19/05/2009

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

Genève: Après l'Abkhazie, la Russie et l'«ossétie du sud» se sont retirés des négociations internationales de paix sur la Géorgie.

 

A Genève, en raison de l'absence de la région sécessionniste d'Abkhazie qui a refusé de prendre part aux discussions pour ne pas avoir reçu des documents de l'ONU dans les temps, les délégations russes et ossètes ont refusé de participer elles aussi aux négotiations de paix.

"Aborder des questions graves sur la sécurité sans l'une des parties concernées me paraît un exercice inutile", a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karasine. Bien entendu, c'est sous les conseils de la Douma que les Abkhazes ont refusé de participer à cette réunion...

Ces séances de pourparlers, présidées par les Nations unies, l'Union européenne et l'OSCE, sont systématiquement torpillées par les sécessionistes abkhaze « qui ne veulent pas êtres considérés, dans les documents de l'ONU, comme faisant partie de la république de Géorgie ». Autant dire que, malgré le bon-vouloir de la communauté internationale et de la Géorgie, on n'est pas près de trouver de solutions pour la stabilité et la paix dans cette région.

"La situation dans le Caucase du Sud sera évoquée en relation avec les conséquences de l'agression géorgienne contre l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, et avec un autre sujet régional: le Haut-Karabakh", a dit M.Tchijov histoire de compliquer et d'envenimer encore, si besoin était, la situation, et il ajoute : « Les volets du plan (Sarkozy) concernant la Russie sont réalisés. Si des questions concernant sa mise en application surgissent, elles peuvent être posées à la Géorgie. Le plan prévoyait le retour des forces géorgiennes vers les lieux de leur cantonnement habituel, pourtant, nous constatons la concentration d'effectifs militaires et policiers géorgiens dans les districts adjacents à l'Ossétie du Sud. »

Bien entendu, ce genre de déclaration est destinée non pas aux politiques qui savent très bien que la Russie n'a respecté AUCUN des points d'accords « Sarkozy », mais bien à la presse qui relaie l'info vers qui veut bien la lire et y croire.

Il faut bien comprendre que, quand la Russie accuse quelqu'un de quelque chose, c'est pour noyer le poisson qu'ils ont eux-même placé dans l'aquarium du FSB. Quand la Russie dit que la Géorgie ne respecte aucun point d'accord, c'est bien qu'elle n'en respecte aucun elle-même. Si la Russie accuse la Géorgie d'avoir concentré des militaires et des policiers aux frontières ossètes, c'est qu'ils en ont eux-même placé, et pas qu'un peu. Pour rappel, alors que les points d'accords Sarko demandaient aux parties d'en revenir à la situation d'avant le 7 août, c'est à dire maximum 3700 soldats de maintien de la paix en ossétie et autant en Abkhazie et aucune arme lourde, les Russes ont amassés plus de 10,000 hommes aux frontières ossètes et autant aux frontières abkhazes, avec blindés, lance-missiles, etc... La Géorgie, quant à elle, patrouille timidement avec quelques policiers le long des frontières concernées, principalement pour protéger les observateurs de l'OSCE ou de l'ONU (des enlèvements ont eu lieu à plusieurs reprises), mais aussi pour prévenir les nombreuses attaques des milices ossètes sur des villages géorgiens situés sur la frontière. Il faut signaler, par respect pour la vérité et par respect pour les famille des policiés tués, que 12 policiers ont été assassinés par les milices abkhazes ou ossètes depuis septembre...

La direction russe, qui jamais ne cèdera volontairement un seul hectare conquis par son armée d'invasion en août, se sachant en infraction totale avec un nombre impressionnant de lois internationales, ne peut que fuir devant ses responsabilités et tenter de se disculper, non pas en recherchant des preuves d'innocence - il n'y en a pas - mais en accusant l'adversaire des crimes qu'elle a elle-même commis. Peu de gens sont dupes, à part peut-être Josy Dubié et quelques autres illuminés, mais beaucoup ont plus besoin de la Russie que de la Géorgie, et contredire la politique de Moscou équivaut pour certains, sans aucun doute, à rendre plus compliqués, plus délicats, les accords gazier entre Medvedev et l'occident.

Les accusations de Human Rights Watch à l'encontre de Tbilissi, accusé d'avoir aussi commis des crimes de guerre, a fortement diminué la sympathie des (lecteurs) occidentaux pour ce petit pays du Caucase dont tout le monde parle sans le connaître. Il suffit de lire chaque article de presse qui, lorsqu 'il parle de la guerre d'août et de ses suites, ne s'abstient pas d'écrire « suite à l'agression de la Géorgie pour récupérer sa province sécessioniste d'Ossétie du Sud » à la place de « suite aux provocations russes contre les forces de paix géorgiennes en Ossétie du Sud ». Mais ces accusations de HRW sont tellement anecdotiques si on ose les comparer aux crimes commis par les milices ossètes et les soldats russes contre tous les villages géorgiens d'ossétie du sud, que je n'arrive pas à comprendre les rédactions de la presse occidentale, belge principalement, ou française de gauche, qui anihile les massacres ossètes en préfèrant la syntaxe relayée par la presse russe sous contrôle de la Douma, plutôt que celle de Tbilissi, pourtant de loin plus réaliste et indépendante.

Conférence de presse de Lavrov concernant la Géorgie? Tous les micros de la presse occidentale sont devant ses lèvres. Conférence de presse d'un ministre géorgien : seuls la presse géorgienne est présente. Que faut-il en déduire?

 

 

Ce qu'espère la Russie, et qu'elle est à quelques pas d'obtenir si on n'y fait pas plus attention, c'est de parvenir à éviter la même sympathie de l'Occident pour les victimes géorgiennes que pour les victimes tchétchènes de l'agression russe de 1999, qui à l'époque avait entraîné nombre de manifestations de soutien aux nord-caucasiens, dans toutes les capitales occidentales. Aujourd'hui, la Russie a besoin de l'Occident, plus que l'occident a besoin de la Russie, et chaque justification, aussi grossière soit-elle, à l'attaque de la Géorgie, est la seule politique possible pour les agents du FSB dirigés par Poutine. Depuis la fin de la guerre d'août, si tant est qu'on puisse parler de « fin », les russes fuient leurs responsabilités, s'appuyant sur des prétextes impossibles pour se justifier (protection des ressortissants russes dans les territoires séparatistes alors qu'ils ont eux-même distribué des passeports russes illégalement à la population géorgienne de ces provinces, avant d'inventer des attaques géorgiennes contre lesdits ressortissants pour prétexter leur intervention) Désinformer est habituel à Moscou. La propagande anti-caucasiens marche à fond depuis 5 ans dans toute la Russie, et en soit, déjà cela est un délit majeur dont le HCR n'a jamais, à ma connaissance, fait part.

D.P.

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