28/01/2009

Les députés européens débattent

 

STRASBOURG:

Les députés européens débattent à propos de la guerre Géorgie-Russie

Voici l'article paru sur le site de la télévision géorgienne :

Les députés européens débattent à propos de la guerre Géorgie-Russie, de ses conséquences et des plans pour la résolution du conflit. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a écouté aujourd'hui les rapports du député russe Konstantin Kosachov et le chef de la délégation géorgienne Petre Tsiskarishvili.

Les discussions ont commencé par les rapports de Matyas Eorsi et Luk Van de Brande. Ils ont tous deux repproché à la Russie d'ignorer les termes des résolutions précédentes et des accords de cessez-le-feu signés par les autorités russes. Ils ont souligné aussi que la Géorgie avait réalisé toutes les obligations depuis le cessez-le-feu.

Ils ont signalé encore une fois la situation en Géorgie dans les régions occupées. Ils ont dit que les forces russes étaient encore présentes dans la Gorge de Kodori et le district d'Akhalgori. Ils ont parlé de nombreux faits de violation des droits humains, 23 000 personnes ayant fui leur habitation pendant l'intervention russe et sont incapables de regagner leur terre. De plus, les séparatistes sont tous armés, condition préalable sérieuse pour raviver le conflit.

Le chef de la délégation russe, le député Konstantin Kosachov n'a pas réfuté le fait que la Russie ignorait les termes de la résolution et de l'accord de cessez-le-feu et a essayé de justifier sa position. Il a réitéré son argument, que le `diagnostic par l'Europe` sur le conflit de Géorgie-Russie était incorrect dès le début, parce que c'était une guerre entre la Géorgie et l'Ossetie du Sud. Selon Kosachov, le traité rédigé par l'Europe était incorrect aussi. Kosachov affirme que la Géorgie reprendra la guerre si les forces russes quittent les régions occupées, parce que c'est l'unique façon pour la Géorgie de restituer son intégrité territoriale.

Le chef de la Délégation géorgienne, le député Petre Tsiskarishvili, a demandé au Conseil de l'Europe de rester très attentif à ses principes et aux résolutions précédentes, et faire en sorte que la Russie se conforme à tous ses engagements.

Source : Rustavi2

Trop partial, cet article? Bon, ok, voyons ce que le JDD (Journal du Dimanche - France) a écrit comme dépêche sur ce même sujet :

Géorgie: Moscou tancé à Strasbourg

International 28/01/2009 - 19:04

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a déploré mercredi le peu d'empressement de la Russie à mettre en oeuvre ses recommandations pour remédier aux conséquences du conflit du mois d'août dernier, entre ses troupes et celles de la Géorgie en Ossétie du sud. "En ce qui concerne Moscou, la plupart des points de la résolution (adoptée en octobre dernier) n'ont pas été mises en oeuvre", a souligné à Strasbourg le libéral hongrois Matyas Eorsi, co-rapporteur d'un nouveau projet de résolution. La Géorgie est en revanche créditée d'une attitude "constructive" dans ce texte adopté par 118 voix contre 25.

Maintenant, voyons la version russe, trouvée sur le site d'un journal officiel - Ria Novosti

STRASBOURG, 27 janvier - RIA Novosti.

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) exhorte la Géorgie, la Russie et les autorités d'Ossétie du Sud, ainsi que d'Abkhazie à livrer aux observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) l'accès des deux côtés de la "frontière sud-ossète effective".

L'APCE les appelle également à concerter une augmentation du nombre d'observateurs, lit-on dans le projet de rapport sur les conséquences humanitaires de la guerre entre la Géorgie et la Russie dont RIA Novosti a obtenu copie mardi.

Le mandat de l'OSCE en Géorgie où l'Organisation travaille depuis 1992 a expiré le 1er janvier 2009. Le 22 décembre dernier, au cours d'une réunion du Conseil permanent de l'OSCE, la Russie s'est opposée à sa prorogation, estimant que, comme l'actuel mandat de la "mission géorgienne" comprenait des composantes abkhaze et sud-ossète, il devait être revu. En août 2008, Moscou a reconnu l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. Aussi la prolongation du mandat actuel de la "mission géorgienne" serait-elle illégale au regard de la législation russe.

Le projet de rapport dont l'APCE sera saisie mercredi 28 janvier invite aussi les parties à "s'entendre sur l'élargissement du mandat de la mission d'observation de l'Union européenne (UE) pour qu'il s'étende aux mesures de protection de la population et, peut-être, de maintien de la paix des deux côtés de la frontière effective de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

L'auteur du rapport Mme Corien Jonker appelle, en outre, la Russie et l'Ossétie du Sud, ainsi que l'Abkhazie à "garantir l'inviolabilité et la sécurité de toutes les personnes se trouvant sous leur contrôle effectif non seulement en Ossétie du Sud et en Abkhazie, mais aussi dans les territoires occupés dans le district d'Akhalgori et à Perevi, ainsi que dans les gorges de Kodori".

D'autre part, l'APCE exhorte la Géorgie à "élever le niveau de sécurité de toutes les personnes vivant à la frontière effective et dans les anciennes zones du conflit".

Le 8 août dernier, l'armée géorgienne a lancé une offensive militaire contre l'Ossétie du Sud, détruisant Tskhinvali, la capitale, et tuant des centaines de civils et des soldats de la paix russes déployés dans cette république autoproclamée. La Russie a opposé une riposte militaire de grande envergure destinée à contraindre la Géorgie à la paix avant de reconnaître le 26 août l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie.

Source : Ria Novosti

No comment.

D.P.

 

23/01/2009

Human Rights Watch : il est temps pour le TPI de prendre la relève!


Human Rights Watch a enfin rendu public son rapport concernant la guerre d'août en Ossétie du Sud.

Tbilisi, ce matin. La conférence de presse organisée par l'ONG HRW (Human Rights Watch) révèle ces vérités que je dénonce dans ce blog depuis plus d'un mois...

En effet, suite à leur enquête approfondie, l'ONG demande à chacune des parties, gouvernement russe et gouvernement géorgien, de faire rendre des comptes aux membres de leurs armées respectives responsables de violations des droits de l'homme et de crimes de guerre.

Mais leurs accusations sont très nettement dirigées vers les milices ossètes, "coupables d'avoir délibérément et systématiquement rasé les villages géorgiens d'Ossétie".

C'est aussi, forcément, sous la protection de la 53ème armée russe, celle-là même qui sévit en Afghanistan puis en Tchétchénie, ainsi que des "forces de paix" russes que les milices ossètes ont pu agir. Le tout avec la bénédiction de messieurs Poutine et Medvedev.

Personnellement, je pense que ce n'est qu'une première étape dans cette recherche de la vérité concernant toutes les exactions perpétrées durant cette guerre en Ossétie. Parce qu'il faudra bien qu'un jour tout se sache, y compris ce que les forces de paix géorgiennes et l'armée géorgienne auraient pu commettre. Mais sachant ce qu'on sait déjà, révélé par diverses ONG, et sachant ce qui se passe actuellement dans les régions séparatistes et les "zones tampons" en territoire géorgien, sachant aussi ce dont la Russie de Poutine est capable, je n'ai pas beaucoup de doutes quant à l'issue de ces enquêtes, si elles ont lieu un jour. La balle est dans le camp des européens...

22/01/2009

Rapport du Ministère des Affaires Étrangères géorgiens

Rapport du Ministère des Affaires Étrangères

Le Ministère des Affaires Étrangères géorgien a à plusieurs reprises attiré l'attention de la communauté internationale sur les violations des droits de l'homme qui perdurent sur les territoires occupés de la Géorgie.

En interdisant l'éducation de la langue maternelle, les troupes d'occupation russes et les régimes en place violent la convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, ainsi que le pacte international sur le protocole de droit économique, social et culturel  (article 13) et la convention européenne des droits de l'homme, (article 2) interdisant n'importe quel genre de restriction à l'instruction de la langue maternelle. 

La raison pour laquelle la Fédération de Russie prit une décision accélérée sur la reconnaissance des territoires occupés doit être claire pour chacun.

Le but de la Russie est premièrement de tout faire pour interférer dans le fonctionnement des missions internationales de surveillance des territoires occupés, afin de concrétiser leur éloignement pour pouvoir agir sans contraintes : des violations, des discriminations, des restrictions et des prohibitions de masse forcent la population géorgienne locale restante à quitter leur domicile, finalisant ainsi le processus de nettoyage ethnique mis en marche dans les années 90.

Le Ministère des Affaires Étrangères géorgien fait appel à la communauté internationale, aux organismes internationaux et aux organisations non gouvernementales traitant des droits de l'homme d'entreprendre toutes les mesures afin d'empêcher de telles violations sur les territoires temporairement occupés de Géorgie et d'assurer la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales de ses citoyens.

21/01/2009

"Education" abkhaze...

 

Bonjour à tous!

Non, je ne cèderai pas à l'envie d'écrire un article "Spécial Obama". Tout le monde en parle déjà et je n'ai rien à ajouter à ce sujet. Wait and see, mais bravo déjà pour sa première décision : la fermeture de Guantanamo.

Non. Aujourd'hui, il me faut d'abord relayer une info importante:

Des ambassadeurs de l'Union européenne sont concernés par les attaques récentes sur des policiers géorgiens entourant les chefs des missions de l'Union Européenne en mission en Géorgie. Ces derniers expriment leur vive inquiétude quant aux attaques récentes sur la police géorgienne effectuant leurs devoirs légaux.
Un policier géorgien a été tué par un tireur isolé près de la Ligne de Frontière Administrative avec l'Ossétie du Sud le 16 janvier 2009.

Deux d'entre eux ont été blessés à la frontière Ossète du Sud hier encore.
Onze policiers géorgiens tués depuis les accords de cessez-le-feu...
Les Chefs de missions de l'Union européenne en Géorgie exigent l'accès d'observateurs internationaux en Ossétie du Sud et Abkhazie.

Par ailleurs, il me faut aussi dénoncer une "petite" injustice qui démontre une fois de plus combien la Russie n'a pas changé depuis Staline (toute proportion gardée) :

Les séparatistes abkhaze forcent les pédagogues des écoles géorgiennes de la zone de Gali, Abkhazie, en Géorgie, d'enseigner avec de nouveaux manuels imprimés par leur ministère de l'Education Nationale.
Les manuels, en langue russe, refont l'Histoire et la géographie dans la voie idéologique  décidée par les séparatistes.
Le ministre de l'Education nationale séparatiste est arrivé dans la zone de Gali et a promis aux enseignants locaux d'augmenter leur salaire de 40% s'ils acceptent de collaborer...

Ce qui démontre une fois de plus combien toute la population abkhaze est manipulée par le pouvoir séparatiste...

Il y a encore de nombreux géorgiens non-abkhazes dans la région séparatiste, principalement entre Zugdidi et Gali. Les Géorgiens, en plus de subir les incessantes provocations des séparatistes, sont de plus en plus souvent victimes de "racisme" de la part des populations abkhazes. Les écoles ne sont pas financées, impossibilité de trouver du travail, impossibilité de vendre les produits agricoles, et leur situation ne cesse d'empirer depuis la reconnaissance par Moscou de l'indépendance de l'Abkhazie.

Vive l'Abkhazie libre et indépendante? Ha!

20/01/2009

Stanislav Markelov assassiné hier à Moscou.

decoration

L'avocat d'Anna Politkovskaïa, Maître Stanislas Markelov, a été assassiné ce lundi. Un assassinat de plus organisé par l'armée russe via l'ex-colonel Budanov.

L'avocat russe spécialisé dans la défense des victimes des crimes russes en Tchétchénie, a été assassiné hier alors qu'il sortait d'une conférence de presse. Il y dénonçait la libération anticipée d'un colonel de l'armée russe condamné à 10 ans de prison suite à l'assassinat d'une jeune fille tchétchène. Me Markelov défendait le père de la jeune fille assassinée.

Une jeune stagière du journal Novaïa Gazeta, qui accompagnait l'avocat, a été mortellement touchée pendant l'attaque. Elle est décédée peu de temps après.

Me Markelov recevait via sms des menaces où on lui demandait d'arrêter avec l'affaire Boudanov (le colonel russe) ou alors il serait tué.

Le jeune avocat s'occupait de différentes affaires qui concernaient la Tchétchénie. Il était l'avocat d'Anna Politkovskaïa dans plusieurs affaires, et était aussi l'avocat de Magometsalih Massaïev, un homme porté disparu depuis le mois d'août 2008 après qu'il eut accusé le président tchétchène pro-russe Ramzan Kadyrov de l'avoir pris en otage pendant quatre mois.

"Le meurtre dans le centre de Moscou d'un avocat qui s'occupait d'affaires politiques importantes, a autant d'importance que l'assassinat d'Anna Politkovskaïa", a déclaré de son côté Lioudmila Alekseïeva, qui dirige le groupe Helsinki de Moscou, à l'agence Interfax

decorationYuri Budanov (photo AP)

Dans ce contexte, il serait urgent que le tribunal pénal international de La Haie puisse instruire les affaires concernant les exactions russes en Tchétchénie, en Ingouchie, au Daghestan et en Géorgie. Que cessent ces assassinats politiques, les nomminations de chefs d'états par Poutine comme Kadyrov, Kokoïty, Bagapch, tous les trois sous la coupe de chefs politiques russes, et leur gouvernement contrôlé par le FSB (services secrets russes).

14/01/2009

Bonne Année Orthodoxe 2009

 

Bonne Année Orthodoxe 2009

Ce soir, c'est le réveillon de l'an en Géorgie orthodoxe.

Tbilisite.skynetblogs vous souhaite à toutes et tous une superbe année 2009, et je lève mon verre (brandy Sarajishvili "Gremi" 12y.) au rapprochement, culturel, économique et politique de nos pays !

Gaumarjos !

Montagnards
Merab Surviladze - les montagnards

20:44 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : merab surviladze |  Facebook |

12/01/2009

Humeur du jour

Bonjour à tous,

L'année 2009 est espérée par toutes et tous meilleure que 2008, mais les crises en cours plombent quelque peu l'atmosphère déjà lourde de notre planète. Malgré ces prévisions plutôt pessimistes, nombre d'entre nous placent leur espoir dans une consientisation de l'état de notre monde "moderne" et dans la vision d'un changement radical des politiques nationales et internationales. Par exemple.

Bien entendu, l'heure n'est plus à l'utopie. Ni même aux rêves. Le temps est à la réflection, à la "concertation" entre les peuples, pour reprendre un mot bien de chez nous. Et ça commence par un "état des lieux" de nos sociétés.
Hier matin, alors que je rédigeais un texte à poster sur mon blog à propos de la charte Etats-Unis/Géorgie signée il y a quelques jours, je me suis rendu compte à quel point nous sommes manipulés sans cesse. Pas à propos de cette charte, non, ni même à propos de la crise Gazprom, ni de la guerre en Géorgie, ni à propos des médias, mais de l'ensemble des crises. Parce qu'on lit ce qu'on lit, qu'on voit ce qu'on voit, on croit ce qu'on ne devrait pas toujours croire.

Le blog Tbilisite a été créé dans le but de diffuser des informations qui concernent directement et indirectement le conflit d'août en Géorgie, et plus j'y travaille, plus je me documente, plus pour moi il est indéniable que le monde, notre monde, est en réel danger.

"Le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu'ils peuvent provoquer des changements" (Chomsky).
Alors ce que je souhaite avant toute chose pour 2009 et les années à venir, c'est que nous provoquions ces changements dont nous avons tous besoin.
La réflection continue sur le blog, presque chaque jour une nouvelle page... alors diffusez, diffusez

D.P. Tbilisite

Cadeau du jour : Quelques photos !

Cliquez pour agrandir

 

Maison en Bois

 

 

 

Tbilissi 1999

Rue 03

 

 

 

 

Tbilissi. Quartier Chardin, 1999

03

 

 

 

 

Tbilissi 2001

423

 

 

 

 

 

 

 

 

Tbilissi 2008

 

Copyright D.P. Tbilisite 1999 - 2009

 

amitie franco georgienne

 

niaz diasamidze (33a)

Partenariat Georgie Etats Unis

Une charte de partenariat entre les Etats-Unis et la Géorgie a été signée.

Il y a deux jours, à Washington, une charte de partenariat entre les Etats-Unis et la Géorgie a été signée. Il s'agit avant tout de renforcer la coopération entre les deux pays, partenariat tant au niveau économique qu'artistique, mais aussi... militaire. Le président Saakashvili a dit à son propos que des pourparlers sont en cours avec les pays associés pour signer plusieurs autres documents, y compris  des accords de libre-échange, ce qui augmente considérablement les possibilités économiques géorgiennes.

Le président géorgien a souligné plusieurs facteurs qui donnent à cette charte une signification historique. "La Géorgie commence à se faire valoir dans le système international pour la première fois de l'histoire moderne. Tous les efforts précédents ont échoués auparavant, aussi la Géorgie se rapproche encore de l'espace atlantique européen."

Autre facteur très important, le président a dit que la charte prouve de son propre aveu le succès de la Géorgie dans le développement démocratique. "La Géorgie est un pays démocratique et une société démocratique", a-t-il dit. "Les relations AMÉRICANO-GÉORGIENNES passent une nouvelle étape, parce que "jamais auparavant le mot "stratégique" n'a été mentionné dans ces relations. Les Etats-Unis utilisent rarement ce mot et, si oui, vers peu de pays dans le monde. Chaque fois que les Etats-Unis l'utilisent, ce mot porte une signification politique spécifique."

Le président considère également comme un facteur très significatif que la charte a été soutenue par l'ensemble de la société géorgienne consolidée.

Source : Rustavi2 / France24 /

Commentaire :  

Si certains se disent que faire alliance avec les USA est une erreur, qu'ils se disent aussi qu'une alliance avec la Russie est suicidaire! Bien entendu, la Géorgie devrait se rapprocher de l'Europe plus que des Etats-Unis, mais il semble bien que cette Europe craint de casser ses relations commerciales (Gaz e.a.) avec la Russie (1). Il suffit de voir comment Sarkozy a fait marche arrière entre août et octobre, laissant les accords signés par Medvedev et Saakashvili en suspend: les exigences européennes n'ont été que très partiellement suivies par Moscou. Il suffit de connaître la dépendance de l'Europe vis à vis du Gaz russe, de savoir que l'ex-chancelier allemand est propriétaire de 40% des parts sur le pipeline devant relier la Russie à l'Allemagne, pour comprendre leur mutisme. L'Europe joue avec des criminels, et devient le jouet de Poutine. Bravo.

Sans la Russie, la Géorgie s'est considérablement modernisée, ses infrastructures (avant la guerre) ont été rénovées, les investissements européens et américains se sont multipliés, grâce notamment aux pipelines, etc... Alors que la Russie, quant à elle, a enrichi ses oligarques et appauvri sa population, surtout dans les campagnes. Ce n'est certainement pas le paradis actuellement dans les zones rurales en Géorgie, mais des efforts ont déjà été fournis, et des réformes agraires sont en marche.

Le Caucase: une poudrière?

Il est vrai que la présence de militaires US à la porte de la Russie peut sembler être une provocation pour les Russes, c'est un point de vue. Mais pas plus, en principe, que les pays baltes ou la Pologne. Seulement voilà, la richissime Géorgie, c'est chasse gardée. La grande Datcha des oligarques russes, pas touche! L'Europe centrale est perdue, il ne faut pas perdre l'Eurasie! Tant de beautés et... d'hydrocarbures!

On le sait, parce qu'avoué par le président Medvedev lui-même: l'ultime visée de la guerre d'août était la mise à pied du président géorgien. Mais se seraient-ils contentés des pipelines, alors qu'annexer l'Azerbaidjan, dans la foulée... Avec 60.000 hommes et 3000 blindés, ils pouvaient même se permettre quelques incursions aux alentours. Ce qu'ils se permettent déjà actuellement en organisant quelques raids sur le territoire géorgien, malgré la signature des accords. 

Par conséquent, en y réfléchissant un tout petit peu, quelle est la présence la plus préjudiciable pour la Géorgie? La 53ème armée russe (suivie des milices ossètes, abkhazes, etc...) qui installeraient des gouvernements fantoches et élimineraient toute opposition dans le Caucase? Ou permettre à la Géorgie de connaître - enfin! - une liberté telle que nous connaissons chez nous depuis plus de 60 ans, à laquelle ils aspirent depuis des décennies, et faire barrière, en quelque sorte, aux aspirations russes?

Bien entendu, mieux vaudrait pour tout le monde que des relations normales puissent s'établir un jour avec la Russie, mais ce serait sous-estimer les idées impérialistes de la Douma et de ses chefs actuels, et les conséquences désastreuses pour le reste du monde si nous n'y faisons pas attention. Dans 10 ans, peut-être. On peut rêver...

D.P. Tbilisite.skynetblogs

(1) : L'Europe traite avec la Russie pour l'achat de gaz russe depuis 1968, au lendemain du Printemps de Prague. Autant dire que l'Europe n'a pas beaucoup de morale quand il s'agit de business-énergies... En fait, c'est principalement l'Europe qui a financé les guerres afghanes, tchétchènes et, maintenant, géorgiennes, en finançant l'état russe et son armée. Consciemment (en un mot)?

 

08/01/2009

Europe Ukraine Gazprom

Pour en savoir un peu plus sur la crise du gaz : ce qu'on ne vous dit pas toujours dans la presse :

L'Ukraine, depuis des années, bénéficie d'un tarif préférentiel auprès de la Russie, souvenir de l'époque soviétique, mais Moscou souhaite vivement revoir ses tarifs à la hausse, jusqu'à ce que l'Ukraine paie son gaz au même tarif que les pays d'Europe. Naftogaz, le gestionnaire des hydrocarbures ukrénien, qui n'a pu honorer l'équivalent de deux mois de livraison de gaz à Gazprom suffisemment rapidement, a accepté de régler sa dette, soit un milliard et demi de dollards, somme payée le 30/12 au soir, mais refuse pour l'instant de payer les "indemnités" de 500.000 $ demandés par Moscou, somme jugée inacceptable par Kiev.

Ce que la Russie espère en créant cette crise (en fermant les robinets vers l'Ukraine, et conséquemment vers l'Europe et la Turquie) c'est premièrement renflouer ses caisses (vides) au plus vite, deuxièmement de pousser la Communauté européenne à aider l'Ukraine à payer ses "dettes", troisièmement, et c'est sans doute le plus important à retenir dans cette affaire, gagner du temps pour permettre à Gazprom de refaire ses stocks de Gaz, la Russie étant actuellement incapable de se faire des réserves car elle livre la totalité de ce qu'elle peut exploiter actuellement de ses gisements. Bien entendu, tout cela sur fond de tensions entre le régime pro-occidental de Kiev et Moscou.

Chauffage TbilisiConduits de chauffage urbain, Tbilisi.

Ce que Kiev attend de Gazprom, c'est de pouvoir remettre les contrats sur la table. Non seulement l'évolution des tarifs gaziers doivent être revus, mais aussi le tarif des droits de passage de l'oléoduc par l'Ukraine que Gazprom doit payer à Kiev.

Toutefois, il existe une autre possibilité au démarrage de cette crise. En effet, Poutine peut très bien avoir été pris en otage par les oligarques de Gazprom, lesquels tentent d'obtenir plus de pouvoirs à la direction de la société. Les responsables Gazprom n'ont effectivement aucune difficulté à donner l'ordre de fermeture de robinets pour leurs propres intérêts, vénaux d'abord, mais aussi et surtout pour des questions de lutte de pouvoir entre les chefs de Gazprom et l'Etat actionnaire. Actuellement, 40% des bénéfices de la société russe sont payés à l'Etat, ce que les oligarques aimeraient certainement renégocier.

Liens intéressants en rapport : http://www.eurotrib.com/  et  l'article de Boris Toumanov paru dans La Libre Online aujourd'hui.