30/06/2009

Pour remettre les pendules à l'heure.

Mis à jour à 22:43

Dans un communiqué publié lundi, avant le sixième cycle de négociations de Genève prévu pour le 1 Juillet, le ministère russe des Affaires étrangères (Sergei Lavrov) a déclaré que la prochaine réunion aura lieu dans le contexte des "conditions difficiles" suite à la clôture de la mission de l'OSCE et des missions d'observation des Nations Unies en Géorgie.

« Malgré la position constructive et transparente de la Russie en faveur du maintien des missions de l'OSCE et des Nations Unies dans le Caucase du Sud, la Géorgie et les partenaires occidentaux font de leur mieux pour stopper les activités des observateurs internationaux dans cette région instable. Pendant ce temps, la situation sur les frontières est toujours tendue, la police et les forces géorgiennes continuent leurs manœuvres à proximité de la frontière de l'Abkhazie et de l' « Ossétie du Sud ». Il est évident que la nouvelle situation dans le Trans-Caucase nécessite une réévaluation importante, y compris en matière de format et des perspectives des discussions de Genève. Face à la persistance de l'instabilité politique interne en Géorgie et de la détérioration de la situation socio-économique de la population, le risque de nouvelles flambées des tensions est lourd."

« Dans l'état actuel, le besoin de documents juridiquement contraignants sur le non-recours à la force doit gagner encore plus d'importance ... La communauté internationale devrait avoir de solides garanties que la terrible tragédie du mois d'août dernier ne se reproduira pas en Trans-Caucase".

La diplomatie russe (aïe, j'ai toujours les doigts qui aimeraient taper "soviétique"...) est décidément toujours d'une mauvaise foi extraordinaire. La liste de leurs crimes est si longue que la seule manière pour eux de s'en cacher est d'accuser les parties adverses. La meilleure défense... petite citation remise aux goûts du jour.

Ici encore, les russes s'emploient à tromper le monde - mais qui trompent-ils si ce n'est les ignorants et les aveugles - en agissant comme si ils avaient toujours été en droit de posséder quoi que ce soit du territoire géorgien. L'excuse du "Grand Frère Russe"est une "justification" non seulement stupide, mais aussi totalement inadéquate : tout au plus un lointain cousin, et encore, tant les différences entre slaves et caucasiens sont grandes.

La Russie, c'est l'ennemi héréditaire avec lequel il vaut mieux s'entendre, et cela les géorgiens en sont conscients depuis toujours. Et pas uniquement eux. (Mais peu importe, ni races ni peuples, soyons tous frères est ma devise...). Et en temps de paix, c'est leur richesse culturelle et une qualité artistique fabuleuse qui peut s'exprimer, dans les deux sens d'ailleurs. Avec Poutine comme avec nombre de ses prédécesseurs, ce ne peut être que guerres et dominations. L'Empire des vices.

La "zone d'influence", la "sphère russe"... Est-ce ainsi qu'il faut la préserver? Ils ont instrumentalisé les milices abkhazes et "ossètes", ils ont provoqué pendant de nombreuses années, on ne le dira jamais assez, la communauté internationale en s'imposant dans le sud-caucase avec un diabolisme digne de la pire des époques soviétiques, ils ont provoqué puis attaqué militairement la Géorgie en août dernier, bombardant villes et villages, massacrant, pillant, violant sans aucune retenue. L'Europe a laissé faire.

Même en admettant que la Géorgie ait effectivement attaqué sa province sécessioniste, ce qui a été depuis prouvé comme inexact, comment cette communauté internationale ne prend-elle immédiatement en compte tous ces crimes commis avant ce fameux mois d'août, histoire de se rattraper? Il serait judicieux de relire l'historique des interventions russes en Géorgie et plus spécialement dans les territoires actuellement annexés à l'Empire. Et russes et abkhazes et ossètes. 

Le discours de Moscou est un excellent exemple de mauvaise foi. Tentant de légitimer ces annexions par tous les moyens. Et profitant, surtout, du fait que le reste du monde s'est tu lorsque des passeports russes ont été distribués dans les provinces séparatistes, lorsque les armées russes et les milices ont attaqué nombre de villages géorgiens d'ossétie ou d'Abkhazie ces 5 derières années, lorsqu'ils finançaient les opposants au régime démocratique pro-occidental de Saakashvili, etc... la liste est trop longue!

Oui, l'Europe est responsable. Sourde et aveugle lorsqu'il s'agit de signer des contrats avec Gazprom ou Lukoil, elle n'est jamais intervenue pour remettre la diplomatie russe à sa place.

Lavrov, loin d'être idiot, martelle le monde de ses paroles abusives et illégales, sachant que l'occident n'a pas le choix: il doit s'allier à cette puissance pour se protéger de l'Iran (que la russie finance et pour qui ils construisent des centrales nucléaires), de la Corée du Nord (à qui ils vendent la technologie nucléaire militaire) ou de l'Afghanistan (qu'ils ont eux-même tenté d'envahir avec le succès que l'on sait, ce qui a engendré l'insécurité totale que l'on connaît actuellement dans la région), et pour garantir aux nouveaux états européens d'ex-urss l'approvisionement en énergies fossiles.

Les occidentaux ne veulent pas arrêter la surveillance aux frontières géorgiennes. Parce qu'il est impossible de se soumettre "aux nouvelles réalités" décrites et imposées par la Russie, cela vaudrait à reconnaître l'indépendance des deux provinces. Il n'y a donc qu'une seule manière pour les européens d'être cohérents avec la "vraie réalité": refuser la "nouvelle version russe", et donc refuser de ne pouvoir surveiller que les zones adjacentes aux provinces séparatistes pendant que les forces russes "surveilleraient" les territoires occupés.

Vous n'imaginez pas ce qu'ils ont détruits en Abkhazie et en Ossétie alors qu'ils ne sont théoriquement présents en Géorgie uniquement en tant qu'observateurs, en force de maintien de la paix. Et vous n'imaginez pas ce qu'ils peuvent détruire encore. Hier, j'ai visionné quelques photos et autres webcams de Sukhumi, la très belle (avant) "capitale" abkhaze. J'ai été extrêmement choqué d'y voir que toutes les enseignes, tous les panneaux, toutes les publicités sont en russe, et cela depuis seulement 3 ou 4 ans. Vis à vis de la population locale d'origine, c'est du lavage de cerveau. A la soviétique. 

La langue abkhaze, pourtant riche de dizaines de siècles, n'existe plus, et surtout pas dans les écoles. Le magnifique littoral de la Mer Noire n'est plus que Datchas pour dignitaires du régime de Moscou et bases militaires russes. Les Russes craignent que les géorgiens ne s’en prennent militairement à l’Abkhazie et/ou à l’ossétie, les accusant régulièrement d’organiser des patrouilles le long des frontières. Mais la Russie oublie que les Géorgiens, eh oui, sont CHEZ EUX en Géorgie (qui l’eût cru), alors qu'en même temps les milices abkhazes aidées par l’armée russe ont encore étendu leurs frontières, et mènent des attaques terroristes sur des villages en Géorgie, enlèvent des habitants, ou font exploser des centrales électriques ou des ponts. Qui provoque qui?

Tout le monde, y compris en Belgique, a entendu parler des manoeuvres de l’OTAN (qui étaient prévues depuis début 2008) en Géorgie, près de Tbilissi au mois de mai. Tous les journaux en ont parlé en disant « c’est une provocation ouverte dirigée contre la Russie » (Lavrov). Faut pas manquer d’air... Par contre, je n’ai nulle part vu dans ces mêmes médias que la Russie, pendant que j'écris ces lignes, organise des grandes manoeuvres quelques kilomètres au nord de la Géorgie encore plus importantes que celles qu’ils ont menées il y a juste un an, en juillet 2008 (au sujet desquelles personne n'a rien dit sauf à Tbilissi). La grosse artillerie, des tonnes de matériel, armée de terre, de l’air, missiles et tout ce qui va avec.

A propos, certains pensent que la Géorgie s'est sur-armée ces dernières années. Alors voici quelques chiffres :Russie (140,7 millions d'habitants en juillet 2008) : 19 141 millions de dollars et 1 004 000 hommes en 2000 -:- 31 181 millions et 3,6% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 35 181 millions en 2007. --:-- Géorgie (4,3 millions d'habitants en janvier 2008) : 27,2 millions de dollars et 27 000 hommes en 2000 -:- 362 millions et 5,2% du Produit Intérieur Brut en 2006 -:- 592 millions en 2007. ( Souce : caucaz.com ) Pour un pays qui n'avait plus d'armée digne de ce nom en 2003, et qui se sait en danger à cause de son voisin, ce n'est pas tant que ça!

Il y aurait beaucoup à ajouter encore, sur les interventions russes dans la vie politique géorgienne, sur leur appropriation des richesses des provinces annexées illégalement, sur la construction de la cité olympique de la honte à Sochi (tiens, encore un territoire qui fut géorgien mais « offert » à la Russie par Staline) où des milliers d’ouvriers travaillent, venus de partout sauf d’Abkhazie, mais sont logés principalement en Abkhazie sans que cela ne rapporte un kopek aux abkhazes, etc...

La Géorgie en a gros sur le coeur. Après deux cents ans sous domination russe, soviétique puis à nouveau russe. Et ça, vous qui critiquez tant le besoin des géorgiens de se rapprocher d’avantage de l’Europe, des Etats-unis et de l’Otan, vous ne le comprendrez sans doute jamais, vous qui êtes heureux d'être libres depuis 1945... et pas grâce aux russes, quoi que vous pensiez.

D.P.

 

29/06/2009

L'armée russe en exercice dans le Caucase

Le parlementaire Mikheil Machavariani, vice orateur du parlement géorgien,espère que « les manoeuvres militaires menées par la Russie dans le Caucase du Nord, « Kavkaz 2009 », ne seront pas une source de tension dans la région. Mais le vice-ministre des affaires étrangères, quant à lui, voit clairement dans ces exercices une provocation de la part de la Russie.
Les manœuvres militaires « Kavkaz 2009 » ont commencé aujourd'hui, et dureront jusqu'au 6 Juillet.

Ce que disent les Russes, toujours en accord avec leurs mensonges initiaux : « Aujourd'hui, l'armée géorgienne est équipée de matériel militaire et d'armement d'au moins de qualité que ce qu'il a été, en août dernier, lorsque le Président Saakashvili a décidé de procéder à une agression contre l'Ossétie du Sud. Dans cette situation, la tenue d'exercices militaires Kavkaz-2009 va certainement contribuer à promouvoir la stabilité dans la partie sud de la Russie et, en général, dans la région du Caucase, et à refroidir les fantasmes de certains faucons. Les autorités géorgiennes n'ont pas rejeté de nouvelles aventures militaires à l'égard de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud et il ne faut pas abandonner les tentatives de régler les questions territoriales par la force. » Bien entendu, on sait pourquoi la Russie empêche tout contrôle et toute surveillance dans la région par des observateurs onusiens ou européens. Leur veto à l’ONU n’a pas été donné pour faire joli, mais bien pour ne pas donner la possibilité aux européens de voir ce qui se passe dans les deux provinces sécessionistes pro-russes qui, cette année, participeront aussi aux manoeuvres.

L’année dernière, presque à la même période, la Russie avait organisé des entrainements militaires de grande envergure dans le Caucase nord, dans les montagnes d’Ossétie du Nord et d’Ingouchie, juste de l’autre côté du tunnel de Roki, emprunté quelques jours plus tard par une partie de ces mêmes troupes pour entrer illégalement en Géorgie, fin juillet... Les blindés suivront peu de temps après, le 8 août, pour chasser les forces de paix géorgiennes qui tentaient depuis la veille de protéger les villages géorgiens d’ossétie des bombardements russes et des tirs des milices ossètes.

Pour rappel : la Russie a fortement critiqué les manoeuvres prévues de longue date organisées par l’OTAN près de Tbilissi le mois dernier, mais comme c’est usuel de la part de l’administration russe (depuis 80 ans), ce qu’ils critiquent ailleurs est toujours mis en pratique chez eux. S’ils vous accusent de meurtre, soyez sûr que c’est pour les protéger de leurs propres crimes.

D.P.

28/06/2009

L'OTAN et la Russie ont convenu de reprendre leur coopération politique et militaire

L'OTAN et la Russie ont convenu de reprendre leur coopération politique et militaire, malgré la persistance de "différences fondamentales" à propos de la Géorgie, a annoncé le Secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer ce 27 Juin.

La décision a été prise lors d'une réunion sur l'île grecque de Corfou entre les ministres des Affaires étrangères des 28 alliés de l'OTAN et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov.

L'alliance avait gelé les relations avec la Russie après la guerre d'août en Géorgie.

S'exprimant lors d'une conférence de presse après la réunion, Scheffer, qui est également président du Conseil OTAN-Russie (COR), a déclaré que les discussions ont été "ouvertes et constructives."

« Ce qui signifie que nul n’a essayé d’être au-dessus de nos différences, par exemple sur la Géorgie », a dit Scheffer. « Mais nous avons accepté - et c'est une très bonne conclusion à la réunion - de ne pas laisser ces désaccords porter l'ensemble du train CNRC à l'arrêt. »

«Il y a des différences d'opinions fondamentales sur la notion d'intégrité territoriale de la Géorgie », a-t-il dit, et a ajouté que des divergences persistent aussi pour la Russie de changer sa position et permettre à des observateurs de l'ONU et des observateurs de l'OSCE " d’être présents en Abkhazie et Ossétie du Sud, respectivement.

Il a également déclaré que « la Russie a besoin de l'OTAN et l'OTAN a besoin de la Russie » pour la stabilisation en Afghanistan, le trafic de drogue, la piraterie somalienne, le terrorisme et la prolifération nucléaire dans lequel les deux efforts conjoints étaient nécessaires.

Scheffer a déclaré que lors de la réunion le ministre Lavrov et d'autres ministres des Affaires étrangères ont soulevé le problème de la Géorgie "largement".

« Ces positions ne sont pas proches les unes des autres dans cette rencontre», a-t-il ajouté.

A la question sur les plans d'expansion de l'OTAN, Scheffer a répondu: "La porte de l'OTAN est ouverte – et en principe, vous savez que, dans l'ouest des Balkans il y a des pays qui frappent à la porte de l'OTAN..."

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a réaffirmé à l'issue de la réunion que la reconnaissance de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud par Moscou était "irréversible".

« Tous doivent accepter que les nouvelles réalités et les décisions prises par la Russie après le conflit, sont irréversibles», a-t-il dit. Qu’il parle pour eux. La Russie ne parviendra jamais à ce que d’autres nations reconnaissent ces provinces géorgiennes commes Etats indépendants.

Perso, j’aime bien le Nord-Pas-de-Calais. Je propose à la Belgique d’annexer cette région! D’abord, bien entendu, il faut y placer un ou deux milliers de belges, puis distribuer des passeports belges aux français, ensuite on assassine quelques villageois de Tourcoing puis on attend une réponse à la provocation, 1 an ou 2 ans, et si ça ne suffit pas encore, on bombarde Lille. Dès le premier tir français (donc sur son propre territoire),  l’armée belge intervient pour protéger ses ressortissants, et envahit tout le nord de la France, sous les hauts cris de l’Europe. Sarko intervient, mais trop tard: la Belgique reconnaît le Pas-de-Calais comme territoire indépendant, nous sans faire fuir, assassiner ou bruler la maison de tous ceux qui n’y ont pas accepté le passeport belge. Puis j’interdit à quiconque, même officiels, à passer la « nouvelle frontière belge », le temps de rendre l’annexion et la reconnaissance du nouveau pays « Tournaisi du Sud » irréversible.

Voilà exactement ce que la diplomatie russe essaie de nous faire accepter avec les provinces séparatistes. Pensez-vous réellement que quiconque puisse accepter cela sans rien dire, sans rien faire, au 21ème siècle?  Medvedev, Lavrov et autre Tchourkine devraient être en prison pour tout cela. Comme Karadzic, Tadic. Comme auraient du l’être Lenin, Staline.... Poutine... (suite logique)

Pour rappel, le TPI :

Juge les crimes contre les lois de la guerre applicables en temps de conflits armés internationaux et nationaux.

Juge les violations graves des Conventions de Genève, les violations des lois ou coutumes de la guerre, le génocide, et les crimes contre l'humanité. Ne juge pas les crimes contre la paix.

Pas de provision générale quant aux charges de complot. De telles charges ne figurent qu'en rapport au crime de génocide selon l'Article 4 (3) (b) du Statut. Selon l'Article 4 (3) (c) diriger et inciter au génocide est également un crime. Alors que le Statut ne déclare pas explicitement que les personnes reconnues coupables de participation à l'élaboration ou à l'exécution d'un plan concerté ou d'un complot de génocide sont responsables de tous les actes commis pour l'exécution de ce plan, ces mêmes personnes peuvent être reconnues responsables d'actes commis conformément à un tel plan, selon l'Article 7.

Le viol, l'emprisonnement et la torture relèvent tous du crime contre l'humanité lorsqu'ils sont commis en temps de guerre, contre la population civile. (...)

Selon le Statut du TPI, aucun lien avec un autre crime international n'est nécessaire pour qualifier un crime de crime contre l'humanité.

Voilà le texte que la Russie ferait bien de relire avant de continuer à s’approprier les biens et la vie d’autrui.

D.P. d'après Civil.ge

 

26/06/2009

Espionnage à Berlin, la suite

Version de l'opposition : Irakli Iashvili, l'un des fondateurs du parti d'opposition "nouveaux droits", dont le frère Mikheil a participé à la réunion à Berlin avec l'ancien ministre de l'intérieur Kakha Targamadzé, a commenté le scandale : Irakli Iashvili confirme que Levan Gachechiladze, Levan Gamkrelidze, Mikheil Iashvili ont rencontré Targamadze à Berlin. Ils ont reçu des informations très intéressantes lors de cette réunion. L'opposition avait l'appui des hommes d'affaires géorgiens en Russie, mais tout à coup, un jour, ils ont tous refusé de parrainer des rassemblements de l'opposition. Il s'est avéré après que ces personnes ont été rigoureusement mis en garde par les dirigeants russes de ne pas avoir des liens avec l'opposition géorgienne. Manifestement, la Russie ne veut pas être responsable de toute action politique en Géorgie, ils sont libres à présent de faire ce qu'ils veulent» a déclaré Irakli Iashvili.

Mikheil Iashvili possède une entreprise de transport en Russie. Il a été membre du conseil d'administration de la Georgian Airlines, arrêté pour le dépassement de ses fonctions officielles...

Version du gouvernement : "Les gens sont les meilleurs juges et leur mémoire n'est pas courte, la Géorgie sait très bien qui est Kakha Targamadze, ce qu'il est et ce qu'il a comme liens."

En effet, Targamadzé, ancien ministre de l'intérieur, qui aurait du être recherché par interpol depuis des années, mais contre qui les autorités n'ont finalement rien fait, pour enlèvements, détournements de fonds, traffic de drogue, etc... mais il vit à présent à Moscou ayant pris la nationalité russe. Et a ses entrées au Kremlin...

Version d'Oleg Panfilov, le chef du "Centre pour le journalisme en situations extrêmes" à Moscou. Il compare les cellules improvisées (les tentes style croix-rouge déguisées en cellules de prison) installées par l'opposition à Tbilissi avec les rassemblements organisés par les "Nashi", mouvement des jeunesses pro-poutine et dit que le gouvernement russe fournit non seulement les finances, mais il donne aussi des recommandations pour l'organisation de campagnes de relations publiques. Le Kremlin veut la Géorgie dans son espace impérialiste et donne à l'opposition toute forme d'assistance!

Ce qu'on peut en dire : Trois membres de partis de l'opposition radicale, celle qui provoque les géorgiens et le parlement depuis novembre 2007, et manifeste depuis 75 jours à Tbilissi en exigeant la démission de Saakashvili, avec violences diverses, recontrent un ancien ministre qui aurait du être recherché par interpol et qui vit sous protection du Kremlin, de quoi peuvent-ils discuter?

D.P. sources : Rustavi2, youtube, civil.ge

24/06/2009

Andrey Ilarionov dévoile les projets de la Russie : la prochaine guerre aurait bien lieu.

Andrey Ilarionov, après avoir dénoncé que la guerre d'août 2008 avait bel et bien été préparée avec soin par les milices ossètes et abkhazes aidés des Russes et de leur 58ème armée bien avant l'été 2008, accuse à nouveau la Russie, cette fois de ne pas avoir abandonné leurs plans d'annexion de l'entièreté du territoire de Géorgie.

Andrey Ilarionov, c'est l'ancien conseiller économique de Vladimir Poutine, mais aussi un de ses premiers opposants puisqu'il a du démissionner en 2005. Il dira à cette occasion : « Je ne veux pas travailler avec le gouvernement que nous avons, ni aujourd'hui, ni demain. Lorsque j'ai accepté cette fonction, c'était pour un État où il y avait des possibilités et des espoirs d'évolution... mais une nouvelle croissance de cet État s'est produite et un modèle de corporatisme d'État s'est formé ».

La Russie prépare une nouvelle agression militaire contre la Géorgie. Le Kremlin va tenter de réaliser le plan commencé en août de l'année dernière et renverser le gouvernement géorgien, a-t-il déclaré lors d'une récente réunion.
Sergei Ilarionov a préciser que le plan de la Russie est de diviser la Géorgie en sept ou neuf régions sur base ethnique, que tous se combattent les uns avec les autres. Selon le plan, la stabilité politique intérieure doit être détruite en Géorgie, en vue de convaincre le monde entier que le pays n'a besoin de nul autre aide que celle de la Russie.
L'objectif principal est de réduire le pays et créer une zone militaire et politique au lieu de la bouillie, dans la mesure où tout serait détruit.

Cette nouvelle agression devrait, selon Ilarionov, débuter le 6 Juillet 2009...

A l'attention des médias belges : voici ce qu'il a dénoncé à propos du dernier conflit et publié sur le site du Times : il affirme que la guerre en Ossétie du Sud a été prévue par la Russie et les séparatistes depuis longtemps, que la Russie a préparé la guerre en Ossétie du Sud et organisé les provocations de Juillet 2008. Saakashvili n'a peut-être pas compris que la guerre avait débuté, parce que personne ne parlait de guerre en Géorgie. Je vous conseille de vous rendre en Ossétie et d'écouter ce qu'ils disaient: "il y aura une guerre, nous nous préparons pour la guerre, nous avons juste besoin de la protection de la 58-ème armée!''

Ilarionov nomme les sources d'Ossétie. Les annonces faites par le gouvernement russe au sujet de ses actions visant à protéger les citoyens russes sont une hypocrisie utilisée comme motif de départ des actes de guerre.

Les premiers nombres avancés en ce qui concerne le nettoyage ethnique ont été de 1400, puis de 1600 et plus tard de 3000 civils. La première annonce sur le génocide a été faite le 8 août à 5 heures par Kokoity qui était à Java, et n'était donc pas à Tskhinvali: il avait quitté la capitale dès le début des hostilités. La propagande officielle russe déclarait que les victimes de génocide étaient 1600. La Russie soutient cette version aujourd'hui encore , en dépit du fait que Poutine, qui s'est rendu à Vladikavkaz (Nord Caucase, en Ossétie du Nord) a déclaré qu'il y avait plusieurs dizaines de morts. Le groupe spécial du bureau de procureur général Russe a découvert après un mois de travail que 134 citoyens sont morts, 80% d'entre eux étaient des guerriers, et d'autres sont des citoyens pacifiques.

Nous pouvons dire qu'il y avait des bases militaires russes avant le début des activités militaires en Abkhazie et en Ossétie du Sud le 7 août (ndb:une base aérienne au moins en abkhazie). Le but du gouvernement russe était de changer le gouvernement de Saakashvili en Géorgie. Personne ne s'en cachait, pas même au sein du gouvernement Russe. La guerre avec la Géorgie était en préparation depuis 4 ans...

... sans qu'aucun média ne nous en informe. Raison pour laquelle les citoyens que nous sommes, mais aussi les politiques, avons difficile à défendre la Géorgie et son gouvernement, et préférons les accuser plutôt que d'imaginer que la Russie post-soviétique n'est pas celle qu'on essaie de vous faire voir.

Nous espérons tous que la Géorgie se sortira de cette crise, bien entendu, et pas uniquement parce qu'elle a toujours été dans son droit. Mais nous espérons sans doute plus encore, que les russes, après des siècles sous le joug d'autocrates et autres criminels officiels impunis, se réveilleront de leur longue torpeur et réaliseront combien la Russie est manipulée, utilisée aux seuls bénéfices de ses "dignitaires" aux mains ensanglantées. Sans quoi, d'autres peuples vont faire les frais de leur politique mégalomaniaque.

Le plan destiné à la Géorgie devrait sans doute être appliqué à la Russie, pour qu'ils se rendent compte de ce qu'ils font. Que penseraient-ils d'une distribution de passeports lithuaniens dans la ville russe enclavée de Kaliningrad, pour commencer?

Diverses sources (Rustavi, Ria Novosti, The Times, Wikipedia, le Journal du Dimanche)

D.P.

La Russie financerait l'opposition géorgienne...

 

Un des leader de l'opposition pris en flagrant délit d' "intelligence avec l'ennemi", d'après une vidéo en ligne sur youtube.

Youtube a publié une vidéo montrant la réunion du chef de l'opposition géorgienne, Levan Gachechiladze et l'ancien ministre de l'intérieur de la Géorgie Kakha Targamadze. La vidéo, qui fait scandale en Géorgie mais n'étonne pas grand monde, a été prise à l'hôtel Adlon Kempinsky, qui est situé à proximité de l'ambassade de Russie à Berlin. La vidéo a un commentaire en allemand, qui dit que c'est une réunion entre l'ancien ministre géorgien de l'intérieur, qui travaille maintenant avec les services du ministère de la défense russe, et le chef de l'opposition géorgienne.

La vidéo montre trois différentes réunions de ces personnes. Au cours de la troisième, le chef du Nouveau Parti pour les droits, Davit Gamkrelidze, apparaît à son tour à côté de Gachechiladze.

Levan Gachechiladze a admis, le 19 juin, lors d'une manifestation de l'opposition, qu'il a voyagé en Europe pour obtenir des fonds pour les activités de l'opposition, mais aujourd'hui, il dit qu'il n'a pas parlé avec l'ancien ministre à propos de ces fonds.  Il a dit qu'il a tenu des réunions avec d'autres personnes, mais le gouvernement ne serait pas en mesure de les identifier.

Gachechiladze s'engage à nommer les gens qui parrainent l'opposition dès obtention des fonds de leur part.

Kakha Targamadze a dit dans un entretien téléphonique à Rustavi 2 qu'il ne peut pas parrainer quelqu'un parce qu'il ne dispose pas de fonds suffisants. Il a dit que les spéculations sur son soutien à l'opposition géorgienne sont absurdes.

L'autre leader de l'opposition radicale a dit que Kakha Targamadze ne peut simplement pas sponsoriser quelque mouvement politique que ce soit en Géorgie, car il n'est pas citoyen de Géorgie (il a pris la nationalité russe il y a 5 ans) et la législation locale interdit les flux de fonds étrangers en Géorgie pour des activités politiques.

Mais la question n'est pas seulement de savoir qui finance qui, mais bien de comprendre qu'au moins deux leaders de l'opposition radicale sont vraissemblablement dirigés par Moscou, avec ou sans l'approbation des autres leaders, mais ces derniers, qui nient toute implication, ont été mis en cause par l'un d'eux. En effet, aux journalistes qui lui demandaient s'il savait quelque chose sur cette réunion, il a dit que "tout le monde savait".

Pour vous éclairer sur la théorie du complot russe, je vous proposerai dès demain un billet sur les déclarations d'un ancien conseiller de Poutine, Andrey Ilarionov. Edifiant.

D'après RUSTAVI2

D.P.


Vidéo filmée entre les 15 et 18 juin à Berlin, mise en ligne sur Youtube le 23 juin, diffusée sur Rustavi2 le 24 juin.

cqfd.

Lavrov : une mauvaise foi redondante.

Ria Novosti - Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé utile la discussion à l'ouverture de la conférence annuelle sur la sécurité de l'OSCE mardi à Vienne, espérant que les partenaires de la Russie avaient entendu ses arguments supplémentaires en faveur d'un nouveau traité de sécurité européenne.

"Je considère comme utile la discussion d'aujourd'hui. Il est évident que nous n'avons pas trouvé des solutions à toutes les questions, mais je pense que les arguments supplémentaires que nous avons exposés suite à l'initiative du président russe Dmitri Medvedev pour conclure un Traité de sécurité européenne ont été entendus", a dit mardi le chef de la diplomatie russe lors d'une conférence de presse à Vienne.

Selon M.Lavrov, lors de la discussion, bien des questions ont été posées à la délégation russe mais tous se préoccupaient essentiellement des régions d'où émanait la menace.

"Il s'agissait, entre autres, de la crise dans le Caucase, de ses origines et des moyens d'en sortir, de la situation autour du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (Traité FCE), de la lutte contre le terrorisme, le narcotrafic et le crime organisé", a poursuivi le ministre.

Le président Medvedev a formulé en juin 2008 à Berlin l'idée d'un traité de sécurité en Europe dont les piliers sont le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des Etats, le non-recours à la force armée, le contrôle des armements et le principe selon lequel aucune organisation internationale n'a le droit exclusif d'assurer la sécurité en Europe.

En plein dans le mil ! Qui peut dire de quel respect de souveraineté territoriale il parlait, sans doute que, d'après lui, la Géorgie n'est pas un état. Comme on peut supposer aussi que la Russie n'est pas intervenue avec son armée en Géorgie, n'a pas distribué de passeport russes sur le territoire géorgien, et n'a pas engagé 13.000 hommes supplémentaires dans les provinces séparatistes depuis la fin de la guerre d'août. Et nous pouvons supposer de même qu'en fait, aucune organisation internationale n'a demandé à la Russie de pouvoir pénétrer dans les territoires séparatistes en tant qu'observateurs, et que c'est pour cela qu'ils sont les seuls à y être présents....

La diplomatie russe a bien compris qu'à force de dire n'importe quoi, on finira par les croire. Mais comment la presse ne voit-elle pas dans quelles manipulations nous entraîne la Russie? Son seul but, semble-t-il, est de pouvoir légitimer ses interventions - passées, présentes et futures - dans le Caucase, en disant que "puisque nous-même nous suggérons à nos partenaires européens d'agir dans le respect des souverainetés nationales, c'est que nous considérons ne pas avoir nous-même transgressé cette règle".

Pendant ce temps, de fortes tensions secouent la province russe nord-caucasienne d'Ingouchie, où un attentat contre le président pro-russe a eut lieu. Moscou accuse bien entendu des "activistes islamistes", histoire sans doute de nous faire croire qu'il n'y a pas de désirs de révoltes anti-russes dans le nord-caucase, mais un terrorisme islamiste aveugle contre lequel Moscou pourrait bien être soutenu par l'Occident.

Mais quand donc réagirons-nous sérieusement contre cette diplomatie clairement dirigée contre les démocraties européennes, toujours sur fond de "petro-roubles"? Les journalistes occidentaux, ayant perdu toute capacité d'analyses à force de ne publier que des dépêches d'agences, a de même perdu toute capacité de jugement par rapport à l'actualité. 

D.P.

23/06/2009

Brouillon

Les DÉPUTÉS du parti de la majorité ont demandé au leader d'opposition radicale Levan Gachechiladze qu'il s'explique sur sa déclaration du 19 juin à propos de l'obtention de fonds de l'étranger.
"Il a fait une déclaration qu'une certaine somme d'argent entrerait en Géorgie de l'étranger; cependant il n'a pas avoué le but pour lequel cet argent serait envoyé ni d'où il viendrait. Nous avons entendu les déclarations de ce leader plusieurs fois, comme quoi il ne reconnaissait pas le Président de Géorgie, ne reconnaissait pas le Parlement légalement élu, et cetera. Donc il est intéressant de savoir à quoi cet argent est destiné.

Le DÉPUTÉ de Mouvement national ,Goka Gabashvili, rappelle que la loi géorgienne interdit aux partis politiques de recevoir des fonds de l'étranger.

Les politiciens d'opposition non-parlementaires disent qu'ils n'ont aucunes informations détaillées sur le financement dont Gechechiladze parlait. Cependant, certains d'entre eux prétendent que le Gouvernement n'a aucun droit de diriger le doigt de Gachechiladze, parce qu'il représente une entité d'entreprise et il n'est pas interdit pour lui transférer de l'argent. "Si même conformément à cette moche législation, ce sera difficile pour le Gouvernement de charger Gachechiladze. Quand les DÉPUTÉS parlent de responsabilités d'autres, ils devraient regarder ce qu'ils ont fait pendant les cinq dernières années et se demander pourquoi ils devraient maintenant être dérangés par le sens de la responsabilité, a déclaré Mamuka Katsitadze, du parti Nouveaux Droits.

Le député Levan Vephkhvadze du parti Démocrate Chrétien a noté que si l'activité était gratuite en Géorgie, l'opposition ne devrait pas chercher l'argent à l'étranger. "Aussitôt que n'importe quel homme d'affaires décide de financer l'opposition, ses entrepôts sont brûlés complètement ou ils ont des problèmes sérieux avec la taxation." Cependant, quant à la déclaration de Gachechiladze, Vephkhvadze a dit que l'obtention de l'argent "enfreignait la loi." Le député du Parti majoritaire Zurab Melikishvili a répondu aux réclamations de Vephkhvadze, disant que les hommes d'affaires veulent voir la stabilité dans le pays. "Donc cela ne devrait pas être une surprise que les hommes d'affaires ne veulent pas financer les forces qui essayent constamment de créer destabilisation," a dit le DÉPUTÉ. "Tandis que le but des restes d'oppositions radicales déstabilisent le pays, ils ne devraient pas espérer recevoir de l'argent des hommes d'affaires."

Les représentants d'opposition non-parlementaires prétendent que c'est le Gouvernement qui déstabilise le pays. Manana Nachkhebia des Nouveaux Droits dit que l'opposition ne planifie pas de destabilisation et note que le Gouvernement est responsable de la perte des territoires, "la fin du processus d'annexion" des régions dissidentes de la Géorgie par la Russie et la crise économique dans le pays. "Tous ces facteurs créent des menaces pour des hommes d'affaires géorgiens," dit-elle au journal Messenger.

Nachkhebia nie aussi l'allégation d'une liaison existant entre l'opposition non-parlementaire et "des forces russes ayant des mauvaises intentions vers la Géorgie." Elle dit que le Gouvernement pressurise activement des hommes d'affaires géorgiens, essayant de les empêcher de financer des partis d'opposition. "Cela devient clair si vous regardez les comptes du parti dirigeant et ceux des partis d'opposition. Le Gouvernement a l'activité géorgienne dans ses mains et lui interdit de financer l'opposition,"

Levan Gachechiladze a dit le 19 juin qu'il avait voyagé à l'étranger pour gagner de l'argent pour continuer "la lutte", cependant il n'a pas spécifié quel pays il avait visité. "Nous avons besoin d'argent pour augmenter notre mouvement et gagner notre victoire," il a dit aux manifestants devant le Parlement géorgien. Sa déclaration n'a suscité aucune réponse des autorités à ce moment-là.

13:00 Écrit par TbiliSite dans Coeur du Blog : les TEXTES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/06/2009

INTERNATIONAL CRISIS GROUP : un rapport attendu.

Rapport mis en ligne aujourd'hui 22 juin par

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Comme les média belges n'en diront bien sûr pas un mot, vous pouvez lire ce rapport ici, traduit de l'anglais.

Le texte original se trouve ici.

Dix mois après la « guerre d'août » entre Géorgie et Russie, les violents incidents et le manque d'un véritable régime de sécurité dans et autour des zones de conflit des provinces d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie,créent une atmosphère dangereuse dans laquelle des combats plus importants pourraient éclater à nouveau. La Russie n'a pas respecté certains points fondamentaux de l'accord de cessez-le que le président Medvedev a signé en septembre 2008 avec le président français Nicolas Sarkozy lors de sa présidence de l'U.E.

Son veto au Conseil de sécurité d'une extension du mandat (de seize ans au départ) de la mission d'observation des Nations Unies en Géorgie et en Abkhazie, et son apparente intention d'exiger le retrait de la mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à la fin du mois sont des coups portés contre la sécurité dans la région aptes à alimenter les tensions. La plupart des points de contrôle est donc en train d'être démantelée.

Moscou devrait revoir sa position et travailler sur un compromis raisonnable qui permettrait à l'ONU et aux observateurs de l'OSCE de poursuivre leur important travail.

La Russie affirme qu'il est la garantie de la sécurité à la demande de l'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, qui ne font pas confiance aux observateurs internationaux, mais il a l'obligation légale de faire plus pour la sécurité et la sûreté des populations locales, indépendamment de leur origine ethnique, et de prévenir les violations des droits humains dans les zones qui sont de fait sous son contrôle. Surtout, elle doit accroître ses efforts pour permettre le retour des personnes déplacées (PDI), en particulier les quelque 25.000 Géorgiens de souche qui n'ont pas été en mesure de retourner dans leurs foyers en Ossétie du Sud.

Il y a eu des abus de la part de toutes les parties du conflit - Géorgie, Russie et d'Ossétie du Sud, mais les actions des milices ossètes, qui ont systématiquement pillés, incendiés, et dans certains cas bulldozer les villages géorgiens, ont été particulièrement graves. L'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a qualifié ces abus de « nettoyage ethnique » dont Human Rights Watch a cité de nombreuses preuves en les nommant « crimes contre l'humanité » et « crimes de guerre».

L'APCE a également noté l'échec de la Russie et des autorités de facto pour mettre un terme à ces pratiques et de remettre leurs auteurs à la justice. En effet, les troupes russes était largement, volontairement ou non, dans l'incapacité de s'acquitter de leurs tâches de sécurité.

VolgaDepuis août 2008, la Russie a consolidé sa position en Abkhazie et en Ossétie du Sud face à relativement peu de critiques internationales. Il n'a pas retrouvé sa présence militaire d'avant-guerre ni en nombre (3700 hommes, armes légères) ni en lieux, comme le demande le plan en six points du 12 août, et, en avril 2009, elle a envoyé des troupes supplémentaires en Ossétie du Sud et en Abkhazie (10,000 hommes par province). En violation de ses accords avec l'UE des 7 et 8 septembre, le Russie a empêché l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) de poursuivre ses activités d'avant-guerre en Ossétie du Sud, y compris le suivi et la mise en œuvre d'un programme de réhabilitation et de reconstruction. Elle justifie sa position en disant «nouvelles réalités» l'emportent, car il a reconnu en août l'indépendance de l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie et conclu des accords de sécurité.

La Russie a maintenant passé plus de deux étapes, non seulement rejeter la mission de l'ONU qui a travaillé en Abkhazie, mais aussi le blocage d'un renouvellement du mandat de la mission de l'OSCE en Géorgie qui fut actif en Ossétie du Sud. Même si aucun des 56 autres Etats membres de l'OSCE n'appuie cette dernière étape, la quatrième plus grande mission de l'OSCE est à la veille de la clôture, le 30 Juin.

Plusieurs séries de discussions parrainées par l'ONU, l'UE et l'OSCE, mettant l'accent sur la sécurité et les questions humanitaires, ont eu lieu entre les représentants des quatre parties à Genève sans résultats tangibles. La présence de l'excès de troupes et de l'absence d'un régime de sécurité ont fait de même, il est impossible pour certaines personnes déplacées qui vivaient dans l'ancienne "zones tampons" Russes en Géorgie à se sentir suffisamment en sécurité pour retourner dans leurs foyers. L'afflux de personnes déplacées a présenté un sérieux problème aux autorités géorgiennes, alors qu'ils étaient déjà aux prises avec au moins 200.000 personnes déplacées par le conflit en Abkhazie et en Ossétie du Sud du début des années 1990. Après les événements du mois d'août, le gouvernement a rapidement construit des logements semi-permanents pour les personnes nouvellement déplacées. Maintenant, il doit développer une approche plus globale pour intégrer les nouveaux et les anciens déplacés internes dans le pays.

En août 2008, Crisis Group a recommandé une série de mesures pour résoudre le conflit. Nombre de ces recommandations restent insatisfaites, mais toujours valables: afin de stabiliser la situation de la sécurité, réduire les chances de renouvellement majeur des hostilités et à améliorer la situation humanitaire, la Russie doit:

  • s'engager de nouveau pleinement aux discussions au sein du Conseil de sécurité de manière à aller au-delà de son veto du 15 juin et de parvenir à un accord sur un régime de sécurité fonctionnelle et la mise en œuvre d'un mécanisme visant à faciliter la poursuite du rôle de l'ONU en Géorgie;

  • respecter pleinement les accords de cessez-le-feu, en particulier par le retrait de ses troupes des zones qu'elles n'occupaient pas avant le 7 août 2008 (le district d'Akhalgori en Ossétie du Sud, Perevi village du côté géorgien de la frontière administrative avec l'Ossétie du Sud et la région de la gorge de Kodori en Abkhazie );

  • permettre à la Mission de surveillance de l'UE (EUMM) et aux institutions internationales dont les Nations unies un accès immédiat à l'Ossétie du Sud pour superviser la sécurité et fournir une aide humanitaire;

  • encourager l'Ossétie du Sud, les autorités de facto, d'annoncer que les personnes déplacées géorgiennes seront autorisées de revenir immédiatement et de trouver un financement pour la reconstruction de villages détruits, ainsi que pour d'autres régions d'Ossétie du Sud endommagées pendant la guerre;

  • participer de manière constructive dans les négociations de Genève, et

  • accepter la proposition de la présidence grecque de soutien neutre pour la poursuite de la mission de l'OSCE.

Le gouvernement géorgien et les autorités de facto de l'Ossétie du Sud et en Abkhazie devrait:

  • avoir un accord sur des mesures conjointes, y compris l'accès pour les missions de contrôle à toutes les régions, pour prévenir les incidents et les violations des droits humains dans les zones de conflit et faciliter le retour volontaire, sûr et digne des personnes déplacées;

  • mettre en œuvre une stratégie d'intégration des personnes déplacées et l'augmentation de la capacité de participer pleinement à la vie politique, sociale et économique;

  • d'éviter la rhétorique belliqueuse et de faux rapports de médias sur la situation dans les zones de conflit, et

  • accueillir les projets humanitaires et de reconstruction financé par les gouvernements occidentaux ou des organisations internationales, y compris l'OSCE, des Nations unies, et l'UE, et de modifier les lois qui pourraient entraver un tel travail.

L'UE, les États-Unis et le Conseil de l'Europe et d'autres organisations internationales devraient:

  • appuyer les enquêtes internationales sur la conduite de la guerre du mois d'août et de ses violations de tous les côtés;

  • suspendre le droit de vote de la Russie à l'Assemblée si elle ne coopère pas à inverser le nettoyage ethnique en Ossétie du Sud, notamment en s'acquittant de ses engagements des 12 août et 7-8 Septembre;

  • encourager le Comité International Olympique à étudier si les Jeux olympiques d'hiver de 2014 peut être tenue à Sochi, en Russie, si un régime de sécurité n'a pas été établi dans la région voisine, l'Abkhazie;

  • encourager le Conseil de sécurité de rester saisi de la question, en dépit de la cessation de la Mission des Nations unies;

  • exhortons le Secrétaire général des Nations Unies à continuer d'exercer ses bons offices en nommant un envoyé spécial, et de poursuivre les efforts visant à faciliter le processus de paix;

  • investir la mission de l'UE avec un rôle élargi pour répondre à la situation sur le terrain et

  • participer de manière constructive aux efforts visant à résoudre immédiatement les problèmes de sécurité et humanitaires, y compris en encourageant les parties à s'engager pleinement dans les négociations de Genève, comme un premier pas vers la résolution des conflits plus larges.

Cet exposé se concentre principalement sur la situation en Ossétie du Sud; subséquente, il sera destiné à la situation en Abkhazie.

Texte traduit de l'anglais.

D.P.

 

20/06/2009

« Puisque je ne peux venir à toi, c'est toi qui viendras à moi ! »


« Puisque je ne peux venir à toi, c'est toi qui viendras à moi ! »

L' effort de la Russie pour organiser la déstabilisation interne reste le principal danger pour l'État géorgien. C'est, en substance, ce qu'a déclaré Gela Bezhuashvili, responsable du Foreign Intelligence Service devant les députés géorgiens.

Le Kremlin est en train de renforcer son réseau d'agents, en particulier dans les territoires occupés. Le principal objectif du Kremlin, depuis l'arrivée au pouvoir de Saakashvili, est de changer le gouvernement géorgien. Le FSB recherche l'aide de la diaspora et des ex-fonctionnaires ayant trouvé asile en Russie pour réaliser leur objectif, et Gela Bezhuashvili affirme que le gouvernement russe essaie d'ouvrir la tenue d'élections extraordinaires en Géorgie.

«La Russie souhaite la déstabilisation interne du pays. Elle utilise toutes ses ressources, travaille activement avec la diaspora géorgienne en Russie, en utilisant toutes les personnes qui ont quitté la Géorgie au cours de la dernière année en tant que ressources [financières]. Le but de la mobilisation de ces ressources est de renverser le gouvernement légalement élu en Géorgie. La Russie fait tout ce qui est possible pour soutenir la déstabilisation et les problèmes de plusieurs manières, notamment en soutenant l'idée de la tenue d'élections extraordinaires en Géorgie. »

Le président de la commission parlementaire de défense et de sécurité a ensuite nommé deux hauts fonctionnaires du gouvernement de l'ex-président Eduard Shevardnadze. Ces deux fonctionnaires ont eu des contacts avec Vladimir Rushailo, l'ex-secrétaire du Conseil de sécurité russe. « La Russie a renforcé son réseau d'agents, y compris parmis les chefs du crime et des ex-hauts responsables du gouvernement de Chevardnadze. Leur principal objectif est de provoquer la déstabilisation de la Géorgie et en changer le gouvernement. » Il a parlé de la quantité d'argent qu'ils avaient détournés à l'époque, ce qui avait mené à leur limogeage par le nouveau gouvernement après la révolution des roses, et les restrictions dans le financement de la CE. Ces cinq dernières années, ils ont investi plusieurs millions en Russie, et possèdent actuellement suffisamment de ressources pour financer, entre autres choses, l'un ou l'autre parti de l'opposition radicale.

Après la guerre d'août, un échec pour la Géorgie comme pour les Russes que personne ne souhaite re-risquer - quoique² - , il est impératif pour les responsables russes d'agir différemment. Puisqu'ils ne peuvent pas annexer l'ensemble des provinces de Géorgie, (que deux, et ça fait quand-même, ne l'oublions pas, 20% du territoire), « c'est la Géorgie qui viendra à nous !» En faisant en sorte que Saakashvili démissionne, ou en le forçant à organiser des élections présidentielles anticipées. Ce que l'opposition radicale demande depuis deux mois à travers ses mouvements de protestations avec entêtement et violentes provocations.

Financer la campagne d'un(e) futur(e) marionnette ne serait alors qu'une formalité avec l'aide des « anciens » sus-nommés, et avec l'expérience du FSB pour organiser des élections « à la soviétique » comme à Grozny, dans moins de deux ans ils s'attaqueront à l'Azerbaidjan voisin pendant que la Géorgie, sous contrôle d'un pantin financé par un criminel, se vide, saccagée par 36 milices « incontrôlées ». Que du plausible. C'est ce que les différents gouvernements qui sont succédés depuis 15 ans tentent de faire savoir aux occidentaux que nous sommes, avec le faible succès que l'on sait: la rapide réaction de la diplomatie européenne et un soutien ferme de la communauté internationale. Unis, mais impuissants face à la Russie semble-t-il.

D.P.  Infos: Rustavi2