30/09/2009

Le rapport Tagliavini est arrivé.

 

Le rapport de Tagliavini sur le déclenchement de la guerre d'août a été présenté à Bruxelles aujourd'hui.

« La Géorgie a provoqué la guerre en attaquant Tskhinvali. Mais tout au long du rapport, la responsabilité est partagée par les deux pays. Parce que, comme indiqué dans le rapport, les bombardements dans la nuit du 7 et 8 août n'était que le point culminant d'une série de provocations et d'incidents. Le rapport a eu un accueil positif, chacun l'interprétant à sa manière. » Heidi Tagliavini (CH), chef de la commission d’enquête.

 

Le document de près de 900 pages, préparé par un groupe d'experts indépendants sous la direction de la diplomate suisse Heidi Tagliavini, a été présenté aujourd'hui à Bruxelles et mis en ligne (ici). Et les commentaires vont bon train, que ce soit chez les politiques ou dans les titres des médias. Les titres principalement, parce que les articles sont, tout comme le rapport lui-même, nettement plus nuancés.

Exemple de titre, relayé à l'extrême par la plupart des quotidiens occidentaux (AFP): « Tbilissi responsable du déclenchement du conflit russo-géorgien ». .. A Moscou, cela faisait plusieurs jours qu'on l'affirmait... et c'est ce que tout le monde retiendra sans doute à propos de la guerre russo-géorgienne, s'il ne va pas plus loin que le titre ou que les commentaires de Lavrov et autre Tchourkine.

La représentante géorgienne auprès du Parlement européen, madame Samadashvili, commente :

« La conclusion de cette commission a confirmé tous les faits que la partie géorgienne a présentés depuis le début de la guerre. La Russie a menti à plusieurs reprises et toutes leurs explications quant à la nécessité de l'attaque menée sur la Géorgie, se sont avérées être des mensonges. Ce rapport a démontré que la guerre n'a pas commencé le 7 août, mais a été le résultat d'une agression à très long terme contre la Géorgie. Ce rapport a également confirmé que, malheureusement, la société internationale n'a pas été en mesure d'empêcher ce conflit ».

Aleksander Szyglo, ministre polonais de la défense : « Le rapport est conforme avec ce que je sais sur les exigences de certains États membres de l'UE, insistant pour que la responsabilité de cette guerre soit également répartie sur les deux parties (...). Je ne peux pas dire de qui ça vient, mais ce sont les pays qui voulaient que le rôle de la Russie dans ce conflit soit réduit.

Ce rapport m'a révélé que, même si la Géorgie a commencé cette guerre, il l'a fait sur son propre territoire, défendant sa souveraineté en réponse à la provocation russe.

L' Abkhazie et l' « Ossétie du Sud » ont été, et font dans la pratique aujourd'hui aussi, partie intégrante de la Géorgie.

La Pologne trop engagée du côté de la Géorgie dans ce conflit? Bien au contraire. Notre pays a justement pris le parti de Tbilissi. La Géorgie a eu hier, a aujourd'hui et aura encore le droit de défendre l'intégrité de son territoire, et la Pologne sera toujours engagée du côté des pays qui sont attaquées et dont le territoire est détruit. »

Dans Le Soir à paraître demain, mais déjà en ligne, nous lisons, toujours d'après AFP (extrait) : « Le rapport tord ainsi le cou à la thèse défendue jusqu'ici bec et ongles par le président géorgien Mikheïl Saakachvili, qui a présenté son offensive comme un acte de légitime défense. »

Le fait d'écrire ces mots démontre combien il est difficile, pour un journaliste d'AFP comme du Soir ou du Monde, de lire 900 pages et d'en rédiger un résumé de 10 lignes, et cela en une heure... sans être influencé par les annonces des agences de presses russes relayant les « informations » du Kremlin depuis plusieurs jours.

Côté Russe, retenons (puis oublions) les déclarations faites par le ministère des affaires étrangères :

« Certaines parties «ambiguës» d'un rapport financé par l'UE pour la mission d'enquête sur la guerre d'août ne peuvent pas masquer "la conclusion majeure de la faute de Tbilissi par l'agression lancée contre la « pacifique Ossétie du Sud ».  A notre avis, les efforts de la Commission n'ont pas vains - toute personne pensante peut tirer du rapport publié ce 30 Septembre la principale conclusion que l'agression contre l'Ossétie du Sud pendant la nuit du 8 août 2008 a été déclenchée par les autorités actuelles de Géorgie. » (ndla : la boucle est bouclée, puisque ça fait 5 ans que Moscou souhaîte pendre le président géorgien)

Il a également dit que le rapport comprend un certain nombre d 'ambiguité, de formulations qui reflètent «les approches politisées de nombreux Etats membres de l'UE envers développements et leurs conséquences d' Août 2008. » La section du rapport sur l'utilisation disproportionée de la force par la partie russe soulève de nombreuses questions, mais en réalité il est facile de trouver de tels arguments dans le rapport, qui confirment le caractère artificiel de ces considérations...  Il a également déclaré que la Russie a dû recourir à la force au-delà de l'Ossétie du Sud, afin de « supprimer les postes » sur le territoire de la Géorgie, qui ont été utilisés pour attaquer l'Ossétie du Sud. »

Faut dire ça aux habitants des villages géorgiens au sud de Tskhinvali qui furent pilonnés, assassinés, pillés, comme à Gori, Senaki, Poti, Gali, Zugdidi, Borjomi et qui aujourd'hui encore sautent sur des mines russes au milieu de champs ou de prairies...

On peut imaginer que le Parlement européen, l'ONU et l'OSCE commenteront le rapport après une lecture approfondie de celui-ci, mais se feront-il entendre des journalistes...?

D.P.

 

23:55 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/09/2009

Le Nord-Caucase est en proie à des meurtres de défenseurs des droits humains

Russie : Le respect des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme est crucial pour que cessent les exactions.

Le Nord-Caucase est en proie à des meurtres de défenseurs des droits humains et à d’autres violences.

Lu sur le site de Human Rights Watch

Septembre 28, 2009

(Moscou, le 28 septembre 2009) - La Russie a ignoré une série de jugements prononcés par la Cour européenne des droits de l'homme sur la Tchétchénie, alimentant ainsi les violences non réfrénées dans le Nord-Caucase, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. A la suite des meurtres récents de défenseurs des droits humains qui s'y sont produits, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe décidera le 28 septembre 2009 de programmer ou pas un débat pour examiner les conditions dangereuses pour les défenseurs des droits humains dans le Nord-Caucase.

Le rapport de 38 pages, « ‘Who Will Tell Me What Happened to My Son?': Russia's Implementation of European Court of Human Rights Judgments on Chechnya » (« ‘Qui va me dire ce qui est arrivé à mon fils ?' : L'exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme sur la Tchétchénie »), examine les réactions de la Russie suite à des jugements rendus par la Cour européenne dans des affaires liées à la Tchétchénie. Dans la quasi-totalité des 115 décisions, la Cour a conclu que la Russie était responsable d'exécutions extrajudiciaires, de torture et de disparitions forcées, et que ce pays avait omis d'enquêter sur ces crimes. Dans les 33 affaires étudiées par les chercheurs de Human Rights Watch, la Russie n'a toujours pas traduit un seul coupable en justice, même dans les affaires où ceux qui ont participé ou ont commandé les opérations qui ont entraîné les violations sont désignés nommément dans les jugements de la Cour européenne.

« Les familles qui ont porté ces affaires au tribunal méritent justice pour les actes brutaux commis à l'encontre de leurs êtres chers », a déclaré Jane Buchanan, chercheuse senior sur la Russie pour Human Rights Watch et une des auteurs du rapport. « Chaque crime qui reste impuni envoie clairement à d'autres individus le message qu'ils peuvent commettre impunément des exactions tout aussi horribles. »

Au cours des derniers mois, il y a eu une série de violences et de menaces à l'encontre des défenseurs des droits humains en Tchétchénie. Le 15 juillet 2009, la militante éminente des droits humains en Tchétchénie, Natalia Estemirova, a été enlevée et assassinée. Moins d'un mois plus tard, le 10 août, Zarema Sadulayeva et son mari Alik Dzhabrailov, militants de l'organisation humanitaire locale Save the Generation, ont été enlevés à leur bureau de Grozny et retrouvés morts le lendemain. Des autorités locales des forces de l'ordre ont été impliquées dans ces meurtres, mais il n'y a eu aucune arrestation.

Plusieurs membres du personnel de Memorial, l'organisation russe éminente de défense des droits humains et groupe pour lequel Estemirova travaillait comme chercheuse, ont été l'objet de menaces, d'actes d'intimidation et de harcèlement au cours des dernières semaines par les services de sécurité, notamment des visites suspectes à leurs domiciles. Le 25 septembre, un tribunal de Moscou a entamé une procédure civile en diffamation suite à la plainte déposée par le président de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, contre le directeur de Memorial, Oleg Orlov, qui a déclaré en juillet que Kadyrov était responsable du meurtre d'Estemirova.

L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, organisme primordial de l'Europe chargé de surveiller les droits humains, se réunit cette semaine pour sa session d'automne à Strasbourg, en France. Elle doit voter aujourd'hui pour décider de tenir ou pas ce qui est appelé « débat sur les affaires courantes » à propos des menaces contre les défenseurs des droits humains dans le Nord-Caucase.

L'un des cas décrits dans le rapport de Human Rights Watch concerne Khadzhi-Murat Yandiyev. Alors qu'elle regardait une émission d'actualités télévisées le soir du 2 février 2000, sa mère, Fatima Bazorkina, a vu une scène dans laquelle des soldats de l'armée fédérale le détenaient. La vidéo montrait un colonel-général de l'armée russe, Alexander Baranov, hurlant aux soldats en disant : « Allez, allez, allez, faites-le, emmenez-le, achevez-le, abattez-le, bon sang... ». On voit ensuite les soldats russes emmenant Yandiyev. On ne l'a pas revu depuis et son corps n'a jamais été retrouvé.
En 2006, la Cour européenne a déterminé que le gouvernement russe avait illégalement détenu et tué Yandiyev et n'avait pas mené d'enquête appropriée sur sa disparition. A ce jour, Fatima Bazorkina n'a reçu aucune information des autorités russes d'investigation quant au sort de son fils.

En tant que signataire de la Convention européenne des droits de l'homme, la Russie a l'obligation après un arrêt de la Cour européenne de verser les compensations financières et les honoraires juridiques décidés par la Cour - ce qu'elle a fait. Mais pour chaque affaire individuelle, la Russie doit aussi prendre des mesures pour porter remède aux violations, et adopter des changements légaux et de politique pour empêcher des violations similaires.

Les jugements de la Cour européenne au sujet de la Tchétchénie, prononcés entre 2005 et 2009, portent sur des violations perpétrées pendant les opérations de l'armée et des services de renseignement de la Russie en Tchétchénie de 1999 à 2004. Dans presque tous les cas, la Cour a conclu que la Russie avait régulièrement omis de mener de véritables enquêtes sur les crimes commis par les membres de son armée. L'une des mesures essentielles pour que la Russie corrige les violations dans de telles affaires est de mener des enquêtes à bonne fin et de traduire les auteurs présumés en justice. Toutefois, Human Rights Watch a constaté que la Russie n'avait pas mené de telles enquêtes, même après que les arrêts aient été rendus.

Suivant une nouvelle tendance préoccupante, dans plusieurs cas les autorités d'investigation ont carrément contesté les conclusions de la Cour portant sur la responsabilité de l'Etat dans les violations des droits humains en Tchétchénie, même dans les cas où les représentants de l'Etat participant aux opérations ayant entraîné des violations, ou bien leurs supérieurs, sont connus et nommés dans les jugements de la Cour.

« Il est profondément décevant pour les victimes et leurs familles que la Russie ignore ouvertement l'essentiel des jugements ainsi que ses obligations envers le Conseil de l'Europe », a déploré Jane Buchanan. « L'application complète des jugements rendus par la Cour européenne non seulement rendrait une véritable justice aux victimes et à leurs proches, mais elle aurait aussi un énorme potentiel pour produire des améliorations durables de la situation des droits humains en Tchétchénie et en Russie. »

Human Rights Watch a appelé les autorités russes à mener les enquêtes en cours sur ces affaires jusqu'à des conclusions significatives, notamment l'engagement de poursuites contre les coupables, ainsi qu'à coopérer avec les jugements à venir. Human Rights Watch a également exhorté les Etats membres du Conseil de l'Europe à faire de l'exécution des arrêts de la Cour européenne une question prioritaire dans leurs dialogues bilatéraux et multilatéraux avec la Russie.

Site de H.R.W. :  http://www.hrw.org/

26/09/2009

Saakashvili à l'ONU : un discours juste, pas juste un discours.

Saakashvili à l'ONU : un discours juste, pas juste un discours.

D'après UN.ORG

M. MIKHEIL SAAKASHVILI, Président de la Géorgie, a affirmé que la chute, il y a 20 ans, du Mur de Berlin était à juste titre apparue comme un des plus grands triomphes des principes de la Charte.  Elle avait mis fin à une ligne de séparation entre les nations et libéré les espérances, les aspirations et les talents de millions de citoyens vivant jusqu’alors sous la tyrannie de l’Union soviétique.  Nous pouvons aujourd’hui être fiers de ce que nous avons accompli, a-t-il ajouté.

Et pourtant, a aussitôt enchaîné M. Saakashvili, il nous faut bien admettre que le présent demeure amer.  En effet, a-t-il affirmé, tout le monde n’a pas tiré les mêmes leçons de la chute du Mur.  Alors que le souffle de la liberté emportait le Mur, peu de gens imaginaient que la répression et les menaces qu’il représentait réapparaîtraient.  Aujourd’hui encore, une Europe libre et en paix reste un objectif à atteindre, un défi non relevé, a ajouté le Président.  L’Europe d’aujourd'hui, a-t-il poursuivi, est coupée par un nouveau mur qui traverse la Géorgie en son milieu, défiant les progrès réalisés depuis 20 ans.

Il y a un an, mon pays a été envahi, a déclaré M. Saakashvili.  À cette heure, ces actes de brutalité sont restés sans réponse, en violation directe du droit international, des normes érigées par cette institution et des accords internationaux, a ajouté le Président, qui a parlé d’« agression armée », de « nettoyage ethnique », de « violations massives des droits de l’homme » et d’« occupation illégale ».

Rappelant les propos tenus hier devant l’Assemblée générale par le Président Medvedev de la Fédération de Russie, qui avait affirmé que son pays avait été « obligé » d’agir comme il l’a fait afin d’appliquer « le principe de l’indivisibilité de la sécurité » et pour « piétiner l’héritage du passé », M. Saakashvili a déclaré que « la seule chose qui avait été piétinée, c’était la frontière souveraine de son pays ».  « Ils ont dit qu’ils étaient contraints de le faire, comme leurs prédécesseurs l’ont dit quand ils ont envahi la Pologne en 1939, la Finlande en 1940, la Hongrie en 1956, la Tchécoslovaquie en 1968 et l’Afghanistan en 1978 », a-t-il lancé, avant de parler de la destruction de Grozny et de l’« extermination » du peuple tchétchène.

« Le peuple géorgien n’acceptera pas une nouvelle ligne de division dans son pays, c’est un engagement inamovible », a affirmé M. Saakashvili.  Appelant la communauté des nations à affirmer que le droit international n’autorise pas la modification des frontières par la force, il a ajouté: « Il nous appartient de faire tomber ce mur pacifiquement, avec le pouvoir de nos idées et la force de nos convictions ».  Mais il a reconnu que cela prendrait du temps.

Le Président a longuement remercié les nations qui ont soutenu le droit des déplacés à rentrer chez eux, refusé de reconnaître les « territoires géorgiens occupés par des forces étrangères », apporté une aide économique à son pays et  rejeté cette idée du XIXe siècle des zones d’influence ».  Il a remercié les Nations Unies pour « 16 années de contribution à la paix en Géorgie par une présence dans le pays, présence « brutalement arrêtée par l’action unilatérale d’un seul État Membre ».  Rappelant que l’Abkhazie est « le berceau de la culture et de la civilisation géorgienne », le Président a affirmé qu’elle « redeviendrait ce qu’elle a été: la partie la plus merveilleuse de la Géorgie ».

M. Saakashvili a ensuite énuméré les réformes démocratiques et économiques réalisées par son pays et celles qui le seraient dans les prochains mois, avant d’affirmer: « la Géorgie est en train de gagner la paix: Nous sommes-nous effondrés face à une invasion brutale? Non! Avons-nous réprimé l’opposition? Non! Avons-nous limité les libertés face à la récession? Non! »

Le Président a rappelé que son pays continuait à honorer ses engagements internationaux, y compris dans le combat contre les changements climatiques et dans la lutte contre le terrorisme, notamment par sa contribution militaire en Afghanistan.  Citant le Président Obama, l’ancien Président tchèque, Vaclav Havel, et la journaliste russe Anna Politkovskaya « si brutalement réduite au silence », M. Saakashvili a affirmé que le nouveau mur qui coupe la Géorgie a fait de celle-ci une idée et un test: « l’idée de la liberté et un test pour le monde que le monde doit réussir ».  Si ce test réussit, vous serez étonnés de la rapidité avec laquelle cette région développera son impressionnant potentiel! », a affirmé le Président de Géorgie.


22/09/2009

L'Europe réagit... via les "anciens"

 

Lettre ouverte à propos de l'inactivisme européen qui permet la construction d'un MUR entre l'Abkhazie et le reste de la Géorgie, signée par des anciens ministres ou présidents de nations européennes, ainsi que Daniel Cohn-Bendit, Timothy Garton Ash, André Glucksmann entre autres.

Expo Rustaveli 07

Il leur aura fallu du temps, mais leur lettre devrait peser quelque peu sur la conscience des dirigeants européens, et ceci juste avant le sommet du G20 aux Etats-Unis cette semaine.

Le présedent géorgien Mikheil Saakashvili s'est d'ailleurs entretenu avec Hilary Clinton aujourd'hui, cette dernière rassurant à nouveau quant à son soutien inconditionnel. Mais la nouvelle de l'abandon du projet de radars et de missiles de défense en Pologne et en Tchéquie démontre que l'administration américaine peut encore céder du terrain, mettant en avant le besoin de collaboration à propos de l'Iran : la Russie, alliée technologique (nucléaire!) et militaire (ventes et/ou livraisons d'armes et de missiles) de l'Iran devra faire preuve de moins de cynisme dans ce dossier.

Quant au dossier géorgien, il sera vraissemblablement sur la table de Medvedev dès la remise de l'enquête sur la guerre d'août 2008 par la Commission dirigée par la diplomate suisse Heidi Tagliavini, quoi qu'en pense Mr Lavrov (lire sur ria novosti).

D.P.

Voici le texte en question :

Alors que l’Europe commémore la honte du Pacte germano-soviétique et des Accords de Munich et s’apprête à célébrer le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, une question s’impose : avons-nous retenu les leçons de l’Histoire ? Autrement dit : sommes-nous capables de ne pas répéter aujourd’hui les erreurs qui ont à ce point assombri le 20e siècle ?

Déplorer ou célébrer des événements passés ne présente aucun intérêt si nous restons sourds à leurs enseignements. De telles commémorations seront utiles seulement si elles nous permettent d’apprendre à agir autrement dans le présent et l’avenir.

En Europe même, force est de constater que l’Histoire n’est pas finie et qu’elle demeure tragique. vingt ans après l’émancipation de la moitié de notre continent, un nouveau Mur se construit en Europe : sur le territoire souverain de la Géorgie.

Il s’agit d’un défi majeur pour les citoyens, les institutions et les gouvernements européens : acceptera-t-on que les frontières d’un petit pays soient changées par la force et de manière unilatérale ? Tolérera-t-on l’annexion de facto de territoires étrangers par une grande puissance ?

Pour que les commémorations historiques qui s’annoncent aient un sens, nous appelons solennellement les leaders des 27 démocraties, qui composent l’Union européenne, à définir une stratégie plus active pour aider la Géorgie à recouvrer pacifiquement son intégrité territoriale et à obtenir le retrait des forces russes présentes illégalement sur son sol.

Nous n’appelons pas ici à une quelconque confrontation avec Moscou, ni ne souhaitons le moindre retour à l’atmosphère hostile de la guerre froide, nous disons juste qu’il est primordial de ne pas se tromper dans les signaux envoyés au pouvoir russe actuel.

Alors qu’une commission, mise en place par l’Union européenne et dirigée par la diplomate suisse Heidi Tagliavini, s’apprête à rendre son rapport sur les causes de la guerre russo-géorgienne, nous appelons les dirigeants européens à se remémorer quelques vérités héritées d’un passé pas si lointain.

Tout d’abord une grande puissance trouve toujours des prétextes pour envahir un voisin dont elle n’accepte pas l’indépendance. Souvenons-nous : Hitler accusa les Polonais d’avoir ouvert le feu les premiers en 1939 et Staline imputa aux Finlandais la responsabilité de la guerre qu’il déclencha contre eux en 1940. La question fondamentale est de savoir quelle est la nation occupée et quelle est la nation occupante? Qui a envahi qui, plutôt que qui a tiré la première balle ?

Ensuite, l’absence de réaction claire des démocraties occidentales face à l’agression et au démembrement d’une nation amie, aussi petite soit-elle, peut avoir des conséquences globales très graves.

L’Union européenne fut fondée en réaction à l’esprit de capitulation de Munich et face à l’érection du Rideau de fer. Il serait catastrophique aujourd’hui qu’elle paraisse avaliser le retour de conduites, qui plongèrent l’Europe dans la guerre et la division au siècle passé. Il en va de l’avenir de cette aventure, à laquelle nous avons consacré nos vies et nos œuvres, la réunification pacifique du continent européen.

Vaclav Havel, Valdas Adamkus, Mart Laar, Vytautas Landsbergis, Otto de Habsbourg, Daniel Cohn-Bendit, Timothy Garton Ash, André Glucksmann, Mark Leonard, Bernard-Henri Lévy, Adam Michnik, Josep Ramoneda.


 

12/09/2009

Medvedev critique la politique post-sovietique de Poutine...

La politique de Poutine critiquée par Medvedev dans une tribune publiée hier à Moscou

Que se cache-t-il derrière les critiques qu’a formulées le Président Medvedev à l’encontre de son propre pays, hier, et publiées dans la plupart des médias russes?

«  Une économie inefficace, une sphère sociale à demi soviétique, une démocratie faible, des tendances démographiques négatives, et un Caucase instable. Ce sont de très gros problèmes, même pour un État tel que la Russie. » Il reproche aussi à la politique de Poutine – puisque c’est de cela qu’il s’agit concrètement – que la dépendance aux matières premières est humiliante, que le gouvernement est excessivement trop présent dans la société et l’économie, et il condamne « des siècles de corruption débilitante ».

Comment doit-on lire ces propos? Veut-il récupérer sa place de Président en se démarquant de son premier ministre encombrant? C’est ce que pensent beaucoup d’experts et autres éditorialistes, mais c’est sans doute trop simpliste tellement cela peut sembler évident. La Douma est presque totalement et exclusivement dévouée à Poutine, et Medvedev aurait besoin d’un plus large soutien au sein du gouvernement pour espérer obtenir plus d’autorité. A moins bien entendu que le Président Medvedev, par ce discours, tente de « récupérer » les mécontents du Kremlin...

La situation de crises dans laquelle se trouve la Russie étant ce qu’elle est, gravissime, il est clair que la politique doit prendre un virage au moins équivalent, mais certainement plus radical que celui effectué lors de la chute du mur en 1989, lorsque le monde soviétique s’est (soi-disant) écroulé. L’économie, trop dépendante des cours des hydrocarbures qui ont énormément chutés depuis début 2008, associée à la crise mondiale, et aux crises dans le Caucase - Ingouchie, Tchétchénie, Daguestan, Ossétie du Nord qui tous aspirent à plus de démocratie, et donc aimeraient s'éloigner de Moscou - c'est plus complexe que ça, mais ça résume la situation explosive du nord-Caucase, tout cela oblige Moscou à puiser dans les réserves fédérales à coup de milliards de roubles pour renflouer ce qui est encore renflouable, et pour financer les conflits. Medvedev annonce son projet de démanteler les grands groupes industriels protégés et financés par Poutine depuis plus de 10 ans, et parle de « système politique ouvert, flexible et intérieurement plus complexe »...

En même temps, il tente de faire passer une loi qui permettrait à la Russie, sous son ordre exclusif, d’ intervenir dans tout pays, militairement s’entend, pour protéger ses ressortissants. Cynique après ce qu’il a fait en Géorgie, et dangereux pour ce qu’il peut décider pour l’Ukraine, ou les pays baltes... L’octroie de passeports russes aurait-il débuté aussi dans ces régions, ainsi qu’ils l’ont fait il y a 4 ans en Abkhazie et en « Ossétie du Sud », donnant alors un prétexte supplémentaire à l’invasion de la Géorgie?

La présente tentative de Medvedev, « montrer au monde » qu’il y a une facette démocratique au sens occidental du terme au Kremlin, peut donc être interprétée très différemment selon que l’on puisse croire que la Russie post-soviétique est à ce jour capable de rentrer dignement – enfin ! - dans le XXIème siècle, ou non. La Russie nous montre chaque jour qu’ils n’ont aucunement l’intention de changer quoi que ce soit dans leur politique étrangère, que du contraire. Le non-respect de tous les traités signés en faveur de la Géorgie, l'implantation de bases militaires dans les territoires occupés, Medvedev et Poutine qui ont du faire face aux critiques de l’ONU, des USA et de l’UE pour leurs visites récentes dans ces territoires nous montrent au contraire que le Kremlin n’a aucune intention de respecter quoi que ce soit, ni les lois internationales, ni aucun droit constitutionnel. Parce que l’enjeu est de taille, et que la première puissance, celle qui dirige de fait la Russie, le FSB de Poutine, est totalement opposée à tout changement.

D.P.

 

02/09/2009

Pas de politique aujourd'hui : des photos de Akhalkalaki et de Tbilissi.

 

 

AKHALKALAKI (près de Kaspi)

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EGLISE "ERTASTSMINDA"

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Après une heure de marche sur les pas de la Reine Tamar (XIIè) ...

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TBILISSI - Quartier entre la cathédrale et la résidence présidentielle, en voie de rénovation...

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Le Marché couvert.

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Un petit bijou qui fait face à la résidence présidentielle...

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11b

 

La Cathédrale de Tbilissi

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