01/06/2009

L'Union européenne a déclaré qu'elle « n'accepte pas la légalité des « élections » en « Ossétie du Sud »

L'Union européenne a déclaré qu'elle « n'accepte pas la légalité de ces « élections » en « Ossétie du Sud » séparatiste ce dimanche, et ni ses résultats. »

 

La présidence tchèque de l’Union Européenne a déclaré aujourd’hui 1er juin que «la tenue de ces élections est illégitime et constitue un recul dans la recherche d'un règlement pacifique et durable de la situation en Géorgie. L'UE réaffirme son ferme appui à la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues. »

Pour la petite histoire, voici les résultats de ces « élections »:

Parti de l’Unité (parti d’Edouard Kokoïty, actuel « président » pro-russes) : 46,3% = 17 sièges / 34

Parti Populaire (pro-Kokoïty) : 22,6% = 9 sièges / 34

Parti Communiste (pro-Kokoïty) : 22,2 = 8 sièges / 34

Le Parti La Mère Patrie, qui se décrit comme «une attitude constructive, et non pas d'opposition radicale", a obtenu 6,37% = 0 siège / 34. Pour obtenir un siège, il fallait faire au moins 7% des voix.

Pour ceux qui ne saisissent pas, c’est le genre de résultat auquel on pourrait s’attendre dans les Fourons (frontière linguistique Flandres/Wallonie) si les Flamands, sous protection hollandaise, chassent, tuent, expulsent les francophones qui y vivent, et empêchent les opposants flamands de voter, ou interdisent les partis d’opposition, etc...

Bon, on a bien ri, mais maintenant que son parti est assuré d'avoir tout le soutien nécessaire pour changer la "constitution", Kokoïty va pouvoir se faire réélire dans 2 ans pour l'éternité, à moins qu'il devienne premier ministre pour se permettre de se représenter 4 ans plus tard, méthode Poutine.

D.P.

 

Elections parlementaires en ossétie du sud


Les bureaux de vote ont ouvert à travers la région sécessionniste géorgienne d'Ossétie du Sud pour les élections législatives, à 8 heures ce matin. De nombreux journalistes de la Fédération de Russie couvrent l’événement.

Quatre partis sont en concurrence pour les 34 sièges du Parlement, mais la Commission centrale des élections a empêché les deux seules partis « infidèles au président Edouard Kokoity » de participer au scrutin.

Les séparatistes affirment que 110 observateurs étrangers de 20 pays ont suivi le processus...

Dans le reste de la Géorgie, et en principe dans le reste du monde sauf en Russie et au Nicaragua, on estime que ces élections n’ont aucune valeur légale.

« Ce qu'ils appellent les élections, est trop loin de la réalité des élections. Nous avons vu plusieurs « moniteurs » avec un passeport étranger, ne représentant personne sauf eux-mêmes. Je pense que personne ne va donner une légitimité à de telles actions. Ce que nous voyons est un régime d’occupation de la région », a dit Temur Lakobashvili, le ministre d'état géorgien pour la réinsertion.

Une journaliste géorgienne du quotidien Rezonansi a été refoulée du district d’ Akhalgori (région de Tskhinvali) par les combattants ossètes. Mari Otarashvili a pu entrer sur le territoire, sans aucune entrave, pour couvrir les élections, mais après avoir réalisé des interviews de plusieurs personnes au bureau de vote, des miliciens ossètes l’ont arrêtée et emmenée au poste de la Division de police. La journaliste pourrait avoir caché les enregistrements qu'elle a réalisé au bureau de vote.

Mari Otarashvili a donc été fouillée et interrogée, puis conduite au check-point russe, d'où l'U.E. l’a reconduite vers le territoire sous contrôle géorgien.

Les Géorgiens vivant à Akhalgori disent que l’'activité autour des élections est très faible. La situation est calme, seuls les contingents militaires supplémentaires ont été déployés dans les points de contrôle russes. Apparemment, la milice d' « Ossétie du sud » patrouille dans les villages géorgiens du district d’Akhalgori.

Peu ou pas de géorgien de souche vivant encore dans la province a pu se rendre dans les bureaux de vote.

D’après Rustavi2, civil.ge, Ria Novosti.

D.P.


30/05/2009

Une fois n'est pas coutume: quelques réflexions sur la couverture médiatique francophone à propos des événements en Géorgie et en Russie.

Quelques réflexions sur la couverture médiatique francophone à propos des événements en Géorgie et en Russie.

 


Alors que cela bouge au niveau diplomatique européen, étasunien voire japonais, aucun média francophone de premier plan n'a la possibilité de diffuser des infos correctes ou pertinentes à propos du nouvel impérialisme russe et de ses conséquences humanitaires désastreuses prévues pour les peuples du Caucase nord et sud ou pour les peuples des états de la CEI dirigés par des présidents marionnettes.

Et à propos de l'ensemble des événements en Géorgie.

Heureusement, certaines chaînes, pourtant liées elles aussi aux lois de l'audiance, échappent, grâce à leur spécificités (chaînes exclusivement d'infos - France24 et dans une moindre mesure BFM par exemple), aux auto-contraintes des chaînes nationales généralistes, d'état ou non.

Nous pouvons bien entendu parler des médias sur internet, parfois indépendants. Parfois.

Sur Tbilisite, autant que possible, seules les informations recoupées aux témoignages directs vous sont transmises.

Si nous pouvons lire dans "Le Soir" que la manifestation de l'opposition, place de la Victoire à Tbilissi, "a rassemblé plus de 30.000 personnes aujourd'hui", alors que j'ai des témoignages de plusieurs personnes sur place me disant qu'un maximum de 7000 personnes peuvent remplir l'endroit en question, qu'il y a encore beaucoup de vides dans la "foule"... Mais je ne me pose pas de questions car le même jour nous pouvons aussi lire sur Ria Novosti (Russie) que "30.000 personnes sont attendues pour les manifs de ce jour"... C'est donc que nous savons où la RTBF ou l'AFP prennent leurs informations pour ce qui concerne le conflit russo-géorgien.

Si vous avez la possibilité de regarder une conférence de presse à Tbilissi, vous remarquerez que tous les labels des micros sont géorgiens, azéris ou, rarement mais parfois, russes. Aucun correspondant sur place, c'est ce qui expliquerait autant d'absurdités racontées par les occidentaux?

Exemple:

Manifestations à Tbilissi, sur la Une (RTBF):  Diffusion d'une interview d'un leader de l'opposition radicale. Images: le président Saakashvili en discussion avec Sarko et Kouchner, puis mangeant sa cravatte, des images vieilles de plus de 8 mois pas vraiment à son avantage, avec en commentaire les critiques de l'opposition à l'encontre du président, sans aucun avis d'un membre du parlement, par exemple.

N'hésitez pas, lorsqu'un sujet vous interpelle dans les médias traditionnels, à fouiller plus profondément. Vous serez surpris de ce que l'on découvre dans la plupart des cas! Nos médias se contentant généralement d'une seule source, AFP ou Ria Novosti, ou des très diffusées déclarations de Poutine, mais jamais personne en contradiction.

Et dire que l'opposition radicale reproche aux médias nationales d'être trop proches de Saakashvili, et de ne pas respecter la démocratie. Plaçons Rustavi2 et la RTBF côte à côte pour une course "corruption", qui gagnerait, loin devant?

D.P.

27/05/2009

Comment insulter l'Eglise et en faire un partenaire radical, en une leçon.

L’influent chef de l'Église orthodoxe géorgienne, Ilia II, est intervenu en insinuant que l'opposition devrait mettre de côté l’ exigeance de la démission du président.

« Une partie de notre population exige la démission du président. Je tiens à dire que cette question est très complexe et généralement, dans une certaine mesure, c'est devenu une règle dans notre pays, avec le premier président [Zviad Gamsakhurdia], et le deuxième président [Eduard Shevardnadze] contraints de démissionner. Et vous savez ce que ces démissions ont fait pour nous.»

« Peut-être, il serait plus correct - c’est tout simplement mon opinion personnelle, que nous nous écoutions les uns les autres. Nous devrions être capable d'écouter tout le monde, nous devrions nous écouter les uns les autres et accepter que c’est la bonne idée», a-t-dit.

« Chaque personne a sa propre opinion, mais cela ne signifie pas que l'on doit absolument la mettre en action. Une personne doit écouter les autres et pas une unique personne(...).  Les pensées catégoriques signifient qu'une personne ne peut pas écouter les autres et il pense que la vérité est seulement en lui, et que cette idée devrait être mise en œuvre. (...) Nous devrions tous nous rappeler que nous sommes tous frères, il devrait y avoir unanimité parmi nous.(...) Des opinions différentes doivent exister, mais cela ne veut pas dire qu'ils doivent absolument être mises en oeuvre. »

«Nous sommes arrogants. L'arrogance est une de nos caractéristiques. L'arrogance est un péché terrible. L'arrogance a ruiné l'ange et le transforme en démon. »

Ces paroles prononcées lors du sermon du patriarche le jour de la fête nationale géorgienne ont fâché quelques dizaines de manifestants de l’opposition et, lors du rassemblement devant le Parlement, ont demandé aux dirigeants présents (Salome Zourabichvili, Levan Gachechiladze, Nino Burjanadze, Zviad Dzidziguri, Davit Gamkrelidze et Eka Beselia) de ne pas revenir en arrière et de continuer les actions radicales.

Quelques unes des paroles des leaders radicaux :

«Nous allons agir de façon décisive et très activement. Nous n'allons pas faire marche arrière. Probablement que personne ne devait s'attendre à ce que le patriarche géorgien aurait proposé d'aller renverser Saakashvili, le patriarche bien entendu ne dirait pas cela. » (Nino Burjanadze).

« Je savais que sa sainteté aurait fait mais n'a pas été autorisé à faire la déclaration que nous voulions. Mais il ne nous a pas dit que nous ne devons pas lutter, nous devons agir par nous-mêmes. Notre chef spirituel est un exemple et une force immense pour nous, mais il ne peut pas faire ce qui est à nous de faire, il ne peut pas lutter à notre place. » (Eka Beselia)

«Tant que le sang coule dans mes veines je ne vais pas permettre à Saakashvili de régner dans notre pays. Maintenant, je vais vous dire ce qui s'est passé aujourd'hui et vous jugerez par vous-mêmes. Aujourd'hui, le patriarche géorgien a été pris « en otage », car il n'a pas été autorisé à dire ce qu'il allait dire dans son discours. Ils l'ont effrayé et ne l'ont pas laissé dire ce qu'il allait dire. Mais de toute façon, nous lutterons jusqu’à la fin. » (chanteur et militant Giorgi Gachechiladze)

Ce qui revient à dire que le chef de l’Eglise géorgienne est aux ordres du parlement, et qu’il n’a pas le droit d’avouer qu’en fait, il soutient les actions radicales de l’opposition... donc, les manifestants sont bénits et peuvent continuer leurs blocages des trains, des camions, des avions, tout de ce qu’ils veulent jusqu’à ce que tout le monde démissionne, que tout le monde sorte dans la rue, qu’on organise une grande révolte, et qu’enfin Poutine puisse faire intervenir ses troupes et bombarder Tbilissi pour protéger ses nombreux ressortissants présents dans la capitale... Et voici comment, en manipulant un peuple exacerbé par 50 jours de manifestations improductives, on parvient à ses fins malgré l’absence d’arguments cohérents.

Sur ce, les manifestants se sont dirigés vers la gare centrale pour y bloquer les trains en partance, non sans violences.

Le Catholicos ILIA II insulté par l'opposition.

L'opposition accuse ILIA II d'être l'otage du pouvoir.

«Nous allons agir de façon décisive et très activement. Nous n'allons pas reculer.  Probablement personne ne s'attendait à ce que le patriarche géorgien aurait dit d'aller et renverser Saakashvili, le patriarche bien entendu ne dirait rien, "a déclaré à des manifestants à l'extérieur du Parlement Nino Burjanadze, le chef du "Mouvement démocrate".


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26/05/2009

Abkhazie: l'opposition met en question l'entente avec Moscou

L'opposition abkhaze met en question l'entente avec Moscou

Les mouvements de l'opposition abkhaze "remettent en question l'existence de l'Abkhazie en tant qu'Etat indépendant", lit-on lundi dans le quotidien Kommersant.

"La vente des sites vitaux pour l'Abkhazie se soldera par une soumission de la république à la Russie" écrit le rédacteur en chef du journal indépendant "Pravda de Tchegem" Inal Khachig. "Tout le monde comprend que l'intérêt de la Russie envers l'Abkhazie est énorme et que les compagnies russes tenteront de s'emparer de tout ce qu'ils peuvent ici".

"On tente de nous faire croire qu'on nous a offert l'indépendance et que nous devons payer pour ça. Ce n'est pas pourtant le cas", a récemment annoncé Astamour Tania, coprésident du parti Forum de l'unité populaire d'Abkhazie. L'Abkhazie est selon lui devenue un Etat souverain, parce qu'elle avait toujours gardé l'indépendance de ses décisions: "Pendant une époque, nous avions des relations tendues avec la Russie. Si nous avions fait tout que les représentants de Moscou nous disaient, l'Abkhazie serait aujourd'hui une république autonome au sein de la Géorgie et accueillerait un contingent de l'OTAN".

La récente visite du président de la Douma (chambre basse du parlement russe) Boris Gryzlov à Soukhoumi, la "capitale" abkhaze, n'a fait que jeter de l'huile sur le feu. Celui-ci a déclaré que l'Abkhazie lancerait dans un avenir proche l'extraction de matières inertes pour les Jeux olympiques de 2014 et que la Russie logerait dans la république 100.000 ouvriers chargés de la construction de Sotchi. Plusieurs médias abkhazes ont critiqué les plans russes, tandis que l'opposition annonçait que l'Abkhazie était destinée au repos des touristes et pas au logement gratuit des travailleurs immigrés.

"Les partenaires russes ne comprennent malheureusement pas les traits spécifiques de l'Abkhazie, c'est pourquoi chaque visite de ce type fait surgir chez nous un grand nombre de problèmes", a reconnu un fonctionnaire du gouvernement abkhaze sous couvert d'anonymat.

Nezavissimaïa gazeta et Kommersant

Bientôt, nous reparlerons de l'Abkhazie : opposants ou non, leurs plaintes à l'encontre de la Russie, justifiées, ne portent que sur l'économie, le pillage des Russes sur leur province. Des questions de pognons. Mais quand seront-ils prêts à dénoncer leurs propres crimes perpétrés par leurs milices sous protection russe: les nettoyages ethniques contre les populations non-abkhazes, particulièrement contre les géorgiens encore présents dans la province séparatiste, et qui sont légion dans la zone de Gali, le long de la "frontière" entre les provinces mingrèle et abkhaze, et dans la vallée de Kodori d'où ils viennent encore de chasser les derniers géorgiens à y vivre: des moines expulsés de leur abbaye avec l'aide des soldats russes.

Nous reparleront en ces termes aussi à propos de l'Ossétie du Sud (Samatchablo).

Et nous rappelerons aussi que les autorités géorgiennes, ces dernières années, ont toujours proposé aux deux provinces d'être autonomes au sein de la Géorgie, en toute liberté. Comme nous rappelerons que les autorités géorgiennes ne refuseront pas d'avoir des relations normales avec la Russie, sauf que cette Russie s'en prend ouvertement à la Géorgie en manipulant les autorités séparatistes depuis plus de 10 ans...

  Il n'y a pas de mouvement anti-russes, il n'y a pas de mouvement anti-abkhazes ou ossètes. Cela n'a jamais été une question d'ethnie pour les géorgiens, mais une question de territoire.

Si les ossètes sont venus du nord pour s'installer du côté ensoleillé du Caucase il y a plus de 150 ans, et que les géorgiens les ont accepté sans réticences dans la province de Samatchablo, respectant leurs coutumes et leur langue, ce n'est pas pour qu"ensuite ils revendiquent ce territoire. Et même en admettant l'inadmissible, qu'ils aient des droits sur cette terre géorgienne, ont-ils fait le bon choix en se laissant piloter par les autorités russes? Ils n'ont pas eu de choix à faire. Poutine a fait le choix pour eux, et les ossètes en sont autant  coupables que victimes. Coupables d'avoir laissé Kokoïty au pouvoir et d'avoir plus que collaboré aux plans de nettoyage ethnique, et victimes car la Russie transforme l' "Ossétie du Sud" en une province russe pillée par les russes et où les spécificités ethiques ossètes sont anihilés par une éducation 100% russophone...

D.P.

25/05/2009

Une fois n'est pas coutume...

 

 

Extrait d'un texte paru il y a plus de 10 ans, à propos de "La nouvelle censure".

De l'info sans infos...

Depuis le début des années 90, les journaux télévisés ne contiennent quasiment plus d'information. On continue d'appeler "journal télévisé" ce qui devrait en réalité être appelé un "magazine".

Un J.T. moyen contient au maximum 2 à 3 minutes d'information. Le reste est constitué de reportages anecdotiques, de faits divers, de micro-trottoirs et de reality-shows sur la vie quotidienne.

 

...et une censure sans censeurs

Toute la subtilité de la censure moderne réside dans l'absence de censeurs. Ceux-ci ont été efficacement remplacés par la "loi du marché" et la "loi de l'audience". Par le simple jeu de conditions économiques habilement crées, les chaines n'ont plus les moyens de financer le travail d'enquête du vrai journalisme, alors que dans le même temps, le reality-show et les micro-trottoirs font plus d'audience avec un coût de production réduit.

Même les évènements importants sont traités sous un angle "magazine", par le petit bout de la lorgnette. Ainsi, un sommet international donnera lieu à une interview du chef-cuistot chargé du repas, à des images de limousines officielles et de salutations devant un batiment, mais aucune information ni analyse à propos des sujets débattus par les chefs d'états. De même, un attentat sera traité par des micro-trottoirs sur les lieux du drame, avec les impressions et témoignages des passants, ou une interview d'un secouriste ou d'un policier.

A ces insignifiances s'ajouteront le sport, les faits-divers, les reportages pitoresques sur les villages de la France profonde, sans oublier les pubs déguisées pour les produits culturels faisant l'objet d'une campagne de promotion (spectacles, films, livres, disques...).

 

Information destructurée pour mémorisation minimale

Tous les psychologues et spécialistes des neurosciences savent que la mémorisation des informations par le cerveau se fait d'autant mieux que ces informations sont présentées de façon structurée et hiérarchisée.

La structuration et la hiérarchisation de l'information sont aussi des principes de base enseignés à tous les étudiants en journalisme.

Or depuis 10 ans, les journaux télévisés font exactement le contraire, en enchainant dans le désordre des sujets hétéroclites et d'importance inégale (un fait divers, un peu de politique, du sport, un sujet social, un autre fait divers, puis à nouveau de la politique, etc) , comme si le but recherché était d'obtenir la plus mauvaise mémorisation possible des informations par le public. Une population amnésique est en effet beaucoup plus facile à manipuler...

C'est ce qui motive l'existance de TbiliSite.skynetblogs.

Alors que cela bouge au niveau diplomatique européen, étasunien et japonais, aucun média francophone de premier plan n'a la possibilité de diffuser des infos correctes ou pertinentes à propos du nouvel impérialisme russe et de ses conséquences humanitaires désastreuses prévues pour les peuples du Caucase nord et sud ou pour les peuples des états de la CEI dirigés par des présidents marionnettes.

Heureusement, certaines chaînes, pourtant liées elles aussi aux lois de l'audiance, échappent grâce à leur spécificités (chaînes exclusivement d'infos - France24 et dans une moindre mesure BFM par exemple), aux auto-contraintes des chaînes nationales généralistes, d'état ou non.

Nous pouvons bien entendu parler des médias sur internet, parfois indépendants. Parfois.

Sur Tbilisite, autant que possible, seules les informations recoupées aux témoignages directs vous sont transmises. Si je peux lire dans "Le Soir" que la manifestation de l'opposition, place de la Victoire à Tbilissi, "a rassemblé plus de 30.000 personnes aujourd'hui", alors que j'ai des témoignages de plusieurs personnes sur place me disant qu'un maximum de 7000 personnes peuvent remplir l'endroit en question, qu'il y a encore beaucoup de vides dans la "foule"... Mais je ne me pose pas de questions car le même jour j'ai pu lire sur Ria Novosti (Russie) que "30.000 personnes sont attendues pour les manifs de ce jour"... C'est donc que nous savons où la RTBF ou l'AFP prennent leurs informations pour ce qui concerne le conflit russo-géorgien.

Que vous lisiez "Le Soir" ou regardiez le JT, vous aurez appris qu'il y a eu une importante manifestation anti-Saakashvili il y a quelques jours à Tbilissi, ayant rassemblé de 30 à 40.000 personnes. Diffusion d'une interview: un leader de l'opposition radicale. Images: le président Saakashvili en discussion avec Sarko et Kouchner, puis mangeant sa cravatte, des images vieilles de plus de 8 mois pas vraiment à son avantage, avec en commentaire les critiques de l'opposition à l'encontre du président, sans aucun avis d'un membre du parlement, par exemple.

N'hésitez pas, lorsqu'un sujet vous interpelle dans les médias traditionnels, à fouiller plus profondément. Vous serez surpris de ce que l'on découvre dans la plupart des cas! Nos médias se contentant généralement d'une seule source, AFP ou TASS, ou les déclarations de Poutine, mais jamais personne en contradiction.

D.P.

13:46 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/05/2009

Résumé des provocations russes et de l'opposition radicale

 

A propos de la mutinerie de Mukhrovani, des mouvements de l'opposition, des regrets de Bagapsh et d'un résultat de sondage pas surprenant.

Givi Targamadze, législateur influent d'un parti de la majorité parlementaire géorgienne, a annoncé que la mutinerie manquée de la base militaire de Mukhrovani a été patronnée par un magnat basé en Russie.

Le but du complot devait "au moins déclencher des désordres" en Géorgie ou "au mieux à ouvrir la route de Tbilissi à l'armée russe". "Je me suis abstenu de nommer la personne qui a tout organisé, mais cette personne elle-même a annoncé qu'après l'échec de la révolte il ne pouvait plus attendre et se présenterait à la présidence lors des prochaines élections." En effet, si quelqu'un peut croire qu'en Russie, aujourd'hui, il est possible d'être un oligarque à St.-Pétersbourg sans être contrôlé par le Saint-Petersbourgeois le plus célèbre, c'est-à-dire le premier ministre russe Poutine...

Alexandre Ebralidze, puisque c'est de lui dont il est question, est un magnat géorgien basé à St.-Pétersbourg qui vit en Russie depuis plus de trente ans déjà. Ce mois-ci il a annoncé son ambition de devenir président de Géorgie. Il a fait l'annonce lors d'une assemblée des peuples de Géorgie à Sotchi, la cité géorgienne de la Mer Noire devenue russe sous Staline, à présent lieu à la mode pour les oligarques et les hommes de pouvoir russes. (Note: c'est incroyable ce que la Russie s'est offert comme terres géorgiennes en moins d'un siècle...)

Alexandre Ebralidze a aussi dit que dès janvier 2009 plusieurs réunions ont été tenues dans un pays membre de la CEI, qu'il n'a pas spécifié, avec la participation "de certains des mutins" afin de préparer la mutinerie. "Ces réunions ont été tenues sous le leadership de Tariel Oniani (leader d'une organisation criminelle basée en Russie, qui a pourtant été arrêté lors d'une opération de la police russe en juillet dernier...) et Bondo Shalikiani," a dit le Député Givi Targamadze.

Nous pouvons penser, avant d'en déduire quoi que ce soit, que la Russie est totalement susceptible d'avoir organisé, ne fut-ce qu'indirectement, la mutinerie de la base de Mukhrovani. Sans doute pas "pour ouvrir la route aux chars russes" ce qui aurait été pure folie alors que l'OTAN est en manoeuvre près de Tbilissi, mais pour renforcer les positions de l'opposition radicale.

En Abkhazie, comme prédit ici-même il y a quelques mois, le président du régime sécessioniste, Sergei Bagapsh, commence a regretter son alliance avec Poutine et Medvedev.

«Le sentiment anti-russe au sein de la société est de plus en plus frappant et peut nous conduire à un résultat catastrophique», a dit le chef de l'Economic Development Party. Il a ajouté que l'acquisition du chemin de fer abkhaze par la Russie est prévue. La structure commerciale du rail russe est en crise aujourd'hui et ce plan vise à améliorer sa situation au détriment de l'Abkhazie. Ce genre d'évolution de la situation dans la "République" conduira à la perte d'une grande partie de la côte, ce qui est inacceptable, et égale à une catastrophe pour le peuple abkhaze», disent les experts. Sans compter que la culture abkhaze est en passe de devenir sujet d'études archéologiques pour les descendants, tant la main-mise des russes à tous les niveaux de pouvoir en Abkhazie est importante, et la langue de Poutine est à présent enseignée comme langue maternelle dans tous les établissements scolaires. Et ce n'est pas les 10.000 ou 15.000 soldats russes dans la province qui vont aider à remédier à quoi que ce soit dans la société abkhaze, bien au contraire: les terres le long de la côte ne sont vendues qu'aux russes pour des intérêts russes. Les citoyens abkhazes étant relégués au second plan.

A Tbilissi, l'opposition radicale, aux abois, de plus en plus impopulaire dans tout le pays, tentera une (dernière?) sortie importante le jour de la fête nationale, c'est à dire dans 2 jours, le 26. Le maire de Tbilissi, qui a accepté la demande de l'opposition, a prévenu les autorités: le défilé militaire qui doit avoir lieu dans le centre de Tbilissi pourrait dès lors être annulé afin qu'il n'y ait pas de possibilités pour les manifestants de commettre des actes de violence durant celui-ci. C'est la ligne de conduite du gouvernement depuis le début des manifestations le 9 avril dernier : laisser faire sans intervenir. Mais ici, les autorités géorgiennes me semblent aussi radicales que l'opposition: annuler le défilé militaire de la Fête Nationale pour ces quelques centaines d'irréductibles, dont une grande part est "indemnisée" par les caisses noires* de l'opposition pour rester dans la rue, n'est-ce pas démesuré?

Pour terminer, voici les résultats d'un sondage organisé par l'agence "Greenberg Quinlan Rosner". Le sondage a été conduit du 1er au 9 mai 2009  auprès de 1 200 personnes.  65% des sondés se disent satisfaits de leur président, et 45% déclarent qu'un nouveau président ne ferait qu'aggraver la situation dans le pays. Seuls 29% souhaitent son départ.
Salomé Zourabichvili, une des leaders de l'opposition, parle de « propagande » d'Etat et pense savoir que le président n'est apprécié que par 10% des Géorgiens de Tbilissi ! Ce n'est évidemment pas ce que l'on peut constater dans les faits, mais Salomé ne s'encombre jamais de faits réels.

D.P.

sources:  civil.ge, kommersant.ru, rustavi2.ge, colysee.org, caucase news, e.a.

20/05/2009

Madame Bourdjanadzé se sent personnellement visée...

Madame Bourdjanadzé se sent personnellement visée et compte porter plainte à Strasbourg contre Saakashvili.

La leader du parti d'opposition "Mouvement démocratique-Uni" Nino Bourdjanadze, qui est aussi ancienne présidente du Parlement, accuse le président Saakashvili d'avoir tenté de nuire à sa dignité et sa réputation, et compte porter plainte en justice, à Strasbourg.

Sic : "Au cours de la réunion entre les autorités et l'opposition (le 11 mai dernier, en huis-clos), Saakashvili a imaginé des allégations totalement absurdes que moi, Nino Burjanadze, je suis une exécutrice de l'intérêt de la Russie et un leader politique financé par la Russie", a dit Burjanadze. "La société a appris cela de Salome Zourabichvili (autre leader d'un parti d'opposition radicale, qui a assisté à ces mêmes entretiens avec Saakachvili), qui a révélé les allégations du Président lors de sa conférence de presse."

Dans ses discours publics ou ses remarques, le président Saakashvili n'a pas révélé d'accusations de ce type contre Nino Burjanadze. Il a uniquement répondu lors d'une interview accordée à Newsweek, il y a quelques semaines, je cite: " Qui parraine l'opposition géorgienne?" -
" La plupart de l'argent, des millions de dollars, provient de l'oligarchie russe. Je possède les documents qui le prouvent, que je n'ai pas encore rendus publiques. La question de savoir si l'argent est envoyé de Russie sous la supervision du gouvernement russe, cela je ne le sais pas encore." Bien entendu, Madame
Bourdjanadze a du se sentir visée !

Les leader radicaux, décidément, ne parviennent plus à mobiliser toute l'attention dont ils auraient tant besoin pour continuer leurs manifestations. Les membres de l'opposition parlementaire, quant à eux, ayant accepté le dialogue avec le gouvernement, ont de quoi faire. Ils ont une constitution à modifier, des lois électorales à refaire... Voilà qui est plus constructif !

Quelle sera l"étape suivante, pour la Russie? Personne n'est pressé de le savoir. Mais on en reparle bientôt.

D.P.

19/05/2009

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

A Genève, en raison de l'absence de la région sécessionniste d'Abkhazie qui a refusé de prendre part aux discussions pour ne pas avoir reçu des documents de l'ONU dans les temps, les délégations russes et ossètes ont refusé de participer elles aussi aux négotiations de paix.

"Aborder des questions graves sur la sécurité sans l'une des parties concernées me paraît un exercice inutile", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karasine. Bien entendu, c'est sous les conseils de la Douma que les Abkhazes ont refusé de participer à cette réunion...

Ces séances de pourparlers, présidées par les Nations unies, l'Union européenne et l'OSCE, sont systématiquement torpillées par les sécessionistes abkhaze « qui ne veulent pas êtres considérés, dans les documents de l'ONU, comme faisant partie de la république de Géorgie ». Autant dire que, malgré le bon-vouloir de la communauté internationale et de la Géorgie, on n'est pas près de trouver de solutions pour la stabilité et la paix dans cette région.

"La situation dans le Caucase du Sud sera évoquée en relation avec les conséquences de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, et avec un autre sujet régional: le Haut-Karabakh", a dit M.Tchijov histoire de compliquer et d'envenimer encore, si besoin était, la situation, et il ajoute : « Les volets du plan (Sarkozy) concernant la Russie sont réalisés. Si des questions concernant sa mise en application surgissent, elles peuvent être posées à la Géorgie. Le plan prévoyait le retour des forces géorgiennes vers les lieux de leur cantonnement habituel, pourtant, nous constatons la concentration d'effectifs militaires et policiers géorgiens dans les districts adjacents à l'Ossétie du Sud. »

Bien entendu, ce genre de déclaration est destinée non pas aux politiques qui savent très bien que la Russie n'a respecté AUCUN des points d'accords « Sarkozy », mais bien à la presse qui relaie l'info vers qui veut bien la lire et y croire.

Il faut bien comprendre que, quand la Russie accuse quelqu'un de quelque chose, c'est pour noyer le poisson qu'ils ont eux-même placé dans l'aquarium du FSB. Quand la Russie dit que la Géorgie ne respecte aucun point d'accord, c'est bien qu'elle n'en respecte aucun elle-même. Si la Russie accuse la Géorgie d'avoir concentré des militaires et des policiers aux frontières ossètes, c'est qu'ils en ont eux-même placé, et pas qu'un peu. Pour rappel, alors que les points d'accords Sarko demandaient aux parties d'en revenir à la situation d'avant le 7 août, c'est à dire maximum 3700 soldats de maintien de la paix en ossétie et autant en Abkhazie et aucune arme lourde, les Russes ont amassés plus de 10,000 hommes aux frontières ossètes et autant aux frontières abkhazes, avec blindés, lance-missiles, etc... La Géorgie, quant à elle, patrouille timidement avec quelques policiers le long des frontières concernées, principalement pour protéger les observateurs de l'OSCE ou de l'ONU (des enlèvements ont eu lieu à plusieurs reprises), mais aussi pour prévenir les nombreuses attaques des milices ossètes sur des villages géorgiens situés sur la frontière. Il faut signaler, par respect pour la vérité et par respect pour les famille des policiés tués, que 12 policiers ont été assassinés par les milices abkhazes ou ossètes depuis septembre...

La direction russe, qui jamais ne cèdera volontairement un seul hectare conquis par son armée d'invasion en août, se sachant en infraction totale avec un nombre impressionnant de lois internationales, ne peut que fuir devant ses responsabilités et tenter de se disculper, non pas en recherchant des preuves d'innocence - il n'y en a pas - mais en accusant l'adversaire des crimes qu'elle a elle-même commis. Peu de gens sont dupes, à part peut-être Josy Dubié et quelques autres illuminés, mais beaucoup ont plus besoin de la Russie que de la Géorgie, et contredire la politique de Moscou équivaut pour certains, sans aucun doute, à rendre plus compliqués, plus délicats, les accords gazier entre Medvedev et l'occident.

Les accusations de Human Rights Watch à l'encontre de Tbilissi, accusé d'avoir aussi commis des crimes de guerre, a fortement diminué la sympathie des (lecteurs) occidentaux pour ce petit pays du Caucase dont tout le monde parle sans le connaître. Il suffit de lire chaque article de presse qui, lorsqu 'il parle de la guerre d'août et de ses suites, ne s'abstient pas d'écrire « suite à l'agression de la Géorgie pour récupérer sa province sécessioniste d'Ossétie du Sud » à la place de « suite aux provocations russes contre les forces de paix géorgiennes en Ossétie du Sud ». Mais ces accusations de HRW sont tellement anecdotiques si on ose les comparer aux crimes commis par les milices ossètes et les soldats russes contre tous les villages géorgiens d'ossétie du sud, que je n'arrive pas à comprendre les rédactions de la presse occidentale, belge principalement, ou française de gauche, qui anihile les massacres ossètes en préfèrant la syntaxe relayée par la presse russe sous contrôle de la Douma, plutôt que celle de Tbilissi, pourtant de loin plus réaliste et indépendante.

Conférence de presse de Lavrov concernant la Géorgie? Tous les micros de la presse occidentale sont devant ses lèvres. Conférence de presse d'un ministre géorgien : seuls la presse géorgienne est présente. Que faut-il en déduire?

 

 

Ce qu'espère la Russie, et qu'elle est à quelques pas d'obtenir si on n'y fait pas plus attention, c'est de parvenir à éviter la même sympathie de l'Occident pour les victimes géorgiennes que pour les victimes tchétchènes de l'agression russe de 1999, qui à l'époque avait entraîné nombre de manifestations de soutien aux nord-caucasiens, dans toutes les capitales occidentales. Aujourd'hui, la Russie a besoin de l'Occident, plus que l'occident a besoin de la Russie, et chaque justification, aussi grossière soit-elle, à l'attaque de la Géorgie, est la seule politique possible pour les agents du FSB dirigés par Poutine. Depuis la fin de la guerre d'août, si tant est qu'on puisse parler de « fin », les russes fuient leurs responsabilités, s'appuyant sur des prétextes impossibles pour se justifier (protection des ressortissants russes dans les territoires séparatistes alors qu'ils ont eux-même distribué des passeports russes illégalement à la population géorgienne de ces provinces, avant d'inventer des attaques géorgiennes contre lesdits ressortissants pour prétexter leur intervention) Désinformer est habituel à Moscou. La propagande anti-caucasiens marche à fond depuis 5 ans dans toute la Russie, et en soit, déjà cela est un délit majeur dont le HCR n'a jamais, à ma connaissance, fait part.

D.P.