29/05/2010

Démocratie : l'exemple russe.

Russie : une démocratie révoltante.

 

Les parlementaires de la Douma, la chambre des députés russes, ont adopté pour y faire voter les lois, ce qui semble n'être qu'une "drôle de pratique digne d'un sketch" selon les rares média à avoir relevé l'info. 

Alors que seuls 88 députés étaient présents lors de la session, sur... 449 normalement, quelques députés volontaires devaient, en quelques secondes, courir de siège en siège afin de voter pour les absents. Mettant l'accent principalement sur le problème d'absentéisme, laissant de côté un problème extrêmement plus inquiétant qui, j'en suis persuadé, ne vous aura pas échappé: un problème extrêmement préoccupant (c'est le cas de le dire) de démocratie, nos média ont totalement sous-estimé la signification, la portée réelle d'une telle pratique, et de l'inexistance de toute forme de sanction.

Depuis toujours, la présidence russe critique avec cynisme les dirigeants pro-occidentaux de pays comme, par exemple (!), la Géorgie. Donneur de leçons de démocratie de premier ordre, Vladimir Poutine, depuis son arrivée au pouvoir, a utilisé toutes les resources de l'état et a usé de sa main-mise sur l'ensemble des forces politiques, économiques et militaires pour éliminer chaque opposant, ayant ainsi, aujourd'hui, une majorité de plus de 95% à la Douma. Qui, dans ces conditions, va dénoncer de telles pratiques? Celui qui a son frère patron de telle société d'état? Celui qui sait qu'il y a quelques images compromettantes dans son "dossier" entre les mains du FSB? Celui dont les pensées sont tournées autant vers Staline que vers Poutine? A la Douma, il n'y a pas de héros.

La portée réelle d'une telle pratique... Ce jour-là, il s'agissait d'un vote pour l'interdiction de l'alcool au volant. Ce jour-là. Mais d'autres jours fut adopté une loi autorisant la Russie à intervenir militairement partout où bon lui semble, tant qu'un citoyen russe y est en danger, en Russie et hors-Russie, ou une loi facilitant l'élimination de la concurrence de Gazprom, par exemple. Pour ces votes, aucune présence des députés n'est donc indispensable. Alors demain, quand Dmitri Medvedev, ou Vladimir Poutine décideront du sort d'une de leurs républiques "à problèmes" comme l'Ingouchie ou le Daguestan, puisqu'aucun représentant de ces régions n'est représenté dignement à la Douma, et puisqu'il n'y a personne pour contredire quoi que ce soit des décisions des "chefs",  ces républiques peuvent être du jour au lendemain à la merci de la 53ème armée? Et, après-demain, si d'ici-là personne ne réagit, en sera-t-il de même pour... la Pologne?

Ceci dit, déjà pour un vote sur l'alcool au volant, c'est gravissime. Mais comment parvenir à imaginer que nous, européens, nous puissions nous "rapprocher" de la Russie à l'image de la France, ou lui ouvrir son marché, ou leur signer un quelconque contrat, traité ou accord? Jusqu'où pouvons-nous leur faire confiance?

Ok, nos démocraties ne sont pas idéales. Manipulées, souvent aux mains de lobbies, mais dans lesquelles existent de nombreux mécanismes de protections, dans lesquelles les média en principe, dénoncent voire accusent et donc surveillent, protègent nos démocraties. En Russie, il n'y a pas de contre-pouvoir, il n'y a que le pouvoir, représenté par Medvedev, dirigé par Poutine. L'Histoire se répète, en s'adaptant . Le discours de nos grands média aussi, en s'adaptant... aux lois du marché.

Par contre, je n'ose imaginer ce qui peut arriver aux journalistes "coupables" d'avoir été témoins de cette pratique totalement révoltante, et de l'avoir diffusée sur Youtube.

D.P., d'après une brève de France Info

(J'ai encore la dernière image en date de Medvedev en tête: lors de la cérémonie du 9 mai, à ses côtés, il y avait Kokoïty, la marionnette russe de Tskhinvali... et Nino Burdjanadze, ex-PM à présent opposante de Saakashvili, cheffe du... "Parti Démocrate-Géorgie Unie", entre-autre! Quelle collaboration bénéfique pour la Géorgie l'opposition géorgienne va-t-elle chercher à Moscou?)

15/05/2010

Arte, Le Dessous des Cartes : La Géorgie après la Guerre.

 

La célèbre émission "Le Desous des Carte" de Jean-Christophe Victor diffuse ce samedi 15 mai sur Arte, à 18h15

"La Géorgie après la guerre"


Synopsis : Petit Etat à cheval entre mondes européen et asiatique, la Géorgie est aujourd’hui une mosaïque de peuples éclatée.

Deux ans après la guerre qui l’a opposée à la Russie, le Dessous des Cartes dresse le portrait géopolitique de cette république du Caucase, toujours terrain de convoitises bien après la fin de la Guerre Froide.

samedi, 15 mai 2010 à 18:15

Rediffusions :
19.05.2010 à 06:45
19.05.2010 à 23:15
22.05.2010 à 11:45

...et une émission sur la Russie diffusée samedi 22 mai à 17h45 :

LA RUSSIE : UNE GRANDE PUISSANCE ? 1/2

La Russie peut-elle encore jouer dans le camp des grandes puissances ? Moscou est-elle devenue le nouvel « homme malade de l’Europe » ? Le Dessous des Cartes propose d’explorer les multiples fractures de ce pays immense.

Plus d'infos sur http://www.arte.tv/fr/programmes/

Merci à Luc pour l'info !

D.P.

13:41 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

05/05/2010

Une condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires du 20ème siècle est indipensable pour la survie de l’Europe du 21ème siècle.

Une condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires du 20ème siècle est indipensable pour la survie de l’Europe du 21ème siècle. Cette évidence pour les pays européens issus de l’éclatement de l’URSS face à ce qui ressemble à de l’indifférence des « anciens » du bloc de l’ouest, a malgré tout donné lieu à quelques débats en commission, ou lors d’assemblées parlementaires, mais ces dernières n’ont engagé aucun processus, seuls quelques projets de résolutions ont été formulés.

Pourtant, l’Europe a une expérience indéniable en la matière. En 1945, nos dirigeants, avec le procès de Nurenberg contre les crimes nazis, avaient bien saisi l’importance d’un tel procès pour l’avenir de l’Europe, un procès nécessaire afin de réconcilier l’Allemagne avec non seulement le reste du monde, mais surtout avec elle-même. Le procès de Nürenberg eut lieu, les monstres identifiés, jugés, condamnés. L'Europe pouvait tourner la page, en créant des mécanismes de protection, et d'échanges commerciaux qui contribueront pour une grande part au maintien de la paix en Europe occidentale, jusqu'à ce jour.

En ex-URSS

Les crimes contre l’humanité perpétrés par les Russes depuis Lénine sont sans doute trop nombreux, et les archives pour la plupart sous la bonne garde de Moscou pour que nous ayions toutes les données nécessaires à l'organisation d'un procès. Mettre ces archives sur la table, bien entendu, serait un acte trop pénible pour les chefs du Kremlin : 90% de la Douma est issu de l’ancien pouvoir, Poutine en tête... La Russie est gouvernée par des anciens du communisme, mais pas par des suicidaires! La balle se trouve donc, forcément, dans le camp occidental, mais l'Europe, actuellement et pour longtemps encore, n'a nullement l'intention de mettre en danger tout le potentiel commercial russe, ni ses fournitures en hydrocarbures. Et la Russie de Poutine possède l'arsenal nucléaire le plus puissant du globe....

Il ne faut jamais oublier que les fondements même de l’Europe sont la reconnaissance des droits de l’humain, et la protection de ses citoyens. Sans nul doute, les pays ayant souffert de l’autoritarisme soviétique entre 1917 ou 1945 et 1989 espéraient que « les gagnants de la guerre froide » organiseraient un tel procès ou, au pire, demanderaient au nouveau pouvoir russe de faire son mea culpa du communisme et apprendrait à gérer leurs conséquences désastreuses sur le plan humain, pour ne parler que de cela. Mais rien, il n’y eut rien, ce qui permit à un ancien chef du KGB de s'adapter, ou plutôt d'adapter l'ancien régime totalitaire communiste, et passer aisément au totalitarisme des pétro-roubles, utilisant les mêmes outils, les mêmes méthodes, faisant eux aussi des victimes, d'un autre genre. Ce régime est potentiellement aussi dangereux qu'il le fut durant la guerre froide...

Ce qui aiderait l'Europe à réagir face à cette guerre annoncée, nul ne le sait. Certaines choses sont évidentes malgré tout: d'abord, empêcher des gens comme Berlusconi, Sarkozy ou Schröder (pour ce dernier c'est trop tard!) de signer le moindre contrat supplémentaire avec Gazprom, et de financer les alternatives à l'approvisionnement en gaz pour l'Europe, Nabucco en tête, afin d'atténuer notre dépendance au gaz russe; intensifier les enquêtes actuelles et démontrer, enfin, la culpabilité (pourtant évidente) de la Russie dans les conflits Tchétchènes de 1999, et de 2008 en Géorgie, et sanctionner les coupables des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité qui ont été commis durant ces guerres;

 

Pourtant, l ‘ensemble des pays européens ex-communistes, qui sont à présent intégrés au Conseil de l’Europe, et tous sauf la Bielorussie font partie de la CE, ont initié ce qui semble être une enquête sur leur passé communiste. Une « épuration » à tous les niveaux de pouvoir pour certains, une enquête approfondie pour d’autres, mais il n’y eut à ma connaissance aucun procès pour crime contre l’humanité organisé suite à la chute du communisme (n’appelons pas le procès Ceausescu un procès contre le communisme ou le totalitarisme!). Comme si l’Europe ne voulait pas savoir.

 

20 millions de victimes, c’est 100 millions de descendants de ces victimes qui attendent que justice leur soit rendue.

20 millions d’assassinés, c’est autant de déportés (dont les Ossètes vers la Géorgie ne représentent que 0,01 pourcent de la totalité des déportés d’URSS, et créent encore des problèmes sous-jacents au communisme).

A défaut de pouvoir nommer les malheureux qui furent assassinés tant que les archives du FSB ne seront pas rendues publiques dans leur ensemble, on peut facilement faire le compte des déportés, s’agissant majoritairement de peuples dans leur ensemble ou en partie. Ces « délocalisations » pour lesquelles Moscou porte une responsabilité immense, et d’où découlent les difficultés pour certaines nations de légitimiser leurs frontières historiques, le Sud Caucase étant un des exemples le plus médiatisé avec le Haut-Karabakh et l’ossétie du sud, mais loin d’être l’unique région à problèmes, doivent être à présent gérés de manière responsable, avec l’aide des Nations-Unies par exemple.

Uniquement sous Staline :

Les déportations massives de paysans dans le cadre de la « liquidation des koulaks (...), p1

Déportations de communautés paysannes d’Ukraine et du Kouban dans le cadre des « (...), p2

Les famines des années 1931-1933***, p3

1933-1935 : Déportations des « éléments socialement nuisibles » et des « gens du (...), p5

1935-1937 : Déportations de minorités ethniques dans le cadre du « nettoyage » des (...), p6

Août 1937-novembre 1938 : Arrestations et exécutions de masse de la « Grande (...), p7

Déportations de populations et exécutions de masse dans les territoires annexés (...), p9

Les déportations ethniques totales de « peuples punis » durant la « Grande guerre (...), p10

Les déportations de masse dans le cadre de la resoviétisation des pays baltes, de (...), p12

Déportations de minorités nationales dans le cadre des opérations de « nettoyage » (...), p13

 

 

 

15:43 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |