10/06/2009

Les diplomates avertissent la société internationale du danger d'une nouvelle guerre entre Géorgie et Russie.

 

Les diplomates avertissent la société internationale du danger d'une nouvelle guerre entre Géorgie et Russie.

L'ancien représentant de l'Union Européenne en Géorgie, Denis Corboy : "La crainte d'une nouvelle intervention militaire russe en Géorgie n'est pas sans fond. Les entrainements militaires au Caucase en 2009, conduits à la frontière du nord de la Géorgie, sont soit des tentative de pression sur la Géorgie, soit une préparation pour la nouvelle guerre."

La Russie, qui sait depuis toujours combien il est difficile pour son armée de progresser facilement en territoire géorgien en hiver, avait attaqué et bombardé la Géorgie en août dernier, dans le but avoué d'avancer vers Tbilissi, mais la diplomatie européenne est intervenue presque immédiatement (juste 10 ans trop tard) pour faire arrêter les combats, et un cessez-le-feu a été signé, engageant les deux camps, entre autre, à regagner leurs positions d'avant le 7 août, date sois-disant du début des hostilités. 

La Russie, qui à ce jour n'a respecté aucun des points d'accords du cessez-le-feu, a sérieusement augmenté ses effectifs militaires dans les provinces séparatistes, passant de 3700 "soldats de la paix" à plus du triple par province entre septembre 2008 et février 2009. De plus, nombre de bases ont été réimplantées un peu partout en Abkhazie et en Ossétie, dont deux aéroports militaires et une base navale en construction sur les côtes abkhazes.

Bien entendu, Poutine et Medvedev accusent tous deux la Géorgie d'avoir augmenté ses effectifs de... policiers le long de la "frontière" sud ossète pour "légitimer" l'arrivée massive de soldats russes en Géorgie.

A près l'annexion progressive de l'Abkhazie et de la province de Samatchablo, plus connue sous le nom stalinien d'Ossétie du sud, annexion totalement concrétisée lors de la reconnaissance par la Russie (accessoirement aussi par le Nicaragua qui, en tant que "proche voisin" doit certainement bien connaitre la région!), les responsables russes doivent à présent mettre en oeuvre ce qu'ils n'ont pu réaliser lors de la guerre d'août : occuper l'ensemble du territoire géorgien. Ils n'attendent qu'une seule chose: une raison d'intervenir en dehors des deux provinces séparatistes. Ce que les manifestants anti-pouvoir à Tbilissi pourraient leur offrir, consciemment ou stupidement selon le leader d'opposition organisateurs des provocations en cours depuis deux mois dans la capitale géorgienne.

Parce que le danger est là: même si après deux mois de manifestations les opposants ont presque tous déserté la rue, que plus de la moitier des leaders de l'opposition parlementaire et non-parlementaire ont enfin accepté le dialogue avec Saakashvili, il reste les leaders les plus radicaux (ou têtus, c'est selon) pour provoquer le pouvoir et refuser le dialogue. Le moindre faux-pas pourrait donner à Poutine l'occasion rêvée d'intervenir et de renverser le président Saakashvili.

Les diplomates européens et américains ont prévenu depuis le début des manifestations qu'il est indispensable pour l'opposition géorgienne d'accepter le dialogue avec le gouvernement s'ils ne veulent pas qu'un tel scénario se réalise. Non seulement les irréductibles font la sourde oreille, mais de plus ils durcissent leurs positions, jouant en cela le jeu de la stratégie russe. Alors les diplomates et autres observateurs sur place haussent le ton et avertissent la communauté internationale des risques d'une reprise des hostilités cet été.

Au même moment, dans la province d'Abkhazie la présence russe commence à peser pour les habitants abkhazes. Les terres le long de la côte de la mer Noire sont presque entièrement réservées aux seuls russes, les compagnies de transports sont "rachetées" par la Russie, les habitations désertées par les géorgiens après les nettoyages ethniques des milices abkhazes sont soit démolies soit données à des citoyens russes, la langue russes est devenue la seule langue officielle et dans l'enseignement et dans les administrations, puisqu'il y a plus de russes en Abkhazie que d'Abkhazes.... Si la situation s'envenime en Abkhazie, un conflit armé entre abkhazes et russes peut s'amorcer et rapidement dégénérer, pour sans doute s'étendre à l'ensemble du territoire géorgien.

D.P.

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