29/07/2009

La diplomatie américaine et russe hausse le ton.

Loin du langage diplomatique adopté par Obama avec la Russie, Joe Biden, lors d'une rencontre avec des jeunes réfugiés d'ossétie et d'abkhazie, a déclaré que « la Russie utilisé un prétexte pour envahir votre région, dans l'espoir de détruire l'économie et convaincre le peuple que la démocratie ne fonctionne pas. » En accusant la Russie de l'invasion après utilisation d'un «prétexte», Biden réitère la position qu'il a prise lorsqu'il s'est rendu en Géorgie au cours de la guerre en tant que candidat à la présidentielle. Une version condamnant une nouvelle fois la Russie non seulement d'avoir organisé le conflit mais aussi de ne pas respecter les accords de cessez-le-feu.

Il ajoute par ailleurs que les Etats-Unis soutiendront économiquement non seulement l'Ukraine et la Géorgie qu'il a visité la semaine dernière, mais aussi tous les pays de l'ancienne URSS qui le désirent, et qu'il soutiendrait toute demande d'adhésion à l'OTAN. « La Russie s'est elle-même isolée des pays qui l'entourent, y compris parmi ses plus fidèles alliés qui commencent à dire des choses très dures contre la Russie... » a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis n'ont pas confirmé la demande du gouvernement géorgien pour l'achat d'armes de défense anti-aérienne et de munitions anti-chars, mais a par contre confirmé l'envoi de formateurs pour l'armée géorgienne, et d'observateurs non-armés pour seconder les effectifs européens dont le mandat a été prolongé pour une durée d'un an.

La réaction de la Russie ne s'est pas faite attendre. Rogozine a immédiatement déclaré qu'il empêcherait toute vente d'armes à la Géorgie, et sanctionnerait tout pays qui ne tiendrait compte de cet avertissement. Le président Saakashvili, quant à lui, souhaite vivement avoir les moyens de se défendre contre une nouvelle attaque russe « tout à fait envisageable » et que le refus éventuel des Etats-Unis de lui fournir du matériel de défense aboutirait sans doute à une nouvelle tentative du Kremlin d'envahir son pays.

La diplomatie internationale ne peut, sous aucun prétexte, effacer les crimes perpétrés par la Russie ces dix dernières années pour des raisons commerciales (gaz/pétrole). Mais elle se doit aussi de maintenir des « relations normales » avec le Kremlin qui, ne l'oublions pas, possède le plus grand arsenal d'armes de destruction massive, et c'est pas peu dire. Le Kremlin le sait, et « joue » avec cette idée. Le « bouton reset » de madame Clinton ne fut qu'un jouet dans les mains de Lavrov... Ce que les pays européens ayant appartenu à la sphère soviétique comprennent et dénoncent depuis longtemps, mais que l'"ancienne Europe" ne peut réellement comprendre, ce qui implique une diplomatie extrêmement frileuse de la part de cette dernière, et des médias trop confiants en la "Nouvelle Russie" de Poutine (et Medvedev).

Avez-vous déjà visité la Russie, ces dernières années? Non pas uniquement Moscou ou Saint-Petersbourg, vitrines de cette "nouvelle Russie capitaliste" mise en avant par le Kremlin (villes extraordinaires brûlant sous les néons de l'occident), mais les campagnes ou les petites villes de province. Là où, déjà du temps de Staline et de ses successeurs soviets on ne mangeait que des pommes de terre en remerciant le pouvoir de ne pas les laisser crever de faim, ils n'ont même plus de pommes de terre! C'est aussi cela, la "nouvelle Russie"! Alors que ces dix dernières années, le pouvoir a amassé des milliards de pétro-roubles jamais réinvestis dans de quelconques infrastructures pourtant indispensables dans les campagnes...

Pendant ce temps-là... A Gali encore, une femme enceinte qui voulait rejoindre le seul hôpital de la région et devait passer par le fameux pont contrôlé par les miliciens abkhazes et les russes, après avoir payé son « droit de passage » de 500 Laris (+/- 250$) aux miliciens, s'est vue refuser le passage par les soldats russes à l'autre extrêmité du pont, n'ayant plus les moyens de les payer. Je n'ai pas pu obtenir de ses nouvelles depuis, mais on peut imaginer dans quelles conditions elle a du accoucher, chez elle, sans assistance médicale. Pourrait-on imaginer un seul instant qu'un tel acte se produise dans nos pays « civilisés »? Ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres relatés chaque jour par les habitants des régions bordant les « frontières » administratives ossètes et abkhazes.

En Moldavie (pro-russe) où des élections ont eu lieu ce week-end, les observateurs géorgiens présents parmi les délégations d'observateurs internationaux, ont été empêchés de faire leur travail et ont été enfermés dans un local, sans aucune assistance - nourritures ou boissons, etc... C'est dire que les méthodes russes n'ont pas changé depuis Staline...

N'étant à Tbilissi que pour quelques heures, je n'ai hélas pas le temps de vous énumérer la totalité des nouvelles que nous avons ici, mais dès mon retour à Bruxelles, je vous promet un billet très complet sur la situation dans le pays, et bien d'autres choses encore dont je vous laisse la surprise.

Bonnes vacances à tous,

D.P.

 

23/07/2009

Joe Biden en Géorgie : Soutien inconditionnel des USA et de l'Europe.


Toujours absents de la presse belge (RTBF, Le Soir et La Libre), ces informations sont primordiales pour l'avenir de la Géorgie, bien entendu, mais non seulement : à travers elles  toute l'Europe, au minimum du point de vue énergiétique, est concernée par la visite du Vice Président Biden. La semaine dernière, une autre info capitale a été ignorée par cette même "presse": les critiques virulentes adressées par la Communauté Européenne et par l'administration américaine à la Russie, suite à la visite de Medvedev dans la "capitale" abkhaze, Sukhumi. Une provocation gravissime de plus de la part de Moscou qui, de son côté, critique ouvertement la visite de Biden à Kiev et à Tbilissi, comme si elle avait enconre son mot à dire pour ce qui est des politiques menées par ces deux pays en recherche de liberté et de démocratie, mots que les Russes n'ont pas encore intégrés dans leur dictionnaire d'australopithèques (merci Gad!) post-staliniens.

Mais voici ce que la presse rapporte de la première journée de Biden à Tbilissi :

Le Vice President des Etats-Unis, Joe Biden, a déclaré à Tbilissi que sa visite visait à envoyer « un message simple, clair et sans équivoque à tous ceux qui écoutent et ceux qui ne veulent pas écouter, que l'Amérique est avec vous et restera avec la Géorgie. »

Biden a pris la parole lors d'un banquet tenu en son honneur organisé par le Président Saakashvili peu de temps après son arrivée à Tbilissi, ce mercredi soir.

Le Vice President Biden a déclaré que le États-Unis appuient la Géorgie, car « nous avons été inspirés par votre recherche d'indépendance, que la révolution de la rose a été la voix des "gens épris de liberté, que vous avez étendu bien au-delà des frontières de la Géorgie".
Biden a déclaré que les Etats-Unis ont un « partenariat avec la Géorgie, en cause nombre de défis sécuritaires, la sécurité énergétique et les valeurs partagées de démocratie ».

« Vous êtes dans le processus de construction institutionnelle, de ces attributs dont le pays a besoin pour maintenir la démocratie. Beaucoup d'autres peuples dans le monde cherchent, grâce à vous, de voir s’ils pouvent bénéficier de la révolution de la rose à pleine maturité et des racines très profondes de la démocratie ».

Le président Saakashvili, qui a accordé à Biden l'une des plus importantes décoration de Géorgie, la médaille de l’ordre de la Sainte Victoire, a dit que le Vice President a été l'un des plus ardents défenseurs de son pays. « Comme vous le savez, nous avons réussi à construire ici quelque chose qui n'a jamais existé dans cette région - un pays moderne et qui fonctionne », a-t- dit. « Nous pouvons être fiers d'avoir réalisé cela, mais nous savons qu'il reste encore beaucoup à faire » et a ajouté que, à cette fin il a décrit les propositions pour plus de réformes démocratiques, texte révélé au Parlement plus tôt cette semaine.

Il a également déclaré que l'opposition continue ses protestations de rue, ce qui fait partie de la démocratie.
Saakashvili a aussi déclaré que son palais présidentiel (inauguré il y a une semaine), où le dîner officiel avait lieu, « est à seulement 40 kilomètres des territoires occupés» - en se référant à Akhalgori en Ossétie du Sud sécessionniste, « mais je ne veux en rien vous effrayer! Je sais qu'il est très difficile de vous faire peur!», a ajouté Saakashvili, rappelant la visite en Géorgie de Biden le 18 août 2008, environ une semaine après la fin des hostilités militaires.

Saakashvili a déclaré que malgré les attaque de grande envergure par la Russie, « le peuple géorgien fier et ne renoncera jamais. Alors que nous sommes à portée d’arme ... nous croyons que la démocratie est plus que jamais nécessaire, permettez-moi d'être clair sur ce point: pour nous il n'y a pas de compromis entre la démocratie et de la sécurité. Notre environnement de sécurité ne peut être résolu que par l'investissement dans notre démocratie », at-il dit, et a ajouté que ce serait « un chemin long et difficile et la Géorgie a besoin de l'aide de ses amis à cet égard. »

À la fin de son discours, Saakashvili a rappelé à Biden, que lorsque «vous m'avez dit [après la guerre du mois d'août]: « Misha, de nombreuses personnes vous appellent ces jours-ci, mais beaucoup plus tard, cesseront de le faire, c'est inévitable, mais je ne vous abandonnerai jamais, je serai toujours là pour votre pays ». Vous avez été toujours là pour nous et le serez toujours. »

Le dîner, auquel ont également participé des membres de la délégation américaine, le gouvernement géorgien et des hauts fonctionnaires parlementaires, a été suivit par un concert d’artistes géorgiens, chants et danses folkloriques (superbes), Nino Katamadze, et la soprano d’origine abkhaze (je pense) entre autres.

D'après Civil.ge


Pendant ce temps, à Gali, ce village à la "frontière" abkhaze peuplé par 100% de géorgiens où décidément les soldats russes ne savent plus qu'inventer, les habitants qui souhaîtent traverser l'unique pont situé au centre du village doivent leur payer 500 roubles. D'un côté c'est compréhensible puisque ces soldats ne sont pas ou peu payés par Moscou... Avant-hier, onze personnes ont été enlevées contre rançon. Autre manière de se payer. Comme au 19ème siècle, quand ces mêmes soldats n'avaient que le pillage des zones conquises comme solde. Les policiers abkhazes (pas très méchants, contrairement aux milices séparatistes et aux soldats russes) ont été désarmés par les russes, ce qui a été considéré comme une trahison supplémentaire par les abkhazes. Certains d'entre eux, ayant refusé, ont quitté leurs postes pour rejoindre le maquis, si j'ose dire, dans les forêts avoisinantes. Mais leurs maisons ont directement été perquisitionnées et leurs familles interrogées par les autorités russes. C'est clair, les abkhazes commencent à "voir rouge"....

Comme je suis actuellement à Tbilissi pour quelques heures et qu'ailleurs en Géorgie je n'ai que très péniblement accès à un réseau internet, je n'ai pas beaucoup l'occasion de tenir mon blog à jour, et je m'en excuse auprès de vous. Sachez seulement que je suis très fier des géorgiens qui souffrent beaucoup de la présence des Russes sur leur territoire mais ne perdent pas espoir de revoir un jour leur pays uni, grâce à Saakashvili pour l'instant, avec ses qualités comme avec ses défauts parfois (il est souvent impulsif comme peut l'être un Sarkozy, mais, j'en suis convaincu, seul à pouvoir actuellement diriger le pays dans la direction souhaîtée par la majorité du peuple géorgien).

Dernière chose avant de repartir vers la fraîcheur des montagnes géorgiennes : quelques photos de lieux que je ne suis pas prêt d'oublier tellement c'est magique :

Géo 2009_0185Sur la route menant vers Tusheti.

Géo 2009_0224

Tusheti, après 70 km de sentiers tortueux et périlleux : un cadeau de la nature à quelques km de la Russie (frontières Daguestan/Tchétchénie/Géorgie)

Géo 2009_0304

Tusheti, vue du village côté "hiver", pris du village côté "été". Seul un couple y vit toute l'année. L'unique route qui y mène étant très dangereuse, et totalement fermée les mois d'hiver, seul un hélico peut leur venir en aide en cas de pépin...

Géo 2009_0680

Cignari, ville entièrement (ou presque) restaurée par le gouvernement géorgien. Une perle perchée au-dessus de la vallée qui borde la chaîne du Caucase. Bien plus impressionnant que la Côte d'Azur!

Géo 2009_0574

Tsinandali, le chateau du prince Tchavtchavadze donné aux russes vers 1850 en paiement d'une rançon. Abrite actuellement le musée dédié à la famille princière. Somptueux (à l'échelle géorgienne), entouré d'un parc qui fait face au Caucase. Le prince Alexandre Tchavtchavadze était un poète éminent, mais aussi un grand amateur de vins. Il fut le premier à utiliser les méthodes de vinifications à la française en Géorgie, pourtant pays du vin depuis plus de 5000 ans. Dans la cave, ont peut encore y trouver des crus de l'époque napoléonienne.... (Les occupants soviétiques, qui n'y connaissaient rien, en ont laissés quelques uns!)

 

Bonnes vacances à tous!

D.P. (photos et textes)

10/07/2009

Enfin de retour au paradis !

 

Le 12 août 2008, alors que la guerre semblait encore ne pas vouloir s'arrêter et qu'il a fallu faire le choix entre rester et risquer la vie de ma famille, ou rentrer en Belgique grâce aux moyens mis à la disposition des ressortissants français par Sarkozy, alors présent à Tbilissi (rien de réaliste n'ayant été organisé par le ministère des affaires étrangères belges), c'est la mort dans l'âme que nous avons rejoint nos compatriotes pour rentrer au pays, sains et saufs, laissant derrière nous une Géorgie violée par les Russes.

Frustré, en colère, mais extrêmement motivé grâce au soutien inconditionnel de la communauté internationale, j'ai voulu à ma manière œuvrer pour aider ce petit pays du Caucase qui n'avait comme tort que d'être sujet à la convoitise de Poutine et de ses acolytes du FSB. Tbilisite, mon premier site consacré à la Géorgie, se devait d'évoluer, voire d'être remplacé : le blog est né !

Vous avez été très nombreux à visiter et à soutenir Tbilisite, de nombreux courriers de belges, de français, de géorgiens et, à ma grande surprise, de russes, venant sans cesse me conforter dans l'idée que ce travail n'est pas vain.

Jusqu'à aujourd'hui, vendredi 10 juillet 2009, beaucoup d'événements ont démontré combien j'ai eu raison, non pas sur quelques points mais bien sur tous les points, d'accuser comme je l'ai fait la Russie de tous les maux. Nombre d'enquêtes ont été réalisées par des instances nationales et internationales qui prouvent, si besoin en était, que la Russie a bien agressé les géorgiens sans qu'il n'y ait provocation de ces derniers, que la Russie a bien eu recours à la manipulation et à l'instrumentalisation des peuples séparatistes ces dix dernières années - les années Poutine - pour parvenir à s'emparer de la totalité de la Géorgie, que la Russie a bien bombardé les villages géorgiens du nord de l'Ossétie du sud avant le 8 août afin d'y attirer les forces géorgiennes, contraintes dès lors à protéger ses citoyens dans une zone où les milices ossètes et les « forces de paix » russes étaient en nombre croissant, que dans leur fuite, l'armée géorgienne n'a procédé à aucun massacre, contrairement aux milices ossètes et à l'armée russe seuls génocidaires et nettoyeurs ethniques lors de cette guerre, que la Russie a profité de la guerre en Ossétie pour renforcer leurs positions, voire même l'étendre très fortement, en Abkhazie, c'est à dire loin du conflit initial, ....etc....etc....etc...........................

Aujourd'hui, l'ours russe a de quoi être de mauvais poil. Le Président Obama, pour les intérêts des Etats-Unis bien entendu mais en connaissance de toutes ces évidences, soutient la Géorgie sans aucune restriction, à 100%. L'intégrité territoriale de la Géorgie ne sera jamais remise en question par la communauté internationale. La Russie doit faire marche arrière et enfin respecter leur signature du traité de cessez-le-feu signé par Medvedev, Sarkozy et Saakashvili il y a bientôt un an.

Et aujourd'hui, c'est de Tbilissi que j'ai le plaisir d'écrire ce billet. Quelle joie! Retrouver ce petit paradis sur terre après la grisaille monotone de Bruxelles... Alors, pour fêter ça, ces quelques jours qui viennent je les consacrerai aux plaisirs des sens, et les partagerai avec vous, chers amis, chers lecteurs assidus, au jour le jour ( selon l'accessibilité au réseau internet très instable!), oubliant le temps d'un souffle inspiré mes désirs de justice et mes besoins de revanches...

A 0001 (30)Pour commencer, voici quelques images de « mon paradis à moi », la maison en voie de rénovation dans la campagne du nord de Tbilissi. Située en dehors de toute modernité, au bord d'une petite rivière poissonneuse à souhait, au milieu de cette région qui semble inchangée depuis la nuit des temps... Oui, ici, c'est un paradis préservé. Et dire qu'il y a moins d'un an, nous y étions encerclés par des tanks et survolés sans cesse par des hélicos! Non, Poutine, ici ne sera jamais chez toi!

 

A 0001 (39)

Mais qui sait, à l'image de ce soldat russe, tu sais, celui qui a fuit ton armée pour avoir été maltraité par tes vils officiers, celui qui depuis des mois n'avait pas mangé un seul petit bout de viande, celui qui a fuit ton armée de pourris, traversé la « frontière » pour se retrouvé dans ce village géorgien ou il fut recueilli, soigné, nourrit, logé et aimé au-dela de tout préjugé par son ennemi géorgien, si tu viens chez moi, dans ce petit village perdu au centre de la Géorgie, je t'accueillerai aussi et nous viderons quelques verres de ce merveilleux vin qui se boit par ici, car quiconque arrive en Géorgie se doit d'être l'invité pour qui même l'impossible sera fait, sans aucun jugement quant à son passé. Mais pour être honnête, je ne pense pas qu'absolument tout le monde agirait ainsi pour toi...

A 0001 (22)


 

 

 

D.P.

07/07/2009

OBAMA - MEDVEDEV : une première journée à Moscou


OBAMA - MEDVEDEV : une première journée à Moscou

Voici, un peu plus bas, la quasi-totalité de la conférence de presse donnée conjointement par Obama et Medvedev ce lundi soir. C'est un peu long et fastidieux à lire, mais pas autant qu'à écrire, je vous l'assure! Quelques beaux sous-entendus de part et d'autre, et une fermeté d'Obama concernant l'inviolabilité du territoire géorgien qui ne laisse aucun doute sur les difficultés rencontrées lors des discussions de la journée. Par contre, aucune question n'a été posée par un journaliste à propos de la guerre d'août, ni à propos du Caucase en général. Il a sans doute fallu éviter les sujets qui fâchent, les points de désaccords. Obama voit Poutine demain matin, pour le p'tit-déj. Ils en parleront très certainement ensemble, étant bien plus l'affaire de Poutine que de Medvedev.

Demain, d'autres événements d'importance viendront donc certainement s'ajouter à ceux d'aujourd'hui, mais je n'aurai pas la possibilité de vous en faire part. Plutôt que d'en écouter ou lire l'un ou l'autre résumé dans un média quelconque (ce qui est encore plus pénible!), je ne peux que vous conseiller de lire la totalité, en anglais, sur le site de la Maison Blanche par exemple.

Pour le point de vue géorgien, reportez-vous, en anglais ou en géorgien, sur le site de Rustavi2, aussi par exemple. Je vous livrerai mes sentiments plus tard, vraisemblablement jeudi.

Et à partir de la semaine prochaine, c'est avec grand plaisir que je partagerai avec vous, cher(e)s lecteur (trice), mes témoignages et autres résultats de, je pense, nombreuses pérégrinations un peu partout en Géorgie (toujours difficile de s'y organiser: transports, disponibilités, obligations diverses). A défaut de pouvoir partager avec vous certains sujets de découvertes, comme les vins ou brandies incontournables ( sans rancune !) , je compenserai avec de nombreuses photos régulièrement mises en ligne, à la fois sur ce blog et un autre blog qui sera ouvert pour l'occasion.

Bonne vacances à vous si vous partez aussi "ailleurs", sinon, courage! 

D.P.

traduction libre d.p.

PRESIDENT Medvedev : Mesdames et Messieurs, Mesdames et Messieurs de la presse, les collègues, nous venons d'achever nos négociations avec le président des États-Unis. La première visite du président américain Barack Obama en Russie a été très chargée. Le première journée a montré que nous avons réussi à discuter de tous les points de notre ordre du jour, et ce n’était pas rien.

Je voudrais d'emblée dire que la conversation était très utile et très ouverte. Cela, sans aucun doute, fut une réunion qui a été prévu, tant dans notre pays qu’aux États-Unis d'Amérique, et sur laquelle non seulement l'avenir de nos deux pays dépend, mais aussi, dans une large mesure, les tendances du développement mondial.

(...) En réalité, pour nos relations, c'est très important et ce n'est pas un travail simple, parce que l'arriéré de problèmes est tout à fait impressionnant. Mais nous avons assez de volonté mutuelle pour faire l'examen de ces problèmes, les positions de principes qui nous ont toujours occupés et nous occupent encore, d'une manière professionnelle. Et nous sommes parvenus à des résultats mutuellement bénéfiques.

Je tiens à souligner que chacun de nos pays comprend son rôle à sa façon, mais qu’en même temps, nous nous rendons compte de notre rôle et la responsabilité de la situation dans le monde - surtout dans une période où le niveau de la mondialisation a atteint de telles dimensions, et de ces paramètres viennent les décisions que nous prenons très souvent pour déterminer la situation en général. Et ces États puissants comme les États-Unis d'Amérique et la Fédération de Russie ont une responsabilité spéciale pour tout ce qui se passe sur notre planète.

Nous avons de nombreux points de convergence, de nombreux intérêts mutuels et mondiaux, économiques et bien d’autre intérêts. Mais notre volonté de discuter de ces sujets était mutuelle, et c'est aussi l'un des résultats très importants de notre rencontre, car le travail que nous faisons requiert la bonne volonté, le respect mutuel, la compréhension et l'honnêteté de l'autre position.

Nous sommes également venus à la conclusion que le niveau des relations russo-américaines atteint aujourd'hui ne correspond pas à leur potentiel. Et la chose importante est que le niveau que nous avons aujourd'hui ne correspond pas à la nécessité de l'âge actuel, et sans développement de nos relations à l'ordre du jour des affaires étrangères, sur des données scientifiques, le commerce, l'éducation, les relations ne seront pas en mesure de construire la route à l'aube du 21e siècle.

Nous avons passé plusieurs heures à des négociations très spécifiques, et de même nous nous sommes attardé sur les questions de la philosophie de notre coopération. Je suis reconnaissant au Président des États-Unis pour la compréhension qu’il a montré sur les principes que nous avons mis en avant, et de notre attention sur les propositions faites par la partie américaine. Donc, en dépit du fait que, en quelques heures, nous ne pouvons pas éliminer le fardeau de tous les problèmes, nous avons convenu que nous allons aller de l'avant sans s'arrêter, que nous allons prendre les décisions qui sont nécessaires pour le développement des relations entre nos deux pays.

Nous avons discuté des problèmes très spécifiques, et je voudrais partager quelques-unes avec vous. Nous avons, bien entendu, discuté de sujets internationaux. Nous avons parlé de ces problèmes difficiles comme le processus de règlement au Moyen-Orient. Nous avons convenu de poursuivre nos travaux, en tenant en compte les visites que nous avons eues au Moyen-Orient, récemment. Nous avons discuté de la possibilité d'organiser à Moscou une conférence sur le Moyen-Orient.
Nous avons parlé d'un sujet très important qui nécessite la coordination de nos activités. C'est le problème de l'Afghanistan. Sans notre travail conjoint dans ce domaine, nous ne serions pas en mesure d'atteindre le succès, et sur ce point nous nous sommes entendus sur une déclaration spéciale.

Nos relations seront également consolidées par nos liens dans le domaine humanitaire, dans le domaine de la science. Cela doit être fait par tous les moyens, et nous allons traiter de cela après cette réunion d'une manière très profonde.

Maintenant, quelques résultats de nos négociations. Vous êtes au courant de leur existence. Nous nous sommes entendus sur un sujet très important, le nouvel accord des armements stratégiques offensifs. C'est donc un élément fondamental de notre sécurité mutuelle. Le travail était très intense et je dois admettre que nos équipes, nos délégations, ont travaillé efficacement sur ce sujet. Il en résulte un compromis raisonnable, et je tiens à remercier tous ceux qui ont pris part à ces négociations, ou y prendront part.

(..) D’un commun accord, comme nous venons de signer avec le Président des États-Unis, il est dit que nos deux pays peuvent avoir de 500 à 1.100 porteurs d'armes stratégiques, et de 1500 à 1675 têtes. Ce sont les nouveaux paramètres de notre dialogue et pour lequel nous espérons parvenir à un accord final qui fera partie du nouveau traité.

Nous avons également convenu que les systèmes offensifs et défensifs des deux pays devraient être examinés ensemble. Nous avons adopté une déclaration commune sur la GPA. Et cela est aussi un important résultat de notre travail, même en tenant compte du fait que nous avons des divergences sur un certain nombre de articles. Cependant, nous avons réussi à signer - d'approuver un document commun.

Nous avons discuté des mesures de coopération dans le domaine nucléaire et le plus important est que nous allons continuer notre coopération dans tous les domaines, et beaucoup dépend de notre pays. Nous avons signé un accord sur le transit militaire en Afghanistan. Nous avons décidé de créer une commission présidentielle sur la coopération, qui aura à coordonner les relations entre les divers organismes des États-Unis et la Fédération de Russie, respectivement, dans tous les domaines prioritaires, y compris les domaines économiques et militaires.

Dans le domaine militaire, ces questions seront abordées par les chefs d'état-majors qui ont signé le document, le général Makarov et Mullen.

Bientôt, tous ces documents seront publiés et vous pourrez vous familiariser avec eux.

(...) Je tiens à souligner, en conclusion, que notre pays tient à atteindre un haut niveau de coopération avec les États-Unis, ce qui serait réaliste, digne du 21ème siècle, et ce qui assurera la paix et la sécurité. C'est dans notre intérêt, et nous sommes reconnaissants à nos collègues américains pour le travail conjoint que nous avons fait.

Il est vrai que la solution de nombreux problèmes du monde dépend de la volonté commune des États-Unis et la Russie.

Merci.

(clap clap clap)

PRESIDENT OBAMA:

Bon après-midi, tout le monde, et je tiens à remercier le président Medvedev et le peuple russe pour leur hospitalité. Michelle et moi, et nos enfants sont heureux d'être ici, à Moscou, et d'être ici si rapidement dans mon administration.

Nous venons de conclure une réunion très productive. Comme le président Medvedev vient de l'indiquer, le président et moi avons convenu que les relations entre la Russie et les États-Unis ont souffert d'un sentiment de dérive. Nous avons décidé de rétablir les relations américano-russes, de sorte que nous pourrons coopérer plus efficacement dans des domaines d'intérêt commun. Aujourd'hui, après moins de six mois de collaboration, nous avons fait exactement cela en prenant des mesures concrètes pour progresser sur un large éventail de questions, tout en ouvrant la voie à davantage de progrès dans l'avenir. Et je pense qu'il est particulièrement remarquable que nous ayions abordé les priorités - ce ne sont pas des questions de second rang, elles sont fondamentales pour la sécurité et la prospérité des deux pays.

Tout d'abord, nous avons pris des mesures importantes pour faire avancer l'augmentation de la sécurité nucléaire et arrêter la propagation des armes nucléaires.

Cela commence avec la réduction de nos propres arsenaux nucléaires. Étant les deux principales puissances nucléaires, les États-Unis et la Russie doivent montrer l'exemple, et c'est ce que nous faisons ici aujourd'hui. Nous avons signé un accord commun pour une suite du traité à l'accord START et qui permettront de réduire nos ogives nucléaires jusqu'à un tiers de nos limites actuelles des traités. Ce traité juridiquement contraignant sera achevé cette année.

Nous avons également convenu d'une déclaration conjointe sur la coopération en matière de sécurité nucléaire qui nous aidera à atteindre l'objectif d'assurer à toutes les matières nucléaires vulnérables dans les quatre ans - des progrès que nous pouvons mettre à plus tard cette semaine au sommet du G8. Ensemble, ces éléments sont d’importants pas en avant dans la mise en œuvre de l'ordre du jour que j'ai énoncé, à Prague.

Comme nous tenons nos engagements, nous devons veiller à ce que les autres nations conservent le leur. À cette fin, nous avons eu des discussions constructives sur la Corée du Nord et l'Iran. La Corée du Nord a renoncé à ses propres engagements et de violation du droit international. Et c'est pourquoi je suis heureux de voir que la Russie se joingne à nous dans l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité qui appelle à des mesures énergiques pour empêcher la nucléairisation de la Corée du Nord et ses programmes de missiles balistiques.

L’Iran pose également un sérieux défi par le biais de son incapacité à honorer les obligations internationales. Ce n'est pas seulement un problème pour les États-Unis. Elle soulève la perspective d'une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient, qui mettrait en danger la sécurité mondiale, et le programme balistique de l'Iran pourrait également représenter une menace pour l'ensemble de la région. C'est pourquoi je suis heureux que nous nous soyons entendus sur une déclaration conjointe sur la coopération en matière de défense, et une évaluation de la menace des missiles balistiques, défis du 21ème siècle, y compris ceux posée par l'Iran et la Corée du Nord.

Deuxièmement, nous avons pris des mesures importantes en avant afin de renforcer notre sécurité grâce à une plus grande coopération.

Président Medvedev et moi avons convenu de la nécessité de lutter contre la menace de l'extrémisme violent, en particulier d'Al-Qaïda. Et aujourd'hui, nous avons signé un accord qui permettra le transit de matériel militaire offensif par la Russie vers l'Afghanistan. Il s'agit d'une contribution substantielle de la Russie à notre effort international, et permettra de gagner en temps et en ressources pour donner à nos troupes le soutien dont elles ont besoin.

Merci à l'amiral Mullen et son homologue russe, nous avons également accepté de reprendre la coopération militaire, entre les États-Unis et la Russie. Cela fournit un cadre pour l'amélioration de la coopération et l'interopérabilité entre nos forces armées, afin que nous puissions mieux répondre aux menaces auxquelles nous sommes confrontés - du terrorisme à la vie privée. Nous avons également décidé de rétablir une Commission mixte sur les prisonniers de guerre et des disparus, ce qui va permettre à nos gouvernements de coopérer à notre engagement inébranlable de nos militaires, hommes et femmes.

Et troisièmement, nous avons pris des mesures importantes pour faire avancer l’élargissement de notre coopération sur un large éventail de questions qui touchent la sécurité et la prospérité de nos peuple.

Président Medvedev et moi-même avons créé une Commission Présidentielle bilatérale américano-russe pour servir de nouvelle base à cette coopération. Trop souvent, les États-Unis et la Russie ne communiquent que sur un étroit éventail de questions, ou laisse les vieilles habitudes au sein de notre bureaucratie. Et c'est la raison pour laquelle cette commission comprendra des groupes de travail sur le développement et l'économie, l'énergie et l'environnement, l'énergie nucléaire et la sécurité, le contrôle des armements et la sécurité internationale, la défense, la politique étrangère et de lutte, la prévention et de traitement des urgences, de la société civile; la science et la technologie; l'espace, la santé, l'éducation et la culture. Et ce travail sera coordonné par le Secrétaire Clinton et le Ministre Lavrov, et le voyage de la secrétaire Clinton en Russie cet automne montre avancée.

Juste pour vous donner un exemple de cette coopération, c’est le nouveau protocole d'entente sur la santé. Nous avons appris - le plus récemment avec le virus H1N1 - une maladie qui apparaît partout peut constituer un risque pour les gens partout dans le monde. C'est pourquoi les services de notre Département de la santé coopéreront avec leurs homologues russes pour lutter contre les maladies infectieuses, chroniques, transmissibles et non transmissibles, tout en favorisant la prévention et la santé mondiale.

Enfin, je suis heureux que la Russie a pris la décision importante de la levée de certaines restrictions sur les importations de bétail. Le coût de ces restrictions sur l'entreprise américaine est de plus de 1,3 milliard de dollars, et nous avons fait des progrès importants vers la restauration de ce commerce.

Je ne vais pas prétendre que les États-Unis et la Russie sont d'accord sur chaque question. Comme le président Medvedev l’a indiqué, nous avons eu des discussions franches, et il y a des domaines où nous sommes toujours en désaccord. Par exemple, nous avons eu une discussion franche sur la Russie par rapport à la Géorgie, et je réitère ma ferme conviction que la souveraineté de la Géorgie et l'intégrité territoriale doit être respectée. Cependant, même dans notre travail par le biais de nos désaccords sur les frontières de la Géorgie, nous sommes d'accord que personne n'a un intérêt renouvelé dans les conflits militaires. Et pour avancer, nous devons parler franchement pour résoudre ces différends de façon pacifique et constructive.

Le Président Medvedev et moi nous nous sommes engagés à sortir de la suspicion et rivalités du passé afin que nous puissions avancer dans les intérêts que nous avons en commun. Aujourd'hui, nous avons fait des progrès significatifs dans le démontration par des actes et des mots ce qu'est une attitude plus constructive-Unis Russie relation peut ressembler au 21e siècle. Demain, je me réjouis de cet effort pour élargir les domaines des affaires, la société civile, et un dialogue entre Américains et Russes.

Je crois que nous avons tous un intérêt à se forger un avenir dans lequel les États-Unis et la Russie [soient] des partenaires efficaces au nom de notre sécurité et notre prospérité. C'est le but de la réinitialisation de nos relations, c'est le progrès que nous avons fait aujourd'hui, et je tiens encore une fois à remercier le Président Medvedev et toute son équipe pour être les hôtes et pour ce merveilleux travail réalisé de façon efficace avec nos équipes. Je vous remercie.

(clap clap clap clap)

MODERATEUR:  Chers collègues, nous commençons maintenant la conférence de presse conjointe du Président de la Fédération de Russie et du président des États-Unis. Vous serez en mesure de poser deux questions. N'oubliez pas de vous représenter vous-même. Et la première question, de la presse américaine :

Q Merci, et bonne soirée aux deux Présidents. Obama Président, je voudrais vous poser une question concernant la question de la confiance, après cette période de relations tendue entre les pays, mais aussi avec les accords que vous avez juste jeté aujourd'hui. Après avoir passé du temps avec le président Medvedev, vous sentez-vous comme vous avez le plein de confiance en lui, et avez-vous installé dans votre esprit qui est réellement en charge ici en Russie - le président ou le premier ministre Poutine?

Président Medvedev, je voudrais vous demander, les sondages montrent que le peuple américain ont des sentiments récurent - je suis désolé - qu’en Russie, les gens ont une certaine rancune à propos de l'Amérique. Je me demandais ce que vous pensez que le Président Obama peut faire pour essayer de changer cela?

PRÉSIDENT OBAMA : Bien, tout d'abord, c'est maintenant ma deuxième longue réunion bilatérale avec le Président Medvedev et nous avons aussi eu une série de coups de téléphone et d'autres échanges. Et au cours de nos interactions, j'ai constaté qu'il est direct, professionnel. Il est clair sur les intérêts du peuple russe, mais il est aussi intéressé par la découverte quels sont les intérêts des Etats-Unis. Et nous avons constaté, je pense, une capacité de travailler ensemble extrêmement efficacement.

Alors, oui, j'ai confiance au président Medvedev, non seulement d'écouter et de négocier de manière constructive, mais aussi d'assurer le suivi - le suivi sur les accords qui sont ici aujourd'hui. Et, encore une fois, je suis très reconnaissant, non seulement de la manière dont il a traité avec moi, mais aussi la façon dont nos équipes ont travaillé ensemble. Si vous pensez que sur le court laps de temps entre notre rencontre à Londres et aujourd'hui, et le fait que nous avons accompli presque tous les objectifs que nous nous étions fixés à Londres - et ces réalisations ne sont pas négligeables - je pense que c'est un bon signe de progrès dans l'avenir.

Demain, je serai à un petit-déjeuner avec le Premier ministre Poutine. Je ne l'ai pas rencontré avant. Je me réjouis de cette réunion. Je crois comprendre, c’est que le président Medvedev est le président, et le Premier ministre Poutine, le Premier ministre, et le pouvoir est attribué, conformément au système de gouvernement de la Russie, de la même manière que nous attribuons le pouvoir aux États-Unis.

Et mon intérêt est de traiter directement avec mon homologue, le Président, mais aussi d'atteindre le Premier ministre Poutine et tous les autres secteurs influents de la société russe pour que je puisse obtenir une image complète des besoins de la population russe, et les préoccupations de la population russe.

Et j’ai la forte impression que le président Medvedev et le Premier ministre Poutine travaillent efficacement ensemble. Et notre intérêt est traiter avec le gouvernement russe dans son ensemble afin de parvenir à l'amélioration des relations bilatérales qui, je crois, peut être accomplie.

PRESIDENT Medvedev : Tout d'abord, je tiens à remercier le Président Obama pour les paroles aimables qu'il vient de dire sur l'esprit et le niveau d'ouverture dont nous jouissons dans notre relation personnelle. J'ai dit quelque chose à ce sujet déjà, auparavant. Les Relations personnelles sont très importantes, surtout quand on parle de la construction de relations interétatiques. Et lorsque la relation entre les gouvernements et les relations personnelles sont au même niveau, positive - c'est toujours bon pour les relations entre les pays.

En parlant de l'attitude envers les Américains, ils sont amicaux. Je n’y vois pas d'éléments négatifs. Mais quand il y a des problèmes entre les états, quand il y a des signaux négatifs envoyés par le gouvernement, alors bien sûr ces signaux réfléchissent sur l'humeur des gens ordinaires et ainsi la meilleure relation entre les pays est que plus de personnes ont de l'empathie les uns envers les autres dans des pays différents.

Nous avons évoqué lors de nos différentes tâches la relation entre nos pays, de nouveaux hauts et bas. Ensemble, pendant la Deuxième Guerre mondiale, nous avons sauvé le monde, il y avait le partenariat stratégique entre nous. Et maintenant nous avons aussi un sentiment que beaucoup dépend de notre relation. Et le succès dans la réalisation de ces diverses espérances, dépend beaucoup de nos efforts, voulant dire que notre peuple avait toujours la sympathie l'un vers l'autre.

MODERATEUR: (Inaudible), s'il vous plaît, vous avez la parole.

Q. Je vous remercie. J'ai une question aux deux Présidents. La Russie et les États-Unis sont les plus grandes puissances nucléaires dans le monde, représentant 95 pour cent des ogives. Vous avez travaillé sur les documents sur le TNP depuis un certain temps - en fait, depuis 1970. Pensez-vous que vous serez en mesure d'avoir la situation sous contrôle dans la zone du TNP alors qu’il y a beaucoup de tendances négatives dans le monde entier?

PRESIDENT Medvedev: Eh bien, le problème de non-prolifération est très important pour nos pays parce car nous partageons le plus lourd dans le domaine de la non-prolifération des armes stratégiques. Nous avons de grands arsenaux nucléaires, et nous avons l'entière responsabilité de ces arsenaux . Et je suis d'accord avec vous - il y a des tendances négatives dans le monde et elles sont dues à l'émergence de nouveaux acteurs nucléaires. Certains d'entre eux ne sont pas officiellement membres du club nucléaire, mais ils ont des aspirations d'avoir des armes nucléaires et de déclarer ouvertement, ou, ce qui est pire, le faire clandestinement. Et bien sûr, elle a une incidence très négative sur le monde.

Et pour des raisons bien connues, il existe des régions du monde où la présence d'armes nucléaires créerait d'énormes problèmes, et ce sont des domaines où nous devrions concentrer nos efforts avec nos partenaires américains.
Ces régions, ces zones sont bien connues. Il n'y a pas de sens à les nommer. Mais il est bien évident que de la situation au Moyen-Orient ou dans la péninsule coréenne dépendra le climat dans le monde.C’est sous notre responsabilité conjointe, et nous devrions faire tout notre possible pour empêcher toute évolution négative là-bas. Et nous sommes prêts à le faire. Nos négociations avec le président Obama ont montré que nous partageons la même attitude à l'égard de ce problème.

PRESIDENT OBAMA: Eh bien, je pense que le président Medvedev a bien dit. Il s'agit d'une question urgente et pour laquelle les États-Unis et la Russie ont à assumer le leadership. Il est très difficile pour nous d'exercer le leadership si nous nous montrons nous-mêmes prêts à faire face avec nos propres stocks d'armes nucléaires de manière plus rationnelle. Et c'est pourquoi l'après-accord START est si important, et j'espère que nous pouvons réduire nos arsenaux nucléaires, autant que par un troisième qui peut même se déplacer au-delà des accords et traités.

La question cruciale que le président Medvedev a identifiée est le fait que nous assistons à un rythme de potentiel de prolifération que nous n'avons pas vu un certain temps, et il a cité deux zones spécifiques. Dans le Moyen-Orient, il est profondément préoccupée par la poursuite de la capacité nucléaire de production d'armes de ne pas tout simplement parce que d'un pays désireux d'armes nucléaire de l ‘Iran, mais le fait que si l'Iran obtient l'arme nucléaire, il est pratiquement certain que d'autres pays de la région décideraient de poursuivre leurs propres programmes. Et nous alors connaître une course aux armements nucléaires dans peut-être la plus volatile partie du monde.

Dans la péninsule coréenne, nous avons déjà vu la Corée du Nord bafouer ses propres engagements et obligations internationales dans la poursuite des armes nucléaires. Et dans tous ces cas, comme vous le voyez, au plus il y a prolifération des armes nucléaires, avec la possibilité non seulement pour les acteurs étatiques de cibler les populations avec des armes nucléaires, mais la possibilité que les armes nucléaires peuvent tomber entre les mains d'acteurs non-étatiques, des organisations extrémistes, cela fait peser une menace extraordinaire pour la Russie et les États-Unis.

Donc, je suis heureux des progrès que nous avons accomplis à ce jour. Je pense que le fait que nous ayons obtenu une évaluation de la menace en termes de capacités en matière de missiles balistiques et armes nucléaires qui pesent sur notre pays, que nous allons mener un examen plutôt que de faire des évaluations, et trouver une façon pour les États-Unis et la Russie de coopérer plus efficacement, ce sera très important.

Je pense continuer la poursuite de la coopération qui existe déjà entre la Russie et les États-Unis sur les matières nucléaires dans l’ensemble, et en veillant à garantir ceux-ci ce qui, je pense, va être très important. Structurer un nouveau traité revitalisé de non-prolifération qui applique un ensemble de règles pour tous les pays, leur permettant de poursuivre l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, sans avoir l’accès aux armes nucléaires, c’est ce qui va être très important.

Et nous avons effectivement proposé un sommet sur la sécurité nucléaire à l'échelle mondiale que nous avons l'intention d'accueillir l'année prochaine, et j'ai discuté avec le président Medvedev la forte possibilité que, dans un sommet ultérieur, qui pourrait être accueilli par la Russie, où nous convoquons tous les pays du monde pour commencer à faire des progrès sur cette question critique.

Matt Spetalnick de Reuters: Q  De profondes divisions à propos du bouclier de missiles américain ont énormément contribué à la détérioration de relations américano-russes de ces dernières années, et il ne semble pas que vous, messieurs, ayiez finalement résolu cette question non plus. Président Obama, vous avez dit très clairement que vous n'accepteriez pas le lien entre les groupes de missiles et les pourparlers de contrôle des armements. Le président Medvedev et le Premier ministre Poutine ont dit que ces questions doivent être liées. Vous, messieurs, désirez-vous bouger ou accepter un compromis sur cette question? Et sinon, pourriez-vous aussi contribuer à un blocage ou à un obstacle pour le fait d'atteindre un accord final START II?

Et aussi, Président Obama, je me demande si vous pouviez nous donner votre réaction à la répression du gouvernement chinois dans le nord-ouest du pays, sur les émeutes et les troubles qui ont tué plus de 140 personnes.

PRESIDENT OBAMA: En ce qui concerne la situation en Chine, malheureusement, j'ai voyagé toute la nuit puis aux réunions toute la journée, je n'ai donc pas été pleinement informé et je ne veux pas faire de commentaire jusqu'à ce que j’aie toutes les informations. Mais je peux vous assurer que notre équipe fera une déclaration dès qu’en mesure de le faire.

Sur la défense antimissile, nous avons convenu que nous allions continuer à discuter de cette question critique. Cela fait partie de la déclaration conjointe que nous avons signée. Je crois aussi qu'il est tout à fait légitime pour nos discussions de parler non seulement sur l'arme offensive mais aussi sur les systèmes d'armes défensives.

(,,,) La différence que nous avons eu a été sur les spécificités d'un système de défense antimissile que les États-Unis considère comme une priorité pour faire face à un missile venant d'Iran ou la Corée du Nord ou d'un autre État, et non de la Russie, et qu'il est important pour les États-Unis et ses alliés de disposer de la capacité à éviter une telle agression. Il n'y a pas de scénario de notre point de vue dans lequel ce système de défense antimissile serait une protection contre un arsenal russe aussi puissant. Et donc, en ce sens, nous n'avons pas pensé qu'il est approprié d'établir un lien entre les discussions d'un système de défense de missiles visant à faire face à une menace tout à fait différente sans lien avec le genre de solide capacité que la Russie possède.

Maintenant, cela dit, le président Medvedev a été très clair que c'est un point de profonde préoccupation et touche la sensibilité du gouvernement russe. Je pense quand je parle avec le Président que le Premier ministre Poutine va dire la même chose demain. Et nous tenons à travailler avec la Russie pour faire progresser un système (...) Donc, en fin de compte, je pense qu’au plus nous réalisons de progrès sur certains des problèmes que j'ai mentionné plus haut - la non-prolifération, qui est capable de suivre des missiles balistiques provenant d'autres sources - dans la mesure où nous construisons l'approfondissement de la coopération sur ces fronts, je pense que nous allons être en mesure de résoudre le plus efficacement cette question. Je crois que petit à petit, nous finirons par voir que États-Unis et la Russie peuvent être unies sur ces questions et qu'en fait, nous avons un intérêt mutuel à protéger à la fois nos populations contre ce genre de danger que pose aujourd'hui la prolifération des armes.

PRESIDENT Medvedev : Je vais dire quelques mots sur ce sujet. Bien sûr, anti-missiles balistiques de défense - pas de missiles balistiques de défense..., mais le problème de la troisième région est une discussion difficile. Mais je voudrais attirer votre attention sur ce que le président Obama a dit, et voudrais dire moi-même sur ce point. Dans notre accord mutuel qui vient d'être signé, nous parlons de la relation entre armes offensives et défensives, ce qui constitue déjà un pas en avant. Il y a quelques temps, sur cette question, nous avons tous -des différences. Or, ce lien est indiqué et cela ouvre la possibilité de rapprocher les positions les unes des autres.

Deuxièmement, personne ne dit que les missiles balistiques de défense est nuisible ou constitue un danger. Il est destiné à rendre un certain nombre de services. La question est de relier cette configuration de la défense des intérêts des autres pays. Je tiens à souligner spécialement que nos partenaires américains, contrairement à ce qui se passait au cours des dernières années, ont pris une pause et sont maintenant en train d'étudier cette situation. En conséquence de cela, ils vont formuler leur position finale. (...)


 

06/07/2009

OBAMA - MEDVEDEV : ...?

OBAMA - MEDVEDEV : dès ce soir, un résumé complet.

Revue de presse russe, géorgienne, US et européenne.

Ce qu'on peut en dire pour l'instant (14h20 Bxl) c'est que la Géorgie est totalement focalisée sur ce qui se passe à Moscou. Les interrogations sont nombreuses, et nous pourrions projeter un panorama de ce qui peut sortir des nombreuses réunions de ce jour mais bien inutilement: tout peut encore arriver, y compris l'impossible.

A ce soir - ou demain matin pour les couche-tôt !

D.P.

 

01/07/2009

Tbilisite, le blog belge qui résume l'actualité géorgienne en français

Pour ceux qui n'auraient pas suivi....

L'actualité dans ce pays du Sud-Caucase aux portes de l'Europe, à l'histoire multi-millénaire, s'y vit chaque jour avec la même intensité, tant elle est enrichie par les provocations quotidiennes en provenance de Moscou...

L'été dernier, le monde a été secoué par l'invasion russe et les bombardements sur tout le territoire de Géorgie. Comment cela a-t-il pu se produire, sous les yeux des observateurs de l'OSCE et de l'ONU présents dans ces zones à risques depuis presque 20 ans, sans que quiconque ne puisse le prédise afin d'empêcher le pire de se produire? Mais les autorités géorgiennes ont maintes fois prévenu la communauté internationales de l'imminence d'un tel conflit, sans que l'Europe ne bouge, alors que la Géorgie fait partie du Conseil de l'Europe.

Les Etats-unis ont envoyé quelques instructeurs pour former les officiers géorgiens et aider à moderniser l'armée qui, jusqu'en 2003, ne bénéficiait que de financements très limités depuis des années. Durant ce conflit, c'est sans doute ce qui a aidé le plus efficacement à la survie de ces dizaines de milliers de réfugiés fuyant leurs villages incendiés et pillés par les milices.

La guerre éclair d'août 2008 a vu plus d'une centaine de milliers de personnes déplacées, la plupart vers Tbilissi, d'autre vers l'Ossétie du Nord. Un nouveau drame, moins de vingt ans après les premiers nettoyages ethniques de 1992-1994, la première guerre civile, où ils étaient plus de 300,000 géorgiens à fuir la province sécessionniste d'Abkhazie, dont la milice était à l'époque déjà soutenue par l'armée russe...

Présent en Géorgie à de nombreuses reprises entre 1998 et 2008 - et donc durant la guerre - j'ai vu ce pays aux infrastructures déplorables et à la corruption pourrissante, souvenir de l'ère soviétique, se muer rapidement en un état démocratique qui aurait pu être, j'ose le dire, idyllique... si Moscou n'y avait pas des intérêts considérables. Tous les enjeux géopolitiques importants pour l'administration de Poutine, puis de Medvedev, ont amené les Russes à tout entreprendre, surtout illégalement bien entendu, pour garder un pied en Géorgie: la manipulation des extrémistes séparatistes issus de la première guerre civile, leur financement, leur armement, et surtout le soutien politique de la Douma et du FSB ont transformé les deux provinces géorgiennes en un bouillon explosif où toute idée anti-raciale a été stigmatisée ces dix dernières années, facilité en cela par l'absence d'une force d'interposition neutre, pourtant demandée par la Géorgie depuis 1994, mais toujours, bien entendu, refusée par le côté russe, partie prenante du conflit, voire partie dirigeante du conflit.

Depuis la dernière offensive russe d'août dernier, et malgré l'accord en 6 points signé par Saakashvili, Medvedev et Sarkozy, la Russie a entrepris de s'installer définitivement sur le territoire géorgien, y construisant de nombreuses bases militaires, y organisant de grandes manoeuvres, tout en accusant les quelques dizaines de patrouilles de police géorgienne et les observateurs onusiens d'approcher « leurs frontières » de trop près... C'est que depuis, la Russie a reconnu l'indépendance des provinces séparatistes, et donc imagine que cela leur donne tous les droits sur ces territoires à présent totalement annexés à la Russie, faisant fi de toutes les accusations  émises à leur encontre, préférant noyer le poisson en accusant la Géorgie des mêmes "crimes". Les exemples ne manquent pas, tous l'ont constaté en suivant les informations ET russe ET géorgienne durant le conflit.

Cet été, officiellement, plus aucun observateur ne sera présent sur le territoire géorgien. La Russie et les séparatistes se retrouvent dès lors libres d'entreprendre de nouvelles avancées sur le territoire de Géorgie non encore occupé. La moindre étincelle pourrait mettre à nouveau le feu aux poudres, et les autorités géorgiennes ne peuvent que constater, dénoncer, prévenir encore et encore du danger. Comme au printemps 2008, comme depuis 20 ans. Il ne sera jamais question pour les russes de quitter les territoires qu'ils occupent de fait depuis bientôt 90 ans, si on compte les années soviétiques, et il n'est pas question pour la Géorgie d'abandonner ses provinces aux russes sous prétexte qu'ils les ont unilatéralement reconnues comme « indépendantes ».

Toutes les diplomaties du monde sont officiellement opposées à la politique de Poutine sur la « question géorgienne » à part le Nicaragua par solidarité avec l'administration russe, ainsi que la Transnitrie et le Haut Karabagh...

Pour résumer, car ce serait trop long et trop compliqué à détailler, c'est le commerce des hydrocarbures, dont dépendent un grand nombre de pays d'Europe et dans lesquels certains chefs d'états ont personnellement des intérêts financiers potentiellement très importants, tel Berlusconi ou l'ex-chancelier allemand Schreuder (mais ça c'est une autre histoire!), qui motive les russes dans leur tentative d'annexion.  Et l'Europe, quant à elle, a oublié que le Sud-Caucase est une alternative primordiale pour leur indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie (il serait temps de se réveiller!). En effet, la route que doivent emprunter les gazoducs en provenance de la mer Caspienne passe par la Géorgie, et c'est la raison première, voire unique, des intérêts de Moscou vis-à-vis de son ancienne république: le contrôle de ce passage leur permettrait de contrôler la quasi-totalité de l'approvisionnement en hydrocarbures et en Gaz vers l'Europe... ce que l'Union Européenne a totalement sous-estimé. Une arme de chantage absolu pour la Russie et qui peut mener l'Europe entière en guerre (juste économique?) contre la très gourmande Russie post-soviétique.

Le combat pour l'empêchement de l'entrée de la Géorgie au sein de l'Alliance Atlantique (OTAN) est bien entendu logique dans ce contexte, car si la Géorgie fait partie de l'Alliance, l'Alliance aura l'obligation légale de forcer la Russie à quitter le territoire géorgien, de force s'il le faut, puisque l'ensemble des pays membres ont le devoir de défendre n'importe quel autre pays membre contre toute attaque étrangère, ce qui serait le cas de la Géorgie...

Dans ce même contexte, il est fort peu probable que la fédération de Russie dirigée par le clan Poutine et l'ex-KGB, devenu FSB, retire ses troupes des territoires occupés et fasse marche arrière pour rendre à César ce qui appartient - de droit - à César, ni pour la Géorgie d'accepter de quelconques concessions vis-à-vis de la Russie concernant l'indépendance des provinces séparatistes.

Aujourd'hui 1er juillet, la reprise des discussions entre toutes les parties (Russie, Géorgie ainsi que les représentants des territoires séparatistes) à Genève devrait logiquement aboutir... à rien du tout, la Russie refusant le terme « provinces géorgiennes » et les géorgiens refusant bien entendu toute autre dénomination pour qualifier ses provinces séparatistes.

D.P.

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