07/01/2009

Un article interessant sur l historique de l'immigration georgienne en France sur COLISEE ORG

Voici un extrait d'un article paru sur Colisée.org à propos de l'émigration des géorgiens vers la France, de 1900 à nos jours :

Les dates clés

Cinq émigrations politiques géorgiennes ont touché la France. Le début du 20éme siècle, et le régime du tsar Nicolas II, décident certains jeunes aristocrates et certains jeunes artistes à fuir vers l'Europe. En 1921, l'entrée de l'Armée rouge à Tbilissi déclenche une vague institutionnelle d'émigration vers la France, celle des hommes politiques qui ont fondé la Ière République de Géorgie, majorité et opposition. En 1924, l'insurrection nationale contre le régime soviétique, et la répression qui suivit, provoquent une troisième émigration. Dans les années quarante, les avancées de l'Armée allemande sur l'Armée rouge, et la capture de prisonniers soviétiques met dans l'obligation toute une génération de jeunes Géorgiens à émigrer malgré eux. Enfin, en 1992, un coup d'état militaire met fin aux fonctions du Président Zviad Gamsakhourdia et entraîne une cinquième émigration.

Lire la suite sur Colisée.org - Miriam Melua

05/01/2009

En Reaction a la position du senateur ecolo Josy Dubie sur la guerre en georgie

Suite à l'envoi de mon Récit de Voyage (publié sur ce blog il y a 20 jours) au sénateur écolo Josy Dubié, qui s'était déplacé fin septembre en Ossétie du Sud, en Ossétie du Nord et à Moscou accompagné de la sénatrice MR Christine Defraigne, et qui est à la source de ma décision de créer le blog Tbilisite tant son témoignage fut révoltant, monsieur Dubié me répond :

Lettre du 18 décembre 2008

Monsieur,

J'ai lu avec attention votre long témoignage.

 

Que vous souteniez sans réserves la position du président Saakashvili concernant le récent conflit en Ossétie du sud, c'est votre droit.

 

Par contre, Monsieur, la vérité a ses droits.

 

Et la vérité, que d'ailleurs vous ne contestez pas, est que, contrairement à ce qu'on affirmé dans un premier temps tous les médias occidentaux, c'est bel et bien Saakashvili qui a violemment agressé, en pleine nuit du 7 aout, l'Ossétie du sud, par des bombardements massifs et meurtriers, et une attaque terrestre de grande envergure pour s'emparer de Tskhinvali et du reste de l'Ossétie du sud.

 

Notre témoignage rétablit seulement la vérité des faits.

 

Contrairement à vos affirmations nous n'avons jamais, je dis et je redis "jamais", été "encadrés" par des militaires russes et nous sommes déplacés selon notre bon plaisir exactement où et quand nous le voulions. C'est d'ailleurs mal connaître le correspondant de guerre que j'ai été pendant 20 ans, d'imaginer qu'il puisse accepter qu'il en soit autrement.

 

Pour le reste que des atrocités aient été commises du côté russe non seulement elles sont vraisemblables mais en plus nous les avons évoquées et dénoncées dans notre rapport.

 

La question état donc bien "qui a déclenché massivement ce conflit meurtrier" et la réponse est bel et bien ce criminel de guerre de Saakashvili qui est en plus un parfait imbécile qui imaginait que les russes n'allaient pas réagir !

 

Aujourd'hui, en partie grâce à notre témoignage, la vérité sur ces dramatiques évènements et les responsabilités de leur déclanchement, ce font jour, ce qui a entrainé le report de l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN.

 

Nous nous en félicitons car nous ne souhaitons pas que notre pays se trouve entraîné dans une guerre avec la Russie, en cas d'adhésion de la Géorgie, suite à un nouvelle provocation aventuriste de Saakashvili dont le peuple géorgien a intérêt à se débarrasser au plus vite

 

Bien à vous,

 

Josy Dubié

Sénateur


Ma décision de publier ces lettres sur le blog est motivée par plusieurs raisons. D'abord, parce que durant cette période de fêtes, les occasions ont été nombreuses d'échanger les points de vues sur cette guerre avec la famille, les amis et les autres, et que j'ai été assez surpris d'entendre encore pas mal de gens défendre la position russe. Heureusement pas la majorité, mais déjà une personne, c'est de trop. Ensuite, j'ai pu remarquer que cela était du, comme souvent, au manque de discernement dans les infos que nous recevons, des infos trop fréquemment non-vérifiées par les agences de presses et/ou les journalistes, des articles trop peu documentés, sans contexte. L'influance de monsieur Dubié, quoiqu'insignifiante dans la politique mondiale, a quand-même démontré une chose: en 2008, il est encore possible qu'un homme politique puisse dire autant d'inepties et être cru, au moins en partie, par le chef de la diplomatie belge qui finalement prendra la décision de poser son veto contre l'entrée future de la Géorgie à l'OTAN, par peur avouée d'entrer en "guerre froide" avec la Russie. Pauvre B!

Il est à noter que la plupart des raisonnements de ces deux sénateurs ont depuis été détruits par... Medvedev lui-même (lire les articles en liens sur ce blog).

En tout cas, j'aimerais remercier ceux et celles qui, ces derniers mois, ont contribué ne fut-ce qu'un peu à faire connaître ce dont la Russie est capable, et contribué à défendre les intérêts des peuples, plutôt que les intérêts vénaux de certains puissants de ce monde. Je ne vise personne ...

Et bien sûr, vous souhaîter une année 2009 au moins aussi belle que dans vos rêves les plus fous.

D.P.

Et donc, voici ma réponse au sénateur Dubié.

 

Monsieur Dubié,

Tout d'abord, je tiens à vous remercier pour votre réponse. J'en ai pris bonne note, mais  jamais vous ne pourrez convaincre qui que ce soit ayant une connaissance sérieuse de la situation en Géorgie, d'avant
et pendant la guerre. Vous faites, hélas, partie des gens qui se sont fait manipuler par les Russes dont les dirigeants actuels sont des champions dans la désinformation (voir documents joints).

Sur la forme, Saakachvili s'est fait avoir. Le problème est de savoir ce que Bush lui avait promis. Mais en tout état de cause, en aucun cas Saakashvili, élu démocratiquement à la tête d'un état souverain, qui depuis 2003 n'a cessé de travailler à faire prospérer son pays, ne peut se faire traiter d'imbécile par quelqu'un qui ne connait ni la personne, ni l'histoire du pays, (et de la guerre qu'il traverse actuellement), ni sa culture.

De plus, d'après votre rapport que j'ai lu avec attention, vous accusez la Géorgie de génocide. C'est votre droit le plus strict d'en parler à qui veut bien l'entendre, mais comment avez-vous pu
porter une accusation aussi grave sans  avis contradictoire de la part  de géorgiens (autres que ossètes), et le mentionner dans ce rapport. Je vous rappelle que l'Ossétie du Sud est une petite partie de la Géorgie qui est séparatiste, que leur président Qoqoïti est un vrai bandit, ayant participé activement à la guerre civile Abkhaze, l'autre partie séparatiste,  il y a 15 ans. De par votre ancien métier et de par votre situation actuelle,  vous pourriez pourtant avoir toute la documentation en rapport avec ces régions séparatistes du Caucase. Toute la documentation concernant la guerre civile de 1992, et de toutes les exactions commises depuis, se trouvent à La Haie. Nous attendons les résultats des enquêtes en cours, mais quand on sait qu'il y a eu 350.000 géorgiens qui ont du fuir l'Abkhazie il y a 15 ans et depuis lors, votre accusation précipitée, de la part de l'homme politique, me semble irréfléchie.

Sur le fond : dès le  mois de mai les chars russes descendaient vers l'Abhkazie par voie ferrée. Les Russes avaient bien programmé leur intervention en choisissant le mois d'août où il y a peu de nuages sur le Caucase. Il ne leur restait plus qu'à provoquer Saakachvili. La flotte russe de Sébastopol était en route depuis 3 jours. Les Russes ont fait évacuer la ville de Tskhinvali parce que cette ville constituait, entre autres raisons, une belle vitrine pour les visiteurs étrangers en cas de bombardement géorgien, n'ayant été que très partiellement reconstruite après la guerre civile de 92. Ce qui fut le cas. Notez aussi que nombre de villages autour de Tskhinvali sont des villages peuplés par des géorgiens non-ossètes.
Vous avez, à votre plus grande joie, réuni une quantité d'infos allant dans le sens que messieurs Poutine et Medvedev ont décidé pour vous, dans la même ligne que ce qui a été dit en Russie dans la presse et à la Duma depuis des années, à propos de la Géorgie
pour une accusation aussi grave que précedemment avec la Tchétchénie.
En prenant parti pour Poutine (qui est en train de faire monter la pression dans chacune des ex-république d'URSS en Europe) et en influençant comme vous le fîtes la décision des pays membres de l'OTAN quant à l'adhésion de la Géorgie, vous avez ouvert grands les frontières du Sud Caucase à la domination russe, ce que ces peuples ne voulaient à aucun prix, ayant du subir ce joug depuis 2 siècles et sachant ce qu'il peut advenir de leur vie, de leur liberté. La Géorgie, libre de disposer d'elle-même selon le droit international, a choisi le partenariat avec l'Europe et les Etats-Unis bien avant 2003. Et c'est respectable.

Quant aux deux régions séparatistes, Ossétie et Abkhazie, sachez que ces territoires font partie intégrante du territoire géorgien depuis non pas des siècles, mais des millénaires.
Que vous ayez peur que la Russie désire une nouvelle guerre froide est naturel. On sait ce que cela a engendré pour les peuples d'URSS pendant 40 ans. Mais en ne réagissant pas avec force, diplomatiquement et économiquement s'entend, contre la politique de Poutine, dangereuse et en violation totale avec le droit international et les droits de l'homme, vous lui permetez d' agir de même avec d'autres peuples, comme en Crimée, ou tous les ukrainiens tant qu'à faire, ou l'un ou l'autre pays balte ...

Oui, les négociations prévaudront toujours sur la guerre, qu'elle soit froide ou non. C'est pour cela qu'il faut agir contre la politique de Poutine et Medvedev. Et qu'il serait grand temps pour le peuple russe de se choisir un nouveau président, et surtout un nouveau premier ministre.


Vous trouverez en pièces jointes des vidéos et des témoignages des organisations travaillant pour les droits de l'homme en Géorgie. On voit notamment des bombardements d'objectifs civils par l'aviation russe ainsi que l'incendie de la forêt de Bordjomi provoqué par 3 hélicoptères russes qui ont largué des bombes au phosphore. Borjomi, à des kilomètres de Tskhinvali, c'est l'équivalent de notre Spa ou Chaudfontaine, en mieux. L'usine a été détruite. Le saviez-vous? Il n'y avait aucune armée géorgienne présente à Borjomi. Que des civils et de l'eau. Un exemple parmi des centaines d'autres sur le territoire géorgien. Comme aux premiers jours de la guerre de Tchétchénie (russes contre séparatistes....)

Bien à vous,

D.P.
http://tbilisite.skynetblogs.be/

 

Je remercie Mr Melua qui m'a gentiment envoyé ces documents et quelques arguments pour cette réponse à Dubié.

 

04/01/2009

Humeurs suite aux recentes discussions amicales ou ...familiales. Fetes oblige...

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France 2 :

Reportages sur le thème "Russie : L'empire contre-attaque ? " :

Un Oeil sur la Planète

Sur la gouvernance de Poutine et Medvedev, ou comment faire pour retrouver la grandeur de la Russie soviétique ou tsariste et redevenir la 2ème puissance du monde.

La même émission, à propos des tensions entre la Russie et

1. la Géorgie et l'Abkhazie,

2. l'Ukraine et

3. l'Estonie. 

Un oeil-sur-la-planete

En Russie :

le site du parti d'opposition russe, dirigé par l'ancien champion d'échec Kasparov. à propos du conflit, plusieurs articles, dont quelques uns. (Site en anglais)

Russian Opposition on the War in Georgia - Official Statement (11 août 2008)

Russian Democratic Forces on the Georgia Conflict (20 août 2008)

Russian Opposition Party Decries Recognition of Georgian Breakaway Regions

Ce qui est instructif dans ces articles et ces reportages n'est pas d'apprendre que l'opposition russe soit opposée à Poutine dans cette guerre, parce que ça c'est leur rôle, ni d'apprendre combien la Géorgie a été victime de son besoin de se rapprocher de l'occident, parce que ça c'est évident, mais bien d'apprendre comment il a été possible pour le pouvoir de s'approprier un territoire en dehors de ses frontières, s'appuyant sur des ordres anticonstitutionnels et/ou en violation au droit international, aux droits de l'homme ou au simple bon sens, ordres donnés par le pouvoir afin de réaliser ses ambitions personnelles. Ces infos sont inédites ici parce que jamais publiées par les résumeurs amateurs d'AFP, source des "journalistes" francophones entre autre.

C'est grave, bientôt je vais me battre aux côtés des russes opposants plutôt qu'aux côtés des géorgiens. Ce serait plus efficace de changer les choses à la source, évidemment... A méditer... Tant il est vrai qu'il eût été plus simple d'écarter Adolf de l'intérieur avant 1939 que trop tard de l'extérieur en 1944...

Europe :

Primordial : apprendre pourquoi le Caucase a une telle importance géopolitique à la fois pour l'occident et pour la Russie de Poutine:

Première approche, un discours de Cristian DUMITRESCU, député européen, secrétaire International du SPD, à propos du conflit d'août 2008.

Je le copie/colle ici, pour faciliter la rédaction de certaines notes que je n'ai pas manqué d'y ajouter en rouge.

stalin_putinDurant l’antiquité grecque – les Jeux Olympiques ont représenté un moment de paix, religieusement respectés par tout le monde. Plus de trois mille ans après et plus d’un siècle depuis que Pierre de Coubertin a rénové ceux-ci, comme Jeux planétaires, cette fois-ci la joie et le flair-play des jeux ont été estompés par un conflit militaire, celui de la Géorgie du charismatique président Saakasvili, l’homme du jour du Caucase et l’expérimenté leader russe, Poutine, l’homme de fer de la Russie.

Si nous tenons compte qu’en même temps aux États Unis d’Amérique nous sommes à la veille de la grande bataille entre le charismatique, lui aussi, sénateur Obama et l’expérimenté républicain Mc Cain, les événements de Géorgie, sûrement peuvent avoir une signification mondiale.
Si le Président Saakasvili, par hasard, était le vainqueur, la célèbre « Pax America » qui règne depuis plus d’une décennie aurait été plus que renforcée et ainsi, bien sûr, que les Républicains du «guerrier» Bush. Si Saakasvili perd, comme cela est arrivé, les Démocrates auraient l’avantage. Mais, le « tendon d’Achille » d’Obama, son point plus faible, c’est exactement la politique internationale. La réponse rapide des Démocrates – pour tirer le maximum de profit de cette situation exceptionnelle, a été la nomination du très expérimenté et même réputé spécialiste de la politique internationale, le Sénateur Joe Bider, comme candidat à la deuxième fonction de l’Exécutif américain, celle de vice-président.

Selon un grand nombre de spécialistes dans la problématique internationale – le récent conflit – l’intervention géorgienne en Ossétie de Sud, la réponse dure, même trop dure et disproportionnée des Russes, qui en quelques jours ont occupé à peu près tout le pays, comme aux beaux temps de l’Union Soviétique, la réaction rapide de l’Union Européenne par le Président Sarkozy, au nom de la Présidence française de l’Union, le pèlerinage des chefs d’États et de gouvernements de l’Ossétie et de l’Abkhazie par le Président russe Medvedev, sur l’unanime demande de la Duma
(la Duma est à 100 pourcents acquise à la cause de Poutine, ce qui est une preuve indéniable du style de corruption qui règne sous Poutine) – représente un point fondamental de l’inflexion dans la politique mondiale.

Comme le poète le dit : « Rien ne sera d’ici à l’avant, comme auparavant ».

Pour préciser, il faut souligner que :

La Géorgie a été depuis toujours une terre considérée essentielle pour les intérêts de la Russie dans le Caucase, habitée par une population chrétienne orthodoxe majoritaire, vue comme un cordon de sécurité entre la Russie et la Turquie.

Le rapprochement de la Géorgie est devenue un espace clé pour l’Occident, du point de vue de l’indépendance énergétique, grâce à l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Seylan qui transporte le pétrole d’Azerbaïdjan par la Turquie, sans transiter par la Russie, aussi bien que le gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum, qui assure le transport du gaz caspien en Turquie.

En même temps, nous pouvons constater qu’on a commencé de parler de soi-disant « Pax russe », paix imposée par Moscou, -qui a comme précédent la campagne contre la Tchétchénie- avec la crise actuelle en Géorgie et va continuer certainement après la reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud par le gouvernement russe.

Dans l’équation déjà très compliquée du récent conflit, on doit introduire la reconnaissance des deux territoires autonomes – qui est liée à l’acceptation de l’indépendance du Kosovo par une grande partie de la communauté internationale – Premier résultat : l’infirmation de la théorie que le Kosovo est une situation unique et spéciale et c’est pourquoi il ne peut pas être considéré comme un précédent – il devient un précédent qui peut mettre en discussion les principes mêmes de l’accord d’Helsinski pour la paix et la sécurité en Europe.

La Russie comme l'occident a toujours agi selon ses propres intérêts. Dans le cas du Kosovo, ça arrangeait l'Europe et les USA mais dérangeait fortement la Russie. Le séparatisme Tchétchène quant à lui dérange les Russes qui s'engage dans une guerre attroce et meurtrière au possible sur le territoire Tchétchène, dans le Nord-Caucase, et place ensuite un de ses pions, grassement payé par Moscou. Ce qui se passe en Ingouchie pourrait être relaté ici aussi, tant les manipulations, les meurtres et autres déplacements de populations organisés par Poutine sont courants dans cette autre région du Nord-Caucase. Mais quand les sud-ossètes, province historiquement géorgienne hors des frontières russes et ce depuis des millénaires, réclament leur indépendance, là Poutine intervient comme s'il était chez lui, comme s'il était en Tchétchénie... Deux poids deux mesures.... pour tous c'est pareil.

Faire une évaluation de la situation dans la région est difficile et faire des projets pour l’avenir, l’est encore davantage. Mais on peut constater que l’accord entre Dimitri Medvedev et Michail Saakasvili a jeté un pont dans un conflit plus qu’inégal où chaque partie a perdu et a gagné quelque chose.

Du point de vue géopolitique, la Russie a réussi à s’imposer dans la région et à défendre ses intérêts stratégiques dans le Caucase ainsi qu’à humilier un allié de Washington. En même temps, elle a pris sa revanche pour le processus d’indépendance du Kosovo. Pour la Géorgie, le conflit a éloigné sa perspective d’adhésion à l’OTAN et sûrement la perte, peut-être pour toujours, des territoires séparatistes.
Il est bon de préciser que, depuis la fin des combats, la population abkhaze commence à se rebeller contre la gouvernance russe en Abkhazie, la population étant souvent prise en otage par celle-ci, étant par exemple forcée de quitter leur propriété en bord de mer afin que ce soient les riches hommes d'affaires et autres méritants du régime de Poutine qui puissent profiter de la rivièra géorgienne. De plus, les milliards de roubles promis par Medvedev comme aide à l'Abkhazie se font attendre, et la région, en ruine depuis 20 ans, en aurait bien besoin. Il n'est pas à exclure que la population, déjà en proie au doute, organise des manifestations anti-gouvernement et réclame plus de justices sociales, et ce
à court terme. De plus, si cette confrontation doit avoir lieu, il n'est pas à exclure non-plus qu'à beaucoup plus long terme, les abkhazes, peuple O combien plus proche des géorgiens que des russes à tout point de vue, regarderont la Géorgie voisine avec un intérêt d'autant plus grand que cette dernière, aidée par l'Europe et les States entre autre, sera capable de surmonter les crises à venir et continuera sans doute son ascension socio-économique. Les Abkhazes, désillusionnés, demanderont des comptes à ce gouvernement qui leur promettait, grâce à leur "indépendance", succès, prospérité et... liberté!

Pour les États-Unis, la perte de vitesse des ambitions régionales de Washington est dramatique. Bien que la Russie n’ait pas touché l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceylan
(pas faute d'avoir essayé) et même la zone qui concerne le futur projet Nabucco, elle a démontré clairement qu’elle peut le faire. Ce message est bien sûr plus régional et concerne en principe les politiques d’indépendance énergétique de l’Union Européenne.

Du point de vue diplomatique, la Russie a pu constater subitement les renforcements de la politique pro-américaine de ses voisins, illustrée par la signature de l’accord entre la Pologne et les Etats-Unis sur le bouclier anti-missiles et l’offre de l’OTAN à Kiev, pour l’installation des radars ; elle n’a subi seulement que de fortes condamnations verbales, sans aucune sanction réelle. Puisque les états n'ont pas sanctionné la Russie mais uniquement postposé quelques signatures d'accords commerciaux par exemple, i
l faudra attendre les résultats des enquêtes en cours, concernant les accusations russes et géorgiennes de génocides durant la guerre, dossiers remis aux tribunal de La Haie et pour lesquels la Russie a très nettement plus de chance d'être sanctionnée que la Géorgie... Mais cela ne concernera que les accusations de génocide et crimes de guerres (pas mal déjà, mais les accusations se porteront toutes sur les milices ossètes et quelques gradés russes les ayant protégés, mais ne concernera jamais les responsabilités réelles dans ce qui a mené à cette guerre. Ce débat-là devrait avoir lieu à Genève, mais je doute que la question y soit posée un jour.

Du même point de vue, la Géorgie a constaté une dramatique perte de prestige pour son Président Saakasvili et la classe politique de Tbilissi et en même temps la solidarité déclarée fermement de Washington et des voisins pro-occidentaux de la Russie. La Géorgie a obtenu des déclarations fermes surtout de la part d’Angela Merkel pour l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN.


Il faut préciser plusieurs choses. D'abord, ne pas oublier que l'Allemagne a des relations très particulières avec Poutine. En effet, l'ancien chancelier allemand est un des actionnaires principaux de Gazprom, tout comme Berlusconi. 50% du gaz alimentant l'Allemagne provient de Gazprom. La Belgique, peureuse face à une montée des tensions entre l'Europe et la Russie, a elle aussi posé son veto. Les souvenirs de la guerre froide des années soviétiques a plus pesé dans cette décision que l'utilité de libérer un peuple du joug poutinesque et d'appliquer les lois internationales, et l'ignorance avouée de l'histoire de Géorgie de la part des intervenants occidentaux à elle aussi été contre-productif pour la recherche d'une stratégie de paix dans le Caucase.


Du point de vue militaire le conflit a démontré que la Russie a très bien préparé les opérations militaires, sauf peut-être la protection aérienne, mais la Géorgie a prouvé que l’opération a été mal conçue et mal exécutée (normalement la liaison entre l’Ossétie du Sud et la Russie devrait être bloquée) etc.
L'armée géorgienne a tiré vers le tunnel de Roki, mais les troupes russes étaient déjà beaucoup trop nombreuses à en sortir : 3000 blindés et 60000 fantassins seront finalement présents en Géorgie.

En même temps le conflit a démontré qu’il y a dans la région de la Mer Noire des tensions historiques qui, pour les acteurs politiques internationaux, remonte au siècle passé, soit à la guerre de Crimée.

Le régime des détroits, établi à Montreux en 1936, est de nouveau revenu dans l’actualité, aussi bien que d’autres contentieux, comme par exemple, la présence de la flotte russe dans les ports ukrainiens, comme résultat du compromis a près la dissolution de l’Union soviétique.

Il est très tôt pour tirer des conclusions, mais il est clair que le récent conflit du Caucase a déclenché un processus et a délivré des forces de leur léthargie, des tendances et des intérêts qui n’ont jamais cessé d’exister dans la région, mais qui, pour le moment, ont été gelés pour utiliser un terme à la mode.

Le Caucase représente qu’une partie d’une région plus vaste et aussi dangereuse qu’on peut appeler la ceinture de feu de l’instabilité mondiale (faisant un parallèle avec la ceinture de feu du Pacifique, zone volcanique la plus instable de la planète) et qui commence au Caucase, continue par l’Afghanistan, descend par l’Iran, l’Irak jusqu’au Moyen Orient. C’est d’ici, dans la zone la plus riche en ressources énergétiques de la planète, où en ce moment la confrontation des grands intérêts politiques, géopolitiques et surtout économiques alimente l’instabilité et toutes sortes d’affrontements de nature religieuses, politiques, culturelles et économiques.

Mais on peut tirer une conclusion –qui cette fois-ci est très claire- la confrontation idéologique entre le communisme et le capitalisme a cessé d’être le moteur ou le motif de confrontation après la chute du Mur de Berlin –mais malheureusement la fin de cette confrontation idéologique qui a marqué notre monde plus de soixante années , n’a pas éliminé les sources des disputes. A partir d’ici nous passons à la philosophie de l’existence de l’humanité et heureusement c’est un problème beaucoup plus important que la politique.

 

 

28/12/2008

Lu sur le net

 

Un texte lu sur un blog français, posté la nuit du 8 au 9 août, dont je viens de prendre connaissance et que je vous livre (sans son accord, pas faute d'avoir essayé de le contacter... alors je le remercie ici)

Petit commentaire tout frais du rédacteur de DSI qui se trouve sur place (ndlr : en Ossétie) posté tout à l'heure (9 août) sur Air Défense (ndlr : un blog de liberation.fr) :

''- beaucoup de tirs d'artillerie de part et d'autre (LRM essentiellement). L'aviation russe est omniprésente mais avec assez peu de moyens (je n'ai compter jusqu'à présent qu'une dizaine de SU-25 russes, rien du côté de l'aviation géorgienne (ai entre-aperçu un SU-25 géorgien hier, c'est tout). En même temps, l'aviation d'attaque géorgienne compte moins d'une dizaine d'appareils... Pas encore vu de Mi-24 non plus côté géorgien.
Les Frogfoot russes utilisent essentiellement des roquettes pour l'attaque au sol (très impressionnant d'ailleurs), quelque fois leur canon de 30 mn. J'ai également assisté à quelques largages de bombes au-dessus des zones très urbanisées. Mais on sent les pilotes très craintifs (à chaque passage, essaimage de leurres anti-missiles et décrochage rapide). Les géorgiens semblent pour l'heure compenser leur manque de moyens aériens par des tirs de missiles sol-air assez efficaces (psychologiquement du moins, même si les médias locaux parlent de plusieurs SU-25 russes abattus).
Quant aux effectifs terrestres, ils sont essentiellement géorgiens (infanteries et blindés, type T-55). Les réservistes géorgiens arrivent par cars entiers (les cars jaunes de transport urbain de Tbilissi) dans la zone. Hier, la route reliant Tbilissi à Gori était constellée de BMP et BTR géorgiens, ainsi que par des 4x4 noirs (de marque japonaise) remplis de fantassins.
Sinon, et pour finir, attention aux "analyses" à distance des médias français. Je n'ai vu pour l'instant aucun journaliste occidental sur place (ils doivent tous être à Pékin...) et j'entends et lis beaucoup d'inepties sur le conflit. Pour info, j'ai eu une entrevue privée avec le président Saakashvili la veille au soir du déclenchement des combats, dans son bureau, et il s'apprêtait à partir pour les JO de Pékin... De même, l'un des responsables de l'OSCE sur place, en charge de l'Ossétie du Sud, rencontré le même jour à Tbilissi, ne prévoyait absolument pas ce qui est en train de se passer. Il ne s'agit donc pas, à mon avis, d'une attaque coordonnée à l'avance par Tbilissi mais d'une escalade qui a dégénéré très rapidement, prenant tout le monde de court (Géorgiens inclus).''

Je rajoute pourtant que cela fait quelques jours que les civils quittent la zone des combats, et que l'arrivé de renforts mécanisé russes à travers une zone montagneuse en quelques heures fait qu'au minimum il y a avait des plans ''ou cas ou''....Wait and See

 

25/12/2008

Les evenements qui secouent Tbilisi

Grave : Criant

Face à l'opposition russe, l'OSCE retire sa mission de Géorgie

A lire sur :  http://fr.news.yahoo.com/

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Tbilisi - Aout 2008

Copyright D.P. Tbilisite

Qui l'eût cru ? Non décidé

Moscou se préparait à une guerre avec la Géorgie, a déclaré Medvedev

A lire sur :  http://fr.news.yahoo.com/

Résumé plus complet de l'interview de Medvedev sur :  http://www.reuters.com

traduit en français (!!!) : http://translate.google.com

 

Innocent JOYEUX NOEL A TOUTES ET TOUS !!! Innocent

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Aout 2008. Bruxelles CEE.

Copyright D.P. Tbilisite

20/12/2008

GEORGIAN LEGEND A LUXEMBOURG

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GEORGIAN LEGEND

LE 6 FEVRIER 2009 - LUXEMBOURG - ESCH SUR ALZETTE

A NE PAS MANQUER !!!

Pour voir la vidéo promo :  ICI !!!
Pour écouter 2 extraits musicaux : ici

 

 

 

 

16/12/2008

Un oeil sur la planète...

Bonjour à tous,

 

Sur France 2, l'émission "Un Oeil sur la Planète" concernant la Géorgie, l'Ukraine et l'Estonie et leurs rapports avec la Russie a été diffusée. Ce furent des reportages impartiaux dans lesquels je n'y ai entendu aucune contradictions par rapport à mon récit publié sur ce blog hier.

Ce reportage est rediffusé ce soir sur TV5 à 23h50. Ne le ratez pas, enregistrez-le si possible.

Bonne vision! Nous en reparlerons plus tard...

D.P.

15/12/2008

Aout 2008, récit de vacances... en Géorgie

Intro:

La Géorgie est un pays magnifique. Je ne pense pas m'avancer en écrivant que tout ceux qui un jour y ont été on eu envie d'y retourner. C'est ce que j'ai eu la chance de faire depuis dix ans, et j'ai eu le plaisir de publier les photographies (de Tbilissi principalement) sur la toile, et des expos à Bruxelles ont accueilli quelques tirages.

Mais si j'ai décidé de m' aventurer dans la création de ce blog, ce n'est pas pour vous exprimer mon attachement à ce pays, mais pour vous faire partager mon expérience de cet été lors des événements qui ont débuté au mois d'août, et ensuite exprimer quelques "coups de gueule" quant aux jugements hâtifs, manipulés, disproportionnés et/ou idiots de certains de mes compatriotes, journalistes, politiques ou simples citoyens, suite à ces mêmes événements.

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En Géorgie, cet été, ce fut chaud! Très chaud même.

Et mon voyage en Géorgie aussi, du coup.

En voici un résumé, chronologique, à l'intention de celles et ceux qui aimeraient savoir ce que c'est de se trouver en vacances dans un pays d'Europe orientale, et de se faire envahir par les Russes (en 2008 !!! Extraordinaire!)

Nous sommes partis à Tbilissi mon épouse et moi le 21 juillet, rejoindre ma fille déjà sur place depuis 15 jours. Voyage sans problème via Vilnius, si ce n'est la perte d'un de nos bagages à Vilnius, que nous récupérerons 2 jours plus tard.

A Tbilissi, il fait chaud, comme d'habitude en été. C'est la première fois que je reviens en Géorgie depuis la "révolution des roses", ou plutôt depuis la visibilité de ses effets sur la ville et sur la société en général. Beaucoup de routes ont été refaites, des squares et des places réaménagées, des fontaines, des bancs, des... poubelles, partout tout est propre... Si ce n'était la pollution des voitures et, surtout, des vieux camions et cars! Certains quartiers ont été complètement rénovés, mais en général les ruelles sont défoncées, et les façades lépreuses, comme il y a 3 ans. Ça et là de nouveaux bâtiments ont grignoté quelques terrains-vagues où auparavant s'amoncelaient des déchets en tous genres. Et de nombreux camions à ordures, modernes en plus!

Des vieux HLM repeints en bleu, vert ou mauve... Spécial.

Nous restons quelques heures à Tbilissi (le temps d'avoir des nouvelles du susdit bagage) puis nous partons pour la campagne où nous avons une maison bien plus "fraîche" que l'appartement de Tbilissi Nous passerons donc de 38 à 29°c. et c'est pas plus mal. L'été, Tbilissi, c'est chaud, surtout quand on vient de Belgique. Alors autant ne pas traîner, et monter 60 km plus haut. D'autant que notre fille nous attend avec impatience.

Bann Tbs cl1

La route est rapide entre la capitale et Mtskhêta. En fait, c'est une autoroute toute neuve, et de la voiture nous pouvons observer tous les 500 mètres de (vieilles) femmes balayer ou arroser la berne centrale et ses nombreuses fleurs. Beaucoup de petits boulots, mais aussi beaucoup de grands magasins, beaucoup de concessionnaires ont poussé à la sortie de Tbilissi Mercedes, BMW, Toyota, Peugeot... pas un ne manque. Impressionnant comme la Géorgie s'est modernisée en si peu de temps. Il y a des éclairages partout, et chaque quartier de la ville est alimentée en eau, en gaz et en électricité 24h/24...

Le pouvoir en place avait promis, lors des dernières élections, à ce qu'il y ait non seulement toutes les énergies, mais aussi un réseau gsm de qualité et un médecin pour chaque village du pays. En ce qui concernait la capitale, c'en est pas loin.

En tout cas, de ce point de vue-là. Car un des fléaux en Géorgie, reste la corruption. Après seulement deux jours sur place, c'est trop tôt pour avoir un avis, mais il semblerait que les géorgiens soient assez satisfaits de la situation dans l'ensemble. La police reçoit enfin un salaire et fonctionnerait correctement, ainsi que l'administration, mais la justice et certains ministères seraient encore corrompus ou simplement mal dirigés.

Le salaire moyen a augmenté, autant grâce aux entreprises étrangères que géorgiennes, grâce aussi aux dollars qui pleuvent suite au passage du pipeline BTC, mais ces entreprises ont pas mal soufferts de l'embargo russe de 2006 sur nombre de produits traditionnels, comme le vin et les eaux minérales, très réputés. Le taux de chômage est encore très élevé, les pensions beaucoup trop faibles. Les salaires très inégaux et les protections sociales à peine existantes malgré les traités signés. Mais bon, le monde ne s'est pas fait en un jour, et ça va mieux, mais pas (encore) pour tout le monde. D'où sans doute le gain de popularité pour l'opposition, fin 2007, vainement mais de justesse avec une confiance en Saakashvili renouvelée avec 53% des votes. Un résultat somme toute classique en pays démocratique.

Les problèmes abkhazes et ossètes sont au point mort. De temps en temps des tirs ossètes sur un village géorgien, suivis parfois de tirs géorgiens sur les tireurs ossètes, comme d'habitude. Ou un drone géorgien abattu par l'armée abkhaze, ou un survol de la Géorgie par des avions russes, bref, la routine.15 ans que c'est ainsi.

J'apprends quand même que les russes ont distribué des passeports russes aux habitants d'Ossétie et d'Abkhazie. Ah bon. Les deux provinces séparatistes de Géorgie deviennent de facto russes? Ils sont gonflés, mais bon, les géorgiens se disent que si c'est ainsi que les Ossètes et les Abkhazes veulent protéger leur culture de la Géorgie, en devenant russes ils prouvent qu'ils n'ont rien appris de leur histoire de ces 200 dernières années. Et quand on sait ce qui se passe en Russie sous Routine.

J'apprends aussi que les Russes ont terminé la reconstruction d'une voie de chemin de fer reliant la Russie à l'Abkhazie "pour faciliter l'aide humanitaire"disent-ils.

A part ça, tout va très bien. Je prends quelques jours de vraies vacances en famille. Soleil, montagnes, rivières, la pleine nature, presque inchangée depuis des milliers d'années, c'est magnifique. Le jardin d'une petite chapelle orthodoxe jouxte notre jardin, ce qui empli d' Histoire l'atmosphère des lieux. Et quel temps! Bien sûr, ce serait encore mieux si nous pouvions avoir l'eau courante et l'électricité 24h sur 24 ici aussi... mais nous avons la télé et le satellite, et le courant a fini par être plus stable, ce qui nous a permis de suivre les infos chaque jour (pendant que la piscine des enfants se remplissait lentement, lentement...).

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La guerre arrive. Elle sent déjà. Nous sommes le 1er août.

Aux infos, un soir vers le 1er août, sur une chaîne russe (RTP) on apprend que la population ossète du sud est évacuée vers l'Ossétie du nord (Russie) par autobus entiers. Des femmes, des enfants et des vieillards principalement. Des combats ont semble-t-il débutés entre forces de paix géorgiennes - en poste pour protéger les villages géorgiens en Ossétie du nord - et les milices ossètes (Forces de paix totale en Ossétie : 1/3 soldats russes, 1/3 soldats ossètes, 1/3 soldats géorgiens). La télévision géorgienne annonce la même chose, sans donner de raisons à ces mouvements de population, et pour cause: à priori, il n'y a pas de raisons. Pas plus que quelques mois plus tôt, quand quelques échanges de tir ont eu lieu. Pas plus que depuis 15 ans.

Dans notre village, pas très éloigné de Kaspi, le week-end se termine calmement, les mômes pataugent... en fin de semaine nous partons en Kakhétie, à Tsinandali, pour quelques jours. Magnifique chateau près de Telavi et de Gremi, entouré de vignes centenaires. Les meilleurs vins du monde nous attendent...!

Mercredi 6 août, nous entendons aux infos géorgiennes que des séparatistes ossètes ont attaqué un village géorgien en Ossétie, près de Tskhinvali (capitale de la province séparatiste). Les soldats géorgiens, ayant déjà perdu 3 hommes, répliquent vers les forces séparatistes, tout en demandant à rencontrer le président ossète et le responsable des forces russes d'Ossétie du sud. Ceux-ci ne déclinent pas la demande de discussion en vue d'un cesser-le-feu, mais se disent dans l'incapacité de se rendre à Tskhinvali pour rencontrer les responsables géorgiens: voiture en panne!

Ça commence à sentir mauvais, et les gens en parlent un peu, dans la rue. Mais ce n'est pas trop grave, finalement. Quand on a connu la guerre civile, en 1992, 93 et 94, ce ne sont pas ces quelques échanges de tirs qui font peur.

Le jeudi, 7 août, les forces de paix géorgiennes reçoivent des renforts de l'armée, quelques dizaines de chars et plusieurs centaines d'hommes sont dépêchés vers Tskhinvali, dans le but de déloger les tireurs de la milice ossète qui, entretemps, ont quitté les sous-bois pour rejoindre Tskhinvali. L'armée géorgienne renforce ses positions autour de la capitale ossète, se positionnant entre Tskhinvali et les villages géorgiens, au nord. Ces événements, dans les médias, occupent une place de plus en plus importante d'heure en heure. Ça craint.

Vendredi soir, 8 août, Tskhinvali est occupée à 90% par l'armée géorgienne. Elle avait été désertée de ses habitants (rappelez-vous, c'était il y a 7 jours) et la milice ossète a reculé vers le tunnel de Roki., attendant...

Les quelques chars géorgiens à proximité du tunnel voient alors des dizaines et des dizaines de chars qui en sortent, ainsi que des milliers d'hommes. L'armée russe intervient. C'est le 53ème régiment, bien connu en ex-urss pour avoir envahi l'Afghanistan d'abord, et la Tchétchénie ensuite. Aïe, la guerre commence vraiment... si on peut dire. Les chars géorgiens tirent bien quelques salves vers eux (dont, semblerait-il, des bombes à fragmentations), mais à 1 contre 100... Même les "orgues de Staline" sont impuissants contre une telle armada de blindés.

Les engins russes, appuyés par l'aviation, tirent vers Tskhinvali pour en déloger l'armée géorgienne qui y avait pris position depuis 24h. Le nombre de chars et d'avions engagés par les russes est impressionnant, en quelques heures des quartiers entiers de la ville sont pilonnés, bombardés, et les géorgiens sont contraints de se retirer, laissant derrière eux une ville à 20% détruite par les bombardements russes.

Dans une interview de la télé (russe), Poutine déclare vouloir tirer le président Saakashvili par les c... pour le sortir du pays une fois pour toute. C'est du joli. Il prévoit donc d'envoyer ses chars jusque Tbilissi...

Le samedi, Gori sort d'une nuit d'épouvante: la ville a été bombardée par l'aviation russe, touchant autant d'habitations que d'usines. C'est la panique et, lorsque les chars russes (j'ai toujours tendance à vouloir écrire "soviétiques"...) arrivent à Gori, la ville est déjà presque désertée entièrement. Les chars se positionnent rapidement, et bloquent chaque entrée de la ville. Des check-points sont immédiatement installés: il faut un visa russe pour entrer à Gori. Les milices, suivant toujours l'armée russe de quelques heures, pénètrent dans Gori. Pillages, assassinats, viols, etc... Gori, c'est 30 km au sud de Tskhinvali, en plein centre de la Géorgie. A 60 km de la capitale Tbilissi. Et à 20 km de ma famille. De moi.

Ils ont aussi bombardé d'autres villes de Géorgie, et quelques aérodromes militaires, désaffectés depuis 20 ans pour la plupart. Je n'ai pas les détails, mais j'apprendrai plus tard que les russes se dirigent à la fois vers Poti et et Gori.

De là où nous sommes, nous n'entendons rien de la guerre qui fait trembler la terre entre le Tunnel de Roki, et Gori. Beaucoup de villes et de villages sont bombardés, des forêts et des champs brûlés. Nous sommes entre Gori et Tbilissi, et c'est certains que les russes ont prévu d'aller jusqu'à Tbilissi afin de renverser Saakashvili. Nous hésitons à quitter notre maison de campagne pour Tbilissi où les gens sont tous dans la rue, face au parlement, à manifester leur soutient au président. J'ai très envie de rejoindre tout ce monde.

La télévision russe, pendant ce temps, annonce que "la Géorgie ayant attaqué l'Ossétie du sud, les forces de paix russes ont été contraintes d'intervenir afin d'empêcher un génocide de la part des Géorgiens sur le peuple ossète". Ils parlent aussi de l'aviation géorgienne qui aurait bombardé Tskhinvali avec des bombes à sous-munitions. Ça nous étonne.... Les Géorgiens n'ont pu faire décoller aucun de leurs avions, et pour cause, il n'y en n'a pas. A la télévision géorgienne, nous apprenons rapidement la décision des français de se rendre en Géorgie. Kouchner doit arriver d'ici quelques heures. Rapides. Je contacte l'ambassade de France pour savoir qui est responsable à Tbilissi pour les ressortissants belges. On me donne le numéro du seul officiel belge présent dans la région, qui me confirme ce que pensaient les français: c'est l'ambassade des Pays-Bas qui est chargée de nous rapatrier, au cas où. Je leur laisse nos coordonnées, au cas où.

Nous sommes dimanche matin, et les chars russes ont entièrement encerclé Gori. Des chars, des soldats russes blasés, ivres, et des snipers de-ci, de-là... Quand midi arrive, nous apprenons la mort de journalistes étrangers, un hollandais notamment. Sniper. Je ne sais que penser, nous nous sentons de moins en moins en sécurité. Les quelques soldats russes interviewés par la télé française se moquent des européens comme du reste du monde. Doigts d'honneur, insultes en tout genre destinées aux télévisions occidentales. Et pendant ce temps, la milice ossète nettoie. Grave.

J'appelle à nouveau l'ambassade de Hollande, endeuillée, afin de savoir s'ils organisent quelque chose pour ceux qui souhaiteraient être rapatriés. Je ne sais pourquoi, l'employée de l'ambassade ne cesse de rire. Mon accent anglais? Son accent français? Elle m'explique finalement qu'un autocar prêté par le ministère géorgien des affaires étrangères part vers Erevan ce soir ou demain matin, et qu'on me téléphonera pour m'avertir du lieu et du moment du départ. J'en parle à la famille. On ne sait pas s'il faut rire ou pleurer nous aussi: le voyage Tbilissi- aéroport d'Erevan est risqué, nous n'avons pas de visa pour l'Armenie (pro-russe) ce qui veut dire grosse "surtaxe" douanière. Et puis attente d'un hypothétique avion vers l'Europe... Deux jours? Trois jours? Le tout à nos frais, bien entendu. Quelle organisation...! Nous décidons de ne pas encore quitter le village, nous nous y sentons isolés, mais en sécurité... pour l'instant. Et puis nous sommes surtout optimistes. Surtout les Géorgiens. Je ne peux m'empêcher de penser au pire, mais j'acquiesse: mais tout ira bien. Sarko arrive dans 2-3 jours, Kouchner est là ce soir, les Russes ne tireront pas sur Tbilisi. Pas maintenant.

Nous zappons pendant que ma fille joue chez nos voisins et amis, à 500 m de chez nous. Un peu de détente. La nuit tombe doucement, les chauves-souris géantes sortent de leur abris sans un bruit, il fait bon... Le mot "vacances" semble reprendre du sens, quelques instants.

089Les cinq énormes hélicoptères, lorsqu'ils fondirent littéralement sur le village, venant du nord-ouest, ont fait sursauter toute la famille. Mon épouse risque un regard vers le ciel mais n'arrive pas à savoir s'ils sont russes ou géorgiens. Ils tournent autour de nous, et lorsqu'à mon tour je sors, tentant de les photographier et les identifier, l'un d'entre eux est juste au-dessus de la maison, stationnaire une trentaine de seconde. Je me dis "Si ça tombe (façon de parler) ce sera mon premier face à face avec l'armée russe" et, connaissant leur manière de procéder lorsqu'ils investissent un village, je dois bien avouer que j'en ai des sueurs froides. Bruyant. Ils finissent par repartir, survolant encore longtemps les forets aux alentours.

Même si nous avons appris ensuite qu'ils s'agissait de Géorgiens en retraite, cet événement m'a décidé à rentrer vers Tbilissi dès le lendemain. Ma fille, très impressionnée par son court séjour dans la cave de nos amis qui, ayant eu le reflexe de s'abriter, de protéger les enfants en y descendant rapidement, nous racontent "leur courage"!. Ma fille ne doit pas rester ici. Une expérience de guerre à son age...

Mardi matin, nous reprenons la route pour la capitale. Route très calme, pas beaucoup plus de circulation que d'autres jours. Nous n'apercevons plus les soldats chargés de la protection des ponts au-dessus de la rivière Mtkvari, nous ne croisons aucun blindé, pas même à Tbilissi. Tous ont eu l'ordre de rejoindre leurs bases.

Les Russes, pendant ce temps, bombardent encore Gori, au centre de la Géorgie. Et se déploient tout le long de la route nationale, entre Tskhinvali et Gori, puis entre Gori et Kaspi, au centre de la Géorgie, 45 km au sud de la frontière sud-ossète. En Abkhazie, un deuxième front s'ouvre contre la Géorgie: les chars russes arrivent par centaines via le chemin de fer "rouvert pour raison humanitaire" entre la Russie et la Géorgie Abkhazie quelques semaines plus tôt. De là, les Russes encerclent Poti. Poti, c'est le poumon économique de la Géorgie. Port maritime en Mer Noire situé à plus de 30 km au sud de l'Abkhazie, et à . Malgré les protestations des autorités de la ville, et de nombreuses manifestations des habitants et du maire devant les soldats russes, ces derniers ont fini par couler la totalité des bateaux se trouvant dans le port, rendant tout accès au port impossible, puis bombardé les terminaux pétroliers, ratant leur cible.

91 Mer Noire entre Poti et Batumi.

En Russie, la propagande tourne à plein "régime". Chaque accusation venant des responsables géorgiens (agression disproportionnée, populations pillées, assassinats, déportations et autre génocide) est systématiquement détournée, et à entendre les journalistes russes (ceux qui vivent encore, et qui donc sont aux ordres du pouvoir) les géorgiens sont tous des tueurs barbares sous les bottes des États-Unis. Les "Forces de Paix" russes ne faisant que leur devoir en sauvant les ossètes de la terrible invasion géorgienne! "Des russes sont mis en dangers sur notre territoire, nous avons le devoir politique et moral de les aider. C'est ce que nous faisons." C'est pas stupide. On distribue des passeports russes à tous les "ossètes du sud", on provoque les forces de paix géorgiennes en ossétie, puis on vient porter secours, violant toutes les lois internationales au passage, à la milice ossète. Avec 3.000 blindés et minimum 60.000 hommes à 6h de route, ce sera un jeu d'enfant d'aller "tirer les c... de Saakashvili" (sic Poutine).

Comme machine à diriger la population, l'armée russe est très bien organisée:  d'abord les chars entrent dans le village, pour neutraliser les forces géorgiennes qui s'y trouveraient, ensuite empêchent toute personne, géorgien ou étranger (journalistes ou observateurs OHCR) d'approcher de la zone en plaçant des barrages sur les routes et des snipers tout autour du village. Ils laissent alors entrer les milices ossètes et abkhaze (on y a vu quelques Tchetchenes aussi), qui se chargent des civils : nombreux meurtres, nombreux enlèvements, viols, etc... Et pillages systématiques.

Les observateurs comme les reporters sur place ont pu constater tout cela, et ont relayés ces infos, images à l'appui: des blindés russes quittant le territoire géorgien par le tunnel de Roki, surchargés de machines à laver, de radiateurs, de télévisions et autres objets de consommation. Assis sur leur butin, les militaires russes, bourrés à la Vodka, doigt d'honneur en direction des journalistes européens. Poutine, quant à lui, insulte toujours (ouvertement) le président Saakashvili. Bush n'a pas été aussi vulgaire avec Saddam ou Ben L.

Mardi 12 août, suite. La Belgique et la Hollande, qui ensemble ont une centaine de ressortissants en Géorgie, ne font toujours rien pour leur évacuation. Mais Sarko est là, avec deux avions du ministère des affaires étrangères. C'est finalement avec eux que nous rentrerons en Belgique. Les militaires français ont été d'une efficacité et d'une gentillesse à notre égard, merci à eux. Arrivés à Roissy, nous avons été accueillis par les autorité françaises avec la même attention, la même gentillesse. Médecins, psychologues, etc... Tous aux petits soins. D'accord, dans le contexte, ce sont des détails. Mais je vous assure qu'après tous ces événements, ça nous a fait beaucoup de bien. Un seul point "bof": le consul de Belgique chargé de prendre nos coordonnées à la sortie de l'avion était aussi accueillant et attentionné qu'un gardien de prison.... Fonctionnaire sorti trop tôt de son lit sans doute... C'est vrai, il est 5h du matin. A force, on ne sait plus très bien quoi.


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Saakashvili n'est certainement pas sans tort, c'est évident. Mais ses interventions face aux nombreuses agressions des miliciens et de l'armée russe avant le 7 août (et depuis plusieurs années) sur le territoire géorgien dans la province d'Ossétie ont toujours été minimes, prudentes, et contrôlées. C'est la réaction de Poutine qui fut totalement disproportionnée. De toute manière, même si les soldats géorgiens en Ossétie (rappel: eux aussi Force de Paix) avaient tirés avec un lance-pierre sur un chien errant, les russes en auraient profité de la même manière, envoyant les troupes venger la mort du chien. Le plus important, pour les russes, étaient d'envahir la Géorgie, de renverser Saakashvili pour le remplacer par un pantin semblable à Edouard Kokoïty ("président" ossète) ou Sergueï Bagapsh ("président" abkhase) ou Ramzan Kadyrov (président tchétchène) tous mis en place par Poutine, avant que la Géorgie ne rentre à l'OTAN décision qui devait être prise avant fin 2008.

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Mtskhêta. Vestiges du 1er siècle. Au sommet de la montagne, Djvari, église du 6ème siècle.

 

 

 

Au moment où j'écris ces lignes, 3 mois plus tard, les soldats de Poutine sont toujours présents sur 30% du territoire géorgien. La province d'Abkhazie est devenue russe de facto, pour le plus grand bonheur de la mafia locale (russe) et des propriétaires des villas de la riviera (russes). Quant à l'Ossétie du Sud, cette province inventée du temps de Staline, elle a été vidée de tous ses habitants géorgiens pour n'y laisser que les citoyens d'origine russe (d'Ossétie du Nord) et leurs descendants, installés là il y a 70 ans.

Faisant suite aux accords signés en août par Medvedev et Saakashvili, et sous les injonctions (timides) de l'Europe et des Etats-Unis, ainsi que de l'ONU, les autorités russes devraient permettre aux habitants déplacés durant le conflit de regagner leur maison (vide). Ce n'est toujours pas fait. Les différentes armées et milices devraient regagner leurs positions d'avant le 7 août. Ce n'est toujours pas fait côté russe: les régions frontalières avec l'Abkhazie sont encore occupées à ce jour, et des tirs de snipers sont régulièrement observés par l'OHCR, et ce jusqu'à Zugdidi, à 10 km de la province abkhaze. Une partie de la province mengrele est aussi contrôlée par les russes. Les observateurs européens devraient avoir accès aux régions séparatistes, mais au lieu de cela, ils sont refoulés aux frontières "devenues russes", au même titre que tout ceux n'ayant pas de visa russe.

Ce soir, je lisais encore un article sur les manifestations anti-gouvernement russes, ayant eu lieu aujourd'hui encore, manifestations évidemment interdites puis réprimées par Moscou. Et qui diabolisait les "répressions" de Saakashvili et de sa police, chargée d'empêcher les manifestants de commettre des actes violents, autour du Parlement lors des manifs d'opposants fin 2007? Ces mêmes personnes qui ont des intérêts en Russie, apparemment. Tant de choses sont critiquées par nombre de mécontents ou juste ignares: lorsque Saakashvili se fait élire avec 53% des voix, c'est assimilé à un échec plutôt qu'à un succès. Sarko s'est fait élire avec 53,06%, et Obama avec 52,6%. En 2004, Saakashvili avait obtenu plus de 90%, suite à la révolution des roses. Là, il a été critiqué en occident par nombre de journalistes: 90%, c'est louche!

Kasparov, le maître d'échecs, qui s'essaie à la formation d'un nouveau parti d'opposition, avec le soutien de nombreuses autres personalités. "Solidarité" qu'ils ont appelé ce nouveau parti. Poutine ne laissera pas faire. Affaire à suivre...

En octobre, un ex-journaliste de la rtbf devenu sénateur écolo, accompagné par une sénatrice MR, s'est rendu en Ossétie. De leur voyage, ils nous ont ramené un témoignage type, tel qu'on pouvait en entendre du temps de Brejnev lorsqu'un occidental revenait de Moscou. (Les soldats géorgiens ont rasé Tskhinvali, assassiné 2000 ossètes, etc...)

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Ce qu'il faut savoir : personne ne rentre en Ossétie, pas même (surtout pas, devrais-je écrire) les observateurs de l'OHCR. Les journalistes sont simplement refoulés, quand on ne leur tire pas dessus. Ce que ce sénateur a réussi à entreprendre, c'est de se faire guider par des militaires russes (seule possibilité pour visiter l'Ossétie), soutenus par les témoignages de quelques "civils" ossètes. Je pense que jamais ils n'ont demandé à connaître la version géorgienne. Tout ce qu'ils ont rapporté comme info n'est que la propagande russe circulant depuis des mois, voire des années, dans tous les journaux moscovites. Les maisons sois-disant ossètes, sois-disant pillées par les géorgiens...! Faites-moi rire! La moitié des maisons détruites qu'ils ont vues l'ont été lors de la première guerre séparatiste, et le reste sont des maisons d'habitants géorgiens chassés entre 1994 et 2008, et les maisons détruites par les milices ossètes après la retraite des soldats géorgiens, et pour cause puisque ces villages sont géorgiens. Les habitants, trop vieux pour partir ou ne sachant où aller et qui n'ont par conséquent pas fuit après la retraite de l'armée géorgienne ont eux, par contre, du subir la présence des russes, puis des milices diverses (Abkhazes et Ossètes, toujours sur les pas des blindés russes) et en effet, qui sait ce qu'ils et elles sont devenus. Réfléchissez... c'est clair qu'en 24h, sous le feu russe, ils n'avaient que ça à faire les soldats géorgiens. C'est bien connu aussi que les géorgiens sont des horribles tortionnaires sous les ordres du tyran Saakashvili, l'ami de Bush, et Poutine un grand bienfaiteur démocrate libéral qui a envoyé des missionnaires construire des routes, des écoles et des magasins de jouets en Tchétchénie depuis 10 ans !!! Même les géorgiens en rient, comme ils en riaient déjà sous Staline (rire jaune).

Militaires américains présents en Géorgie, c'est pas nouveau ! Les russes ont l'air de s'en offusquer depuis... le 10 aout!

Lien : http://www.regard-est.com/

Et la journaliste belge envoyée par la télévision vers le 14 août, et qui n'a pas quitté Tbilissi mais racontait des inepties basées sur les dires récoltés dans les rues de la capitale, au hasard de ses rencontres. Ce ne sera pas son témoignage qui aidera à contredire les deux autres clowns! Par contre, je tire mon chapeau à France 2 et France 24. Leurs journalistes ont été à Gori ou Poti dès les premiers jours du conflit, ont tenté de rentrer en Ossétie, ont interviewé des civils et des militaires des deux camps, et sont revenus en France avec des reportages qui, eux, étaient honnêtes, impartiaux.

Bien entendu, il y eut des fautes commises des deux côtés. Mais comme je l'expliquais plus haut, même si l'armée géorgienne n'était pas intervenue, Moscou aurait agit tôt ou tard. Cette guerre était planifiée depuis plus de 4 ans par Poutine: trop de vieux intérêts russes dans le Caucase du Sud, capitaux pour Moscou, et ce petit président géorgien de ce minuscule pays n'allait pas être plus difficile à renverser qu'un autre! Tout analyste vous expliquera aussi que l'engagement d'une telle armée sois-disant pour défendre les civils ossètes - rappel: devenus citoyens russes en territoire géorgien, par décision russe... - n'était pas destinée à la seule Ossétie, ni même à l'Abkhazie, mais aurait du envahir l'entièreté du territoire géorgien, ainsi que l'Azerbaidjan. Ils auraient pu y parvenir en quelques jours sans l'intervention ultra-rapide de l'Europe et des menaces étasuniennes. Ces soutiens, c'est le travail remarquable de Saakashvili ces dernières années qui les ont rendues possibles.

Moscou pensait aussi que l'opposition géorgienne allait les soutenir. Et bien non! Non seulement Saakashvili est soutenu par l'opposition, qui renoue ses relations avec le pouvoir, il l'est aussi des États-Unis, de l'Europe et... du reste du monde (sauf Shavez... et De Gucht!). Bien entendu, alors que la situation se "stabilise" un peu, l'opposition au président Saakashvili reprend ses vieilles habitudes, critiques diverses florissant à nouveau dans leurs discours. S'ils ne peuvent attaquer la présidence pour ses actions d'après le 7 août, ils s'en prennent à la cause du conflit en relayant ce que tout le monde peut croire: que c'est Saakashvili qui a ordonné cette guerre contre l'Ossétie. Comme vous l'aurez compris (j'espère), c'est pas si simple.

Vous l'aurez compris, à travers ce récit je tenais à remettre les événements à leur place, prenant parti sans aucun doute, sans aucune hésitation. Comment pourrait-il en être autrement? Au risque de me répéter, comment pouvez-vous imaginer une seule seconde qu'un petit pays (4,500,000 habitants sur un territoire grand comme le Benelux) puisse déclarer la guerre à la Russie, qui en comprend 200x autant, et avec une capacité militaire plus de 5000x supérieure?

J'aurai plaisir à tenter de répondre à vos interventions, éclaircir certains points. J'aurai le même plaisir à répondre à ceux qui doutent encore que la Russie, en 2008, soit capable d'engager une guerre contre un état souverain de la même manière qu'ils le firent en Tchétchénie. Poutine n'a pas de morale. Poutine est un kagébiste. Poutine est un assassin. Point.

Dans cette guerre, il aura fait des centaines de morts, mais aussi entre 120.000 et 150.000 personnes déplacées.


A lire aussi :

http://bruxelles2.over-blog.com/

http://www.europarl.europa.eu/


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