuvres de l'OTAN près de Tbilissi, et qui utilise chaque prétexte, dont les manifestations en cours à Tbilissi, pour augmenter ses forces aux frontières de l'ossétie et de l'Abkhazie.

 

14/05/2009

Veto russe attendu : la mission de l'OSCE prendra fin en juin

Veto russe attendu : la mission de l'OSCE prendra fin en juin.

Le maintien de la présence en Géorgie d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a été porté au vote aujourd'hui (mercredi) à Vienne par les 56 états membres, dont la Russie. L'unanimité étant requise pour le maintien, et la Russie s'étant abstenue, L'OSCE devra se retirer de Géorgie avant le 30 juin. Et des frontières risquent de craquer cet été...

Que risque la Géorgie si les observateurs doivent se retirer? Illustration par l'exemple concret : faisant référence à un rapport d'observateurs de l'ONU du mois de mai 2008, (les observateurs de l' UNOMIG doivent eux, quitter le territoire géorgien dès le 15 juin ) : ayant suivi au radar l'attaque par un Mig d'un drone géorgien qui survolait son propre territoire (dans la province d'Abkhazie) les observateurs ont fait remarquer que ce Mig a décollé d'une "base désafectée" située au Nord de cette même province géorgienne sous contrôle forcé de la Russie à l'époque. Trois violations en une! Le survol de la Géorgie souveraine par un avion de chasse russe qui décolle d'une base sois-disant évacuée il y a plus de 3 ans, qui abbat un avion sans pilote (heureusement) survolant son propre territoire.

Cet événement, toujours démenti par l'état major russe, a été rapporté par le ministère de la défense géorgien et par l'ONU à qui voulait bien entendre, avec une remarque primordiale : l'escalade armée est inévitable et la communauté internationale doit donc agir pour éviter un conflit armé dans la région.

L'ONU, qui a constaté l'attaque en question ainsi que d'autres provocations aux frontières entre les provinces séparatistes et les autres provinces du pays, n'a cessé de mettre en garde. Mais passons sur la nonchalance européenne, elle a fini par réagir... trop tard mais juste à temps pour éviter l'annexion de la Géorgie en son entièreté.

Ce qui pourrait se produire dès juillet et plus vraisemblablement à partir d'août est très préoccupant. C'est exactement le cas de le dire! Parce que les Russes, ne faisant aucun cas de ce que pensent les autres puissances, surtout l'Europe, n'a respecté aucune des obligations imposées par la signature des accords de cessez-le-feu d'août et septembre, se sont donné le droit de :

- continuer la distribution de passports russes aux habitants des régions séparatistes, légalement géorgiennes;

- aménager le littoral abkhaze pour des utilisations militaires ou maffieuses;

- construire une base navale en Géorgie en remplacement de la base de Sebastopol;

- rénover les bases aériennes quittées 3 ans plus tôt après des accords signés avec les autorités géorgiennes;

- continuer d'amener des troupes dans les zones occupées, plus de 10.000 hommes par province;

- occuper Zemo-Abkhazeti, région stratégique qui était sous contrôle géorgien avant août, et est à présent terrain d'entraînement militaire pour soldats Russes et soldats Abkhazes...;

- ne pas venir en aide aux populations locales, préférant laisser agir les milices abkhazes ou ossètes contre les ethnies géorgiennes encore présentes dans ces provinces;

- continuer ou laisser faire les provocations, y compris contre les observateurs européens, arrêtés lorsqu'ils patrouillent en toute légalité au-delà de la "frontière administrative" des provinces séparatistes;

- alimenter une propagande anti-géorgiens via les médias et des affiches, dans le seul but de se justifier auprès des russes pour leurs interventions en Géorgie,

- accuser ouvertement la Géorgie de ne pas respecter les accords signés...

- ne pas voter le maintien de la présence en Géorgie d'observateurs de l'OSCE, contre l'avis de 55 pays unanimes pour le maintien

- etc...

La Russie de Poutine et de Medvedev n'a rien à voir avec le pays civilisé auquel l'Europe a cru pouvoir faire confiance depuis la chute du mur. Comme disait Gorbatchev il n'y a pas longtemps, la Russie a fait "au maximum" 50% du chemin vers la démocratie. Et même si, effectivement, le "marché" s'est ouvert aux russes, ceux qui ont pu en profiter sont les mêmes que ceux qui profitaient du régime socialiste soviétique, et la protection de ce système plus proche de la maffia que de la sociale-démocratie en utilisant les mêmes outils qu'auparavant, KGB, Douma 100% pro-Poutine, contrôle des médias, intimidations, meurtres, élimination des opposants politiques ou économiques, idéaux impérialistes en politique internationale, ...

Les autorités européennes, sachant celà aussi bien que vous et moi, n'a aucun outil pour forcer la Russie a tenir ses engagements, ce qui renforce encore la politique de Poutine et Medvedev. Elle (l'Europe) a plus d'une fois tenté de mettre en évidence toutes ces violations aux droits les plus élémentaires. Au représentant de la Fed de Russie auprès du Conseil de l'Europe, à Strasbourg, à propos de la Géorgie: " Nous voyons tous que la Russie n'a pas de limites, mais nous, communauté européenne, devons montrer où sont nos limites!"

La guerre en Géorgie est un des symptomes de cette russie encore malade, cette maladie qui lui vient de son passé. Le peuple russe n'est pas plus respecté qu'auparavant, c'est juste qu'on ne l'élimine plus, qu'on ne le déporte plus, qu'on ne l'enferme plus aussi facilement. maintenant on l'ignore ou, s'il bouge un peu trop, on le menace.

Et pendant ce temps, à Tbilissi, une partie de l'opposition radicale, refusant toujours le dialogue avec les autorités tant que "l'ennemi de la Russie" ou "l'ennemi de la démocratie", c'est selon, refusera de démissioner, continue ses dangereuses et stupides confrontations avec Saakashvili utilisant les mêmes méthodes faites de mensonges, de théatralisation, de provocations, d'accusations mensongères, de propagandes, de non-respect des citoyens, etc....

Mais ça, c'est une autre affaire, que vous trouverez commentée dès demain.

D.P.

12/05/2009

Discours du président géorgien suite à la réunion avec les radicaux.

 

L'opposition a accepté le dialogue avec Saakashvili... mais durcira les provocations et les manifs ces prochains jours.

Discours télévisé ce lundi soir à propos de cette réunion avec Saakashvili ayant rassemblé quatre personalités de l'opposition - Salome Zourabichvili, Irakli Alasania, Levan Gachechiladze et Kakha Shartava.

Je tiens à exprimer ma satisfaction de voir que ces réunions ont eu lieu aujourd'hui avec les organisateurs des rassemblements de protestation en cours et une autre avec le groupe parlementaire des minorités.

En faisant abstraction du contenu de ces réunions, je crois que c'est avant tout un jour de victoire pour la démocratie géorgienne.

Je tiens à saluer le fait que, après tant de radicalisation, de nombreuses déclarations dures, de nombreuses actions insultantes, nous avons réussi à faire un pas vers plus de relations constructives et civilisées en politique.

Durant toute cette période, y compris lors de discours prononcés par l'opposition radicale au cours des manifestations à Tbilissi, mon message à l'opposition a toujours été et sera toujours l'appel au dialogue, les appels actifs pour des activités convenues d'un commun accord et l'appel à ouvrir des discussions civilisées.

L'histoire récente de notre pays, les années nonantes, ont montré très bien ce que la radicalisation nuit au pays(...) Au cours des dernières décennies, cela nous a amenés à des effusions de sang, à la guerre civile, de plus l'ennemi a su très bien utiliser cette situation.

Un dialogue démocratique entre les forces politiques signifie une table ronde avec des personnes ensemble ayant des opinions très différentes, et pour un accord sur certaines questions, faire des compromis, et atteindre de meilleurs résultats pour la Géorgie par le biais de compromis.

Faire des compromis n'est pas facile, et c'est d'autant plus difficile lorsque vous avez dit une fois que vous ne serez jamais d'accord sur ce qui se passe. Mais le pays a toujours besoin de dialogue et de telles actions de la part de l'ensemble des forces politiques.

Malheureusement, nous sommes sur une autre direction, avec quelques forces radicales pour une période aussi longue qu'il est impossible d'arrêter en une seule journée. Mais nous avons convenu qu'il ya certains points sur lesquels nous allons continuer de parler, que la réunion a été tenue et en soi c'est positif, et nous sommes d'accord pour que le dialogue continue et, bien sûr, il s'agit d'un pas en avant.

Au cours de la conversation d'aujourd'hui ma position était fondée sur quatre principes essentiels:

  • La suprématie de l'intérêt national de notre pays;
    Inviolabilité des processus de démocratisation de la Géorgie;
    Mes responsabilités à l'égard de notre peuple et de chaque citoyen;
    Plein de respect envers cette partie de la société, qui est sortie dans les rues en raison de leur vie quotidienne difficile, qui s' est exprimée en raison de difficultés, de désespoir et de problèmes sociaux.

Quelles que soient les motivations des dirigeants politiques qui tentent peut-être de capitaliser sur tous ces problèmes, j'ai un grand respect et me sens responsable envers les personnes [qui s'expriment en manifestant] - Je ne parle pas des éléments criminels que nous avons vu ces derniers jours.

Nobody should think that we do not realize in what a difficult situation Georgia is. Personne ne devrait penser que nous ne réalisons rien pour ce que la Géorgie connaît comme situation difficile.

20% de la meilleure partie de notre pays est occupé, la Géorgie est exposée quand les menaces sont nivelées par l'ennemi au quotidien, la Géorgie est frappée par la crise financière mondiale, et tout cela est certainement répercuté sur le bien-être et la sécurité des nos citoyens.

En outre, il ya une chose que nous devrions prendre en considération - la Géorgie n'avait pas d'État pendant 500 ans. Non seulement la Géorgie, mais tout le Caucase et de nombreuses autres nations, et les pays de l'espace de la Russie impériale avait perdu cette tradition de l'État.

Pour la première fois, dans les cinq dernières années, la Géorgie a réussi à établir un État moderne, pour créer un modèle européen moderne, et personne n'aurait pu imaginer que cela puisse se produire. Du coup, aujourd'hui, personne n'est plus surpris que nous ayons une police, que nous ayons une armée, que nous n'avons plus qu'un faible niveau de corruption, tel que cela devrait l'être dans les pays développés. L'État fonctionne, nous avons créé la sécurité énergétique de la Géorgie, un certain nombre des réformes sont en cours en Géorgie, y compris dans le domaine de l'éducation et nous mettons en place un Etat qui s'engagera à plein. Bien sûr, il existe de nombreux problèmes, mais c'est déjà un très grand succès.

Le pays, qui a des territoires occupés, qui est menacé tous les jours, où il existe un énorme coût social, il n'y a pas de temps pour s'en vanter. Mais en même temps, nous devons dire que nous avons créé notre Etat et nous ne laisserons personne le secouer.

D'autre part, tandis que les étapes vers la démocratie ont déjà été engagées, nous devons créer société démocratique beaucoup plus développée, une véritable société civile, avoir des relations entre l'opposition et le gouvernement qui soient vraiment civilisées, de vraies organisations non gouvernementales de sorte que chaque personne ait la possibilité de s'exprimer et de défendre leurs opinions, que tout le monde ait une occasion de respecter ces opinions, de faire en sorte qu'il y ait des tribunaux équitables en Géorgie, afin que personne ne soit capable de supprimer quelqu'un impunément.

Par conséquent, nous sommes à la deuxième étape de notre histoire vue de construire conjointement une démocratie géorgienne normale.

Toutes les forces en Géorgie, ont une chance aujourd'hui de devenir une partie de ce processus politique afin de construire une démocratie civilisée, où l'on prendra en considération les opinions des uns et des autres, où nous respectons les opinions des uns des autres, où nous traitons chacun de manière civilisée et où nous allons travailler ensemble pour l'avenir de notre pays, où tous les hommes politiques, au-delà de leurs ambitions, pourrons créer un modèle démocratique plus civilisé. Ceci est notre - et quand je dis notre, je veux dire le gouvernement, toutes les forces de l'opposition, y compris les plus radicaux des groupes - notre chance et notre responsabilité.

Aujourd'hui, j'ai offert aux groupes d'opposition - et vous savez que nous avons rencontré l'opposition parlementaire et la non-parlementaire, les groupes radicaux et les groupes relativement modérés - conjointement la création d'une commission de la constitution sur une base paritaire, qui mettra au point un modèle constitutionnel équilibré, où il y aura un lieu à la fois pour un président fort, et un parlement fort, un pouvoir judiciaire indépendant et où les intérêts de chaque citoyen géorgien sera mieux protégé, qui réunira toutes les exigences constitutionnelles d'un pays européen moderne.

Je propose à l'opposition de s'entendre entre eux et de désigner conjointement un candidat pour le poste de président de la commission constitutionnelle. Vous savez que la précédente constitution a été élaborée par la commission présidée par le Président Chevardnadze. Maintenant, l'opposition, à la tête de cette commission, définira les procédures de cette commission, et l'ordre du jour de cette commission. Nous sommes prêts à coopérer avec cette commission dans la mesure du possible et à participer à son processus.

J'ai aussi proposé de lancer des travaux communs sur le code électoral. (...) Mettons-nous d'accord sur ce système d'élection, où personne ne va protester contre les résultats et éviter qu'on puisse utiliser ce prétexte pour commencer un conflit.

J'ai aussi offert de travailler conjointement sur la réforme judiciaire. Je leur offre de coopérer avec eux dans différentes structures, et je suis prêt à voir les représentants de divers groupes d'opposition à différents postes de responsable.

Nous devons tous travailler ensemble pour veiller à ce que l'opposition soit représentée équitablement dans le conseil d'administration de la chaîne de télévision publique, et créer la télévision sur base de la 2ème chaîne de télévision publique, ce qui donnera une tribune pour les différents groupes politiques. Mais personne ne devrait avoir l'illusion que nous pourrons toujours permettre à quelqu'un de persécuter des journalistes avec des bâtons ou des matraques, de battre et d'insulter ces jeunes filles et jeunes garçons, de les laisser passer à travers des "couloirs de la honte», et cracher à leur visage. Nous ne laisserons pas cela se produire en Géorgie, et je suis désolé de ce que nous avons déjà permis de se produire au cours de ces derniers jours.

Nous, en tant que l'État, défendrons les droits à la liberté d'expression des journalistes, la libre pensée. Jamais le gouvernement n'a terrorisé de journalistes, et personne ne devrait avoir l'illusion que nous allons les laisser terroriser les journalistes. Par ailleurs, certains représentants de l'opposition radicale ont accepté ce principe au cours d'une conversation avec moi, et je m'en réjouis.

Vous savez que nous avons, avec le Patriarcat de Géorgie, conjointement décidé une mesure de libération sous caution de ces assaillants. Ce n'était pas un acte habituel. C'était une étape politiquement risquée, mais nous étions prêts à prendre une telle mesure afin de donner une chance à l'opposition radicale et de désamorcer la situation dans le centre de Tbilissi.

(...)

En même temps, tout le monde devrait comprendre que la Géorgie a beaucoup de défis économiques. Nous avons besoin d'attirer les investissements dans le pays, et l'attraction d'investissements demande de la stabilité.

L'ordre règne dans la majorité du territoire géorgien, et bien sûr, sauf pour les territoires occupés, les impôts sont collectés, l'état fonctionne, la police fonctionne. Mais, bien sûr, à la suite de ces rassemblements, certains ne parviennent pas à mener leurs enfants à l'école, certains passent deux fois plus de temps dans le trafic. Je pense que nous devrions tous respecter - indépendamment de ce que nous voulons politiquement et tout d'abord cela concerne les dirigeants des groupes radicaux - la dignité de notre société et les droits de notre société.

Personne n'a le droit d'opprimer le reste de la société par leurs opinions personnelles, de bloquer les rues, d'entraver la circulation d'une ambulance, ou de vérifier les documents de journalistes et de passants, sans en avoir aucun droit.

Nous ne permettrons pas que de nouvelles Mkhedrioni [un groupe paramilitaire de début et au milieu des années 90], ou autres formations de ce genre. Ce temps est révolu.

Mais malgré tout, j'ai de nouveau espoir après la séance d'aujourd'hui. Je suis sûr que le cours de la démocratisation du pays passe par des décisions institutionnelles, de véritables réformes et notre accord devrait être fondé sur le fait qu'il devrait y avoir consensus dans le pays sur toutes les grandes questions, toutes les rues et tous les coins du pays devrait revenir à la stabilité et au calme.

Malgré des positions différentes, nous sommes tous d'accord sur la nécessité d'un dialogue. Bien sûr, je n'ai pas l'illusion que nous tomberons d'accord sur toutes les questions.

Combien de fois au cours des dernières semaines avez-vous insulté des représentants de la société, y compris nos supporters, nos partisans et moi, personnellement? - bien que personnellement je ne prends pas beaucoup d'attention à cela. D'autre part, il existe de nombreuses personnes qui le font très souvent, parce qu'ils n'ont pas d'autre solution. Nous devrions être au-dessus de cela. Nous devons aider les gens à surmonter cette crise économique mondiale et à surmonter les résultats de l'occupation russe.

La Géorgie n'a pas besoin de sang aujourd'hui. Nous ne retournerons jamais à la violence et les effusions de sang des années nonantes. La Géorgie a besoin du dialogue, la Géorgie a besoin d'unité quand c'est possible, la Géorgie a besoin d'une discussion civilisée, et si nous ne parvenons pas à un accord, nous devons régler nos différends par le biais d'une discussion civilisée.

Je suis sûr que notre dialogue sera suivi d'un résultat positif pour notre objectif majeur, pour lequel je m'engage personnellement comme tous les responsables et les personnes travaillant dans notre pays - pour le peuple géorgien et de la société géorgienne.

Nous allons certainement réussi à résoudre nos problèmes, nos problèmes de manière civilisée pour le bien-être de notre peuple, pour notre avenir.

 

08/05/2009

Tbilissi, une journée comme une autre.

 

Tbilissi, une journée comme une autre.

jeudi 7 mai 2009.


porte 04Ce mercredi en fin de journée, des militants de l'opposition on tenté de pénétrer dans les bâtiments de la police de Tbilissi dans l'intention de faire libérer trois autres militants qui, la veille, s'en étaient violemment pris à un journaliste de la télévision publique. Cette action visait plus certainement à provoquer les autorités plutôt qu'à libérer leurs amis. En effet, depuis près d'un mois d'actions et de provocations, les forces de l'ordre ne sont jamais intervenues contre les manifestants ou des militants, malgré le durcissement des provocations, et les opposants radicaux repoussent systématiquement leurs limites, s'ils en ont encore...

Il s'en est fallu de peu que leur projet aboutisse.

Giorgi Gachechiladze, le chanteur qui s'était enfermé dans une fausse cellule dans les studios de la télévision de l'opposition, est apparu devant les quelques centaines de manifestants rassemblés face au Parlement, pour demander à tous de se rendre vers la police demander la libérations des trois camarades emprisonnés (et "battus par la police" - sic!). Arrivés devant le bâtiment, les manifestants ont secoué les grilles, puis ont insulté les policiers qui étaient à l'extérieur, entre la grille et l'entrée du commissariat, lorsqu'un des leader est passé par-dessus puis a couru vers la porte du commissariat, mais a été aisément bloqué par une dizaine d'hommes. Ce qui suivit était assez invraisemblable: les manifestants, en réaction, ont projeté bâtons et pierres vers les agents, qui ont renvoyé les projectiles vers les manifestants. Six blessés de chaque côté puis quelques autres par la suite, aucun grièvement.

Le pire a sans doute été évité, car si les manifestants étaient parvenus à pénétrer dans les locaux de la police, où des armes sont entreposées, personne ne sait comment la soirée aurait pu se terminer.

La totalité de la scène a été filmée par les télévisions présentes, et parmi la petite foule de manifestants, on a pu voir trois ou quatre leaders radicaux, dont Nino Burdjanadzé, considérée comme la "tête" des radicaux. C'est elle qui donna l'ordre de retourner vers les grilles du commissariat, poussant plus loin les provocations alors que les manifestants s'éloignaient.

Ce matin, les trois hommes ont été relâchés. Interviewés par les médias, ils étaient en parfaite santé, contrairement au journaliste qu'ils ont tabassés il y a deux jours, et contrairement aux dires des leaders radicaux, toujours en recherche de provocations.

C'est sous l'avis du Catholicos, le chef de l"Eglise orthodoxe de Géorgie, Ilia II, que les autorités ont libéré les détenus ce jeudi matin malgré les accusations qui pèsent sur les trois jeunes gens. A présent que les leaders de l'opposition imaginent pouvoir agir sans crainte d'être inquiétés, qui peut savoir jusqu'où ils iront, et combien de journalistes, entre autre, se feront tabasser?

Hier soir, en suivant les événements à la télévision "Maestro" appartenant à l'opposition, je n'ai plus douté des graves dangers qui pèseraient sur le pays si le moindre de ses leaders devait prendre le pouvoir. Alors qu'ils réclament le départ du président actuel parce qu'entre autre "la presse est sous contrôle du pouvoir et n'a aucune objectivité", j'ai assisté à un véritable exemple de partialité. Durant trois heures, on a entendu les témoignages des seuls opposants et manifestants (très grossier et insultants vis-à-vis de ceux qui ne veulent pas les rejoindre - 99% de la population - mais aucune personne neutre, aucune personnalité, et bien entendu, aucun représentant du pouvoir. Et ce n'est qu'un exemple.

Actuellement, seul Alasania, le chef de l'Alliance pour la Géorgie, un des partis de l'opposition radicale, a accepté la proposition de dialogue de Saakashvili. Et même s'il y a mis des conditions, c'est un progrès, mais loin d'être suffisant : les autres leaders, tels Salomé Zourabishvili qui a dit aujourd'hui "Il est grand temps pour Saakashvili de se réveiller, de réaliser ce qui se passe et de nous rencontrer - comme nous le demandons depuis longtemps déjà ( !!! ) - de nous dire comment il voit une issue à cette crise". Ce que la population, celle qui n'est pas dans la rue, celle qui se fait insulter chaque jour par ceux qui y sont depuis presque un mois répondrait : que tout le monde rentre chez soi ou retourne à son travail, ce serait plus intelligent et plus constructif! Mais pour l'opposition, accepter le dialogue dans d'autres termes que ceux qu'ils exigent, serait s'avouer vaincus. Et accepter, le lendemain des heurts contre les policiers, serait s'avouer en tort. Et puis, que feraient les Russes sans leurs exécutants en Géorgie? On n'ose y penser.

Hier, des diplomates européens ont exposé leurs positions communes concernant les manifestations en cours. Quelques morceaux choisis :

" Nous condamnons fermement tous les actes d'humiliation, d'intimidation et de violence. Par exemple, des scènes à l'extérieur de la télévision publique, où les journalistes ont été physiquement et verbalement agressés, ont incité notre préoccupation car elles sont tout simplement inacceptables". Ou : " Nous encourageons les autorités, en toute transparence, à continuer les enquêtes sur toutes les allégations de violences et d'agressions, et si elles conduisent à des conclusions, les personnes devront être jugées devant les tribunaux. Nous exhortons également toutes les parties à faire preuve de retenue et de s'abstenir de violence et de propos incendiaires." Ce qui signifie primo, que les radicaux sont trop violents et secundo, que les autorités sont trop passives. C'est exact, mais face à cette violence, le gouvernement n'a pas d'autre choix que de rester distante pour ne pas additionner la violence à la violence, car il sait que l'opposition utiliserait immédiatement l'incident contre lui, comme fin 2007 dans des conditions similaires, où même les européens ont cru que la réaction d'alors contre les violences des manifestants ont été trop dures. (Fallait voir Londres ou Strasbourg....)

Bref, la Délégation de la Commission européenne et du représentant spécial de l'UE pour le Caucase du Sud, Peter Semneby, a appelé les autorités et l'opposition à s'engager "en discussions sérieuses et constructives en vue de surmonter l'impasse actuelle et d'entreprendre les réformes politiques nécessaires pour consolider la démocratie géorgienne". Ce que dit aussi l'ONU.

Pendant ce temps, un diplomate géorgien, Vakhtang Maisaia, a été arrêté pour espionnage. Comme quoi il n'y a pas que des Russes, allez-vous penser. Vous n'auriez qu'en partie raison: ce diplomate, durant la guerre d'août, a transmis les positions des soldats géorgiens aux Russes, entre autres choses. Voici ce que dit le ministère de l'intérieur:

"Au cours de la guerre Russie-Géorgie, il a transmis des informations à propos de la Géorgie et des unités militaires, du matériel militaire et de leur quantité, et aussi sur leur emplacement, en faveur de la Russie. En échange de ces informations, de l'argent a été transféré sur son compte en banque [à Bruxelles - ndlr]", a déclaré le ministère de l'Intérieur.

Maisaia, qui est titulaire d'un doctorat en sciences politiques, a servi de conseiller à la mission géorgienne au sein de l' OTAN entre 2004 et 2008 . A Bruxelles donc.

A suivre...

D.P.

 

 

06/05/2009

Discours du président Saakashvili suite à l'échec d'une rébelion d'une caserne militaire en Kakhétie.

A la veille des entraînements de l'Otan près de la capitale Tbilissi, les provocations de la Russie envers la Géorgie montent encore d'un cran:

Discours du président Saakashvili suite à l'échec d'une rébellion d'une caserne militaire en Kakhétie.

"Je tiens à m'adresser à vous dans le cadre de la tentative d'organisation de troubles dans l'unité [militaire de] Mukhrovani."

"Comme vous le savez, des exercices de l'OTAN sont prévus en Géorgie. Un sommet de l'U.E. est prévu à Prague, les 7 et 8 mai, pendant lequel la Géorgie signe un accord de partenariat oriental."

"Le premier événement est un élément important, un événement symbolique, car c'est la première fois après l'agression de la Russie que l'OTAN prend cette mesure sur le territoire de la Géorgie. Le deuxième événement est très important politiquement, et je dirais même une importance historique, car pour la première fois, la Géorgie est en train de créer une relation institutionnelle avec l'Union européenne, notre partenaire naturel, avec le domaine de notre politique sociale et économique futures."

"Dans cette situation, comme vous l'avez probablement appris en regardant les médias, de nombreux discours, menaces et provocations concrètes ont été menées contre notre pays. Vous savez que, ces dernières semaines, la Russie a renforcé sa présence sur les territoires occupés de la Géorgie. Ils ont stationnés la quasi-totalité de la flotte en mer Noire dans les eaux territoriales de la Géorgie. (...) Ils comptent sur une possibilité de troubles de masse dans le centre de la capitale géorgienne, ou un certain type de violence et d'actions possibles pouvant être menée contre la souveraineté de la Géorgie, notre liberté et notre indépendance et, naturellement, contre la Géorgie euro-atlantique et contre l'intégration européenne."

"Vous avez vu, mes chers compatriotes, le gouvernement géorgien a démontré un maximum de retenue au cours des rassemblements de protestation afin de ne pas donner de prétexte à l'ennemi de la Géorgie. Nous avons agi ainsi, alors que la plupart des pays n'aurait pas toléré [de laisser faire]. . Nous pensons que le dialogue est le moyen de sortir de toute situation et nous ne permettrons pas les provocations de Tbilissi en d'autres endroits de la Géorgie. (...)"

"D'autre part, vous avez déjà vu ces menaces hystérique, qui ont été entendues dans la politique de la Russie, l'occupant de notre territoire, ainsi que de leurs forces armées et du leadership. Ils ont dit qu'ils ne permettraient pas des exercices de l'OTAN en Géorgie, qu'ils avaient suffisamment de leviers pour cela, et ils ont augmenté leur présence militaire dans les derniers jours. Ils ont déployé ce que l'on appelle les gardes-frontières sur le territoire géorgien par le biais de violation grossière de toutes les normes internationales. Ils ont fait de leur mieux pour alimenter les tensions."

"Dans ces conditions, un groupe d'anciens responsables militaires, dont les liens avec les agents d'un pays en particulier, est bien connu de nos services, a tenté d'organiser des troubles dans l'unité militaire de Mukhrovani. Des troubles dans une unité militaire n'est pas une chose ordinaire. Il faut comprendre que des troubles dans des lieux où il ya des hommes armés, est comme une claque contre le système démocratique de la Géorgie, contre la sécurité de chacun de nos citoyens, contre la Constitution de la Géorgie, car conformément à la Constitution géorgienne, toutes les unités militaires sont subordonnés aux autorités légalement élues.Des organisations même des plus petits troubles et des plus petits incidents sont une très forte contestation de l'ordre constitutionnel de la Géorgie et une menace pour la stabilité et l'avenir de nos citoyens."

"Par conséquent, nous considérons cet acte comme grave, et nous le considérons comme une menace sérieuse, nous le considérons comme un défi sérieux. En même temps, je tiens à vous dire que c'est un incident isolé et aucune autre unité militaire n'est impliquée. Actuellement, d'autres unités militaires sont en alerte et la situation est sous contrôle. Généralement, l'ordre et le calme règnent dans le pays et rien ne le menace."

"Mais nous devons comprendre une chose - l'inspiration de troubles n'est en aucune façon relié aux conditions sociales des soldats. Vous savez très bien que notre armée a le plus élevé des salaires dans notre pays. Vous savez très bien que nos agents sont spécialement honorés dans la société géorgienne. Il n'est plus le temps de Chevardnadze avec une armée affamée, nu-pieds, indisciplinée. L'armée n'est plus la même, et personne ne parviendra à revenir au temps de troubles et de chaos des années nonante. Nous avons déjà vu ce que les groupes paramilitaires et les bandits, qui se déplacent à Tbilissi et dans d'autres villes, en violation des droits des citoyens, volant et détruisant les biens de notre pays. Il a fallu de nombreuses années et la révolution de la rose pour mettre fin à leurs raids."

"Ces personnes, qui tentent maintenant d'organiser des troubles, sont ceux qui ont été licenciés de l'armée après la Révolution des Roses, et veulent retourner dans le passé. Ils veulent revenir aux années nonantes et agissent en coordination avec une force étrangère."

"Je veux aussi m'adresser catégoriquement à la Fédération de Russie et l'avertir que toute tentative d'escalade de la situation à l'intérieur de la Géorgie, en provoquant des tensions dans les territoires occupés - et nous avons les informations que [la Russie] il y a plus d'unités militaires, nous avons les informations qu'ils ont lancé de nouveaux mouvements avec la Flotte de la Mer Noire - toutes ces [mesures] sont très provocatrices -, je demande avec insistance à notre voisin du Nord de s'abstenir de ces types de provocations, de s'abstenir de tout type de provocations, parce que ces provocations ne fonctionneront pas en Géorgie. Le peuple géorgien ne cédera pas à de telles provocations. Il devrait être très simple pour eux de comprendre."

"J'ai donné des instructions à la police et aux forces armées d'agir de façon appropriée. Les unités de la police sont pleinement mobilisées. Les organisateurs de la mutinerie et des troubles ont été isolés. Dès ce matin nous avons été en négociation avec eux - le commandant des forces terrestres Shmagi Telia, l'ex-vice-ministre de la défense Akhalaia; et l'actuel ministre de l'Intérieur Merabishvili étaient présents."

"J'ai personnellement parlé avec un des organisateurs de ces agitations et je lui ai dit que nous leur donnions une occasion de se rendre aux agences d'application de la loi et de rendre les armes, ce qui sera pris en considération comme circonstance atténuante. Mais personne ne devrait avoir aucune illusion. Lorsque l'ennemi se trouve en Géorgie, à 40 kilomètres de la capitale géorgienne, où une énorme quantité d'armes d'artillerie sont destinées à nous, lorsque la flotte de la mer Noire se trouve à proximité de nos côtes, et lorsque nous entendons des menaces et des provocations quotidiennes, nous ne pouvons pas nous permettre de troubles en Géorgie, car ce serait une lame d'épée dans le cœur de la démocratie, et un acte dirigé contre l'État géorgien serait extrêmement dangereux."

"Afin de protéger la démocratie géorgienne, la liberté et l'unité de l'Etat géorgien, tous les organes respectifs sont prêts à prendre des mesures décisives pour empêcher toute petite ou grande tentative de miner notre ordre constitutionnel, notre démocratie, notre liberté."

"La Géorgie n'est plus dans la situation d'il y a cinq ans. Nous sommes l'État, nous envisageons de jouer le rôle de l'Etat, et je demande à nos citoyens d'être calmes, je leur demander d'accepter de comprendre toutes ces actions qui ont été menées par l'État géorgien dans cette situation et qui ont été menées par tous les dirigeants responsables géorgiens dans notre histoire."

"Notre histoire est pleine d'exemples de trahison, de troubles, les rébellions, de tentatives de collaboration avec des forces extérieures et les divisions à l'intérieur de notre forteresse. Cette fois, personne n'est parvenu à échapper à notre forteresse. Nous, et moi personnellement en tant que Président et commandant en chef, allons agir en toute responsabilité devant l'histoire du pays, pour la sécurité de chacun de nos citoyens, pour la liberté et [la défense] de notre système démocratique."

Traduction D.P., d'après Civil.ge


05/05/2009

Sous fond de graves provocations russes, Tbilissi se défend comme elle le peut.

 

Medvedev a qualifié jeudi de "provocation grossière" l'organisation d'exercices de l'Otan en Géorgie, et Mr Appathurai, le porte-parole de l'Otan, a jugé qu'il devenait "de plus en plus difficile de faire coller la rhétorique russe avec la réalité sur le terrain". C'est dans ce contexte de tensions vives entre l'Otan et la Russie que débuteront demain les exercices de défense militaire organisés près de Tbilissi par l'Otan.

La Russie, après avoir expédié des centaines de blindés et plus de 20.000 hommes dans les territoires séparatistes de Géorgie, auxquels s'ajoutent à présent plusieurs dizaines de "gardes frontières", persiste dans sa logique d'annexion des territoires occupés en violation des traités de cessez-le-feu signés après sa tentative, en août, d'envahir et d'annexer l'ensemble de la Géorgie.

C'est aussi dans ce contexte que l'opposition radicale, toujours en mouvement à Tbilissi après bientôt 4 semaines, durcit ses actions, maintenant leur demande de démission du président Saakashvili.

Les leaders radicaux, fortement soupçonnés de jouer le jeu de la Russie, refusent toujours tout dialogue avec l'opposition parlementaire et le pouvoir. La Communauté Européenne, présente sur place depuis plusieurs semaine en la personne du représentant spécial pour le Caucase du Sud Peter Semneby, recommande vivement à l'opposition d'accepter le dialogue. Mais les radicaux se radicalisent encore d'avantage. Après avoir placé un "mur de la honte" à l'entrée de la télévision publique, où il s'agit d'insulter toute personne devant se rendre dans les locaux de la chaîne après un contrôle des pièces d'identité, menacent à présent de bloquer les voies d'accès principales de Tbilissi ce qui serait fortement préjudiciable à la vie économique de la capitale géorgienne.

Mais ce n'est pas le pire. A Mukhrovani (province de Kakhétie), une garnison militaire géorgienne a tenté un soulèvement qui, heureusement, a rapidement été contré grâce à l'arrestation cette nuit des responsables. Parmi les personnes arrêtées, on retrouve des membres de l'opposition radicale. Celle-ci avait annoncé, avant hier, qu'il y aurait des manifestations dans la province de Kakhétie aujourd'hui... Ces derniers avaient de même annoncé la fin du "reigne de Saakashvili" pour le 6 mai, date du début des exercices de l'Otan. Le ministre de l'intérieur Shota Utiashvil affirme que ce soulèvement a été organisé avec l'aide du FSB russe, au minimum en réaction aux exercices de l'Otan, lesquels auraient été gravement pertubés en cas de réussite. Selon lui, les généraux avaient aussi comme intention, avec l'aide de responsables d'autres garnisons en Géorgie, de renverser le gouvernement géorgien.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'à Tbilissi, la vie n'est pas facile! Pour les habitants qui ne souhaitent qu'une seule chose, à savoir: vivre en paix, chaque jour est une menace pour la vie, tout simplement. Les troupes russes à moins de 40 km de Tbilissi, prêtes à sauter sur le moindre prétexte pour intervenir dans d'autres provinces que celles qu'ils contrôlent déjà, et l'opposition, animal agonisant, prêt à tout pour donner aux russes un prétexte pour intervenir et renverser le régime démocratique du président Saakashvili, rien de tout cela, bien entendu, n'est souhaité par la toute grande majorité des géorgiens.

Les géorgiens en ont marre! Alors qu'après deux cents ans de domination russe ils parviennent à se défaire de leur voisin trop gourmand et accèdent enfin à leur indépendance, ils vivent d'abord 20 ans sous le régime ultra-corrompu de Shevarnadze, puis accèdent aux premiers pas d'une démocratie pro-européenne sous Saakashvili. Mais la Russie ne les lâche pas, et à part le départ de Poutine et avec lui de 99,9% de la Douma, rien n'y fera, semble-t-il, pour les arrêter dans leurs projets démoniaques.

D.P.