11/03/2009

Luc Van den Brande enquête à Moscou

Luc Van den Brande enquête à Moscou: droits démocratiques de plus en plus respectés en Russie !

D' après  Konstantin Kossatchev,  président du Comité pour les Affaires internationales de la Douma, Luc Van den Brande et Theodoros Pangalos, en visite depuis lundi à Moscou pour le compte de l'APCE, ont constaté un progrès dans le développement du système politique russe. 

"Nous nous apercevons que sur toute une série de positions, les co-rapporteurs de l'APCE (Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe) constatent un progrès, qu'il s'agisse du perfectionnement du système politique en Russie, de la garantie de la liberté des médias, de l'indépendance du système judiciaire ou du travail du parquet" nous dit Konstantin Kossatchev.

Nous attendons de pouvoir lire le rapport qui sera officiellement remis  à l'ACPE pour prendre connaissance des détails de leur "enquête", si toutefois il est rendu publique. 

Ce qui est de notoriété publique, par contre, et qui semble ne pas avoir été mentionné lors de la conférence de presse de Messieurs Van den Brande et Pangalos à Moscou, c'est le nombre de meurtres politiques perpétrés contres des journalistes en Russie. Ce mois-ci, le mensuel d'opposition Sovercheno Sekretno a publié un article sur les disparus et les assassinés parmi les journalistes russe durant ces 15 dernières années:

- entre 1991 et 2006, 36 journalistes tués pour lesquels seulement 8 enquêtes furent ordonnées par le système judiciaire. Sur ces 8 enquêtes, seulement 4 aboutissent.

- en 2007 : 8 journalistes assassinés, souvent en pleine rue, en pleine journée, d'une balle dans la tête.

- en 2008 : 5 journalistes disparus, probablement tués eux aussi.

Tout cela sans parler d'actes d'intimidations, difficilement comptabilisables, mais rien que pour l'année dernière, 69 cas de journalistes physiquement attaqués ont été ressensés...

En 2009, suite aux meurtres de maître Markelov, l'ancien avocat d'Anna Politkovskaïa, la journaliste assassinée 2 ans plus tôt, et d'une autre journaliste stagiaire au Novaia Gazeta, un télégramme a du être envoyé au président Medvedev pour qu'il autorise les manifestations de soutien aux familles des deux victimes. Autorisation accordée, à condition de ne pas porter de signes, inscriptions ou autres pancartes...

Et il ne s'agit ici que de ce que l'on sait, et uniquement en ce qui concerne la presse. Mais si l'on comptabilise les assassinats, les emprisonnements, les manipulations, les intimidations, les chantages et autres menaces dont bon nombre d'opposants au régime de Poutine doivent faire face depuis 10 ans, ce n'est pas d'un article d'une page dont nous aurons besoin, mais bien de l'ensemble des pages du journal.

Par ailleurs, pour faire face à une montée grandissante de désirs de séparatismes dans le Caucase Nord (Ingouchie, Ossétie du Nord), le FSB (ex-KGB) a trouvé une solution toute simple : les faire passer pour des terroristes et les abattre lors d'opérations antiterroristes. Cela pose moins de problèmes que Guantanamo, et ne laisse pas de traces. Surtout dans nos journaux.

Le quotidien russe Ria Novosti :

MOSCOU, 11 mars -  243 extrémistes ont été tués par les services secrets dans le sud de la Russie en 2008, a fait savoir mercredi le Service fédéral de sécurité (FSB) dans un communiqué.

"243 terroristes, dont 23 chefs de gang, ont été abattus dans 29 opérations antiterroristes lorsqu'ils tentaient de résister aux forces de l'ordre", précise le communiqué.

"Les activités des gangs armés et des formations clandestines à caractère religieux et extrémiste dans le Caucase du Nord ainsi que la poussée des mouvements de jeunes néo nazis recourant à la tactique des violences extrémistes restent parmi les principales menaces terroristes en Russie", constate le FSB.


 

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