24/06/2009

Lavrov : une mauvaise foi redondante.

Ria Novosti - Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé utile la discussion à l'ouverture de la conférence annuelle sur la sécurité de l'OSCE mardi à Vienne, espérant que les partenaires de la Russie avaient entendu ses arguments supplémentaires en faveur d'un nouveau traité de sécurité européenne.

"Je considère comme utile la discussion d'aujourd'hui. Il est évident que nous n'avons pas trouvé des solutions à toutes les questions, mais je pense que les arguments supplémentaires que nous avons exposés suite à l'initiative du président russe Dmitri Medvedev pour conclure un Traité de sécurité européenne ont été entendus", a dit mardi le chef de la diplomatie russe lors d'une conférence de presse à Vienne.

Selon M.Lavrov, lors de la discussion, bien des questions ont été posées à la délégation russe mais tous se préoccupaient essentiellement des régions d'où émanait la menace.

"Il s'agissait, entre autres, de la crise dans le Caucase, de ses origines et des moyens d'en sortir, de la situation autour du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (Traité FCE), de la lutte contre le terrorisme, le narcotrafic et le crime organisé", a poursuivi le ministre.

Le président Medvedev a formulé en juin 2008 à Berlin l'idée d'un traité de sécurité en Europe dont les piliers sont le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des Etats, le non-recours à la force armée, le contrôle des armements et le principe selon lequel aucune organisation internationale n'a le droit exclusif d'assurer la sécurité en Europe.

En plein dans le mil ! Qui peut dire de quel respect de souveraineté territoriale il parlait, sans doute que, d'après lui, la Géorgie n'est pas un état. Comme on peut supposer aussi que la Russie n'est pas intervenue avec son armée en Géorgie, n'a pas distribué de passeport russes sur le territoire géorgien, et n'a pas engagé 13.000 hommes supplémentaires dans les provinces séparatistes depuis la fin de la guerre d'août. Et nous pouvons supposer de même qu'en fait, aucune organisation internationale n'a demandé à la Russie de pouvoir pénétrer dans les territoires séparatistes en tant qu'observateurs, et que c'est pour cela qu'ils sont les seuls à y être présents....

La diplomatie russe a bien compris qu'à force de dire n'importe quoi, on finira par les croire. Mais comment la presse ne voit-elle pas dans quelles manipulations nous entraîne la Russie? Son seul but, semble-t-il, est de pouvoir légitimer ses interventions - passées, présentes et futures - dans le Caucase, en disant que "puisque nous-même nous suggérons à nos partenaires européens d'agir dans le respect des souverainetés nationales, c'est que nous considérons ne pas avoir nous-même transgressé cette règle".

Pendant ce temps, de fortes tensions secouent la province russe nord-caucasienne d'Ingouchie, où un attentat contre le président pro-russe a eut lieu. Moscou accuse bien entendu des "activistes islamistes", histoire sans doute de nous faire croire qu'il n'y a pas de désirs de révoltes anti-russes dans le nord-caucase, mais un terrorisme islamiste aveugle contre lequel Moscou pourrait bien être soutenu par l'Occident.

Mais quand donc réagirons-nous sérieusement contre cette diplomatie clairement dirigée contre les démocraties européennes, toujours sur fond de "petro-roubles"? Les journalistes occidentaux, ayant perdu toute capacité d'analyses à force de ne publier que des dépêches d'agences, a de même perdu toute capacité de jugement par rapport à l'actualité. 

D.P.

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