05/05/2009

Sous fond de graves provocations russes, Tbilissi se défend comme elle le peut.

 

Medvedev a qualifié jeudi de "provocation grossière" l'organisation d'exercices de l'Otan en Géorgie, et Mr Appathurai, le porte-parole de l'Otan, a jugé qu'il devenait "de plus en plus difficile de faire coller la rhétorique russe avec la réalité sur le terrain". C'est dans ce contexte de tensions vives entre l'Otan et la Russie que débuteront demain les exercices de défense militaire organisés près de Tbilissi par l'Otan.

La Russie, après avoir expédié des centaines de blindés et plus de 20.000 hommes dans les territoires séparatistes de Géorgie, auxquels s'ajoutent à présent plusieurs dizaines de "gardes frontières", persiste dans sa logique d'annexion des territoires occupés en violation des traités de cessez-le-feu signés après sa tentative, en août, d'envahir et d'annexer l'ensemble de la Géorgie.

C'est aussi dans ce contexte que l'opposition radicale, toujours en mouvement à Tbilissi après bientôt 4 semaines, durcit ses actions, maintenant leur demande de démission du président Saakashvili.

Les leaders radicaux, fortement soupçonnés de jouer le jeu de la Russie, refusent toujours tout dialogue avec l'opposition parlementaire et le pouvoir. La Communauté Européenne, présente sur place depuis plusieurs semaine en la personne du représentant spécial pour le Caucase du Sud Peter Semneby, recommande vivement à l'opposition d'accepter le dialogue. Mais les radicaux se radicalisent encore d'avantage. Après avoir placé un "mur de la honte" à l'entrée de la télévision publique, où il s'agit d'insulter toute personne devant se rendre dans les locaux de la chaîne après un contrôle des pièces d'identité, menacent à présent de bloquer les voies d'accès principales de Tbilissi ce qui serait fortement préjudiciable à la vie économique de la capitale géorgienne.

Mais ce n'est pas le pire. A Mukhrovani (province de Kakhétie), une garnison militaire géorgienne a tenté un soulèvement qui, heureusement, a rapidement été contré grâce à l'arrestation cette nuit des responsables. Parmi les personnes arrêtées, on retrouve des membres de l'opposition radicale. Celle-ci avait annoncé, avant hier, qu'il y aurait des manifestations dans la province de Kakhétie aujourd'hui... Ces derniers avaient de même annoncé la fin du "reigne de Saakashvili" pour le 6 mai, date du début des exercices de l'Otan. Le ministre de l'intérieur Shota Utiashvil affirme que ce soulèvement a été organisé avec l'aide du FSB russe, au minimum en réaction aux exercices de l'Otan, lesquels auraient été gravement pertubés en cas de réussite. Selon lui, les généraux avaient aussi comme intention, avec l'aide de responsables d'autres garnisons en Géorgie, de renverser le gouvernement géorgien.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'à Tbilissi, la vie n'est pas facile! Pour les habitants qui ne souhaitent qu'une seule chose, à savoir: vivre en paix, chaque jour est une menace pour la vie, tout simplement. Les troupes russes à moins de 40 km de Tbilissi, prêtes à sauter sur le moindre prétexte pour intervenir dans d'autres provinces que celles qu'ils contrôlent déjà, et l'opposition, animal agonisant, prêt à tout pour donner aux russes un prétexte pour intervenir et renverser le régime démocratique du président Saakashvili, rien de tout cela, bien entendu, n'est souhaité par la toute grande majorité des géorgiens.

Les géorgiens en ont marre! Alors qu'après deux cents ans de domination russe ils parviennent à se défaire de leur voisin trop gourmand et accèdent enfin à leur indépendance, ils vivent d'abord 20 ans sous le régime ultra-corrompu de Shevarnadze, puis accèdent aux premiers pas d'une démocratie pro-européenne sous Saakashvili. Mais la Russie ne les lâche pas, et à part le départ de Poutine et avec lui de 99,9% de la Douma, rien n'y fera, semble-t-il, pour les arrêter dans leurs projets démoniaques.

D.P.

 

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