12/01/2009

Partenariat Georgie Etats Unis

Une charte de partenariat entre les Etats-Unis et la Géorgie a été signée.

Il y a deux jours, à Washington, une charte de partenariat entre les Etats-Unis et la Géorgie a été signée. Il s'agit avant tout de renforcer la coopération entre les deux pays, partenariat tant au niveau économique qu'artistique, mais aussi... militaire. Le président Saakashvili a dit à son propos que des pourparlers sont en cours avec les pays associés pour signer plusieurs autres documents, y compris  des accords de libre-échange, ce qui augmente considérablement les possibilités économiques géorgiennes.

Le président géorgien a souligné plusieurs facteurs qui donnent à cette charte une signification historique. "La Géorgie commence à se faire valoir dans le système international pour la première fois de l'histoire moderne. Tous les efforts précédents ont échoués auparavant, aussi la Géorgie se rapproche encore de l'espace atlantique européen."

Autre facteur très important, le président a dit que la charte prouve de son propre aveu le succès de la Géorgie dans le développement démocratique. "La Géorgie est un pays démocratique et une société démocratique", a-t-il dit. "Les relations AMÉRICANO-GÉORGIENNES passent une nouvelle étape, parce que "jamais auparavant le mot "stratégique" n'a été mentionné dans ces relations. Les Etats-Unis utilisent rarement ce mot et, si oui, vers peu de pays dans le monde. Chaque fois que les Etats-Unis l'utilisent, ce mot porte une signification politique spécifique."

Le président considère également comme un facteur très significatif que la charte a été soutenue par l'ensemble de la société géorgienne consolidée.

Source : Rustavi2 / France24 /

Commentaire :  

Si certains se disent que faire alliance avec les USA est une erreur, qu'ils se disent aussi qu'une alliance avec la Russie est suicidaire! Bien entendu, la Géorgie devrait se rapprocher de l'Europe plus que des Etats-Unis, mais il semble bien que cette Europe craint de casser ses relations commerciales (Gaz e.a.) avec la Russie (1). Il suffit de voir comment Sarkozy a fait marche arrière entre août et octobre, laissant les accords signés par Medvedev et Saakashvili en suspend: les exigences européennes n'ont été que très partiellement suivies par Moscou. Il suffit de connaître la dépendance de l'Europe vis à vis du Gaz russe, de savoir que l'ex-chancelier allemand est propriétaire de 40% des parts sur le pipeline devant relier la Russie à l'Allemagne, pour comprendre leur mutisme. L'Europe joue avec des criminels, et devient le jouet de Poutine. Bravo.

Sans la Russie, la Géorgie s'est considérablement modernisée, ses infrastructures (avant la guerre) ont été rénovées, les investissements européens et américains se sont multipliés, grâce notamment aux pipelines, etc... Alors que la Russie, quant à elle, a enrichi ses oligarques et appauvri sa population, surtout dans les campagnes. Ce n'est certainement pas le paradis actuellement dans les zones rurales en Géorgie, mais des efforts ont déjà été fournis, et des réformes agraires sont en marche.

Le Caucase: une poudrière?

Il est vrai que la présence de militaires US à la porte de la Russie peut sembler être une provocation pour les Russes, c'est un point de vue. Mais pas plus, en principe, que les pays baltes ou la Pologne. Seulement voilà, la richissime Géorgie, c'est chasse gardée. La grande Datcha des oligarques russes, pas touche! L'Europe centrale est perdue, il ne faut pas perdre l'Eurasie! Tant de beautés et... d'hydrocarbures!

On le sait, parce qu'avoué par le président Medvedev lui-même: l'ultime visée de la guerre d'août était la mise à pied du président géorgien. Mais se seraient-ils contentés des pipelines, alors qu'annexer l'Azerbaidjan, dans la foulée... Avec 60.000 hommes et 3000 blindés, ils pouvaient même se permettre quelques incursions aux alentours. Ce qu'ils se permettent déjà actuellement en organisant quelques raids sur le territoire géorgien, malgré la signature des accords. 

Par conséquent, en y réfléchissant un tout petit peu, quelle est la présence la plus préjudiciable pour la Géorgie? La 53ème armée russe (suivie des milices ossètes, abkhazes, etc...) qui installeraient des gouvernements fantoches et élimineraient toute opposition dans le Caucase? Ou permettre à la Géorgie de connaître - enfin! - une liberté telle que nous connaissons chez nous depuis plus de 60 ans, à laquelle ils aspirent depuis des décennies, et faire barrière, en quelque sorte, aux aspirations russes?

Bien entendu, mieux vaudrait pour tout le monde que des relations normales puissent s'établir un jour avec la Russie, mais ce serait sous-estimer les idées impérialistes de la Douma et de ses chefs actuels, et les conséquences désastreuses pour le reste du monde si nous n'y faisons pas attention. Dans 10 ans, peut-être. On peut rêver...

D.P. Tbilisite.skynetblogs

(1) : L'Europe traite avec la Russie pour l'achat de gaz russe depuis 1968, au lendemain du Printemps de Prague. Autant dire que l'Europe n'a pas beaucoup de morale quand il s'agit de business-énergies... En fait, c'est principalement l'Europe qui a financé les guerres afghanes, tchétchènes et, maintenant, géorgiennes, en finançant l'état russe et son armée. Consciemment (en un mot)?

 

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