31/03/2009

Compte-rendu de notre entrevue avec Isabelle Durant, sénatrice Ecolo, à propos du "rapport Dubié/Defraigne"

I Durant photo rtbf

Isabelle Durant :

à propos du "rapport Dubié/Defraigne".

Bruxelles, jeudi 26 mars, début d'après-midi. Nous arrivons à la maison des parlementaires un peu en avance, mais nous ne devons pas attendre trop longtemps madame la sénatrice: Isabelle Durant arrive presque à l'heure, accompagnée par Francisco PADILLA, son conseiller en affaires internationales.

Je suis nerveux, non pas à cause de cette entrevue, mais de peur de ne pas pouvoir me retenir quant aux gros mots qui me viennent en tête à propos de ce rapport, tant il y a de quoi. Mais après les présentations d'usages, lorsqu'il a fallu lancer la discussion, face à madame Durant, le calme qui me caractérise en temps normal reprend le dessus! Il faut dire qu'en exposant le point de vue géorgien et, bien entendu, tout en expliquant nos griefs contre Josy Dubié et sa visite partiale en Ossétie, je voyais Madame Durant nous écouter attentivement, sans beaucoup réagir sinon pour quelques précisions, corrections ou avis divergeants.

Ce qu'il en est sorti, après 50 minutes d'intérêts sincèrement réciproques pour nos positions, nos points de vues, c'est que les Ecolos ne connaissent pas grand chose ni de la situation en Géorgie, ni de l'histoire de Géorgie, ni de ce qui s'est réellement déroulé en août, mais ne demandent pas mieux que de connaître. Et 50 minutes, c'était très peu. Nous aurions pu discuter encore quelques heures.

Ce qui ressort de cette entrevue, finalement, c'est quoi..? Difficile de répondre. Nous pensons qu'il est positif que Ecolo, à travers Isabelle Durant et Francisco Padilla, souhaîte peut-être en savoir plus avant de "re-juger" les événements d'août différemment de Dubié, mais a besoin de preuves au moins aussi solides et fondées que les témoignages recueillis par Dubié en Ossétie. Mais, ce que je pense aussi, c'est que même avec ces preuves, jamais Ecolo ne fera machine arrière, pour plusieurs raisons:  

1. Il existe déjà tant de preuves accessibles, surtout pour des parlementaires, que s'ils le voulaient, ils auraient déjà fait leur erratum depuis longtemps.
2. Les intérêts européens pour la Russie sont incontournables, intérêts dans des relations étroites positives afin d'éviter un retour à la guerre froide (au moment où je vous écris, les Russes construisent des bases navales et aériennes en Géorgie!!!), et sans doute aussi intérêts gaziers, une erreur au moment où il est question de diversifier les sources d'approvisionnement en évitant la Russie, et notons aussi que justement Poutine, en s'attaquant à la Géorgie, rêve de ruiner le projet Nabucco ou de s'en emparer, et nous revoilà au point de départ à acheter du gaz uniquement aux russes !.  
3. Etant le seul parti politique à avoir autant critiqué la Géorgie, la part de la population qui croit la version pro-russe
(pro-russe non par choix, mais par conséquence) de Dubié,  trouvant certainement l'ex-journaliste vedette de la rtbf impartial puisqu'il le dit, ou qui a apprécié ce rapport parce que à contre-courant de ce que tout média rapportait des événements,  ou tout simplement pour avoir apprécié le côté "anti-Bush" des propos dudit Dubié, cette part non négligeable, à un jet de pierre des élections de juin, peut avoir un impact conséquent...
4. Pourquoi n'ont-ils jamais cherché à connaître le point de vue géorgien auparavant, sinon parce qu'ils n'y trouvaient aucun intérêt?  Il existe une ambassade de Géorgie à Bruxelles, à deux pas du Parlement. C'est la moindre des démarches qu'ils auraient pu faire. En cela, ils ont adopté la méthode Dubié: on ne questionne qu'un seul camp pour n'avoir qu'un seul avis, celui qui arrange (ou qui dérange, c'est selon ce qui arrange).

Bien sûr, l'écolo en moi depuis 25 ans me pousse à croire que le parti écologiste est capable de modifier son jugement avec raison, mais je ne suis pas certain qu'on parle de la même écologie... Par contre,  puisque les écolos n'ont pas hésité à croire Poutine, Medvedev, Lavrov ou Tchourkin, alors c'est certain, on peut croire en tout. Dossier à suivre, avec beaucoup d'intérêt.

D.P. - TbiliSite, avec M.M.

29/03/2009

Moscou a durci le ton en réponse aux déclarations récentes de Barack Obama.

 

Russie-Etats-Unis: atlantisme (sans ukraine et géorgie) et redémarrage des relations bilatérales sont compatibles...

D'après Kommerzant

Le problème de l'OTAN passe au premier plan des relations russo-américaines quelques jours avant la rencontre des présidents Dmitri Medvedev et Barack Obama, qui se déroulera le 1er avril à Londres, lit-on vendredi dans le quotidien Vremia novosteï.

Ainsi, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a rappelé hier la vigilance de Moscou envers les plans d'élargissement de l'Alliance à l'est, alors que le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Andreï Nesterenko a exprimé la préoccupation face aux actions de l'OTAN en Arctique. (ndlr : missions d'entraînement prévues de longue date et auxquelles la Russie devait participer, mais annulées par elle après la guerre de Géorgie)

Moscou a durci le ton en réponse aux déclarations récentes de Barack Obama. Ce dernier a confirmé au cours de la rencontre avec le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jaap de Hoop Scheffer son attachement au redémarrage des relations avec la Russie, sous réserve que cela ne "porte pas préjudice à la solidarité atlantique". Les pays qui veulent adhérer à l'OTAN, auront la possibilité de s'y intégrer, a affirmé le président.

Le directeur de l'Institut d'analyse politique et miliaire, Alexandre Charavine appelle à ne pas considérer "l'atlantisme" d'Obama comme un obstacle au redémarrage des relations avec la Russie: "L'OTAN possède des principes stricts d'appartenance volontaire, auxquels les Etats-Unis ne pourront pas renoncer. On ne fera pourtant aucune tentative pour accepter l'Ukraine et la Géorgie à l'Alliance, au contraire tout sera fait afin d'empêcher leur intégration". Le redémarrage des relations avec la Russie est, selon lui, beaucoup plus important pour les Etats-Unis que "l'élargissement de l'OTAN par l'admission de Kiev et Tbilissi".

L'expert du Centre Carnegie de Moscou Maria Lipman rappelle que "les Américains n'ont jamais - ni avant Obama, ni sous Obama - évoqué un renoncement à l'élargissement de l'OTAN". Il s'agit d'une des "questions très compliquées" qui sera discutée "longtemps et minutieusement". "Les priorités actuelles des Etats-Unis sont l'Iran, l'Afghanistan et le Proche-Orient. La situation dans ces régions semble très difficile", fait-elle remarquer. "Quant aux priorités de la Russie, elles restent toujours une énigme". Selon Mme Lipman, c'est dans le domaine du désarmement que Moscou et Washington pourraient progresser le plus rapidement: "Les Etats-Unis sont intéressés par le succès de la rencontre de Londres".

Revue de presse Ria Novosti / Kommerzant

25/03/2009

Le cinéaste Merab Kokotchashvili à propos de l'Abkhazie.

 

Mérab Kokotchachvili nous fait le cadeau d'un texte à propos de l'Abkhazie. Je l'en remercie vivement.

MK


La Géorgie est sans doute un petit pays, mais géo-politiquement c'est un pays particulièrement intéressant : le Sud-Caucase, c'est le pont entre est et ouest, et entre nord et sud. Dès lors, toutes les puissances essayent de mettre la main sur cette région.

L'Abkhazie, c'est un tout petit territoire, 15 % de la Géorgie. Comprenant différentes ethnies, la plus importante étant les géorgiens (d'après les Abkhazes, aujourd'hui, on compte entre 40 et 60.000 géorgiens en Abkhazie), les Abkhaziens sont entre 20 et 25 % de la population totale d'Abkhazie.

Mais 250,000 géorgiens ont été déportés durant la guerre de 1992...

Ce territoire a toujours intéressé les grandes puissances. Les grecs, les romains, les byzantins, les turcs,... l'ont conquise avec les méthodes "diviser pour régner". Plusieurs ethnies, facilement manipulables pour créer des séparatismes, y ont toujours cohabité. Quand les grandes puissances conquérantes s'affaiblissaient, la Géorgie en profitait pour se réunifier et recontrôler l'ensemble du territoire. Et c'est pour ça que dans les organisations mondiales, aujourd'hui, ce territoire est reconnu comme la Géorgie, car cela a toujours été ainsi.

Quand la Géorgie était faible (économiquement ou politiquement), elle se divisait en différents royaumes. Le royaume Kartli et Kakhétie, Samegrelo, Guria, Imérétie, Abkhazie. Par contre, les bases religieuses et de langue était toujours les mêmes. Ces ethnies qui ont leur "patois", la base de ce "patois" est toujours géorgien. En ce qui concerne la langue Abkhaze, elle a la base de la langue caucasienne tout comme le géorgien. Cette base culturelle, linguistique ou religieuse a toujours existé comme force d'unification, et tant qu'existaient les conditions pour se réunir, les différents royaumes s'unifiaient. Par exemple, entre le 8ème et 9ème siècle, le processus de réunification débuta en Abkhazie. Le chef abkhaze de l'époque, Léon II, a commencé le processus avec l'aide de l'ethnie Kazar, du Nord-Caucase, de réunification des différents royaumes de Géorgie; ce processus a pris presque 2 siècles et au 12ème siècle, David le Bâtisseur a fait de la Géorgie un état très puissant. Son titre était "Le Roi d'Abkhazie, de Kakhétie, d'Imeretie, de Samegrelo, etc..."

Après l'arrivée des Mongols, qui ont envahi tout l'Orient et une partie de l'Occident, les Russes ont commencé à devenir une puissance importante. C'est à cette époque que les forces turques ont détruit Byzance . Byzance était Chrétienne, les Turcs étaient Musulmans.

La partie orientale de Géorgie était sous l'influence perse (Iran). L'influence de l'Islam était mortelle pour la partie occidentale de Géorgie, car cela voulait dire perdre la religion. Dans ces conditions, les Géorgiens ont cherché l'aide parmi les chrétiens, avec la Russie qui nous inspirait plus d'espoir. Mais pour les Russes, très intéressés par le Caucase pour diverses raisons géopolitiques, c'était très important de prendre la Géorgie en main, et comme Byzance, prendre en main l'Orient, les Balkans, le Bosphore, les Dardannelles, puis accéder à la Méditerranée. Ainsi, la Russie pouvait avoir le contrôle des routes Nord - Sud, et Est - Ouest.

La Russie, pour réaliser ses plans, avait besoin de la Géorgie, et des Géorgiens comme esclaves, car en cas de refus de la part des Géorgiens, la Russie diviserait à nouveau le pays en petites provinces (diviser pour régner).

Aujourd'hui, c'est exactement ce que la Russie est en train de faire avec la Géorgie. En premier lieu, la Russie a créé en Abkhazie et en Ossétie du Sud des séparatismes, et après, (NDLR : en "colonisant" les territoires avec des citoyens russes, en distribuant des passeports russes, en organisant des provocations entre les parties, et enfin en faisant intervenir 60.000 hommes et 3000 blindés, en bombardant des villes - Tskhinvali, Gori et Poti   entre autres) sans aucun droit, a reconnu ces territoires comme étant indépendants, et y a placé les armées russes.

Cette action peut toujours déclencher une guerre plus importante dans la région. La Géorgie n'acceptera jamais la terre enlevée par les Russes, et quand la situation le permettra, la Géorgie récupèrera ses territoires.

Aujourd'hui, le plus grand agresseur mondial, c'est la Russie. Si le monde a un peu de lucidité, il doit politiquement tout faire pour arrêter ces actions illégales des Russes. Les Abkhazes, avec la Géorgie, ont toujours eu les moyens et les droits de développer leur culture, leur économie, la religion, leur langue et d'autres intérêts propres. Ils avaient les écoles et les universités, les théâtres, la littérature, les rites religieux, même l'administration, tout était fait dans leur langue. Aujourd'hui, dans les écoles, cela se passe en Russe.

Il faut dire ici que c'est justement les Russes qui ont déportés et tués les musulmans Abkhazes durant la guerre Russie-Turquie dans les années 1876-1879, et seuls les Géorgiens défendaient les droits des musulmans Abkhazes, comme par exemple l'écrivain poète Ilia Chavchavadzé (qui fut assassiné).

Il y a peu, les Géorgiens ont proposé aux Abkhazes de créer une zone de libre-échange, de développer le tourisme, et de plus le poste de vice-premier ministre dans le gouvernement géorgien. Dans la constitution géorgienne existe le droit de se présenter pour le poste présidentiel pour tous, peu importe l'ethnie d'origine. En 1991, le parlement abkhazien avait le droit d'avoir plus de sièges de députés dans le parlement que n'importe quelle autre région, alors que, il faut souligner, ils sont minoritaires en Géorgie. On peut écrire beaucoup d'autres priorités que les Géorgiens leur ont proposé. Malgré tout ça, les Russes l'ont annexée et ce petit territoire, les Russes en ont fait une base militaire pour le Caucase. Aujourd'hui, nous aurions pu faire une zone de tourisme magnifique, mais les Russes construisent une base navale à Otchamchiré comparable à celle située à Sébastopol, ainsi qu'une base aérienne à Goudauta, et 4000 hommes à Gali, et apparemment, toujours à Gali, ils construisent un "mur de Berlin 2". C'est ce qui s'appelle une "action de paix" selon les Russes.

D'ici 10 ou 20 ans, en Abkhazie, il n'y aura plus un Abkhaze qui parlera Abkhaze. Comme aujourd'hui il n'existe plus l'ethnie qui s'appelait Ubikhi (ethie de souche abkhazienne originaire de Sochi) parce que les Russes les ont tués et déportés. (En 1919, la Géorgie a pu récupérer Sochi, mais en 1921 l'a à nouveau perdu (Bolchevics)).

Tout ce que la Géorgie a fait pendant des siècles pour unifier, les Russes et les séparatistes abkhazes et ossétiens, en 15 ans, ont tout détruit et ont créé des animosités. La Géorgie sera toujours contre cela. Elle comprend que la paix créée durant des siècles sur les terres abkhazes ou du reste de la Géorgie est basée sur des relations humaines et les égalités de droits.

MK2

Mérab Kokotchachvili

Cinéaste / réalisateur / documentariste / scénariste

Biographie de Mérab Kokotchachvili

 

 

 

 

 

 

C'est en pensant à sa sagesse que je me rendrai au rendez-vous de Mme le sénateur Isabelle Durant fixé pour demain, suite à ma réaction (publiée ici)  aux inepties du Rapport Dubié sur " l'agression géorgienne de l'Ossétie  ".  J'espère parvenir, avec l'aide de l'amie géorgienne qui m'y accompagnera, à au moins leur démontrer que la "version Dubié" est totalement tronquée. Néanmoins, je remercie Mme Durant de nous permettre de nous rencontrer et ainsi, à défaut d'être entendus des médias nationaux,  de l'être par le parti politique belge ayant le plus jeté un doute sur l'illégitimité flagrante des Russes dans leur intervention du mois d'août et dans leur gestion des "forces de paix" dans les territoires séparatistes.

Lundi, vous pourez en lire le compte rendu sur ce blog.

D.P. TbiliSite - 25 mars 2009

24/03/2009

Enquête sur l'achat d'armes illégales par des membres de l'opposition

Enquête sur l'achat d'armes illégales par des membres de l'opposition :

A quinze jours de la manifestation anti-Saakashvili, l' "affaire" prend une dimension politique.

Différents commentaires :

Les députés géorgiens ont exprimé leur position quant à la détention des membres du parti de Nino Burjanadze. Huit personnes ont été arrêtées pour suspicion d'achat d'armes illégales lundi. L'opposition exhorte le gouvernement de faire participer toutes les parties à l'enquête en vue d'augmenter la confiance de la société au processus.
« Nous devons savoir s'il s'agit d'une compilation de faits ou si nous sommes face à une criminalité réelle. C'est pourquoi nous recommandons au gouvernement de permettre à tous les parties politiques de s'impliquer dans le processus d'enquête, dit le chef du Parti démocrate-chrétien Giorgi Targamadze.
Un autre député de l'opposition, Petre Mamradze dit que le niveau de confiance du public pour le gouvernement est si faible que personne n'a cru à l'authenticité des preuves vidéos publiées par le ministère de l'intérieur.
Le gouvernement a également fait des observations sur la détention de membres du parti de l'opposition. Petre Tsiskarishvili a dit qu'il était dommage que certaines personnes aient voulu répéter le scénario des années '90, 18 ans plus tard. Tsiskarishvili remercié les enquêteurs pour l'application de la loi en vigueur et le succès des travaux.
Giorgi Gabashvili nous dit aussi que l'acte d'achat d'armes illégales va au-delà de la ligne qui détermine les positions politiques d'une organisation politique.
«Il ya une ligne de démarcation après laquelle les positions politiques ne font pas de différence, c'est lorsque les gens achètent des armes. Je suis sûr que ces gens ont leurs plans et leurs propres visions de comment doit vivre ce pays. Je voudrais demander au ministère de l'Intérieur de protéger nos citoyens contre de tels groupes criminels, »a déclaré Gabashvili

Commentaire de Gamsakhurdia fils:

Le fils du premier président de Géorgie, Tsotne Gamsakhurdia, recommande à Mme. Burjanadze, la leader du parti d'opposition "Géorgie Unie", d'exercer ses dons dans un autre domaine que la politique. Gamsakhurdia dit que le conflit armé à l'intérieur du pays n'a rien apporté de bon en Géorgie il y a 20 ans; et qu'une semblable situation politique est inacceptable. Les experts indépendants devraient examiner les détails des affaires et conclure ce qui était le but du processus. C'est un peu drôle et ça ressemble à un comportement de quelques personnes malades que j'ai vues, dont plusieurs drogués avec plusieurs centaines de mitrailleuses organisant un mauvais coup, a encore dit Gamsakhurdia.


 

23/03/2009

Les evenements qui secouent Tbilisi

La Présidente de l'OSCE en réunion avec le ministre des Affaires étrangères géorgien.

 

La Présidente de l'OSCE en exercice, la ministre grecque des Affaires étrangères Dora Bakoyannis dit qu'une somme très intensive de travail sera nécessaire pour parvenir à un consensus sur l'extension de la mission de l'OSCE en Géorgie et ce consensus doit être basée sur l'indépendance, l'intégrité territoriale de la Géorgie et de ses valeurs fondamentales.

La visite officielle en Géorgie de Mme Bakoyannis est payante. Elle a tenu une réunion d'information après la réunion le ministre des Affaires étrangères Grigol Vashadze.
Les discussions ont porté principalement sur la nécessité de parvenir à une solution de consensus permettant la poursuite de la présence de l'OSCE en Géorgie. La vérité est que la situation sur le terrain demeure instable, ce qui implique différents risques et défis qui doivent être abordés. Ainsi, je crois fermement que nous avons besoin de plus et pas de moins de présence de l'OSCE dans la région. C'est la priorité de la présidence grecque. Nous nous sommes engagés à essayer vraiment quelque chose de difficile et nous le faisons depuis le tout premier moment où nous avons pris la présidence, a ajouté Madame Bakoyannis.

D'après Rustavi2

 

Les dirigeants de l'opposition accusent le gouvernement de "répression politique"

Les dirigeants de certains partis d'opposition réunis dans le bureau du Défenseur public pour dénoncer la détention de six membres du Mouvement démocrate-Unis - Géorgie, dirigé par Nino Burjanadze.

Les dirigeants de l'opposition sont allé protester contre la "politique de provocation par le gouvernement" qualifiant l'incident de "début de répression politique". Ils ont aussi adopté une déclaration d'aujourd'hui.

«Nous prenons l'entière responsabilité de déclarer que c'est un acte de provocation du gouvernement et une tentative d'intimidation de la société, où il est question de la constitutionnalité de la manifestation du 9 avril. Nous avons mis en garde le gouvernement de cesser les activités de provocation, de libérer les jeunes militants du parti et tous les prisonniers politiques, »a déclaré Nino Burjanadze.

Irakli Alasania, chef d'un autre parti d'opposition "Alliance pour la Géorgie" et ex-KGB d'union soviétique a également désapprouvé la détention de membres du parti d'opposition. Il a dit que la situation ressemble à une machine de répressions politiques.

D'après Rustavi2

Voici les faits qui justifient les arrestations de ces quelques opposants :

Des membres du Mouvement démocratique pour la Géorgie Unie dirigée par l'ex-présidente du Parlement géorgien Nino Burjanadze ont été arrêtés.
La police a arrêté Zurab Avaliani dans sa maison à Batumi à 5 heures du matin aujourd'hui. Ses avocats ont dit que la police a découvert une arme à feu dans son appartement. Nugzar Gogrochadze a été également arrêté.

D'après Rustavi2

20/03/2009

En attendant le gros de la troupe


Le representant spécial de l'UE à Tbilissi

Peter Semneby, après sa réunion avec le porte-parole du Parlement Bakradze, a annoncé que l'Union Européenne ne reconnaît pas l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, cependant, il considère qu'il est nécessaire d'avoir des contacts avec les régimes séparatistes.
Peter Semneby a rencontré Mr Bakradze après sa visite dans la région séparatiste d'Abkhazie où il a tenu des réunions avec les représentants des "gouvernements" séparatistes. À la réunion avec le porte-parole du Parlement géorgien, ils ont parlé de la situation dans les régions dissidentes, des conséquences de la guerre d'Août et des relations Géorgie-Russie.
Semneby a dit que la situation est particulièrement préoccupante dans la zone Gali, qui est surtout peuplée de Géorgiens. Semneby a dit que ce peuple ne peut plus traverser le Pont d'Engury et donc, ils n'ont plus de liens avec leurs parents au-delà de la frontière administrative. Semneby affirme que c'est une violation grossière des droits de l'homme.

L'IRI mène des sondages publics en Géorgie

Une compagnie américaine a procédé à une recherche sociale en Géorgie, en vertu de l'ordre de l'International Republican Institute. 500 citoyens de la Géorgie ont été onterrogées. Les réponses ont été réparties comme suit:

Selon les résultats de l'enquête, la population de la Géorgie ont pour la plupart peur de la guerre. 61% de la demande des citoyens va pour le danger pour le pays avec les relations Russie/Géorgie, et les problèmes économiques du pays. Lorsqu'on demande si l'agression Russe est toujours en cours en Géorgie, 84 pour cent répondu «oui». Pensez-vous que la politique sociale et les activités devraient être axées sur le maintien de la stabilité dans la région - la question a reçu les réponses comme suit: - 86 pour cent pense que les hommes politiques devraient faire de leur mieux pour maintenir la stabilité politique du pays, 8 pour cent n'ont rien contre la politique conflits.

Le problème essentiel des 52% de la société en Géorgie est le chômage, le risque de guerre - 9% et la situation politique intérieure - de 6 pour cent. 81 pour cent des répondants ont répondu oui à la question de savoir si le gouvernement et l'opposition doivent continuer le dialogue, de 8 pour cent croient que le dialogue est en place.

17/03/2009

Sur Ria Novosti

Lu sur Ria Novosti

Medvedev : la Russie réarme sa force militaire.

Poutvedev

Le président Dmitry Medvedev, qui cherche à améliorer ses liens avec les États-Unis, a déclaré mardi que la Russie se réarme et renforce ses forces militaires et ses forces nucléaires, car les US et l'OTAN sont en pleine expansion en direction de ses frontières.

«Les tentatives visant à étendre l'infrastructure militaire de l'OTAN près des frontières de notre pays se poursuivent,» a dit à Medvedev lors d'une réunion annuelle avec le personnel du ministère de la Défense

La Russie déploiera des nouveaux missiles à têtes multiples d'ici décembre.

En décembre 2009, la Russie déploiera un régiment de missiles stratégiques de dernière génération RS-24 à têtes multiples, a annoncé mardi aux journalistes le commandant des Troupes des fusées stratégiques russes Nikolaï Solovtsov.

"Après le 5 décembre 2009, à l'expiration du traité START-1, un régiment de RS-24, comportant un poste de commandement et un groupe de missiles, deviendra opérationnel", a expliqué le général.

Chacun des missiles RS-24 porte quatre têtes au moins.

Note : écrire quelque chose de plus est totalement inutile.

Nabucco: Gazprom décline une offre de participation

Le géant gazier russe Gazprom a annoncé lundi soir avoir décliné une invitation à participer à la construction du gazoduc international Nabucco, sous prétexte qu'il réalisait déjà le projet South Stream.

"Contrairement à Nabucco, nous avons réuni toutes les conditions nécessaires pour que notre projet (South Stream) soit réalisé. Nous avons le gaz, nous avons des débouchés, nous avons l'expérience technique des projets complexes", a déclaré le PDG adjoint de Gazprom, Alexandre Medvedev, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision russe Vesti.

"Qui court deux lièvres à la fois n'en prend aucun. Nous avons déjà misé sur un lièvre, et c'est celui-ci que nous courrons", a-t-il souligné.

M. Medvedev a souligné l'importance capitale du projet South Stream pour l'Europe. "D'ici 2020, l'Europe aura besoin de 100 milliards de mètres cubes supplémentaires de gaz par an, et il n'existe pas de gazoducs pour lui livrer cette quantité", a-t-il expliqué.

Le projet Nabucco est le prolongement du gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum. Il doit permettre de transporter 20 à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel caspien tous les ans à partir de 2014.

La Russie a avancé l'idée d'un autre gazoduc, South Stream, pour diversifier ses itinéraires d'exportation de gaz vers l'Europe centrale et méridionale. D'une capacité de 31 milliards de mètres cubes de gaz par an, ce gazoduc reliera la Russie à la Bulgarie en passant sous la mer Noire et en contournement l'Ukraine.

note (d.p.) : Le projet Nabucco, seule projet alternatif au gaz russe... Medvedev (l'autre) en est blanc depuis des années. C'est aussi une des principales raisons de la tentative d'annexion de la Géorgie par Moscou en août dernier.

Lien : editpress (par exemple)

14/03/2009

Sur les relations Géorgie/USA/Russie

Nouvelles du jour :

Comme je vous en avais dit un mot il y a peu, deux articles importants seront publiés bientôt sur TbiliSite. Ils éclairciront certaines idées sur la Russie, sur la Géorgie. Un article écrit par Alexander Brailovsky paru sur le site d'un journal en langue russe, sur la "culture impérialiste russe". L'autre article, écrit par Merab Kokotchachvili* (en exclusivité!), sur les relations entre les peuples de Géorgie à travers le temps et les influences. Ne les ratez surtout pas !

* Merab Kokotchachvili est cinéaste. Il a tourné de nombreuses fictions ainsi que quelques documentaires sur différents aspects de la Géorgie, ancienne ou moderne. Filmographie.

D.P.

Visite officielle de Mat Bryza en Géorgie.

Le Secrétaire d'Etat pour les affaires européennes et eurasiennes des États-Unis, Mat Bryza a rencontré le président du Parlement géorgien et a examiné toutes les dossiers importants avec Davit Bakradze, y compris la politique interne du pays et la manifestation de protestation, prévue par l'opposition (le 19 avril).

Matthew Bryza dit, si certaines personnes veulent exprimer leurs protestations, ce n'est pas un problème pour les États-Unis. Il a dit, il y a peut-être certains politiciens de Washington qui aiment ou n'aiment pas, les Etats-Unis soutiennent la Géorgie et non une personne spécifique.

Le sous-secrétaire d'État adjoint a déclaré que les différents avis peuvent s'exprimer librement dans le pays, c'est donc que la démocratie existe. Les gens ont le droit d'exprimer leurs propres positions dans le cadre de la loi, sans aucune violence. Les États-Unis se félicitent d'un dialogue actif qui peut aider au développement de la démocratie et le fonctionnement des élections à la date prévue. Cela signifie le renforcement et l'approfondissement de la démocratie qui rend la Géorgie stratégique pour les États-Unis, ajoute Mat Bryza.

Davit Bakradze a commenté la réunion avec le Sous-Secrétaire d'État adjoint pour l'Europe et l'Eurasie des États-Unis: le gouvernement géorgien est d'accord que tout le monde est admissible a le droit de protestater tant que c'est dans le cadre de la loi.

Demain Matthew Bryza aura des entretiens avec le l'opposition non-parlementaire.

Commentaires : La Géorgie, comme n'importe quelle nation au monde, en accord avec les désirs des citoyens, en accord avec ses besoins, ses ambitions, a le droit de choisir ses partenaires. Le président Chevarnadzé, en connaissance de cause puisqu' ancien ministre des affaires étrangères sous Gorbatchev, a entamé ces rapprochements vers l'occident dès son arrivée au pouvoir, en 1992, sans sortir de la C.E.I.. Mais la corruption, très importante à l'époque, n'a pas rendu les choses simples. En 2003, avec Saakashvili, le processus s'accélère. Les aides européennes et américaines, les investissements dans les infrastructures, les énergies, tout cela est possible grâce aux efforts de plus en plus conséquents accordés par Bruxelles ou Washington. Jour après jour, étape par étape, le pays se porte mieux, même si ce n'est pas encore parfait, loin s'en faut. Alors les ripostes russes s'intensifient, et se précisent. De provocations en provocations, pour finir par ouvertement violer le territoire géorgien etc...

Les "anti-américains" peuvent juger la politique des Etats-Unis comme ils le désirent, et faire semblant de ne pas comprendre pourquoi les géorgiens préfèrent travailler avec eux plutôt que de retourner sous le giron russe. S'ils connaissaient ne fut-ce qu'un peu l'histoire de Géorgie (et parallèlement, l'histoire de la Russie) ils comprendraient déjà que les Géorgiens, pour rien au monde, n'accepteront de "capituler" face à la Russie, qu'elle soit de Poutine ou d'un autre président. Vouloir se rapprocher de l'occident, via les Etats-Unis ou l'Europe ou même via les deux, quitte à essuyer les salves punitives russes durant des années, est non seulement légitime, mais une nécessité vitale pour les géorgiens.

Le temps a passé, et les médias, alimentés par la crise, ont enterré le conflit. Mais depuis la guerre, la Géorgie, amputée de deux de ses provinces, a cessé d'exister pour elle-même aux yeux du monde. L'importance géo-stratégique du Sud-Caucase, colossale, devient évidente. Les géorgiens le savent depuis toujours, les occidentaux le savent grâce aux réactions rapides et très médiatisées de Sarko dès le début du conflit. Mais les russes le savent depuis tellement plus longtemps...

Que préfèreriez-vous: être marié à quelqu'un qui profite parfois de vos avantages mais qui vous donne tout ce dont vous avez besoin, ou vivre avec un ex-geôlier impuissant et alcoolique, perfide et pervers, un "ami qui vous veut du bien" mais qui vous dépouille de tout avec le sourire macabre de celui qui pense en même temps à ce dont il est capable, le pire, si un jour vous osez parler de divorce?

L' occident investit, permettant aux gens d'accéder - enfin! - aux avantages liés au mode de vie moderne quasi-mondial. Les russes, pendant ce temps, manipulent, mentent, trichent, massacrent en masse, anihilisent les oppositions jusqu'à pousser le peuple à regretter Staline!

D.P.

11/03/2009

Interview de Kokoity à propos de l'allocation de terres à l'armée russe.

Interview de Kokoity à propos de l'allocation de terres à l'armée russe.

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Le chef séparatiste de l' "Ossétie du Sud" Eduard Kokoity annonce qu'il va allouer des terres dans la région de Tskhinvali pour les bases militaires russes, et ce pour une période de 99 ans. " Je pense de même que nous allouerons des territoires pour des bases militaires russes aussi, cependant, c'est au "Parlement" de prendre la décision finale" a dit Kokoity.

La signature prochaine avec la Russie à propos d'un traité de défense commune de frontières d'Ossétie du Sud fait aussi partie de ses espoirs. Le leader séparatiste a aussi nié les rapports conflictuels qu'il a avec les autorités Russes. "La Russie remplit toutes les obligations prises en ce qui concerne la reconstruction de la région de Tskhinvali".

Le côté géorgien considère que la proposition de Kokoity n'est pas sérieuse et est une action illégale de plus. En cas de signature de l'accord entre la Russie et le régime Kokoity, Tbilisi l'annulera officiellement.

Pour la petite histoire

à propos du déserteur russe, demandeur d'asile à Tbilissi.

Six semaines après avoir quitté l'armée russe pour demander l'asile en Géorgie, l'ancien sergent Alexander Junior Glukhov a troqué la vie sur le front de l'Ossétie du Sud contre un nouvel appartement et de nouveaux amis à Tbilissi.

Glukhov a fuit son bataillon, à la mi-janvier, se plaignant des mauvaises relations avec ses officiers et de mauvaise conditions de vie dans le camp des sécessionnistes d'Ossétie du Sud, dans le district d'Akhalgori.

Assis dans un café de Tbilissi ce 9 mars, l'ancien soldat, vêtu d'une veste en cuir, T-shirt et jeans, semble à l'aise, bien loin de l'image du simple soldat russe montré à la télévision un peu plus d'un mois auparavant.

Pour Tbilissi et Moscou, les 21 ans de la République autonome d'Oudmourtie est devenu un symbole de la guerre d'août 2008. Après que la désertion de Glukhov a été rendue publique à la fin janvier, des responsables russes ont d'abord prétendu qu'il avait été enlevé, et l'incident a menacé de mettre en péril la paix fragile entre la Russie et la Géorgie. Moscou, cependant, a atténué son discours dès qu'il est devenu évident que Glukhov avait quitté son poste volontairement.

Les médias russes décrivent Glukhov, souvent montré en train de manger un hamburger dans un McDonald's de Tbilissi tout en parlant avec les médias géorgiens et internationaux, comme un objet à ridiculiser plutôt que comme une victime.

En Géorgie, des experts en politique avaient d'abord prévu que des dizaines de soldats russes suivraient l'exemple de Glukhov et traverseraient l'Ossétie du Sud, cherchant bains chauds et repas chauds à Tbilissi. Un tel scénario, bien sûr, n'a pas eu lieu. En même temps, Shota Utiashvili, porte-parole du Ministère des affaires intérieures, a déclaré à EurasiaNet que Moscou avait cessé de prendre contact avec le gouvernement géorgien sur le retour du déserteur.

Aujourd'hui, Glukhov vit seul dans un deux-pièces à Tbilissi, et a dit qu'il a une petite amie géorgienne "connaissant bien le russe" qu'il a rencontrée grâce à un "ami". Toujours au chômage, il partage son temps entre un job dans une salle de gym et à regarder des comédies téléchargées sur Internet. Il a refusé de dire où il vit dans la capitale géorgienne.

Mr Glukhov a dit avoir visité la ville de Mtskheta, ancienne capitale de Géorgie, non loin de Tbilissi. Il a noté qu'il étudie le géorgien; malgré une conversation simple, il dit qu'il n'a pas eu "trop de succès" avec la langue géorgienne pour le moment.

"J'ai pris l'habitude de la vie en Géorgie," at-il dit, soulignant qu'il envisage de s'y établir définitivement.

Quelle liberté de mouvement Glukhov a-t-il, le fait n'est pas clair. Alors que l'ex-soldat affirme qu'il peut se balader autour de Tbilissi "par lui-même", à pied, il a aussi déclaré que son "ami" Paata, qu'il décrit comme un fonctionnaire du ministère des Réfugiés et du Logement, le pousse à ses destinations. Paata, qui a refusé de donner son nom, ou de confirmer son lieu de travail "pour des raisons de sécurité", contacte également Glukhov via Internet

Glukhov attend avec impatience un emploi par l'intermédiaire du ministère des Réfugiés et du Logement, qui, selon lui, a pris toutes les dispositions pour son appartement ainsi que le versement d'une indemnité journalière de 10 €. Le ministère fournit tous les autres besoins, at-il dit. Les fonctionnaires du ministère n'ont voulu faire aucun commentaires.

Ré-établir le contact avec sa famille reste une tache périlleuse. La presse russe a récemment mis l'accent sur une prétendue tentative de sa mère de lui rendre visite à Tbilissi. Les autorités géorgiennes ont déclaré que Galina Glukhova n'a pas été autorisée à se rendre à Tbilissi après avoir atteint Tskhinvali, la capitale d'Ossétie du Sud. Voyager en provenance du territoire contrôlé par les séparatistes est risqué sur les deux côtés de la frontière administrative entre la Géorgie et la région de Shida Kartli.

D'après Eurasianet.org

D.P.

 

 

Luc Van den Brande enquête à Moscou

Luc Van den Brande enquête à Moscou: droits démocratiques de plus en plus respectés en Russie !

D' après  Konstantin Kossatchev,  président du Comité pour les Affaires internationales de la Douma, Luc Van den Brande et Theodoros Pangalos, en visite depuis lundi à Moscou pour le compte de l'APCE, ont constaté un progrès dans le développement du système politique russe. 

"Nous nous apercevons que sur toute une série de positions, les co-rapporteurs de l'APCE (Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe) constatent un progrès, qu'il s'agisse du perfectionnement du système politique en Russie, de la garantie de la liberté des médias, de l'indépendance du système judiciaire ou du travail du parquet" nous dit Konstantin Kossatchev.

Nous attendons de pouvoir lire le rapport qui sera officiellement remis  à l'ACPE pour prendre connaissance des détails de leur "enquête", si toutefois il est rendu publique. 

Ce qui est de notoriété publique, par contre, et qui semble ne pas avoir été mentionné lors de la conférence de presse de Messieurs Van den Brande et Pangalos à Moscou, c'est le nombre de meurtres politiques perpétrés contres des journalistes en Russie. Ce mois-ci, le mensuel d'opposition Sovercheno Sekretno a publié un article sur les disparus et les assassinés parmi les journalistes russe durant ces 15 dernières années:

- entre 1991 et 2006, 36 journalistes tués pour lesquels seulement 8 enquêtes furent ordonnées par le système judiciaire. Sur ces 8 enquêtes, seulement 4 aboutissent.

- en 2007 : 8 journalistes assassinés, souvent en pleine rue, en pleine journée, d'une balle dans la tête.

- en 2008 : 5 journalistes disparus, probablement tués eux aussi.

Tout cela sans parler d'actes d'intimidations, difficilement comptabilisables, mais rien que pour l'année dernière, 69 cas de journalistes physiquement attaqués ont été ressensés...

En 2009, suite aux meurtres de maître Markelov, l'ancien avocat d'Anna Politkovskaïa, la journaliste assassinée 2 ans plus tôt, et d'une autre journaliste stagiaire au Novaia Gazeta, un télégramme a du être envoyé au président Medvedev pour qu'il autorise les manifestations de soutien aux familles des deux victimes. Autorisation accordée, à condition de ne pas porter de signes, inscriptions ou autres pancartes...

Et il ne s'agit ici que de ce que l'on sait, et uniquement en ce qui concerne la presse. Mais si l'on comptabilise les assassinats, les emprisonnements, les manipulations, les intimidations, les chantages et autres menaces dont bon nombre d'opposants au régime de Poutine doivent faire face depuis 10 ans, ce n'est pas d'un article d'une page dont nous aurons besoin, mais bien de l'ensemble des pages du journal.

Par ailleurs, pour faire face à une montée grandissante de désirs de séparatismes dans le Caucase Nord (Ingouchie, Ossétie du Nord), le FSB (ex-KGB) a trouvé une solution toute simple : les faire passer pour des terroristes et les abattre lors d'opérations antiterroristes. Cela pose moins de problèmes que Guantanamo, et ne laisse pas de traces. Surtout dans nos journaux.

Le quotidien russe Ria Novosti :

MOSCOU, 11 mars -  243 extrémistes ont été tués par les services secrets dans le sud de la Russie en 2008, a fait savoir mercredi le Service fédéral de sécurité (FSB) dans un communiqué.

"243 terroristes, dont 23 chefs de gang, ont été abattus dans 29 opérations antiterroristes lorsqu'ils tentaient de résister aux forces de l'ordre", précise le communiqué.

"Les activités des gangs armés et des formations clandestines à caractère religieux et extrémiste dans le Caucase du Nord ainsi que la poussée des mouvements de jeunes néo nazis recourant à la tactique des violences extrémistes restent parmi les principales menaces terroristes en Russie", constate le FSB.