08/01/2009

Europe Ukraine Gazprom

Pour en savoir un peu plus sur la crise du gaz : ce qu'on ne vous dit pas toujours dans la presse :

L'Ukraine, depuis des années, bénéficie d'un tarif préférentiel auprès de la Russie, souvenir de l'époque soviétique, mais Moscou souhaite vivement revoir ses tarifs à la hausse, jusqu'à ce que l'Ukraine paie son gaz au même tarif que les pays d'Europe. Naftogaz, le gestionnaire des hydrocarbures ukrénien, qui n'a pu honorer l'équivalent de deux mois de livraison de gaz à Gazprom suffisemment rapidement, a accepté de régler sa dette, soit un milliard et demi de dollards, somme payée le 30/12 au soir, mais refuse pour l'instant de payer les "indemnités" de 500.000 $ demandés par Moscou, somme jugée inacceptable par Kiev.

Ce que la Russie espère en créant cette crise (en fermant les robinets vers l'Ukraine, et conséquemment vers l'Europe et la Turquie) c'est premièrement renflouer ses caisses (vides) au plus vite, deuxièmement de pousser la Communauté européenne à aider l'Ukraine à payer ses "dettes", troisièmement, et c'est sans doute le plus important à retenir dans cette affaire, gagner du temps pour permettre à Gazprom de refaire ses stocks de Gaz, la Russie étant actuellement incapable de se faire des réserves car elle livre la totalité de ce qu'elle peut exploiter actuellement de ses gisements. Bien entendu, tout cela sur fond de tensions entre le régime pro-occidental de Kiev et Moscou.

Chauffage TbilisiConduits de chauffage urbain, Tbilisi.

Ce que Kiev attend de Gazprom, c'est de pouvoir remettre les contrats sur la table. Non seulement l'évolution des tarifs gaziers doivent être revus, mais aussi le tarif des droits de passage de l'oléoduc par l'Ukraine que Gazprom doit payer à Kiev.

Toutefois, il existe une autre possibilité au démarrage de cette crise. En effet, Poutine peut très bien avoir été pris en otage par les oligarques de Gazprom, lesquels tentent d'obtenir plus de pouvoirs à la direction de la société. Les responsables Gazprom n'ont effectivement aucune difficulté à donner l'ordre de fermeture de robinets pour leurs propres intérêts, vénaux d'abord, mais aussi et surtout pour des questions de lutte de pouvoir entre les chefs de Gazprom et l'Etat actionnaire. Actuellement, 40% des bénéfices de la société russe sont payés à l'Etat, ce que les oligarques aimeraient certainement renégocier.

Liens intéressants en rapport : http://www.eurotrib.com/  et  l'article de Boris Toumanov paru dans La Libre Online aujourd'hui.

 

 

 

 

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