14/05/2009

Veto russe attendu : la mission de l'OSCE prendra fin en juin

Veto russe attendu : la mission de l'OSCE prendra fin en juin.

Le maintien de la présence en Géorgie d'observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a été porté au vote aujourd'hui (mercredi) à Vienne par les 56 états membres, dont la Russie. L'unanimité étant requise pour le maintien, et la Russie s'étant abstenue, L'OSCE devra se retirer de Géorgie avant le 30 juin. Et des frontières risquent de craquer cet été...

Que risque la Géorgie si les observateurs doivent se retirer? Illustration par l'exemple concret : faisant référence à un rapport d'observateurs de l'ONU du mois de mai 2008, (les observateurs de l' UNOMIG doivent eux, quitter le territoire géorgien dès le 15 juin ) : ayant suivi au radar l'attaque par un Mig d'un drone géorgien qui survolait son propre territoire (dans la province d'Abkhazie) les observateurs ont fait remarquer que ce Mig a décollé d'une "base désafectée" située au Nord de cette même province géorgienne sous contrôle forcé de la Russie à l'époque. Trois violations en une! Le survol de la Géorgie souveraine par un avion de chasse russe qui décolle d'une base sois-disant évacuée il y a plus de 3 ans, qui abbat un avion sans pilote (heureusement) survolant son propre territoire.

Cet événement, toujours démenti par l'état major russe, a été rapporté par le ministère de la défense géorgien et par l'ONU à qui voulait bien entendre, avec une remarque primordiale : l'escalade armée est inévitable et la communauté internationale doit donc agir pour éviter un conflit armé dans la région.

L'ONU, qui a constaté l'attaque en question ainsi que d'autres provocations aux frontières entre les provinces séparatistes et les autres provinces du pays, n'a cessé de mettre en garde. Mais passons sur la nonchalance européenne, elle a fini par réagir... trop tard mais juste à temps pour éviter l'annexion de la Géorgie en son entièreté.

Ce qui pourrait se produire dès juillet et plus vraisemblablement à partir d'août est très préoccupant. C'est exactement le cas de le dire! Parce que les Russes, ne faisant aucun cas de ce que pensent les autres puissances, surtout l'Europe, n'a respecté aucune des obligations imposées par la signature des accords de cessez-le-feu d'août et septembre, se sont donné le droit de :

- continuer la distribution de passports russes aux habitants des régions séparatistes, légalement géorgiennes;

- aménager le littoral abkhaze pour des utilisations militaires ou maffieuses;

- construire une base navale en Géorgie en remplacement de la base de Sebastopol;

- rénover les bases aériennes quittées 3 ans plus tôt après des accords signés avec les autorités géorgiennes;

- continuer d'amener des troupes dans les zones occupées, plus de 10.000 hommes par province;

- occuper Zemo-Abkhazeti, région stratégique qui était sous contrôle géorgien avant août, et est à présent terrain d'entraînement militaire pour soldats Russes et soldats Abkhazes...;

- ne pas venir en aide aux populations locales, préférant laisser agir les milices abkhazes ou ossètes contre les ethnies géorgiennes encore présentes dans ces provinces;

- continuer ou laisser faire les provocations, y compris contre les observateurs européens, arrêtés lorsqu'ils patrouillent en toute légalité au-delà de la "frontière administrative" des provinces séparatistes;

- alimenter une propagande anti-géorgiens via les médias et des affiches, dans le seul but de se justifier auprès des russes pour leurs interventions en Géorgie,

- accuser ouvertement la Géorgie de ne pas respecter les accords signés...

- ne pas voter le maintien de la présence en Géorgie d'observateurs de l'OSCE, contre l'avis de 55 pays unanimes pour le maintien

- etc...

La Russie de Poutine et de Medvedev n'a rien à voir avec le pays civilisé auquel l'Europe a cru pouvoir faire confiance depuis la chute du mur. Comme disait Gorbatchev il n'y a pas longtemps, la Russie a fait "au maximum" 50% du chemin vers la démocratie. Et même si, effectivement, le "marché" s'est ouvert aux russes, ceux qui ont pu en profiter sont les mêmes que ceux qui profitaient du régime socialiste soviétique, et la protection de ce système plus proche de la maffia que de la sociale-démocratie en utilisant les mêmes outils qu'auparavant, KGB, Douma 100% pro-Poutine, contrôle des médias, intimidations, meurtres, élimination des opposants politiques ou économiques, idéaux impérialistes en politique internationale, ...

Les autorités européennes, sachant celà aussi bien que vous et moi, n'a aucun outil pour forcer la Russie a tenir ses engagements, ce qui renforce encore la politique de Poutine et Medvedev. Elle (l'Europe) a plus d'une fois tenté de mettre en évidence toutes ces violations aux droits les plus élémentaires. Au représentant de la Fed de Russie auprès du Conseil de l'Europe, à Strasbourg, à propos de la Géorgie: " Nous voyons tous que la Russie n'a pas de limites, mais nous, communauté européenne, devons montrer où sont nos limites!"

La guerre en Géorgie est un des symptomes de cette russie encore malade, cette maladie qui lui vient de son passé. Le peuple russe n'est pas plus respecté qu'auparavant, c'est juste qu'on ne l'élimine plus, qu'on ne le déporte plus, qu'on ne l'enferme plus aussi facilement. maintenant on l'ignore ou, s'il bouge un peu trop, on le menace.

Et pendant ce temps, à Tbilissi, une partie de l'opposition radicale, refusant toujours le dialogue avec les autorités tant que "l'ennemi de la Russie" ou "l'ennemi de la démocratie", c'est selon, refusera de démissioner, continue ses dangereuses et stupides confrontations avec Saakashvili utilisant les mêmes méthodes faites de mensonges, de théatralisation, de provocations, d'accusations mensongères, de propagandes, de non-respect des citoyens, etc....

Mais ça, c'est une autre affaire, que vous trouverez commentée dès demain.

D.P.

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