10/07/2009

Enfin de retour au paradis !

 

Le 12 août 2008, alors que la guerre semblait encore ne pas vouloir s'arrêter et qu'il a fallu faire le choix entre rester et risquer la vie de ma famille, ou rentrer en Belgique grâce aux moyens mis à la disposition des ressortissants français par Sarkozy, alors présent à Tbilissi (rien de réaliste n'ayant été organisé par le ministère des affaires étrangères belges), c'est la mort dans l'âme que nous avons rejoint nos compatriotes pour rentrer au pays, sains et saufs, laissant derrière nous une Géorgie violée par les Russes.

Frustré, en colère, mais extrêmement motivé grâce au soutien inconditionnel de la communauté internationale, j'ai voulu à ma manière œuvrer pour aider ce petit pays du Caucase qui n'avait comme tort que d'être sujet à la convoitise de Poutine et de ses acolytes du FSB. Tbilisite, mon premier site consacré à la Géorgie, se devait d'évoluer, voire d'être remplacé : le blog est né !

Vous avez été très nombreux à visiter et à soutenir Tbilisite, de nombreux courriers de belges, de français, de géorgiens et, à ma grande surprise, de russes, venant sans cesse me conforter dans l'idée que ce travail n'est pas vain.

Jusqu'à aujourd'hui, vendredi 10 juillet 2009, beaucoup d'événements ont démontré combien j'ai eu raison, non pas sur quelques points mais bien sur tous les points, d'accuser comme je l'ai fait la Russie de tous les maux. Nombre d'enquêtes ont été réalisées par des instances nationales et internationales qui prouvent, si besoin en était, que la Russie a bien agressé les géorgiens sans qu'il n'y ait provocation de ces derniers, que la Russie a bien eu recours à la manipulation et à l'instrumentalisation des peuples séparatistes ces dix dernières années - les années Poutine - pour parvenir à s'emparer de la totalité de la Géorgie, que la Russie a bien bombardé les villages géorgiens du nord de l'Ossétie du sud avant le 8 août afin d'y attirer les forces géorgiennes, contraintes dès lors à protéger ses citoyens dans une zone où les milices ossètes et les « forces de paix » russes étaient en nombre croissant, que dans leur fuite, l'armée géorgienne n'a procédé à aucun massacre, contrairement aux milices ossètes et à l'armée russe seuls génocidaires et nettoyeurs ethniques lors de cette guerre, que la Russie a profité de la guerre en Ossétie pour renforcer leurs positions, voire même l'étendre très fortement, en Abkhazie, c'est à dire loin du conflit initial, ....etc....etc....etc...........................

Aujourd'hui, l'ours russe a de quoi être de mauvais poil. Le Président Obama, pour les intérêts des Etats-Unis bien entendu mais en connaissance de toutes ces évidences, soutient la Géorgie sans aucune restriction, à 100%. L'intégrité territoriale de la Géorgie ne sera jamais remise en question par la communauté internationale. La Russie doit faire marche arrière et enfin respecter leur signature du traité de cessez-le-feu signé par Medvedev, Sarkozy et Saakashvili il y a bientôt un an.

Et aujourd'hui, c'est de Tbilissi que j'ai le plaisir d'écrire ce billet. Quelle joie! Retrouver ce petit paradis sur terre après la grisaille monotone de Bruxelles... Alors, pour fêter ça, ces quelques jours qui viennent je les consacrerai aux plaisirs des sens, et les partagerai avec vous, chers amis, chers lecteurs assidus, au jour le jour ( selon l'accessibilité au réseau internet très instable!), oubliant le temps d'un souffle inspiré mes désirs de justice et mes besoins de revanches...

A 0001 (30)Pour commencer, voici quelques images de « mon paradis à moi », la maison en voie de rénovation dans la campagne du nord de Tbilissi. Située en dehors de toute modernité, au bord d'une petite rivière poissonneuse à souhait, au milieu de cette région qui semble inchangée depuis la nuit des temps... Oui, ici, c'est un paradis préservé. Et dire qu'il y a moins d'un an, nous y étions encerclés par des tanks et survolés sans cesse par des hélicos! Non, Poutine, ici ne sera jamais chez toi!

 

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Mais qui sait, à l'image de ce soldat russe, tu sais, celui qui a fuit ton armée pour avoir été maltraité par tes vils officiers, celui qui depuis des mois n'avait pas mangé un seul petit bout de viande, celui qui a fuit ton armée de pourris, traversé la « frontière » pour se retrouvé dans ce village géorgien ou il fut recueilli, soigné, nourrit, logé et aimé au-dela de tout préjugé par son ennemi géorgien, si tu viens chez moi, dans ce petit village perdu au centre de la Géorgie, je t'accueillerai aussi et nous viderons quelques verres de ce merveilleux vin qui se boit par ici, car quiconque arrive en Géorgie se doit d'être l'invité pour qui même l'impossible sera fait, sans aucun jugement quant à son passé. Mais pour être honnête, je ne pense pas qu'absolument tout le monde agirait ainsi pour toi...

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D.P.

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