24/10/2009

Medvedev persiste, et signera une loi illégale aux yeux du "reste du monde", autorisant l'armée russe à intervenir où bon lui semble...


Le parlement russe fait passer le projet de loi sur l'utilisation de forces militaires à l'étranger...

La Douma a donc adopté le projet de loi sur la défense de ses citoyens hors-frontières. Les modifications apportées au projet de loi impliquent l'utilisation de forces militaires russes au-delà des frontières du pays.

Selon le point 10 de la loi sur la défense, les Forces armées de la Fédération de Russie seront autorisées à repousser une attaque contre des unités militaires russes, sur d'autres forces ou organismes stationnés en dehors de la Russie; à repousser ou à prévenir une attaque armée contre un autre Etat suite à une demande d'aide; protéger les citoyens de la Russie à l'étranger à partir d'une attaque armée contre eux.

Le projet de loi a été présenté au Parlement à l'initiative du président russe Dmitri Medvedev. Jusqu'au vote, aucune question n'a été soulevée lors de la discussion. Les députés ont unanimement soutenu la proposition de Medvedev. Le projet de loi doit passer par les mêmes procédures à la Chambre haute du parlement, le président devra ensuite la signer, et la nouvelle loi entrera en vigueur dès la nouvelle année.

D.P. d'après Rustavi2 et Ria Novosti

 

 

 

13/10/2009

Václav Havel, critique de la politique russe

Václav Havel, critique de la politique russe.

Vingt ans après avoir dirigé la révolution de velours », ouvrant la voie à la montée de la démocratie en Europe orientale, Václav Havel, dramaturge et dissident, qui est devenu le premier président de la "Tchécoslovaquie libre", interviewé à Berlin par Newsweek (Michael Levitin) pour discuter de la "peur de la Russie", de l'importance de l'OTAN, et pourquoi certains de ses compatriotes sont encore nostalgiques de l'époque communiste.

"Notre attention envers la politique actuelle de la Russie a considérablement augmenté, et je pense qu'il ya des signes que la Russie cherche à étendre son influence de façon beaucoup plus sophistiquée qu'auparavant."

Interrogé sur les chances de la Géorgie et l'Ukraine à devenir membres de l'OTAN, Václav Havel a déclaré que l'OTAN et l'UE a besoin de déterminer les frontières géographiques. "L`OTAN, comme l'UE, se fonde sur certaines valeurs. Mais par la même occasion, les deux organisations ont besoin d'une définition géographique, et ils doivent être conscients de leurs limites géographiques. À mon avis, cette frontière longe la frontière de la Russie de l'Ouest avec l'Ukraine, la Biélorussie, etc, et la Géorgie est une partie de l'Europe dans ce sens. Toutefois, l'OTAN ne peut pas devenir une deuxième Conférence des Nations Unies."

Et donc... La Russie va construire 20 villes militaires en Ossétie du Sud...

L'Ossétie du Sud va bientôt se transformer en une base militaire de la Fédération de Russie: Moscou envisage de faire construire une vingtaine de villes militaires dans la région sécessionniste.

L'"ambassadeur" d'Ossétie, Dmitri Medoev, a confirmé le rapport envoyé aux agences de presses russes. Il a annoncé que les travaux de construction sont en cours et que ce sont surtout les Tchétchènes sont embauchés comme travailleurs.

Ni Medoev, ni les agences de presses précisent le nombre des soldats qui seront déployés en Ossétie du Sud par la Russie. Les constructions ont débuté suite aux accords de coopération signés par la Russie avec le régime fantoche de Kokoïty.

La décision a déjà été contestée par les habitants de la région. Le journaliste Teimuraz Tskhovrebov a dit que l'opposition et une partie de la population ne veut pas devenir les serviteurs du personnel militaire russe....

D.P. d'après Newsweek et Rutavi2


01/10/2009

Le rapport Tagliavini est arrivé.

Le rapport de Madame Tagliavini sur le déclenchement de la guerre d'août a été présenté à Bruxelles aujourd'hui.

Expo Rustaveli 08

« La Géorgie a provoqué la guerre en attaquant Tskhinvali. Mais tout au long du rapport, la responsabilité est partagée par les deux pays. Parce que, comme indiqué dans le rapport, les bombardements dans la nuit du 7 et 8 août n'était que le point culminant d'une série de provocations et d'incidents. Le rapport a eu un accueil positif, chacun l'interprétant à sa manière. » Heidi Tagliavini (CH), chef de la commission d’enquête.

Le document de près de 900 pages, préparé par un groupe d'experts indépendants sous la direction de la diplomate suisse Heidi Tagliavini, a été présenté aujourd'hui à Bruxelles et mis en ligne (ici). Et les commentaires vont bon train, que ce soit chez les politiques ou dans les titres des médias. Les titres principalement, parce que les articles sont, tout comme le rapport lui-même, nettement plus nuancés.

Exemple de titre, relayé à l'extrême par la plupart des quotidiens occidentaux (AFP): « Tbilissi responsable du déclenchement du conflit russo-géorgien ». .. A Moscou, cela faisait plusieurs jours qu'on l'affirmait... et c'est ce que tout le monde retiendra sans doute à propos de la guerre russo-géorgienne, s'il ne va pas plus loin que le titre ou que les commentaires de Lavrov et autre Tchourkine.

La représentante géorgienne auprès du Parlement européen, madame Samadashvili, commente :

« La conclusion de cette commission a confirmé tous les faits que la partie géorgienne a présentés depuis le début de la guerre. La Russie a menti à plusieurs reprises et toutes leurs explications quant à la nécessité de l'attaque menée sur la Géorgie, se sont avérées être des mensonges. Ce rapport a démontré que la guerre n'a pas commencé le 7 août, mais a été le résultat d'une agression à très long terme contre la Géorgie. Ce rapport a également confirmé que, malheureusement, la société internationale n'a pas été en mesure d'empêcher ce conflit ».

Aleksander Szyglo, ministre polonais de la défense : « Le rapport est conforme avec ce que je sais sur les exigences de certains États membres de l'UE, insistant pour que la responsabilité de cette guerre soit également répartie sur les deux parties (...). Je ne peux pas dire de qui ça vient, mais ce sont les pays qui voulaient que le rôle de la Russie dans ce conflit soit réduit.

Ce rapport m'a révélé que, même si la Géorgie a commencé cette guerre, il l'a fait sur son propre territoire, défendant sa souveraineté en réponse à la provocation russe.

L' Abkhazie et l' « Ossétie du Sud » ont été, et font dans la pratique aujourd'hui aussi, partie intégrante de la Géorgie.

La Pologne trop engagée du côté de la Géorgie dans ce conflit? Bien au contraire. Notre pays a justement pris le parti de Tbilissi. La Géorgie a eu hier, a aujourd'hui et aura encore le droit de défendre l'intégrité de son territoire, et la Pologne sera toujours engagée du côté des pays qui sont attaquées et dont le territoire est détruit. »

Dans Le Soir à paraître demain, mais déjà en ligne, nous lisons sous le titre "Tbilissi responsable du déclenchement du conflit russo-géorgien", toujours d'après AFP (extrait) : « Le rapport tord ainsi le cou à la thèse défendue jusqu'ici bec et ongles par le président géorgien Mikheïl Saakachvili, qui a présenté son offensive comme un acte de légitime défense. » 

Le fait d'écrire ces mots démontre combien il est difficile, pour un journaliste d'AFP comme du Soir ou du Monde, de lire 900 pages et d'en rédiger un résumé de 10 lignes, et cela en une heure... sans être influencé par les annonces des agences de presses russes relayant les « informations » du Kremlin depuis plusieurs jours.

Notons que le titre de l'afp d'où est tiré l'article est bien différent de celui du Soir, à savoir "Russian provoked Georgia into starting war"

Côté Russe, retenons (puis oublions) les déclarations faites par le ministère des affaires étrangères :

« Certaines parties «ambiguës» d'un rapport financé par l'UE pour la mission d'enquête sur la guerre d'août ne peuvent pas masquer "la conclusion majeure de la faute de Tbilissi par l'agression lancée contre la « pacifique Ossétie du Sud ».  A notre avis, les efforts de la Commission n'ont pas vains - toute personne pensante peut tirer du rapport publié ce 30 Septembre la principale conclusion que l'agression contre l'Ossétie du Sud pendant la nuit du 8 août 2008 a été déclenchée par les autorités actuelles de Géorgie. » (ndla : la boucle est bouclée, puisque ça fait 5 ans que Moscou souhaîte pendre le président géorgien)

Il a également dit que le rapport comprend un certain nombre d 'ambiguité, de formulations qui reflètent «les approches politisées de nombreux Etats membres de l'UE envers développements et leurs conséquences d' Août 2008. » La section du rapport sur l'utilisation disproportionée de la force par la partie russe soulève de nombreuses questions, mais en réalité il est facile de trouver de tels arguments dans le rapport, qui confirment le caractère artificiel de ces considérations...  Il a également déclaré que la Russie a dû recourir à la force au-delà de l'Ossétie du Sud, afin de « supprimer les postes » sur le territoire de la Géorgie, qui ont été utilisés pour attaquer l'Ossétie du Sud. »

Faut dire ça aux habitants des villages géorgiens au sud de Tskhinvali qui furent pilonnés, assassinés, pillés, comme à Gori, Senaki, Poti, Gali, Zugdidi, Borjomi et qui aujourd'hui encore sautent sur des mines russes au milieu de champs ou de prairies...

On peut imaginer que le Parlement européen, l'ONU et l'OSCE commenteront le rapport après une lecture approfondie de celui-ci, mais se feront-il entendre des journalistes...?

D'ici quelques jours (il faudra bien ça), vous pourez lire sur Tbilisite.skynetblogs un rapport sur le rapport.

D.P.