15/01/2010

Le FSB (ex-KGB) ne fait plus recette...

 

Article complété le 17/01/2010 à 3h10 par D.P.

Le vice-ministre de l'Intérieur russe a accusé la Géorgie d'héberger des « militants ». L’accusation arrive deux semaines après que le Service Fédéral de Sécurité russe (FSB) ait déclaré, à propos de ces mêmes militants, qu'ils recevaient des fonds de la part non seulement de la Géorgie, mais aussi des Emirats Arabes, de la Turquie et de l'Azerbaïdjan.

Citant le vice-ministre de l'Intérieur Arkadi Yedelev, Ria Novosti insiste : "Les groupes terroristes sont entraînés dans des bases militaires en Géorgie par des instructeurs étrangers, pour commettre des actes terroristes sur le territoire de la Fédération de Russie." Paroles prononcées lors d’un discours à Vladikavkaz, en Ossétie (du nord).

Il y a quelques semaines encore, l’état-major de l’armée russe a déclaré « craindre que Saakashvili ne profite de l’absence de communications du à la neige entre l’armée russe présente en Ossétie (du nord) et celle dans la province d’ « ossétie du sud »(Géorgie occupée) pour "attaquer à nouveau Tskhinvali", et même les journalistes de l'Echo de Moscou en rient encore... C’est que plus grand monde ne peut encore croire les mensonges en provenance du FSB ou des ministères. Depuis des décénies, c'est la même méthodologie de propagande, les mêmes effets d'annonces sous la direction de Vladimir Poutine qu'à l'époque de Brejnev. Depuis que Poutine a déclaré qu’assassiner des journalistes faisait plus de bruit que de les laisser parler, finalement, quelques langues et quelques plumes se délient, se libèrent dans la presse d'opposition ET dans quelques médias proches du pouvoir, mais bien entendu, ne sont pas encore suffisemment relayés par les grands médias occidentaux, toujours à l’écoute, précisément, de Ria Novosti...

Alors en effet, si le KGB ne fait plus recette en Russie, leur technique ne semble pas encore coutumière pour nos journalistes peu méfiants, voir naïfs... Pour résumer le "problème", il faut se rendre compte d'où proviennent les informations diffusées par notre presse. En général, pour des raisons de budget, un journal comme Le Soir ou La Libre utilisera les dépêches d'agences officielles ou "indépendantes", comme Reuter ou AFP. Ces agences reprenant elles-mêmes trop souvent les dépêches provenant des services de presses gouvernementaux, Le Soir ou La Libre auront par conséquent relayé les nouvelles rédigées dans un bureau du FSB sous l'autorité de V. Poutine entre autre, sans prendre la peine d'y ajouter un avis éclairé: d'où viendrait-il?

Sans doute nos journalistes - non pas reporters, en voie de disparition - ne prennent pas la peine ne fut-ce que de creuser un peu plus loin dans l'information reçue. Si c'était le cas, nombre d'erreurs de jugement commis par nos élus ou simples citoyens aurait pu être évité. Et sans doute ce qui fut un énorme succès pour le FSB, ce fut de très très largement diffuser le fait que, dans le rapport Tagliavini, oui, c'est bien la Géorgie qui a attaqué Tskhinvali le premier (c'eût été un comble que ce ne soit les Russes) ommettant bien entendu d'en préciser les raisons, et ommettant surtout d'ajouter que, dans ce même rapport, on peut y lire les pires des accusations à l'encontre de Moscou, leur cupabilité de Génocide et de Nettoyage Ethnique, leurs provocations en attaquant durement les villages géorgiens des jours avant la contre-attaque géorgienne, la liste est imptressionante, je vous assure, j'en ai lu les 900 pages contrairement aux journalistes sus-nommés!

Même pour les plus ignorants, tenter de faire croire au monde que la Géorgie, avec ces 4 millions d'habitants et ces quelques milliers de soldats, ne rêve que de se battre contre l'armée rouge...vous y croyez?

Mais nous en reparlerons : un dossier est en préparation, qui mettra en parallèle les informations belges, russes, géorgiennes, françaises et... chinoises. Un vrai régal.

D.P.

 

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