10/03/2009

Abkhazie vs Russie: une occupation biaisée

Abkhazie vs Russie : une occupation biaisée

Les Russes sont, depuis quelques années déjà mais intensément depuis la fin de la guerre d'août, en passe de prendre le contrôle de l'Abkhazie en s'appropriant tous les postes clés, y compris les entreprises et le contrôle de la côte, ports et les stations balnéaires. Les relations entre les autorités russes en Abkhazie et les citoyens abkhazes sont de plus en plus tendues 6 mois après la guerre d'août qui "les libérèrent du joug géorgien". La population abkhaze comprend qu'il existe une situation difficile à gérer pour  eux, simples citoyens.

L'ethnie abkhaze (prononcez "APRAZE"), qui a toujours été faible en nombre dans "sa province", pourrait se trouver assimilée et complètement disparaître, remplacée par les Russes. Il faut rappeler qu'à présent, il est interdit de donner cours aux enfants dans une autre langue que le russe si les instituteurs souhaitent être payés par le gouvernement abkhaze. De même, depuis toujours, y compris durant la période soviétique, la province géorgienne d'Abkhazie a été peuplée par une très grande majorité de géorgiens. L'ethnie abkhaze a toujours enseigné dans sa langue maternelle.

Depuis la fin de l'Union soviétique, les autorités séparatistes ont changé considérablement la donne. La guerre civile de 1992 a chassé les géorgiens, plus de 300,000 personnes, hors d'Abkhazie, échappant à un nettoyage ethnique ayant fait plusieurs milliers de morts. Entre 1994 et 2003, la situation a été gelée, Shevarnadzé ne souhaitant pas reprendre un conflit qui serait perdu d'avance. Les Géorgiens d'Abkhazie ne peuvent regagner leurs propriétés, occupées par des Abkhazes ou des Russes, si toutefois les habitations n'ont pas été rasées durant la guerre.

En 2003, lors de la campagne pour les élections présidentielles, Saakashvili annonce son intention de récupérer les trois territoires séparatistes par le dialogue, et quelques mois après son arrivée au pouvoir, le gouverneur d'Adjarie cède sous sa pression: Aslan Abashidzé est contraint de fuir... à Moscou. L'Adjarie retourne sous le contrôle de Tbilissi, et depuis prospère grâce aux nombreux investissements dans les infrastructures routières, énergétique (eau/gaz/elec graduellement rétablis) - et portuaires ainsi que touristiques.

Poutine doit se préparer à la riposte, en soutenant les deux autres régimes séparatistes, en organisant nombre de provocations aux frontières avec la Géorgie, utilisant ses "forces de paix" et les milices ossètes ou abkhazes pour quelques échauffourées avec les villages géorgiens en "Ossétie du sud" ou dans les régions frontalières contrôlées par les forces de paix géorgiennes, en finançant l'opposition géorgienne contre le gouvernement de Saakashvili, et, en Russie, en mettant en place une propagande anti-géorgiens, les investisseurs géorgiens à Moscou sont parfois contraints de revendre leurs société quand elle n'est pas simplement démentelée, par exemple. Des affiches aux vitrines de magasins, partout en Russie, représentant le "Caucasien qu'il faut haïr à tout prix", propagande anti-Saakashvili, diabolisé, etc... C'est qu'il ne faudrait pas que les peuples de ces régions aux dirrigeants fantoches pro-russes puissent être séduits par l'évolution de leur ex-pays... les seuls investissement russes n'ayant profité qu'aux seuls russes ou aux maffieux locaux!

Leurs infrastructures sont dans un état lamentable, aussi bien en "Ossétie du sud" qu'en Abkhazie, où rien - quasi - n'a été reconstruit depuis 1994, les Russes n'ayant rien reconstruit depuis l'ère soviétique, alors que la Géorgie voit son PIB augmenter de 10 à 15 % chaque année, investissant intensément pour amener le pays sur les rails de l'occident.

Ce que j'aimerais dénoncer ici, ce n'est pas tant le désir des Abkhazes ou des Ossètes à vouloir obtenir leur indépendance, mais bien les totales contradictions de ces peuples qui, pour sois-disant protéger leur culture, langue et traditions, peuvent accepter de se faire assimiler par les Russes à ce point! Surtout quand on sait que la Géorgie a toujours respectés et protégés les minorités, comme d'autres minorités géorgiennes: la preuve la plus évidente est que ces cultures sont toujours bien présentes après des centaines d'années en territoire géorgien (pas le cas des Ossètes arrivés du Caucase nord en Géorgie sous Staline). Mais ce que décident les Russes et que réalisent les régimes fantoches séparatistes, c'est finalement d'obtenir le contraire de ce que ces peuples désiraient pour eux-même. Au lieu d'être respectés au sein de la communauté des peuples de Géorgie et - finalement - au sein de la communauté internationale, ils se retrouvent à perdre tout ce qui faisaient leurs particularités culturelles. Quel gâchis!

Interview de Baghapsh parue dans le journal russe Komsomolskaya Pravda.

Baghapsh

Le président de facto de la région sécessionniste géorgienne  d'Abkhazie Sergey Baghapsh affirme qu'il n'est pas particulièrement intéressé d'être reconnus par d'autres pays que la Russie.
" La chose la plus importante est que le grand Etat russe nous ait reconnu ", a déclaré Baghapsh dans une interview avec le journal russe Komsomolskaya Pravda. "La reconnaissance internationale ne dépend pas du nombre de pays à le faire. Le Sahara Occidental est reconnu par 48 Etats, si je ne me trompe, mais l'ONU ne l'a pas reconnu. La même situation existe à Chypre-Nord", a déclaré le leader de facto abkhaze, ajoutant que" si les pays européens veulent la paix et la stabilité dans le Caucase, ils devront reconnaître l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. "

Baghapsh a aussi noté que la Géorgie est aujourd'hui un pays qui se respecte, soulignant qu'il ne dispose pas d'une mauvaise attitude à l'égard du peuple géorgien. "Ma femme est géorgienne, elle est de la région de Gali.. Elle est même plus séparatiste que moi. Lorsque les journalistes occidentaux, à propos de mon attitude à l'égard des Géorgiens, je dis qu'ils sont une nation talentueuse. Dieu leur a donné tout - ils chantent, ils dansent, ils peuvent faire beaucoup d'autres choses, donc il faut arrêter l'envoi de ces occidentaux, des instructeurs militaires! "

Sergey Baghapsh déclare que la Russie n'a pas le pouvoir de donner la permission de construire des bases militaires dans la région sécessionniste d'Abkhazie. "Personne ne nous oblige. C'est notre souhait. Il y aura la base de Gudauta et une base navale sera développée dans la région d'Otchamtchira. Il y aura un certain nombre de militaires russes en Abkhazie, à notre demande - je l'ai toujours souligné.
Dans son interview Baghapsh souligne que l'avenir de l'Abkhazie est entièrement dépendante de l'aide de la Russie. Il mentionne que le gouvernement de facto a besoin de passer plusieurs lois pour rendre l'Abkhazie plus attrayant pour les Russes. "J'ai interdit la GAI [patrouille de police abkhaze] de l'arrêt de véhicules avec des plaques d'immatriculation russes. Ces gens sont ici pour se reposer. Nous allons résoudre le problème du passage de la frontière. Les citoyens de la frontière russo-abkhaze ne doivent pas être torturés par des procédures de contrôle. Et il y aura une nouveauté: à présent, il est interdit aux non-citoyens abkhazes d'acheter de l'immobilier en Abkhazie. (note : toutes les villas de la côte de la Mer Noire entre Sochi (Russie) et Shamshira (20 km de Poti) a été achetée par des businessmen russes et autres méritants de Russie, politiques, militaires, etc... D.P.) Nous devons passer en revue cette situation et donner aux citoyens russes la chance d'acheter l'immobilier sans obtenir la citoyenneté Abkhazienne. Nous n'avons aucune autre solution, nous n'avons aucun pays proche à part la Russie.

D'après Komsomolskaya Pravda

D.P.


 

Les commentaires sont fermés.