22/09/2009

L'Europe réagit... via les "anciens"

 

Lettre ouverte à propos de l'inactivisme européen qui permet la construction d'un MUR entre l'Abkhazie et le reste de la Géorgie, signée par des anciens ministres ou présidents de nations européennes, ainsi que Daniel Cohn-Bendit, Timothy Garton Ash, André Glucksmann entre autres.

Expo Rustaveli 07

Il leur aura fallu du temps, mais leur lettre devrait peser quelque peu sur la conscience des dirigeants européens, et ceci juste avant le sommet du G20 aux Etats-Unis cette semaine.

Le présedent géorgien Mikheil Saakashvili s'est d'ailleurs entretenu avec Hilary Clinton aujourd'hui, cette dernière rassurant à nouveau quant à son soutien inconditionnel. Mais la nouvelle de l'abandon du projet de radars et de missiles de défense en Pologne et en Tchéquie démontre que l'administration américaine peut encore céder du terrain, mettant en avant le besoin de collaboration à propos de l'Iran : la Russie, alliée technologique (nucléaire!) et militaire (ventes et/ou livraisons d'armes et de missiles) de l'Iran devra faire preuve de moins de cynisme dans ce dossier.

Quant au dossier géorgien, il sera vraissemblablement sur la table de Medvedev dès la remise de l'enquête sur la guerre d'août 2008 par la Commission dirigée par la diplomate suisse Heidi Tagliavini, quoi qu'en pense Mr Lavrov (lire sur ria novosti).

D.P.

Voici le texte en question :

Alors que l’Europe commémore la honte du Pacte germano-soviétique et des Accords de Munich et s’apprête à célébrer le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, une question s’impose : avons-nous retenu les leçons de l’Histoire ? Autrement dit : sommes-nous capables de ne pas répéter aujourd’hui les erreurs qui ont à ce point assombri le 20e siècle ?

Déplorer ou célébrer des événements passés ne présente aucun intérêt si nous restons sourds à leurs enseignements. De telles commémorations seront utiles seulement si elles nous permettent d’apprendre à agir autrement dans le présent et l’avenir.

En Europe même, force est de constater que l’Histoire n’est pas finie et qu’elle demeure tragique. vingt ans après l’émancipation de la moitié de notre continent, un nouveau Mur se construit en Europe : sur le territoire souverain de la Géorgie.

Il s’agit d’un défi majeur pour les citoyens, les institutions et les gouvernements européens : acceptera-t-on que les frontières d’un petit pays soient changées par la force et de manière unilatérale ? Tolérera-t-on l’annexion de facto de territoires étrangers par une grande puissance ?

Pour que les commémorations historiques qui s’annoncent aient un sens, nous appelons solennellement les leaders des 27 démocraties, qui composent l’Union européenne, à définir une stratégie plus active pour aider la Géorgie à recouvrer pacifiquement son intégrité territoriale et à obtenir le retrait des forces russes présentes illégalement sur son sol.

Nous n’appelons pas ici à une quelconque confrontation avec Moscou, ni ne souhaitons le moindre retour à l’atmosphère hostile de la guerre froide, nous disons juste qu’il est primordial de ne pas se tromper dans les signaux envoyés au pouvoir russe actuel.

Alors qu’une commission, mise en place par l’Union européenne et dirigée par la diplomate suisse Heidi Tagliavini, s’apprête à rendre son rapport sur les causes de la guerre russo-géorgienne, nous appelons les dirigeants européens à se remémorer quelques vérités héritées d’un passé pas si lointain.

Tout d’abord une grande puissance trouve toujours des prétextes pour envahir un voisin dont elle n’accepte pas l’indépendance. Souvenons-nous : Hitler accusa les Polonais d’avoir ouvert le feu les premiers en 1939 et Staline imputa aux Finlandais la responsabilité de la guerre qu’il déclencha contre eux en 1940. La question fondamentale est de savoir quelle est la nation occupée et quelle est la nation occupante? Qui a envahi qui, plutôt que qui a tiré la première balle ?

Ensuite, l’absence de réaction claire des démocraties occidentales face à l’agression et au démembrement d’une nation amie, aussi petite soit-elle, peut avoir des conséquences globales très graves.

L’Union européenne fut fondée en réaction à l’esprit de capitulation de Munich et face à l’érection du Rideau de fer. Il serait catastrophique aujourd’hui qu’elle paraisse avaliser le retour de conduites, qui plongèrent l’Europe dans la guerre et la division au siècle passé. Il en va de l’avenir de cette aventure, à laquelle nous avons consacré nos vies et nos œuvres, la réunification pacifique du continent européen.

Vaclav Havel, Valdas Adamkus, Mart Laar, Vytautas Landsbergis, Otto de Habsbourg, Daniel Cohn-Bendit, Timothy Garton Ash, André Glucksmann, Mark Leonard, Bernard-Henri Lévy, Adam Michnik, Josep Ramoneda.


 

12/09/2009

Medvedev critique la politique post-sovietique de Poutine...

La politique de Poutine critiquée par Medvedev dans une tribune publiée hier à Moscou

Que se cache-t-il derrière les critiques qu’a formulées le Président Medvedev à l’encontre de son propre pays, hier, et publiées dans la plupart des médias russes?

«  Une économie inefficace, une sphère sociale à demi soviétique, une démocratie faible, des tendances démographiques négatives, et un Caucase instable. Ce sont de très gros problèmes, même pour un État tel que la Russie. » Il reproche aussi à la politique de Poutine – puisque c’est de cela qu’il s’agit concrètement – que la dépendance aux matières premières est humiliante, que le gouvernement est excessivement trop présent dans la société et l’économie, et il condamne « des siècles de corruption débilitante ».

Comment doit-on lire ces propos? Veut-il récupérer sa place de Président en se démarquant de son premier ministre encombrant? C’est ce que pensent beaucoup d’experts et autres éditorialistes, mais c’est sans doute trop simpliste tellement cela peut sembler évident. La Douma est presque totalement et exclusivement dévouée à Poutine, et Medvedev aurait besoin d’un plus large soutien au sein du gouvernement pour espérer obtenir plus d’autorité. A moins bien entendu que le Président Medvedev, par ce discours, tente de « récupérer » les mécontents du Kremlin...

La situation de crises dans laquelle se trouve la Russie étant ce qu’elle est, gravissime, il est clair que la politique doit prendre un virage au moins équivalent, mais certainement plus radical que celui effectué lors de la chute du mur en 1989, lorsque le monde soviétique s’est (soi-disant) écroulé. L’économie, trop dépendante des cours des hydrocarbures qui ont énormément chutés depuis début 2008, associée à la crise mondiale, et aux crises dans le Caucase - Ingouchie, Tchétchénie, Daguestan, Ossétie du Nord qui tous aspirent à plus de démocratie, et donc aimeraient s'éloigner de Moscou - c'est plus complexe que ça, mais ça résume la situation explosive du nord-Caucase, tout cela oblige Moscou à puiser dans les réserves fédérales à coup de milliards de roubles pour renflouer ce qui est encore renflouable, et pour financer les conflits. Medvedev annonce son projet de démanteler les grands groupes industriels protégés et financés par Poutine depuis plus de 10 ans, et parle de « système politique ouvert, flexible et intérieurement plus complexe »...

En même temps, il tente de faire passer une loi qui permettrait à la Russie, sous son ordre exclusif, d’ intervenir dans tout pays, militairement s’entend, pour protéger ses ressortissants. Cynique après ce qu’il a fait en Géorgie, et dangereux pour ce qu’il peut décider pour l’Ukraine, ou les pays baltes... L’octroie de passeports russes aurait-il débuté aussi dans ces régions, ainsi qu’ils l’ont fait il y a 4 ans en Abkhazie et en « Ossétie du Sud », donnant alors un prétexte supplémentaire à l’invasion de la Géorgie?

La présente tentative de Medvedev, « montrer au monde » qu’il y a une facette démocratique au sens occidental du terme au Kremlin, peut donc être interprétée très différemment selon que l’on puisse croire que la Russie post-soviétique est à ce jour capable de rentrer dignement – enfin ! - dans le XXIème siècle, ou non. La Russie nous montre chaque jour qu’ils n’ont aucunement l’intention de changer quoi que ce soit dans leur politique étrangère, que du contraire. Le non-respect de tous les traités signés en faveur de la Géorgie, l'implantation de bases militaires dans les territoires occupés, Medvedev et Poutine qui ont du faire face aux critiques de l’ONU, des USA et de l’UE pour leurs visites récentes dans ces territoires nous montrent au contraire que le Kremlin n’a aucune intention de respecter quoi que ce soit, ni les lois internationales, ni aucun droit constitutionnel. Parce que l’enjeu est de taille, et que la première puissance, celle qui dirige de fait la Russie, le FSB de Poutine, est totalement opposée à tout changement.

D.P.

 

14/08/2009

visite soigneusement chorégraphiée de Poutine en Abkhazie

 

"La visite soigneusement chorégraphiée du premier ministre russe Vladimir Poutine en Abkhazie mercredi a été conçue pour envoyer un message clair à la Géorgie et à la communauté internationale."


Expo Rustaveli 06

M. Poutine a confirmé que la Russie est en Abkhazie pour  y rester, indépendamment des viols des accords de cessez-le-feu de la guerre de l'année dernière et indépendamment des tentatives désespérées de la communauté internationale de trouver une solution acceptable sur la situation finale de l'Abkhazie et l'autre région séparatiste d'Ossetie du sud.

M. Poutine a promis une somme de 500 millions de $ pour renforcer la présence militaire russe en l'Abkhazie, et toujours rien pour reconstruire et rénover une région qui en aurait pourtant grandement besoin. Infrastructures, business... Au lieu de cela, seuls les bases (illégales) militaires, navales et terrestres, ainsi que le renforcement des infrastructures de défenses et les patrouilles le long des "frontières" feront partie des investissements.

La visite de Poutine a donc eu des odeurs de "visite d'un empereur pour un pays nouvellement acquit"! Et peu importe les remontrances occidentales, l'administration russe n'en a que faire. La propagande orchestrée soigneusement (façon de parler) par Moscou qui accuse sans cesse la partie géorgienne de provocations aux frontières abkhazes et "ossètes" ne pouvant toujours pas être vérifiées par des observateurs occidentaux (l'EUMM en l'occurance), puisque toujours empêchés d'entrer dans les parties séparatistes de la Géorgie, elle peut raconter ce qu'ils souhaitent pour justifier leurs investissements et leurs augmentations de présence militaires.

Bien entendu, les dirigeants occidentaux ne sont pas dupes, mais les citoyens, loin des réalités pour beaucoup, ne peuvent qu'y croire et soutenir la politique impérialiste de Moscou, croyant encore que la Russie agit pour le bien des populations séparatistes, alors qu'elle profite de sa main-mise sur ces territoires pour en piller ses ressources et assoir ses positions dans le Sud Caucase, passage obligé des ressources pétrolières et gazières vers l'Europe.

Ce qu'il faut savoir aussi, et qui n'est malheureusement pas répercuté comme il se devrait dans nos médias - belges principalement - ce sont les tensions grandissantes entre Moscou et nombre de régions et pays du bloc ex-soviétique. Attentats meurtriers en Ingouchie, en Ossétie du Nord, au Daguestan, en Tchétchénie, c'est le Nord-Caucase qui lutte contre Moscou, et Moscou qui réprime violemment. Mais l'absence la plus étonnante dans nos quotidiens, c'est l'annonce faire par Medvedev de faire passer une loi le rendant seule autorité à décider d'une guerre contre un pays voisin à la Russie, ne devant plus, par conséquent, passer par la Douma ou Poutine. Gravissime.

Au lendemain de cette annonce, le président Medvedev a rapatrié l'ambassade russe de Kiev (Ukraine), accusant Viktor Iouchtchenko, président ukrénien, d'avoir soutenu la Géorgie durant la guerre de 2008, et d'avoir vendu des armes à la Géorgie. L'Ukraine, pays souverain, en avait bien entendu tous les droits, faut-il le présiser...

D.P. depuis Tbilissi.

N'hésitez pas à réagir...

 

 

11/08/2009

Exposition à Tbilissi : 200 ans d'occupation russe.

 

Exposition à Tbilissi : 200 ans d'occupation russe...

Expo Rustaveli 01

Expo Rustaveli 03

Expo Rustaveli 02

Expo Rustaveli 04

Expo Rustaveli 05

No Comment...

D.P. 08/08/09

07/08/2009

Appel à manifester, PARIS

L'association FRANCE-GEORGIE,

Otar Zurabishvili.

COMMUNIQUE

7 août 2008, pour la sanctionner de son inclination pro-européenne et de son orientation
pro-occidentale, l’armée russe envahissait la Géorgie :

• plusieurs centaines de géorgiens sont tués,
• 100 000 personnes sont déplacées,
• la province de Shida-Kartlie (dénommée à tort Ossétie du Sud), puis aussi une partie
de l’Abkhazie sont occupées par l’armée russe
août 2009, la Russie, sous couvert d’une prétendue indépendance, tente d’annexer
militairement ¼ du territoire géorgien.

Violant sans vergogne les accords signés sous la Présidence française de l’Union
européenne :

• la Russie interdit tout retour des populations déplacées, et encourage la persécution
et l’épuration ethnique des minorités géorgiennes vivant sur les territoires occupés
• sans cesse au cours de l’année écoulée, la Russie, menace la petite Géorgie,
provoque des incidents, fait abattre par des snipers les policiers géorgiens (28 tués
au cours de l’année écoulée) et laisse entrevoir le spectre d’une nouvelle intervention
• le pouvoir russe, pour camoufler ses exactions et son réarmement, continue à
empêcher tout accès des observateurs européens aux territoires occupés
L’Association Géorgienne en France, dénonce de la manière la plus définitive l’occupation
militaire des territoires géorgiens et rappelle que tous les pays et toutes les institutions
internationales reconnaissent, sur ces territoires, la souveraineté géorgienne.

L’Association Géorgienne en France, apporte son soutien sans réserve à la Géorgie et au
peuple géorgien. Elle reste persuadée que seules les solutions politiques proposées par la
Géorgie constituent une réponse pour l’avenir identitaire des ossètes et des abkhazes vivant
sur le territoire géorgien. Hors de celles-ci, il n’y aura place qu’à la russification culturelle et
linguistique, telle que la Russie la pratique pour tous les territoires et toutes les ethnies qui
se trouvent sous sa domination.

Le Comité Directeur de l’Association Géorgienne en France appelle tous les géorgiens, leurs
amis et les associations géorgiennes hors de Géorgie à se mobiliser pour la défense de la
Géorgie et à se rassembler :

Samedi 8 août 2009 à 16h00
à Paris, devant l’ambassade Russe, Boulevard Lannes,

Metro Porte Dauphine (ligne 2)

Pour le Comité Directeur

Othar ZOURABICHVILI, Président
Contact Presse : 06 85 42 21 11
othar_z@hotmail.com

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04/08/2009

A ECOUTER ET LIRE DE TOUTE URGENCE

Mis à jour le 5/08 - 15:55 (Tbilissi)

Depuis plusieurs jours, dans la province sécessionniste d'Ossétie du sud, nombre de provocations ont pu être observées de la part de l'armée russe comme des séparatistes. Le gouvernement géorgien, bien entendu, réagit en utilisant tous les moyens diplomatiques dont il dispose, sachant que face à Moscou il est bien impuissant. Il est clair que la Russie, dont l'armée s'est à nouveau amassée le long des frontières géorgiennes, espère qu'une nouvelle guerre débutera contre Tbilissi. Qoqoïty, le "président" ossète, vient de limoger la totalité de son gouvernement. Il réclame des terres géorgiennes supplémentaires pour agrandir son territoire, ultime provocation? Pas si sûr. Il y en aura d'autres... Irina Gagloïeva, porte-parole du gouvernement d'Ossétie du Sud, a déclaré à l'Associated Press que les mouvements à la frontière étaient légitimes et a nié toute ambition expansionniste. "Que les Géorgiens se détendent au sujet de leur territoires. Nous n'avons pas besoin d'un seul centimètre de leur sol" En omettant, bien sûr, de préciser que l'Ossétie du Sud, c'est la Géorgie!!! Et qu'Akhalgori, ré-occuppé aujourd'hui pas des troupes ossètes, n'est pas dans la province d'Ossétie...

Le président Obama vient de rappeler son état-major en vacances afin de plancher sur le sujet. L'Europe, elle, reste en vacance semble-t-il. Et 5 millions de Géorgiens attendent de voir ce que Poutine va décider. Depuis qu'il sait que la Géorgie a réuni plus de 300 preuves contre les actions russes d'il y a un an, qu'a-t-il encore à perdre?

Voici l'appel à l'aide de Saakashvili au monde occidental. A écouter de toute urgence. Et que les mauvaises langues amplifiant la voix de Moscou qui, comme il y a un an, comme depuis des années, accusent à-tout-va la Géorgie de tous les maux, se taisent! Je veux parler ici de ces médias d'irresponsables bassement anti-capitalistes qui ne se rendent pas compte des services qu'ils rendent aux mégalomanes qui dirigent la Russie sans aucun respect pour l'Humanité toute entière.

FRANCE 24, diffuse une interview du président Saakashvili. Le lien : France 24 interview Saakashvili

D.P.

Etant toujours en Géorgie actuellement, j'essaierai de vous tenir au courant des derniers développements. Autant que possible, n'ayant pas internet tous les jours. Je vous suggère de vous rendre sur "rustavi2" en anglais (lien dans la colonne de gauche)

29/07/2009

La diplomatie américaine et russe hausse le ton.

Loin du langage diplomatique adopté par Obama avec la Russie, Joe Biden, lors d'une rencontre avec des jeunes réfugiés d'ossétie et d'abkhazie, a déclaré que « la Russie utilisé un prétexte pour envahir votre région, dans l'espoir de détruire l'économie et convaincre le peuple que la démocratie ne fonctionne pas. » En accusant la Russie de l'invasion après utilisation d'un «prétexte», Biden réitère la position qu'il a prise lorsqu'il s'est rendu en Géorgie au cours de la guerre en tant que candidat à la présidentielle. Une version condamnant une nouvelle fois la Russie non seulement d'avoir organisé le conflit mais aussi de ne pas respecter les accords de cessez-le-feu.

Il ajoute par ailleurs que les Etats-Unis soutiendront économiquement non seulement l'Ukraine et la Géorgie qu'il a visité la semaine dernière, mais aussi tous les pays de l'ancienne URSS qui le désirent, et qu'il soutiendrait toute demande d'adhésion à l'OTAN. « La Russie s'est elle-même isolée des pays qui l'entourent, y compris parmi ses plus fidèles alliés qui commencent à dire des choses très dures contre la Russie... » a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis n'ont pas confirmé la demande du gouvernement géorgien pour l'achat d'armes de défense anti-aérienne et de munitions anti-chars, mais a par contre confirmé l'envoi de formateurs pour l'armée géorgienne, et d'observateurs non-armés pour seconder les effectifs européens dont le mandat a été prolongé pour une durée d'un an.

La réaction de la Russie ne s'est pas faite attendre. Rogozine a immédiatement déclaré qu'il empêcherait toute vente d'armes à la Géorgie, et sanctionnerait tout pays qui ne tiendrait compte de cet avertissement. Le président Saakashvili, quant à lui, souhaite vivement avoir les moyens de se défendre contre une nouvelle attaque russe « tout à fait envisageable » et que le refus éventuel des Etats-Unis de lui fournir du matériel de défense aboutirait sans doute à une nouvelle tentative du Kremlin d'envahir son pays.

La diplomatie internationale ne peut, sous aucun prétexte, effacer les crimes perpétrés par la Russie ces dix dernières années pour des raisons commerciales (gaz/pétrole). Mais elle se doit aussi de maintenir des « relations normales » avec le Kremlin qui, ne l'oublions pas, possède le plus grand arsenal d'armes de destruction massive, et c'est pas peu dire. Le Kremlin le sait, et « joue » avec cette idée. Le « bouton reset » de madame Clinton ne fut qu'un jouet dans les mains de Lavrov... Ce que les pays européens ayant appartenu à la sphère soviétique comprennent et dénoncent depuis longtemps, mais que l'"ancienne Europe" ne peut réellement comprendre, ce qui implique une diplomatie extrêmement frileuse de la part de cette dernière, et des médias trop confiants en la "Nouvelle Russie" de Poutine (et Medvedev).

Avez-vous déjà visité la Russie, ces dernières années? Non pas uniquement Moscou ou Saint-Petersbourg, vitrines de cette "nouvelle Russie capitaliste" mise en avant par le Kremlin (villes extraordinaires brûlant sous les néons de l'occident), mais les campagnes ou les petites villes de province. Là où, déjà du temps de Staline et de ses successeurs soviets on ne mangeait que des pommes de terre en remerciant le pouvoir de ne pas les laisser crever de faim, ils n'ont même plus de pommes de terre! C'est aussi cela, la "nouvelle Russie"! Alors que ces dix dernières années, le pouvoir a amassé des milliards de pétro-roubles jamais réinvestis dans de quelconques infrastructures pourtant indispensables dans les campagnes...

Pendant ce temps-là... A Gali encore, une femme enceinte qui voulait rejoindre le seul hôpital de la région et devait passer par le fameux pont contrôlé par les miliciens abkhazes et les russes, après avoir payé son « droit de passage » de 500 Laris (+/- 250$) aux miliciens, s'est vue refuser le passage par les soldats russes à l'autre extrêmité du pont, n'ayant plus les moyens de les payer. Je n'ai pas pu obtenir de ses nouvelles depuis, mais on peut imaginer dans quelles conditions elle a du accoucher, chez elle, sans assistance médicale. Pourrait-on imaginer un seul instant qu'un tel acte se produise dans nos pays « civilisés »? Ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres relatés chaque jour par les habitants des régions bordant les « frontières » administratives ossètes et abkhazes.

En Moldavie (pro-russe) où des élections ont eu lieu ce week-end, les observateurs géorgiens présents parmi les délégations d'observateurs internationaux, ont été empêchés de faire leur travail et ont été enfermés dans un local, sans aucune assistance - nourritures ou boissons, etc... C'est dire que les méthodes russes n'ont pas changé depuis Staline...

N'étant à Tbilissi que pour quelques heures, je n'ai hélas pas le temps de vous énumérer la totalité des nouvelles que nous avons ici, mais dès mon retour à Bruxelles, je vous promet un billet très complet sur la situation dans le pays, et bien d'autres choses encore dont je vous laisse la surprise.

Bonnes vacances à tous,

D.P.

 

23/07/2009

Joe Biden en Géorgie : Soutien inconditionnel des USA et de l'Europe.


Toujours absents de la presse belge (RTBF, Le Soir et La Libre), ces informations sont primordiales pour l'avenir de la Géorgie, bien entendu, mais non seulement : à travers elles  toute l'Europe, au minimum du point de vue énergiétique, est concernée par la visite du Vice Président Biden. La semaine dernière, une autre info capitale a été ignorée par cette même "presse": les critiques virulentes adressées par la Communauté Européenne et par l'administration américaine à la Russie, suite à la visite de Medvedev dans la "capitale" abkhaze, Sukhumi. Une provocation gravissime de plus de la part de Moscou qui, de son côté, critique ouvertement la visite de Biden à Kiev et à Tbilissi, comme si elle avait enconre son mot à dire pour ce qui est des politiques menées par ces deux pays en recherche de liberté et de démocratie, mots que les Russes n'ont pas encore intégrés dans leur dictionnaire d'australopithèques (merci Gad!) post-staliniens.

Mais voici ce que la presse rapporte de la première journée de Biden à Tbilissi :

Le Vice President des Etats-Unis, Joe Biden, a déclaré à Tbilissi que sa visite visait à envoyer « un message simple, clair et sans équivoque à tous ceux qui écoutent et ceux qui ne veulent pas écouter, que l'Amérique est avec vous et restera avec la Géorgie. »

Biden a pris la parole lors d'un banquet tenu en son honneur organisé par le Président Saakashvili peu de temps après son arrivée à Tbilissi, ce mercredi soir.

Le Vice President Biden a déclaré que le États-Unis appuient la Géorgie, car « nous avons été inspirés par votre recherche d'indépendance, que la révolution de la rose a été la voix des "gens épris de liberté, que vous avez étendu bien au-delà des frontières de la Géorgie".
Biden a déclaré que les Etats-Unis ont un « partenariat avec la Géorgie, en cause nombre de défis sécuritaires, la sécurité énergétique et les valeurs partagées de démocratie ».

« Vous êtes dans le processus de construction institutionnelle, de ces attributs dont le pays a besoin pour maintenir la démocratie. Beaucoup d'autres peuples dans le monde cherchent, grâce à vous, de voir s’ils pouvent bénéficier de la révolution de la rose à pleine maturité et des racines très profondes de la démocratie ».

Le président Saakashvili, qui a accordé à Biden l'une des plus importantes décoration de Géorgie, la médaille de l’ordre de la Sainte Victoire, a dit que le Vice President a été l'un des plus ardents défenseurs de son pays. « Comme vous le savez, nous avons réussi à construire ici quelque chose qui n'a jamais existé dans cette région - un pays moderne et qui fonctionne », a-t- dit. « Nous pouvons être fiers d'avoir réalisé cela, mais nous savons qu'il reste encore beaucoup à faire » et a ajouté que, à cette fin il a décrit les propositions pour plus de réformes démocratiques, texte révélé au Parlement plus tôt cette semaine.

Il a également déclaré que l'opposition continue ses protestations de rue, ce qui fait partie de la démocratie.
Saakashvili a aussi déclaré que son palais présidentiel (inauguré il y a une semaine), où le dîner officiel avait lieu, « est à seulement 40 kilomètres des territoires occupés» - en se référant à Akhalgori en Ossétie du Sud sécessionniste, « mais je ne veux en rien vous effrayer! Je sais qu'il est très difficile de vous faire peur!», a ajouté Saakashvili, rappelant la visite en Géorgie de Biden le 18 août 2008, environ une semaine après la fin des hostilités militaires.

Saakashvili a déclaré que malgré les attaque de grande envergure par la Russie, « le peuple géorgien fier et ne renoncera jamais. Alors que nous sommes à portée d’arme ... nous croyons que la démocratie est plus que jamais nécessaire, permettez-moi d'être clair sur ce point: pour nous il n'y a pas de compromis entre la démocratie et de la sécurité. Notre environnement de sécurité ne peut être résolu que par l'investissement dans notre démocratie », at-il dit, et a ajouté que ce serait « un chemin long et difficile et la Géorgie a besoin de l'aide de ses amis à cet égard. »

À la fin de son discours, Saakashvili a rappelé à Biden, que lorsque «vous m'avez dit [après la guerre du mois d'août]: « Misha, de nombreuses personnes vous appellent ces jours-ci, mais beaucoup plus tard, cesseront de le faire, c'est inévitable, mais je ne vous abandonnerai jamais, je serai toujours là pour votre pays ». Vous avez été toujours là pour nous et le serez toujours. »

Le dîner, auquel ont également participé des membres de la délégation américaine, le gouvernement géorgien et des hauts fonctionnaires parlementaires, a été suivit par un concert d’artistes géorgiens, chants et danses folkloriques (superbes), Nino Katamadze, et la soprano d’origine abkhaze (je pense) entre autres.

D'après Civil.ge


Pendant ce temps, à Gali, ce village à la "frontière" abkhaze peuplé par 100% de géorgiens où décidément les soldats russes ne savent plus qu'inventer, les habitants qui souhaîtent traverser l'unique pont situé au centre du village doivent leur payer 500 roubles. D'un côté c'est compréhensible puisque ces soldats ne sont pas ou peu payés par Moscou... Avant-hier, onze personnes ont été enlevées contre rançon. Autre manière de se payer. Comme au 19ème siècle, quand ces mêmes soldats n'avaient que le pillage des zones conquises comme solde. Les policiers abkhazes (pas très méchants, contrairement aux milices séparatistes et aux soldats russes) ont été désarmés par les russes, ce qui a été considéré comme une trahison supplémentaire par les abkhazes. Certains d'entre eux, ayant refusé, ont quitté leurs postes pour rejoindre le maquis, si j'ose dire, dans les forêts avoisinantes. Mais leurs maisons ont directement été perquisitionnées et leurs familles interrogées par les autorités russes. C'est clair, les abkhazes commencent à "voir rouge"....

Comme je suis actuellement à Tbilissi pour quelques heures et qu'ailleurs en Géorgie je n'ai que très péniblement accès à un réseau internet, je n'ai pas beaucoup l'occasion de tenir mon blog à jour, et je m'en excuse auprès de vous. Sachez seulement que je suis très fier des géorgiens qui souffrent beaucoup de la présence des Russes sur leur territoire mais ne perdent pas espoir de revoir un jour leur pays uni, grâce à Saakashvili pour l'instant, avec ses qualités comme avec ses défauts parfois (il est souvent impulsif comme peut l'être un Sarkozy, mais, j'en suis convaincu, seul à pouvoir actuellement diriger le pays dans la direction souhaîtée par la majorité du peuple géorgien).

Dernière chose avant de repartir vers la fraîcheur des montagnes géorgiennes : quelques photos de lieux que je ne suis pas prêt d'oublier tellement c'est magique :

Géo 2009_0185Sur la route menant vers Tusheti.

Géo 2009_0224

Tusheti, après 70 km de sentiers tortueux et périlleux : un cadeau de la nature à quelques km de la Russie (frontières Daguestan/Tchétchénie/Géorgie)

Géo 2009_0304

Tusheti, vue du village côté "hiver", pris du village côté "été". Seul un couple y vit toute l'année. L'unique route qui y mène étant très dangereuse, et totalement fermée les mois d'hiver, seul un hélico peut leur venir en aide en cas de pépin...

Géo 2009_0680

Cignari, ville entièrement (ou presque) restaurée par le gouvernement géorgien. Une perle perchée au-dessus de la vallée qui borde la chaîne du Caucase. Bien plus impressionnant que la Côte d'Azur!

Géo 2009_0574

Tsinandali, le chateau du prince Tchavtchavadze donné aux russes vers 1850 en paiement d'une rançon. Abrite actuellement le musée dédié à la famille princière. Somptueux (à l'échelle géorgienne), entouré d'un parc qui fait face au Caucase. Le prince Alexandre Tchavtchavadze était un poète éminent, mais aussi un grand amateur de vins. Il fut le premier à utiliser les méthodes de vinifications à la française en Géorgie, pourtant pays du vin depuis plus de 5000 ans. Dans la cave, ont peut encore y trouver des crus de l'époque napoléonienne.... (Les occupants soviétiques, qui n'y connaissaient rien, en ont laissés quelques uns!)

 

Bonnes vacances à tous!

D.P. (photos et textes)

10/07/2009

Enfin de retour au paradis !

 

Le 12 août 2008, alors que la guerre semblait encore ne pas vouloir s'arrêter et qu'il a fallu faire le choix entre rester et risquer la vie de ma famille, ou rentrer en Belgique grâce aux moyens mis à la disposition des ressortissants français par Sarkozy, alors présent à Tbilissi (rien de réaliste n'ayant été organisé par le ministère des affaires étrangères belges), c'est la mort dans l'âme que nous avons rejoint nos compatriotes pour rentrer au pays, sains et saufs, laissant derrière nous une Géorgie violée par les Russes.

Frustré, en colère, mais extrêmement motivé grâce au soutien inconditionnel de la communauté internationale, j'ai voulu à ma manière œuvrer pour aider ce petit pays du Caucase qui n'avait comme tort que d'être sujet à la convoitise de Poutine et de ses acolytes du FSB. Tbilisite, mon premier site consacré à la Géorgie, se devait d'évoluer, voire d'être remplacé : le blog est né !

Vous avez été très nombreux à visiter et à soutenir Tbilisite, de nombreux courriers de belges, de français, de géorgiens et, à ma grande surprise, de russes, venant sans cesse me conforter dans l'idée que ce travail n'est pas vain.

Jusqu'à aujourd'hui, vendredi 10 juillet 2009, beaucoup d'événements ont démontré combien j'ai eu raison, non pas sur quelques points mais bien sur tous les points, d'accuser comme je l'ai fait la Russie de tous les maux. Nombre d'enquêtes ont été réalisées par des instances nationales et internationales qui prouvent, si besoin en était, que la Russie a bien agressé les géorgiens sans qu'il n'y ait provocation de ces derniers, que la Russie a bien eu recours à la manipulation et à l'instrumentalisation des peuples séparatistes ces dix dernières années - les années Poutine - pour parvenir à s'emparer de la totalité de la Géorgie, que la Russie a bien bombardé les villages géorgiens du nord de l'Ossétie du sud avant le 8 août afin d'y attirer les forces géorgiennes, contraintes dès lors à protéger ses citoyens dans une zone où les milices ossètes et les « forces de paix » russes étaient en nombre croissant, que dans leur fuite, l'armée géorgienne n'a procédé à aucun massacre, contrairement aux milices ossètes et à l'armée russe seuls génocidaires et nettoyeurs ethniques lors de cette guerre, que la Russie a profité de la guerre en Ossétie pour renforcer leurs positions, voire même l'étendre très fortement, en Abkhazie, c'est à dire loin du conflit initial, ....etc....etc....etc...........................

Aujourd'hui, l'ours russe a de quoi être de mauvais poil. Le Président Obama, pour les intérêts des Etats-Unis bien entendu mais en connaissance de toutes ces évidences, soutient la Géorgie sans aucune restriction, à 100%. L'intégrité territoriale de la Géorgie ne sera jamais remise en question par la communauté internationale. La Russie doit faire marche arrière et enfin respecter leur signature du traité de cessez-le-feu signé par Medvedev, Sarkozy et Saakashvili il y a bientôt un an.

Et aujourd'hui, c'est de Tbilissi que j'ai le plaisir d'écrire ce billet. Quelle joie! Retrouver ce petit paradis sur terre après la grisaille monotone de Bruxelles... Alors, pour fêter ça, ces quelques jours qui viennent je les consacrerai aux plaisirs des sens, et les partagerai avec vous, chers amis, chers lecteurs assidus, au jour le jour ( selon l'accessibilité au réseau internet très instable!), oubliant le temps d'un souffle inspiré mes désirs de justice et mes besoins de revanches...

A 0001 (30)Pour commencer, voici quelques images de « mon paradis à moi », la maison en voie de rénovation dans la campagne du nord de Tbilissi. Située en dehors de toute modernité, au bord d'une petite rivière poissonneuse à souhait, au milieu de cette région qui semble inchangée depuis la nuit des temps... Oui, ici, c'est un paradis préservé. Et dire qu'il y a moins d'un an, nous y étions encerclés par des tanks et survolés sans cesse par des hélicos! Non, Poutine, ici ne sera jamais chez toi!

 

A 0001 (39)

Mais qui sait, à l'image de ce soldat russe, tu sais, celui qui a fuit ton armée pour avoir été maltraité par tes vils officiers, celui qui depuis des mois n'avait pas mangé un seul petit bout de viande, celui qui a fuit ton armée de pourris, traversé la « frontière » pour se retrouvé dans ce village géorgien ou il fut recueilli, soigné, nourrit, logé et aimé au-dela de tout préjugé par son ennemi géorgien, si tu viens chez moi, dans ce petit village perdu au centre de la Géorgie, je t'accueillerai aussi et nous viderons quelques verres de ce merveilleux vin qui se boit par ici, car quiconque arrive en Géorgie se doit d'être l'invité pour qui même l'impossible sera fait, sans aucun jugement quant à son passé. Mais pour être honnête, je ne pense pas qu'absolument tout le monde agirait ainsi pour toi...

A 0001 (22)


 

 

 

D.P.

07/07/2009

OBAMA - MEDVEDEV : une première journée à Moscou


OBAMA - MEDVEDEV : une première journée à Moscou

Voici, un peu plus bas, la quasi-totalité de la conférence de presse donnée conjointement par Obama et Medvedev ce lundi soir. C'est un peu long et fastidieux à lire, mais pas autant qu'à écrire, je vous l'assure! Quelques beaux sous-entendus de part et d'autre, et une fermeté d'Obama concernant l'inviolabilité du territoire géorgien qui ne laisse aucun doute sur les difficultés rencontrées lors des discussions de la journée. Par contre, aucune question n'a été posée par un journaliste à propos de la guerre d'août, ni à propos du Caucase en général. Il a sans doute fallu éviter les sujets qui fâchent, les points de désaccords. Obama voit Poutine demain matin, pour le p'tit-déj. Ils en parleront très certainement ensemble, étant bien plus l'affaire de Poutine que de Medvedev.

Demain, d'autres événements d'importance viendront donc certainement s'ajouter à ceux d'aujourd'hui, mais je n'aurai pas la possibilité de vous en faire part. Plutôt que d'en écouter ou lire l'un ou l'autre résumé dans un média quelconque (ce qui est encore plus pénible!), je ne peux que vous conseiller de lire la totalité, en anglais, sur le site de la Maison Blanche par exemple.

Pour le point de vue géorgien, reportez-vous, en anglais ou en géorgien, sur le site de Rustavi2, aussi par exemple. Je vous livrerai mes sentiments plus tard, vraisemblablement jeudi.

Et à partir de la semaine prochaine, c'est avec grand plaisir que je partagerai avec vous, cher(e)s lecteur (trice), mes témoignages et autres résultats de, je pense, nombreuses pérégrinations un peu partout en Géorgie (toujours difficile de s'y organiser: transports, disponibilités, obligations diverses). A défaut de pouvoir partager avec vous certains sujets de découvertes, comme les vins ou brandies incontournables ( sans rancune !) , je compenserai avec de nombreuses photos régulièrement mises en ligne, à la fois sur ce blog et un autre blog qui sera ouvert pour l'occasion.

Bonne vacances à vous si vous partez aussi "ailleurs", sinon, courage! 

D.P.

traduction libre d.p.

PRESIDENT Medvedev : Mesdames et Messieurs, Mesdames et Messieurs de la presse, les collègues, nous venons d'achever nos négociations avec le président des États-Unis. La première visite du président américain Barack Obama en Russie a été très chargée. Le première journée a montré que nous avons réussi à discuter de tous les points de notre ordre du jour, et ce n’était pas rien.

Je voudrais d'emblée dire que la conversation était très utile et très ouverte. Cela, sans aucun doute, fut une réunion qui a été prévu, tant dans notre pays qu’aux États-Unis d'Amérique, et sur laquelle non seulement l'avenir de nos deux pays dépend, mais aussi, dans une large mesure, les tendances du développement mondial.

(...) En réalité, pour nos relations, c'est très important et ce n'est pas un travail simple, parce que l'arriéré de problèmes est tout à fait impressionnant. Mais nous avons assez de volonté mutuelle pour faire l'examen de ces problèmes, les positions de principes qui nous ont toujours occupés et nous occupent encore, d'une manière professionnelle. Et nous sommes parvenus à des résultats mutuellement bénéfiques.

Je tiens à souligner que chacun de nos pays comprend son rôle à sa façon, mais qu’en même temps, nous nous rendons compte de notre rôle et la responsabilité de la situation dans le monde - surtout dans une période où le niveau de la mondialisation a atteint de telles dimensions, et de ces paramètres viennent les décisions que nous prenons très souvent pour déterminer la situation en général. Et ces États puissants comme les États-Unis d'Amérique et la Fédération de Russie ont une responsabilité spéciale pour tout ce qui se passe sur notre planète.

Nous avons de nombreux points de convergence, de nombreux intérêts mutuels et mondiaux, économiques et bien d’autre intérêts. Mais notre volonté de discuter de ces sujets était mutuelle, et c'est aussi l'un des résultats très importants de notre rencontre, car le travail que nous faisons requiert la bonne volonté, le respect mutuel, la compréhension et l'honnêteté de l'autre position.

Nous sommes également venus à la conclusion que le niveau des relations russo-américaines atteint aujourd'hui ne correspond pas à leur potentiel. Et la chose importante est que le niveau que nous avons aujourd'hui ne correspond pas à la nécessité de l'âge actuel, et sans développement de nos relations à l'ordre du jour des affaires étrangères, sur des données scientifiques, le commerce, l'éducation, les relations ne seront pas en mesure de construire la route à l'aube du 21e siècle.

Nous avons passé plusieurs heures à des négociations très spécifiques, et de même nous nous sommes attardé sur les questions de la philosophie de notre coopération. Je suis reconnaissant au Président des États-Unis pour la compréhension qu’il a montré sur les principes que nous avons mis en avant, et de notre attention sur les propositions faites par la partie américaine. Donc, en dépit du fait que, en quelques heures, nous ne pouvons pas éliminer le fardeau de tous les problèmes, nous avons convenu que nous allons aller de l'avant sans s'arrêter, que nous allons prendre les décisions qui sont nécessaires pour le développement des relations entre nos deux pays.

Nous avons discuté des problèmes très spécifiques, et je voudrais partager quelques-unes avec vous. Nous avons, bien entendu, discuté de sujets internationaux. Nous avons parlé de ces problèmes difficiles comme le processus de règlement au Moyen-Orient. Nous avons convenu de poursuivre nos travaux, en tenant en compte les visites que nous avons eues au Moyen-Orient, récemment. Nous avons discuté de la possibilité d'organiser à Moscou une conférence sur le Moyen-Orient.
Nous avons parlé d'un sujet très important qui nécessite la coordination de nos activités. C'est le problème de l'Afghanistan. Sans notre travail conjoint dans ce domaine, nous ne serions pas en mesure d'atteindre le succès, et sur ce point nous nous sommes entendus sur une déclaration spéciale.

Nos relations seront également consolidées par nos liens dans le domaine humanitaire, dans le domaine de la science. Cela doit être fait par tous les moyens, et nous allons traiter de cela après cette réunion d'une manière très profonde.

Maintenant, quelques résultats de nos négociations. Vous êtes au courant de leur existence. Nous nous sommes entendus sur un sujet très important, le nouvel accord des armements stratégiques offensifs. C'est donc un élément fondamental de notre sécurité mutuelle. Le travail était très intense et je dois admettre que nos équipes, nos délégations, ont travaillé efficacement sur ce sujet. Il en résulte un compromis raisonnable, et je tiens à remercier tous ceux qui ont pris part à ces négociations, ou y prendront part.

(..) D’un commun accord, comme nous venons de signer avec le Président des États-Unis, il est dit que nos deux pays peuvent avoir de 500 à 1.100 porteurs d'armes stratégiques, et de 1500 à 1675 têtes. Ce sont les nouveaux paramètres de notre dialogue et pour lequel nous espérons parvenir à un accord final qui fera partie du nouveau traité.

Nous avons également convenu que les systèmes offensifs et défensifs des deux pays devraient être examinés ensemble. Nous avons adopté une déclaration commune sur la GPA. Et cela est aussi un important résultat de notre travail, même en tenant compte du fait que nous avons des divergences sur un certain nombre de articles. Cependant, nous avons réussi à signer - d'approuver un document commun.

Nous avons discuté des mesures de coopération dans le domaine nucléaire et le plus important est que nous allons continuer notre coopération dans tous les domaines, et beaucoup dépend de notre pays. Nous avons signé un accord sur le transit militaire en Afghanistan. Nous avons décidé de créer une commission présidentielle sur la coopération, qui aura à coordonner les relations entre les divers organismes des États-Unis et la Fédération de Russie, respectivement, dans tous les domaines prioritaires, y compris les domaines économiques et militaires.

Dans le domaine militaire, ces questions seront abordées par les chefs d'état-majors qui ont signé le document, le général Makarov et Mullen.

Bientôt, tous ces documents seront publiés et vous pourrez vous familiariser avec eux.

(...) Je tiens à souligner, en conclusion, que notre pays tient à atteindre un haut niveau de coopération avec les États-Unis, ce qui serait réaliste, digne du 21ème siècle, et ce qui assurera la paix et la sécurité. C'est dans notre intérêt, et nous sommes reconnaissants à nos collègues américains pour le travail conjoint que nous avons fait.

Il est vrai que la solution de nombreux problèmes du monde dépend de la volonté commune des États-Unis et la Russie.

Merci.

(clap clap clap)

PRESIDENT OBAMA:

Bon après-midi, tout le monde, et je tiens à remercier le président Medvedev et le peuple russe pour leur hospitalité. Michelle et moi, et nos enfants sont heureux d'être ici, à Moscou, et d'être ici si rapidement dans mon administration.

Nous venons de conclure une réunion très productive. Comme le président Medvedev vient de l'indiquer, le président et moi avons convenu que les relations entre la Russie et les États-Unis ont souffert d'un sentiment de dérive. Nous avons décidé de rétablir les relations américano-russes, de sorte que nous pourrons coopérer plus efficacement dans des domaines d'intérêt commun. Aujourd'hui, après moins de six mois de collaboration, nous avons fait exactement cela en prenant des mesures concrètes pour progresser sur un large éventail de questions, tout en ouvrant la voie à davantage de progrès dans l'avenir. Et je pense qu'il est particulièrement remarquable que nous ayions abordé les priorités - ce ne sont pas des questions de second rang, elles sont fondamentales pour la sécurité et la prospérité des deux pays.

Tout d'abord, nous avons pris des mesures importantes pour faire avancer l'augmentation de la sécurité nucléaire et arrêter la propagation des armes nucléaires.

Cela commence avec la réduction de nos propres arsenaux nucléaires. Étant les deux principales puissances nucléaires, les États-Unis et la Russie doivent montrer l'exemple, et c'est ce que nous faisons ici aujourd'hui. Nous avons signé un accord commun pour une suite du traité à l'accord START et qui permettront de réduire nos ogives nucléaires jusqu'à un tiers de nos limites actuelles des traités. Ce traité juridiquement contraignant sera achevé cette année.

Nous avons également convenu d'une déclaration conjointe sur la coopération en matière de sécurité nucléaire qui nous aidera à atteindre l'objectif d'assurer à toutes les matières nucléaires vulnérables dans les quatre ans - des progrès que nous pouvons mettre à plus tard cette semaine au sommet du G8. Ensemble, ces éléments sont d’importants pas en avant dans la mise en œuvre de l'ordre du jour que j'ai énoncé, à Prague.

Comme nous tenons nos engagements, nous devons veiller à ce que les autres nations conservent le leur. À cette fin, nous avons eu des discussions constructives sur la Corée du Nord et l'Iran. La Corée du Nord a renoncé à ses propres engagements et de violation du droit international. Et c'est pourquoi je suis heureux de voir que la Russie se joingne à nous dans l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité qui appelle à des mesures énergiques pour empêcher la nucléairisation de la Corée du Nord et ses programmes de missiles balistiques.

L’Iran pose également un sérieux défi par le biais de son incapacité à honorer les obligations internationales. Ce n'est pas seulement un problème pour les États-Unis. Elle soulève la perspective d'une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient, qui mettrait en danger la sécurité mondiale, et le programme balistique de l'Iran pourrait également représenter une menace pour l'ensemble de la région. C'est pourquoi je suis heureux que nous nous soyons entendus sur une déclaration conjointe sur la coopération en matière de défense, et une évaluation de la menace des missiles balistiques, défis du 21ème siècle, y compris ceux posée par l'Iran et la Corée du Nord.

Deuxièmement, nous avons pris des mesures importantes en avant afin de renforcer notre sécurité grâce à une plus grande coopération.

Président Medvedev et moi avons convenu de la nécessité de lutter contre la menace de l'extrémisme violent, en particulier d'Al-Qaïda. Et aujourd'hui, nous avons signé un accord qui permettra le transit de matériel militaire offensif par la Russie vers l'Afghanistan. Il s'agit d'une contribution substantielle de la Russie à notre effort international, et permettra de gagner en temps et en ressources pour donner à nos troupes le soutien dont elles ont besoin.

Merci à l'amiral Mullen et son homologue russe, nous avons également accepté de reprendre la coopération militaire, entre les États-Unis et la Russie. Cela fournit un cadre pour l'amélioration de la coopération et l'interopérabilité entre nos forces armées, afin que nous puissions mieux répondre aux menaces auxquelles nous sommes confrontés - du terrorisme à la vie privée. Nous avons également décidé de rétablir une Commission mixte sur les prisonniers de guerre et des disparus, ce qui va permettre à nos gouvernements de coopérer à notre engagement inébranlable de nos militaires, hommes et femmes.

Et troisièmement, nous avons pris des mesures importantes pour faire avancer l’élargissement de notre coopération sur un large éventail de questions qui touchent la sécurité et la prospérité de nos peuple.

Président Medvedev et moi-même avons créé une Commission Présidentielle bilatérale américano-russe pour servir de nouvelle base à cette coopération. Trop souvent, les États-Unis et la Russie ne communiquent que sur un étroit éventail de questions, ou laisse les vieilles habitudes au sein de notre bureaucratie. Et c'est la raison pour laquelle cette commission comprendra des groupes de travail sur le développement et l'économie, l'énergie et l'environnement, l'énergie nucléaire et la sécurité, le contrôle des armements et la sécurité internationale, la défense, la politique étrangère et de lutte, la prévention et de traitement des urgences, de la société civile; la science et la technologie; l'espace, la santé, l'éducation et la culture. Et ce travail sera coordonné par le Secrétaire Clinton et le Ministre Lavrov, et le voyage de la secrétaire Clinton en Russie cet automne montre avancée.

Juste pour vous donner un exemple de cette coopération, c’est le nouveau protocole d'entente sur la santé. Nous avons appris - le plus récemment avec le virus H1N1 - une maladie qui apparaît partout peut constituer un risque pour les gens partout dans le monde. C'est pourquoi les services de notre Département de la santé coopéreront avec leurs homologues russes pour lutter contre les maladies infectieuses, chroniques, transmissibles et non transmissibles, tout en favorisant la prévention et la santé mondiale.

Enfin, je suis heureux que la Russie a pris la décision importante de la levée de certaines restrictions sur les importations de bétail. Le coût de ces restrictions sur l'entreprise américaine est de plus de 1,3 milliard de dollars, et nous avons fait des progrès importants vers la restauration de ce commerce.

Je ne vais pas prétendre que les États-Unis et la Russie sont d'accord sur chaque question. Comme le président Medvedev l’a indiqué, nous avons eu des discussions franches, et il y a des domaines où nous sommes toujours en désaccord. Par exemple, nous avons eu une discussion franche sur la Russie par rapport à la Géorgie, et je réitère ma ferme conviction que la souveraineté de la Géorgie et l'intégrité territoriale doit être respectée. Cependant, même dans notre travail par le biais de nos désaccords sur les frontières de la Géorgie, nous sommes d'accord que personne n'a un intérêt renouvelé dans les conflits militaires. Et pour avancer, nous devons parler franchement pour résoudre ces différends de façon pacifique et constructive.

Le Président Medvedev et moi nous nous sommes engagés à sortir de la suspicion et rivalités du passé afin que nous puissions avancer dans les intérêts que nous avons en commun. Aujourd'hui, nous avons fait des progrès significatifs dans le démontration par des actes et des mots ce qu'est une attitude plus constructive-Unis Russie relation peut ressembler au 21e siècle. Demain, je me réjouis de cet effort pour élargir les domaines des affaires, la société civile, et un dialogue entre Américains et Russes.

Je crois que nous avons tous un intérêt à se forger un avenir dans lequel les États-Unis et la Russie [soient] des partenaires efficaces au nom de notre sécurité et notre prospérité. C'est le but de la réinitialisation de nos relations, c'est le progrès que nous avons fait aujourd'hui, et je tiens encore une fois à remercier le Président Medvedev et toute son équipe pour être les hôtes et pour ce merveilleux travail réalisé de façon efficace avec nos équipes. Je vous remercie.

(clap clap clap clap)

MODERATEUR:  Chers collègues, nous commençons maintenant la conférence de presse conjointe du Président de la Fédération de Russie et du président des États-Unis. Vous serez en mesure de poser deux questions. N'oubliez pas de vous représenter vous-même. Et la première question, de la presse américaine :

Q Merci, et bonne soirée aux deux Présidents. Obama Président, je voudrais vous poser une question concernant la question de la confiance, après cette période de relations tendue entre les pays, mais aussi avec les accords que vous avez juste jeté aujourd'hui. Après avoir passé du temps avec le président Medvedev, vous sentez-vous comme vous avez le plein de confiance en lui, et avez-vous installé dans votre esprit qui est réellement en charge ici en Russie - le président ou le premier ministre Poutine?

Président Medvedev, je voudrais vous demander, les sondages montrent que le peuple américain ont des sentiments récurent - je suis désolé - qu’en Russie, les gens ont une certaine rancune à propos de l'Amérique. Je me demandais ce que vous pensez que le Président Obama peut faire pour essayer de changer cela?

PRÉSIDENT OBAMA : Bien, tout d'abord, c'est maintenant ma deuxième longue réunion bilatérale avec le Président Medvedev et nous avons aussi eu une série de coups de téléphone et d'autres échanges. Et au cours de nos interactions, j'ai constaté qu'il est direct, professionnel. Il est clair sur les intérêts du peuple russe, mais il est aussi intéressé par la découverte quels sont les intérêts des Etats-Unis. Et nous avons constaté, je pense, une capacité de travailler ensemble extrêmement efficacement.

Alors, oui, j'ai confiance au président Medvedev, non seulement d'écouter et de négocier de manière constructive, mais aussi d'assurer le suivi - le suivi sur les accords qui sont ici aujourd'hui. Et, encore une fois, je suis très reconnaissant, non seulement de la manière dont il a traité avec moi, mais aussi la façon dont nos équipes ont travaillé ensemble. Si vous pensez que sur le court laps de temps entre notre rencontre à Londres et aujourd'hui, et le fait que nous avons accompli presque tous les objectifs que nous nous étions fixés à Londres - et ces réalisations ne sont pas négligeables - je pense que c'est un bon signe de progrès dans l'avenir.

Demain, je serai à un petit-déjeuner avec le Premier ministre Poutine. Je ne l'ai pas rencontré avant. Je me réjouis de cette réunion. Je crois comprendre, c’est que le président Medvedev est le président, et le Premier ministre Poutine, le Premier ministre, et le pouvoir est attribué, conformément au système de gouvernement de la Russie, de la même manière que nous attribuons le pouvoir aux États-Unis.

Et mon intérêt est de traiter directement avec mon homologue, le Président, mais aussi d'atteindre le Premier ministre Poutine et tous les autres secteurs influents de la société russe pour que je puisse obtenir une image complète des besoins de la population russe, et les préoccupations de la population russe.

Et j’ai la forte impression que le président Medvedev et le Premier ministre Poutine travaillent efficacement ensemble. Et notre intérêt est traiter avec le gouvernement russe dans son ensemble afin de parvenir à l'amélioration des relations bilatérales qui, je crois, peut être accomplie.

PRESIDENT Medvedev : Tout d'abord, je tiens à remercier le Président Obama pour les paroles aimables qu'il vient de dire sur l'esprit et le niveau d'ouverture dont nous jouissons dans notre relation personnelle. J'ai dit quelque chose à ce sujet déjà, auparavant. Les Relations personnelles sont très importantes, surtout quand on parle de la construction de relations interétatiques. Et lorsque la relation entre les gouvernements et les relations personnelles sont au même niveau, positive - c'est toujours bon pour les relations entre les pays.

En parlant de l'attitude envers les Américains, ils sont amicaux. Je n’y vois pas d'éléments négatifs. Mais quand il y a des problèmes entre les états, quand il y a des signaux négatifs envoyés par le gouvernement, alors bien sûr ces signaux réfléchissent sur l'humeur des gens ordinaires et ainsi la meilleure relation entre les pays est que plus de personnes ont de l'empathie les uns envers les autres dans des pays différents.

Nous avons évoqué lors de nos différentes tâches la relation entre nos pays, de nouveaux hauts et bas. Ensemble, pendant la Deuxième Guerre mondiale, nous avons sauvé le monde, il y avait le partenariat stratégique entre nous. Et maintenant nous avons aussi un sentiment que beaucoup dépend de notre relation. Et le succès dans la réalisation de ces diverses espérances, dépend beaucoup de nos efforts, voulant dire que notre peuple avait toujours la sympathie l'un vers l'autre.

MODERATEUR: (Inaudible), s'il vous plaît, vous avez la parole.

Q. Je vous remercie. J'ai une question aux deux Présidents. La Russie et les États-Unis sont les plus grandes puissances nucléaires dans le monde, représentant 95 pour cent des ogives. Vous avez travaillé sur les documents sur le TNP depuis un certain temps - en fait, depuis 1970. Pensez-vous que vous serez en mesure d'avoir la situation sous contrôle dans la zone du TNP alors qu’il y a beaucoup de tendances négatives dans le monde entier?

PRESIDENT Medvedev: Eh bien, le problème de non-prolifération est très important pour nos pays parce car nous partageons le plus lourd dans le domaine de la non-prolifération des armes stratégiques. Nous avons de grands arsenaux nucléaires, et nous avons l'entière responsabilité de ces arsenaux . Et je suis d'accord avec vous - il y a des tendances négatives dans le monde et elles sont dues à l'émergence de nouveaux acteurs nucléaires. Certains d'entre eux ne sont pas officiellement membres du club nucléaire, mais ils ont des aspirations d'avoir des armes nucléaires et de déclarer ouvertement, ou, ce qui est pire, le faire clandestinement. Et bien sûr, elle a une incidence très négative sur le monde.

Et pour des raisons bien connues, il existe des régions du monde où la présence d'armes nucléaires créerait d'énormes problèmes, et ce sont des domaines où nous devrions concentrer nos efforts avec nos partenaires américains.
Ces régions, ces zones sont bien connues. Il n'y a pas de sens à les nommer. Mais il est bien évident que de la situation au Moyen-Orient ou dans la péninsule coréenne dépendra le climat dans le monde.C’est sous notre responsabilité conjointe, et nous devrions faire tout notre possible pour empêcher toute évolution négative là-bas. Et nous sommes prêts à le faire. Nos négociations avec le président Obama ont montré que nous partageons la même attitude à l'égard de ce problème.

PRESIDENT OBAMA: Eh bien, je pense que le président Medvedev a bien dit. Il s'agit d'une question urgente et pour laquelle les États-Unis et la Russie ont à assumer le leadership. Il est très difficile pour nous d'exercer le leadership si nous nous montrons nous-mêmes prêts à faire face avec nos propres stocks d'armes nucléaires de manière plus rationnelle. Et c'est pourquoi l'après-accord START est si important, et j'espère que nous pouvons réduire nos arsenaux nucléaires, autant que par un troisième qui peut même se déplacer au-delà des accords et traités.

La question cruciale que le président Medvedev a identifiée est le fait que nous assistons à un rythme de potentiel de prolifération que nous n'avons pas vu un certain temps, et il a cité deux zones spécifiques. Dans le Moyen-Orient, il est profondément préoccupée par la poursuite de la capacité nucléaire de production d'armes de ne pas tout simplement parce que d'un pays désireux d'armes nucléaire de l ‘Iran, mais le fait que si l'Iran obtient l'arme nucléaire, il est pratiquement certain que d'autres pays de la région décideraient de poursuivre leurs propres programmes. Et nous alors connaître une course aux armements nucléaires dans peut-être la plus volatile partie du monde.

Dans la péninsule coréenne, nous avons déjà vu la Corée du Nord bafouer ses propres engagements et obligations internationales dans la poursuite des armes nucléaires. Et dans tous ces cas, comme vous le voyez, au plus il y a prolifération des armes nucléaires, avec la possibilité non seulement pour les acteurs étatiques de cibler les populations avec des armes nucléaires, mais la possibilité que les armes nucléaires peuvent tomber entre les mains d'acteurs non-étatiques, des organisations extrémistes, cela fait peser une menace extraordinaire pour la Russie et les États-Unis.

Donc, je suis heureux des progrès que nous avons accomplis à ce jour. Je pense que le fait que nous ayons obtenu une évaluation de la menace en termes de capacités en matière de missiles balistiques et armes nucléaires qui pesent sur notre pays, que nous allons mener un examen plutôt que de faire des évaluations, et trouver une façon pour les États-Unis et la Russie de coopérer plus efficacement, ce sera très important.

Je pense continuer la poursuite de la coopération qui existe déjà entre la Russie et les États-Unis sur les matières nucléaires dans l’ensemble, et en veillant à garantir ceux-ci ce qui, je pense, va être très important. Structurer un nouveau traité revitalisé de non-prolifération qui applique un ensemble de règles pour tous les pays, leur permettant de poursuivre l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, sans avoir l’accès aux armes nucléaires, c’est ce qui va être très important.

Et nous avons effectivement proposé un sommet sur la sécurité nucléaire à l'échelle mondiale que nous avons l'intention d'accueillir l'année prochaine, et j'ai discuté avec le président Medvedev la forte possibilité que, dans un sommet ultérieur, qui pourrait être accueilli par la Russie, où nous convoquons tous les pays du monde pour commencer à faire des progrès sur cette question critique.

Matt Spetalnick de Reuters: Q  De profondes divisions à propos du bouclier de missiles américain ont énormément contribué à la détérioration de relations américano-russes de ces dernières années, et il ne semble pas que vous, messieurs, ayiez finalement résolu cette question non plus. Président Obama, vous avez dit très clairement que vous n'accepteriez pas le lien entre les groupes de missiles et les pourparlers de contrôle des armements. Le président Medvedev et le Premier ministre Poutine ont dit que ces questions doivent être liées. Vous, messieurs, désirez-vous bouger ou accepter un compromis sur cette question? Et sinon, pourriez-vous aussi contribuer à un blocage ou à un obstacle pour le fait d'atteindre un accord final START II?

Et aussi, Président Obama, je me demande si vous pouviez nous donner votre réaction à la répression du gouvernement chinois dans le nord-ouest du pays, sur les émeutes et les troubles qui ont tué plus de 140 personnes.

PRESIDENT OBAMA: En ce qui concerne la situation en Chine, malheureusement, j'ai voyagé toute la nuit puis aux réunions toute la journée, je n'ai donc pas été pleinement informé et je ne veux pas faire de commentaire jusqu'à ce que j’aie toutes les informations. Mais je peux vous assurer que notre équipe fera une déclaration dès qu’en mesure de le faire.

Sur la défense antimissile, nous avons convenu que nous allions continuer à discuter de cette question critique. Cela fait partie de la déclaration conjointe que nous avons signée. Je crois aussi qu'il est tout à fait légitime pour nos discussions de parler non seulement sur l'arme offensive mais aussi sur les systèmes d'armes défensives.

(,,,) La différence que nous avons eu a été sur les spécificités d'un système de défense antimissile que les États-Unis considère comme une priorité pour faire face à un missile venant d'Iran ou la Corée du Nord ou d'un autre État, et non de la Russie, et qu'il est important pour les États-Unis et ses alliés de disposer de la capacité à éviter une telle agression. Il n'y a pas de scénario de notre point de vue dans lequel ce système de défense antimissile serait une protection contre un arsenal russe aussi puissant. Et donc, en ce sens, nous n'avons pas pensé qu'il est approprié d'établir un lien entre les discussions d'un système de défense de missiles visant à faire face à une menace tout à fait différente sans lien avec le genre de solide capacité que la Russie possède.

Maintenant, cela dit, le président Medvedev a été très clair que c'est un point de profonde préoccupation et touche la sensibilité du gouvernement russe. Je pense quand je parle avec le Président que le Premier ministre Poutine va dire la même chose demain. Et nous tenons à travailler avec la Russie pour faire progresser un système (...) Donc, en fin de compte, je pense qu’au plus nous réalisons de progrès sur certains des problèmes que j'ai mentionné plus haut - la non-prolifération, qui est capable de suivre des missiles balistiques provenant d'autres sources - dans la mesure où nous construisons l'approfondissement de la coopération sur ces fronts, je pense que nous allons être en mesure de résoudre le plus efficacement cette question. Je crois que petit à petit, nous finirons par voir que États-Unis et la Russie peuvent être unies sur ces questions et qu'en fait, nous avons un intérêt mutuel à protéger à la fois nos populations contre ce genre de danger que pose aujourd'hui la prolifération des armes.

PRESIDENT Medvedev : Je vais dire quelques mots sur ce sujet. Bien sûr, anti-missiles balistiques de défense - pas de missiles balistiques de défense..., mais le problème de la troisième région est une discussion difficile. Mais je voudrais attirer votre attention sur ce que le président Obama a dit, et voudrais dire moi-même sur ce point. Dans notre accord mutuel qui vient d'être signé, nous parlons de la relation entre armes offensives et défensives, ce qui constitue déjà un pas en avant. Il y a quelques temps, sur cette question, nous avons tous -des différences. Or, ce lien est indiqué et cela ouvre la possibilité de rapprocher les positions les unes des autres.

Deuxièmement, personne ne dit que les missiles balistiques de défense est nuisible ou constitue un danger. Il est destiné à rendre un certain nombre de services. La question est de relier cette configuration de la défense des intérêts des autres pays. Je tiens à souligner spécialement que nos partenaires américains, contrairement à ce qui se passait au cours des dernières années, ont pris une pause et sont maintenant en train d'étudier cette situation. En conséquence de cela, ils vont formuler leur position finale. (...)