15/04/2009

Guerre d'août : Human Rights Watch publie un rapport sur l'utilisation de bombes à sous-munitions par la Russie et la Géorgie.

Human Rights Watch a publié un rapport sur l'utilisation de bombes à sous-munitions en Géorgie.

HRW

Texte complet sur le site de HRW i c i

Le rapport complet (en anglais) i c i

Pour ceux que 80 pages de rapport rebuteraient, en voici un résumé commenté:

1. GEORGIE (extrait)

Lors d'une réunion avec Human Rights Watch le 21 Octobre 2008, le Premier Vice-Ministre de la Défense Batu Kutelia a présenté une position plus nuancée sur la Géorgie quant à l'utilisation de bombes à sous-munitions. Il a dit que la Géorgie a un stock limité de M85 et ne les a utilisé que contre les troupes russes et seulement dans la zone située au nord de Tskhinvali. Il ne nie pas, cependant, que les M85s répertoriés par Human Rights Watch en Géorgie pourraient être géorgiens.

Mr Kutelia a dit qu'il ne pouvait pas expliquer la présence de sous-munitions M85 dans les zones sud de l'Ossétie du Sud, la frontière administrative. Il a dit:

" Nous avons reçu des rapports concernant des M85 dans un certain nombre de villages géorgiens. Comment ils se sont retrouvés là, ce n'est pas clair. Nous ne pouvions pas tirer sur nous-même! Peut-être un accident. C'est peut-être l'explication .... C'est un vrai mystère comment ils se sont retrouvés là. Il est physiquement impossible que quelqu'un les a tirés.

Il a dit que la Géorgie a ouvert une enquête sur la situation et a demandé l'assistance de la société à laquelle ils ont acheté les armes. Il n'a pas divulgué le nom de la société, mais il est probable qu'il s'agit d' Israël Military Industries.

Un immense échec est une explication possible pour les nombreux ratés M85 que Human Rights Watch a documenté au sud de la frontière d'Ossétie du Sud. Dans les villes autres que Tirdznisi et Shindisi, Human Rights Watch n'a trouvé aucune preuve de sous-munitions M85 qui a explosé à l'impact et beaucoup de preuves de M85s qui n'ont pas pu fonctionner. Selon des témoins, il n'y avait pas non plus les troupes russes dans les zones touchées à l'époque des tirs.

2. RUSSIE (extrait)

Pendant des missions multiples à Gori et des zones Kareli juste au sud de la frontière administrative d'ossétie du sud, les chercheurs de l'Observatoire des droits de l'homme ont trouvé des sous-munitions inexplosées, des pièces de sous-munitions et des roquettes. Ils ont aussi conduit des entretiens avec des victimes et des témoins des explosions de sous-munitions dans le secteur.

Par ces sources, les chercheurs ont rassemblé la preuve de sous-munitions russes dans ou près des villages, des villes surtout dans une bande au sud du secteur examiné : Akhaldaba, Dzlevijvari, Gori, Pkhvenisi, Ruisi, Variani et Varianis Meurneoba. Au début de 2009 ils ont trouvé la preuve de sous-munitions 9N210 russes d'Août 2008 dans deux villages supplémentaires : Kvemo Khviti et Zemo Nikozi.

Dans des déclarations officielles, la Russie niait à plusieurs reprises utiliser des B.S.M. Néanmoins, l'Observatoire des droits de l'homme a conclu que ces incidents sont attribuables aux actions russes. Selon des témoins, les cibles étaient des troupes géorgiennes, pas russes. Bien que des troupes géorgiennes ne soient pas d'habitude dans le voisinage immédiat d'un bombardement, ils étaient dans le secteur et les troupes russes ne l'étaient pas.

etc...

site HRW

3. CONCLUSIONS :

Au-delà du fait que personne et en aucune circonstance ne devrait utiliser de bombes à sous-munitions (B.S.M.), dans aucun conflit quel qu'il soit, la Russie autant que la Géorgie sont responsables, dans le conflit qui nous intéresse, d'en avoir utilisé. Mais ici, nous devons malgré tout distinguer l'utilisation faite par la Russie et celle par la Géorgie.

L'armée géorgienne a utilisé ses armes à sous-munitions entre Tskhinvali et le tunnel de Roki d'où arrivaient les blindés russes. Des objectifs militaires. D'autre part, des sous-munitions non-explosées ont été trouvées en grande quantité au sud de l'ossétie du sud, dans des zones où les géorgiens n'avaient aucune raison de tirer. Par contre l'armée russe et/ou les milices ossètes, ayant repris depuis 2 jours le contrôle de l'ossétie du sud, ont aisément pu récupérer le matériel abandonné par l'armée géorgienne en fuite, et tenter de lancer ces M85 sur des positions géorgiennes, sans réussir à les armer correctement. Rien d'exceptionnel dans cette manière de faire, les M85 se lançant à partir du sol.

Quoi qu'il en soit, il y eut quand même 4 civils tués par des B.S.M. géorgiens. Comparés aux 2000 morts annoncés par les russes et Dubié, on est loin du compte. Si l'armée géorgienne avait planifié un génocide en ossétie, ils auraient utilisé bien plus de B.S.M., me semble-t-il.

Les Russes, quant à eux, ont utilisé des bombes à fragmentation et des B.S.M. dans nombre de villages et villes en Géorgie, et uniquement sur des civils, notamment à Gori, la ville martyre de cette guerre. HRW à pu prouver que ces bombardements ont tué et grievement blessé 60 civils en Géorgie. Il est encore trop tôt pour savoir si ces munitions ont été utilisées ou non par les forces russes dans la région séparatiste contre d'autres villages géorgiens.

D.P.


14/04/2009

Dans quelle langue faut-il vous le dire?

 

Dans quelle langue faut-il vous le dire?

Le Haut Commissaire de l'OSCE pour les minorités nationales, Knut Vollebaek, appelle à mettre fin à la pression exercée sur la population géorgienne en Abkhazie, dans une déclaration publiée aujourd'hui. En voici un résumé :

«Je suis profondément préoccupé par les récents développements dans le district de Gali, en Abkhazie, qui ont conduit à une détérioration de la situation sécuritaire dans la région. En accord avec mon mandat de prévention des conflits, je prie instamment les autorités de facto de mettre fin à la pression exercée sur la population géorgienne dans le district de Gali, à travers la limitation de leurs droits à l'enseignement obligatoire, à la "passportisation", aux l'enrôlements forcés dans les forces armées abkhazes, ainsi qu'aux restrictions à leur liberté de mouvement ».

«Je regrette également la décision des dirigeants de facto de fermer la frontière administrative de l'Abkhazie, ce qui rend de plus en plus difficile pour la population de maintenir les contacts familiaux, l'accès nécessaire aux soins de santé ou de vendre leurs produits sur l'autre côté de la frontière de facto. Je suis également préoccupé par le fait que ces pratiques coercitives, qui violent le droit international, peuvent déstabiliser encore plus la déjà fragile situation inter-ethnique dans la région que de nombreux Géorgiens quittent par la force».

«Je répète que les normes internationales exigent que toute autorité exerçant sa compétence sur la population même si elle n'est pas reconnue par la communauté internationale, doit respecter les droits de tous les hommes, y compris ceux des personnes appartenant à des communautés ethniques différentes. Je prie instamment les autorités de facto à s'abstenir de toute intimidation et d'imposition de l'Abkhazie sur la citoyenneté et la conscription forcée des Géorgiens vivant dans le district de Gali. J'invite également les autorités de facto de respecter les droits à l'éducation des Géorgiens qui y résident et de permettre aux élèves géorgiens dans la région d'étudier dans la langue géorgienne ».

«Bien que je comprenne et félicite la volonté des autorités abkhazes de facto à renforcer l'identité et la langue abkhaze, je tiens à souligner que cela devrait être fait d'une manière qui n'affecte pas les droits des personnes appartenant à d'autres communautés ethniques en la région à maintenir et à développer leur langue et leur culture ».

D'après Rustavi2

D.P.

Les observateurs européens empêtrés en Géorgie


Les observateurs européens empêtrés en Géorgie

LE MONDE - Article de Natalie Nougayrède. A lire avec empressement !

Extrait :

"Avec les Ossètes, ça ne cesse de se dégrader", confie un des 36 gendarmes français de la mission, qui rassemble en tout 26 nationalités européennes. "Les Ossètes refusent même de communiquer avec nous. Ils disent : “Si vous voulez pénétrer sur notre territoire, vous devez reconnaître notre indépendance”, ce que l'Europe ne peut pas faire, évidemment!" Les observateurs circulent en véhicules blindés, mais ne sont pas armés. Ils évitent de s'aventurer jusqu'aux points de contrôle ossètes, d'où, l'alcool et les esprits échauffés aidant, vont parfois fuser des menaces de tir. Le travail des Européens consiste pour l'essentiel à s'assurer que les équipements militaires géorgiens restent "défensifs", sans artillerie, mortiers ni tanks. Pendant ce temps, l'armée russe consolide ses campements en Ossétie du Sud et en Abkhazie, où quelque 10000 soldats sont désormais installés, à l'abri de toute inspection internationale.

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Obama partenaire

John TEFT, l'ambassadeur des États-Unis en poste à Tbilissi, réaffirme que les États-Unis demeurent le principal partenaire pour la Géorgie. "Les parties continuent de travailler sur les questions qui concernent les applications de la charte de partenariat (ndlr signée en janvier). (...) La nouvelle administration des États-Unis va aider la Géorgie."

L'administration Obama a alloué 242 millions de dollars à la Géorgie. Le congrès devrait confirmer cette aide assez rapidement.
L'ambassadeur des États-Unis a aussi parlé de la prochaine réunion du ministre des Affaires étrangères géorgien avec le secrétaire d'Etat américain à Washington. Le ministre Grigol Vashadze rencontre la Secrétaire Clinton aujourd'hui.

"La rencontre entre Mr Vashadze et Mrs Clinton sera l'occasion pour eux de s'asseoir et de parler de leurs intérêts mutuels. Comme vous le savez, ils se sont réunis pour une brève réunion à Bruxelles lors de la commission OTAN-Géorgie, mais ce sera une chance pour une plus longue discussion aujourd'hui de parler non seulement des relations bilatérales mais aussi la situation dans les zones de conflit, sur les négociations de Genève , sur le renouvellement de la MONUG. J'attends avec impatience les résultats de l'audience" a dit l'ambassadeur.

D'après Rustavi2

D.P.

La guerre des médias n'a pas eu lieu.

 

Aujourd'hui, à Tbilissi, s'est tenu une réunion au ministère de la défense. L'administration géorgienne à invité les attachés militaires des délégations étrangères présentes dans la capitale à prendre connaissance du rapport géorgien sur les mouvements de troupes russes dans les territoires occupés.

L'attaché militaire Christian Fankode a déclaré après la réunion qu'ils étaient "préoccupés par les forces armées russes, ainsi que par la violation des eaux territoriales et de l'espace aérien géorgiens. Les informations que nous avons reçue de la partie géorgienne, coïncident avec les rapports de l'OSCE, l'ONU et l'UE" précise l'attaché militaire allemand.

Neuf mois après la fin de la guerre, on vous démontre que l'administration géorgienne n'exagère en rien la gravité des violations russes, et, ainsi nous démontre une nouvelle fois qu'elle ne nous ment pas. Chaque journée passée à écouter les déclarations du gouvernement ou d'un ministère géorgien avant, pendant et après la guerre (j'étais sur place du 21 juillet au 13 août) ont montré combien les autorités ont été honnêtes, jour après jour, envers leurs citoyens.

Les descriptions des événements relatés heure après heure depuis le 1er août, date du début des provocations des milices ossètes sous les ordres des russes, étaient aussi exactes que possible, peut-on prouver de plus en plus avec le temps. Des informations en constantes contradictions avec ce qui nous arrivait de Moscou, bien entendu. Et comme leurs diverses accusations (débiles pour ceux et celles qui connaissent la mentalité géorgienne) ne sont vérifiables qu'en enquêtant sérieusement dans les territoires séparatistes, les occupants russes empêchent les enquêteurs européens d'y accéder. L'UE laisse faire, trop heureuse de reprendre son business avec la Russie. (Détail : si abandon du projet Nabucco pour cause d'instabilité dans le Caucase, Schreuder et Berlusconi vont s'en mettre plein les poches, ayant de gros intérêts financiers privés dans Gazprom...)

Quand je pense à ce Dubié, sénateur belge, démocrate, etc... qui ose faire la leçon à Saakashvili parce qu'il est sois-disant tombé dans la provocation des russes, alors qu'il y est tombé lui-même les yeux grands ouverts et a osé ensuite répendre leurs inepties made in ussr, mensonges et manipulations russes sortant de sa bouche (sans s'en rendre compte ?!? A mon avis, il savait très bien ce qu'il faisait) et alimentant - grosse pub écolo - les médias anti-Bush/Cheney, et tout content d'ajouter son grain de sable dans les rouages de l'administration américaine et, surtout, de l'Otan... Pitoyable ! Mais tellement plus confortable que d'être journaliste anti-Poutine/Medvedev en Russie... (cfr Anna Politkovskaia, Dieu ait son âme)

Non, la guerre des médias n'a pas eu lieu. Il n'y eu que totale désinformation de la part des Russes, chaque info de leur part ayant été entièrement construite selon ce qu'ils voulaient qu'on croit, nous, occidentaux naïfs vis-à-vis du régime de Poutine. Il y a de (très très très) nombreux exemples, dont quelques-uns postés sur TbiliSite depuis presque 4 mois.

D.P.

13/04/2009

Entre Russie et Géorgie, l'Abkhazie.

Malkhaz Akishbaia, chef légitime du gouvernement de la province géorgienne d'Abkhazie, fera un exposé sur la situation dans cette province annexée illégalement à la Russie. Mr Akishbaia a dit que la situation est très grave dans la région sécessionniste, et exhorte la communauté internationale à soutenir le déploiement d'observateurs européens dans la zone de conflit.
Les autorités du gouvernement légitime d'Abkhazie font savoir que les séparatistes et les occupants russes continueront leurs provocations dans la région occupée et l'une de ces provocations à encore eu lieu ce dimanche. Des criminels ont agressé une famille  dans le village de Liah, dans le district de Tsalenjikha. Les témoins disent que les assaillants étaient à la fois des hommes armés abkhazes et des militaires russes. L'incident s'est produit à 200 mètres du poste de contrôle russe.

Depuis le cessez-le-feu signé par Medvedev, Sarkozy et Saakashvili, la Géorgie n'a de cesse de demander que ces accords soient respectés, mais la Russie, de fait, n'en tient absolument pas compte, et au contraire multiplie et intensifie les provocations.

L'une de ces obligations était de revenir aux positions d'avant le 7 août. Mais les russes occupent des territoires qu'ils n'occupaient pas avant la guerre, envoient des troupes et des blindés supplémentaires dans les deux régions séparatistes, organisent des raids en Géorgie pour tenter de prendre quelques autres villages frontaliers, construisent des bases militaires en Géorgie, à savoir une base navale en Abkhazie, une base aérienne en "Ossétie du Sud", et quelques bases d'infanterie un peu partout dans les deux parties sécessionistes. La Russie n'ayant droit, toujours d'après l'accord signé, qu'a 3700 hommes maximum par province et aucune arme lourde, nous sommes loin du compte.

Beaucoup reprochent à la Géorgie de courtiser les Etats-Unis, mais n'est-ce pas à cause de l'Europe qui, depuis plus de 10 ans, joue au yoyo avec la Géorgie? Un coup je t'accepte, un coup je te jette.... Et l'Europe s'en arrange, trop occupée à courtiser la Russie et son gaz, au détriment de la Géorgie. L'Europe est cynique et lâche, l'Europe est égoïste et frileuse. L'Europe n'est pas digne de sa réputation de "gardien des valeurs démocratiques et des droits de l'homme". Parce que l'Europe a peur de la Russie, et elle a raison d'avoir peur, mais a tort de le faire savoir.

 

Interview de Saakashvili - Newsweek.

Interview de Mikheil Saakashvili par NEWSWEEK

Dans la plus grande manifestation de l'opposition en Géorgie depuis Novembre 2007, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées sur Rustaveli Avenue, jeudi dernier, pour exiger la démission de Saakachvili. Le président se retira dans sa résidence, où il a parlé avec Newsweek (Anna Nemtsova) à propos des manifestations, de ses rapports difficiles avec la Russie et de la façon dont l'Occident l'a largement abandonné au cours des derniers mois.

Extraits:

Qui veut votre démission?
La plupart des chômeurs. Nous avons environ 250.000 personnes sans travail en raison de nos réformes. Un grand pourcentage de ces personnes n'ont pas réussi à trouver eux-mêmes un travail dans la nouvelle économie. Et avec la lutte contre la corruption et la criminalité, nous avons mis des milliers de personnes en prison. Rien qu'à Tbilissi, nous avons condamné 8000 personnes, et tous les membres de leur famille sont là aujourd'hui, me demandant de démissionner.

Quel est le plus douloureux dans la critique?
Je ne suis pas blessé par les critiques en Géorgie, et je suis à l'écoute de deux chaînes de télévision d'opposition tout au long de la journée! Mais je ne m'attendais pas que l'Ouest arrêterait toutes les relations avec nous, en attente de la fin des manifestations. Une délégation officielle française a décidé de reporter sa visite. Une société turque a proposé la signature d'un contrat prévu qu'après le 9 avril, et une société arabe après le 12 avril. Quel est le problème avec ces gens?  Annulerions-nous une visite en France pour leurs manifestations à Paris ou à Strasbourg?

Qui parraine l'opposition géorgienne?
La plupart de l'argent, des millions de dollars, provient de l'oligarchie russe. Je possède les documents qui le prouvent, que je n'ai pas encore rendus publiques. La question de savoir si l'argent est envoyé de Russie sous la supervision du gouvernement russe, cela je ne le sais pas encore.

Certains experts prédisent un nouveau conflit militaire en raison de l'instabilité sociale en Géorgie. serait-il possible que la Russie et  la Géorgie  commencent une autre guerre?
Le gouvernement russe serait sans doute heureux de me voir quitter mon poste. Je pourrais supposer que certaines des autorités militaires de la Russie pensent que d'attaquer la Géorgie aujourd'hui, de dire plus tard que c'était moi qui ai envahi la Russie pour détourner l'attention de mon opposition. Il ya une semaine, des chars russes sont arrivés en Ossétie du Sud. Nous avons des informations comme quoi il ya environ 5.000 troupes russes sur le territoire de l'Ossétie du Sud, et 5000 autres  en Abkhazie.

Pensez-vous que le président Medvedev serait favorable à l'idée d'une nouvelle guerre avec la Géorgie?
Je ne pense pas qu'il apprécierait une telle idée, comme j'ai vu comment il était heureux lorsque le Président Obama lui a donné la moitié d'un sourire...  La Russie a clairement entendu Obama à propos de la guerre d'août. Il l'a appelé "l'invasion", et que par ce seul mot Obama trace une ligne rouge entre la Russie et la Géorgie que ni Poutine ni Medvedev ne sont intéressés à traverser à nouveau.

Newsweek, 11 avril.

12/04/2009

Une nouvelle vague de manifestations à partir de lundi, sur fond de provocation militaire de la Russie...

Une nouvelle vague de manifestations à partir de lundi, sur fond de provocation militaire de la Russie...

Une des leaders de l'opposition radicale, Mme Burdjanadzé, a confirmé l'intention de continuer les manifestations dès lundi, après la trève du "dimanche des ramaux".

Malgré qu'il soit évident que demander de nouvelles élections présidentielles est inutile, dans tous les sens du terme, l'opposition a décidé de continuer leur mouvement, et de l'étendre à d'autres grandes villes en Géorgie, après avoir refusé tout dialogue avec le gouvernement.

Pendant ce temps, la flotte russe est "en transit" en Mer Noire, en provenance de Sébastopol, en Ukraine. Actuellement à un jet de pierre de la côte géorgienne, une vingtaine de navires de guerre fait route vers Novorossiysk, d'après le ministre russe de la défense.

D'autres manoeuvres, terrestres cette fois, ont également lieu en Géorgie, dans les territoires séparatistes d'Abkhazie et d' "Ossétie du Sud", "pour sécuriser les frontières, les protestations de l'opposition pouvant déborder", nous disent les russes.

D'après Civil.ge

D.P.

11/04/2009

L'opposition en échec après les manifestations.

 

L'opposition en échec après les manifestations.

Après les manifestations ayant duré 3 jours, les plus radicaux des leaders de l'opposition et les quelques 50.000 personnes les ayant suivis devant le Parlement, ont vu leur demande de démission du président Saakashvili, bien entendu, refusée.

Mikheil Saakashvili, lors d'une locution télévisée, a proposé aux parlementaires membres de l'opposition, qui refusent de participer aux débats du Parlement depuis plusieurs mois en signe de protestation, à rouvrir le dialogue, mais ni en public (faisant référence à la demande de l'opposition d'organiser un "show télévisé" pour tous les partis) ni simplement autour d'une table, mais bien au sein du Parlement, endroit où doit s'exprimer la démocratie.

Les manifestations se sont déroulées dans un calme exemplaire. Il n'y a eu aucune provocation ni d'un côté ni de l'autre, et les forces de l'ordre ne sont intervenues que dans quelques cas de désordres publics sans conséquences.

Mais les provocations étaient situées ailleurs : sur la scène faisant face aux manifestants, les leaders de l'opposition se relayaient pour diffuser leurs slogans aussi variés que possible, passant du "Micha Dehors !" au "Dehors Micha !". et en cela rien à dire puisque c'est pour cela que les mécontents étaient dans la rue.

Mais, pour vous dire combien le niveau d'éducation de certains responsables de partis d'opposition est élevé, nous avons aussi pu entendre crier dans la sono, résonnant dans toute la Géorgie et au-delà, "Micha, on n... ta mère" et autre marque d'inamitié du même acabit que je ne me permettrai pas de vous retranscrire ici. Et ce sont ces gens-là qui voudraient prendre le pouvoir? A présent, on comprend qu'ils aient refusé tout dialogue avec le gouvernement : ils doivent être rapidement en manque d'arguments!

Mais pourquoi, dès lors, autant de citoyens ont répondu à leur appel à manifester? Il semble évident qu'une large part de ces citoyens se disent mécontents des politiques du gouvernement, et verraient bien un autre président que Saakashvili à la tête du pays, mais ne pourraient faire un choix valable parmi les têtes de l'opposition. Beaucoup d'entre eux, aujourd'hui, comprennent qu'il n'y a pas grand chose à attendre d'une opposition qui se refuse à faire connaître son programme politique et/ou économique avant que d'être... au pouvoir.

Non, sincèrement, comment pourrait-on imaginer que le représentant d'un pays possédant une telle histoire, une telle richesse culturelle, puisse être à ce point sans éducation?

Mikheil Saakashvili a été élu il y a un peu plus d'un an. Son mandat est de cinq ans. Les prochaines élections auront lieu en 2012 comme prévu par la constitution. Il n'y a aucune raison, ni ici ni ailleurs en démocratie, d'organiser un quelconque referendum sur ce sujet parce qu'une opposition refusant le dialogue tel que la législation le prévoit en fait la demande. Si des articles de la constitution, basée sur les textes de l'indépendance de 1921, doivent être modifiés, c'est au parlement d'en débattre.

Si l'opposition utilise au parlement les mêmes arguments avec le même vocabulaire que lors des manifestations de ces derniers jours, il y aura des jeunes sténos qui vont rougir, c'est certain!

D.P.


L'occupation militaire russe continue malgré l'accord de paix.

TIMES ONLINE 11 AVRIL

À un point de contrôle militaire qui ne devrait pas exister, un lieutenant russe a fait des excuses pour son incapacité d'offrir un bon thé. "Nous n'avons pas d'électricité pour l'instant" a-t-il dit en guidant les journalistes du Times vers un bâtiment fortifié derrière la frontière non reconnue entre la Géorgie et sa région dissidente d' "Ossétie du Sud".

Au moins trois chars russes sont enterrés autour du point de contrôle, sur une route de montagne étroite menant à la ville d'Akhalgori, leurs canon face au sud, vers Tbilissi. Huit mois après que le Président Medvedev ait signé un accord de paix pour un cessez-le-feu avec la Géorgie, en août dernier, l'occupation militaire russe continue. L'accord négocié par le Président Sarkozy exige que toutes les troupes se soient retirées aux positions antérieures au 7 août.

Bien que faisant partie d' "Ossétie du Sud", la zone d'Akhalgori était sous le contrôle de la Géorgie lorsque la guerre a commencé. La plupart des habitants de la ville et des villages environnants étaient Géorgiens. Akhalgori est maintenant sous la ferme autorité des séparatistes ossètes, soutenus par les militaires russes. Des troupes russes stationnent près du point de contrôle ou surveillent les postes d'observation protégés par des sacs de sable, et comme les hommes de la milice Ossète, ils inspectent les voitures traversant la frontière.

Le mot "Russia" a été peint sur une barrière de sécurité placée à travers la route. Installée dans une tranchée derrière le point de contrôle, l'Armée russe a placé des tentes camouflées et trois longues rangées de baraques portables qui fournissent le logement aux soldats. À l'intérieur d'une des cabines peu meublées, un jeune lieutenant a insisté pour que les civils, tant le géorgien que l'ossète, aient passé librement la frontière pour négocier des marchandises et rendre visite aux familles.

L'observatoire des droits de l'homme a constaté les choses très différemment en novembre, accusant la Russie de ne pas empêcher les milices ossètes "permettant l'attaque de Géorgiens ethniques dans Akhalgori".

Les véhicules avec des plaques d'immatriculation géorgiennes sont vraiment passé par le point de contrôle, bien que les soldats aient défendu notre journal d'entrer à Akhalgori. Les russes sont aussi interdit une équipe de la Mission de Contrôle de l'Union Européenne, une force à 200 surveillants du cessez-le-feu.

Steve Bird, le porte-parole de la mission en Géorgie, a dit que les moniteurs avaient reçu des rapports que des fermiers géorgiens étaient dans l'incapacité de passer les points de contrôle pour atteindre leur terre, qui a été prise par les milices ossètes. Les moniteurs ont intensifié les patrouilles cette semaine après l'enregistrement d'une augmentation de mouvements de troupe russes près de la frontière qui a coïncidé avec le début de protestations d'opposition dans Tbilisi.

Tandis que, reconnaissant que la Russie casse le cessez-le-feu, la communauté internationale apparaît vouloir insister sur ce point. L'OTAN a rétabli ses relations avec la Russie le mois dernier, qui avaient été suspendues pendant la guerre, et le Président Obama a fait comprendre que, tandis que lui et M. Medvedev n'étaient pasd'accord sur l'invasion de la Géorgie, sa priorité était d'améliorer les liens avec Moscou.

M. Bird a dit que la priorité était de mettre en oeuvre les mesures acceptées pendant des négociations récentes en Suisse. "Nous étions très clairs: leurs points de contrôle ne sont pas en au bon endroit!" a-t-il dit. "Nous faisons toujours pression sur eux pour qu'ils reculent mais les russes ont décidé que c'est un point stratégique, et y a mis beaucoup de troupes. Les Géorgiens y ont mis beaucoup de troupes aussi."

Le Kremlin voit des choses différemment, soutenant que M. Medvedev a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud après la guerre et que la Russie a un accord bilatéral en rapport aux troupes stationnées sur son territoire. La Russie a placé 3,800 hommes en 'Ossétie du Sud' et l'autre région dissidente de Géorgie, en Abkhazie.

A lire sur le site du Times

10/04/2009

Les journalistes belges prisonniers de Moscou?

Les journalistes belges prisonniers de Moscou?

Ce matin, dans La Libre, le quotidien bruxellois, on peut lire un article sur la manifestation des opposants radicaux qui s'est déroulée hier à Tbilissi.

La Libre, pour expliquer ces événements à ses lecteurs, n'a rien trouvé de mieux que de publier un article de leur correspondant à Moscou, un certain Boris Toumanov. C'est quand même incroyable que quand un média belge veut couvrir un événement ayant lieu en Géorgie, ils aillent le pondre à Moscou! Dubié (sénateur écolo ex-journaliste dont j'ai longuement parlé par ailleurs) enquête sur la guerre d'août en Géorgie en questionnant les russes d'Ossétie (Nord et Sud) et de Moscou, sans jamais mettre les pieds à Tbilissi ou ailleurs en Géorgie...

Le lecteur belge va finir par croire que la Géorgie est toujours une république russe, alors que ça fait 200 ans que ce pays ne souhaite qu'une chose : ne pas faire partie de la sphère d'influence russe!

Chers "journalistes" belges, arrêtez ce jeu dangereux qui consiste à faire croire à vos lecteurs que la Géorgie doit être gouvernée par Moscou. Arrêtez d'accuser le peuple géorgien de tous les maux dont l'accuse Moscou. Allez à Tbilissi, interrogez les géorgiens, les opposants et membres du gouvernement, interrogez les experts européens, ou qui vous voulez en Géorgie, mais STOP RUSSIA !!!

En 1943, vous interrogiez Josef Goebbels pour avoir des infos sur la résistance française?

D.P.

09/04/2009

Aujourd'hui 9 avril.

20 ans se sont écoulés depuis la tragédie du 9 avril.

Le 9 avril, Journée de l'Unité Nationale, est un jour férié en Géorgie. C'est ce jour-là, en 1989, exactement 7 mois avant la chute du mur de Berlin, qu'une manifestation pacifique a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de manifestants, réclamant l'indépendance de la Géorgie et, accessoirement mais élément déclencheur, que les sécessionnistes abkhazes soient poursuivis et châtiés pour leurs crimes.

Menés par le Comité pour l'Indépendance (dont Zviad Gamsakhurdia est un des responsables), les manifestants pacifiques (certains protestent par une grève de la faim) se rassemblent sur l'avenue Rustaveli, devant le Parlement de ce qui est encore la République Socialiste Soviétique de Géorgie.

Dans la soirée du 8 avril 1989, le général Igor Rodionov (un malade!), commandant du district militaire de Transcaucasie, ordonne la mobilisation de ses troupes.

Le détachement soviétique, avec des militaires armés de matraques et de bêches, avancent sur les manifestants qui se déplacent le long de l'Avenue Rustaveli, sous le commandement de Rodionov. Au cours de l'avance, les soldats attaquent les manifestants avec des pelles, une des armes favorites des forces spéciales soviétiques, infligeant des blessures importantes à toute personne atteinte.

20 morts, des centaines de blessés.

La Géorgie obtiendra son indépendance deux ans plus tard, le 9 avril 1991, avec à sa tête Zviad Gamsakhurdia.

Aujourd'hui, 9 avril 2009, les commémorations officielles se déroulent sous l'oeil attentif des médias étrangers. Une manifestation annoncée comme "pacifiste" doit réunir les opposant au gouvernement géorgien, avenue Rustaveli, devant le Parlement.

Rien lu encore dans la presse belge à ce sujet, mais vous en aurez en compte-rendu dès demain matin, voire avant.

D.P.